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samedi 28 février 2026

L’Affaire Abdallah, un film de Pierre Carles

SYNOPSIS

Le militant libanais Georges Abdallah a été incarcéré près de 41 ans en France. Ce résistant communiste pro-palestinien s’est vu affubler de l’étiquette ‘’terroriste’’. À tort. Une incroyable fake news et de fortes pressions exercées par les États-Unis sur la France sont à l’origine de cette durée de détention hors-norme. À 74 ans, il a réussi à sortir de prison, debout, ses convictions politiques intactes.

L’AFFAIRE

Si le nom de Georges Abdallah a défrayé la chronique à l’orée de la décennie 80, il a petit à petit disparu des unes de la presse française et internationale pour sombrer dans une sorte d’oubli qu’une poignée de soutiens s’évertuait inlassablement à combattre. Pour beaucoup alors, son nom se mêlait à ceux que le Proche Orient propulse au-devant de la scène pour quelques jours, puis rejette dans l’ombre.

De temps à autre, au détour d’un ouvrage, d’une polémique ou plus souvent d’une demande de libération, il se rappelait à notre souvenir, mais bien peu aurait su dire avec précision qui était ce prisonnier, d’où il venait, quels étaient les crimes qu’on lui attribuait, et à quelle mouvance politique il se rattachait.

C’est à l’occasion du génocide du peuple palestinien engagé à la suite des massacres du 7 octobre 2023 que nous est revenu l’existence, dans les geôles françaises, de l’un de ses défenseurs les plus déterminé, jeté là depuis des décennies, faisant de lui le plus ancien prisonnier de France pour des faits à caractère politique. Son image réapparaissait sur les drapeaux de quelques manifestants, son nom était à nouveau prononcé, synonyme d’acharnement étatique et d’injustice.

On se souvenait alors qu’en 1986, une première décision de justice le condamnait à 4 ans d’emprisonnement, mais qu’un nouveau procès, exigé en sous-main par les autorités américaines, le condamnait cette fois, à la surprise générale, à la perpétuité. Les gouvernements français successifs, toujours sous la pression des américains, ont, depuis 1999, rejeté 9 demandes de libération anticipée.
De quoi Georges Abdallah s’était-il rendu coupable qui le condamne à un traitement si particulier et à un tel acharnement des États français et étatsunien ?

 

Interview PIERRE CARLES

Comment avez-vous eu connaissance de « L’Affaire Abdallah » ?

J’ai eu l’occasion de croiser Georges Abdallah au parloir de la prison de Lannemezan, au milieu des années 2000 alors que je rendais visite à un autre prisonnier politique. Sans plus. Puis une douzaine d’années se sont écoulées lorsque Isabelle Vallade, membre du comité de soutien à Georges Abdallah, m’a alerté sur sa durée d’incarcération anormale, du moins en comparaison avec celle d’autres militants arrêtés et condamnés à la même époque que lui pour des crimes politiques comparables. Ayant fait une école de journalisme avant de devenir réalisateur de films documentaire, je me suis mis à enquêter sur cette histoire, notamment grâce à l’appui de legrandsoir.info , alors qu’aucun média mainstream ne s’y était collé jusque là. De ce travail d’investigation sont sortis un article paru dans le Monde diplomatique, une BD aux éditions Delcourt (dessin : Malo Kerfriden) et ce long-métrage.

Vous rassemblez de nombreux documents et archives. Combien de temps ont pris la préparation, le tournage et le montage du film ?

Le travail d’enquête et de recherche d’archives a démarré en 2018 et s’est étalé sur deux/trois ans. Le repérage au Liban s’est déroulé début 2020, juste avant l’épidémie de COVID. L’essentiel du tournage en France est intervenu, lui, entre 2021 et 2024, avec des tournages complémentaires en 2025 lors de la libération de Georges Abdallah. Je ne me suis toutefois pas consacré à plein temps, huit ans durant, à ce chantier. Durant cette période, nous avons fini de tourner et de monter un long-métrage consacré à l’histoire de la guérilla des FARC en Colombie, et réalisé des repérages en Algérie pour un projet de film, coécrit avec Nadja Harek, autour du dernier fugitif d’Action directe.

Vos interlocuteurs et interlocutrices ont-ils été faciles à convaincre ?

Ça dépend. Certaines personnes impliquées dans l’affaire Abdallah ne se sont pas empressées de répondre aux demandes d’interviews formulées par Clara Menais et Léa Gasquet, qui m’ont assisté sur la réalisation du film. C’est le cas de l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, de l’ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, de l’ex-président de la République François Hollande... Il a fallu partir à la rencontre de ces protagonistes de l’affaire Abdallah, s’ingénier pour les interpeller dans des lieux publics afin d’avoir réponse ou non-réponse à certaines de nos questions. Nous avions du mal à accéder à eux jusqu’à ce que, à un moment donné, toutes ses personnalités débarquent à tour de rôle à Montpellier, qui pour une signature de livre, qui pour une conférence à la faculté, qui pour une inauguration de prison... Comme c’est aussi à Montpellier que se trouve une grande partie de l’équipe du film - la productrice Annie Gonzalez, la monteuse Florence Jacquet, le post-producteur Ludovic Raynaud, le chef opérateur Olivier Guérin, la camarade réalisatrice Nina Faure, ils venaient en quelque sorte à notre rencontre. Pour les autres personnes acceptant de témoigner dans le film - des journalistes, des juristes, des policiers, des militants, des militantes... - ce fut beaucoup plus facile. Et nous avons aussi réussi, ça j’en suis assez fier, à recueillir la parole de Georges Abdallah en prison, dans sa cellule.

Certains ont ils refusé de vous rencontrer ?

Oui, l’ancien ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas qui affirmait à la radio, en 2016, qu’Abdallah resterait incarcéré à vie, ou l’ex-patron de la DST Pierre de Bousquet de Florian qui nous a opposé le « secret défense » pour ne pas avoir à s’expliquer sur une forfaiture des services de contre-espionnage. Nous n’avons pas non plus réussi à interpeller Emmanuel Macron sur cette affaire. D’ailleurs, si des spectateurs ou spectatrices veulent s’en charger, ils/elles sont les bienvenus. Nous aurions bien voulu lui demander des explications sur l’absence de grâce présidentielle pour Georges Abdallah, alors que sa durée d’incarcération était absolument hors-normes. Pourquoi n’a-t-il rien fait ? Par crainte d’agacer les Américains ? Par peur de se mettre la droite et l’extrême-droite à dos en graciant un soi-disant « terroriste » ? Par crainte du « coût politique » d’une telle mesure ?

Personne dans le film, ni les militaires spécialistes de la défense, ni les journalistes, ni les avocats, ni même les politiques ne semblent croire sincèrement en la culpabilité de Georges Abdallah.

Certes mais il faut comprendre que Georges Abdallah estime que c’est un grand honneur pour lui d’avoir été accusé d’appartenir à un groupe armé ayant exécuté un militaire israélien et un militaire américain afin de combattre l’invasion de son pays - le Liban - par Israël avec l’appui des USA. Ces actes de résistances lui paraissent légitimes. Pour autant, lui et les FARL n’étaient pas responsables de la vague d’attentats terroristes survenue en 1986 à Paris bien que les médias et le pouvoir politique de l’époque affirmaient le contraire. Ça, personne ne le conteste aujourd’hui. Mais aucun média n’a fait de mea culpa. Cette fake news a petit à petit sombré dans l’oubli.

La nécessité de désigner un coupable des attentats de 1986 est-elle la seule raison de l’acharnement dont Georges Abdallah a été la victime ?

L’une des principales raisons de cette durée de détention hors-normes, ce sont les pressions exercées par les Etats-Unis sur la France. On voit que les ingérences américaines dans les affaires européennes ne datent pas d’aujourd’hui. Elles existaient déjà sous la présidence d’Obama ou même avant. En 2013, certains barons « socialistes » comme Laurent Fabius, Manuel Vals ou François Hollande ont prêté une oreille attentive aux désidératas américains, empêchant la libération d’Abdallah alors même qu’elle était accordée par les juges de l’application des peines, en première instance comme en appel.

On retrouve dans ce film un des sujets qui vous a fait connaître : une critique de la fabrique médiatique du mensonge. Comment le situer dans votre filmographie ?

Nous avons presque toujours en tête, lorsque nous nous lançons dans la réalisation de films, d’essayer de tenter de proposer d’autres points de vue que le discours dominant, d’autres sons de cloche que la musique ambiante si les choses qu’on nous a mis dans la tête s’avèrent fausses, mensongères. Et tout comme dans mon précédent long-métrage sur les rebelles colombiens des FARC, nous questionnons ici la figure du « terroriste », un vocable souvent utilisé par le pouvoir pour disqualifier toute forme de résistance radicale de nos jours. Ce mot est employé à tout va par le pouvoir politique, comme par les grands médias d’extrême-droite, de droite voire de gauche (ou se présentant comme de gauche), pour salir certaines formes de contestation du système.

Or, s’en prendre aux méga-bassines d’eau pour l’agro-industrie, comme à Sainte-Soline, ne relève pas, bien entendu, de l’ « éco-terrorisme ». De même que s’engager dans la lutte armée n’implique pas forcément le recours à des actions visant à assassiner et terroriser des civils telles qu’a pu le pratiquer Daesh. Les assassinats ciblés de militaires et diplomates réalisés par les FARL, le groupe armé d’Abdallah, sont des actions que l’on aurait probablement qualifiées de résistantes, après guerre. Maintenant, il ne s’agit pas de verser dans la contre-propagande, de travestir la réalité dans nos films, mais de proposer aux spectateurs et spectatrices des récits documentés bien plus proches de la vérité que ceux que cherchent à nous imposer les tenants du pouvoir économique (Arnault, Bolloré, Niel, Pinault...) et ceux du pouvoir politique (Hollande, Sarkozy, Macron...) souvent inféodés au pouvoir économique.

Le film a-t-il été financé sans difficulté ?

ARTE, France TV et Netflix ont refusé le projet. Mais, Annie Gonzalez, qui a produit la plupart de mes longs-métrages, a accompagné le projet pour qu’on puisse aller jusqu’au bout de la fabrication de ce long-métrage. Seul le cinéma indépendant peut aborder un sujet tabou comme celui-ci : l’injustice commise à l’égard d’un militant internationaliste, ex-membre d’un groupe armé communiste, accusé à tort de « terrorisme », comme ce fut le cas pour Missak et Mélinée Manouchian que l’on célèbre aujourd’hui. Internet, les réseaux sociaux et la télévision sont incapables de réaliser ce genre de travail. Soit ils pratiquent la censure ou l’autocensure, soit ils n’ont pas les moyens de mener à bien pareille enquête. La preuve : notre film est le seul travail d’investigation un tant soit peu sérieux mené sur l’affaire Abdallah. Et remercions chaleureusement les plus de 800 contributeurs et contributrices qui ont soutenu financièrement ce chantier.

Pierre CARLES

NOTE DU GRAND SOIR. Notre site a publié des nombreux articles sur George Ibrahim Aballah, sur la préparation de ce film et il a contribué à la levée des fonds par souscription.


LES DATES CLÉS

1978 - L’armée israélienne opère des incursions au sud Liban.

1982 - L’armée israélienne lance de nouvelles opérations au Liban, dans les camps palestiniens et jusqu’à Beyrouth ouest. Elles visent les foyers révolutionnaires palestiniens et des membres de l’OLP qui y ont trouvé refuge. Elles se soldent par 18 000 morts.
Favorable à la lutte armée contre Israël et ses alliés américains, Georges Abdallah rejoint les Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises. En riposte aux ingérences et agressions israéliennes, les FARL prennent pour cible des militaires américains ou israéliens, surtout en France.

1982 - En janvier, Charles R. Ray, attaché militaire américain, est tué à Paris. En avril, Yacov Barsimantov, diplomate israélien agissant pour les services secrets, l’est à son tour.

24 octobre 1984 - Georges Abdallah est arrêté à Lyon, alors que, munit d’un faux passeport, il se réfugie dans un commissariat pour se protéger d’agents qu’il croit appartenir au Mossad. Sa véritable identité établie, assisté de son avocat Jean-Paul Mazurier, il est accusé de détention d’armes et de faux papiers et condamné à 4 ans de prison, ce qui ne satisfait pas du tout les autorités américaines. Avec une remise de peine, il aurait pu sortir en 1986.

1986 - une série d’attentats à la bombe ensanglante Paris. Ils sont revendiqués par un certain Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques Arabes et du Proche-Orient (CSPPA), qui réclame la libération des activistes des FARL, dont Georges Abdallah. Mais ce CSPPA est en fait le faux nez d’agents iraniens qui se vengent du soutien militaire français à l’Irak en guerre contre la république islamique.

Peu importe, même si Georges Abdallah en prison et ses frères au Liban clament leur innocence (les FARL ne pratiquent pas le terrorisme contre des civils), ils sont des accusés idéals. Inspirée par le ministre de l’intérieur Charles Pasqua et son ministre délégué de la sécurité Robert Pandraud, la presse s’ingénie à en dresser les portraits, ceux de dangereux terroristes prêts à récidiver.

Dans une planque fréquentée par Georges Abdallah, on découvre des armes dont celle qui fut utilisée pour assassiner Charles Ray et Yacov Barsimantov. Même si le détenu se refuse à condamner des « actes de résistance » contre « l’oppression israélienne et américaine », il nie toujours avoir participé aux actions pour lesquelles il est en prison.

Février 1987 - Un nouveau procès à lieu. Les américains réclament que Georges Abdallah soit jugé aux assises. Il est condamné à la perpétuité pour complicité d’assassinat, condamnation confirmée bien que Jean-Paul Mazurier, son avocat, ait avoué avoir trahi son client en travaillant avec les services secrets français.

Le pourvoi demandé par son nouvel avocat, maître Verges, est rejeté par le ministre de la justice du gouvernement Chirac, Albin Chalandon. Une sévérité que ne démentiront aucun gouvernement pendant près de 40 années.

Bien qu’un condamné à perpétuité puisse demander une libération après 15 ans de prison, Georges Abdallah ne formule la première qu’en 2002. Alors qu’elle est jugée recevable (à la condition que le prévenu quitte le territoire), Dominique Perben, ministre de la justice du gouvernement Raffarin, fait appel de la décision. L’avocat de la famille de Charles R. Ray, maître Kiejman, obtient du directeur du cabinet du ministre qu’il intervienne directement dans cette affaire, à la demande expresse des autorités américaines. Les demandes de libération anticipée se suivent, sans succès.

2012 - Christiane Taubira, ministre de la justice, émet un avis favorable à une 8e demande de libération. Mais François Hollande et son ministre de l’intérieur Manuel Valls bloquent encore sa libération en refusant de signer l’arrêté d’expulsion qui devait l’accompagner. Côté américain, Hillary Clinton est à la manoeuvre, demandant à Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, d’empêcher cette libération.

Des rassemblements et manifestations de plus en plus importantes en faveur de la libération du militant communiste libanais pro-palestinien ont conduit la présidente du tribunal de l’application des peines à estimer que sa durée d’incarcération anormalement longue suscitait un véritable « trouble à l’ordre public ».

25 juillet 2025 - Georges Abdallah est libéré par la justice française et renvoyé au Liban au bout de 40 ans et 9 mois de détention.


PAROLES EXTRAITES DU FILM

« L’impérialisme judiciaire et politique américain s’impose à la France de monsieur Hollande et apparemment à la France de monsieur Macron. Georges Abdallah, il va prendre réclusion criminelle à perpétuité, officiellement pour avoir assassiné l’israélien et les deux américains, mais en réalité (...) il morfle pour les attentats. »
Alain Marsaud
Chef du service central de lutte anti-terroriste (1986-1989)

« Le Monde titre « la brigade criminelle a identifié les poseurs de bombes » On se dit : c’est la thèse officielle, donc nous, on la suit (...) On relaye. C’est vrai qu’à Libé, on a que cette piste-là. Et on relaie la thèse officielle »
Véronique Brocard
Journaliste à Libération en 1986.

« Je souris parce que c’est terrible et donc mon sourire est plus nerveux qu’autre chose. Je n’avais même pas de contacts avec les enquêteurs ».
Hervé Brusini
Journaliste à France TV (1983-2019)

« Je me suis dit qu’au fond, mettre en avant la piste Abdallah ne ferait pas de mal, même si ça ne faisait pas de bien. En réalité, nous n’avions aucune piste. »
Robert Pandraud
Ministre délégué à la sécurité (1986-1988)

« Georges Abdallah ??? ça ne me dit rien du tout. Je suis désolé. Est-ce que c’est l’Alzheimer précoce, mais ça ne me dit rien du tout... Abdallah ??? Non, je suis désolé, je n’ai aucun souvenir de ça. »
Laurent Fabius
Ministre des Affaires étrangère (2012-2016)


PIERRE CARLES

Il est né en 1962 à Bordeaux (France). Après des études d’animation socio-culturelle et de journalisme, il travaille comme caméraman d’actualité à FR3 Région avant d’intégrer l’équipe de l’émission L’Assiette anglaise (Antenne 2). Il tourne ses premiers courts-métrages documentaires pour Brut (ARTE) et Strip Tease (France 3). En 1998, il réalise Pas vu pas pris, un film de critique des médias, puis La Sociologie est un sport de combat (2001), le seul portrait filmé du sociologue Pierre Bourdieu. Depuis 27 ans, il a réalisé ou coréalisé une dizaine de longs-métrages, portant un regard critique sur le salariat, documentant la décroissance, abordant la question du recours à la lutte armée, faisant découvrir la politique non-orthodoxe du président équatorien Rafael Correa, narrant l’improbable candidature à la Présidentielle de l’ancien berger Jean Lassalle, racontant la sortie du maquis des guérilléras et guérilléros des FARC...

Il est l’auteur d’une dizaine de longs-métrages documentaire depuis Pas vu pas pris (1998), sélectionné à l’ACID Cannes et au Festival de Locarno. Il a réalisé Enfin pris ? (2003), Attention danger travail (2003, co-réalisé avec Christophe Coello et Stéphane Goxe), Volem rien foutre al païs (2007, idem), Fin de concession (2010), Choron, dernière (2010, coréalisé avec Eric Martin), On revient de loin (2016, coréalisé avec Nina Faure), Un berger et deux perchés à l’Elysée (2018, coréalisé avec Philippe Lespinasse)... Dernier film sorti sur le grand écran : Guérilla des FARC, l’avenir a une histoire (2024), tourné sur une période de 10 ans, en Colombie et à Cuba.

mardi 6 janvier 2026

Comment l’analyse politique est devenue la cible des faux de l’intelligence artificielle (IA)


Bienvenue dans l'IA qui transforme le net en une machine infernale visant à effacer le sens, la culture et l'Histoire – et à semer une profonde confusion intellectuelle. Exactement comme le Techno-Féodalisme le souhaite.

L’IA se développe rapidement comme un fléau sur tout le spectre d’Internet. C’est assez prévisible, étant donné que le modèle des géants de la technologie de l’IA est le techno-féodalisme, reposant sur le profit et le contrôle mental/social, et non sur le partage/l’expansion des connaissances et la création de meilleures conditions pour une citoyenneté bien informée.

L’IA est à bien des égards l’antithèse de la civitas. Avant le boom de l’IA, plusieurs couches d’Internet avaient déjà été déformées en une série de champs de mines à travers un égout plus grand que nature. L’IA – telle que contrôlée par les géants de la technologie – s’était déjà révélée à bien des égards comme une fraude. Maintenant, c’est une arme.

Il existe plusieurs chaînes YouTube manipulées par l’IA, qui volent l’image et la voix de certains d’entre nous, analystes politiques indépendants. Une liste non exhaustive inclut comme cibles John Mearsheimer, Larry Johnson, Richard Wolff, Glenn Diesen, Yanis Varoufakis, l’économiste Paulo Nogueira Batista et moi-même.

Ce n’est pas un hasard si nous sommes tous des analystes géopolitiques et géoéconomiques indépendants, que nous nous connaissons pour la plupart personnellement et sommes invités dans à peu près les mêmes podcasts.

Dans mon propre cas, il existe des chaînes en anglais, en portugais et même en espagnol : je fais rarement des podcasts en espagnol, donc même la voix est fausse. En anglais, la voix est généralement approximativement clonée. En portugais, elle a un accent que je n’ai pas. Dans plusieurs cas, les chiffres d’audience sont énormes. Essentiellement, ceux-ci proviennent de bots.

Dans tous les cas, en ce qui nous concerne, nous, les cibles, toutes ces chaînes sont fausses. Je le répète : toutes ces chaînes sont fausses. Elles peuvent au moins dans certains cas être créées par des « fans » – certainement dans un but lucratif via la monétisation.

Ou toute cette arnaque pourrait faire partie de quelque chose de bien plus sinistre : une stratégie visant à la perte de crédibilité. Comme dans une opération menée par les suspects habituels pour semer la confusion parmi le – large – public de plusieurs penseurs indépendants.

Ce n’est pas un hasard si un bon nombre de spectateurs sont déjà profondément perplexes. D’où la question la plus courante : « Est-ce vraiment vous, ou une IA ? » Beaucoup ont apparemment dénoncé ces fausses chaînes, mais YouTube, jusqu’à présent, n’a absolument rien fait à leur sujet. Les algorithmes continuent de suggérer ces chaînes à de larges audiences.

La seule façon réaliste de lutter contre l’arnaque est de déposer une plainte auprès de YouTube. Mais cela, en pratique, est assez inutile. La direction de YouTube semble plus intéressée par la suppression occasionnelle de chaînes « gênantes » affichant une pensée et une analyse critique.

Décrypter le code de l’arnaque

Quantum Bird, un expert en physique et calcul haute performance, anciennement au CERN à Genève, a décrypté le code de l’arnaque :

La prolifération d’agents de réseaux neuronaux numériques à apprentissage profond capables d’émuler l’écriture, la voix et la vidéo d’êtres humains était inévitable, et leur impact sur la recherche scientifique, la production de connaissances et l’art en général a un potentiel négatif qui n’a pas encore été entièrement analysé.

Il ajoute :

Alors que les écrivains et les universitaires détaillent l’apparition de textes qui leur sont attribués, et reproduisant dans une certaine mesure leur style et leurs opinions, la dernière mode est l’éclosion de chaînes entières sur YouTube, et d’autres plateformes notoires des géants de la technologie, qui proposent des vidéos de producteurs de contenu populaires, communiquant dans leur langue maternelle ou d’autres langues. Dans plusieurs cas, la qualité de ce matériel synthétisé est suffisamment élevée pour ne pas permettre une identification immédiate par un spectateur moyen. Dans le contexte de la communauté d’analyse politique, l’impact est évident : révisionnisme historique, érosion des réputations et distorsion des nouvelles et des analyses.

Et ici, Quantum Bird expose l’argument technologique décisif :

La synthèse de ce type de contenu nécessite la disponibilité d’échantillons abondants et une capacité de calcul massive, bien au-delà de la portée des utilisateurs domestiques. Alors que la popularité des victimes de YouTube garantit la première condition, la seconde suggère l’activité d’acteurs étatiques ou corporatifs à grande échelle, car les modèles avancés d’apprentissage profond doivent être développés et entraînés en traitant une quantité énorme, en termes d’« espace disque », d’audio et de vidéo. La monétisation du contenu ne couvre pas les coûts de cette opération. Ironiquement, c’est la disponibilité et l’exposition excessive des voix et vidéos en ligne qui permettent ce type d’attaque.

Voilà. Bienvenue à l’IA transformant le net en une machine infernale visant à effacer le sens, la culture et l’Histoire – et à semer une profonde confusion intellectuelle. Exactement comme le Techno-Féodalisme le souhaite.

vendredi 12 décembre 2025

Israël. « Pas de gay pride sous génocide » (30 mai 2025)

 En 2017, Mirage gay à Tel Aviv démontait le pinkwashing, une stratégie de la propagande israélienne pour camoufler la guerre, l’occupation, le conservatisme religieux et l’homophobie derrière le paravent sea, sex and fun de Tel-Aviv. Dans cette nouvelle édition reprise dans la collection Orient XXI chez Libertalia, Jean Stern ajoute aux éclairages et reportages précédents des mises à jour, notamment sur l’extrême droite et les gays en 2025. « J’y raconte un succès planétaire et les racines d’une défaite », conclut-il dans sa préface que nous reproduisons ici. Même si la « parade gay » se déroule ce vendredi 13 juin 2025, alors que la guerre se poursuit à Gaza, le rouleau compresseur du « mirage rose » a fait long feu, à l’heure où Israël tente de faire disparaître les Palestiniens, hétéros comme homos, de Gaza et de la Cisjordanie. 

La solidarité gay, renaissante dans le monde après des années de douces illusions, s’est mobilisée de façon extraordinaire dans le soutien aux Palestiniens depuis plus d’un an et demi. C’est réconfortant pour Libertalia et moi-même, car cela mesure le chemin parcouru depuis la sortie de Mirage gay à Tel-Aviv en 2017. Vous étiez quelques-unes au début, lecteurtrices chéries, pas très nombreuxses, nos rencontres avaient la chaleur de celles des grottes, on se serrait les coudes, homos, hétéros, trans ou non binaires. Le pinkwashing israélien écrasait alors tout, la Mairie de Paris d’Anne Hidalgo (socialistes, communistes, verts) venait d’accueillir « Tel-Aviv sur Seine » sur les quais, avec force drapeaux arc-en-ciel frappés de l’étoile de David. Tout le monde ou presque se laissait berner, puisque c’était (supposément) cool. Depuis, Hidalgo est constante dans son aveuglement et soutient la guerre livrée par Israël à Gaza, sans les communistes et les Verts (avec des nuances). Et surtout une partie de la communauté LGBT se retrouve, de diverses façons, du côté des Palestiniens. Cette solidarité d’évidence avec des opprimés, cette dénonciation de la lessiveuse rose, je les ai d’abord croisées chez des gays, lesbiennes et trans israéliens et palestiniens de l’intérieur, qui le disent avec force : « Pas de fierté sous génocide ».

Il fallait remonter aux racines de ce slogan, né « pas de fierté sous occupation ». Les Palestiniennes LGBT ne sont pas une masse informe de victimes sans paroles, d’individus sans ressorts, de fantoches apeurés. Ce sont des hommes, des femmes et des trans, avec une âme, un corps, une identité sexuelle et des désirs. Dans la lignée des radicaux LGBT israéliens et palestiniens, de plus en plus de gays, lesbiennes et trans occidentaux commencent à trouver écœurants ces pèlerinages sea, sex & fun, en pause depuis le 7-Octobre, avec les horribles massacres autour de Gaza et puis la guerre génocidaire qu’Israël livre depuis. Le recours cynique au « Ce soir, j’oublie tout » ne fait plus recette. La gueule de bois et le retour au réel menacent le pinkwashing : de part et d’autre du mur, les mirages made by Israël ne doivent plus faire illusion. Ils se résument en quatre mots : « Pas en notre nom ».

Un soldat tient un drapeau arc-en-ciel dans un paysage dévasté.
Yoav Atzmoni, réserviste de l’armée, est le premier soldat israélien à brandir un drapeau arc-en-ciel sur les ruines de Gaza, le 17 novembre 2023,sur lequel est écrit : «  Au nom de l’amour  » en anglais, arabe et hébreu.

Yoav Atzmoni, aucun doute, se bat en son nom. Il manifeste ET fait la guerre. Sur les photos qui précèdent, il a l’air un peu idiot, ni plus ni moins que des tas d’autres garçons. Pas mon style, en tout cas, et pourtant sa photo me fascine, tant elle paraît incroyable. C’était la toute première d’une longue série, et j’ai d’abord cru à un montage, mais non. Le soldat Atzmoni pose vraiment, devant son char d’assaut, devant les ruines d’un quartier de Gaza, en brandissant son drapeau arc-en-ciel sur lequel il a écrit au feutre « Au nom de l’amour » en hébreu, en arabe et en anglais, pour l’universalité du message. Avec son allure passe-partout, le bidasse Atzmoni incarne, tragiquement, la banalité du mal, comme le disait Hannah Arendt. Atzmoni fait son boulot, il y croit, ce qui est le cas de la plupart des gens, même s’il s’agit de tuer. Arendt l’a bien compris avec Eichmann, l’homme clé de la solution finale croyait à son boulot. J’aime de plus en plus Arendt par parenthèse. Installée à Paris dans les années 1930, elle se battait comme une diablesse contre les bureaucrates de la préfecture de police de Paris qui traquait les réfugiés allemands juifs, dont elle-même, son amour, ses amis qui surnageaient dans la misère et l’humiliation. Lâchés par les bourgeois juifs de Paris, tiens donc1. Elle le faisait avec une générosité, une force, un sens de l’universalisme qui se fondaient sur ses combats contre les oppresseurs, les flics obtus, les staliniens serviles et les agents nazis qui pullulaient à Paris. Arendt voyait avec désespoir le monde rétrécir, ses amis se battaient et perdaient en Espagne. Les hommes s’emparaient de la guerre et s’en réjouissaient, tout comme le soldat Atzmoni.

Ce réserviste de Tel-Aviv a été mobilisé dans les jours qui ont suivi l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre 2023 et est aussitôt parti à la guerre sans rechigner. Six mois plus tôt, il se préparait à défiler pour la gay pride sur le front de mer de Tel-Aviv. Du sommet des buildings dominant la Méditerranée, par temps clair, on voit Gaza. Atzmoni et son petit ami seront ce soir de juin de toutes les fêtes, qui débordent de techno et de produits pour chemsex. C’est une partie de leur fierté, aux gays de Tel-Aviv, de se défoncer à fond deux jours par semaine et de pratiquer sous drogue ce sexe unlimited qui marque les esprits et les corps. Comme partout, les dégâts du chemsex sont intenses, et les plaintes pour viols et violences sexuelles de plus en plus nombreuses dans la communauté homosexuelle israélienne.

 ARTICLE COMPLET: https://orientxxi.info/israel-pas-de-gay-pride-sous-genocide,8249

dimanche 9 novembre 2025

El cartel siempre está en el Norte : Gary Webb, 1996

Mientras EEUU se inventa que Venezuela y Maduro son narcotraficantes, es bueno recordar que en 1996, el periodista Gary Webb, expuso cómo la CIA contrabandeaba cocaína desde Colombia para financiar a los terroristas de la Contra en Nicaragua.

Después de desvelar esto al mundo, el periodista Gary Webb fue encontrado muerto en su casa con 2 disparos en la cabeza, asesinado por sicarios de la CIA por osarse a desvelar secretos de estado, ¿quienes son la mafia narcotraficante?


 Recordar también que la CIA vendió esta droga (y sigue vendiéndola) en los barrios pobres de EEUU, cantidades masivas de heroína y cocaína para financiar sus invasiones imperialistas y al mismo estado, desencadenó la epidemia de crack desde los 80 para acabar con los Panteras Negras, hubo un récord de detenciones de jóvenes negros en los guetos y los bebés negros nacían adictos al crack.


lundi 27 octobre 2025

Frères Musulmans en France ? Mascarade, hypocrisie et diversions !

 SOURCE : https://www.legrandsoir.info/freres-musulmans-en-france-mascarade-hypocrisie-et-diversions.html

Les « Frères Musulmans » ont constamment œuvré à la destruction des Républiques musulmanes, pour l’abolition des frontières des nations musulmanes, afin d’établir des Califats sous l’autorité d’un Grand Calife soumis à l’Occident !

Les Frères Musulmans sont une création, une stratégie de l’Occident en particulier du Royaume-Uni. Il s’agit d’une secte se réclamant de l’Islam, à l’instar des salafistes, des takfiristes, et d’autres groupes islamistes, dont la matrice est l’Organisation des Frères Musulmans. Leur création surgit après la chute du Califat islamique en Turquie, en 1924, dont le dernier calife a été exilé à Paris. Leur mission consiste à restaurer le Califat féodal afin de soumettre les nations musulmanes riches au diktat du grand capital occidental.

Aujourd’hui, toutes ces républiques combattent les Frères Musulmans. Leurs leaders sont réfugiés (et protégés) en Occident notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis, en France et en Suisse.

Les deux royaumes arabes musulmans alliés, qui jouent le rôle de mandataires pour la réhabilitation de ce type de gouvernance archaïque, sont le Qatar et les Émirats Arabes Unis !

Instaurer des Califats en lieu et place des républiques dans les contrées musulmanes riches est la meilleure formule que les propagandistes islamistes agitent comme un attribut fondamental de l’Islam pour mieux le faire accepter par la majorité ignorante afin de les dominer. Tout autre modèle, selon eux, n’est que dystopie, antinomique avec les préceptes de l’Islam ! Le Qatar et les Émirats arabes unis sont bien les proxys arabes les plus fidèles aux anglo-saxons pour mettre à exécution cette stratégie.

Leur surenchère sur la Palestine n’est qu’une illusion qui ne dupe que les crédules.

Les Frères Musulmans - depuis leur création en Égypte en 1928 par Hassan el-Banna (juste après l’abolition du califat en mars 1924, sur proposition de Mustafa Kemal) – ont toujours poignardé dans le dos les nationalistes et les patriotes, les républiques arabes ou musulmanes qui ont combattu le colonialisme ; à commencer par le président Nasser.

Un retour au Califat qui arrangeait les colonialistes de tout bord ! Ils ont trahi l’Égypte, la Syrie, l’Iran en osant même insulter les Perses, vendu le Hezbollah qui se bat contre Israël pour quelques dollars des roitelets. Ils ont agressé lâchement, en 1992, l’armée algérienne qui a pourtant participé à deux guerres aux côtés des arabes contre Israël.

Lorsqu’ils ont pris les armes contre l’Algérie (soutenus par certains régimes arabes et la France de Mitterrand), l’Armée Nationale Populaire – avec l’aide des groupes civils de légitime défense (GLD) (dans les villages et hameaux) – les ont exterminés et leurs chefs ont fuient au Qatar, en Suisse, au Royaume Uni, au EU et en France !

Les Frères Musulmans, aujourd’hui bannis dans toutes les Républiques musulmanes (dont l’Iran, excepté en Turquie), sont en voie d’extinction.

Tentative de "réactivation" des Frères musulmans

On s’efforce actuellement de les réactiver en Europe avec l’aide des Émirats Arabe Unis et du Qatar, dans le but de les déployer en Afrique musulmane, qui est devenue frondeuse et trop souverainiste.

La France sioniste, frustrée et humiliée, s’agite ces derniers temps avec sa Nouvelle Stratégie en Afrique pour tenter de les ressusciter, suite à sa rupture avec l’Afrique sahélienne qui les a expulsées, et l’Algérie souveraine qu’elle veut assujettir, mais qui lui fait un bras d’honneur !

La France a toujours soutenu les terroristes en Afrique et en Syrie. Rien d’étonnant ! En recevant officiellement à l’Élysée El Joulani en chef d’État désignée, un terroriste issu des Frère Musulmans, la France de Macron, de Barrot et de Retailleau confirme officiellement ses liens avec les terroristes islamistes qu’elle aide politiquement et financièrement, depuis toujours, pour ses besoins.

Rappelons que cette France impénitente a bien participé à l’assassinat de Kadhafi, le chef d’État ! Elle s’est immiscée dans les événements qui se déroulent au Mali, au Niger et au Burkina Faso ! Elle a joué un rôle néfaste dans le drame du Rwanda ! Elle a été active dans l’affaire de l’Arche de Zoé où elle a fait libérer, par des pressions sur le Tchad, des trafiquants d’enfants ! Sans oublier l’affaire dite des « infirmières bulgares »... et le paiement des rançons à des terroristes ! En Syrie, Laurent Fabius avait bien dit que Bachar « méritait de mourir » et qu’Al Nosra faisait du « bon boulot ». Elle livrait des armes au même chef de Daech quelle reçoit pour faire couler le sang en Syrie et combattre Bachar, pour les intérêts d’Israël et des EU avec la complicité des roitelets du Golfe.

En Algérie, elle a soutenu les terroristes des Groupes Islamiques Armée (GIA) issus de Front islamique du Salut d’obédience Frères Musulmans, durant 10 ans, du temps de François Mitterrand. Elle a abrité les chefs terroristes après leur déroute. Elle a enfin, récemment, tenté sans succès d’organiser des attentats terroristes en Algérie, en manipulant un ex terroriste algérien ayant combattu en Syrie. Une œuvre de la DGSE avec la complicité de son ambassade à Alger ! Oui un complot terroriste de la DGSE prise dans le traquenard du contre-espionnage algérien (1).
Un rapport (2) sur l’état des lieux de la présence en France des Frères musulmans afin d’évaluer les effets de la loi du 21 août 2021 « confortant les principes de la République » ? Arrêtez votre mascarade, votre hypocrisie et vos diversions !

Amar Djerrad
— -
(1) https://www.youtube.com/watch?v=zhmFDZ7-rkM)
(2) https://www.humanite.fr/politique/bruno-retailleau/rapport-sur-la-menace-des-freres-musulmans-le-document-declassifie-qui-agite-les-passions

 

mercredi 15 octobre 2025

Chine - Tibet: le film de Jean-Michel Carré que Arte ne veut pas diffuser

 SOURCE: https://www.librairie-tropiques.fr/2025/09/pinpin-au-tibet.html

 
 
Arte, une chaîne enchaînée à la sinophobie

par André Lacroix

On nous annonce la diffusion sur Arte, le mardi 5 mars 2024, d’un documentaire d’1 h 30, déjà visible sur Youtube, intitulé « le Tibet face à la Chine, le dernier souffle ? », réalisé par François Reinhardt (1), qui ne cache même pas son intention de refléter le point de vue revanchard des exilés tibétains, sans la moindre considération pour les 6 millions de Tibétains restés au Tibet qui voient leurs conditions de vie s’améliorer d’année en année.

Pourquoi cette diffusion en mars 2024 ?

      Le 27 septembre 2023, en préouverture du Festival des Écrans de Chine à Paris, le réalisateur Jean-Michel Carré, auteur d’une quarantaine de films et couronné par une vingtaine de prix (dont Cannes, Berlin, ainsi qu’une nomination aux Emmy Awards), y projetait son dernier opus : « Tibet, un autre regard », fruit de nombreux contacts sur le terrain et d’une impressionnante collection d’archives. (2)

      La RTBF avait programmé pour le 11 novembre 2023 la diffusion de ce documentaire (en version raccourcie). Mais cette diffusion n’a jamais eu lieu. Arte non plus n’a jamais diffusé le documentaire. Pourquoi ce silence ? Comment expliquer la déprogrammation de la RTBF et la non-diffusion d’Arte ? Seule explication possible : des pressions auxquelles Arte, et par ricochet la RTBF, n’ont pas eu le cran de résister.

      Jean-Michel Carré s’était déjà plaint de pressions subies en cours de réalisation de son film. Il faut écouter – ça ne dure que 3 min 49 l’interview qu’il a donnée à CGTN France le 01/03/2022 : https://www.facebook.com/watch/?v=481348356802595. Tant bien que mal, il a quand même réussi à ficeler son projet et à y intégrer tous les aspects importants de la « Question tibétaine », des réalités mal connues des Occidentaux biberonnés aux mantras de la tendance « Free Tibet ». Mais la simple présentation de certaines vérités historiques et de constatations sur le Tibet actuel a suffi à faire écumer de rage certain(e)s adeptes inconditionnel(le)s du dalaï-lama et de son entourage. Ainsi, après la projection du film à Paris, a-t-on entendu la sinologue Marie Holzman (arrivée en retard) accuser violemment le film d’être: « partial », « prochinois », « antiaméricain », de « ne pas donner la parole aux Tibétains » et de «  ridiculiser le dalaï-lama », toutes accusations fausses auxquelles Jean-Michel Carré n’a eu aucune peine à répondre calmement.

Arte soumise aux vents dominants

      Mais ce réquisitoire de Marie Holzman et consorts a dû faire mouche sur la rédaction d’Arte, toujours prête à prêter une oreille attentive aux contempteurs de la Chine et aux adorateurs du dalaï-lama. (3)

LaDepeche.fr

      Tout nous porte à croire – qu’on nous prouve le contraire ! – qu’Arte, dont le Conseil de surveillance est dirigé par un certain Bernard Henri-Lévy, s’est complaisamment inclinée devant les pressions des ennemi(e)s de la République populaire de Chine, obtenant ainsi le remplacement du documentaire exemplaire de Jean-Michel Carré « Tibet, un autre regard » par un ersatz partial, signé François Reinhardt « Le Tibet face à la Chine, le dernier souffle ? ».

Des sources clairement partisanes

      Notre intime conviction se base notamment sur la personnalité de celles et ceux auxquel(le)s Reinhardt adresse ses remerciements dans le générique de fin de son « documentaire » :

- Katia Buffetrille, co-autrice de Le Tibet est-il chinois ?, un ouvrage, prétendument scientifique, mais en réalité partisan, regorgeant d’omissions, de distorsions et d’interprétations abusives (4) ; elle est aussi co-autrice d’un article publié dans Libération, faisant preuve de révisionnisme, voire de négationnisme, à propos des liens entre les dignitaires tibétains amis du dalaï-lama et les explorateurs nazis au Tibet (5)

- Robert Barnett, un des fondateurs et ancien dirigeant du TIN (Tibet Information Network), qui a été longtemps financé par le NED (National Endowment for Democracy), branche civile de la CIA ;

- Jean-Pierre (?) Donnet, auteur de Tibet mort ou vif, un grand classique, vieux de trente ans, de la littérature de propagande « pro-tibétaine », qui a connu plusieurs rééditions et qui est toujours brandi par les adeptes d’un « Tibet libre » malgré ses partis-pris et ses indigences patentes (6) ; à noter ici un indice supplémentaire de la désinvolture des auteurs du « reportage », qui attribuent à Donnet un prénom qui n’est pas le sien : en fait, il s’agit de Pierre-Antoine Donnet ;

- Vincent Metten directeur des politiques européennes pour l’ICT (International Campaign for Tibet), en Belgique. Rappelons que l’ICT est une ONG enregistrée auprès du département de la Justice des États-Unis et possédant des bureaux à Washington, Amsterdam, Bruxelles et Berlin ; elle est financée par des dons privés et par … le NED ; Vincent Metten est un porte-parole, parmi d’autres, du Congrès des États-Unis (7) ;

- Mélanie Blondelle, chargée de politiques et de plaidoyer au sein de cette même ICT ;

- Marie Holzman, la passionaria antichinoise qui a témoigné publiquement son dévouement au culte du dalaï-lama.

 


mardi 14 octobre 2025

LE GÉNOCIDE OUBLIÉ DES COMMUNISTES INDONÉSIENS. La CIA et le coup d’État de 1965


 

 
 
À Santiago du Chili, sous la présidence de Salvador Allende (3 novembre 1970 – 11 septembre 1973), on trouvait dans les rues de la ville: "On va vous faire un Jakarta", en allusion aux massacre des communistes indonésiens quelques années auparavant. Ils, les nouveaux chiots de la CIA, le firent. 
 
 (À l'époque le Labour est au pouvoir)
 
(Au Canada on a effacé d'un monument le nom de "victimes" du communisme car elles étaient nazis et bandéristes et ça la foutait mal pour l'empire du Bien. Il aura fallu l'excès de zèle otanesque des dirigeants canadiens pour que l'on se rende compte du pedigree des dites victimes). 

dimanche 10 août 2025

« Parler de civilisation judéo-chrétienne est une supercherie »

 

Sophie Bessis
Historienne spécialiste des relations Nord-Sud. Autrice de « La civilisation judéo-chrétienne. Anatomie d’une imposture » (Les Liens qui libèrent, 2025)

La référence régulière en Europe à une « civilisation judéo-chrétienne » est-elle fondée historiquement ? Pour l’historienne Sophie Bessis, l’insistance sur cette notion sert souvent à occulter près de deux millénaires d’antisémitisme, mais aussi à occulter l’apport de l’islam, aussi structurant pour l’Europe.

Toute civilisation, et l’Europe ne fait pas exception à cette règle, est le fruit de subtils mélanges entre cultures, de rencontres pacifiques ou conflictuelles qui se sont effectuées au cours de la longue histoire, de strates qui se superposent dans la durée pour arriver au présent qui nous constitue. C’est donc la multiplicité des racines qu’il convient d’inventorier pour tenter de définir ce que serait une civilisation européenne.

Il est en effet difficile d’employer le singulier à ce sujet dans la mesure où, de son Occident à son Orient, « ce petit appendice de l’Asie » a subi des influences diverses. Dans les Balkans, l’empreinte de Byzance puis de la longue occupation ottomane ont modelé entre autres l’architecture et les traditions culinaires, sans parler de l’orthodoxie qui différencie cette région des parties catholiques ou protestantes du continent. Il y a l’Europe de la latinité et celle de l’hellénisme, celle de la germanité et celle de la Méditerranée.

Supposons cependant qu’il existe une Europe se définissant par un fonds culturel commun. Dans cette diversité de trajectoires historiques et d’influences culturelles, peut-on donner une place spécifique à ce que la doxa contemporaine appelle « les racines judéo-chrétiennes » ? Encore faudrait-il que ce binôme ait quelque pertinence. Or, il n’en a guère. Et il n’est pas innocent qu’après une longue période durant laquelle tous les enseignements affirmaient que l’Europe était gréco-latine, le tournant des années 1980 ait remplacé cette appartenance par un improbable mariage entre judaïsme et christianisme.

Quelles qu’en aient été les versions, les racines chrétiennes de l’Europe sont incontestables et l’on employa à son sujet pendant des siècles le terme de chrétienté. Les églises rythment les paysages et l’entrée de bien des villages est annoncée par une croix qui le protégerait. La profonde sécularisation de ce continent, malgré les coups de boutoir d’un retour au religieux sous sa forme la plus réactionnaire, ne saurait masquer la centralité du marqueur chrétien sur sa civilisation.

Occulter l’antisémitisme

Le judaïsme est une tout autre affaire. Certes, l’Europe est aussi fille de la Bible dans la mesure où le christianisme est issu de la première version du monothéisme abrahamique et où il a repris bien des mythes et des référents du récit biblique. Mais cela ne suffit pas pour parler de « judéo-chrétien ». Cet accouplement a ceci de gênant qu’il sert à occulter près de deux millénaires d’antijudaïsme chrétien puis d’antisémitisme moderne, lesquels ont également modelé – et avec quelle force – l’habitus culturel européen.

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lundi 21 juillet 2025

Serbie / Kosovo : Le plus gros bobard de la fin du XXe siècle- par Serge Halimi & Pierre Rimbert

 SOURCE: https://albagranadanorthafrica.wordpress.com/2020/07/13/serbie-kosovo-le-plus-gros-bobard-de-la-fin-du-xxe-siecle-par-serge-halimi-pierre-rimbert/

dimanche 29 juin 2025

Stratégie du chaos en Asie (après l'ukrainisation de l'Europe)

 


Quand l’Allemagne utilise l’IA pour faire disparaître les discours pro-palestiniens

L’Allemagne a été l’un des pires pays occidentaux quand il s’est agi de blanchir le génocide israélien en Palestine. Aujourd’hui, elle veut le faire grâce à l’IA.

Source: Jacobin, Daniel G. B. Weissmann
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Près de 50 personnes participent à une manifestation spontanée à Bonn, en Allemagne, le 19 mars 2025, après qu’Israël a rompu le cessez-le-feu et mené des frappes aériennes à Gaza. (Ying Tang / NurPhoto via Getty Images)

À la mi-février, la rapporteure spéciale des Nations unies, Francesca Albanese, devait donner une conférence avec le fondateur de Forensic Architecture, Eyal Weizman, à l’université libre de Berlin. Cependant, l’école a rapidement subi des pressions politiques de la part de l’ambassadeur israélien Ron Prosor et du maire conservateur de Berlin Kai Wegner, qui ont exigé que la direction de l’université « annule immédiatement l’événement et envoie un message clair contre l’antisémitisme ». L’université a alors annulé la conférence, invoquant vaguement des « problèmes de sécurité ». Le journal de gauche Junge Welt a finalement proposé ses locaux comme lieu alternatif pour l’évènement.

Celui-ci s’est déroulé en présence de nombreuses forces de police extrêmement intimidantes : deux cents policiers armés en tenue anti-émeute ont encerclé le bâtiment, tandis qu’une présence policière supplémentaire était exercée dans les bureaux du journal afin de s’assurer qu’aucun délit d’opinion n’était commis. Dans les jours qui ont précédé et suivi, les médias traditionnels allemands se sont bien gardés de souligner que l’intervention des autorités gouvernementales dans les affaires de l’université risquait de menacer la liberté académique. L’accent a été mis sur la nécessité de ne pas promouvoir l’antisémitisme, accusant implicitement Albanese et Weizman précisément de ce délit.

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POST SCRIPTUM: 
APRÈS LES USA, L'ALLEMAGNE EST LE PRINCIPAL FOURNISSEUR D'ARMES D'ISRAËL

jeudi 26 juin 2025

En torno al "escandalo de la colza" en 1981: la investigación de Andreas Faber-Kaiser (Pacto de silencio)

En 1981 se desata la alarma en España al detectarse lo que parece un brote de una extraña enfermedad que presenta un cuadro que en un primer momento es identificado como una neumonía atípica, y que luego pasaría a ser conocido como el síndrome tóxico o enfermedad de la colza. Así se abre una de las peores crisis sanitarias de España, la cual acabó afectando a más de veinte mil personas, provocó más de mil muertes y dejó a cientos de personas con secuelas permanentes en buena parte de todo el territorio nacional. 

Años después, en 1989, un tribunal determinó que la causa de las muertes fue provocada por el envenenamiento masivo de la población por el uso fraudulento de aceite de colza no destinado para consumo humano. Si bien aquel fue el fin judicial del caso, para algunos damnificados, médicos y periodistas, muchas cuestiones quedaron sin una respuesta satisfactoria. 

Escrito en 1988, antes de que finalizara el juicio ya entonces en curso, Pacto de Silencio es una enmienda a la versión oficial a través de entrevistas, informes e indagaciones propias, así como la denuncia de ese pacto de silencio que propició, siempre según el autor, un cierre en falso de la investigación. 


 

 Guy Debord vivió en España en 1982 y escribio sobre este acontecimiento:

    En fait, dans la période présente, je suis obligé de conclure qu’il n’y a rien à tenter en Espagne avec les forces si réduites que l’on avait pu y rencontrer, quoique plusieurs individus puissent se retrouver excellents dans une période ultérieure. Les meneurs du jeu « involutionniste » n’ont cessé de gagner du terrain. Les constitutionnalistes affichent leur volonté absolue de ne pas s’y opposer, en espérant qu’ainsi les choses en resteront là. Ils gardent un silence démocratique même sur le « syndrome » de l’alimentation industrielle moderniste. Il est même vrai que González est prêt à se mettre au service d’une dictature qui serait assez libérale pour se payer sa figuration.

Carta de Guy Debord a Jaap Kloosterman del 6 de marzo 1982 

 

Después, en los Commentarios sobre la sociedad del espectáculo, volvió más extensamente sobre el tema. 

También la Encyclopédie des Nuisances, a la que Debord colaboró, trató el tema, leáse Jacques Philipponneau, Relation de l’empoisonnement perpétré en Espagne et camouflé sous le nom de Syndrome de l’huile toxique, éditions de l’Encyclopédie des Nuisances, 1994.

lundi 12 mai 2025

Mitos occidentales de la II guerra mundial (1931-1945) consisten en ignorar a China y minimizar a Rusia

 

WANG WEN, Decano de la Escuela de Liderazgo Global,
Universidad Renmin de China.

Con el 80º aniversario del fin de la Segunda Guerra Mundial, se ha hecho cada vez más visible cómo los roles vitales de China y Rusia en la derrota del fascismo se degradan y distorsionan en la narrativa occidental.

La memoria selectiva de Occidente distorsiona la percepción pública del pasado y confunde la política global actual. Cuatro mitos persistentes sobre la Segunda Guerra Mundial siguen moldeando la geopolítica moderna. 

Mito uno. La falacia de los seis años

Uno de los conceptos erróneos históricos más persistentes es el período de seis años que duró la Segunda Guerra Mundial, que limita su comienzo a la invasión de Polonia por parte de Alemania en 1939. Esta visión ignora la invasión de Etiopía por parte de Italia en 1935, la Guerra Civil Española (1936-1939) y la agresión a gran escala de Japón en Asia que comenzó en 1931 con la invasión de Manchuria, casi una década antes de que comenzara la guerra en Europa.

Los historiadores occidentales de pensamiento libre AJP Taylor y John Toland reconocieron que las brutales acciones de Japón en China fueron un precursor crucial de la Guerra del Pacífico. La agresión japonesa desafió el orden internacional posterior a la Primera Guerra Mundial y envalentonó a los regímenes fascistas, incluido el nazi en Alemania. Las matanzas y las atrocidades sistemáticas de Japón, como la Masacre de Nanjing, presentaban escalofriantes paralelismos con los crímenes nazis contra los judíos. Ciudades como Nanjing fueron sometidas a la destrucción y sus habitantes a ejecuciones masivas y violaciones. Estos hechos están profundamente arraigados en la memoria colectiva china.

Desde la perspectiva china, esta larga y brutal lucha, conocida en China como la Guerra de Resistencia contra Japón y que se extendió desde 1931 hasta la rendición de Japón en 1945, sentó las bases para la victoria aliada. Sin embargo, Occidente ignora en gran medida esta perspectiva.

Mito dos. El papel central de Occidente

La idea de que los acontecimientos centrales de la Segunda Guerra Mundial se desarrollaron en Europa distorsiona aún más la verdad histórica. Estados Unidos y el Reino Unido llevan mucho tiempo destacando la importancia del desembarco de Normandía como un punto de inflexión crucial. Mientras tanto, el papel de la Unión Soviética en la derrota de la Alemania nazi —que costó millones de vidas— ha sido minimizado o ignorado en Occidente, especialmente en el contexto de la Guerra Fría.

El papel de la Unión Soviética en la derrota de las fuerzas nazis en el Frente Oriental es innegable. Antes de la apertura del Frente Occidental en 1944, la Unión Soviética ya había infligido importantes derrotas a Alemania, con un coste inmenso. Con 27 millones de bajas, la contribución de la Unión Soviética fue crucial para la victoria definitiva de los Aliados.

Mito tres. La resistencia a largo plazo de China

El papel de China en la Segunda Guerra Mundial suele descuidarse o minimizarse en las narrativas occidentales.

Sus bajas durante los diez años de la Guerra de Resistencia contra Japón ascendieron a más de 35 millones, pero a pesar del inmenso coste, China se presenta desde la perspectiva occidental como una víctima pasiva o un participante indirecto. Mientras tanto, las fuerzas chinas colaboraron con las potencias aliadas en el Sudeste Asiático. Colaborando con Estados Unidos en la campaña de la Carretera de Birmania, China contribuyó a la mayor contribución de los aliados en su esfuerzo bélico y debilitó la capacidad militar japonesa, permitiendo así que la Unión Soviética se centrara más en el frente europeo.

La resistencia militar china desempeñó un papel estratégico: al contener al ejército japonés, limitó la capacidad de Japón para combatir en otros frentes. China fue una fuerza crucial que ayudó a inclinar la balanza en el Pacífico. La resistencia china fue indispensable para agotar los recursos japoneses y debilitar su posición estratégica general, lo que sentó las bases para la derrota de las potencias del Eje.

Mito cuatro. La victimización de Japón

La representación de Japón como víctima de la Segunda Guerra Mundial, especialmente tras los bombardeos atómicos de Hiroshima y Nagasaki, es otro tema delicado para muchos en China. Esta narrativa tiende a minimizar el papel de Japón como agresor en Asia. La Masacre de Nanjing, en la que las tropas japonesas asesinaron a cientos de miles de civiles chinos, sigue siendo un tema controvertido en Occidente, con debates inmersos en las cifras de víctimas, el contexto histórico y las susceptibilidades políticas.

Muchos en China ven esto como un intento de reescribir la historia, especialmente cuando el sufrimiento de los civiles chinos se ve eclipsado por el hecho de que Japón es víctima de los bombardeos atómicos.

El desprecio por la abrumadora evidencia de los crímenes de guerra cometidos por Japón, incluidos los relatos de testigos oculares y las fotografías de las atrocidades y la esclavitud sexual, despierta ira en la sociedad china. 

La renuencia de los dirigentes japoneses a reconocer plenamente estos crímenes y a ofrecer disculpas oficiales y sin reservas, y la falta de voluntad de algunas figuras e instituciones políticas para afrontar este oscuro capítulo de la historia exacerban las tensiones e impiden una reconciliación genuina.

Reescribiendo la historia con cooperación internacional

Estos cuatro mitos, profundamente arraigados en la política de la Guerra Fría, reflejan los persistentes esfuerzos de Occidente por mantener su dominio global. Al enfatizar la contribución de Occidente y minimizar la de China y la Unión Soviética, estas narrativas contribuyen a consolidar el poder político e ideológico de Occidente.

Hoy, a medida que la política global evoluciona hacia la multipolaridad, es crucial corregir estos errores históricos. Corregirlos requiere una sólida cooperación académica internacional, así como una comprensión más matizada por parte de los académicos occidentales de las contribuciones de China y la Unión Soviética a la victoria en la Segunda Guerra Mundial.

Esto podría ayudar a prevenir malentendidos en el futuro y promover una narrativa histórica global más precisa. El 80.º aniversario del fin de la Segunda Guerra Mundial ofrece una excelente oportunidad para honrar el papel de todas las naciones vencedoras —no solo las occidentales— en la derrota del fascismo.

jeudi 24 avril 2025

Comment les États-Unis ont financé les crimes présumés de Duterte contre l’humanité

J. Renau



L’ancien président philippin attend d’être jugé pour sa guerre brutale contre la drogue. Il l’a menée avec le soutien du gouvernement américain.

Source : Responsible Statecraft, Gideon Pardo
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

L’ancien président des Philippines Rodrigo Duterte a été arrêté à Manille et emmené à La Haye, où il sera jugé pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale.

De 2016 à 2022, le gouvernement de Duterte a mené une campagne d’exécutions de masse de gens soupçonnés de consommer de la drogue. On estime que 27 000 personnes, pour la plupart pauvres et indigentes, ont à sa demande, été exécutées sans procès par des policiers et des milices. Les enfants ont également été régulièrement victimes des raids antidrogue de Duterte, que ce soit en tant que victimes collatérales ou en tant que cibles.

Pendant ce temps, les États-Unis fournissaient des dizaines de millions de dollars par an à l’armée et à la police nationale philippines. Les fonds se sont déversés pratiquement sans interruption, tandis que les groupes de défense des droits humains du monde entier criaient au scandale.

Dès le début, Duterte avait fait part de son intention de mener une répression brutale contre la drogue. Avant d’accéder à la présidence, il avait été maire de Davao, la troisième ville du pays. C’est là qu’il a présidé à l’exécution de 1 400 criminels présumés et enfants des rues par un groupe de voyous justiciers connu sous le nom d’« escadron de la mort de Davao ». Duterte a d’abord nié toute implication directe dans ces mises à mort, avant de laisser entendre qu’il les avait en fait soutenues, en déclarant : « Comment ai-je obtenu ce titre de ville la plus sûre du monde ? En les tuant tous. »

 ARTICLE INTÉGRAL

lundi 24 mars 2025

L'impérialisme US change de forme

 SOURCE: https://carlosgarrido.substack.com/p/trump-as-todays-fdr?utm_source=post-email-title&publication_id=2220396&post_id=159689987&utm_campaign=email-post-title&isFreemail=true&r=4aiktl&triedRedirect=true&utm_medium=email 

Carlos L. Garrido: cet article est une version étendue de celle qui est parue dans l'Académie chinoise le mois dernier. Le mois du recul a, à mon avis, confirmé les préoccupations que j’avais exprimées au sujet de l’apparente « démontage » de l’administration Trump des institutions de l’impérialisme américain. Loin de voir toute véritable attaque contre les institutions de l’empire, nous voyons une restructuration – un empire prenant une nouvelle forme pour soutenir une hégémonie décroissante. Pour cette « nouvelle forme », les institutions de réveil, l’impérialisme humanitaire du passé (USAID, NED, etc.) sont peu utiles.

Josep Renau

 

L'histoire nous enseigne que les empires ne peuvent jamais affirmer explicitement les véritables raisons de leurs activités impériales. Il est impossible d'obtenir une population de personnes dépossédées pour aider à envoyer leurs enfants en guerre lorsque vous êtes ouvert au sujet de la classe de personnes qui en bénéficient. C’était Platon dans sa république qui avait déjà noté que les États dont le fondement économique est fondé sur « l’acquisition sans fin de monnaie », trouvent qu’ils doivent « saisir une partie des terres de leur voisin ». Cette dynamique économique conduit inévitablement à la guerre. Et « quand les riches font la guerre », comme l’a dit Jean-Paul Sartre, « ce sont les pauvres qui meurent ». Cela est vrai pour toutes les sociétés qui ont été fragilisées par classe. Il y a toujours une classe de gens qui fait le profit, et une classe qui fait la mort, en temps de guerre.

Les élites au pouvoir des États belligérants n'ont jamais été en mesure d'annoncer explicitement les raisons économiques de la guerre. La légitimation de la guerre a toujours dû inclure une tromperie du grand public. Aschyle avait raison de dire que « en guerre, la vérité est la première victime ». Le respect de la guerre exigeait toujours un récit qui peut être conçu pour fabriquer le consentement des gouvernés.

Les Grecs de l'Antiquité et l'empire britannique ont justifié les efforts de guerre et la colonisation par des appels nobles, presque humanitaires, à des appels à la civilisation des barbares. Ceux qui étaient de leur espèce sont toujours ceux qui sont pleinement humains. Et ceux qui n'ont pas porté la odeur de l'altérité barbare sur eux. De l'hellénisation à l'empire où le soleil ne se couche jamais, la guerre coloniale est elle-même présentée comme un acte de charité et de bonne volonté. Vous devriez être reconnaissants que nous avons dépensé nos précieuses ressources « civilisées » par vous.

Paradoxalement, les guerres expansionnistes ont aussi souvent pris la forme d'une entreprise défensive. L'Empire romain a souvent eu recours à la nécessité de se protéger contre les menaces extérieures barbares pour justifier l'expansion. L'offensive est souvent présentée comme la meilleure forme de défense. C'est en conquérant que nous pouvons garder notre peuple à la sécurité à la maison. Pendant les guerres puniques, par exemple, l'expansion coloniale a été légitimée en tant que tentative de contrer la menace carthaginoise.

La légitimation idéologique de la guerre du moins si-cendres au XXe thsiècle a pris la même forme. Il s'agissait de pillages impériaux et de conquêtes justifiées par leur présentation de mesures défensives visant à empêcher la propagation du communisme. L'offensive a de nouveau été déguisée comme défense.

À l'époque moderne, nous avons assisté à une combinaison cohérente des deux par l'empire américain, bien qu'à n'importe quel moment, il puisse être soit « l'offense-comme-défense » soit la « conquête humanitaire » qui pourrait prendre la domination sur l'autre.

Par exemple, pendant la guerre en Irak, le modèle qui s'est avéré le plus efficace. Oui, nous avions encore un contingent du modèle de justification de la « conquête humanitaire » qui appelait la nécessité d'« aider les femmes opprimées » ou d'« apporter la démocratie » dans la région. Mais cela a finalement joué un rôle secondaire à la peur du « autre » brun, musulman, que la classe dirigeante ait pu infuser dans la population, en particulier après le 11 septembre. Cette crainte était essentielle pour le modèle de légitimation de l'infraction de défense. Comme Bush l'a dit dans le discours de West Point le 1er juin 2002, « Si nous attendons que les menaces se concrétisent, nous aurons attendu trop longtemps. Nous devons prendre la bataille contre l'ennemi, perturber ses plans et faire face aux pires menaces avant qu'ils n'ément n'ément. »

La domination du modèle de l'offensive comme défense a laissé un mauvais goût dans la bouche des Américains, qui sont venus à temps pour s'opposer à l'unanimité la guerre en Irak, réalisant qu'il s'agissait d'une guerre pour le pétrole et le contrôle des marchés pétroliers, pour ne pas nous défendre contre les dangers fabriqués de la destruction des armes de destruction massive.

Cela a permis à la classe dirigeante de pivoter vers le modèle humanitaire car la forme clé de la légitimation pour la guerre prendra. Assad a dû être renversé parce qu’il « gazait son peuple ». Cuba a dû être renversée parce qu'elle réprimait les « artistes noirs » du mouvement San Isidro financé par Miami. Le Venezuela a dû être renversé parce que Maduro était un dictateur brutal qui opprimait les LGBTQ, la même chose avec l'Iran, la Russie, etc. La Chine a dû être renversée parce qu'elle produisait un « génocide » de la minorité musulmane ouïghoure. Bien sûr, on n'a jamais fourni de preuves réelles de l'une quelconque des accusations, comme les « preuves » des armes de destruction massive.

De plus en plus, la forme spécifique adoptée par le modèle de conquête humanitaire a été le réveil. Le théoricien politique Marius Trotter l'a bien dit il y a quelques années quand il a dit :

« Face à une Chine en pleine montée et à une Russie résurgente, la classe dirigeante américaine a besoin d’une croisade moralisante pour motiver son contre-offensive contre ses ennemis, tant dans le pays qu’à l’étranger. Sous les bannières de Black Lives Matter, des drapeaux de la Fierté multicolores et des trompettes annonçant les bons pronoms de genre, les canons de l'Empire américain répandront le credo de Woke Imperialism ».

Mais comme le wokisme lui-même a été étendu à des extrêmes aussi absurdes qu'aucune personne saine d'esprit ne pouvait accepter, il est rapidement devenu sanctuaire comme modèle de légitimation de la guerre. Personne ne se soucie d'aller à la guerre pour les droits des transsexuels battus par l'USAID dans les pays de l'Est. Personne n'adhère vraiment dans le récit sans fondement que les États-Unis, qui ont passé les 20 premières années du siècle à bombarder des musulmans, tuant des millions d'entre eux, se soucient maintenant d'eux au Xinjiang. Et où était la preuve que quelque chose se passait en premier lieu ? Comme l'a fait valoir le philosophe cubain Ruben Zardoya, lorsque les machinations de domination deviennent transparentes, la domination elle-même s'affaiblit. C'est ce qui s'est produit à la forme de légitimation impériale, et pour éviter l'affaiblissement du pouvoir impérial et de la domination, la classe dirigeante a dû changer de cap.

Quand la conscience des gens hors-la-loi est hors du modèle éveil de l'impérialisme, la classe dirigeante a besoin d'une liste propre. Trump et ses cohortes de faux droitistes dissidents, qui mènent une croisade anti-fou, étaient l’alternative parfaite. À une époque où le peuple américain veut être dissident et anti-establishment, donne-lui le même statu quo, mais sous la forme d'une dissidence. Donnez-leur des gens qui luttent contre la forme que revêt l’idéologie impérialiste ces dernières années, mais pas contre l’impérialisme lui-même – pas contre le système qui l’a produit en premier lieu.

Comme Jackson Hinkle et Haz Al-Din l'ont déjà noté, nous ne devrions pas être surpris si l'intensification des absurdités du wokisme était intentionnellement conçue pour soutenir un « droit dissident » qui n'est « dissident » que pour les composantes les plus superficielles et les plus profondes de l'ordre de la décision.

J'ai déjà soutenu qu'il s'agit d'une époque, aux États-Unis, marquée par la nécessité de l'hégémonie se présenter comme contre-hégémonique. Les dirigeants doivent, à tout moment, manipuler le public pour les voir comme subalternes, impuissants et mener une croisade contre les élites elles-mêmes. Des conservateurs aux libéraux, aux différents « gauchers » trotskistes et « socialistes démocratiques », toute la politique américaine prend de plus en plus la forme de dissidence. C'est une aristocratie du capital qui survit à travers la perspective de se battre continuellement contre lui-même pour le pouvoir. Comme dans The Trial de Kafka, où la bureaucratie de la cour est reproduite précisément en se présentant comme des sujets impuissants subjugués par le système, la dialectique de l'autorité politique américaine aujourd'hui prend également la forme de cette feintesse pour soutenir leur omnipotence systémique. Le pouvoir se maintient par le prétexte de l'impuissance.

Et maintenant nous sommes ici. Dans une présidence de Trump qui démantèle l’USAID – l’un des hommes de main misérables de « l’impérialisme humanitaire » – et qui s’oriente vers des attaques impérialistes impérialistes, qui s’oriente peut-être vers la bonne volonté pour la démocratie et de nombreuses autres institutions liées à la forme moderne de légitimation et de réalisation d’agressions impérialistes.

Je voudrais penser qu'il s'agit d'une révolution contre un État exaltante qui aspire le sécher de la république hôte, comme l'a suggéré Scott Ritter. J'espère vraiment que ce pourrait être cela, et que le jubilé de la dette que Ritter prétend être possible avec cette « révolution » se déchaîne. 1

Philosophie partagée en crise

Mais mon bon sens marxiste, ma compréhension des formes toujours en évolution de l'impérialisme américain qui justifie idéologiquement m'indique que, peut-être, quelque chose d'autre est en train de se passer : un retour à une précédente forme de légitimation. 2

Peut-être un retour à la domination du modèle d'offensive en tant que défense que nous avons vu dans la guerre froide et au cours des premières décennies de ce siècle. Celui-ci semble certainement dominer dans le discours autour de la Chine, qui est présenté comme une « menace existentielle » pour la sécurité et la position géopolitique des États-Unis. Le conseiller à la sécurité nationale de Trump, Michael Waltz, a déclaré que « nous sommes dans une guerre froide avec le Parti communiste chinois » et que la Chine est une « menace existentielle pour les États-Unis avec le renforcement militaire le plus rapide depuis les années 1930 ». Ce discours sur la Chine en tant que menace existentielle, qui est très courante dans la création de la politique étrangère, est fondamental pour le modèle d'offensive de défense de l'impérialisme.

Certains analystes ont suggéré un retour à un impériaalisme de style Monroe Doctrine, où l'on est plus ouvert sur les objectifs de conquête pour la conquête, voilé à peine avec un appel à un mandat divin. C'est une autre forme que nous avons vue dans l'histoire des empires. Il est clair que ce modèle de discours est utilisé dans la rhétorique utilisée pour la politique étrangère des États-Unis dans l'hémisphère occidental.

La vérité, cependant, c'est que nous ne savons pas. Nous devrons attendre et voir ce qui se passe réellement.

Cette indétermination n'est pas seulement dans notre connaissance de la situation actuelle. Je ne pense pas que le problème, pour le moment, soit un problème qui se situe dans notre connaissance du monde, de la façon dont l'impérialisme américain se développera dans les années à venir. L'indétermination est dans le monde lui-même. Le régime américain est lui-même à la dépouille pour comprendre ses prochaines mesures, pour voir ce qu'il peut faire pour soutenir au moins un semblant d'hégémonie dans un monde où le Weltgeist se déplace vers l'est.

Nous pouvons dire aujourd'hui de cette indétermination la même chose que Hegel a répondu au dilemme de Kant concernant le « fossé » entre notre savoir phénoménal et la chose en soi (Ding un sich) : il n'y a rien de soi qui n'est déjà une chose pour nous. Le fossé n'est pas entre mes connaissances et le monde; le fossé est dans le monde lui-même. C’est « l’incomplétude qu’ontologique la réalité », comme l’appelle Slavoj ziek, que nous traitons ici, et pas simplement une incomplétude de nos connaissances. Traiter le contraire - c'est-à-dire s'accrocher à l'idée que les événements mondiaux sont déjà déterminés, que le problème est de nature épistémologique - est de suivre la même abstraction que Hegel a critiquée dans Kant. Tout comme la « chose en soi », qui n'est pas toujours prête (comme le dirait Heidegger) une chose pour nous, n'est rien de plus qu'une « abstraction vide » kantienne, en maintenant que les impérialistes d'aujourd'hui ont un ordre du jour clairement déterminé et cartographié, et que ce qui nous empêche de le savoir définitivement est une limitation dans notre compréhension, c'est de se déplacer au même niveau.

Cela confère à ces institutions un pouvoir mystique qui n'est pas nécessairement là, qui ressemble plus étroitement aux films hollywoodiens sur la CIA que la situation réelle. Ils aussi, face à la crise actuelle, essaient de s'orienter dans le monde, en essayant de concevoir de nouveaux moyens par lesquels leur pillage de la planète peut se poursuivre sans être remis en question.

Ce que je pense que nous pourrions être les plus sûrs, ce sont les suivants : ce n'est pas une révolution anti-impérialiste qui se produit dans le ventre de la bête par la main des milliardaires eux-mêmes. Lorsque certains des principaux milliardaires, des ONG, des groupes de réflexion et des entreprises d’investissement financier sont parfaitement, ou même favorables, de l’administration Trump, cela n’inspire pas confiance dans la thèse selon laquelle il intente une grande attaque contre le système. Après tout, si quelqu'un incarne le mieux le système, ce sont ces profiteurs qui ont continué à gagner de l'argent, quel que soit celui qui a été à la Maison Blanche. Ils composent le corps non élu de dirigeants qui reste le même avec tous les changements d'administration. Avec l’agence de renseignement qui sert leurs intérêts, ils forment le fameux « Deep State ». Quand le PDG de BlackRock, Larry Fink, nous dit, comme il l'a fait pendant les campagnes présidentielles, qu'il est « fatigué d'entendre que c'est la plus grande élection de votre vivant », et que « la réalité est dans le temps, peu importe », peut-être devrions-nous écouter.

Au lieu d'une attaque contre le système impérialiste et l'État profond, il est beaucoup plus probable qu'il s'agit d'un pivot vers une nouvelle forme de gouvernance impérialiste et de légitimation. Tout comme le capitalisme américain avait besoin de prendre une nouvelle forme après la grande dépression pour survivre, dans cette grande crise de l'Empire, les États-Unis doivent faire de même. Trump est donc ici, un chiffre homologue à Franklin D. Roosevelt (FDR). Le FDR rompt avec les orthodoxies des idéologues de l'économie de marché pour sauver le capitalisme. Il a rompu avec la forme que le système avait jusqu'alors prise pour le maintenir en vie. Peut-être Trump, de même, est-il un chiffre qui aspire à aider à sauver l'impérialisme américain par l'assaut contre l'orthodoxie et les institutions qui l'ont amené au bord de l'effondrement.

 

C'est ce que la brillante maîtrise des États, visant à soutenir l'hégémonie des États-Unis à long terme, ferait pour essayer de sauver l'empire de ce déclin. Après tout, comme Giuseppe Tomasi di Lampedusa l'a écrit dans son roman, Le Léopard, les choses doivent changer pour qu'elles puissent rester les mêmes.

Bien que j'espère me tromper, je pense que c'est le type de changement que nous voyons. Une modification d'une nouvelle forme de légitimation, nécessaire pour maintenir la base essentielle de l'impérialisme américain.


[1]Pour être juste avec Scott, il s’est déclaré de plus en plus critique à l’égard des actions de Trump au Moyen-Orient depuis la publication initiale de cet article. Dans un tweet, la journée de rebut du bombardement du Yémen, Scott a déclaré : « Et dans une nuit de mégalomanie narcissique, Donald Trump a abandonné le titre de pacificateur, l’échangeant contre un fauteur de requin-bassins, et s’est mis sur la voie de devenir le plus grand perdant de l’Amérique. L'Amérique ne peut plus être « grande » quand le prix du pétrole passe par le toit. Et le début d’une guerre avec l’Iran restera dans l’histoire comme l’une des pires blessures auto-infligées qu’un président américain jamais commis. » Cependant, même en ce qui concerne la guerre en Ukraine, les mesures prises par Trump ont été des demi-pas. Il n'y a pas eu de tentative sérieuse d'arrêter le régime zelensky. Ici, la perspective donnée par le colonel Douglas Macgregor est, à mon avis, beaucoup plus correcte.

[2]Après avoir publié une version abrégée de cet article pour The China Academy, un camarade appelé par l'attention sur une vidéo que Brian Berletic avait faite sur le sujet, où il a présenté une analogie extrêmement utile pour capturer ce que j'avais en tête en écrivant cet article. Pensez à un seigneur de guerre qui est sorti pillé diverses régions, ajoutant dans chaque aventurerie filiale d'escrime ses ennemis tombés à la sienne. Alors que l'épée a l'air effrayante, les lames vont dans tous les sens, et ne peuvent donc pas servir à couper quoi que ce soit. Après cette prise de conscience, le seigneur de la guerre décide de se débarrasser de toutes les épées supplémentaires et de s'en tenir à sa tête d'origine. Les villageois infantiles, bien sûr, se répondent et pensent « enfin, notre cauchemar collectif est terminé ». Après une inspection plus approfondie, il ne reste plus que la lame d'origine, qu'il affûme de toute sa force. Bien que l'épée n'ait peut-être pas l'air aussi effrayante que la précédente, elle est maintenant bien meilleure pour faire ce que l'épée est censée faire - prendre quelques crânes. Peut-il s’agir du genre de « démantèlement » que Trump nous a sous les yeux ?