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lundi 23 février 2026

JOURNÉES DE PRINTEMPS 1948

 Source: https://www.cinearchives.org/catalogue-journees-de-printemps-1948

 

 

Évocation du « Malheur d'être jeune » en 1948, et présentation de la fête de la jeunesse organisée par la C.G.T.. Après une réunion (reconstituée) de jeunes syndiqués place du colonel Fabien, le commentaire et les chœurs off réclament, sur des images de jeunes ouvriers et ouvrières en train de travailler (métallurgie, textile, bois, SNCF, Air France...), la suppression de « l'abattement d'âge », à l'instar des jeunes mariniers (images de péniches et d'écluses). Sont par contre défendus le droit à la culture professionnelle et les écoles d'apprentissages ainsi que le droit aux loisirs, comme sont revendiqués des crédits pour la construction de nouveaux stades. Un apprenti boulanger pris en auto-stop (séquence fictionnelle) réclame « le collectif à 50% », (une réduction sur les transports par trains).

Après une évocation de métiers particulièrement pénibles (verriers, tanneurs....), ce documentaire montre des machines en train de s'arrêter et des métallos se mettre en grève. Suivent quelques images illustrant la répression opérée par les force de l'ordre.
La seconde partie de Journées de Printemps 1948 présente les fêtes de la jeunesse organisée par la C.G.T., qui ont réuni les jeunes syndiqués de toute la France en mai 1948 : arrivées des délégations de province (Tourcoing, Toulouse...), visite de la capitale (le Trocadéro), activités sportives (football et vélo), fête (danses -sardanes- autour d'un feu), défilés gymniques et folkloriques... Au sein de ces défilés, une large place est accordée aux mineurs. (On relève aussi la présence d'un char portant un avion fabriqué à la SNECMA et celle de délégations polonaise et franco-polonaise).

Journées de Printemps 1948 présente également un aperçu la conférence nationale des jeunes syndiqués, un extrait de l'allocution d'André Tollet (?) dénonçant l'alignement sur la politique américaine, et la cérémonie d'hommage aux militants morts pendant la seconde guerre mondiale (portraits de Léo Lagrange, Jean-Pierre Timbaud, Georges Wodli, Yves Toudic, Pierre Semard, Charles Nédelec). Journées de printemps 1948, documentaire militant au ton très acerbe et revendicatif, fortement marqué par le climat de guerre froide ; paraît se situer à l'opposé de Journées de printemps 1947.

Générique : « La Confédération Générale du Travail présente Journées de printemps 1948, fête de la jeunesse du 15,16 et 17 mai. Réalisé par une section de jeunes syndiqués du cinéma ».
Assistant stagiaire : René Vautier
Production : Ciné France
Personnalités : Jules Moch, Benoit Frachon, Gaston Monmousseau, Henri Malberg (le jeune métallo qui anime la réunion syndicale)....
Lieux et monuments : Paris (Trocadéro, métro, gare, gare de Creil, Assemblée Nationale, Bourse du Travail...).

mercredi 26 mars 2025

Été 1944: l'autre défilé

 On avait un peu l'idée de la France au ventre mou vichysto-résistant: au printemps 1944 les Parisiens célébraient Pétain, et fin août 1944, les troupes alliés et la Résistance. Mais cette vidéo russe -mise en avant par les réseaux étatsuniens pour se venger du vassal français- resserre encore plus les temps puisqu'on y voit des français, et notamment des françaises, cracher et frapper des soldats anglo-américains capturés depuis le débarquement de juin 1944.



mercredi 1 mai 2024

Roma citta' libera (La notte porta consiglio), Marcello Pagliero, 1946

 Une dérive d'une nuit dans Rome occupée/libérée. Un voleur philosophe enmène l'action, un petit cognac par-ci, un autre par-là, retour au même bistrot à l'aube. Le tout sur fond d'une histoire de perles qui fait avancer l'intrigue, mais le véritable protagoniste est cette nuit romaine entre survie et surréalisme, où surtout les femmes pâtissent, entraînant les parcours, les rencontres. C'est un peu triste, plein de nécessité, je l'adore ce "petit film". Vittorio de Sica, l'amnésique, deviendra ministre. Le couple qu'il fallait, sera. Le voleur continuera à soulager les portefeuilles le long des rues ("buon viaggio!").

Réalisateur: Marcllo Pagliero; Photographie: Aldo Tonti ; Musique: Nino Rota (la mélodie des Vitelloni).

samedi 24 février 2024

Boris Barnet à la cinémathèque: le rouge tient


J'aurai donc raté - car complète - la séance de projection d'Une fois la nuit, un film de Boris Barnet sur la guerre et filmé pendant la guerre avec toute la noirceur vécue sur le front de l'Est: le type de film essentiel pour récupérer l'histoire volée de l'Europe par les occupants d'hier et d'aujourd'hui...et justement impossible à voir autrement car il n'est pas édité en DVD. L'attente à propos de ce film était notamment de le comparer à Rome ville ouverte de Roberto Rossellini. Raté aussi le dialogue ultérieur avec Bernard Eisenschitz (mais il sera mis en ligne plus tard). Ça c'est pour le samedi 24. 

Ne pouvant voir tout le cycle de la cinémathèque, je suis passé le vendredi 23 à la bibliothèque (du cinéma) Truffaut pour faire ma récolte des films de Barnet. Pas un seul, je me suis fait doublé. Il y a une tension en ce moment sur les films soviétiques, notamment les moins connus. Derrière Eisenstein et Tarkovski, d'autres comme moi ont commencé à gratter dans la forêt de films, d'auteurs, de langues aussi: un vrai continent pour le coup, le grand continent eurasien.

J'ai eu la chance de voir le Guerre et Paix de Sergueï Bondartchouk cet été en empruntant le film à Truffaut, quel plaisir et quel chance! La qualité prime, on la cherche et la vérité aussi: pour voir Le Destin d'un homme (un film de 1959 sur la Grande Guerre patriotique et les camps de concentrations: on y voit  des cheminées d'usine dont la fumée noire laisse peu de doute sur ce qui s'y passe) ou son Waterloo de 1970 (bien qu'il s'agisse d'une production occidentale, l'Armée rouge y fait encore l'extra de luxe – comme dans Guerre et Paix ou Libération, la grande fresque de sept heures et demi de Youri Ozerov – pour des batailles de masses superbement chorégraphiées) il m'aura fallu faire preuve de patience à Truffaut en me mettant sur liste d'attente pour réserver ces produits rares. 

Belle surprise. Projeté au cinéma cet hiver, on rééditera ce printemps le Guerre et Paix de Bondartchouk en Blu-ray. 

Ma petite expérience (ces signes et d'autres) me dit que la russophobie à l'anglosaxonne et sa cancel culture débile auront eu l'effet opposé à celui voulu : attiser la curiosité, puis la nourrir amplement. Sacré détournement, isn't it?