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mardi 14 juillet 2026

Des entreprises d'IA rachètent d'anciens livres, les numérisent puis les détruisent

 SOURCE https://www.rts.ch/info/sciences-tech/2026/article/des-firmes-d-ia-achetent-numerisent-puis-detruisent-des-livres-anciens-29283742.html

Des libraires s'inquiètent de la destruction irréversible d'un vaste patrimoine physique, des anciens livres qui serviraient à entrainer des IA.
Des palettes de vieux livres venant de librairies du monde entier sont expédiées vers les Etats-Unis. Des entreprises spécialisées en IA seraient à l'origine de cet accaparement massif de patrimoine. Elles utiliseraient ces livres comme données brutes pour entraîner leurs modèles de langage, puis les jetteraient après leur numérisation.

Depuis début mai, une librairie allemande de livres anciens recevait sur son site en ligne chaque nuit, entre 3h00 et 5h00 du matin, un nombre considérable de commandes automatisées d'ouvrages. Le libraire, s'en apercevant, a consulté ses confrères. Et là, surprise: des témoignages similaires ont commencé à fleurir, par exemple sur la plateforme Reddit.

D'après le journal espagnol elDiario et le quotidien berlinois taz, le phénomène n'est pas qu'allemand. On retrouve ces commandes en Espagne, aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Bulgarie, en Grande-Bretagne… Dans tous ces cas, la même entreprise canadienne passe les commandes: Zoom Books.

Zoom Books est une plateforme canadienne qui se présente comme "le leader du recyclage de livres en Amérique du Nord". [KEYSTONE - GAETAN BALLY]
Zoom Books est une plateforme canadienne qui se présente comme "le leader du recyclage de livres en Amérique du Nord". [KEYSTONE - GAETAN BALLY]

Selon les déclarations de Zoom Books au journal taz, l'entreprise achète des livres, en revend et recycle ceux qui sont invendables. Son marché de distribution est essentiellement constitué des Etats-Unis et du Canada. 

Fortes suspicions

Zoom Books achète par palettes entières de vieux ouvrages: livres de cuisine, biographies, romans. Pas des raretés, bien au contraire, précise le revendeur canadien: "Nous ciblons des ouvrages de non-fiction publiés à partir de 1970 et dotés d'un numéro ISBN – des invendus poussiéreux dont personne ne voulait depuis des années."

Le caractère systématique de ces achats, avec des livres en allemand, en bulgare ou en espagnol pour un marché anglophone, a suscité de sérieux doutes chez certains détaillants. Face aux interrogations du quotidien taz, Reed Pannell, responsable du développement chez Zoom Books, n'a fourni aucune information concernant les destinataires finaux de ces ouvrages.

Cependant, des photos prises dans un centre de Zoom Books montrent les livres jetés négligemment dans de grands cartons; aucun détaillant de livres ne traite sa marchandise de cette façon.

Entraînement des modèles

Ce phénomène de captation massive de livres anciens pourrait s'expliquer par les besoins des entreprises d'IA. L'entraînement de leurs modèles de langage nécessitent de vastes ensembles de données. Or, si de tels ensembles existent sur Internet, ils sont souvent non triés et de qualité inégale – et pas toujours en libre accès.

Des entreprises d'IA achètent massivement des livres anciens dans le monde entier pour entraîner leurs modèles de langage. [Keystone]
Des entreprises d'IA achèteraient massivement des livres anciens dans le monde entier pour entraîner leurs modèles de langage. [Keystone]

Surtout, explique Xavier Vinaixa, un expert en intelligence artificielle interrogé par elDiario, "quand les connaissances en libre accès sur internet se sont raréfiées, les entreprises se sont précipitées sur les plateformes de téléchargement illégal de livres numériques pour alimenter leurs modèles. L’utilisation de ces ressources a engendré des poursuites judiciaires pour violation de droits d’auteur se chiffrant en millions de dollars". 

Les entreprises technologiques se sont alors retrouvées confrontées à une impasse, à un "mur des données", selon l'expert. Sans textes nouveaux, inédits et longs pour entraîner l'algorithme, l'IA risquait de souffrir d'une stagnation cognitive. La solution trouvée par ces entreprises a alors été d'acheter des livres anciens.

Faille juridique américaine

Quiconque numérise des textes et les diffuse sur Internet s'expose à des poursuites pour violation du droit d'auteur. Mais, aux Etats-Unis, la législation autorise l'entraînement de modèles d'IA à l'aide de livres acquis légalement. Si une entreprise achète de grandes quantités de livres d'occasion à bas prix, les désassemble et les numérise, les textes peuvent ensuite servir à entraîner des modèles d'IA.

C'est le principe étatsunien du "fair use", ou principe d'utilisation équitable. Il autorise l'utilisation d'œuvres protégées par le droit d'auteur sans l'autorisation expresse du titulaire des droits, à condition que cette utilisation serve l'éducation du public et stimule la production intellectuelle.

En janvier 2026, le Washington Post a révélé qu'un projet de numérisation de masse mené par la société d'IA Anthropic, nommé Projet Panama, a utilisé des centaines de milliers, voire des millions de livres physiques en les scannant à l'aide d'un procédé industriel. Après avoir retiré les reliures des exemplaires, les pages ont été numérisées puis recyclées, explique le journal mexicain El Imparcial.

"Le principe est le suivant: il faut posséder physiquement les livres et les détruire après les avoir "lus" – afin de pouvoir affirmer qu'aucune copie non autorisée ne reste en circulation et que cela relève du fair use", explique un libraire à SRF.

Destruction du patrimoine physique, concentration du patrimoine numérique

Zoom Books réfute catégoriquement les allégations de numérisation ou de destruction de livres. L'entreprise met en avant son modèle de recyclage et de revente. Les entreprises d'IA, elles, gardent ces informations secrètes.

À court terme, les libraires se réjouissent d'écouler leurs invendus. À long terme, cependant, un tout autre scénario se dessine. Si ces anciens livres sont détruits à grande échelle, ce patrimoine sera irrémédiablement concentré sous la forme d'une masse de données numériques possédée par quelques entreprises. Un accaparement discret, systématique et soumis à aucune délibération publique.

mardi 14 avril 2026

La IA entrenada en el genocidio palestino contribuye a los avances de Israel en Líbano e Irán

 FUENTE https://www.publico.es/internacional/ia-entrenada-genocidio-palestino-contribuye-avances-israel-libano-e-iran.html

Unidad militar de drones de las FDI durante un entrenamiento con drones cerca del kibutz Merom Golan, en la frontera con Siria, en el norte de los Altos del Golán, Israel
Unidad militar de drones de las FDI durante un entrenamiento con drones cerca del kibutz Merom Golan en el norte de los Altos del Golán.Michael Giladi / Middle East Images via AFP

El origen de la fábrica

"Probado en combate"

 

vendredi 20 mars 2026

Las sanciones de EU a países, causa de 38 millones de muertes en 50 años (1971-2021)

 FUENTE https://www.jornada.com.mx/noticia/2026/03/11/mundo/las-sanciones-de-eu-a-paises-causa-de-38-millones-de-muertes-en-50-anos-experto

La mayoría de los habitantes de Estados Unidos percibe a su país como una nación excepcional y generosa, explica el famoso experto en relaciones internacionales John Mearsheimer, pero la realidad es que esta potencia ha ejercido su enorme poderío económico mediante sanciones sobre Medio Oriente, en particular contra Irán, Venezuela y ahora Cuba, entre otros estados, las cuales han matado a millones de personas alrededor del mundo.

“El grado de asesinato y violencia que hemos creado alrededor del mundo es sencillamente increíble”, comentó Mearsheimer en un foro en la Universidad de Chicago, donde se desempeña como profesor. “Si piensas en las consecuencias de la guerra contra Irak, lo que hacemos en lugares como Venezuela, Cuba, Irán, entiendes que usamos ese tremendo peso económico que tenemos básicamente para hacer pasar hambre a los pueblos, hacerles sufrir, infligir enorme castigo sobre ellos para que se levanten contra sus gobiernos”.

Indicó que una investigación reciente calculó casi 40 millones de muertes causadas por esta estrategia estadunidense durante el pasado medio siglo.

La reconocida publicación científica The Lancet publicó a finales del año pasado los resultados de una investigación para evaluar las consecuencias de las sanciones económicas que Estados Unidos ha aplicado en diferentes momentos sobre 152 países entre 1971 y 2021.

“Nuestros resultados demuestran una asociación de causa significativa entre sanciones y mayor mortalidad. Encontramos los efectos más fuertes para las medidas económicas unilaterales estadunidenses”, escribieron los autores Francisco Rodríguez, Silvio Rendón y Mark Weisbrot.

“Calculamos que las sanciones unilaterales estaban asociadas con una tasa de muertes anual de 564 mil 258 personas”.

“Homicidio masivo”

Para Mearsheimer, esta investigación es la evidencia para acusar de homicidio masivo a Estados Unidos. “Asesinamos a 38 millones de personas, 38 millones”, declaró al resumir el impacto total de las sanciones de los gobiernos de Washington documentadas en la investigación.

“Esto es lo que estamos haciendo en Venezuela, en Irán. Estamos infligiendo castigo masivo sobre esos pueblos. Por ello, es muy difícil para mí poder hablar de Estados Unidos como un país noble. No pienso que seamos excepcionalmente virtuosos cuando se trata de política exterior”, aseveró.

El destacado experto académico en asuntos internacionales está particularmente preocupado de que el presidente Donald Trump está introduciendo de nuevo “un colonialismo del viejo tipo, o un imperialismo a la antigua” en el hemisferio occidental.

“Va a gobernar Venezuela. ¿Pueden creer eso? Piensa que el petróleo de ellos es nuestro. Va a gobernar a Cuba, Nicaragua. Está jugando con Groenlandia y Canadá”, advirtió Mearsheimer en el foro.

“¿Quieren saber cuándo nos saldremos de Irán o cómo va a terminar eso?”

dimanche 1 mars 2026

C'était le mois de mai / Был месяц май ( Marlen Khoutsiev, 1970)


 L'histoire se déroule quelques jours après la l'armistice de 1945 où des soldats russes qui n'ont pas encore quitté l'Allemagne savourent un peu d'indolence dans une ferme. Après une fête bien arrosée, ils se perdent en route et tombent sur un camp de prisonniers désormais désert.

Voilà une oeuvre très étonnante et déstabilisante avec une structure clairement découpée en deux actes.
La première suit avec nonchalance le quotidien de ces soldats qui profitent de leur temps libre pour jouer de la musique, réparer des motos, lézarder au soleil, vider des bouteilles de vins ou de bières ou pour sympathiser avec les allemands même s'ils ne comprennent leur langue. Le cinéaste suit cette langueur avec des scènes dilatées qui ne sont pas sans rappeler les aller-retour formel d'un Miklos Jancso (en bien mois baroque il va sans dire). On sent une certaine insouciance et un nouvelle liberté dans les activités de ces soldats dont une grisante sortie en moto et une soirée alcoolisée quasi presque païenne.

Il va sans dire que la découverte nocturne qu'ils font agit comme une immédiate gueule de bois car ce qu'il visite n'est rien de moins qu'un camp d'extermination bien qu'eux ne le savent pas encore. Ils sentent bien que quelques choses cloche ici, qu'il y a un climat malsain qui s'échappe de cette étrange "chaufferie". Mais quoi précisément ?
Cette réalité leur sera apprise par plusieurs survivants juifs qui ont quitté le camp quelques jours auparavant. A partir de la, le film devient littéralement pesant comme si la gravité terrestre était deux fois plus forte et ce ne sont plus seulement les personnages qui sont hébétés mais la caméra même.
La aussi, les plans sont particulièrement étirés mais pour créer un sentiment totalement autre, littéralement assommant.

C'est un parti pris osé et plutôt courageux mais qui signe aussi ses limites pour un dispositif presque trop démonstratif dans ses effets et sa démarche. Mais il est difficile en même temps de lui reprocher car il parvient à nous plonger dans le même état d'esprit que ces jeunes russes, sous le choc de cette révélation puis de sa réelle signification.

Si cette lenteur pesante se retourne par moment contre elle, il faut reconnaître que C'était le mois de mai imprime la rétine et impose une ambiance obsédante plusieurs jours après son visionnage.

mardi 17 février 2026

De Davos a Múnich: Info-oligarquía y dominio mundial

 Fuente https://observatoriocrisis.com/2026/02/17/de-davos-a-munich-info-oligarquia-y-dominio-mundial/


El monopolio del capitalismo digital es, sin duda, una nueva modalidad de desarrollo del capitalismo monopolista…

Andrés Piqueras, profesor senior de la Universidad Jaume I

Acaba de celebrarse la Conferencia de Seguridad de Munich, que fue diseñada desde el principio para que el Imperio Occidental y su OTAN barajaran cómo prolongar su dominio del mundo, pero que en un momento dado, fruto de la caída de la URSS, pareció poder albergar un proyecto de seguridad común europea, incluida Rusia, complementario de la OSCE, hasta que el Eje Anglosajón decidió que una Eurasia integrada energética, política y económicamente sería demasiado fuerte y peligrosa para su control del mundo y mandataron a los “líderes” europeos desplazar la frontera militar hasta las mismas puertas de Rusia, tras haber dado un golpe de Estado en Ucrania.

Esta edición de 2026 ha estado marcada por un diagnóstico contundente: el orden internacional posterior a 1945 está “bajo destrucción”, según el propio Munich Security Report 2026. De cierto, Estados Unidos no ha hecho más que confirmar su imposición de un mundo basado en naciones fuertes, no en instituciones multilaterales. 

Mientras que el primer ministro alemán, Friedrich Merz, declaró que el tan pregonado orden internacional basado en reglas “ya no existe”, y que es hora de asentarse en la fuerza, luego añadió para suavizar o disimular lo dicho, “de nuestros valores”. En todo caso se supone que son unos valores que, como “las reglas” de su orden se han de imponer a la fuerza, porque finalmente Merz instó a Europa a reforzar urgentemente sus “capacidades de defensa” (aquí todavía se utiliza ese eufemismo para guerrear, cuando en USA ya hablan directamente de “Departamento de Guerra”). Tras él, cómo no, el titiritero de los Rothschild elevado por esos poderes a presidente de la república francesa, volvió a abogar por un ejército europeo.

El informe oficial describe una era de política de bola de demolición, donde actores poderosos —incluida la administración estadounidense actual— buscan desmantelar estructuras del orden internacional en lugar de reformarlas.

Pero más allá de este guion que se viene siguiendo concienzudamente, puede empezar a evidenciarse una novedad clave: la tecnología ya no es un tema periférico, sino parte estructural de “la seguridad” (léase guerra) global. 

En concreto la Conferencia destaca como elementos clave la ciberseguridad, las infraestructuras digitales críticas, la inteligencia artificial y la competencia tecnológica entre potencias. Lo cual imprime los pasos de un nuevo camino: Múnich deja de ser sólo “tanques y tratados” para integrar plenamente lo digital. No es de extrañar que por eso quienes acopiaran protagonismo fueran los CEOs de grandes tecnológicas, líderes financieros, innovadores y reguladores, al tiempo que los debates sobre IA se hacían omnipresentes.

Así que la info‑oligarquía “cortó el bacalao” sin necesidad de exhibirse (y eso que cada vez le gusta más hacerlo): su poder se manifiesta en que todos los demás actores dependen de ella. De manera que si hasta ahora el Foro de Davos ha marcado la agenda económica y tecnológica del mundo, mientras Múnich decidía los parámetros militares y geopolíticos, estas dos esferas se han solapado y juntas definen la arquitectura del Poder Global.

¿Qué es la tecno o la info-oligarquía?

Es la que está al frente de las grandes corporaciones tecnológicas, las cuales controlan infraestructuras digitales (nubes, redes, servidores, sistemas operativos…), plataformas de interacción (redes sociales, buscadores, marketplaces…), algoritmos de decisión (recomendación, moderación, publicidad…), datos masivos (hábitos, preferencias, ubicaciones, relaciones…) y que, por consiguiente, tienen la capacidad de moldear comportamientos (lo que se ve, lo que se compra, lo que se cree que es importante…). Gobiernos, empresas y ciudadanías dependen de sus servicios; ellas deciden no sólo qué es real o no, qué se prohíbe, qué se prioriza… sino también qué es pensable y lo que ni siquiera entra en la imaginación social. Tienen, además, una ventaja competitiva casi insuperable: más datos → mejores algoritmos → más usuarios → más datos…

Son oligopolios de facto (de buscadores, redes sociales, sistemas operativos…), promueven decisiones algorítmicas que afectan a millones de personas sin transparencia alguna, influyen en las políticas públicas y en la regulación social. Controlan el ecosistema informativo -plataformas digitales, grandes medios de comunicación, empresas de publicidad y análisis de datos…-  determinan las políticas gubernamentales. 

Proporcionan los marcos interpretativos que condicionan la opinión pública, trazan o canalizan la atención social, con burbujas informativas y cámaras de eco. Viralizan contenidos diseñados para manipular emociones, desinforman o tergiversan de forma mucho más rápida que la información verificada (la verdad compite en desventaja frente a lo viral, por eso la verdad deja de tener interés en favor del número de los que creen otra cosa, esto es, de cuántas personas dicen gustarles lo que se dice). 

Además, el conjunto de los medios depende de sus plataformas para sobrevivir, por lo que no las opondrán. Trabajo, comunicación, educación, ocio, creación, finanzas… todo pasa por sus manos. Tienen un poder económico superior al de la mayoría de los Estados.

No es casualidad, pues, que los líderes de las grandes tecnológicas tengan más visibilidad que muchos jefes de Estado o presidentes de gobierno.

“Los gigantes de la tecnología de la información, como Microsoft para los sistemas operativos de computadoras, Google para los motores de búsqueda, Meta (antes Facebook) y X (antes Twitter) para las redes sociales y Amazon para el comercio electrónico, poseen la capacidad de dominar el mercado en una medida mucho mayor que los gigantes del ferrocarril, el petróleo, el acero y el automóvil del pasado. Esto se debe principalmente a los efectos de red de las plataformas digitales, inigualables por las economías de escala tradicionales. Internet no está limitado por el espacio físico y tiene una tendencia hacia la infinitud, otorgando a las plataformas una capacidad de penetración y de intercambio de información más poderosa (…) 

Esto eleva el límite superior de las economías de escala de la plataforma y crea un efecto sifón sobre diversos recursos clave (usuarios, datos, capital, tecnología, etc.) bajo las economías de escala, resultando en un monopolio donde ‘el ganador se lleva todo’.  El monopolio del capitalismo digital es, sin duda, una nueva modalidad de desarrollo del capitalismo monopolista” (https://observatoriocrisis.com/2026/02/13/tecno-feudalismo-el-canto-de-cisne-del-capitalismo-o-su-proximo-acto/).

Una modalidad crecientemente rentista o parasitaria, que apenas genera nuevo valor pero que absorbe para su propio beneficio el menguante valor producido. Ese rentismo deslocalizado que flota en el espacio virtual supuestamente por encima del mundo del trabajo, le hace estúpidamente ajeno a pactos de clase y a redistribuciones del beneficio, desdeñoso de servicios sociales y de marcos de negociación de las condiciones de vida de las poblaciones. Cree que puede prosperar indefinidamente según ellas se van empobreciendo de la misma manera.

Para hacerlo necesitan pensar que les basta con seguir controlando el pensamiento de los demás. Trazan con ello una agenda profundamente reaccionaria, que (de momento) es seguida a millones por las propias víctimas de la misma, dada la amplia y profunda capacidad de control de las conciencias que los dispositivos, procedimientos e interconexiones de la info-oligarquía contienen (de ahí sale el chiste del lobo diciendo a las ovejas que le voten y que hagan lo que él les dice para estar seguras -volveremos sobre ello más adelante-).

Por supuesto que también ahondan en la desigualdad mundial.

“En última instancia, [la info-tecnología] amplía la brecha de los países capaces de participar en la revolución de la IA y aquellos que carecen de los recursos necesarios, disminuyendo el número de países capaces de participar. Como resultado, esto llevará inevitablemente a un mayor grado de monopolio de conocimiento y tecnología, consolidando aún más el dominio de los oligarcas financieros y tecnológicos.  

Al mismo tiempo, la brecha de información existente y la brecha digital entre países se transmutarán en una brecha de IA, resultando en la perpetuación, en lugar de la mejora, de las disparidades de riqueza globales. Más importante aún, con la proliferación de sistemas de toma de decisiones automatizados, los individuos corren el riesgo de ceder su dominio cognitivo sobre las visiones del mundo racionales a las herramientas de toma de decisiones de IA, profundizando la dependencia de estos sistemas en la producción social y la vida diaria.  

Esto empodera al gran capital que controla tales sistemas para establecer estructuras jerárquicas aún más rígidas, mientras que los mecanismos autorreforzados inherentes a los sistemas inteligentes amplifican aún más la desigualdad y la estratificación de clase” (https://observatoriocrisis.com/2026/02/13/tecno-feudalismo-el-canto-de-cisne-del-capitalismo-o-su-proximo-acto/).

Un tecno-oligarca puede ganar en horas lo que un/a trabajador/a normal en un año.

Y a eso le llaman “democracia”, pero en su defecto, por si fuera poco, nos dicen que son ellos mismos los que van a salvar a las sociedades.

Dominio mundial

La desigualdad a ultranza, cuidadosamente cultivada, es paralela al dominio mundial, claro está.

De hecho, la tecnología informacional, el procesamiento de datos, la computación algorítmica y la IA en general, se tratan ahora como instrumentos de política estatal y de dominación mundial. Donde esto se hace más realidad es en Estados Unidos, para garantizar su papel de liderazgo mundial y la subordinación del resto de potencias.

“La fusión entre el Estado y el capital es más fácil de ver en Was­hington, donde se ha convertido en un objetivo político no ex­portar productos, sino dependencia”. 

La diplomacia informática no es nueva, sólo lo es su franque­za. Estados Unidos lleva mucho tiempo gobernando a través de intermediarios: bancos y aduanas en la era de la diplomacia del dólar, compañías petroleras y mercados del Tesoro en la era del reciclaje del petrodólar. El intermediario actual son los elementos necesarios para la IA. Los controles de exporta­ción y la jurisdicción de la nube hacen lo que antes hacían los cañoneros y los comisionados de deuda, pero con menos titu­lares. 

La capa compradora se reduce a medida que el sistema madura: se necesitan menos intermediarios locales cuando el cumplimiento se logra mediante licencias, telemetría y acceso al único hardware que importa. La economía política es sencilla. Un centro de datos a hiperescala no es una fábrica en el sentido tradicional del desa­rrollo; se parece más a un nodo de servicios públicos gestionado de forma privada, integrado en ecosistemas de nube extranjeros y tratado cada vez más como una infraestructura estratégica. 

Una vez que los Estados canalizan la administración pública y los servicios privados a través de dichos nodos, las posiciones de negociación cambian. Lo que se vende como inversión puede convertirse silenciosamente en dependencia administrativa”  https://www.alai.info/wp-content/uploads/2026/02/ALenMovimiento_559_febrero2026_Espanol.pdf

Del dominio técnico-militar del mundo, al condicionamiento económico (disrupción económica mediante información controlada, manipulación de datos, interferencias, corte de suministros, confusión en la red…), ecológico (provocación de sequías, plagas, inundaciones, desertificación…), y el dominio de las poblaciones, en la generación de seres humanos programables, predecibles, voluntariamente subordinados.  Individuos-masa que piensan y dicen lo mismo que han dicho los algoritmos diseñados y reproducidos hasta la saciedad por redes, dispositivos y medios de difusión masiva, y que realmente creen que lo piensan ellos mismos.

De la clásica massmmediatización de la realidad (saber del mundo lo que los media cuentan de él) estamos pasando a la computación cuántica de las conciencias y el poder de hackear las mentes.

“Hoy, al menos en Occidente, este desarrollo se concentra en ma­nos de las mega-corporaciones digitales estadounidenses (las “big tech”), que desde hace unas tres décadas han venido consolidando –con apoyo del capital financiero– no sólo su modelo de negocios, sino también, gracias a la estrecha colaboración del Estado, el marco geopolítico y el correspondiente andamiaje institucional que lo sostiene. 

Es lo que Shoshana Zuboff denomina ‘capitalismo de vigilancia’. Este marco abarca políticas públicas que les son favorables, gobernan­za respecto al libre flujo de datos, tratados comerciales, acuerdos de instituciones internaciona­les e infraestructura militar de vigilancia, entre otros (…) 

Diversos estudios señalan que, por ejemplo, debido al diseño actual de los sistemas de IA, su funcionamiento deteriora las instituciones cívicas fundamentales (como universidades, derecho, periodismo, democracia), al erosionar la experiencia, cortocircuitar la toma de decisiones y aislar a unas personas de otras. Incluso arriesga causar su destrucción. 

Otros estudios muestran cómo la narrativa cultural dominante en la IA atenta contra la diversidad y la alteridad, en una especie de «hackeo cognitivo» de identidades, valores y creencias culturales y sociales. También se ha demostrado que la dificultad de distinguir entre contenidos verdaderos o falsos conlleva a una desconfianza general en las instituciones y la democracia” https://www.alai.info/wp-content/uploads/2026/02/ALenMovimiento_559_febrero2026_Espanol.pdf

Operaciones de influencia política para manipular o amañar elecciones en todo el mundo en favor de la agenda reaccionaria antes mencionada, preparan un proto-fascismo latente para saltar a la palestra y hacerse del todo explícito si las circunstancias de la Guerra Sistémica Permanente desatada por el Imperio así lo requieren.

De momento ese “proto-fascismo democrático” va minando las instituciones liberales del propio capitalismo que fueron fruto de las luchas de clase de siglos. Sus Big Tech moldean la opinión pública a través de campañas digitales, manipulación informativa y ecosistemas de “fake news”, ampliamente reproducidas por sus distintos medios de masas (en realidad todos están dentro de unas u otras formas de su propiedad  (Una aproximación a las claves del poder sionista mundial concomitante con la centralización y concentración del capital – ObservatorioCrisis) e incluso judicializadas si se trata de perseguir alguna disidencia (el control del poder judicial viene siendo parte imprescindible del poder de clase). También se traducen en políticas gubernamentales, por supuesto.

Así que las info-oligarquías tecnológicas, personalizadas en tipos como Elon Musk, Mark Zuckerberg,  Larry Page, Sergey Brin, Jeff Bezos y otros pocos,  intervienen ya abiertamente en la política interna de los Estados, dictan instrucciones globales en los grandes Foros de magnates, pues ya no se ocultan en ellos, como acabamos de ver en Davos y Múnich , e imprimen carácter a las distintas sociedades [de ahí la derechización mundial en curso, proto-fascista, promotora de partidos como Vox, Rassemblement National, Fratelli d’Italia, Lega, Alternative für Deutschland (AfD), Partij voor de Vrijheid (PVV), Freiheitliche Partei Österreichs (FPÖ), Vlaams Belang, Perussuomalaiset (Partido de los Finlandeses), Fidesz; Mi Hazánk, Konfederacja, Solución Griega (Ellinikí Lýsi), Partido Liberal (en su corriente bolsonarista, en Brasil), La Libertad Avanza, Bharatiya Janata Party (BJP), One Nation -australiana-, New Zealand First, etc. (esta es la continuación del chiste del lobo antes mencionado].

Pero esto no es “tecno-feudalismo”, como muchos se empañan en designarlo, sino capitalismo en metamorfosis, huyendo de la caída del valor, o dicho de otra forma, metamorfoseándose según decae más y más el valor. Un capitalismo en degeneración que en consecuencia patrocina de un “proto-fascismo democrático” que implosiona la democracia liberal desde dentro y ataca cualquier proceso de autonomía social, auto-organización popular o soberanía nacional, y en el que la info-oligarquía quiere adquirir el poder político que le corresponde a su enorme poder económico (como nueva “clase rica” no incluida en las grandes familias poderosas tradicionales del capitalismo desde el siglo XVIII, busca ahora a toda costa su cuota de poder mundial). Para ello se sumergen en las entretelas de los “estados profundos” de las formaciones imperiales, sobre todo Estados Unidos, cortejando cuando no haciéndose parte del Poder Sionista Mundial (Una aproximación a las claves del poder sionista mundial concomitante con la centralización y concentración del capital – ObservatorioCrisis).

Por eso sus plataformas, dispositivos y poderes también se convierten en armas cognitivas de guerra, que parecen haber sido probadas desde su uso directo e inmediato en la anulación de la voluntad o en la perturbación de los sentidos y la confusión cognoscitiva (quizás en algún momento iremos sabiendo de su puesta en juego en la “extraña” caída de Siria y en la tan fulminante como fugaz invasión de Venezuela, por ejemplo), hasta la lenta y constante penetración-moldeamiento en-de las conciencias a través de toda suerte de dispositivos tecnoculturales, mediáticos, de información-formación instalados en todos los campos de la sociedad.

De momento, para Estados Unidos impedir que el Mundo Emergente pueda disponer de sus chips, de los elementos de tecnología necesarios, resulta vital para mantener su dominio cada vez más despótico ante su falta de recursos para hacerlo de forma legitimada. 

El último Plan de Acción de IA de EE. UU. pretende “ganar la carrera de la inteligencia artificial”.  Por su parte, China controla el procesamiento global de tierras raras (vital para la industria bélica de Estados Unidos). El Mundo Emergente ha comenzado a diseñar sus propias estrategias en función de sus posibilidades, y para defenderse de la agresión y el chantaje continuados (https://elterritoriodellince.blogspot.com/2026/02/el-pan-para-manana-hay-un-refran.html?m=1).

Quienes nos hablan de no situarse en esa gran pugna mundial apelando a la “lucha de clases” en abstracto, no tienen idea de lo que está en juego.

“Pax Silica es, en definitiva, una expresión inusualmente hones­ta. Admite que la nueva paz es una paz gestionada: la paz a tra­vés del silicio, mantenida por quienes controlan el suministro. Los imperios anteriores perduraron porque mantuvieron la ficción del beneficio mutuo. El actual está cada vez más impa­ciente con la ficción. Esa impaciencia puede resultar ser su de­bilidad. 

Cuando la dominación ya no se disfraza de comercio, el consentimiento se vuelve más difícil de fabricar, y las fricciones de las redes, los presupuestos y la política comienzan a parecer menos como ruido de fondo y más como el terreno en el que se disputará la paz del silicio”  (https://www.alai.info/wp-content/uploads/2026/02/ALenMovimiento_559_febrero2026_Espanol.pdf).

Por muchas plataformas y control de nuevas tecnologías que se tengan, no se puede machacar las condiciones de las sociedades indefinidamente con su apoyo o su pasividad. La “lucha de clases” no es una simple quimera que ya pasó en la Historia. El capital la ejerce cada día de forma inmisericorde, y es imposible que lo haga sin reacción popular y de los Estados perdedores, por muchos partidos proto-fascistas que convoque. 

Tampoco la trasnochada neosocialdemocracia de la que también tira el Sistema con la otra mano, podrá seguir haciendo de contención social por mucho tiempo, ni mantener el espejismo de la democracia capitalista en un mundo en el que menos del 1% de la población detenta entre el 45 y el 50% de la riqueza mundial y decide ya prácticamente todo sobre nuestras vidas. Empezando por la guerra o la paz, la vida o la muerte de miles de millones de seres humanos.

Ya “el nuevo orden no busca consensos, sino la inhibición de la soberanía mediante el terror económico, político y militar” (La abdicación de la soberanía – ObservatorioCrisis).

Davos y Múnich lo han dejado bien claro este año: las “nuevas reglas” capitalistas son ya reglas de muerte, barbarie y destrucción.  

jeudi 12 février 2026

"Se evaporaron": una investigación revela que 3.000 palestinos resultaron carbonizados por bombas de Israel

Fuente https://www.publico.es/internacional/evaporaron-investigacion-revela-3-000-palestinos-resultaron-carbonizados-bombas-israel.html?

El humo se eleva tras una explosión, dentro de la zona de la "línea amarilla", controlada por Israel, en Jan Yunis, al sur de la Franja de Gaza (10/02/2026)
El humo se eleva tras una explosión, dentro de la zona de la "línea amarilla", controlada por Israel, en Jan Yunis, al sur de la Franja de Gaza (10/02/2026)Haseeb Alwazeer/ REUTERS

Estas bombas pueden alcanzar una temperatura tres veces superior a la de un horno crematorio

Así son las bombas

El rastro del genocidio

mercredi 11 février 2026

Quand l’industrie du gaz de schiste salive devant l’essor des centres de données IA

Les centres de données stimulent la construction d’installations de production d’électricité utilisant du gaz de schiste.

Source : Truthout, Derek Seidman
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Vue aérienne d’un centre de données en cours de construction.
Gerville / Getty Images

« La demande en énergie et en IA est sans précédent. »

Ces mots ne sont pas ceux d’un dirigeant enthousiaste du secteur de la tech, mais ceux de Jeff Miller, PDG de Halliburton, l’une des plus grandes sociétés mondiales de services pétroliers, lors d’une conférence téléphonique sur les résultats financiers tenue en octobre.

À l’instar d’une multitude d’autres entreprises liées à l’industrie du gaz de schiste, Halliburton se tourne vers le boom des centres de data avec de nouvelles centrales électriques au gaz émettant du méthane afin d’alimenter la bulle de l’intelligence artificielle (IA) attisée par les milliardaires de la Silicon Valley et les élites d’entreprise partenaires.

Halliburton n’est qu’une des nombreuses entreprises du secteur des énergies fossiles qui concluent des accords pour répondre aux besoins insatiables en électricité des centres de données. Plus précisément, l’industrie du gaz naturel (fracturation hydraulique, services liés aux gisements de gaz, sociétés de pipelines, fournisseurs d’électricité) se positionne comme un sauveur intrépide, prêt à intervenir pour répondre aux besoins énergétiques illimités de l’IA.

Ce faisant, les entreprises exploitant le gaz de schiste bénéficient du soutien total de l’administration Trump, laquelle voue un culte idéologique aux énergies fossiles et entretient des relations privilégiées avec les milliardaires du secteur des énergies fossiles qui la financent. De son côté, le secteur de la tech suit le mouvement, mettant largement de côté ses prétendus engagements en faveur des énergies renouvelables.

Alors que l’urgence climatique mondiale devient de plus en plus criante, rien de tout cela n’est de bon augure. Bien qu’il soit vendu comme un combustible fossile « propre », le gaz de schiste émet énormément de méthane, l’un des gaz à effet de serre les plus puissants, et les communautés locales, souvent rurales, à faibles revenus et majoritairement noires, subissent de plein fouet à la fois les conséquences de la prolifération effrénée des centres de données et de la construction de centrales électriques à combustibles fossiles dans leur voisinage.

« L’industrie du gaz naturel est en phase directe avec celle des centres de données. »

« L’industrie du gaz naturel est en phase directe avec celle des centres de données », a déclaré Tyson Slocum, directeur du programme Énergie de Public Citizen, à Truthout. « D’un point de vue climatique et environnemental local, les centres de données représentent un obstacle majeur à la lutte contre le changement climatique. »

« La cerise sur le gâteau »

Le gaz naturel fournit actuellement plus de 40 % de l’électricité nécessaire aux centres de données, ce qui fait des centrales électriques au gaz leur principale source d’énergie, selon l’Agence internationale de l’énergie.

La demande massive des centres de données en électricité entraîne une forte augmentation en matière de construction d’infrastructures de production d’électricité alimentées au gaz naturel.

Un analyste de McKinsey a récemment souligné que plus de 100 gigawatts (GW) de nouveaux projets alimentés au gaz sont en cours de planification. « Pour mettre ce chiffre en perspective », a-t-il déclaré, « au cours des cinq dernières années, les États-Unis n’ont augmenté leur production de gaz que d’environ 35 GW », ce qui signifie que cela représente « près du triple de ce qu’il y avait auparavant ».

Les services publics ont annoncé une série de nouveaux projets d’énergie au gaz pour 2025, ce qui explique en partie la ruée des fonds d’investissement privés vers l’acquisition de services publics. L’alimentation électrique des centres de données par les services publics devrait connaître une hausse spectaculaire de 22 % cette année.

Les leaders du secteur sont enthousiastes. « Cela fait environ 40 ou 50 ans que nous n’avons pas vu une telle croissance de la demande, ni une telle prévision de croissance », a déclaré un dirigeant du géant de l’énergie NRG.

« L’IA joue évidemment un rôle important », a-t-il ajouté.

Au cours de la dernière décennie, le principal moteur de l’industrie du gaz de schiste a été l’essor de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) destiné à l’exportation, qui s’est considérablement accélérée depuis l’administration Obama. Aujourd’hui, les États-Unis sont le premier producteur et exportateur mondial de gaz naturel.

Alors que les exportations de GNL sont sans égal en tant que « moteur de la demande et source de profits de l’industrie nationale du gaz naturel », selon Slocum, les centres de données « offrent une marge de profit supplémentaire significative ».

« Les centres de données sont de loin le facteur variable qui contribue le plus à l’augmentation de la demande en électricité », a-t-il déclaré. « Ils sont en quelque sorte la cerise sur le gâteau. »

« Aidons à assouvir cet appétit »

Avec un réseau dense de 3 millions de kilomètres de gazoducs dans le pays, Slocum affirme que l’industrie du gaz de schiste s’est positionnée comme le principal fournisseur d’énergie pour les centres de données.

En témoigne la vague d’accords conclus entre les entreprises de la chaîne d’approvisionnement en gaz de schiste (foreurs indépendants, grandes sociétés pétrolières et gazières, sociétés pipelinières et sociétés de services pétroliers) et les centres de données.

EQT, l’un des principaux producteurs américains de gaz naturel situé dans l’ouest de la Pennsylvanie, au cœur du vaste gisement de Marcellus Shale, a conclu un accord pour approvisionner deux immenses centres de données dans les Appalaches (les projets Shippingport et Homer City) avec un total de 42,48 millions de mètres cubes de gaz par jour.

« Rien que pour vous donner une idée, ça fait suffisamment de gaz naturel pour alimenter deux fois New York City », s’est réjoui Toby Rice, le PDG d’EQT, qui a aussi ajouté que Homer City et Shippingport ne sont « que les premières d’une série d’étapes dans plusieurs projets ».

EQT n’est pas le seul dans ce cas. Des géants du fracking tels que EOG et Antero Resources sont eux aussi en train de conclure des accords afin de se positionner pour approvisionner les centres de données. Comstock Resources, propriété de Jerry Jones, propriétaire des Dallas Cowboys, s’associe lui au géant des services publics NextEra afin de « permettre d’alimenter en électricité une multitude de centres de données » au Texas, selon Natural Gas Intelligence.

Chevron, la deuxième plus grande compagnie pétrolière et gazière américaine, se lance elle aussi dans la course. « Les centres de données IA requièrent d’énormes quantités d’énergie pour fonctionner », s’est enthousiasmée la société dans un communiqué de presse publié en février.

Mais n’ayez crainte, ont-ils promis. « Chevron exploite le gaz naturel pour aider à satisfaire cet appétit », a déclaré le géant pétrolier, annonçant un nouvel accord pour construire des centrales électriques au gaz destinées aux centres de données.

« Libérons l’énergie en Amérique »

Alors que les besoins énergétiques colossaux de l’intelligence artificielle orientent l’industrie du fracking vers les centres de données, les mesures politiques prises par l’administration Trump jouent également un rôle déterminant.

« La politique nationale sous Trump donne la priorité aux combustibles fossiles pour le développement des centres de données », et « en particulier en ce qui concerne le gaz naturel », a déclaré Slocum à Truthout.

« Cela apparaît clairement dans le décret présidentiel de Trump sur l’intelligence artificielle, publié en juillet, dans lequel il définit les critères que les centres de données doivent remplir pour bénéficier d’une autorisation accélérée, et qui énumère toutes les sources d’énergie à l’exception de l’éolien et du solaire », a ajouté Slocum.

Ce décret de juillet 2025, intitulé « Accélérer l’octroi de permis fédéraux pour les infrastructures de centres de données », souligne clairement le rôle des combustibles fossiles dans l’alimentation des centres de données. Il définit les « Composants concernés », les « matériaux, produits et infrastructures nécessaires à la construction de centres de données », en utilisant un langage qui met en avant les « infrastructures énergétiques » telles que les « gazoducs ou les conduites de raccordement », les « turbines à gaz naturel » et les « équipements au charbon », sans aucunement mentionner les mots « éolien » ou « solaire ».

Comme l’écrit Slocum, « un centre de données qui prévoit d’utiliser l’énergie éolienne et solaire ne pourra pas bénéficier d’un traitement accéléré, contrairement à une installation fonctionnant aux énergies fossiles », ajoutant que les centres de données fonctionnant aux énergies fossiles pourraient également bénéficier de subventions fédérales directes.

Cette formalisation de la politique nationale en faveur des combustibles fossiles comme principale source d’énergie pour les centres de données va dans le sens de la promesse électorale de Donald Trump « Drill Baby Drill » (Fore, chéri, fore) et de son décret présidentiel de janvier 2025 résolument pro-combustibles fossiles intitulé « Unleashing American Energy » (Libérer l’énergie américaine).

Depuis son entrée en fonction en janvier 2025, l’administration Trump a déclaré la guerre aux énergies renouvelables, gelant les permis pour les projets solaires et éoliens et dénigrant les éoliennes.

Trump et les PDG des énergies fossiles

L’engagement idéologique de Trump à alimenter les centres de données en électricité produite à partir de combustibles fossiles est étroitement lié à ses relations privilégiées avec les milliardaires du secteur du fracking qui ont contribué à financer sa réélection en 2024.

Trump considérait les magnats du pétrole et du gaz comme un électorat clé lors de sa campagne pour sa réélection en 2024, et des milliardaires du secteur tels que Harold Hamm et Kelcy Warren lui ont versé des millions de dollars de dons.

Comme Truthout l’a déjà souligné, Trump s’est entouré de dirigeants et de promoteurs du secteur des énergies fossiles, notamment Chris Wright, l’ancien PDG de Liberty Energy, fervent défenseur de la fracturation hydraulique, qu’il a nommé secrétaire à l’Énergie.

Depuis, l’industrie des combustibles fossiles a largement profité des politiques de déréglementation environnementale et des subventions fiscales mises en place par Trump, ainsi que d’une manne de nouvelles activités liées aux centres de données.

Warren est cofondateur et président exécutif du géant des pipelines Energy Transfer, il est aussi un allié de longue date de Trump. Energy Transfer croule sous les nouvelles commandes pour l’approvisionnement de centres de données allant du Texas à l’Arizona et il est associé à des géants de l’IA tels qu’Oracle.

Hamm est fondateur et ancien PDG de Continental Resources, géant du fracking, il est aussi l’un des principaux donateurs de Trump, qu’il soutient également dans son projet de salle de bal pour la Maison Blanche. Il est probablement le plus grand allié de Trump dans l’industrie des combustibles fossiles.

« À eux deux », écrit le New York Times, Trump et Hamm « ont remodelé la politique fédérale au profit des compagnies pétrolières et gazières, parmi lesquelles Continental, la société de Hamm, et ont remis à plus tard la transition vers des alternatives plus écologiques telles que l’énergie solaire et les batteries ».

Le Hamm Institute for American Energy, un centre de recherche et de réflexion politique financé par Hamm, lequel siège également à son conseil d’administration, a soutenu l’utilisation du gaz naturel pour alimenter l’IA et a organisé en avril un événement sur le thème « alimenter l’IA » auquel ont participé des membres clés du cabinet Trump chargés de la politique énergétique de l’administration.

Liberty Energy, anciennement dirigée par Chris Wright, secrétaire à l’Énergie sous Trump, est aussi en train de conclure des accords pour alimenter des centres de données en Pennsylvanie.

« La seule chose qui nous empêchera d’être leaders dans le domaine de l’IA, c’est l’incapacité à construire la capacité de production d’électricité qui doit justement être mise en place », s’est récemment enthousiasmé Wright devant le Council on Foreign Relations, ajoutant qu’il « utilisait ses pouvoirs d’urgence pour empêcher la fermeture des centrales à charbon » et « accélérer l’octroi des permis de construction de nouvelles centrales ».

Le désir de se conformer des géants technologiques

De son côté, la Big Tech est rapidement revenue sur ses engagements en matière de neutralité carbone en adoptant une production d’électricité à partir du gaz pour ses centres de données.

Par exemple, Entergy, un géant de la production d’électricité qui dépend principalement des combustibles fossiles, construit actuellement trois immenses centrales au gaz pour alimenter un centre de données Meta de 10 milliards de dollars en Louisiane.

Il y a moins de dix ans, Mark Zuckerberg, PDG de Meta, se montrait enthousiaste à l’idée de lutter contre la crise climatique. Aujourd’hui, des titres tels que « Meta mise tout sur le gaz pour alimenter un méga centre de données » font la une des journaux, tandis que Zuckerberg et Meta sont vivement critiqués par les législateurs, les analystes énergétiques et les groupes communautaires locaux.

Cela s’inscrit dans une tendance plus large, rapportée par Truthout, voulant que les PDG de la Silicon Valley reviennent sur leurs prétendus objectifs climatiques et leurs critiques à l’égard de Trump afin de rester dans les bonnes grâces du président et de tirer profit de ses politiques.

« Trump exige qu’on se conforme à ses exigences, et les géants de la technologie s’y plient en renonçant à leurs engagements historiques en faveur du développement et de l’utilisation des énergies renouvelables », a déclaré Slocum.

Bien sûr, tout cela ne fera qu’aggraver la crise climatique. La production, le transport et la combustion du gaz naturel libèrent d’énormes quantités de méthane, qui est 86 fois plus puissant que le dioxyde de carbone pour piéger la chaleur dans l’atmosphère terrestre.

Sous Trump, les centres de données redonnent également une nouvelle vie à des centrales à charbon polluantes qui étaient en fin de vie.

Sous Trump, les centres de données redonnent également une nouvelle vie à des centrales à charbon polluantes qui étaient en fin de vie, et nombre d’entre eux sont alimentés par des générateurs diesel extrêmement polluants, dont on craint qu’ils ne soient utilisés plus fréquemment.

Comme l’a rapporté le journaliste Adam Mahoney, dans des États comme la Caroline du Sud et le Texas, les ménages noirs sont touchés de manière disproportionnée par l’essor des centres de données et l’augmentation des émissions de combustibles fossiles liées à l’IA, en particulier avec la production d’électricité sur site.

De nombreuses communautés locales s’opposent tant aux centres de données qu’à leurs émissions polluantes, et cela va de Memphis (Tennessee) à Bessemer (Alabama) en passant par Santa Teresa (Arizona).

Certes, les grandes entreprises de la tech s’associent également à quelques projets liés aux énergies renouvelables afin d’alimenter leurs centres de données. Si ces derniers sont encore majoritairement alimentés par des énergies fossiles, l’Agence internationale de l’énergie note que la part du solaire, de l’éolien et des autres énergies renouvelables augmentera à partir des années 2030.

Mais cela soulève une autre question : voulons-nous vraiment que la transition vers les énergies renouvelables soit dominée par les priorités axées sur le profit des grandes entreprises technologiques et des sociétés de Wall Street, et gaspillée pour répondre à leurs attentes, ainsi que par leur obsession pour les merveilles supposées et non prouvées de l’IA ?

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Derek Seidman est écrivain, chercheur et historien. Il vit à Buffalo, dans l’État de New York. Il contribue régulièrement au site Truthout et écrit pour LittleSis.

Source : Truthout, Derek Seidman, 03-01-2026