Le film germano-soviétique de 1936 « La Lutte » (« Kämpfer ») a été produit par le
studio moscovite « Rot-Front », où la plupart des acteurs et une grande partie de
l'équipe technique étaient des communistes allemands exilés. Il est réalisé par Gustav von Wangenheim.
Le film relate la résistance des ouvriers contre le fascisme, inspirée par l'arrestation
du dirigeant communiste Georgi Dimitrov. Deux intrigues se déroulent en parallèle :
le procès de l'incendie du Reichstag, où Dimitrov est accusé d'avoir orchestré
l'incendie de 1933, et la résistance des ouvriers contre les fascistes de la SA et de
la SS. Les ouvriers sont accusés à tort par la SA d'avoir incendié l'usine Spörke. À la
tête du mouvement de résistance se trouvent Mère Lemke et Anna, qui considèrent
Dimitrov comme un symbole dans la lutte contre le fascisme. La rébellion de Mère Lemke
est alimentée par l'assassinat de son fils Hans par la SA. Hans avait découvert que
l'usine Spörke produisait du gaz toxique comme arme de guerre, et non du parfum comme
on le prétendait.
Peu à peu, Dimitrov gagne des soutiens à travers le monde, déclenchant des
manifestations réclamant sa libération. Le mouvement de résistance de Mère Lemke et
Anna prend également de l'ampleur, ralliant son fils Fritz, médecin, et même d'anciens
membres des SA.
Le film s'achève sur la libération de Dimitrov, symbolisant l'espoir d'une chute imminente du fascisme.
L'intrigue, qui se déroule en 1933-1934, illustre les débuts de la résistance au fascisme : des groupes d'ouvriers montent la garde devant leurs usines la nuit contre les incendiaires des SA ; organisent des réunions pour protester contre les procès iniques ;
font passer clandestinement de la littérature antifasciste, la cachent et la diffusent ;
impriment leurs propres tracts et infiltrent les organisations nazies pour recueillir
des renseignements et libérer les prisonniers. Le film est également d'une valeur
inestimable pour les images et les enregistrements sonores originaux d'Henri Barbusse
et de Georgi Dimitrov, pour les scènes de manifestations françaises en soutien à
Dimitroff et Thälmann, ainsi que pour avoir révélé l'existence des premiers camps de
concentration au grand public (l'un des premiers enregistrements des « Moorsoldaten »
provient également de ce film).
L'esthétique du film
Le film « Kämpfer » utilise une esthétique héroïsante en dépeignant
les personnages des milieux ouvriers luttant par et pour eux-mêmes. Cet héroïsme est une caractéristique de l’avant-garde
cinématographique. Cependant, le film anticipe aussi des formes de réalisme socialiste, il doit être évalué comme une transition de l’avant-garde cinématographique au réalisme socialiste.
Contributeurs
Le réalisateur Gustav von Wangenheim a travaillé dans la République de Weimar en tant qu'acteur sur de nombreux films, entre autres Nosferatu. Entre 1928 et 1933, il est le fondateur et le chef de la compagnie théâtrale Truppe 1931, créé à partir de la colonie d'artistes Berlin. Après la guerre, Wangenheim est retourné en RDA et a travaillé comme réalisateur et scénariste pour le DEFA et a reçu le prix national de la RDA.
Bruno Schmidtsdorf
(1908-1938) n'a joué qu'un plus grand rôle dans ce film, a ensuite été
tué dans la terreur de Staline parce qu'il était prétendument membre
d'une jeunesse hitlérienne soviétique. Alexander Granach,
qui a joué le rôle de Rovelli, a pu fuir aux États-Unis, puis a joué
presque exclusivement des nazis dans des films. (Les acteurs avec un
accent allemand ne pouvaient pas être un sympathisant dans un film
américain.) Ernst Busch, qui a incarné le juge, a joué dans Kuhle Wampe ou: Qui possède le monde? et l'opéra à trois centimes avec. Presque tous les acteurs sont des Allemands exilés. Dans la République de Weimar, ils ont joué dans les groupes de théâtre La colonne de gauche (en allemand: Kolonnenn Links) et Truppe en 1931.
Ernst Busch a non seulement joué le magistrat, mais a également enregistré la chant des déportés pour le film, qui est chanté dans les scènes de camp de concentration.
L’œuvre peut être considérée comme un document historique
contemporain sur la résistance communiste allemande face au national-socialisme.
Un an après les départs autour de Sahra Wagenknecht, il y a eu une
nouvelle vague de départs au sein de Die LINKE (la gauche en allemand).
Cette fois ci avec la grande différence que ce sont les éléments les
plus réactionnaires et bellicistes qui quittent le parti à la suite de
deux congrès importants. Après des années de défaites pour les éléments
marxistes-léninistes de Die LINKE, il y a de nouveau de l´espoir.
Cet article peut sembler un peu long, mais c’est nécessaire pour
connaître les raisons et contradictions qui mènent aux mouvements que
l´on peut observer et pour réellement comprendre ce qui se passe. Vu que
la situation de la gauche en Allemagne est complètement différente de
la situation française, je vais d´abord devoir un peu parler d´histoire.
L´histoire du Parti Die Linke
Après la libération en mai 1945, le grand KPD (Kommunistische Partei
Deutschlands) qui avait agi dans l´illégalité depuis 1933 s’est
reconstitué partout en Allemagne. Comme conséquence des « douze ans de
dictature fasciste et six ans de guerres d’´Hitler » le KPD et le SPD
(Sozialdemokratische Partei Deutschlands) fusionnèrent en 1946 dans la
zone d´occupation soviétique pour que plus jamais la réaction n´arrive
au pouvoir et pour construire le socialisme. Ce nouveau parti du nom de Sozialistische Einheitspartei Deutschlands (SED) ou « parti de l´unité socialiste d´Allemagne » devint la première force politique en RDA.
Le SPD des zones d´occupation de l´Ouest, corrompu et contrôlé par
les impérialistes occidentaux, n’a pas pu faire cause commune avec le
KPD qui fut même interdit en Allemagne de l’Ouest en 1956 par le grand
démocrate Adenauer.
Après la chute du mur de protection antifasciste de Berlin, le SED
avait approximativement deux millions de membres (sur une population de
seize millions) et devint le PDS (“Partei des Demokratischen
Sozialismus”). Ce fut un changement drastique. La tête du Parti fut
complètement remplacée. Les nouveaux dirigeants participèrent à
l´hystérie générale contre la RDA. Des camarades méritants furent exclus
parce qu´ils avaient eu des fonctions importantes en RDA et dans les
organes qui avaient défendu la RDA avec dévouement (armée,
gardes-frontières, sécurité d´État et personnes affiliées), sans parler
des anciens dirigeants comme Erich Honecker ou Heinz Kessler, carrément
abandonnés à la réaction. Mais pour un bon nombre de communistes
convaincus, abandonner ce parti ne fut pas une option, même si les
réformistes dominèrent le terrain. Très vite, la Kommunistische Plattform (KPF)
ou « plateforme communiste » s´est formée, qui regroupe jusqu´à
aujourd’hui´ceux qui veulent « préserver et développer la pensée
marxiste au sein du parti », lutter contre l´anticommunisme, pour la
paix et qui ne veulent pas laisser le parti aux vautours. Juste après sa
création, la KPF avait 5000 membres et Sara Wagenknecht,
alors très jeune et qui codirigeait cette plateforme, échangea
d’ailleurs à l’époque avec Georges Gastaud qui co-animait alors en
France le Comité Erich Honecker de Solidarité Internationaliste.
En 2007, le PDS fusionna avec un parti ouest-allemand (le
WASG, auquel appartenait Oskar Lafontaine, ex-dirigeant de la gauche du
SPD) pour créer Die LINKE.
Dans Die LINKE il est autorisé de se regrouper pour constituer des
courants. Avec le temps, plusieurs courants reconnus par Die LINKE se
sont formés au sein du parti, qui jouent un rôle important.
Le vote Die Linke en 2017
Die Linke et le DKP
Les communistes marxistes-léninistes d´Allemagne sont organisés
majoritairement dans le DKP ou dans Die LINKE et sa plateforme
communiste KPF. Le DKP (“Deutsche Kommunistische Partei”), qui est
beaucoup plus petit que Die LINKE, s´est formé en Allemagne de l’Ouest
après l’interdiction du KPD et a toujours été un parti
marxiste-léniniste. La raison pour la division du mouvement communiste
en SED-PDS (aujourd´hui Die LINKE) et le DKP est donc d´origine
historique. Un parti vient de l´Est et l´autre de l’Ouest. Les membres
du DKP ne veulent pas adhérer à Die LINKE, car le parti est dirigé en
grande partie par des liquidateurs réformistes sans ligne de classe qui
sympathisent avec l´axe UE-OTAN. De leur côté, les communistes de Die
LINKE, ne veulent pas abandonner le parti car ce serait un immense
cadeau pour les liquidateurs et le camp bourgeois en général.
Personnellement, je comprends bien les deux côtés. Il y a beaucoup de
contacts chaleureux entre les deux partis. Les membres du KPF
souhaitent le mieux pour le DKP et les membres du DKP souhaitent que Die
LINKE devienne à nouveau un parti qui combat sans hésitation pour la
paix et le socialisme.
La différence principale est que les membres du DKP sont pessimistes
et n´ont plus d´espoir dans Die LINKE et que les communistes dans Die
LINKE voient que le combat n´est pas encore décidé et ont encore de
l’espoir.
Les années 2021 à 2023
Fin 2021 : Klaus Lederer et ses amis (ceux qui viennent de quitter le
parti), qui se regroupaient dans la « Progressive LINKE » (« gauche
progressiste »), contrôlaient sans partage la Die LINKE de Berlin depuis
des années. Après les élections de 2021 ils renouvelèrent la
participation de Die LINKE au gouvernement du Land de Berlin. Lors des
mêmes élections il y avait eu un référendum à Berlin sur l´expropriation
des grands groupes immobiliers à Berlin approuvé par 59,1%
des Berlinois qui voyaient leur existence en danger en raison d´une
explosion des loyers.
Mais il était clair dès le début que le nouveau gouvernement allait ignorer ce référendum.
Déjà à l´époque, le gouvernement de Berlin menait des
campagnes assimilant les critiques d´Israël à de l´antisémistisme.
Défendre les colons de la théocratie fasciste tenait depuis toujours à
cœur à la « progressive LINKE ». Il faut savoir, que les « progressive
LINKE » appartiennent à une idéologie spéciale à l’Allemagne : les
« Antideutsche » ou anti-Allemands. Cette idéologie est une forme
spéciale du nationalisme bourgeois, une sorte de nationalisme allemand à
l’envers. Comme le nationalisme bourgeois « ordinaire », elle dit que
l´Allemagne est unique et différente des autres pays. Sauf que d´après
cette idéologie, l’Allemagne serait le mal incarné. Elle part de l´idée
que par essence, tous les Allemands sont un ramassis de nazis. Cette
idéologie est à l´opposé de la vision matérialiste du monde et mystifie
le peuple allemand qui porterait le nazisme dans son ADN. Pour contrer
cela, le soutien à Israël devient comme une offrande pour purger
l´Allemagne du mal. Tout ce qui n´est pas un soutien inconditionnel à
Israël serait du nazisme. Sauf que derrière Israël il y a les USA. Donc
en pratique, tout ce qui n´est pas un soutien inconditionnel à
l´impérialisme US serait du nazisme. Une haine FANATIQUE de tout ce qui
contrarie les ambitions des États-Unis : voici l´essence des
« Antideutsche » et donc des « progressive LINKE » autour de Klaus
Lederer. Cette idéologie est incorporée depuis longtemps dans le système
politique et médiatique. Le soutien inconditionnel à Israël est reconnu
comme « raison d´État » par la bourgeoisie allemande.
La « progressive LINKE » participa au gouvernement de Berlin sur une base anti-sociale et impérialiste.
Le congrès fédéral de Die LINKE 2022 fut un point bas pour le parti.
Les va-t-en-guerre dominaient le discours et demandèrent des armes pour
les nazis de Kiev.
En octobre 2023 Sahra Wagenknecht et d´autres députés qui remettent
en cause les livraisons d´armes quittèrent le parti. Les belliqueux
croyaient avoir gagné définitivement. Sauf qu´il n´y avait pas le départ
massif de ceux qui sont contre les livraisons d´armes qu´ils avaient
espéré.
Ellen Brombacher – KPF Die Linke
Ellen Brombacher, figure connue de la KPF (Kommunistische Plattform)
disait à peu près ceci lors d´une réunion publique cet octobre à
Berlin : « Vous auriez dû voir le visage de Lederer quand il nous a vu
après le départ de Wagenknecht. « Mais vous êtes encore là vous? », nous
a-t-il demandé. »
Beaucoup de membres de Die LINKE voulaient rester pour ne pas laisser
le parti aux ennemis. Un bon nombre d´entre eux étaient membres depuis
le temps de la RDA et le parti était depuis toujours une part importante
de leurs vies. Ils ne voulaient également pas rejoindre le parti de
Sahra Wagenknecht le BSW, parce qu´ils n´étaient pas d´accord avec elle
sur d´autres points importants. Car Sahra Wagenknecht dit se réjouir de
la réunification et du fait que la RDA n´existe plus. Elle a également
des idées très libérales sur l´économie. Elle ne veut pas sortir de
l´UE, croit en une « économie de marché sociale » et son modèle en
matière de politique économique est Ludwig Erhard, ce qui est de la pure
folie. Ludwig Erhard était un économiste qui commença sa carrière dans
le IIIe Reich et devint ministre de l´économie de la RFA. Il
accompagna le création d´une économie d´après-guerre sous tutelle des
États-Unis et posa ainsi la base économique de l’asservissement de
l´Allemagne par les grands monopoles (surtout américains) qui sont la
véritable raison de la politique impérialiste allemande.
Wagenknecht n’est également pas très claire sur la paix. Sa critique
d´Israël est très réservée et elle a même dit qu´il faut faire de l´OTAN
une « alliance défensive » au lieu de la liquider. En novembre 2024, le
parti de Wagenknecht (BSW) en est déjà au point qu´ils ont
annoncé vouloir constituer une coalition pour gouverner le Brandebourg
avec le SPD. Dans un communiqué publié par les deux partis on peut lire
ceci : « Nous sommes d’accord sur le fait que la capacité de défense de
notre pays revêt une grande importance pour la paix et la sécurité et
que la capacité de défense de la Bundeswehr doit être renforcée. C’est
pourquoi nous soutenons la Bundeswehr et ses sites en Brandebourg. »
Cela devrait être une déception pour les électeurs du BSW qui ont voté
pour ce parti afin de ne pas voir l´OTAN s´implanter dans leur région.
Le congrès de Die LINKE fin octobre 2023 était différent de celui de
2022. L´ambiance vis-à-vis des livraisons d´armes à l´Ukraine avait
changé. Presque plus personne se présentant pour un poste ou sur la
liste des élections européennes n’osa se prononcer ouvertement
pour des livraisons d´armes et ceux qui disaient y être favorables ne se
faisaient pas élire (à l’exception des têtes de listes). Mais le très
réactionnaire appareil du parti en place avait fait en sorte que les
quatre premières places, à l’exception de la
troisième position, soient réservées à des extrémistes pro-OTAN.
Dans ce but, ils avaient fait en sorte qu´il n´y ait aucune
contre-candidature. Les délégués n´avaient même pas le droit de les
questionner. La première place revint à l´ancien co-secrétaire du parti,
un supporter du régime pronazi de Kiev. Les places deux et quatre
n´étaient pas attribuées à des membres du parti qui ne disaient même
pas vouloir le devenir. La deuxième place était attribuée à la fille
d´un officier de la Bundeswehr qui vota entre autres pour des attaques
directes contre le territoire russe au parlement européen. Seule la
troisième personne de la liste était contre les livraisons d´armes.
Le congrès 2023 fut une mise en scène par les bureaucrates qui
tiennent les ficelles et placent les membres devant des faits accomplis
mais la position des délégués avait beaucoup changé.
Octobre 2024 : la base exige la paix, refuse des livraisons d’armes
En 2024 le refus vis-à-vis des livraisons d´armes devint de plus en plus important dans la population et dans le parti.
Au congrès de Die LINKE Berlin du 11 octobre la paix dans le monde
fut également discutée. Lederer et ses amis « Antideutsch »
(“anti-allemands”) de la « progressive LINKE » étaient
déterminés à défendre l´impérialisme américain sans compromis. Ils
voulaient entre autres à tout prix accuser les manifestations
pro-palestiniennes de soutenir un « antisémitisme éliminatoire ». Mais
le congrès ne voulait pas de cet amendement. Enragés, Klaus Lederer
(ancien maire adjoint de Berlin), Petra Pau (vice-présidente du
Bundestag), une grande partie des députés du groupe parlementaire de
Berlin et Elke Breitenbach (ancienne membre du gouvernement de Berlin)
quittèrent la salle. Cette dernière, pourtant connue pour sa politesse, a
tenu à faire un double doigt d’honneur à la salle avant de s´enfuir.
Une semaine plus tard eut lieu le congrès fédéral de Die LINKE. Lors
des élections pour le nouveau « Bundesvorstand » (une sorte de comité
central), ceux qui avaient demandé ouvertement des livraisons d´armes
les dernières années ne furent pas élus (à l’exception de Wulf Gallert).
Mais pour l´élection de la double tête du parti, il n´y avait pas de
contre-candidatures (comme un an auparavant lors de la liste pour les
européennes). Par conséquent, les deux candidats instaurés par
l’ancienne tête du parti ont été élus. Comme leurs prédécesseurs, il
s’agit de gens qui mettent à peine en cause Israël et qui se montrent
compréhensifs vis-à-vis de ceux qui demandent des armes pour les nazis
en Ukraine. Des gens qui laissent les va-t-en-guerre salir l´image du
parti tout en disant à ceux qui sont pour la paix de ne pas porter leurs
revendications car il faut préserver l´unité du Parti.
Du point de vue du personnel politique, l’Établissement a pu
préserver les postes les plus importants tout en perdant de l´influence
dans le Bundesvorstand (comité central).
Tout de même, on a pu voir que la paix avait gagné du terrain lors du
débat autour du nouveau programme. La KPF (Kommunistische Plattform)
avait déposé une motion qui parlait de l´histoire du conflit en Ukraine,
visait à éliminer la haine antirusse et insistait sur le rôle
historique du militarisme allemand. Bien évidemment, l’ancienne tête du
parti posa un contre-amendement qui visait à éliminer tous les points
importants de celui de la KPF. Le contre-amendement n´a pas été adopté
avec 41% pour et 44% contre, ce qui fut une défaite pour l´ancienne tête
du parti. Mais l´amendement de la KPF qui fut présenté dans sa version
initiale n´a également pas été accepté (40% pour et 51% contre). Ces
résultats sont tout de même un grand bond en avant par rapport aux
dernières années et montre qu’une part de plus en plus importante des
délégués ne suivent plus la tête du parti et veulent défendre une ligne
de paix. D´autant plus qu’un autre amendement de la KPF a été repris,
insistant sur la nécessité de ne pas laisser des missiles américains sur
le sol allemand, de dissoudre l´OTAN et d´être « sans si ni mais contre
toutes livraisons d´armes à l´Ukraine et à Israël ». Ces mots clairs
n´auraient pas été possibles il y a encore deux ans. D´un côté les
délégués votent des résolutions qui deviennent de plus en plus claires
en ce qui concerne la paix, de l´autre ils votent toujours pour des
personnes qui sont plus ou moins contre la paix. Lors d´une conférence
publique, Ellen Brombacher de la KPF a dit ne pas avoir d’explication
pour cette contradiction. Une raison importante devrait être que la
plupart du temps, les dirigeants placent leurs candidats avec le soutien
de tout l´appareil du parti et des médias bourgeois et qu´aucun «
inconnu » n´ose présenter une contre-candidature.
Le 23 octobre, quelques jours après le congrès fédéral, Klaus
Lederer, Elke Breitenbach et les mêmes parlementaires qui avaient
quitté la salle lors du congrès de Die LINKE Berlin quelques jours
auparavant quittèrent le parti. Ils donnèrent comme raison que le parti
ne se distanciait plus assez de l’antisémitisme et le refus de
solidarité avec l’Ukraine. Il ne s´agit pour l´instant que de figures
politiques de Berlin. Les « progressive LINKE » d´autres régions du pays
sont restés dans le parti. Mais cela reste tout de même très important
pour Berlin, car ces mêmes gens avaient le contrôle du parti à Berlin il
n’y a pas longtemps.
En réaction à cela, la nouvelle double tête (du parti au niveau
fédéral) et d´autres éléments très réactionnaires ont demandé
publiquement à ceux qui sont partis de revenir. En attendant, ces
derniers ont déjà annoncé ne pas vouloir rendre leurs mandats de députés
à Die LINKE alors qu´ils l´avaient demandé aux députés regroupés autour
de Wagenknecht il y a un an à peine.
L´avenir du parti reste difficile à prédire. Les liquidateurs ont
toujours une emprise sur celui-ci, quoique moins ferme. Une grande
partie du personnel embauché par le parti, qui a également beaucoup
d´influence, est toujours en place et sera difficile à dégager dans tous
les cas. Il reste à voir comment se développera le parti lors des
prochains congrès et lors des élections anticipées qui s´annoncent au
niveau fédéral, qui pourraient complètement faire couler le parti. S’il y
a plus de départs de gens comme Lederer et compagnie, s’il y a des
contre-candidats et si les membres commencent à voter pour des candidats
en accord avec leurs idées politiques avant qu´il ne soit trop tard,
cela pourrait sauver le parti. Si la tête du parti n´est pas
remplacée et que les mêmes continuent à contrôler le parti et à le
représenter à l’extérieur, il continuera de s’enfoncer dans le
marécage de l’insignifiance politique.
Pour le moment, le camp de la paix semble avoir le vent en poupe, mais les larbins de l´UE-OTAN gardent les postes-clés.