Le travail en mer à bord du Franc-Tireur, chalutier bigouden basé à
Concarneau. Une fois présenté l'équipage ce documentaire décrit la peine
des pêcheurs « 20 jours en mer, 2 jours à terre » : filets que l'on
jette accompagnés par les mouettes, vidage et écaillage de la pêche sur
le bateau. Le travail ne s'arrête jamais de nuit comme de jour les
hommes tirent le «chalut», avec la crainte qu'il ne se déchire. Le
partage communautaire des recettes y est évoqué.
A la fin du voyage, les hommes se font beaux pour arriver à terre. mais les retrouvailles sont de courte durée.
Si les images (très soignées), le commentaire (littéraire) et la
chanson-titre (interprétée par Yves Montand), évoquent -parfois de
manière romancée- le métier de martin-pêcheur, Mon Ami Pierre... situe
également le quotidien des marins dans la vaste communauté des hommes au
travail...
Mon Ami Pierre... s'inscrit parmi les court-métrages soignés de Procinex
qui désirait présenter le monde du travail au public le plus large
possible, sans tenir un discours politique explicite. Le choix du Franc
Tireur ne relève cependant pas du hasard : ce chalutier fut construit en
coopérative au Guilvinec et, du patron au matelot, chacun touchait part
égale. Son lancement, comme celui du Franc-Tireur, fut d'ailleurs
popularisé par le P.C.F.
Générique : « (...) Nous dédions ce film aux 16 hommes du Gay Lussac
avec lesquels nous avons parlé par radio, là-bas, du côté de la Grande
Sole. 16 hommes péris en mer. Et à tous leurs camarades innombrables qui
poursuivent au large des froides côtes d'Irlande et de Norvège
l'éternel voyage entre deux eaux»
Production: Procinex
Images : Paula Neurisse et Louis Félix
Texte : Jean-Pierre Chabrol
Musique : Joseph Kosma
Interprétation : Trio Raisner
Voix et chant : Yves Montand Selon le témoignage de Gérard Avran qui a
étalonné le film, Mon Ami Pierre a été réalisé par Pierre Neurisse. Sa
femme, Paula Neurisse était chef monteuse à Eclair Journal, et a monté
le film.
Lieux : Concarneau.
Prix : Premier prix ex-aequo du court-métrage -section travail- au Festival de Venise en 1951.
Article épinglé
dimanche 1 mars 2026
Mon ami Pierre (Paula Neurisse, Jean-Pierre Chabrol, 1951)
samedi 28 février 2026
L’Affaire Abdallah, un film de Pierre Carles

SYNOPSIS
Le militant libanais Georges Abdallah a été incarcéré près de 41 ans en France. Ce résistant communiste pro-palestinien s’est vu affubler de l’étiquette ‘’terroriste’’. À tort. Une incroyable fake news et de fortes pressions exercées par les États-Unis sur la France sont à l’origine de cette durée de détention hors-norme. À 74 ans, il a réussi à sortir de prison, debout, ses convictions politiques intactes.
L’AFFAIRE
Si le nom de Georges Abdallah a défrayé la chronique à l’orée de la décennie 80, il a petit à petit disparu des unes de la presse française et internationale pour sombrer dans une sorte d’oubli qu’une poignée de soutiens s’évertuait inlassablement à combattre. Pour beaucoup alors, son nom se mêlait à ceux que le Proche Orient propulse au-devant de la scène pour quelques jours, puis rejette dans l’ombre.
De temps à autre, au détour d’un ouvrage, d’une polémique ou plus souvent d’une demande de libération, il se rappelait à notre souvenir, mais bien peu aurait su dire avec précision qui était ce prisonnier, d’où il venait, quels étaient les crimes qu’on lui attribuait, et à quelle mouvance politique il se rattachait.
C’est à l’occasion du génocide du peuple palestinien engagé à la suite des massacres du 7 octobre 2023 que nous est revenu l’existence, dans les geôles françaises, de l’un de ses défenseurs les plus déterminé, jeté là depuis des décennies, faisant de lui le plus ancien prisonnier de France pour des faits à caractère politique. Son image réapparaissait sur les drapeaux de quelques manifestants, son nom était à nouveau prononcé, synonyme d’acharnement étatique et d’injustice.
On se souvenait alors qu’en 1986, une première décision de justice le
condamnait à 4 ans d’emprisonnement, mais qu’un nouveau procès, exigé
en sous-main par les autorités américaines, le condamnait cette fois, à
la surprise générale, à la perpétuité. Les gouvernements français
successifs, toujours sous la pression des américains, ont, depuis 1999,
rejeté 9 demandes de libération anticipée.
De quoi Georges Abdallah s’était-il rendu coupable qui le condamne à un
traitement si particulier et à un tel acharnement des États français et
étatsunien ?
Interview PIERRE CARLES
Comment avez-vous eu connaissance de « L’Affaire Abdallah » ?
J’ai eu l’occasion de croiser Georges Abdallah au parloir de la prison de Lannemezan, au milieu des années 2000 alors que je rendais visite à un autre prisonnier politique. Sans plus. Puis une douzaine d’années se sont écoulées lorsque Isabelle Vallade, membre du comité de soutien à Georges Abdallah, m’a alerté sur sa durée d’incarcération anormale, du moins en comparaison avec celle d’autres militants arrêtés et condamnés à la même époque que lui pour des crimes politiques comparables. Ayant fait une école de journalisme avant de devenir réalisateur de films documentaire, je me suis mis à enquêter sur cette histoire, notamment grâce à l’appui de legrandsoir.info , alors qu’aucun média mainstream ne s’y était collé jusque là. De ce travail d’investigation sont sortis un article paru dans le Monde diplomatique, une BD aux éditions Delcourt (dessin : Malo Kerfriden) et ce long-métrage.
Vous rassemblez de nombreux documents et archives. Combien de temps ont pris la préparation, le tournage et le montage du film ?
Le travail d’enquête et de recherche d’archives a démarré en 2018 et s’est étalé sur deux/trois ans. Le repérage au Liban s’est déroulé début 2020, juste avant l’épidémie de COVID. L’essentiel du tournage en France est intervenu, lui, entre 2021 et 2024, avec des tournages complémentaires en 2025 lors de la libération de Georges Abdallah. Je ne me suis toutefois pas consacré à plein temps, huit ans durant, à ce chantier. Durant cette période, nous avons fini de tourner et de monter un long-métrage consacré à l’histoire de la guérilla des FARC en Colombie, et réalisé des repérages en Algérie pour un projet de film, coécrit avec Nadja Harek, autour du dernier fugitif d’Action directe.
Vos interlocuteurs et interlocutrices ont-ils été faciles à convaincre ?
Ça dépend. Certaines personnes impliquées dans l’affaire Abdallah ne se sont pas empressées de répondre aux demandes d’interviews formulées par Clara Menais et Léa Gasquet, qui m’ont assisté sur la réalisation du film. C’est le cas de l’ex-garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, de l’ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, de l’ex-président de la République François Hollande... Il a fallu partir à la rencontre de ces protagonistes de l’affaire Abdallah, s’ingénier pour les interpeller dans des lieux publics afin d’avoir réponse ou non-réponse à certaines de nos questions. Nous avions du mal à accéder à eux jusqu’à ce que, à un moment donné, toutes ses personnalités débarquent à tour de rôle à Montpellier, qui pour une signature de livre, qui pour une conférence à la faculté, qui pour une inauguration de prison... Comme c’est aussi à Montpellier que se trouve une grande partie de l’équipe du film - la productrice Annie Gonzalez, la monteuse Florence Jacquet, le post-producteur Ludovic Raynaud, le chef opérateur Olivier Guérin, la camarade réalisatrice Nina Faure, ils venaient en quelque sorte à notre rencontre. Pour les autres personnes acceptant de témoigner dans le film - des journalistes, des juristes, des policiers, des militants, des militantes... - ce fut beaucoup plus facile. Et nous avons aussi réussi, ça j’en suis assez fier, à recueillir la parole de Georges Abdallah en prison, dans sa cellule.
Certains ont ils refusé de vous rencontrer ?
Oui, l’ancien ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas qui affirmait à la radio, en 2016, qu’Abdallah resterait incarcéré à vie, ou l’ex-patron de la DST Pierre de Bousquet de Florian qui nous a opposé le « secret défense » pour ne pas avoir à s’expliquer sur une forfaiture des services de contre-espionnage. Nous n’avons pas non plus réussi à interpeller Emmanuel Macron sur cette affaire. D’ailleurs, si des spectateurs ou spectatrices veulent s’en charger, ils/elles sont les bienvenus. Nous aurions bien voulu lui demander des explications sur l’absence de grâce présidentielle pour Georges Abdallah, alors que sa durée d’incarcération était absolument hors-normes. Pourquoi n’a-t-il rien fait ? Par crainte d’agacer les Américains ? Par peur de se mettre la droite et l’extrême-droite à dos en graciant un soi-disant « terroriste » ? Par crainte du « coût politique » d’une telle mesure ?
Personne dans le film, ni les militaires spécialistes de la défense, ni les journalistes, ni les avocats, ni même les politiques ne semblent croire sincèrement en la culpabilité de Georges Abdallah.
Certes mais il faut comprendre que Georges Abdallah estime que c’est un grand honneur pour lui d’avoir été accusé d’appartenir à un groupe armé ayant exécuté un militaire israélien et un militaire américain afin de combattre l’invasion de son pays - le Liban - par Israël avec l’appui des USA. Ces actes de résistances lui paraissent légitimes. Pour autant, lui et les FARL n’étaient pas responsables de la vague d’attentats terroristes survenue en 1986 à Paris bien que les médias et le pouvoir politique de l’époque affirmaient le contraire. Ça, personne ne le conteste aujourd’hui. Mais aucun média n’a fait de mea culpa. Cette fake news a petit à petit sombré dans l’oubli.
La nécessité de désigner un coupable des attentats de 1986 est-elle la seule raison de l’acharnement dont Georges Abdallah a été la victime ?
L’une des principales raisons de cette durée de détention hors-normes, ce sont les pressions exercées par les Etats-Unis sur la France. On voit que les ingérences américaines dans les affaires européennes ne datent pas d’aujourd’hui. Elles existaient déjà sous la présidence d’Obama ou même avant. En 2013, certains barons « socialistes » comme Laurent Fabius, Manuel Vals ou François Hollande ont prêté une oreille attentive aux désidératas américains, empêchant la libération d’Abdallah alors même qu’elle était accordée par les juges de l’application des peines, en première instance comme en appel.
On retrouve dans ce film un des sujets qui vous a fait connaître : une critique de la fabrique médiatique du mensonge. Comment le situer dans votre filmographie ?
Nous avons presque toujours en tête, lorsque nous nous lançons dans la réalisation de films, d’essayer de tenter de proposer d’autres points de vue que le discours dominant, d’autres sons de cloche que la musique ambiante si les choses qu’on nous a mis dans la tête s’avèrent fausses, mensongères. Et tout comme dans mon précédent long-métrage sur les rebelles colombiens des FARC, nous questionnons ici la figure du « terroriste », un vocable souvent utilisé par le pouvoir pour disqualifier toute forme de résistance radicale de nos jours. Ce mot est employé à tout va par le pouvoir politique, comme par les grands médias d’extrême-droite, de droite voire de gauche (ou se présentant comme de gauche), pour salir certaines formes de contestation du système.
Or, s’en prendre aux méga-bassines d’eau pour l’agro-industrie, comme à Sainte-Soline, ne relève pas, bien entendu, de l’ « éco-terrorisme ». De même que s’engager dans la lutte armée n’implique pas forcément le recours à des actions visant à assassiner et terroriser des civils telles qu’a pu le pratiquer Daesh. Les assassinats ciblés de militaires et diplomates réalisés par les FARL, le groupe armé d’Abdallah, sont des actions que l’on aurait probablement qualifiées de résistantes, après guerre. Maintenant, il ne s’agit pas de verser dans la contre-propagande, de travestir la réalité dans nos films, mais de proposer aux spectateurs et spectatrices des récits documentés bien plus proches de la vérité que ceux que cherchent à nous imposer les tenants du pouvoir économique (Arnault, Bolloré, Niel, Pinault...) et ceux du pouvoir politique (Hollande, Sarkozy, Macron...) souvent inféodés au pouvoir économique.
Le film a-t-il été financé sans difficulté ?
ARTE, France TV et Netflix ont refusé le projet. Mais, Annie Gonzalez, qui a produit la plupart de mes longs-métrages, a accompagné le projet pour qu’on puisse aller jusqu’au bout de la fabrication de ce long-métrage. Seul le cinéma indépendant peut aborder un sujet tabou comme celui-ci : l’injustice commise à l’égard d’un militant internationaliste, ex-membre d’un groupe armé communiste, accusé à tort de « terrorisme », comme ce fut le cas pour Missak et Mélinée Manouchian que l’on célèbre aujourd’hui. Internet, les réseaux sociaux et la télévision sont incapables de réaliser ce genre de travail. Soit ils pratiquent la censure ou l’autocensure, soit ils n’ont pas les moyens de mener à bien pareille enquête. La preuve : notre film est le seul travail d’investigation un tant soit peu sérieux mené sur l’affaire Abdallah. Et remercions chaleureusement les plus de 800 contributeurs et contributrices qui ont soutenu financièrement ce chantier.
Pierre CARLES
NOTE DU GRAND SOIR. Notre site a publié des nombreux articles sur George Ibrahim Aballah, sur la préparation de ce film et il a contribué à la levée des fonds par souscription.
LES DATES CLÉS
1978 - L’armée israélienne opère des incursions au sud Liban.
1982 - L’armée israélienne lance de nouvelles
opérations au Liban, dans les camps palestiniens et jusqu’à Beyrouth
ouest. Elles visent les foyers révolutionnaires palestiniens et des
membres de l’OLP qui y ont trouvé refuge. Elles se soldent par 18 000
morts.
Favorable à la lutte armée contre Israël et ses alliés américains,
Georges Abdallah rejoint les Fractions Armées Révolutionnaires
Libanaises. En riposte aux ingérences et agressions israéliennes, les
FARL prennent pour cible des militaires américains ou israéliens,
surtout en France.
1982 - En janvier, Charles R. Ray, attaché militaire américain, est tué à Paris. En avril, Yacov Barsimantov, diplomate israélien agissant pour les services secrets, l’est à son tour.
24 octobre 1984 - Georges Abdallah est arrêté à Lyon, alors que, munit d’un faux passeport, il se réfugie dans un commissariat pour se protéger d’agents qu’il croit appartenir au Mossad. Sa véritable identité établie, assisté de son avocat Jean-Paul Mazurier, il est accusé de détention d’armes et de faux papiers et condamné à 4 ans de prison, ce qui ne satisfait pas du tout les autorités américaines. Avec une remise de peine, il aurait pu sortir en 1986.
1986 - une série d’attentats à la bombe ensanglante Paris. Ils sont revendiqués par un certain Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques Arabes et du Proche-Orient (CSPPA), qui réclame la libération des activistes des FARL, dont Georges Abdallah. Mais ce CSPPA est en fait le faux nez d’agents iraniens qui se vengent du soutien militaire français à l’Irak en guerre contre la république islamique.
Peu importe, même si Georges Abdallah en prison et ses frères au Liban clament leur innocence (les FARL ne pratiquent pas le terrorisme contre des civils), ils sont des accusés idéals. Inspirée par le ministre de l’intérieur Charles Pasqua et son ministre délégué de la sécurité Robert Pandraud, la presse s’ingénie à en dresser les portraits, ceux de dangereux terroristes prêts à récidiver.
Dans une planque fréquentée par Georges Abdallah, on découvre des armes dont celle qui fut utilisée pour assassiner Charles Ray et Yacov Barsimantov. Même si le détenu se refuse à condamner des « actes de résistance » contre « l’oppression israélienne et américaine », il nie toujours avoir participé aux actions pour lesquelles il est en prison.
Février 1987 - Un nouveau procès à lieu. Les américains réclament que Georges Abdallah soit jugé aux assises. Il est condamné à la perpétuité pour complicité d’assassinat, condamnation confirmée bien que Jean-Paul Mazurier, son avocat, ait avoué avoir trahi son client en travaillant avec les services secrets français.
Le pourvoi demandé par son nouvel avocat, maître Verges, est rejeté par le ministre de la justice du gouvernement Chirac, Albin Chalandon. Une sévérité que ne démentiront aucun gouvernement pendant près de 40 années.
Bien qu’un condamné à perpétuité puisse demander une libération après 15 ans de prison, Georges Abdallah ne formule la première qu’en 2002. Alors qu’elle est jugée recevable (à la condition que le prévenu quitte le territoire), Dominique Perben, ministre de la justice du gouvernement Raffarin, fait appel de la décision. L’avocat de la famille de Charles R. Ray, maître Kiejman, obtient du directeur du cabinet du ministre qu’il intervienne directement dans cette affaire, à la demande expresse des autorités américaines. Les demandes de libération anticipée se suivent, sans succès.
2012 - Christiane Taubira, ministre de la justice, émet un avis favorable à une 8e demande de libération. Mais François Hollande et son ministre de l’intérieur Manuel Valls bloquent encore sa libération en refusant de signer l’arrêté d’expulsion qui devait l’accompagner. Côté américain, Hillary Clinton est à la manoeuvre, demandant à Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, d’empêcher cette libération.
Des rassemblements et manifestations de plus en plus importantes en faveur de la libération du militant communiste libanais pro-palestinien ont conduit la présidente du tribunal de l’application des peines à estimer que sa durée d’incarcération anormalement longue suscitait un véritable « trouble à l’ordre public ».
25 juillet 2025 - Georges Abdallah est libéré par la justice française et renvoyé au Liban au bout de 40 ans et 9 mois de détention.
PAROLES EXTRAITES DU FILM
« L’impérialisme judiciaire et politique américain s’impose à la France de monsieur Hollande et apparemment à la France de monsieur Macron. Georges Abdallah, il va prendre réclusion criminelle à perpétuité, officiellement pour avoir assassiné l’israélien et les deux américains, mais en réalité (...) il morfle pour les attentats. »
Alain Marsaud
Chef du service central de lutte anti-terroriste (1986-1989)
« Le Monde titre « la brigade criminelle a identifié les poseurs de bombes » On se dit : c’est la thèse officielle, donc nous, on la suit (...) On relaye. C’est vrai qu’à Libé, on a que cette piste-là. Et on relaie la thèse officielle »
Véronique Brocard
Journaliste à Libération en 1986.
« Je souris parce que c’est terrible et donc mon sourire est plus nerveux qu’autre chose. Je n’avais même pas de contacts avec les enquêteurs ».
Hervé Brusini
Journaliste à France TV (1983-2019)
« Je me suis dit qu’au fond, mettre en avant la piste Abdallah ne ferait pas de mal, même si ça ne faisait pas de bien. En réalité, nous n’avions aucune piste. »
Robert Pandraud
Ministre délégué à la sécurité (1986-1988)
« Georges Abdallah ??? ça ne me dit rien du tout. Je suis désolé. Est-ce que c’est l’Alzheimer précoce, mais ça ne me dit rien du tout... Abdallah ??? Non, je suis désolé, je n’ai aucun souvenir de ça. »
Laurent Fabius
Ministre des Affaires étrangère (2012-2016)
PIERRE CARLES
Il est né en 1962 à Bordeaux (France). Après des études d’animation socio-culturelle et de journalisme, il travaille comme caméraman d’actualité à FR3 Région avant d’intégrer l’équipe de l’émission L’Assiette anglaise (Antenne 2). Il tourne ses premiers courts-métrages documentaires pour Brut (ARTE) et Strip Tease (France 3). En 1998, il réalise Pas vu pas pris, un film de critique des médias, puis La Sociologie est un sport de combat (2001), le seul portrait filmé du sociologue Pierre Bourdieu. Depuis 27 ans, il a réalisé ou coréalisé une dizaine de longs-métrages, portant un regard critique sur le salariat, documentant la décroissance, abordant la question du recours à la lutte armée, faisant découvrir la politique non-orthodoxe du président équatorien Rafael Correa, narrant l’improbable candidature à la Présidentielle de l’ancien berger Jean Lassalle, racontant la sortie du maquis des guérilléras et guérilléros des FARC...
Il est l’auteur d’une dizaine de longs-métrages documentaire depuis Pas vu pas pris (1998), sélectionné à l’ACID Cannes et au Festival de Locarno. Il a réalisé Enfin pris ? (2003), Attention danger travail (2003, co-réalisé avec Christophe Coello et Stéphane Goxe), Volem rien foutre al païs (2007, idem), Fin de concession (2010), Choron, dernière (2010, coréalisé avec Eric Martin), On revient de loin (2016, coréalisé avec Nina Faure), Un berger et deux perchés à l’Elysée (2018, coréalisé avec Philippe Lespinasse)... Dernier film sorti sur le grand écran : Guérilla des FARC, l’avenir a une histoire (2024), tourné sur une période de 10 ans, en Colombie et à Cuba.
lundi 16 février 2026
50 años de ‘El desencanto’, documental que Elías Querejeta retiró de San Sebastián en protesta por la represión en Euskadi
Este año se cumple medio siglo del estreno de este gran documental de Jaime Chavarri, título fundamental del cine de la llamada Transición Española
Aunque se jugaba su futuro comercial, Elías Querejeta, conocido por las películas que había producido a Carlos Saura o Víctor Erice, retiró el documental en apoyo a la huelga general que se había convocado en Guipúzcoa como protesta por la muerte de un manifestante vasco por disparos de un policía.
El 15 de septiembre de 1976, El País publicaba la indignada respuesta del máximo responsable del festival, Miguel de Echárri, que en el franquismo (entre 1952 y 1956) fue secretario general del Sindicato del Espectáculo: “El artículo 7 del reglamento del festival que conocen quienes concurren a él habla de la imposibilidad de retirar la película. Sin embargo, el señor Querejeta, abusando de una manera clarísima de mi condescendencia, me ha venido diciendo, un día y otro, que aplazaba la entrega de la copia, alegando siempre una serie de complicaciones de última hora. De ahí que no tengamos en nuestro poder la copia. Todos estos aplazamientos dan la sensación de que eran parte de un plan premeditado. Me ha sorprendido muchísimo porque ha jugado con mi buena fe”.
En apoyo a Querejeta, una comisión de 29 personalidades guipuzcoanas, entre ellas Eduardo Chillida y Juan María Bandrés, hizo público este texto: “La gestora pro amnistía de Guipúzcoa ha tenido conocimiento de que los participantes en la realización de la película El desencanto han decidido retirarla del XXIV Festival Internacional de Cine de San Sebastián, en atención a las especiales circunstancias por las que atraviesa el pueblo vasco. La gestora considera positiva la indicada decisión, que por el contexto en que se ha producido supone una manifestación de solidaridad con el pueblo, denota madurez y sentido de la responsabilidad y constituye un aporte para la causa general, fin y motivo de la creación de esta gestora pro amnistía. En consecuencia, la gestora no puede por menos que mostrar su pública aprobación por el gesto de los participantes en la realización de la película El desencanto”.
Tanto Chávarri como Querejeta supieron pronto que no tenía un corto, sino un gran largometraje
Conviene recordar qué estaba pasando en España aquel año. Además del nombramiento, a dedo, por parte de Juan Carlos I, de Adolfo Suarez como presidente del Gobierno, la extrema derecha estaba terriblemente crecida y su violencia en las calles era cada día más alarmante. Aquel año se recuerda también por la matanza del 3 de marzo en Vitoria, cuando la policía desalojó de la iglesia de San Francisco de Asís, del barrio obrero de Zaramaga, a 4.000 trabajadores en huelga. La policía asesinó a cinco personas e hirieron a más de ciento cincuenta.
Como escribió Diego Galán, el más recordado director del Festival de cine de San Sebastián, en El País, en un principio El desencanto solo estaba pensado como un cortometraje documental que quería rodar Jaime Chavarri, hijo de Tomas Chávarri y Ligues y de Marichu de la Mora Maura y bisnieto del expresidente del Gobierno Antonio Maura. Chávarri quería contar la historia de su amigo Michi Panero, un ex niño bien cuya familia se había visto obligada a vender propiedades y las pertenencias de su padre para sobrevivir. El padre era Leopoldo Panero, poeta falangista de la generación del 36 y poeta oficial del franquismo.
En un primer momento, Michi, su madre Felicidad Blanc y sus hermanos Juan Luis y Leopoldo María y estaban dispuestos a hablar ante la cámara de Chávarri, pero con una condición: no saber lo que los otros hubieran dicho de ellos. Para sorpresa del director, los cuatro se desnudaron públicamente de una forma tan honesta como violenta. Y tanto Chávarri como Querejeta supieron pronto que no tenía un corto, sino un gran largometraje.
Leopoldo, que se considera el verdadero genio de la familia y al que también le gusta recitar en alto su propia obra, ataca a su madre de forma despiadada
El desencanto fue rodado justo cuando el régimen fascista se iba desmantelando para dar paso a otro régimen no tan ejemplar como muchos voceros del nuevo sistema pintaron y predicaron. De hecho, pronto muchos consideraron la transición como un desencanto.
Tras volver a ver El desencanto, después de bastantes años, debo confesar que me he reconciliado con Felicidad Blanc, una mujer triste a la que nada le pega su nombre. La recordaba como un personaje frío y distante, pero ahora veo el filme de Chávarri como el retrato femenino de una niña bien (era hija del director del Hospital Princesa de Madrid y primo-hermano de la madre de Josemaría Escrivá de Balaguer, fundador de la secta Opus Dei) que se convierte en señora y esposa de un poeta del régimen y es enseguida ninguneada por su alcohólico y brutal marido y sus no menos alcohólicos amigos. Porque si hay algo en El desencanto es alcohol. Y pitillos. No existe un documental en el que se fume tanto.
Y Felicidad no solo es machacada por su bestial marido, sino por sus hijos, aunque sea Michi (que se reconoce un parásito que se dedica básicamente a vaguear) el que más la entiende y escucha. Especialmente hiriente e injusto es Leopoldo, el hijo feo, demente, borracho y pedante, de hablar absolutamente insoportable. También Felicidad, una mujer culta (fue escritora y traductora) y de vocabulario envidiable, resulta relamida. Comienza recitando un poema de su marido de memoria, hablando de forma distinguida, literaria… pero al final se va soltando, sube la voz ante sus hijos y se hace casi humana.
Ya desde la primera conversación, entre el pijazo Michi y el ridículo y amanerado (“no soy homosexual”, él lo recalca por si acaso) Juan Luis (alias “Adoro el bizantinismo”) sabes que a lo que se tuvo que enfrentar Felicidad es sencillamente infernal. Esa intensidad, esos aspavientos, esos gritos, ese bebercio descontrolado. Y eso delante de una cámara, no quieres ni pensar lo que fue aquello en la intimidad.
Felicidad, aunque de clase alta, es un ejemplo de la mujer española sometida, siempre a la sombra del marido, supuestamente superior y que borra de su vida a todas sus amistades mientras ella debe acostumbrarse a los amigotes de tertulia borracha que aparecen por casa a las dos de la tarde y se van a las tres de la mañana. Por eso en El desencanto se recuerda que Felicidad vivió aterrorizada, además de que los Paneros significan “gritos y muy mal vino”.
Al acabar 'El desencanto' tienes la sensación de que acabas de ver una película de terror
La aparición, en el ecuador de la cinta, de Leopoldo María Panero refuerza aún más la simpatía del espectador (al menos la de un servidor) por Felicidad. Leopoldo, que se considera el verdadero genio de la familia y al que también le gusta recitar en alto su propia obra, ataca a su madre de forma despiadada. Pero Felicidad, dura y brillante, sabe defenderse. Y recuerda que vivió sola los ingresos psiquiátricos y carcelarios de Leopoldo, que en ningún momento le da tregua ni muestra la más mínima comprensión o compasión. Y además la tacha de superficial ante el silencio cómplice y cobarde de su hermano Michi.
Es Michi, el más normal de los hermanos, el que reconoce que la familia Panero morirá porque el alcohol acabará con ellos y no tendrán descendencia. También posiblemente el más roto y el más cínico. Es Michi el que dice: “Para estar desencantado antes hay que estar encantado y yo tengo dos o tres recuerdos muy frágiles en los que estuve encantado. Diría mejor ilusionado. El desencanto me ha venido impuesto. He participado como espectador, nada más”.
Y El desencanto acaba como empieza: con la estatua del padre enfundada en plástico, antes de ser exhibida ante el populacho y frente al castillo de Gaudí en Astorga. Y tienes la sensación de que acabas de ver una película de terror.
Pocas semanas después del no estreno de El desencanto, en la misma ciudad, San Sebastián, fue asesinado por ETA el procurador en Cortes, consejero del Reino y presidente de la Diputación de Guipúzcoa Juan María de Araluce, que formó parte de las filas del requeté y combatió en la aviación de caza en el bando fascista. La ejemplar transición seguía tambaleándose.
18 años después del rodaje de El desencanto, los hermanos Panero, sabedores de que eran una especie de leyenda gracias a Chavarri, aceptaron rodar una segunda parte. Se tituló Después de tantos años, la dirigió Ricardo Franco y fue una secuela fascinante e igual de aterradora.
dimanche 15 février 2026
Stalingrad I et II (L' Indomptable et L' Enfer blanc)
00:00 – Cold Open 01:39 – Opération Uranus 03:23 – Les conditions de vie 10:43 – Le Kessel, la prison blanche 14:32 – La faim, le froid, la désintégration 16:43 – Wintergewitter 20:56 – Koltso, l'anneau se referme 23:55 – La reddition de Paulus 25:45 – Epilogue
jeudi 29 janvier 2026
Dérive à Waterloo station d'après Terminus (John Schlesinger, 1961)
>>> Extrait de "Théorie de la dérive" (Les Lèvres nues, n° 9, novembre 1956)
[…] Le champ spatial de la dérive est plus ou moins précis ou vague selon que cette activité vise plutôt à l’étude d’un terrain ou à des résultats affectifs déroutants. Il ne faut pas négliger le fait que ces deux aspects de la dérive présentent de multiples interférences et qu’il est impossible d’en isoler un à l’état pur. Mais enfin l’usage des taxis, par exemple, peut fournir une ligne de partage assez claire : si dans le cours d’une dérive on prend un taxi, soit pour une destination précise, soit pour se déplacer de vingt minutes vers l’ouest, c’est que l’on s’attache surtout au dépaysement personnel. Si l’on tient à l’exploration directe d’un terrain, on met en avant la recherche d’un urbanisme psychogéographique.
Dans tous les cas le champ spatial est d’abord fonction des bases de départ constituées, pour les sujets isolés, par leurs domiciles, et pour les groupes, par les points de réunion choisis. L’étendue maximum de ce champ spatial ne dépasse pas l’ensemble d’une grande ville et de ses banlieues. Son étendue minimum peut être bornée à une petite unité d’ambiance : un seul quartier, ou même un seul îlot s’il en vaut la peine (à l’extrême limite la dérive-statique d’une journée sans sortir de la gare Lazare). […]
>>> Une gare où s’égarer: Saint-Lazare…ou Waterloo station.
>>> Terminus (John Schlesinger, 1961)
Beaucoup de plans ont été mis en scène. Il ne pouvait en être autrement avec des caméras peu discrètes, pourtant c'est l'effet recherché en donnant l'impression que l'action est regardée par une mouche posée au coin d'un mur.
mercredi 7 janvier 2026
dimanche 4 janvier 2026
mercredi 29 octobre 2025
mardi 30 septembre 2025
Sources noires (Brunius, 1937)
Documentaire artistique sur l’industrie pétrolière dans les années 30 depuis la découverte de l'huile et du bitume dans l'antiquité à partir d'iconographies, d'images d'animées et d'infographies. Raffineries en France.
Records 37 (Brunius, 1937)
Documentaire artistique sur l'idée du record humain. Depuis l'origine, l'Homme imagine et innove, créant des techniques qui elles-mêmes permettent d'autres découvertes et d'autres inventions. Poèmes chantés de Paul Valéry.
Violons d'Ingres (Jacques-Bernard Brunius, 1937)
Hommage aux inventeurs du dimanche, aux adultes restés fidèles aux «rêveries de l’enfance», à travers le portrait d'inventeurs et d'artistes. Longues séquences consacrées au douanier Rousseau et au Facteur Cheval.
dimanche 29 septembre 2024
mercredi 21 août 2024
mercredi 17 avril 2024
Les Enfants des Courants d'Air (Edouard Luntz, 1959)
Presque sans dialogues, sur une trame fictionnelle
minimaliste — l'histoire, sur une journée, d'un enfant et de son grand-père — le film
évoque la vie dans un bidonville espagnol de la Plaine Saint-Denis, entre
terrains vagues et tours en construction. Comme un oiseau fuyant sa
cage, la musique de flûte d'Eugène Kurtz (un élève d’Honegger et de
Messiaen), s'envole en contrepoint du drame. Prix Jean Vigo 1960.
