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dimanche 1 mars 2026

Les Américains en Amérique (Raymond Vogel, 1950)

 


Dénonciation virulente de la présence et de l'influence américaine en France, des bases militaires au cinéma, en passant par le Coca-Cola et les journaux pour enfants, symboles de « gangstérisme », « de racisme ». Face à la civilisation américaine et à sa « politique de guerre » se dressent les travailleurs de la SNECMA, les mineurs de Auchel, les dockers, les consommateurs français « appréciant le bon vin », les militants communistes (jeunes vendeurs de l'Avant-Garde « militant contre les 18 mois », lecteur de L'Humanité éteignant son poste de radio...) et, enfin, les dirigeants du P.C.F. (Maurice Thorez au stade de Buffalo). L'éviction de Frédéric Joliot-Curie du haut-commissariat à l'énergie atomique, en avril 1950, est imputé à la politique américaine.

Ce court-métrage militant mêle des plans documentaires et des images fictionnelles (le VRP de Coca-Cola chassé du bistrot par les consommateurs français amateurs de vin). Les Américains en Amérique témoigne de l'anti américanisme du P.C.F. durant la période de guerre froide.

Lieux et monuments : Paris (Place de la Concorde, Arc de Triomphe), Fontainebleau, Mont-Valérien, port de Marseille, Auchel
Personnalités : Truman, Blum, Byrnes, Schuman, Queuille, Moch, Frédéric Joliot-Curie, Thorez...
Lieux, événements et personnes citées : France, Angleterre, URSS ; réarmement allemand, Pacte atlantique ; Bradley, Eisenhower, René Pleven.
Mots d'ordre: « les 18 mois c'est la guerre ».

jeudi 12 septembre 2024

Guy Debord à la fête de l'Humanité en 1955

[Source -> Guy Debord, Correspondance, volume "0" (septembre 1951- juillet 1957), Librairie Arthème Fayard, 2010, p. 71]
 
  
– Extrait de lettre de Guy Debord à Gil J Wolman du mercredi 7 septembre 1955 –

Je me suis finalement rendu à la fête de l'Huma [fête annuelle organisée par le journal L'Humanité], le samedi soir assez tard: assez jolies tendances à la dérive – dans l'avenue Lénine qui commence un peu partout on s'entend crier par haut-parleurs. "camarades, buvez un verre de (mousseux) contre la répression en Algérie"

ou: 

"Mangez une choucroute pour les métallos de Nantes"

et même:

"Buvez de la vodka de Moscou – 80 francs le verre, pour la détente..."

ou à peu de choses près.

On aboutit à quelques places très floues perdus dans des petits bosquets d'arbres, et dites: de l'unité, Karl Marx, etc.

Mais aussi l'iconographie habituelle, le portrait de Maurice [Thorez, secrétaire du parti communiste français] partout  – des chansons idiotes, du folklore à n'y pas croire, les communistes d'Auvergne étant vêtus en Auvergnats, ceux de Brest en Bretons, et ainsi de suite: Louis XVI n'aurait pu souhaiter mieux.

Relevé sur un stand de librairie en lettres énormes: une phrase de Lénine juge tristement cette kermesse:

SANS THÉORIE RÉVOLUTIONNAIRE PAS D'ACTION RÉVOLUTIONNAIRE.

Nous fûmes bien seul à rire.

*** 

Fête de L'Humanité 1946