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dimanche 20 avril 2025

1978: Vivre aux Olympiades


 

Révélations Blast/WikiLeaks: Quand les éléphants du PS rampaient à l’ambassade américaine

 TRADITION SÉCULAIRE: SOCIAL-TRAÎTRE UN JOUR, SOCIAL-TRAÎTRE TOUJOURS

 
 

Mon dernier article repose sur des documents rendus publics par WikiLeaks il y a quinze ans. « J’en avais repéré certains à l’époque, pris des notes, mais je n’avais finalement rien publié. Le voici donc avec un léger retard ».

Par Laurent Dauré, 19 avril 2025

François Hollande, Ségolène Royal, Lionel Jospin, Pierre Moscovici, Hubert Védrine… Les « éléphants » du Parti socialiste faisaient régulièrement de discrètes visites à l’ambassade des États-Unis à Paris lorsque George W. Bush occupait la Maison Blanche. Ils tentaient de séduire Washington en édulcorant leur opposition à la guerre en Irak. Les télégrammes diplomatiques révélés par WikiLeaks en 2010, que nous avons explorés, montrent un pathétique défilé de courtisans s’efforçant d’inciter l’Oncle Sam à favoriser leurs ambitions et l’accession au pouvoir de leur camp. Escamotées par les médias français – et en premier lieu Le Monde, pourtant partenaire de WikiLeaks à l’époque –, ces informations mettent en lumière la soumission dont est capable la « gauche » vis-à-vis de Washington, alors occupé à ravager l’Irak et l’Afghanistan.

Certains documents révélés par WikiLeaks n’ont toujours pas été exploités quinze ans après leur publication. C’est notamment le cas pour le dossier appelé « Cablegate », un lot de plus de 250 000 télégrammes confidentiels issus du réseau diplomatique états-unien portant presque tous sur la période 2003-2010. Obtenue grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, ancienne analyste du renseignement militaire de l’armée US, cette manne d’une valeur informative exceptionnelle a été confiée prioritairement à de grands journaux internationaux partenaires de l’organisation fondée par Julian Assange : The New York Times, The Guardian, Der Spiegel, El País et Le Monde.

Le quotidien français affirme fièrement fin décembre 2010 avoir publié « plus de cent vingt articles […] après étude des 251 287 télégrammes diplomatiques américains obtenus par WikiLeaks ». Le nombre peut donner l’impression que Le Monde a traité de façon sinon exhaustive, du moins très complète, des documents qui concernent la France. Il apparaît cependant que le journal a effectué une sélection étroite, survolant ou laissant complètement de côté des informations pourtant éclairantes sur la politique hexagonale.

On constate par exemple que le Parti socialiste et ses responsables ont été particulièrement ménagés. Il est normal que Le Monde ait rendu compte en détail des éléments portant sur Nicolas Sarkozy, locataire de l’Élysée au moment des publications ; surtout qu’il y avait de la matière, entre autres sur « la fascination réciproque entre le président français et les Américains » (voir cet article). Mais le quotidien classé – de manière erronée – au centre gauche a largement occulté les documents qui mettaient en évidence le tropisme pro-américain partagé par le PS, principal parti d’opposition à l’époque.

Les documents révélés par WikiLeaks montrent en effet que les « éléphants » de la rue de Solférino étaient des habitués de l’ambassade des États-Unis à Paris et y tenaient des propos d’une extrême complaisance à l’égard de Washington, jusqu’à critiquer la position de la diplomatie française à la veille de la guerre d’agression contre l’Irak en 2003.


Courtiser l’Oncle Sam en prenant le contre-pied de Chirac et Villepin sur l’Irak


1. François Hollande

Un télégramme rapporte une rencontre qui a eu lieu le 8 juin 2006 entre, d’une part, François Hollande et Pierre Moscovici, à l’époque respectivement premier secrétaire et secrétaire national aux relations internationales du PS – et par ailleurs député européen –, et d’autre part, l’ambassadeur des États-Unis en France, Craig R. Stapleton. Nommé par le président George W. Bush, celui-ci a été en poste à Paris de 2005 à 2009. Pour la petite histoire, la femme du diplomate se trouve être une cousine de George H. W. Bush, père du maître de la Maison Blanche de l’époque et ancien président lui-même, de 1989 à 1993 (il est décédé en 2018).

Lors de ce petit-déjeuner à la résidence de l’ambassadeur, François Hollande a tenu à prendre ses distances vis-à-vis du non français à la guerre en Irak clairement exprimée par le président Jacques Chirac et son ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin. On se souvient bien sûr du discours retentissant de ce dernier devant le Conseil de sécurité des Nations unies le 24 février 2003.

Craig Stapleton précise que « Hollande a donné une version légèrement différente de l’argument que nous entendons habituellement » (de la part de ses visiteurs français faut-il comprendre). L’argument en question : « Si les Français dans leur majorité sont en désaccord avec l’intervention américaine en Irak, Chirac et Villepin n’auraient cependant pas dû affronter les États-Unis aussi ouvertement. » Des interlocuteurs français défilaient donc à l’ambassade US pour critiquer le baroud d’honneur de la diplomatie d’inspiration gaulliste…

Cherchant à faire passer le message qu’une France gouvernée par le PS ne s’opposerait jamais frontalement aux États-Unis comme l’avaient fait Chirac et Villepin sur le dossier irakien, François Hollande confie à l’ambassadeur que le président français « a commis une erreur en n’indiquant pas clairement dès le départ jusqu’où il était prêt à aller pour s’opposer aux États-Unis. Si Chirac avait communiqué plus clairement sa position sur le sujet, il n’aurait pas donné l’impression erronée que la France finirait par se rallier à la cause ».

Voilà « l’originalité » de la position du finasseur François Hollande (aujourd’hui député Nouveau Front populaire après avoir été président de la République française – si, si, vous pouvez vérifier – de 2012 à 2017). Précisons pour ceux qui y verront une circonstance aggravante que c’est bien George W. Bush qui est alors à la Maison Blanche – et non Barack Obama –, quand le premier secrétaire du PS s’efforce ainsi de gagner les bonnes grâces de l’Oncle Sam.


2. Pierre Moscovici

Sur la même ligne, Pierre Moscovici, qui n’en était pas à sa première discussion avec l’ambassadeur, « a réitéré ses appels au dialogue afin d’essayer de trouver un accord lorsque les États-Unis et la France se trouvent en désaccord, ajoutant que les différences devraient être l’exception et non la règle ». La volonté de montrer patte blanche à Washington est tellement appuyée qu’on ressent de la gêne à la lecture du télégramme.

Plus embarrassant encore, l’eurodéputé s’était entretenu quelques jours plus tôt avec la néoconservatrice forcenée Victoria Nuland, alors représentante permanente des États-Unis auprès de l’Otan. Il vaut la peine de citer un large extrait du télégramme rendant compte de cette rencontre qui a eu lieu le 29 mai 2006 à Bruxelles, siège à la fois de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord et de l’Union européenne :

« Moscovici a affirmé que la direction du PS était favorablement disposée à l’égard des États-Unis et a décrit le PS comme étant en fin de compte moins anti-américain que Chirac. Bien qu’il soit susceptible d’être plus dur sur les questions de principe, il a estimé que le PS serait plus souple dans la pratique. Il a dépeint Chirac comme un dogmatique qui s’est trop plié à l’opinion nationale [sic] et l’a accusé d’avoir activement travaillé contre les États-Unis dans la période précédant la guerre en Irak et d’avoir menacé de mettre son veto “trop tôt”, avant que l’ONU n’ait eu l’occasion d’explorer toutes les voies possibles. Bien que le PS soit également opposé à la guerre en Irak, il a soutenu que, contrairement à Chirac, il n’aurait pas non plus rompu le dialogue avec les États-Unis. Moscovici a affirmé que, historiquement, c’est lorsque la gauche était au pouvoir que les relations entre la France et les États-Unis avaient été les plus fortes, principalement parce que le PS n’adoptait pas certaines attitudes négatives à l’égard des États-Unis. Le PS, a-t-il dit, fondera ses relations avec les États-Unis sur une analyse froide plutôt que sur l’émotion, en tenant compte des valeurs fondamentales que partagent l’Europe et l’Amérique. »

Au moment où le secrétaire national aux relations internationales du PS tient ces propos, la guerre soutenue par la fauconne Victoria Nuland a déjà coûté la vie à plusieurs centaines de milliers d’Irakiens (l’armée US dévastait par ailleurs l’Afghanistan depuis 2001, une intervention qui avait évidemment le plein aval de la diplomate). Mais défions-nous de « l’émotion » et enorgueillissons-nous des « valeurs » partagées…

Pierre Moscovici est aujourd’hui premier président de la Cour des comptes, nommé par Emmanuel Macron, après avoir été ministre de l’Économie et des Finances sous la présidence de François Hollande, puis commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l’Union douanière au sein de la commission Juncker. Gageons qu’il a ferraillé dur avec Washington dans ces fonctions.

Le Monde a expédié en une brève de 128 mots le télégramme relatant l’entrevue avec Victoria Nuland, édulcorant au passage l’asservissement atlantiste qu’il dévoile de la part d’un haut responsable du PS.


3. Ségolène Royal

Lors d’une rencontre avec l’ambassadeur Stapleton le 8 février 2006, Ségolène Royal « s’est efforcée de faire preuve d’ouverture à l’égard des États-Unis. Faisant écho aux remarques d’autres interlocuteurs politiques, elle a dûment rappelé son opposition à l’invasion américaine de l’Irak, mais s’est longuement attardée à assurer l’ambassadeur qu’un gouvernement socialiste n’aurait “jamais mené de campagne active contre les États-Unis en Afrique”, par exemple, et aurait géré les différends d’une manière plus compréhensive et moins conflictuelle que le président Chirac et le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Villepin ».

Alors en campagne pour les primaires du PS (qu’elle remportera devant Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius) en vue de l’élection présidentielle de 2007, Ségolène Royal cherchait elle aussi à se montrer amène envers les États-Unis dans l’espoir probable que ceux-ci et leurs relais d’influence ne contrarient pas ses ambitions, voire les soutiennent.

Celle qui perdra finalement au second tour face à Nicolas Sarkozy – dont il était difficile de surpasser l’atlantisme – « s’est donné beaucoup de mal pour exprimer son ouverture et son amitié à l’égard des États-Unis ». Ségolène Royal est même allée jusqu’à assurer à l’ambassadeur états-unien, « en faisant une référence à la série “Desperate Housewives”, qu’elle ne rejetait pas la culture populaire américaine »…


4. Lionel Jospin

Quant à l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, censément « retiré de la vie politique » après son élimination dès le premier tour de l’élection présidentielle de 2002, il a lui aussi courtisé Washington lors d’un déjeuner avec l’ambassadeur Stapleton le 2 novembre 2005 : « Jospin n’a pas ménagé ses efforts pour proclamer son admiration envers les États-Unis et sa conviction que des valeurs fondamentales communes unissent les États-Unis et la France (et l’Europe), en dépit de profondes divergences sur l’Irak et le rôle des institutions multilatérales. Jospin s’est montré sceptique quant à la possibilité de créer une autonomie gouvernementale démocratique dans une société qui n’y est pas adaptée, tout en reconnaissant que le retrait américain d’Irak ne ferait qu’engendrer le chaos [sic]. Jospin a également déploré, selon ses mots, que les États-Unis “se détournent” de leur rôle historique de soutien et de légitimation des institutions multilatérales, telles que l’ONU. Malgré ces divergences, Jospin a insisté sur le fait qu’être alliés et amis impliquait la liberté de ne pas être d’accord sur des questions importantes et de le faire savoir. S’il était d’accord avec la politique française sur l’Irak, il avait fortement désapprouvé la décision du président Chirac de brandir publiquement la menace d’un veto français. »

Manifestement, un « élément de langage » avait été élaboré au sein du PS pour amadouer Washington sans aller jusqu’à se déclarer favorable à la guerre. Or, d’une part nous savons aujourd’hui que George W. Bush avait pris la décision d’envahir l’Irak dès la mi-janvier 2003, d’autre part ses visées belliqueuses étaient publiquement affirmées dans de nombreuses prises de parole (le 7 octobre 2002, le 28 janvier 2003, le 26 février 2003, etc.), par conséquent, annoncer une intention de recourir au droit de veto le 10 mars – soit dix jours avant le déclenchement de la guerre –, comme l’a fait Jacques Chirac, n’était ni prématuré ni excessif… Il était clair avec le duo illuminé Bush-Cheney que l’on était dans une marche vers la guerre.

Les caciques du PS, feignant de l’ignorer, se rendaient les uns après les autres à l’ambassade pour dire en substance : « Si nous dirigeons la France demain et que vous voulez mener une nouvelle guerre d’agression, on objectera peut-être de façon courtoise mais on vous laissera faire. »


5. Bernard Kouchner

L’atlantisme de Bernard Kouchner est plus connu et assumé. Celui qui deviendrait bientôt ministre « d’ouverture » nommé par Nicolas Sarkozy au Quai d’Orsay rencontra l’ambassadeur Stapleton le 12 octobre 2006 pour « faire du lobbying en faveur de sa candidature au poste de directeur général de l’Organisation mondiale de la santé » (le poste était vacant suite au décès soudain en mai de Lee Jong-wook, à la tête de l’OMS depuis 2003).

Dans un court télégramme, le diplomate états-unien écrit qu’il convient de « noter que Kouchner, l’une des personnalités politiques de centre gauche [hum…] les plus populaires en France depuis longtemps, a été le seul dirigeant politique de premier plan à soutenir publiquement l’intervention états-unienne en Irak, une position qu’il a continué à défendre sur une base humanitaire. Il est généralement bien disposé à l’égard des États-Unis ».

Commentaire final de l’ambassadeur adressé à la maison-mère : « Washington est en mesure de juger les candidatures concurrentes pour ce poste-clé qui s’est retrouvé vacant de façon inattendue, mais les antécédents, l’expérience et la vision de Kouchner méritent d’être examinés sérieusement. » Le « French doctor » rejoindra bien la liste des candidats en lice pour diriger l’OMS, mais ne sera finalement pas élu.


6. Michel Rocard

Autre figure « socialiste » dont la tendresse à l’égard de Washington n’était pas dissimulée, à tel point qu’il s’évertua à transformer le PS en Parti démocrate (la fameuse « gauche américaine ») : Michel Rocard. Celui-ci évoqua également l’Irak lors d’une entrevue avec Craig Stapleton le 24 octobre 2005. Alors député européen et nourrissant toujours des ambitions présidentielles, l’ancien Premier ministre de François Mitterrand critiqua lui aussi la position française : « Rocard, qui n’a pas soutenu la guerre en Irak, a déclaré que s’il avait été président, il aurait expliqué en privé son point de vue au président Bush, mais serait ensuite resté aux côtés des États-Unis. »

Auprès de l’ambassadeur, il « a également exprimé sa “colère” à l’égard de Villepin pour le discours de 2003 devant le Conseil de sécurité des Nations unies, qui, selon lui, a été contre-productif, en particulier vis-à-vis du secrétaire d’État de l’époque, [Colin] Powell. “Nous aurions dû soutenir Powell ; au lieu de cela, Villepin l’a poussé dans ses retranchements.” Rocard a déclaré que s’il avait été le président de la France à ce moment-là, il aurait écrit une lettre de quatre ou cinq pages au président Bush dès le début, exposant ses réticences à l’égard d’une solution militaire. Cette lettre serait restée confidentielle. Une fois que les États-Unis ont décidé d’agir contre l’Irak, il aurait cependant gardé le silence et n’aurait pas pris la tête de l’opposition internationale, comme l’ont fait Chirac et Villepin ».

Michel Rocard affirmait ainsi en privé qu’il fallait « soutenir Powell » et par conséquent approuver la fable criminelle des armes de destruction massive de Saddam Hussein, une fausse information aux conséquences cataclysmiques que le secrétaire d’État US (décédé en 2021) avait assénée – en brandissant une capsule censée contenir de l’anthrax – devant le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 février 2003. Avec de pareils « opposants à la guerre en Irak » à la tête de la France, les néoconservateurs de Washington et Londres (Anthony Blair) auraient eu encore plus les coudées franches pour déclencher leur projet de dévastation. Michel Rocard a carrément « insisté sur la nécessité pour les États-Unis de maintenir le cap, avertissant que l’Irak sombrerait dans la guerre civile si les États-Unis quittaient le pays avant 2010-2012 »…

Là encore, Le Monde, grand admirateur de Michel Rocard (décédé en 2016), traite par-dessus la jambe ce télégramme : quatre petites phrases anecdotiques qui occultent totalement l’inféodation pro-américaine de l’ancien Premier ministre dans un article superficiel intitulé « Les visiteurs de l’ambassade » se délectant des « petites phrases » vachardes que les interlocuteurs français confiaient à Washington sur tel ou tel responsable politique hexagonal.


7. Hubert Védrine

Dans ses interventions médiatiques, Hubert Védrine cultive une image d’analyste équilibré et nuancé en matière de géopolitique. L’ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de cohabitation Jospin (1997-2002) voudrait apparaître au-dessus de la mêlée. Quand il déjeune le 11 mars 2005 avec l’ambassadeur Howard H. Leach, prédécesseur de Stapleton également nommé par George W. Bush, la teneur de ses propos sur la situation en Irak ne cadre pas trop avec sa parole publique : « Les élections législatives ont été un succès. Si les États-Unis parvenaient également à réconcilier les sunnites et les chiites autour d’une constitution – la question la plus importante pour l’avenir de l’Irak –, la plupart des Européens seraient prêts à reconnaître que la politique des États-Unis a toujours été la bonne en Irak. »

Hubert Védrine envisage ici qu’une guerre d’agression barbare qui a ravagé un pays puisse un jour être considérée comme légitime et opportune… La « realpolitik » dans sa version non censurée n’est pas pour toutes les oreilles.

Les élections qu’évoque le diplomate du PS ont eu lieu le 30 janvier 2005. Les premières depuis l’invasion états-unienne de 2003, elles étaient entièrement sous le contrôle des forces d’occupation. Elles furent boycottées par les principaux partis sunnites, sachant que la proportion de la population s’identifiant à cette branche de l’islam se situe autour de 35 % en Irak. Le pays connaissait une situation de violence extrême, l’agression militaire de Washington ayant ouvert un boulevard aux affrontements entre différentes factions armées (le contexte favorisant le développement d’Al-Qaïda, puis plus tard l’émergence de l’État islamique). Le jour du scrutin, plus de cent attaques ciblèrent des bureaux de vote, tuant au moins 44 personnes. Un « succès » donc, qui d’ailleurs sera confirmé par les nombreuses années de guerre et d’occupation états-unienne qui suivront.

Notons au passage qu’Hubert Védrine a confié à l’ambassadeur Leach qu’« il appréciait personnellement [Ariel] Sharon, le trouvait sincère et pensait donc que l’on pouvait travailler avec lui ». L’ancien Premier ministre israélien (2001-2006) était un grand criminel de guerre, ce qui, il est vrai, est peu original si l’on considère le personnel politique et militaire de l’État hébreu. Et puis il faut savoir séparer l’homme du boucher.

Le commentaire final de l’ambassadeur Craig Stapleton après un petit-déjeuner avec Hubert Védrine le 25 janvier 2006 est éloquent quant à l’indépendance de cette « éminence grise » : « Comparé à une grande partie de l’élite politique française, peut-être précisément parce qu’il n’occupe plus de fonction gouvernementale, il est remarquablement dépourvu de ressentiment à l’égard des États-Unis et accepte à la fois la réalité de la puissance américaine et le fait d’utiliser celle-ci pour atteindre les objectifs des États-Unis. » Quand un éloge accable…


8. Alain Richard

Moins connu aujourd’hui, Alain Richard était ministre de la Défense dans le gouvernement de cohabitation Jospin et membre des instances dirigeantes du PS pendant de nombreuses années. Il s’est lui aussi entretenu avec l’ambassadeur Stapleton. Le télégramme relatant cette rencontre qui a eu lieu le 9 mars 2016 est là encore édifiant : « Comme la quasi-totalité des personnalités politiques françaises – qui nous ont parlé en privé de ce sujet –, Richard a dénoncé “la folie” de Chirac et du ministre des Affaires étrangères de l’époque Villepin, qui se sont opposés de façon grandiloquente aux États-Unis et à l’opération Iraqi Freedom (OIF). Selon Richard, les actions de Chirac et Villepin ont peut-être offert “quelques semaines de satisfaction psychique” aux Français [sic], mais au prix d’un affaiblissement de l’influence et de la position de la France sur la scène internationale. »

Lui aussi sur la position « contre la guerre en Irak, mais passionnément pour les États-Unis », Alain Richard « a souligné son respect, voire son amour, pour les idéaux américains et a longuement décrit son admiration – et celle de ses compatriotes – pour le dynamisme de l’Amérique. Il a également fait l’éloge de l’expertise américaine, déclarant que “sur n’importe quel sujet, vous avez les meilleurs experts – y compris sur l’Irak”. Mais il s’est demandé à haute voix pourquoi les États-Unis ont “ignoré leurs experts et fait une si grosse erreur” ».

Il n’y a pas eu d’« erreur », c’est une agression militaire pure et simple, qui sera en bonne place parmi les plus grands crimes du xxie siècle. Mais quand on cherche à amadouer l’administration qui en est à l’origine, mieux vaut euphémiser. Imaginons un instant ce que penserait Jean Jaurès, fondateur du Parti socialiste, de telles compromissions avec « le plus grand pourvoyeur de violence dans le monde », comme le disait Martin Luther King à propos du gouvernement états-unien.

Dans son commentaire final sur Alain Richard, Craig Stapleton note : « Son attachement sincère aux États-Unis était évident ».

Alors sénateur, Alain Richard quittera le PS en 2017 pour rejoindre LREM et faire campagne pour Emmanuel Macron.


La duplicité du PS

Mais, au fait, quelle était la position officielle du Parti socialiste en 2003 quant à la stratégie Chirac-Villepin et au veto français ? Les diplomates états-uniens qui ont rédigé les télégrammes ont fait preuve de négligence en omettant de rappeler que Solférino soutenait le recours à celui-ci. Ainsi, voici ce que déclarait François Hollande au Parisien le 6 janvier 2003 : « Jacques Chirac a été étrangement discret sur la question irakienne lors de ses voeux du 31 décembre. Or, la France préside depuis le début de l’année le Conseil de sécurité de l’ONU. Elle doit donc tout faire pour qu’aucune initiative ne soit prise unilatéralement, c’est-à-dire hors du cadre des Nations unies. Et si le Conseil de sécurité est saisi, elle doit s’opposer à toute intervention militaire dès lors qu’aucune preuve n’est apportée par les inspecteurs sur la présence en Irak d’armements interdits. C’est-à-dire qu’elle doit user de son droit de veto pour empêcher un conflit dont le motif tient, chacun le voit, moins au terrorisme qu’au pétrole, et dont les effets dépasseront le seul territoire irakien. »

Le premier secrétaire du PS confirmera cette ligne le 26 février 2003 dans une déclaration à l’Assemblée nationale lors d’un débat sur la question irakienne : « La France doit aller, le cas échéant, jusqu’au bout : jusqu’à user de son droit de veto, pour éviter l’aventure, la fuite en avant et le déchaînement des passions et des armes. Le veto, ce n’est pas seulement une arme de dissuasion, une menace, un chantage ou une agression. C’est le fait de dire non à la guerre préventive. C’est le moyen de refuser une couverture légale à une intervention illégitime, de ne pas couvrir du drapeau des Nations unies une cause qui n’est que celle de l’administration Bush ! […] Exclure, dès à présent, a priori le veto, comme certains le font, serait affaiblir notre position dans la négociation diplomatique qui s’engage. On nous objectera que notre opposition entraînerait une rupture irréversible avec les États-Unis. Mais ce ne serait pas la première de notre histoire récente : souvenons-nous de notre départ de l’organisation militaire en 1966 ou de notre contentieux à l’époque de la guerre du Vietnam. »

Relisons maintenant ce que François Hollande dira en catimini trois ans plus tard à la résidence de l’ambassadeur états-unien autour d’un petit-déjeuner : « Chirac et Villepin n’auraient […] pas dû affronter les États-Unis aussi ouvertement ». Une colonne vertébrale en caoutchouc. Celle de Lionel Jospin est également très souple. Il écrit dans une tribune publiée le 28 février 2003 : « Notre pays devrait […] faire usage de son droit de veto au Conseil de sécurité ». Or, comme on l’a vu, lors du déjeuner avec l’ambassadeur Stapleton en novembre 2005, « il avait fortement désapprouvé la décision du président Chirac de brandir publiquement la menace d’un veto français »…

Le double discours de Pierre Moscovici est tout aussi renversant. Quand Libération lui demande fin février 2003 de s’expliquer sur le fait que le PS invite Chirac à recourir au veto, il répond : « La guerre en Irak n’a pas d’objet. Elle n’est ni justifiée ni justifiable. Il faut donc tout tenter pour l’éviter. […] La menace de l’usage du droit de veto s’inscrit dans cette cohérence du refus de la guerre. C’est une arme de dissuasion. » Trois années passent et lors du tête-à-tête avec Victoria Nuland, Pierre Moscovici « a dépeint Chirac comme un dogmatique qui s’est trop plié à l’opinion nationale et l’a accusé d’avoir activement travaillé contre les États-Unis dans la période précédant la guerre en Irak et d’avoir menacé de mettre son veto “trop tôt” ».

Ces revirements à 180° sont-ils sincères ou purement tactiques, afin d’obtenir pour le PS et eux-mêmes la faveur de Washington sous direction néoconservatrice ? Le degré de duplicité est tel qu’il devient impossible de savoir ce que ces grosses légumes politiciennes pensent vraiment. Peut-être les deux… en même temps, selon les circonstances et l’objectif. Quoi qu’il en soit, on perçoit parfois un certain scepticisme chez les diplomates états-uniens quant à la bonne foi de leurs interlocuteurs.


Le Monde « couvre » le PS

Le Monde a eu l’obligeance de ne pas pointer les contradictions et volte-face des éléphants, ce qui a épargné à ceux-ci des justifications acrobatiques. Plus généralement, la rédaction du « quotidien de référence » a choisi d’occulter les serments pro-américains que les dirigeants du Parti socialiste venaient glisser à l’ambassade lors de la présidence de George W. Bush. Le journal a jugé plus digestes pour ses lecteurs des articles sur « Sarkozy l’Américain » (le scoop…) ou, lorsqu’il était question du PS, sur la rivalité entre Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn.

Plus intéressé par les observations critiques, voire ironiques, des diplomates états-uniens sur les responsables français que par les propos enjôleurs que ces derniers leur tenaient, Le Monde s’est détourné d’informations pourtant d’intérêt public. En ce qui concerne le traitement du PS, on peut parler de dissimulation, tant les documents révélés par WikiLeaks sont impitoyables sur la fausseté de ses caciques et leur servilité à l’égard des États-Unis. Le journal des élites a ainsi « couvert » le parti politique qui avait sa préférence.

Par Laurent Dauré



Mussolini Ultimo Atto (Carlo Lizzani, 1974). Recensiones sobre Mussolini en films y el libro "Mussolini il figlio del secolo"


 https://conversacionsobrehistoria.info/2025/03/17/el-origen-del-mito-de-mussolini-al-duce-algunas-consideraciones-a-partir-de-la-serie-de-television-y-el-libro-m-el-hijo-del-siglo-m-il-figlio-del-secolo/

Il processo di Verona (Carlo Lizzani, 1963)

 


 

FUENTE: https://www.rebeldemule.org/foro/filmoteca-ficcion/tema13784.html
 

Sinopsis:

    [propia]Roma (Italia), 25 de julio de 1943. El gobierno fascista es incapaz de repeler el empuje antifascista, que se está desplegando rápidamente por el sur. Se reúne el Gran Consejo del Fascismo para evaluar la situación. Para sorpresa de Mussolini, el grueso vota en favor de su destitución y la entrega del poder ejecutivo a la monarquía, que está en mejores condiciones de pactar una rendición honrosa ante lo inevitable.

    Los alemanes, conscientes de que así pierden un aliado clave, reaccionan en septiembre con un contragolpe: ponen a salvo a Mussolini, que proclama una república independiente en el norte de Italia (vulgarizada como "de Saló"), con sede oficiosa en Verona, y toman el control político-militar de todas las regiones que aún no han caído en manos de la coalición angloestadounidense. Sin embargo, se encuentran con un problema adicional. Entre los golpistas del 25 de julio destaca Galeazzo Ciano, que ha sido uno de los validos del Duce, su cuñado carnal y primer embajador. Este posee un diario donde ha anotado, en primera persona, sucesos y órdenes controvertidas que, de caer en manos antifascistas, podría ser usado contra los vencidos al final de la Guerra. Gane quien gane, Ciano no podría estar en peor lugar.

Comentario personal:

    Su moraleja es que toda esa palabrería que sobre el honor gastan los fascistas, viejos o nuevos, son pamplinas. Como ley primera, la gente de poder quiere mantener una situación social que, a su vez, la mantiene como sujeto, por lo que buscará su reproducción: el ejercicio de virtudes republicanas o aristocráticas (típicas del fascismo las segundas) es una evocación que es relegada cuando ese objetivo está en riesgo. En su última hora, todos estos camaradas de armas, honorables samuráis del fascio, hermanados por la sangre y una firme voluntad de trascendencia histórica, se acuchillan entre ellos y les importa una mierda todo lo que no sea sobrevivir, como comprobamos en la actual fantasía escapista de los ricos o en el cobardica jefe del rojipardo Frente Obrero.

En la introducción, en el guion, se escribió:

Galeazzo Ciano, interpretado por Frank Wolff, escribió:

Augusto Martínez Torres, en "El proceso de Verona", en El País, el 28 de enero de 1999, escribió:Escrita por Ugo Pirro, su máximo interés radica, más que en la reconstrucción de unos hechos históricos, en los esfuerzos de Edda Mussolini para que su padre, el Duce, salve la vida a su marido, el conde Ciano.

Jorge García, en "Los olvidados: desde Italia: Carlo Lizzani", en Con los Ojos Abiertos, el 1 de abril de 2021, escribió:[...] recrea con intensidad un hecho histórico en los días de la caída de Mussolini, cuando un grupo de fascistas de su gabinete, encabezados por el Conde Ciano, esposo de la hija del dictador (una excelente Silvana Mangano) son acusados de haberlo traicionado y serán juzgados y condenados por sus propios compañeros, con el diario del Conde como macguffin del relato.


Ficha técnica


Reparto:

Carlo Lizzani e la storia italiana

 


L'oro di Roma / Traqués par la Gestapo (Carlo Lizzani, 1961)


 

Achtung! Banditi! (Carlo Lizzani, 1951)


 

samedi 19 avril 2025

Polnareff et la Commune de Gwangju (mai 1980)


C'est apparemment un fait largement ignoré. Aucune trace nulle part sur l'internet francophone. Pourtant depuis bientôt 35 ans l'air de la chanson « Qui a tué grand maman ? » de Michel Polnareff, sortie en France en 1970, est devenu la trame musicale d'un chant révolutionnaire en Corée du Sud. Aujourd'hui encore, elle est reprise dans les luttes des travailleurs et dans les journées de commémoration du soulèvement de Gwangju.
 

오월의 노래. « La chanson de mai ». En 1980, alors que gronde la colère du peuple de Gwangju contre la dictature de Chun Doo-Hwan (전두환), la chanson de Polnareff est radio-diffusée partout en Corée du Sud. Plus que ça : elle est populaire. L'histoire de sa métamorphose est mal connue, tout comme le nom des manifestant(e)s qui, les premiers, changeront le contenu des paroles. L'air de « Qui a tué grand maman ? » allait devenir l'un des symboles majeurs de l'insurrection. Aujourd'hui chantée dans toutes les luttes de travailleurs, elle connaîtra plusieurs versions différentes à travers le temps et les provinces de la péninsule.


 

Corée du Nord ( Quand Pyongyang s'amuse )


 

Crise des opiacés : le cabinet McKinsey va payer 650 millions de dollars pour éviter un procès pénal


https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/12/13/crise-des-opiaces-le-cabinet-mckinsey-va-payer-650-millions-de-dollars-pour-eviter-un-proces-penal_6447012_3234.html
Publié le 13 décembre 2024 

McKinsey est accusé notamment d’avoir aidé le laboratoire Purdue Pharma à doper les ventes de l’OxyContin, dont la surprescription est généralement considérée comme ayant déclenché une crise sanitaire meurtrière aux Etats-Unis. 

 


 

L'OTAN CULTURELLE C'EST AUSSI LA ZOMBIFICATION PHARMACEUTIQUE

 

Le document précise que McKinsey a déjà déboursé près d’un milliard de dollars dans le cadre de plusieurs accords conclus hors des tribunaux depuis 2019, dont plus de 640 millions dans des accords avec les cinquante Etats et plusieurs territoires américains, et plus de 345 millions au civil. Le groupe a également été mis à l’amende par le gendarme américain de la Bourse (la Securities Exchange Commission ou SEC), pour des contrôles internes déficients.

McKinsey a reconnu avoir, « en toute connaissance et de manière intentionnelle, conspiré avec Purdue Pharma et d’autres pour aider et encourager à fournir une mauvaise communication sur des médicaments prescrits sur ordonnance », stipule le texte. Et aussi d’avoir, « par les actions d’un haut responsable de McKinsey, détruit et caché en toute connaissance des archives et des documents » pour faire obstruction aux enquêtes. Le groupe a licencié, rapidement après le début du scandale, deux salariés pour destruction de documents.

Dosages élevés

« Nous sommes profondément désolés de nos services pour notre ancien client Purdue Pharma et des actes d’un ancien responsable qui a détruit des documents », a réagi McKinsey dans un communiqué. « Cette terrible crise de santé publique et notre travail passé pour des fabricants d’opiacés seront toujours sources de profonds regrets », a poursuivi le cabinet.

Lors d’une conférence de presse, le procureur général de Virginie Chris Kavanaugh a relevé que McKinsey était « le premier cabinet de conseil tenu pénalement responsable pour des conseils ayant entraîné la commission d’un crime par son client ».

D’après l’accord, McKinsey n’a pas bénéficié d’une bienveillance des autorités américaines car il n’a pas révélé lui-même, ni dans les temps, les faits reprochés. En revanche, sa coopération a posteriori et les mesures adoptées par la suite ont joué en sa faveur. Le cabinet s’est notamment engagé à ne plus conseiller d’entreprises concernant un opiacé ou tout autre narcotique.

En particulier, McKinsey avait conseillé Purdue Pharma pour l’aider à doper les ventes de l’OxyContin, affirmait l’Etat de New York dans une plainte. Le cabinet lui avait notamment recommandé de se concentrer sur les dosages élevés, considérés comme les plus lucratifs mais très addictifs. La surprescription de ce médicament est généralement considérée comme ayant déclenché la crise des opiacés aux Etats-Unis.

Visé par une avalanche de poursuites, le laboratoire Purdue Pharma s’est déclaré en faillite en 2019, mais il s’est heurté à plusieurs rejets de son plan par les tribunaux. La Cour suprême a annulé à la fin de juin la dernière mouture, qui prévoyait la création d’une nouvelle entité et le paiement d’au moins 5,5 milliards de dollars sur dix-huit ans.

Promotion musclée

La Cour a estimé que le plan exonérait la famille Sackler, propriétaire de Purdue Pharma, de toutes futures poursuites émanant de victimes. Les Sackler sont accusés d’avoir promu de façon musclée l’OxyContin tout en ayant connaissance de son caractère très addictif, ce qui leur a rapporté des dizaines de milliards de dollars.

Selon les données des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), plus de 700 000 personnes ont succombé entre 1999 et 2022 à une overdose liée à la prise d’opiacés, obtenus sur ordonnance ou de manière illégale. Pour la première fois depuis 2018, le nombre de morts liées aux opiacés (principalement le fentanyl) a diminué en 2023 (81 083 décès) par rapport à l’année précédente (84 181).

De grands distributeurs de médicaments, comme les chaînes CVS, Walgreens et Walmart, ou encore une filiale du géant français de la publicité Publicis ont également été poursuivis pour leur rôle dans cette crise.

Détournement et plagiat chez Sainte-Beuve, De Prada et Valle-Inclán


Juan Manuel de Prada a exprimé sa position sur le plagiat dans un texte programmatique, véritable manifeste, qui porte justement le titre de Plagiats (Plagios en espagnol) et qui permet de comprendre la littérature moderne en général, pleines de citations et de clins d'œil, dans son intertextualité. Dans ce texte, De Prada justifie l'appropriation de petits textes d'autres auteurs sans nécessité de citer leurs noms. Pour contrer ce qu'il appelle l'« interprétation extensive du plagiat », il cite les mots de Sainte-Beuve : « En littérature, on peut voler un auteur à condition qu'on l'assassine ». 

De Prada explique : « Cela veut dire que le vol - ou si vous préférez, le plagiat - doit être utilisé à bon escient afin de créer une nouvelle forme expressive qui surpasse la précédente, la faisant oublier ». 

Plus loin il affirme que « tout a été inventé par les maîtres qui nous ont précédé; notre seule mission, notre seule possibilité d'être originaux consiste à répéter les mêmes choses que nos prédécesseurs, mais d'une façon personnelle, avec un nouveau regard qui aspire à dépasser formellement ceux qui les avaient énoncées auparavant » et il conclut en rappelant ce que Valle-Inclán disait de son plagiat des Mémoires de Casanova : « En littérature, le vol avec assassinat — le plagiat qui annule ou fait oublier la source plagiée — peut parfois être la forme la plus haute d'originalité ».

 
                                  
 
                              
Gérard Fromanger,  
Le rouge, 1970

vendredi 18 avril 2025

Compilación Vertov


En breve:


 

¡Adelante, soviet! (1926)

 

Este documental encargado a Dziga Vertov por el Soviet de Moscú es una visión realista del Moscú de la época. En él nos enseña los avances y servicios conseguidos por la alcaldía, la vida nocturna y ociosa de la capital, y también los problemas que azotaban la capital, como la enfermedad y el hambre.

 

Tres cantos a Lenin (1934)

                                                                21 de Enero 1924, muerte de Lenin.

 

 Entusiamo / La sinfonía del Donbás (1931)


 

jeudi 17 avril 2025

1965: la Nouvelle figuration contre l'Otan culturelle en peinture (Art conceptuel: Duchamp; Pop art: Warhol; Nouveau réalisme: Restany)

 

Vivre et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp est un ensemble de huit tableaux signés collectivement par les peintres Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo et Antonio Recalcati, réalisé en 1965, dans le cadre de l'exposition « Figuration narrative dans l'art contemporain » à la galerie Creuze à Paris et aujourd'hui conservé au Musée Reina Sofia à Madrid.


Vivre et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp
Vivre et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp 
 
La série de huit tableaux s'attaque à l'art conceptuel et à cette figure emblématique de l'avant-garde, symbole des falsifications intellectuelles de la culture bourgeoise promue par l'Otan culturelle, qui « anesthésie les énergies vitales et fait vivre dans l'illusion de l'autonomie de l'art et de la liberté de création », ainsi qu'aux formes d'art subventionnées qui s'en réclamaient alors, le Pop art et le Nouveau réalisme. Ainsi, dans la 8e et dernière toile, on voit leurs défenseurs américain comme européen, Andy Warhol et Pierre Restany, soutenir de part et d'autre l'arrière du cercueil de Duchamp, recouvert du drapeau américain et conduit par Robert Rauschenberg, suivi d'Arman, Claes Oldenburg et Martial Raysse.
Vivre et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp 
 
L'acte de naissance retenu pour la Figuration narrative est l'exposition "Mythologies quotidiennes" organisée de juillet à octobre 1964 au Musée d'art moderne de la ville de Paris (MNAM), avec les peintres Rancillac, Télémaque, Klasen, Arroyo, Recalcati, Jacques Monory, Leonardo Cremoni, Jan Voss et Öyyind Fahlström. 
 
Cependant, au mois de juin de cette même année, la nouvelle école américaine venait d'être consacrée à la Biennale de Venise par l'octroi du grand prix à Robert Rauschenberg, soit quelques jours seulement avant l'ouverture de cette exposition, ce qui en amoindrit l'impact médiatique. Il est vrai que les états-uniens avaient mis les petits plats dans les grands et pas n'importe lesquelles puisque les tableaux de l'invasion yankee, de très grandes tailles, étaient arrivés dans les soutes de l'US Navy avec le reste de l''équipement militaire pour les bases US installées en Italie.

Les "Planimétries" de Joan Vilacasas face aux plans psychogéographiques


En février 1957, le Mouvement pour un Bauhaus imaginiste, l'Internationale lettriste et le Comité Psychogeographique de Londres (c'est-à-dire les futurs situationnistes, l'Internationale situationniste se constituant formellement quelques mois après, en juillet), devaient présenter la "Première exposition de psychogéographie" à la galerie Taptoe de Bruxelles. Guy Debord n'y participera pas finalement, contrairement à Asger Jorn, car il voulait que cette exposition soit une exposition-manifeste, un lieu laboratoire et un véritable instrument de propagande, et notamment en s'appuyant sur un catalogue où aurait été publié le texte "Projet pour un labyrinthe éducatif" (Œuvres, p. 284-285).

 Entre autres "œuvres", cinq plans psychogéographiques seront présentés, dont celui de "The Naked City (illustration de l'hypothèse des plaques tournantes en psychogéographique)" qui sera tout de suite imprimé à Copenhague et donc amener à circuler dans le milieu artistique. De là l'hypothèse, sans aucune confirmation pour l'instant, que Joan Vilacasas s'en soit inspiré pour ses peintures ressemblant elles aussi à des vues aériennes de ville.

 

 Vilacasas vécu et travailla à Paris à partir de 1949, faisant des peintures abstraites, informelles, à partir de 1953. Mais ce ne fut qu'en 1957 qu'il commença à dessiner des plans nommés Planimétries, faits de lignes et configurations spatiales. En 1960, il retourna a Barcelone et devint dès lors l'une des figures de l'abstraction catalane.

▷ Planimetria 124 par Joan Vilacasas, 1973 | Édition | Artsper
  Planimetria 124, 1973
 
Obra de Joan Vilacasas Planimetria 69 65, de 1969 
Planimetria 69 65, 1969

The Way Of Lost Souls / Traquée / Son dernier tango (Paul Czinner, 1929)


 

mercredi 16 avril 2025

Bestia, Kochanka apasza / The Polish Dancer (Aleksander Hertz, 1917)

 


Antologion (Aleksander Balagura, 1996)


 

ANTOLOGION - en grec ancien : « couronne de fleurs, récolte de passages poétiques... » Antologion est un film d’assemblage - une tentative d’imagination d’un film unique avec sa propre trame, sa propre esthétique, sa propre intonation, une tentative de créer un entrelacement organique unique, un ciné-rhapsodie, en le basant sur des fragments de films classiques produits en Ukraine pendant la période soviétique. Ce film est un hommageau centenaire du cinématographe.



dimanche 13 avril 2025

80 años de la insurrección victoriosa del campo de concentración de Buchenwald (y pinturas del vecino insurrecto Taslitzsky)

FUENTE: https://insurgente.org/el-campo-de-concentracion-de-buchenwald-fue-liberado-por-prisioneros-comunistas/

Hace 80 años, el 11 de abril de 1945, unidades de la 4ª División Blindada del general George S. Patton, de las fuerzas armadas estadounidenses, se dirigieron hacia la ciudad de Weimar (Alemania), donde se encontraba el campo de concentración de Buchenwald. Finalmente, las tropas de Patton tomaron el control del campo, pero los testimonios de los soldados, recogidos más tarde por historiadores, sugieren que no fueron los tanques estadounidenses los que liberaron Buchenwald: el campo ya había sido tomado por la organización y el coraje de los prisioneros, quienes aprovecharon la huida de los soldados alemanes ante el avance aliado.

Las personas prisioneras políticas en el campo de concentración de Buchenwald se habían organizado en Kampfgruppen [grupos de combate]. Utilizaron un arsenal de armas ocultas para promover un levantamiento dentro del campo, desarmar a los guardias nazis y tomar la torre de entrada. Desde allí, izaron una bandera blanca y formaron un anillo alrededor del campo para informar a las tropas estadounidenses que ya lo habían liberado. Das Lager hatte sich selbst befreit, dijeron: “el campo se liberó a sí mismo”.

No fue solo en Buchenwald donde hubo rebeliones. En agosto de 1943, lxs prisionerxs de Treblinka se alzaron en una rebelión armada y, a pesar de ser acribilladxs, obligaron a los nazis a cerrar este repulsivo campo de exterminio (en el que fueron asesinadas casi un millón de personas judías).

El Ejército Rojo de la Unión Soviética y las fuerzas estadounidenses también liberaron varios campos, la mayoría de ellos horrendos centros de exterminio del Holocausto. Las tropas estadounidenses liberaron Dachau en abril de 1945, pero fue el Ejército Rojo quien abrió las puertas de la mayoría de los peores campos, como Majdanek (julio de 1944) y Auschwitz (enero de 1945) en Polonia, Sachsenhausen y Ravensbrück (abril de 1945) en Alemania.

Dominik Černý (Checoslovaquia), K.L. Dora: Bydlení ve štole [K. L. Dora: Viviendo en el túnel]), 1953.

En julio de 1937, el régimen nazi trasladó prisioneros desde Sachsenhausen a una zona cercana a Weimar (ciudad natal de Johann Wolfgang von Goethe y Friedrich Schiller y también lugar donde se firmó la Constitución alemana de 1919). Lxs prisionerxs despejaron casi 400 acres de bosque para construir un campo de concentración con capacidad para 8.000 personas, a quienes el comandante nazi Hermann Pister (1942–1945) utilizó para experimentación médica y trabajo forzado. Al momento del cierre del campo, ocho años después, casi 280.000 personas habían pasado por allí (en su mayoría comunistas, socialdemócratas, pueblos romaní y sinti, judíxs y disidencias cristianas). A fines de 1943, los nazis fusilaron a cerca de 8.500 prisioneros de guerra soviéticos en el campo y asesinaron a muchxs comunistas y socialdemócratas. Se estima que el régimen nazi asesinó en total a 56.000 prisioneras y prisioneros en este campo, incluyendo a Ernst Thälmann, dirigente del Partido Comunista de Alemania (KPD), quien fue ejecutado el 18 de agosto de 1944 tras pasar once años en confinamiento solitario.

Sin embargo, Buchenwald no fue un campo de exterminio como Majdanek o Auschwitz. No formó parte directa de la abominable “solución final a la cuestión judía” (Endlösung der judenfrage) de Adolf Hitler.

Dentro de Buchenwald, comunistas y socialdemócratas establecieron el Comité Internacional del Campo para organizar su vida cotidiana en cautiverio y llevar a cabo actos de sabotaje y resistencia (incluidos, de manera notable, ataques a las fábricas de armamento cercanas). Con el tiempo, esta organización evolucionó hasta convertirse en el Comité del Frente Popular, creado en 1944, con cuatro dirigentes: Hermann Brill (Frente Popular Alemán), Werner Hilpert (Demócrata Cristiano), Ernst Thape (Socialdemócrata) y Walter Wolf (Partido Comunista de Alemania). Lo más notable de esta iniciativa fue que, pese a encontrarse en condición de prisionerxs, el comité ya había comenzado a debatir el posible futuro de una nueva Alemania, completamente desnazificada y basada en una economía cooperativa. Mientras estuvo en Buchenwald, Walter Wolf escribió A Critique of Unreason: On the Analysis of National Socialist Pseudo-Philosophy [Una crítica de la sinrazón: Sobre el análisis de la seudo filosofía nacionalsocialista].

Nachum Bandel (Ucrania), Block 51. Buchenwald. Small Camp [Block 51. Buchenwald. Campo pequeño], 1947.

Una semana después que lxs prisionerxs liberaran Buchenwald, colocaron una escultura de madera cerca del campo como símbolo de su resistencia antifascista. Querían que el campo de concentración no fuera recordado solo por las muertes, sino también por su resiliencia durante el encarcelamiento y por su auto-liberación. En 1945, las prisioneras y prisioneros ya habían formulado el Juramento de Buchenwald, que se convirtió en su credo: “Solo abandonaremos la lucha cuando la última persona culpable haya sido juzgada por el tribunal de todas las naciones. La destrucción total del nazismo, hasta sus raíces, es nuestra consigna. La construcción de un mundo nuevo, de paz y libertad, es nuestro ideal”.

El campo de concentración, ubicado entonces en la República Democrática Alemana (RDA o Alemania Oriental), fue convertido en una prisión para nazis que esperaban sus juicios. Algunos de ellos fueron ejecutados por sus crímenes, entre ellos, el alcalde de Weimar, Karl Otto Koch, quien había organizado el arresto de judíxs en la ciudad en 1941. Mientras tanto, al otro lado de la Cortina de Hierro, la República Federal de Alemania (Alemania Occidental) incorporó rápidamente a ex integrantes del régimen nazi en la burocracia estatal, al punto que dos tercios del personal superior de la Bundeskriminalamt (Oficina Federal de Policía Criminal) estaban compuestos por ex nazis. A medida que el proceso de juicios y castigos llegaba a su fin, los restos de Buchenwald pasaron a formar parte del proyecto de memoria pública en la RDA.

Ilse Häfner-Mode (Alemania), Portrait of a Woman in Front of a Wooden Door [Retrato de una mujer frente a una puerta de madera], s/f.

En 1958, Otto Grotewohl, socialdemócrata y primer ministro de la RDA, abrió el campo para que cientos de miles de trabajadoras, trabajadores y escolares lo visitaran, recorrieran sus instalaciones, escucharan los relatos, tanto de las atrocidades como de la resistencia y se comprometieran con el antifascismo. Ese mismo año, el ex prisionero Bruno Apitz publicó Desnudo entre lobos, novela que narra cómo el movimiento de resistencia en el campo escondió a un niño pequeño, asumiendo un gran riesgo y cómo más tarde ese mismo movimiento tomó el control del campo en 1945. La novela fue adaptada al cine en la RDA por Frank Beyer en 1963. La historia se basaba en el testimonio real de Stefan Jerzy Zweig, un niño que fue ocultado por lxs prisionerxs para evitar que fuera deportado a Auschwitz. Zweig sobrevivió al horror y falleció en Viena en 2024, a los 81 años.

La RDA forjó su cultura nacional en torno al tema del antifascismo. En 1949, el Ministerio de Educación Popular instó a las escuelas a construir un calendario de actividades centrado en la lucha antifascista, en lugar de en las festividades religiosas. Por ejemplo, se promovía el Día Mundial por la Paz en lugar del Fasching [Martes de carnaval]. La antigua Jugendweihe [ceremonia de iniciación juvenil] fue transformada, dejó de ser únicamente un rito de paso para convertirse en una afirmación del compromiso de las y los jóvenes con el antifascismo. Las escuelas organizaban salidas pedagógicas a Buchenwald, Ravensbrück y Sachsenhausen, donde el estudiantado podía conocer de cerca la atrocidad del fascismo y cultivar valores humanistas y socialistas. Fue una poderosa práctica de transformación social para una cultura que había sido arrastrada al nazismo.

Herbert Sandberg (Alemania), We Didn’t Know [No lo sabíamos], 1964.

Cuando Alemania Occidental anexó a la República Democrática Alemana (RDA) en 1990, comenzó un proceso de desmantelamiento de los avances en materia de antifascismo desarrollados en la RDA. Buchenwald se convirtió en el epicentro de este ejercicio. En primer lugar, la dirección del campo se volvió objeto de controversia. La doctora Irmgard Seidel, quien había asumido la dirección tras el ex prisionero del KPD Klaus Trostorff en 1988, se enteró por un artículo de prensa de que había sido destituida (investigando archivos de las SS, la doctora Seidel había descubierto que hubo 28.000 mujeres prisioneras en Buchenwald que trabajaron como mano de obra esclavizada, en su mayoría en fábricas de armamento). Fue reemplazada por Ulrich Schneider, quien más tarde también fue removido, luego de que se revelara que había sido miembro del Partido Comunista en Alemania Occidental. A él lo sucedió Thomas Hofmann, suficientemente anticomunista como para complacer a las nuevas autoridades políticas.

En segundo lugar, la orientación antifascista de la memoria pública debía ser modificada para promover el anticomunismo, lo que incluyó minimizar el memorial dedicado a Ernst Thälmann. Se puso un nuevo énfasis en el uso que hizo la Unión Soviética de Buchenwald como prisión para nazis.

Historiadores provenientes de Alemania Occidental comenzaron a publicar relatos que sostenían que fueron los soldados de Patton y no lxs prisionerxs, quienes liberaron el campo (esta es, por ejemplo, la interpretación del influyente libro de Manfred Overesch Buchenwald und die DDR. Oder die Suche nach Selbstlegitimation [Buchenwald y la RDA, o la búsqueda de la autolegitimación], publicado en 1995). En junio de 1991, el canciller alemán Helmut Kohl presidió una ceremonia para instalar seis grandes cruces en memoria de las víctimas de “la dictadura del terror comunista” y se refirió a los crímenes nazis como si fueran equivalentes a las acciones de la Unión Soviética.

Entre 1991 y 1992, el historiador alemán Eberhard Jäckel encabezó una comisión para reescribir la historia de Buchenwald, lo que incluyó acusaciones contra prisionerxs comunistas de haber colaborado con los nazis y la conmemoración de las “víctimas” de la prisión antifascista. Esta reordenación oficial de los hechos históricos tuvo por objetivo elevar a los fascistas y deslegitimar a quienes los resistieron. Este tipo de revisionismo histórico ha alcanzado nuevas dimensiones en los últimos años: representantes diplomáticos de Rusia y Bielorrusia —dos antiguas repúblicas soviéticas— han sido excluidos de los actos conmemorativos anuales. En los discursos pronunciados en el memorial, se ha equiparado a los campos de concentración nazis con los campos de trabajo soviéticos. Mientras tanto, las banderas de Israel se exhiben abiertamente en Buchenwald, pero se ha prohibido la entrada a personas que usan la keffiyeh y se ha reprimido cualquier mención del genocidio en Palestina.

Hilde Kolbe lleva a su clase de estudiantes vietnamitas de la Escuela Médica Dorothea Christiane Erxleben Quedlinburg, RDA, a Buchenwald, 15 de abril de 1976.

En la década de 1950, artistas comunistas colaboraron para erigir memoriales en Buchenwald que conmemoraran la lucha antifascista. Los escultores René Graetz, Waldemar Grzimek y Hans Kies crearon estelas con relieves, en cuyos dorsos grabaron un poema de Johannes R. Becher, primer ministro de Cultura de la RDA:

Thälmann vió lo que un día ocurrió:
Desenterraron las armas que habían escondido.
De la tumba se levantaron lxs condenadxs,
Miren sus brazos extendidos como un llamado.
Miren el memorial que de mil formas grita,
evocando nuestras luchas presentes y pasadas.

Los muertos advierten: ¡Recuerden Buchenwald!

En este boletín, las pinturas son obra de ex prisionerxs de Buchenwald y la fotografía muestra La revuelta de los prisionerxs, escultura en bronce de Fritz Cremer —militante del KPD desde 1929— que representa la autoliberación del campo.

Vijay Prashad


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La insurrección victoriosa de Buchenwald del 11 de abril 1945, por Boris Taslitzsky

 Boris TASLITZKY, Peintures, Témoignages 2Boris TASLITZKY, Peintures, Témoignages 2Boris TASLITZKY, Peintures, Témoignages 2