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jeudi 14 mai 2026
mardi 12 mai 2026
Contre les Français de Manuel Arroyo-Stephens
Á propos de Manuel Arroyo-Stephens, Contre les Français. De l'influence néfaste exercée par la culture française (éditions Exils, 2015)
Les coïncidences n'existent, en matière de lectures, pas davantage que
dans le reste de nos occupations. Tout est signe, puisque l'univers
n'est qu'une phrase immense, peut-être infinie. Venant de consacrer une
note à la charge de François Rastier contre Heidegger et les heideggériens,
quel n'a pas été mon amusement de constater que Manuel Arroyo-Stephens,
dans son libelle aussi drôle et savant que témoignant d'une parfaite,
donc fort méchante mauvaise foi, évoquait le Maître du Jargon ou plutôt,
son influence néfaste en France, ce pays qui est si étonnamment
perméable aux faux discours, des déclamations à prétentions
universalistes des révolutionnaires coupeurs de têtes aux longues
phrases larmoyantes de Renaud Camus et de Richard Millet,
qui eux aimeraient bien raccourcir quelques têtes de métèques s'ils
avaient le simple courage physique de leurs jivaresques et souchiennes
opinions : «Comment la France, avec son culte de la raison et de
l'humanisme, put-elle tomber dans le piège d'un charlatan qui
considérait la clarté comme le suicide de la philosophie ? Dire que cela
arriva au pays de Montaigne, de Descartes, de Pascal ! Que ce qui se
conçoit bien s'énonce clairement, que ce qu'on ne peut dire, il faut le
taire, que l'intelligibilité est la condition indispensable de la
recherche de la vérité, tout cela l'escroc de Fribourg, le personnage le
plus lâche qu'ait jamais cautionné la philosophie occidentale, n'en
avait cure. Il monta dans le train du nazisme quand cela l'arrangea et
garda un silence éternel sur les crimes de Hitler. Dans le fond, ils
avaient quelque chose de commun. Heidegger séduisit les philosophes
d'une bonne partie du monde tandis que Hitler séduisait les masses
allemandes» (1).
C'est au cours du XXe
siècle que Heidegger a fait plonger la culture française dans le
«marasme» (le titre du dernier chapitre du livre) et même «le culte du
néant, l'apothéose du bavardage et du charabia», au travers, ajoute
Manuel Arroyo-Stephens, de Heidegger, qualifié d'«imposteur», de
«théologien déguisé en philosophe» et de «protonazi et antisémite
répugnant, qui ne se gênait pas pour séduire ses élèves, fussent-elles
juives» (p. 125). Il est amusant de constater que l'auteur n'a pas de
mots assez durs contre l'esprit de clan qu'a favorisé l'existentialisme
par le truchement de Jean-Paul Sartre qui, pas plus que Martin
Heidegger, n'a les faveurs de Manuel Arroyo-Stephens : «Mêlant
habilement les ingrédients de la métaphysique, du socialisme
scientifique et de la psychanalyse, Jean-Paul Sartre créa son système
philosophique et fonda sa propre tribu, les existentialistes»,
prétentieux et intraitables moutons obéissant à la vertu si typiquement
française, donc condamnable, selon laquelle l'histoire de «la
littérature et de toute la création artistique répond en France à des
schémas récurrents qui se répètent de génération en génération depuis la
Renaissance et qui se forment toujours autour de mouvements et de
groupes». En effet, les Français, tout à la fois veaux et moutons,
donnent «plus d'importance à l'histoire de la littérature et aux écoles
littéraires qu'à la littérature elle-même», comme l'ont si bien compris
«André Breton et tous les chefs de file de par le monde» (p. 128).
Sartre, l'ordure Sartre qui, à la «grande surprise et admiration de ses
collègues qui commençaient à célébrer son esprit», «ne tarda pas à
expliquer qu'il avait vécu sous les Allemands dans une «clandestinité
ouverte»», magnifique euphémisme par lequel cette ordure, «l'ineffable
Sartre» (p. 134) donc, qualifia sa reptilienne faculté de résistance à
l'Allemand. «Ce qu'on appelle généreusement le système philosophique de
Jean-Paul Sartre», poursuit Manuel Arroyo-Stephens, «consistait en un
salmigondis d'idées prises chez Husserl et Heidegger, plus tard
assaisonnées de piment marxiste, bien agitées avec une phraséologie
hégélienne et le tout servi dans le meilleur jargon parisien» (p. 135).
Son «œuvre phare, aux dires des spécialistes, fut L’Être et le néant» et, ajoute l'auteur dans un de ces traits si chers à José Bergamín,
si «l'on s'en souvient encore aujourd'hui, c'est uniquement parce qu'il
possède très peu du premier et beaucoup trop du second» (p. 136) tout
comme, à en croire l'auteur, c'est parce que Mao Zedong, «cet affreux
poète», voulait obliger «un milliard de ses compatriotes à lire ses vers
infâmes, voire ses œuvres complètes», qu'il «a mené la guerre civile et
la révolution culturelle» (p. 138).
Dès ces quelques lignes, nous comprenons quels sont les principaux
travers (prétention que rien ne fonde, culte d'une raison asséchante
menant aux dictatures, goût invétéré de la rhétorique, impuissance
artistique qui s'ensuit) que Manuel Arroyo-Stephens prête aux Français,
même s'il semble se dédouaner, aux dernières lignes de son libelle,
d'avoir mené une charge aussi réjouissante que violente et, diront les
prudents, injuste et d'une incroyable mauvaise foi, en affirmant que
seul le complexe d'infériorité propre aux Espagnols (cf. p. 9), ainsi
que leur envie et leur jalousie (cf. p. 118) peuvent l'expliquer. Il
ajoute, malicieusement, qu'il a écrit «ce pamphlet à la manière des Français»
(p. 140, l'auteur souligne), façon polie de dire qu'il s'est peut-être
lui-même payé de mots, et que son écriture n'en est pas moins
critiquable que celle dans laquelle les Français ont fait triompher
partout dans le monde leur vanité et leur verbosité.
Né dans «un pays physiquement et moralement dévasté par la guerre civile
que le général Franco avait gagnée avec l'aide directe de Mussolini et
de Hitler», ainsi qu'avec, ne l'oublions pas, «la complicité lâche et
aveugle de l'Angleterre et de la France», Manuel Arroyo-Stephens déclare
qu'il a «vu les meilleures intelligences de [sa] génération abêties par
la Théorie, par la déliquescence et la délinquance intellectuelles, par
cet esprit auto-complaisant et stérile venu de France» (p. 9).
La vanité des Français a toujours été supérieure à leur talent, ce qui
est une évidence qu'il est bon de rappeler, car «ils se sont lancés très
tôt dans le commerce des idées et des modes, exploitant avec une
habileté et une avidité notoires ce que les économistes appellent une
rente de situation, et leur a fait croire, avec autant de prétention que
de vanité, qu'ils étaient le centre du monde» (p. 15).
Comment pardonner à un peuple qui a fait des contes de La Fontaine son épopée, au détriment de la Chanson de Roland
(p. 17) ? Si la raison, que les Français ont toujours préférée, à grand
tort, à l'intuition (cf. p. 113) est «la mort de l'art», si «Don
Quichotte doit perdre la raison pour trouver la vérité» et que personne,
«et surtout pas un Français, n'a pu créer de l'art avec de la raison»
(p. 37), comment ne pas moquer une nation composée de jardiniers royaux
dont le rêve pas même inavouable est «que les feuilles des arbres
tombent directement dans les corbeilles, tant ils veulent civiliser et
polir la nature» (p. 46) ?
Manuel Arroyo-Stephens se place du côté des Espagnols, autrement dit du
côté de la déraison, de la folie et de la passion, des feuilles qui
jamais ne tomberont directement dans les corbeilles : «Il fallait que
quelque chose fonctionne de travers en Europe pour que les Français,
avec si peu de mérite, parviennent à devenir le centre artistique du
continent. On a beau fouiller dans les dictionnaires, les manuels, les
livres d'histoire, on ne trouve pas un seul seul écrivain ou artiste
français qui puisse justifier cette hégémonie» au cours du XVIIe
siècle car, en «l'espace de quelques années disparaissent du paysage
artistique européen les grandes figures du baroque (Milton, Calderón, Le
Bernin, Rembrandt, Velázquez). Ce moment de vide, la France va le
remplir avec ses pauvres artistes maniérés, qui ne seront jamais que des
décorateurs de la grande pâtisserie versaillaise. Le seul peintre
français d'un certain mérite, Le Lorrain, vivait et travaillait à Rome,
et ne pointa jamais son nez en France» (p. 44).
Nous arrivons au foyer d'infection, Voltaire, «miroir concave où ses
compatriotes peuvent toujours se reconnaître» (p. 51), que l'auteur
peint en jaloux épique de Shakespeare, tout comme il raille les
prétentions à la belle langue, confortée par tout un appareillage de
règles, de normes et d'instituts et, mais l'auteur n'en touche hélas
mot, de prix dits littéraires, dont le plus navrant d'entre eux, le prix
Goncourt, est un inimitable mélange de putanat et de nullité, comme
nous avons pu le constater ne serait-ce que ces deux dernières années.
Revenons au texte de Manuel Arroyo-Stephens : «On n'a pas découvert
meilleur moyen pour donner de l'allure et de l'éclat aux artistes
médiocres que de les obliger à suivre des règles qui cachent leur manque
de talent : légiférer, en art, tue le créateur et produit des artisans.
Il n'y a donc pas mieux, pour en finir avec la créativité d'un artiste,
que de l'obliger à accepter des normes, des critères et des goûts
émanant de ces vénérables institutions nommées académies. Rien n'est
plus voisin de l'esprit français, conclut Manuel Arroyo-Stephens, que
l'esprit académique» (p. 67-8) qui, du moins durant le ridicule XVIIIe
siècle, peut se confondre assez facilement avec un concours de
«perruques poudrées et [de] mouches sur le visage», ou encore avec cet
«art du paysage en éventail», «le vicomte maniéré des défis et l'abbé
idiot des madrigaux», cet art «cérémonieux, mesuré, de la pavane» (p.
69) qui a donné un verbe pronominal qui, si mes souvenirs sont bons, a
quelque rapport étymologique avec le mot paon, jetant ainsi une lumière
non point crue mais elle-même artificielle et molle sur les habitudes
françaises.
Manuel Arroyo-Stephens balaie l'histoire de notre pays depuis ses
premières gestes littéraires, que ce dernier n'a selon ses dires pas
suffisamment portées aux pinacles, lui préférant des fadaises poudrées ou
étriquées, et caractérise la Révolution comme la matrice fournissant
«le masque, la rhétorique et les méthodes abominables dont les
absolutistes de toutes obédiences ont fait un usage si éloquent et
sanglant tout au long des deux derniers siècles» (p. 79), Napoléon en
étant lui aussi pour ses frais, la «tête pleine de grammaire et de
syllogismes» (p. 83), occupé jusqu'à ses derniers jours en exil,
«pendant que ses généraux s'amusaient à vendre aux enchères des biens si
mal acquis» en Espagne, «au lieu de demander chaque jour pardon pour
ses crimes», «à lire... une grammaire !» (p. 93).
Il n'y a pas à louvoyer, car les Français, «fanatiques de l'abstraction,
malades de la logique», sont «capables de sacrifier quiconque pour un
de leurs syllogismes» (p. 96), mais ne comprennent absolument rien aux
véritables génies, comme Goya : «Certainement la violence de Goya, comme
celle de Picasso, un siècle plus tard, aura aveuglé non seulement
Mérimée, mais toute la peinture française. Ceux qui l'admirèrent, le
copièrent et se laissèrent influencer par lui, comme Géricault et
Delacroix, restèrent dans le geste, dans la pure rhétorique. Ils ne
comprenaient pas la violence intérieure, radicale, le monde beaucoup
plus complexe d'un peintre qui avait fait la sourde oreille à la
peinture banale et académique en provenance de France. Les Français, y
compris les révolutionnaires modernes, étaient, même s'ils croyaient le
contraire, trop empreints du classicisme qu'ils avaient chevillé à
l'âme, et le romantisme récemment acquis leur était en réalité étranger
et lointain. Il n'était tout au plus qu'une réaction anticlassique. Cela
faisait déjà trop longtemps qu'entre Ronsard et Rabelais, l'esprit
français avait choisi le mauvais chemin» (pp. 98-9), c'est-à-dire
Ronsard dans l'esprit de Manuel Arroyo-Stephens.
Ainsi, si le «romantisme allemand» dans sa totalité «se résume à une
lutte titanesque pour se libérer du joug français», c'est encore une
fois vers la peinture espagnole que l'auteur tourne son regard pour en
affirmer la supériorité sur la française, supériorité découlant du fait
que les peintres espagnols, eux, n'ont pas renoncé à la passion : «Quand
ils [les Français] se trouvent face à la peinture espagnole et se
mettent à l'admirer, alors qu'au fond elle leur reste incompréhensible,
ils surréagissent et en perdent la mesure. Là où ils étaient habitués à
chercher l'harmonie, ils se retrouvent face à une violence inusitée; là
où ils cherchent la beauté idéale, ils tombent sur le réalisme le plus
cru; éduqués à comprendre la séparation et la hiérarchie des genres
picturaux, ils trouvent mélangés le sublime et le grotesque; au lieu
d'un projet d'ensemble et d'une utilisation exubérante de la couleur, au
lieu d'un dessin harmonieux et correct des postures, ils tombent sur un
mouvement impulsif et incontrôlé. Habitués à peindre les morts comme
s'ils étaient en train de rêver, ils se retrouvent face aux cadavres de
Goya, masses de chair inerte, véritables cadavres» (p. 101). L'auteur va
plus loin, car il ne supporte décidément pas la prétention française,
d'autant plus appuyée qu'elle ne se fonde, à ses yeux, sur rien de
valable, et cela en quelque domaine artistique que ce soit. C'est ainsi
que le célèbre tableau de Goya intitulé Le 3 mai fusille de manière allégorique «toute la peinture française du XVIIIe siècle», tandis qu'un siècle plus tard, un autre Espagnol, Pablo Picasso, fusillera à son tour «la peinture française du XXe siècle» (p. 102) avec ses Demoiselles d'Avignon.
J'ai plus d'une fois souri en lisant Manuel Arroyo-Stephens, me souvenant de ma lecture, franchement ennuyée, des Salons
de Diderot, comme lorsqu'il écrit par exemple : «Que pouvait-on voir
dans la peinture indigeste de Watteau, de Fragonard, de Boucher, de
Chardin, dans leurs coloris sensuels et charmants, dans leur bucolisme
glouton, entre colonnes et plantes grimpantes, dans leurs figurines de
porcelaine exhibant tantôt leur cheville, tantôt leur petit cul, que
pouvait-on regarder de ce monde coloré, vain et frivole après avoir
contemplé les morts de Goya ?» (p. 103). La réponse est évident et
décidément seul un Philippe Sollers, inutile commentateur de tout, peut
nous bassiner avec les fadaises pralinées d'un peintre aussi
inintéressant que Watteau.
Si les écrivains français sont peu ou prou des apôtres de la rhétorique
la plus creuse et sont parfaitement incapables, y compris mêmes
lorsqu'ils se rendent au bordel ou dans des pays exotiques, de se
libérer de leur grammaire (2), mais aussi de ces structures plus ou
moins étatiques comme la Société populaire républicaine des arts (3)
inventée par ce «Robespierre du pinceau» (p. 104) que fut David qui ne
peignit jamais, dans sa trop fameuse Mort de Marat qu'un
«Christ profane, très bien composé, très «bien peint», avec une lumière
abstraite, idéalisée, très seyante, qui sanctifie cet apôtre de la
guillotine», tableau dont la «rhétorique muette mais très parlante» est
destinée à «émouvoir les masses, en transformant en modèle de vertu un
délinquant peu ordinaire» (p. 105), nous devons aussi admettre qu'un
Flaubert, dont chaque paragraphe, nous dit malicieusement l'auteur, «lui
coûtait autant de sueur, de sang et de larmes qu'à Churchill de
défendre l'Angleterre» (p. 116), tout comme d'autres écrivains réalistes
parmi lesquels l'ignoble Zola, ne valent pas grand-chose comparés, par
exemple, à un Dostoïevski : «Visiblement, personne n'eut l'idée de
souffler à l'oreille de ces vaillants réalistes qu'un peu plus au nord
un certain Dostoïevski était en train de préparer le grand parricide du
siècle et que, quelque part dans l'Atlantique nord, le capitaine Achab
poursuivait une baleine. Mais quelqu'un peut-il s'imaginer Flaubert
décrivant le crime de Raskolnikov, ce personnage qui, au début du roman,
n'a pas mangé depuis deux jours, alors que le romancier français a
besoin de plusieurs pages pour décrire les huit étages de la pièce
montée du mariage de madame Bovary ? Flaubert aurait fait quelque chose
que le Russe ne perd pas une minute à faire : décrire la hache avec
laquelle est perpétré le grand crime. Il y aurait consacré peut-être un
chapitre, oubliant l'essentiel, qui est que la hache est juste le
prolongement du bras qui la brandit. Et que la seule chose importante
est ce qui se passe dans la tête qui actionne ce bras» (p. 122).
Saluons les éditions Exils pour avoir donné aux lecteurs francophones la
possibilité et, je crois, la chance, de pouvoir lire ce court ouvrage
de Manuel Arroyo-Stephens, libelle qui s'inscrit dans le sillage de ces
livres érudits et fantomatiques, profonds et justes, comme Dostoïevski lit Hegel en Sibérie et fond en larmes de László Földényi.
Notes
(1) Manuel Arroyo-Stephens, Contre les Français. De l'influence néfaste exercée par la culture française
(traduit de l'espagnol par Philippe Thureau-Dangin, Éditions Exils,
2015), p. 126. Dans on édition originale, ce livre a été publié en 1980
sous le titre Contra los Franceses. O sobre la nefasta influencia. Libelo.
L'auteur, né en 1945 à Bilbao, avocat et économiste de formation, a
fondé durant les années 70 la librairie Turner à Madrid, devenue Turner
English Bookshop, qui lui valut quelques démêlés avec la police
franquiste, lui reprochant de vendre des livres interdits. Il devint
ensuite éditeur et publia l’œuvre complète du grand Basque José
Bergamín. C'est de façon anonyme qu'il publia son premier livre, Contre les Français.
Il vit aujourd'hui retiré de toute affaire éditoriale, partageant son
temps entre Berlin et la sierra de Guadarrama. Le peu que j'ai appris
sur cet homme me fait penser qu'il serait digne de figurer dans Bartleby et compagnie du très surestimé Vila-Matas ou, bien mieux, aurait pu servir comme modèle au personnage d'écrivain mystérieux de 2666
dont je n'ai pas besoin de préciser l'auteur. Ajoutons enfin que tout
éditeur digne de ce nom devrait immédiatement se jeter sur le dernier
ouvrage de Manuel Arroyo-Stephens, intitulé, bellement, Pisando ceniza, soit En marchant sur la cendre.
(2) Je note intégralement cet excellent passage d'une méchanceté féroce :
«Devenir bohèmes et maudits, fumer de l'opium, fréquenter les bordels,
faire des escapades dans des pays exotiques, et malgré tout, ne pas
pouvoir se libérer de leur grammaire ! Ah, ces vers aux inévitables
relents de colère adolescente ! Qu'ils avaient peu lu Milton, Dante et
Quevedo ! S'il voulait échapper à l'honneur douteux de finir à
l'Académie, un artiste honnête n'avait d'autre choix que de se réfugier
au bordel ou d'émigrer dans des pays exotiques (l'idéal, évidemment,
était de combiner les deux). Mais, dans les deux cas, on courait le
risque d'attraper des maladies infectieuses, tropicales ou d'un autre
genre. C'est cela qui alimenta et stimula le génie français, dans des
proportions que l'on n'a sans doute pas encore assez étudiées. On
imagine que les infections vénériennes furent plus stimulantes que les
tropicales. De là à insinuer que c'en fut fini du génie français le jour
où un Anglais découvrit la pénicilline, il n'y a qu'un pas.» (pp.115-6).
(3) Plus d'une fois l'auteur comparera le goût des Français pour des
organismes d’État censés favoriser l'exercice des arts avec des
structures plus ou moins staliniennes (cf. p. 105).
vendredi 1 mai 2026
La dulce guerrilla urbana en pantalones de campana del Frente de Liberación Popular (y 2)
Escrito por Antonio Yelo

5. La lucha armada
Cristian Cerón y Francisco Lara, en su libro sobre el Frente de Liberación Popular (Catarata, 2022), comienzan de este modo el capítulo titulado La lucha armada: «En la vivienda clandestina madrileña de la carretera de Aragón un joven gaditano trata de convencer a sus compañeros sobre un mapa de la situación insostenible de los campesinos andaluces, lo que permitiría montar un foco guerrillero en la sierra de Cazorla (Jaén)». En las memorias de José Luis Leal no se cuenta nada sobre cómo se debatió el asunto de la lucha armada. ¿Quién fue ese «joven gaditano» que propuso poner en marcha una guerrilla? García Alcalá, en su tesis doctoral, donde incluye entrevistas con antiguos militantes del FLP, aporta mucha información sobre cómo se trató este peliagudo asunto en el Frente. En Queríamos la revolución (Flor del Viento, 1998), García Rico sí dice abiertamente que el gaditano José Pedro Pérez-Llorca puso la posibilidad de la violencia como vía para la revolución sobre la mesa. Aunque es verdad que los felipes no llevaron a cabo ninguna acción violenta, es comprensible que algunos de los autores consultados se autocensuraran a la hora de afirmar que alguien tan relevante como José Pedro Pérez-Llorca, padre de la constitución, ministro y fundador de uno de los despachos de abogados más influyentes de España, había tenido de joven la idea de usar la lucha armada para acabar con la dictadura.
Estamos en 1960, Fidel Castro y unos guerrilleros barbudos han conseguido acabar con la dictadura de Batista en Cuba desde su base de sierra Maestra. La repercusión de la revolución cubana llegó a los oídos de los felipes, que acababa de fundar un grupo insurgente. Algunos militantes de exterior tuvieron una entrevista con el comandante Gutiérrez Menoyo, uno de los lugartenientes de Castro en Cuba. Este los animó a iniciar un proceso parecido al que ellos habían emprendido con éxito en la isla caribeña. Durante un tiempo hubo contactos y Menoyo prometió ayuda material a los jóvenes españoles. Parece ser que el mismo Che Guevara terminó abortando el apoyo de la revolución cubana al FLP.
Más tarde, con la intermediación del gobierno de la República Española en el exilio, entraron en contacto con autoridades yugoslavas. Se mandó a varios efectivos a Belgrado para recibir «formación teórica y práctica». Esta última, la «formación práctica», según pensaban los activistas españoles, sería mayormente entrenamiento guerrillero.
José Manuel Arija, en entrevista con García Alcalá, afirma: «Pero luego no hubo nada. La formación teórica nos la dimos nosotros solos (…) Y de la formación guerrillera que pensábamos recibir, no hubo nada, nada en absoluto». De aquella experiencia balcánica venía José Luis Leal cuando acudió a la boda de Juan Carlos de Borbón en Atenas.
Finalmente, el único apoyo recibido por los yugoslavos fue el pago de un viaje a Túnez para contactar con el Frente de Liberación Nacional (FLN) argelino que realizó Nicolás Sartorius. Así lo cuenta el luego líder del PCE: «Yo hice un viaje a Túnez ayudado por los yugoslavos, para tomar contacto con el FLN argelino. Les presentamos un informe en la idea de una posible guerra de guerrillas en España, pero luego eso no tuvo continuidad. No se llegó a nada». Parece que los argelinos no dieron respuesta; se entiende que no tomaron muy en serio la propuesta de Sartorius.
No todos los felipes estaban de acuerdo con la idea de la lucha armada, algunos lo veían como una idea «infantil». Fernando Martínez Pereda lo contó así: «Nos pareció un disparate absurdo. ¿A dónde íbamos a ir? ¿A la sierra de Cazorla para que nos coja la guardia civil?, O hacemos como luego le ocurrió al FRAP, ocultándonos como las ratas para luego matar a un pobre guardia. ¿Qué vamos a hacer? ¡Ir con la merienda a Cercedilla en el tren! Aquí no hay una estructura con un 80 % del campesinado como en Argelia». Joaquín Aracil lo tenía claro: «Yo, ¿cómo voy a ponerme a disparar? Tengo que sentir odio hacia la guardia civil. Yo en este momento siento odio, pero no lo suficiente como para ponerme a disparar y matar».
Pero los más lanzados siguieron adelante. Valeriano Ortiz, alias «Nikita», pidió permiso para comprar un lote de armas en el mercado negro. Antonio López Campillo recuerda que: «Se compraron unas pistolas que eran lamentables, muy viejas. Se compró también una metralleta Stein que seguramente nos hubiera matado. Los tiros al saltar nos matan, las balas no llegan a ningún lado». Luego se adquirieron armas de mejor calidad, «un Winchester que era carísimo» y, gracias a los conocimientos químicos de uno de ellos, se fabricaron explosivos.
En el fondo no había una determinación seria para pasar de la teoría a la práctica. Así recuerda a sus compañeros Rodolfo Guerra: «Todos los que yo me topé eran unos aficionados, no estaban preparados para realizar los objetivos del FLP. Y si lo hacían iban a ir todos a la cárcel o frente pelotón de ejecución. Y otros hablaban mucho pero cuando recibían el camión con armas o se les decía: «atraca un banco», como en realidad eran unos hijos de papá, se acojonaban como el que más». Entre algunos miembros de la organización corrió el rumor de que Fidel Castro, a través de los yugoslavos, les había regalado un camión lleno de armas. Dicho vehículo y su cargamento nunca aparecieron. Finalmente se decidió «abandonar» la lucha armada. Se abandonó una vía que nunca se había iniciado.
6. Más redadas
En 1962 hubo otra gran redada que diezmó de nuevo el FLP. Esta vez, la organización había actuado como propagador de la información sobre las huelgas en Asturias. Para entonces ya se habían creado las dos franquicias del frente: en Euskadi con el nombre de Euskadiko Sozialisten Batasuna (ESBA); y en Cataluña llamada Frente Obrero de Cataluña (FOC). Entre los detenidos estaba el sacerdote José Bailo Ramonde (A Coruña, 1929). Este cura con fama de «abierto y lanzado», después de terminar sus estudios en el seminario de Comillas, hizo oposiciones al Cuerpo Castrense (sacerdote del Ejército) y sacó el número dos. Valencia fue su primer destino y allí entró en contacto con estudiantes de la ASU (Asociación Socialista Universitaria) que estaban en la cárcel. Cuando esta organización se integró en el FLP, el sacerdote también lo hizo. Influyó en su decisión que los dirigentes del Frente fueran amigos del padre Jesús Aguirre, luego duque consorte de Alba.
El cura Bailo sabía que podía ser torturado. Cuando entraron en su celda para interrogarlo, decidió ponerse solemne. Se puso en pie y delante de los policías levantó la mano derecha como si fuera a iniciar una bendición. Ante la sorpresa de los agentes —que sabían que era sacerdote— dijo con el mismo tono que usaba para predicar desde el púlpito: «El que pusiere la mano sobre un ministro del Señor será excomulgado». Los policías se quedaron paralizados. Se miraron los unos a los otros y, por si acaso, ninguno de ellos tocó un pelo de aquel representante de Dios en la tierra. Bailo cuenta que al poco de entrar en el FLP recibió una invitación para reunirse en París con Santiago Carrillo y Jorge Semprún. Querían ficharlo para el PCE. Acudió a la cita, pero se mantuvo fiel a los felipes, sus nuevos compañeros.
En 1969, después de haber pasado cuatro años en la cárcel, Bailo, que ya no era sacerdote, fue arrestado de nuevo junto con Enrique Ruano y su novia Dolores González. Se les acusaba de arrojar a la vía urbana propaganda de Comisiones Obreras. Se les detuvo en un bar hasta el que los siguió el policía que los había visto lanzando las octavillas. En el bar se pudo comprobar que estaban en posesión de «documentos relacionados con actividades clandestinas de carácter comunista». A Ruano le encontraron las llaves de un piso que no era su domicilio. Argumentó que era el lugar que utilizaba para ocultarse. La policía lo llevó al inmueble y procedió a registrarlo. Según la versión oficial, Ruano, tras una breve carrera, se arrojó al vacío por un patio interior desde la séptima planta que ocupaba el piso. Para apoyar la versión del suicidio, la policía aportó como prueba parte del diario íntimo del fallecido. El documento en realidad era una carta dirigida al psiquiatra Castilla del Pino en la que le contaba sus problemas sentimentales y sus esporádicos pensamientos de quitarse la vida. El diario ABC, alineado con las fuerzas represivas del régimen, publicó aquellos textos manuscritos por Ruano.
Entre las detenciones de 1962 y la muerte de Enrique Ruano, los felipes continuaron con su actividad política. Se celebró un congreso en la localidad de Pau (Francia): primer congreso y último; sufrieron escisiones como la creación de Acción Comunista (AC) por los más radicales; publicaron revistas y periódicos como Voz Obrera, Crítica y Vanguardia Roja y se reunieron con Marcelino Camacho, histórico líder del sindicato Comisiones Obreras (CCOO), organización que en noviembre de 1967 había sido declarada «ilegal y subversiva» por el Tribunal Supremo. Tras el contacto con Camacho, los felipes ayudaron a la implantación de CCOO en varias fábricas. Entre las peripecias más rocambolescas de los militantes del FLP están las escapadas del país a través de la embajada de Colombia (protagonizada por Juan Tomás de Salas) y con la ayuda de la embajada de Uruguay en el caso de Ignacio Fernández de Castro. En ambos casos la ayuda del sacerdote Jesús Aguirre y de sus buenos contactos fue crucial. El relato del refugio y fuga de Tomás de Salas es más divertido que el de Fernández de Castro.
Durante aquella segunda mitad de la vida del FLP, Julio Cerón, aunque desterrado al pueblo de Alhama de Murcia, seguía siendo muy importante para la organización. Según cuenta Carlos Semprún Maura en sus memorias (y recoge Eduardo G. Rico en Queríamos la revolución (Flor del Viento, 1998), Cerón no paraba de escribir cartas a los militantes. Con ellas intentaba matar el aburrimiento y aprovechaba para impartir doctrina política. Una de las misivas dirigidas a la Federación Exterior del FLP cayó en manos de Carlos Semprún, que se encontraba en París. En la carta Cerón pedía que lo liberasen y lo ayudaran a escapar ilegalmente al extranjero. Semprún mandó a dos estudiantes belgas a Murcia para confirmar la intención de su líder. De vuelta en la capital francesa, los chicos confirmaron el deseo de fuga del diplomático. Semprún encargo la peligrosa acción a Henri Curiel y a su grupo de mercenarios. Curiel, nacido en Egipto y líder del partido comunista egipcio hasta su expulsión, había colaborado con el FLN argelino y con otros movimientos de liberación de países tercermundistas. El plan consistía en que el día X a la hora Y, Cerón saldría a dar un paseo. Se toparía con una furgoneta dirigida por un «camarada» chófer y con un sacerdote de copiloto. Llevarían un pasaporte falso y los utensilios para afeitar la siempre abundante barba de Cerón. En el interior del vehículo también encontraría una sotana o un clergyman para disfrazarse de cura. De Murcia a Valencia y de allí a Roma, donde Julio Cerón daría una conferencia de prensa que sería un golpe de efecto publicitario que haría que todo el mundo conociera la lucha por la libertad del FLP. Cerón había participado en el diseño del plan; de ahí el disfraz de sacerdote. Según Semprún, era necesaria una foto sin barba de Cerón y para ello se utilizó al escritor Mario Vargas Llosa, compañero en la radio oficial francesa, que pensaba pasar las vacaciones de verano en la costa mediterránea, para que visitara a Cerón. De vuelta en París el escritor peruano dijo a Semprún que todo se cancelaba porque Cerón había recibido la visita de la policía y que estos conocían los planes de fuga, el itinerario e incluso el disfraz. La conclusión de Semprún en sus memorias es que Cerón se había inventado esa visita de la policía española debido a que veía que, gracias a sus muchos y buenos contactos, en breve se solucionaría su situación y le daba pereza lo rocambolesco del plan. En 1996, en un artículo de El País, Mario Vargas Llosa contó una versión ligeramente diferente de la peripecia:
Recorrí la península en una Dauphine con placa francesa, que echaba humo como una chimenea y cuya sed abrasadora había que aplacar con baldazos de agua cada diez kilómetros. Cuando llegué a Alhama a don Julio Cerón el plan de fuga le pareció sin pies ni cabeza y me despachó de vuelta a Barcelona, después de convidarme a un pollo frito y una conversación sobre las novelas de Juan y Luis Goytisolo. En Calafell, me esperaba otro ‘felipe’ con instrucciones de la dirección —algo tardías— de cancelar el viaje a Alhama.
A comienzos de los años 70, Julio Cerón fue rehabilitado como diplomático y destinado a la embajada de España en París donde trabajó para la UNESCO. El obituario que Miguel Ángel Aguilar le dedicó en El País en 2014 dice, con mucha ironía, que le ofrecieron ir a la Santa Sede y que se negó argumentando que si, como tarea diplomática, debía influir para conseguir el nombramiento de un papa español, debían nombrarlo a él y solo a él. Falleció en 2014 en el castillo de Caussade (Perigueux, Francia).
6. La nueva izquierda. Mayo del 68
En el prólogo a Queríamos la revolución (Flor del Viento, 1998), libro de Eduardo G. Rico sobre el «FELIPE», Joaquín Leguina (que fue miembro del FLP) escribe sobre las intenciones y objetivos del FLP: «¿Sabíamos lo que queríamos? Quizá no, al menos, no lo sabíamos con precisión, pero sí sabíamos lo que no queríamos». Las protestas de mayo del 68 en París se podrían explicar de la misma manera. Los estudiantes que se manifestaron en mayo del 68 pertenecían a familias burguesas o de clase media-alta. Los fundadores del FLP tenían la misma extracción social. Los objetivos e intereses de los estudiantes franceses, en el fondo, eran diferentes de aquellos por los que apostaban los proletarios del Partido Comunista de Francia y de la Confederación General del Trabajo, el sindicato mayoritario francés. Lo mismo ocurrió en España con el FLP y otros grupos similares. No les gustaba lo que había —y por eso protestaban—, pero no tenían claro lo que querían.
«Sed realistas, exigid lo imposible»; «Prohibido prohibir»; «Bajo los adoquines está la playa»; «Somos demasiado jóvenes para esperar». Estos eslóganes es lo que queda de las revueltas de París. Mayo de 68 se caracterizó por el culto a la estética de la revolución; lo mismo se puede decir del FLP. José Pedro Pérez-Llorca recuerda a Julio Cerón de este modo:
Por encima de aquel juvenil anhelo pervive en mí el recuerdo de un Julio que me escandalizaba diciendo que «La política es ante todo un imperativo del buen gusto, el país no nos gusta ni nos puede gustar, por eso queremos cambiarlo. Estamos atrapados, además de por la Dictadura, por la mediocridad del ambiente».
Julio Cerón describía así a a los primeros felipes:
Grupúsculo extremista y sabiamente rabioso, al que acudían seres llenos de entrega y ardor.1
Las revueltas del mayo del 68 terminaron con la famosa frase de De Gaulle: «La reforme oui; la chienlit, non!» (la reforma sí, el desorden no). Si analizamos aquellos hechos con la distancia que ofrecen los cincuenta y cinco años transcurridos, los resultados fueron bastante pobres; poco o nada cambió. Sobre lo ocurrido en Francia en 1968 los críticos más benevolentes, admitiendo que no se consiguieron los objetivos, argumentan que al menos se pusieron encima de la mesa los temas que serían clave en el final del siglo XX: el pacifismo, la ecología y el feminismo. Los críticos más severos opinan diferente: Gilles Lipovetsky calificó el movimiento de «laxo y relejado». El historiador Eric Hobsbawm calificó el marxismo de los estudiantes franceses de «peculiar, con una orientación universitaria, combinado con otras modas académicas del momento y, a veces, con otras ideologías, nacionalistas o religiosas, puesto que nacía de las aulas y no de la experiencia vital de los trabajadores».
El intelectual Michel Clouscard fue más allá. Describió las revueltas como «un enorme happening», como «toma de la Bastilla fantoche», como algo más parecido a un «psicodrama» que a una experiencia revolucionaria. En sus libros El capitalismo de la seducción y Neofascismo e ideología del deseo sitúa en mayo del 68 el comienzo del proceso según el cual la izquierda abandonó la idea de trasformar la sociedad y de la lucha de clases para tomar la bandera de las luchas individuales e identitarias. Clouscard llega incluso a acusar a estos movimientos de «nueva izquierda» de hacer el juego al capital y a los poderes fácticos:
Mayo de 1968 anunció además el reparto del pastel entre los tres poderes constitutivos del consenso actual: liberal, socialdemócrata, libertario. Al primero se le devolvió la gestión económica, al segundo la gestión administrativa, al tercero la de las costumbres transformadas en necesidad del mercado del deseo. Tenemos así la nueva Francia.
En 1968, José Luis Leal aún no había cumplido los veintiocho años y era profesor de la universidad parisina de la Sorbona. Entre sus alumnos estuvo Daniel Conh Bendit, líder estudiantil de las revueltas. En sus memorias recuerda con emoción y nostalgia aquel movimiento estudiantil.
7. Disolución del FLP
A comienzos de 1969, un grupo de disidentes del FLP redactó un documento proponiendo la creación de un nuevo partido que acabaría llamándose Partido Comunista Revolucionario (PCR). La nueva formación tenía como principal objetivo representar la «vanguardia del proletariado». Aquel nuevo grupo, del que el cura Bailo era uno de los principales artífices, significó el final del FLP. Muchos militantes, como Nicolás Sartorius, se marcharon al PCE y otros, como explica Pablo Lizcano en su libro La generación del 56, se pusieron a hacer oposiciones a la administración obligados por sus padres. Se terminaba la vida universitaria y empezaba la realidad.
José Pedro Pérez-Llorca lo explica con claridad:
Terminado el curso, mi muy inteligente madre, que se percató de mis andanzas, me empaquetó sin apelación para Friburgo de Brisgovia, en cuya acogedora universidad, y haciendo diversos trabajos, pasé una buena temporada.
Siguiendo el consejo de Julio Cerón, el estudiante gaditano aprovechó para aprender alemán leyendo a Hegel y Marx. Perez Llorca terminó sus estudios de Economía con sobresaliente y el Premio Extraordinario de Licenciatura. Al terminar la carrera, también cerró su época de radicalismo político. Pero recuerda esa época con cariño: «Fue positivo, porque aprendí mucho análisis y práctica política. También me quedó una cierta erudición del pensamiento socialista, y el impulso de generosidad y de ilusión para entrar en la política activa».2
Leal cuenta que después de acabado el FLP se encontró con Nicolás Sartorius en París y le reprochó que hubiera mantenido una doble militancia, en el PCE y en el FLP. Sartorius se justificó diciendo que «éramos unos inconscientes y había que conseguir que nuestras locuras no dañaran la causa del proletariado».3
El 17 de septiembre 1984 se celebró un acto en la Fundación Miró de Barcelona para conmemorar el veinticinco aniversario del final del FLP. Se reunieron algo más de un centenar de antiguos militantes. Los entonces ministros del PSOE (Narcís Serra, José María Maravall, Carlos Romero y Julián Campo) excusaron su asistencia. Terminado el acto, los más valientes o nostálgicos siguieron la juerga en la sala de fiestas La Paloma. Durante la reunión se pronunciaron discursos emotivos como el del escritor Vázquez Montalbán: «Difícil hacer un diagnóstico, pero si nos hubieran dejado, habríamos hecho una revolución encantadora». Manuel Gari, dirigente del FLP, se preguntó: «¿Cabe hablar de olvido de unas siglas o simplemente de un grato recuerdo juvenil? En realidad, el FLP planteó verdaderos problemas políticos que no supo resolver. Algunos exfelipes, la mayoría, no creen ya en esos problemas. Otros seguimos buscando nuevas soluciones». Solo Pascual Maragall, que nunca se ha mordido la lengua aportó el epitafio que hacía justicia al cadáver:
La historia del FELIPE es más una parte de nuestra historia privada que de la historia social y política del país. El PSUC y el PCE hicieron gran parte del trabajo sucio que se requiere para estar realmente en los libros de historia y salir del puro álbum de fotos amarillento. Que es donde estamos nosotros.
Epílogo
Del FLP salieron ocho ministros de la democracia; treinta altos cargos de la Administración, entre ellos dos presidentes de Comunidad Autónoma; treinta y cinco catedráticos y profesores; quince escritores y periodistas y doce curas. Muchos artículos que glosan este movimiento político destacan como su principal logro haber servido de incubadora para luego nutrir de cargos políticos y de intelectuales a la naciente democracia española. Pero quedan algunas cuestiones pendientes: si no hubieran pertenecido a este grupo tan ilustres miembros ¿nos acordaríamos hoy del FLP? Si no hubieran matado a Enrique Ruano ¿tendría el relato de las acciones de este grupo el toque épico que se le suele dar? ¿Hasta qué punto han exagerado los medios de comunicación y algunos libros de memorias los logros del FLP?
Estas preguntas quedarán sin respuesta en este artículo por respeto a esos ancianos que continúan contando a sus nietos que hace sesenta años fueron valerosos guerreros antifranquistas y que gracias a ellos España es hoy un país democrático.
Notas
(1) José Pedro Pérez-Llorca, Una biografía Política. Gema Pérez Herrera; (BOE, 2020)
(2) José Pedro Pérez-Llorca, Una biografía Política. Gema Pérez Herrera; (BOE, 2020)
(3) José Pedro Pérez-Llorca, Una biografía Política. Gema Pérez Herrera; (BOE, 2020)
Más bibliografía
La transición en España. España en transición. Alfonso Pinilla García (Alianza editorial, 2021).
La oposición democrática al franquismo. Xavier Tusell (Planeta, 1977).
El cura y los mandarines. Gregorio Morán. (AKAL, 2014).
Crónica del antifranquismo, Fernando Jáuregui y Pedro Vega. (Planeta, 2007).
La transición, historia y relatos. Carme Molinero y Pere Ysás. (Siglo XXI, 2018).
mercredi 25 février 2026
dimanche 22 février 2026
COMMENT LES BOURGEOIS MANIPULENT LE CINÉMA|ROB GRAMS DE FRUSTRATION (Bourgeois Gaze)
Et là quelques fantômes tapent à la porte (Carpita, Grémillon, Daquin, Chenal, Pagliero, Rouquier, Lotar, etc). Et si l'on fait rentrer les cinéastes soviétiques le cadre explose, le monde du travail redevient central.
vendredi 31 octobre 2025
C'était un rendez-vous (Claude Lelouch, 1976)
Après un tournage, il restait a Claude Lelouch 11 minutes de pellicule, il a donc décidé d'attacher la camera a l'avant de sa Mercedes et il n'a même pas utilisé les 11 minutes mais 8 minutes, et la femme qu'il rejoint a la fin est sa propre épouse.
Après la diffusion de ce film, Claude Lelouch a été convoqué à un commissariat pour se faire retirer son permis. Un agent de police lui a effectivement retiré son permis, puis lui a rendu quelques secondes plus tard en lui disant : "je m'étais engagé a vous retirer votre permis mais pas à le garder".
Filmé à 5h30 le 15 août 1976, alors que Paris était complètement déserte en août.
Moment très risqué à 3mn 30 : feu rouge et visibilité nulle au carrefour des Guichets du Louvre et de la rue de Rivoli. Un observateur avait été posté à cette intersection avec une radio bidirectionnelle et avait pour instruction de prévenir le conducteur de la présence de véhicules. Malheureusement, les radios sont tombées en panne, ce qui signifie que si un véhicule avait traversé cette intersection, cela aurait provoqué un accident terrible. Heureusement, il n'y en a pas eu et le reste appartient à l'histoire.
mardi 14 octobre 2025
Los desafíos (Egea, Erice y Guerín, 1969)
Claudio Guerín, José Luis Egea, Víctor Erice (España, 1969) [102 min]

5.8/10
(filmaffinity)
Sinopsis:
- [propia]
Alegoría de las tensiones sociopolíticas derivadas de la plena
integración de Españita en el orden euroestadounidense, que darán lugar
al trasvase militar-civil en clave liberal en 1978.
- Capítulo 1. Dirige Claudio Guerín. Bill Wyman, capitán de la OTAN,
visita en su casita de retiro a Cuqui, trasunto de la joven España.
Insaciable, también seducirá a la madre de esta, Fernanda, trasunto de
la vieja España, para desconsuelo de Carlos, el cabeza de familia y
trasunto del franquismo, quien está dispuesto a cambiar con tal de retener a hija y madre.
- Capítulo 2. Dirige José Luis Egea. Alan y Bonnie, turistas estadounidenses de credo hippie, se lanzan a la España rural,
abiertos a lo que les ofrezca. Al recalar accidentalmente en un
cortijo, deciden divertirse trastocando los viejos códigos culturales de
su propietario, Germán, un empresario ganadero que entiende que las
parejas son propiedades y el sexo se alquila.
- Capítulo 3. Dirige Víctor Erice. Dos parejas jóvenes, Julián y María, Charley y Floritica, se conocen deambulando por la España vaciada. Cuando paren unos días en un pueblo abandonado, Charley, ex-combatiente en la invasión de Vietnam, lucirá su hombría para marcar los topes de la horizontalidad liberal, tras promulgarla en el balcón del ayuntamiento a lo "Bienvenido, mr. Marshall". Los jornaleros españoles asisten en la distancia, sin voz, ni voto, a la experiencia fallida de unos nuevos poderes que se consuelan con inyecciones de sexo circular y pop-rock mientras marchan con pie firme hacia su autodestrucción.
Ficha técnica
- Guion: Claudio Guerín (capítulo 1); José Luis Egea (capítulo 2); Víctor Erice (capítulo 3); Rafael Azcona (participa en los tres).
Música: Luis de Pablo.
Fotografía: Luis Cuadrado.
Productora: Elías Querejeta Producciones Cinematográficas S.L.
Reparto:
- Capítulo 1
- Dean Selmier (Bill Wyman, capitán de la OTAN).
- Francisco Rabal (Carlos, actor de éxito).
- María Asunción Balaguer (Fernanda, actriz de éxito).
- Teresa Rabal (Cuqui, hija de Carlos y Fernanda).
Capítulo 2 - Dean Selmier (Alan, turista).
- Bárbara Deist (Bonnie, turista).
- Alfredo Mayo (Germán, terrateniente).
- Julia Gutiérrez Caba (Lola, pareja marital del terrateniente).
- Fernando Sánchez Polack (Benito).
Capítulo 3 - Dean Selmier (Charley).
- Daisy Granados (Floritica).
- Luis Suárez (Julián).
- Julia Peña (María).
Premios:
- 1969: Festival de San Sebastián: Concha de Plata
Idioma original: Castellano.
DVDRip VO - AVI [699 Mb] (fuente)
Los desafíos (1969) (Claudio Guerín_José Luis Egea_Víctor Erice) DVDRip XviD-Mp3.avi [699.61 Mb]
- - [filmo de ficción] Alicia en la España de... (1978)
- [filmo de ficción] Ana y los lobos (1973)
- [filmo de ficción] Bienvenido, Mister Marshall (1953)
- [filmo de ficción] Maravillas (1981)
- [filmo de ficción] Un, dos, tres... al escondite inglés (1969)
- [monografía] España capitalista
samedi 21 juin 2025
Dans Les Tricheurs (Marcel Carné, 1958), les bistrots fréquentés furent aussi ceux de l'Internationale lettriste
Bistrots: La Pergola, Le Bonaparte, Aux Trois-Mailletz.
Paris Jazz, Paris flipper, jukebox --> Américanisation.
La bohème existentialiste commence à se faire dégager par la bohème Sagan, friquée.
L'art du Néant n'était donc que la préfiguration de l'individualisme de masse et du aquoibonisme.
FILM COMPLET: https://m.ok.ru/video/165857676759
Quand l'Internationale lettriste fréquentait les lieux
--> La Pergola et Ivan Chtcheglov:
Il boit, et se met à fumer de la marijuana. Jean le Poète, un de leurs amis communs, écrit à Henry le 20 avril 1952: "Je ne sais si mon jugement est fondé en te disant qu'Ivan se force sur ton chemin. Il m'en donne l'impression, errant lamentable à La Pergola. Il passe son temps à se faire des tours de prestidigitation, conservant la naïveté du bon public. Il faut avoir de l'amitié pour lui pour croire en lui. Sa directive est pourtant bonne. Ses gestes ne sont néanmoins pas à la hauteur de sa pensée luciférienne".
Jean-Marie Apostolidès et Boris Donné, Ivan Chtcheglov, profil perdu, Allia, 2006, p. 45
--> La Pergola et Patrick Straram:
La Pergola – ouvert toute la nuit –, bouquets de lumières criardes et vulgaires. Dans un coin un appareil à disques, teintes mauves et rouges acidulés, vitre en courbe, vingt francs l'audition, Miles Davis ou Yma Sumac, la déesse péruvienne. Au bar, aux tables, aux chiottes, des copains d'un soir, des filles d'une nuit, des inconnus, des indicateurs de police, des maquereaux, des planqués. Bizarre et dépravé cortège vautré dans la bière, le café crème et le scotch, les trompettes new-orléans, les rouges à lèvres éparpillés, les pantalons salis, les cacahuètes, les mêmes endormis sur un bout de banquette trop étroit, les fatigues et les délires.
Cavalcades d'harmonicas. Musiques à fleur de peau.
Dehors il commençait à faire froid, l'horloge du boulevard Saint-Germain marquait onze heures...
Patrick Straram, Les bouteilles se couchent, Allia, 2006, p. 13.
– Gueulez moins, ordonna une voie descendue des airs, serpent ailé, Quetzalcoatl, et claqua une porte de La Pergola.
Le grand mystère de l'océan s'ouvrit à notre coque. Les hommes se tenaient au gaillard d'avant, les yeux fixés sur le gouffre hurlant d'une nuit d'hiver.
Idem, p. 48.
--> Aux Trois-Mailletz et Jean-Louis Brau:
Bigre que c'est loin, la Marche à l'Étoile Scellée, la Recherche des Mineures aux Trois-Mailletz, les Séances du Cabaret des Révoltés, la Marche au Quartier Chinois, l'Accès à Aubervilliers par le Port de la Villette, et d'autres, et d'autres.
Jean-Louis Brau, Le Singe appliqué, Grasset, 1972, p. 56.