Los largos recuentos heroicos de cómo
Europa llega a «civilizar» a África son conocidos. La manera en que trae
tu luz tecnológica, su pensamiento coherente, tu seguridad con la que
de inmediato se reparte el continente haciendo caso omiso de lo que ahí
encuentra: culturas, técnicas, organizaciones sociales y económicas.
Pero los pueblos se sublevan. Aprenden el
lenguaje del colonizador y se levantan. Walter Rodney invita a los
historiadores africanos jóvenes a seguirlo en el análisis de cómo Europa
subdesarrolló a África. Esos historiadores formados en Europa necesitan
volver los ojos a sus países y poner en duda una serie de premisas que
tan sencillamente aceptaban. La vehemente descripción de Rodney de la
historia de África muestra la correlación directa entre el desarrollo de
Europa y el subdesarrollo del continente africano. Su claridad y
solidez científica abren nuevas vías de investigación, y al lector
latinoamericano le descubren fragmentos de su propia historia.
Walter Rodney fue profesor de Historia
Africana en la Universidad de Dar el Salaam, Tanzania, en donde ensenó
durante siete años, al cabo de los cuales volvió a su tierra natal,
Guyana, para proseguir ahí con sus labores académicas; publicó varias
obras y militó en la Alianza Popular de los Trabajadores. Fue detenido
en 1979 y posteriormente liberado, cuando cae la dictadura neocolonial
de Forbes Burham. El 13 de junio de 1980 fue asesinado junto con su
hermano Donald.
*
Indice
Prólogo a la traducción al castellano Prefacio
1.– Algunas cuestiones sobre el desarrollo
1.1 ¿Qué es el desarrollo?
1.2 ¿Qué es el subdesarrollo?
Breve guía de lectura
2.– Cómo se desarrolló África antes de la llegada de los europeos hasta el siglo XV
2.1 Una visión general
2.2 Algunos ejemplos concretos
Conclusión
Breve guía de lectura
3.– La contribución de África al desarrollo del capitalismo en Europa. El período precolonial
3.1 Cómo Europa llegó a ser el sector dominante del sistema mundial de comercio
3.2 La contribución de África a la economía y las creencias de la Europa capitalista temprana
Breve guía de lectura
4.– Europa y las raíces del subdesarrollo africano hasta 1885
4.1 El comercio europeo de esclavos como factor fundamental del subdesarrollo africano
4.2 El estancamiento tecnológico y la distorsión de la economía africana en la época precolonial
4.3 Ejemplos de desarrollo político militar continuado en África, de 1550 a 1885
Conclusión
4.4 La llegada del imperialismo y del colonialismo
Breve guía de lectura
5.– La contribución de África al desarrollo capitalista de Europa. El período colonial
5.1 La expatriación del excedente africano bajo el colonialismo
5.2 El fortalecimiento de los aspectos tecnológicos y militares del capitalismo
Breve guía de lectura
6.– El colonialismo como un sistema para subdesarrollar a África
6.1 Los supuestos beneficios del colonialismo en África
6.2 El carácter negativo de las repercusiones sociales, políticas y económicas
6.3 La educación para el subdesarrollo
6.4 Desarrollo por contradicción
Breve guía de lectura
Ils font tourner les urgences, la gériatrie, les hôpitaux de
campagne… et pourtant, ils restent cantonnés à des statuts bricolés.
Entre lenteurs administratives et mépris institutionnel, les médecins
étrangers vivent une précarité qui n’a rien d’un accident : c’est un
système.
En France, les médecins étrangers sont devenus indispensables mais
restent coincés dans des statuts précaires, mal payés et bourrés
d’obstacles administratifs.
Beaucoup se retrouvent en situation d’irrégularité à cause des
lenteurs des préfectures, ce qui crée un rapport de force où leur
vulnérabilité devient un outil d’exploitation.
Cette précarité casse leur ancrage social : ils finissent par se
sentir illégitimes pour s’engager plus. Certains directeurs d’hôpital
assument clairement ce rapport de force.
Au final, l’État utilise ce système pour avoir une main-d’œuvre
qualifiée mais subalternisée, maintenir la concurrence et favoriser le
dumping social.
Lors de la sortie de L’étranger,
le film d’Ozon, je me suis demandé : pourquoi adapter maintenant ce
roman sinistre et ringard ? Bien sûr, on pouvait répondre en pensant à
la passion de Macron pour Camus, et aux tensions actuelles entre la
France et l’Algérie. Mais, en lisant le livre magistral d’Olivier Gloag,
Oublier Camus (2013), on réalise à quel point la situation de
« l’Algérie française », et celle de la Palestine judaïsée sont
semblables, et que la bonne conscience coloniale de Camus peut servir à
neutraliser les horreurs du génocide en Palestine, comme elle sert à
donner un visage humaniste à la colonisation française en Algérie.
L’Algérie était, comme l’est la Palestine, une colonie de peuplement,
ce qui permet aux colons de s’imaginer que le pays qu’ils occupent est
le leur. Camus s’imaginait algérien, et criait, comme les autres colons,
son amour de l’Algérie ; c’est sans doute à partir de là qu’on a pensé
qu’il était anti-colonialiste, comme le prétendent les critiques de
droite et l’institution scolaire – mais Camus aimait l’Algérie sans
les Algériens (comme O. Gloag, je désignerai par le terme d’Algérien,
que les colons français s’étaient approprié, les indigènes que les
colons appelaient « les Arabes » ou « les musulmans), et il la voulait
partie intégrante de l’Empire français ; c’est ce que montre Gloag en
étudiant précisément, dans leur contexte, les déclarations, mouvantes et
souvent ambiguës, de Camus.
Dans les années 30, Camus est favorable à une réforme (légère) du
statut des Arabes : était-il donc favorable à la cause de
l’indépendance ? Nullement : il craignait que la cruauté du système et
l’humiliation systématique des Algériens ne favorisent le mouvement
indépendantiste, et estimait, comme le Prince Salina du Guépard,
qu’il fallait changer quelque chose pour que tout reste comme avant.
Mais les colons bloquèrent toute proposition de la métropole pour
améliorer le statut des Algériens. Déçu par son incapacité à influencer
les colons, Camus se met en retrait, mais les événements historiques
l’obligeront à intervenir de nouveau.
A la fin de la IIe Guerre Mondiale, à partir justement du 8 mai 1945,
ce seront les massacres de Sétif et Guelma. Du fait des violences des
colons, les manifestations des Algériens devinrent des émeutes, qui
provoquèrent la mort de 102 pieds-noirs (curieusement, Wikipédia annonce
d’abord 1165 morts, chiffre donné par les autorités à l’époque, et ne
rectifie qu’en fin d’article, sous la rubrique « bataille de
chiffres »). Le soulèvement du Nord-Constantinois fut écrasé par
l’armée : 41 tonnes de bombes déversées sur les villages, et 10000 morts
(estimation française), 17000 (estimation américaine), ou 45000
(estimation algérienne) – bref, conclut Wikipédia, entre 3000 et 30000
morts chez les Algériens ! On ne se soucie guère de compter les morts
arabes, que ce soit en Algérie ou à Gaza. On remarque aussi le même type
d’équivalence que celui pratiqué par les Israéliens, de façon plus
drastique : 100 morts arabes pour 1 mort français, 10000, 20000, 30000
... morts palestiniens pour un mort juif.
Comment réagit Camus, qui était en Algérie pendant les massacres ?
Dans un article, il parle de « désirs désordonnés de puissance et
d’expansion »... chez les Algériens (!), et d’une nécessité de justice
et d’humanité chez les Français : aucune condamnation des massacres des
colons et de l’armée, seulement des propos lénifiants, mais en fait
cyniques, qui constituent une véritable insulte à l’égard des Algériens.
Les événements, dit-il encore, laissent, chez « les masses arabes un
sentiment de crainte et d’hostilité », mais, chez les colons, « un
ressentiment profond et indigné » : on appréciera la différence de force
de ces termes, dont on peut conclure que ce sont les colons qui ont été
traumatisés ; par contre, Camus stigmatise la « haine » qui anime les
Algériens, et appelle donc les autorités à lancer une sorte de
Kulturkampf, pour conquérir les coeurs des Algériens.
Quel est le point commun entre Eugène Sue (Les Mystères de Paris, 1842), Alexandre Dumas (Le Comte de Monte Cristo 1844 ), Victor Hugo (Les Misérables
1862) et Camus ? Ils expédient en Algérie les gêneurs, criminels (tel
Thénardier), ou repentis ayant besoin d’expiation, se réhabiliter ou
donner un sens à leur vie en faisant le coup de feu contre les indigènes
ou, au mieux, en leur expliquant les bienfaits de la colonisation : « à
l’heure où tant de jeunes Français cherchent une voie et une raison de
vivre, on trouvera peut-être quelques milliers d’entre eux pour
comprendre qu’une terre les attend, où ils pourront à la fois servir
l’homme et leur pays ». Camus compte sur eux pour renforcer la position
des Européens face aux Algériens, de même qu’Israel, depuis son
installation, incite le plus possible d’Occidentaux à s’installer en
Palestine pour contrer la démographie palestinienne. L’Algérie, comme la
Palestine, apparaît comme une Terre Promise vierge qui n’attend pour
s’éveiller et parvenir à la civilisation que l’arrivée des Occidentaux.
Le ton onctueux, patelin, papelard de Camus est insupportable.
Mais Camus ne soutient pas seulement le colonialisme en Algérie (pour
lequel il pourrait faire valoir des raisons sentimentales) : le 8 mai
1954, après Dien Bien Phu, il compare ses sentiments à ceux qu’il
éprouvait lors de l’invasion allemande : « Comme en 40, sentiment
partagé de honte et de fureur », sentiment provoqué (précisons-le) par
l’abandon par la France des braves soldats massacrés par les
Vietnamiens.
Malgré son humanisme abstrait et iréniste, Camus ne peut pas cacher
son soutien au colonialisme. Chaque fois que, pendant la guerre
d’Algérie, des intellectuels de gauche lui demanderont de s’associer à
eux pour demander la grâce d’un condamné politique algérien, Camus
refusera. Pourquoi alors s’obstine-t-on à essayer de le dédouaner ?
Gloag nous donne la réponse : il est une « icône utile » qui permet de
croire qu ‘on pouvait concilier humanisme bienveillant et colonialisme,
et de mythifier l’histoire de France.
Mais il faut même parler, dans le cas de Camus, de racisme : une analyse honnête de L’Etranger et de La Peste
ne laisse aucun doute. La lecture de ces deux romans, et surtout le
deuxième, laisse une impression de malaise et même de dégoût que,
lorsque je les lisais étant adolescente, j’étais incapable de
m’expliquer ; avec plus de maturité, on comprend que ce dégoût est celui
que suscite le racisme. Il faut revenir sur ces textes, armé des
analyses et des mots de Gloag.
L’aspect le plus frappant de L’Etranger, c’est « le déni de
l’Arabe en tant qu’homme » ; ce déni « prend la forme d’une indifférence
qui n’est pas expliquée mais plutôt offerte comme un fait presque
neutre, comme une évidence indubitable ». Camus vide Alger de sa
population arabe, à l’exception de quelques figurants qui ne sont là que
pour les besoins de l’intrigue et qui disparaissent sans explication
dès qu’ils ont joué leur rôle ; ils resteront tous anonymes. Mais le
personnage du frère de la maîtresse de Raymond, souteneur et ami de
Meursault, est traité de façon ignoble : c’est l’Arabe au couteau, il
n’a pas d’autre caractéristique, et, fait étonnant, on ne lui accorde
jamais le statut de victime ; tout se passe comme si c’était lui qui
obligeait Meursault à le tuer d’un coup de pistolet : la lame accroche
un rayon de soleil, qui éblouit Meursault, agression qui justifie le
meurtre. Mais l’analyse de Gloag va plus loin : l’histoire du soleil
qui, éblouissant Meursault, déclenche une réaction automatique, est une
élaboration secondaire ; en réalité, Camus considère la nature
algérienne comme sa propriété en tant que colon français, et ne peut pas
supporter qu’un Arabe en jouisse, s’interposant entre la Nature et
lui : la présence d’un Arabe sur une plage algérienne est pour lui une
provocation inacceptable.
Cette provocation est d’autant plus grave, on peut dire
existentielle, que Camus s’est aménagé une position de retrait lui
permettant d’ignorer la réalité de l’Histoire en marche, c’est-à-dire la
montée de l’indépendantisme et l’impossibilité du statu quo colonial :
comme Meursault, il se réfugie dans la Nature immuable, qui efface la
société et ses problèmes, avant tout, la présence des Arabes. Meursault
tue donc l’Arabe parce qu’il menace son fantasme d’une Algérie française
innocente par nature. La même analyse vaut pour les colons israéliens :
il faut tuer les Palestiniens parce que leur présence est la négation
de leur construction idéologique d’une Palestine vide, Terre Promise aux
Juifs par Yahvé, et restée vierge jusqu’à leur arrivée.
Mais La Peste (1947) cache une réalité encore plus sombre.
L’idée reçue, affirmée partout, qu’on assimile sans penser à la mettre
en doute, c’est que la peste est une métaphore pour le fascisme : une
fois les puissances fascistes vaincues, ça ne mange pas de pain, et le
bourgeois conservateur peut les condamner en toute tranquillité. Mais
l’absence des Arabes est ici aussi criante que dans L’étranger.
Or, si Oran était une ville à majorité française, la population arabe
s’accroissait rapidement : de 20 % en 1931, elle passera à 40 % en
1954 : il n’est pas difficile d’en déduire que la menace démographique
ressentie par les colons s’exprime dans la présence et la prolifération
des rats. Quand un journaliste vient l’interroger sur les conditions de
vie des Arabes, le Docteur Rieux répond : pourquoi n’étudiez-vous pas
plutôt le phénomène de la multiplication des rats ? On ne peut traduire
plus clairement l’équivalence entre rats et Arabes et la substitution
dans le roman de ceux-ci par ceux-là. Même obsession démographique chez
les juifs d’Israel et même déshumanisation des Palestiniens : puisque
c’est de la vermine, il est justifié de les exterminer.
La sortie du film L’étranger est donc un signe très
inquiétant : il s’agit d’édulcorer l’entreprise coloniale, de dire que
de toute façon il est temps de tourner la page (c’est dans cette optique
qu’Ozon donne un nom posthume à l’Arabe assassiné), tout en idéalisant
le personnage du colon, en donnant ses raisons. La colonisation de
l’Algérie, une fois la conquête réalisée, a duré 84 ans ; le royaume
chrétien de Jérusalem avait duré 88 ans ; le royaume juif de Jérusalem
dure depuis 77 ans : les raisons du colonisateur l’emporteront-elles
encore longtemps ?
Este artículo se publicó por primera vez en francés en Les Temps Modernes, nº 177, París, 1961, y constituyó un capítulo de la obra de M. Rodinson Marxism and the Muslim World, Zed Press, 1979.
El libro en el que se basan estas reflexiones acaba de publicarse bajo los auspicios de la École Pratique des Hautes Études [I].
Se trata de un estudio concienzudo y detallado de un conjunto de
cuestiones que, en general, han sido objeto de una atención mucho más
seria en los países anglosajones que en Francia, donde la profecía
política gratuita pasa con demasiada frecuencia por investigación
científica. Un libro como este suele recibirse a priori con recelo en
los círculos militantes, e incluso en otros lugares. Mi objetivo es
ofrecer un contrapeso a este sectarismo tradicional.
Sultan-Galiev
es una de las figuras que desempeñaron un papel importante en los
primeros tiempos de la Internacional Comunista y de la Unión Soviética.
La mayoría de los militantes socialistas solo lo conocen por una
referencia de pasada hecha por Stalin [II],
una referencia más bien emocional, solía pensarse. Tal vez tuviera
razón. Haber despertado alguna emoción en Stalin puede considerarse un
logro.
Mir
Sayit Sultan-Galiev, ancido en 1900, era hijo de una maestra tártara.
[Esta fecha es casi con toda seguridad errónea. Según otras fuentes,
nació en un pueblo de Bashkiria en 1880]. Los tártaros eran una minoría
musulmana dentro del Imperio zarista, pese que poseían un carácter
propio. Había unos tres millones y medio de ellos repartidos por todo el
Imperio, pero se concentraban en cierta medida en el «Gobierno» de
Kazán, su centro político y cultural. Eran principalmente campesinos, y
los pocos obreros industriales tártaros aún mantenían estrechos lazos
con la vida rural. Pero también existía la burguesía (algunos sectores
eran industriales y muchos otros comerciantes) de la que habían surgido
un «clero» musulmán e incluso una intelectualidad. Esta burguesía y
estos intelectuales eran activos, dinámicos y ambiciosos. Muchos habían
sido durante mucho tiempo «modernistas» en su actitud hacia el dogma
musulmán, y «avanzados» en sus actitudes hacia el modo de vida musulmán
tradicional. Sus actividades docentes les llevaron a menudo a penetrar e
incluso establecerse en zonas habitadas por sus correligionarios menos
evolucionados, como Asia Central, Siberia y el Cáucaso. Al hacerlo,
introdujeron nuevas ideas y formas modernas, y en general agitaron las
cosas. Se les puede ver desempeñando este papel en las traducciones de
novelas kazakas y tadjikas publicadas por Aragón, por ejemplo [III]. Naturalmente, los janes reaccionarios veían todo esto con gran recelo.
Cuando
llegó la Revolución de Octubre, una parte importante de la
intelectualidad tártara la apoyó pensando que el socialismo establecido
por el nuevo régimen realizaría y profundizaría el programa del
movimiento reformista. Naturalmente, apreciaban especialmente la
orientación internacionalista del bolchevismo. Esperaban que condujera a
la igualdad entre los grupos étnicos y pusiera fin a la gran dominación
rusa, una dominación que los «blancos» volverían a imponer en caso de
victoria.
Sultan-Galiev
se afilió al Partido Bolchevique en noviembre de 1917 y, gracias a su
talento como orador y organizador, pronto se convirtió en una figura
relevante como representante de esta intelectualidad «colonial». Se
convirtió en miembro y luego en presidente del «Comisariado Central
Musulmán», un nuevo organismo afiliado al Narkomnats (Comisariado del
Pueblo para las Nacionalidades), un comisariado presidido por un líder
bolchevique todavía relativamente desconocido en aquella época, Joseph
Stalin. Con la ayuda de amigos, Sultan Galiev creó el Partido Comunista
Musulmán y reclutó unidades militares tártaras que desempeñaron un papel
clave en la lucha contra Koltchak. A pesar de la oposición de los
soviéticos y comunistas rusos locales, consiguió que el gobierno central
le prometiera la creación de un gran Estado predominantemente musulmán,
la República Tártaro-Bachkir, que tendría entre cinco y seis millones
de habitantes y abarcaría las vastas zonas del Volga medio y los Urales
meridionales.
Fue
durante este periodo cuando desarrolló una serie de ideas que esperaba
defender y hacer realidad. Consideraba a la sociedad musulmana, a
excepción de unos pocos grandes terratenientes feudales y burgueses,
como una unidad que había sido oprimida colectivamente por los rusos
bajo el zarismo. Por tanto, no tenía sentido dividirla con diferentes
luchas de clases creadas artificialmente. Como por el momento los
musulmanes estaban sumidos en la pobreza y eran tan incultos como para
proporcionar cuadros, no había que dudar en utilizar las cabezas
disponibles: los intelectuales pequeñoburgueses e incluso el clero
reformista, que habían dado alguna prueba de su fidelidad a la
Revolución. En efecto, la revolución socialista debía adaptarse a una
sociedad harto impregnada de tradiciones musulmanas. Sultan Galiev,
ateo, recomendó, por tanto, que se tratara al Islam con suavidad,
mediante una «desfanatización» y una secularización graduales. Los
musulmanes de Rusia, y especialmente los más ilustrados de entre ellos,
los tártaros, serían entonces capaces de desempeñar un tremendo papel
histórico, pues a escala mundial la Revolución tendría que ser sobre
todo una liberación de los pueblos coloniales. Por tanto, era de vital
importancia contrarrestar la tendencia de la Komintern a concentrarse
principalmente en Occidente. La revolución socialista comenzaría en
Oriente. ¿Y quién podía llevar la antorcha de la cultura y del
socialismo a Asia mejor que los musulmanes bolcheviques de Rusia?
Para
evitar confusiones, debe decirse desde el principio que no se trataba
de reivindicaciones religiosas ni clericales. En Rusia había varios
grupos étnicos cuya religión era el Islam, que les había proporcionado
una cultura y una tradición comunes, y que había influido del mismo modo
en muchos aspectos importantes de su forma de vida. Existía, por tanto,
una cierta unidad cultural indiscutible entre estos pueblos que iba más
allá de sus particularidades étnicas, sobre todo porque estas no eran
muy pronunciadas. Asimismo, la unidad cultural se había visto reforzada
por su resistencia a los intentos de convertirlos al cristianismo y
convertirlos en rusos, intento que no percibían como una lucha
ideológica, sino como una agresión colonial contra su patrimonio
cultural común.
Estas
ideas preocupaban a los dirigentes bolcheviques. Stalin apoyó a Sultan
Galiev contra quienes querían atizar la guerra de clases en los círculos
musulmanes y romper todo contacto con los elementos no proletarios.
Pero, a diferencia del tártaro, consideraba que la alianza de clases era
sólo temporal. Una vez derrotados Koltchak y los checos, el apoyo de
los musulmanes del Volga y los Urales, cuyos cuadros habían quedado
inutilizados durante la lucha, perdió importancia. El Partido Comunista
Musulmán perdió su autonomía y la idea de una alianza duradera entre la
pequeña burguesía y el proletariado fue rechazada por el Congreso de los
Pueblos Orientales celebrado en Bakú en septiembre de 1920. Se proclamó
que la revolución nacional tenía que ser dirigida por el proletariado,
es decir, el proletariado occidental, y que, como declaró un delegado
del Congreso, «la salvación de Oriente solo reside en la victoria del
proletariado» [IV].
Se abandonó el proyecto de un gran Estado musulmán. En su lugar, se
crearon dos pequeñas repúblicas, una bachkir y otra tártara. La mayoría
de los tártaros vivían fuera de esta última y su población sólo era
tártara en un 51,6%. Sus ciudades eran casi un 80% rusas. Kazán, la
capital, era un centro ruso.
Fue
en esta etapa cuando Sultan Galiev, que seguía ocupando un cargo
oficial importante, pasó a la oposición, en un intento de luchar contra
las manifestaciones de lo que él llamaba "gran chovinismo ruso", y trató
de infiltrar a sus partisanos tártaros en las organizaciones del
Partido y en los soviets. Quería hacer de Kazán un centro de la cultura
nacional tártara y un semillero revolucionario desde el que el
"comunismo musulmán" se extendiera a todos los pueblos musulmanes de la
Unión Soviética y, más allá, a todo el Oriente musulmán. Luchó contra
los izquierdistas que defendían una política más antiburguesa y que
contaban con el apoyo de los estametos rusos. También trabajó para que
el tártaro, en lugar del ruso, fuera la lengua oficial de la
administración.
Al
toparse con la inquebrantable oposición del Gobierno Central y de los
comunistas rusos, sobre todo después de que el X Congreso del Partido
aprobara una clara resolución condenando la "desviación nacionalista",
Sultan Galiev estableció contactos más o menos secretos con una serie de
militantes descontentos. Quería crear un frente común contra los rusos,
a los que acusaba de reanudar la política colonial zarista. ¿Hasta
dónde llegó en la búsqueda de apoyo para este frente? Stalin le acusó de
haber llegado incluso a contactar con los Basmatsh, las bandas de
musulmanes insurgentes que libraban una lucha armada contra los
bolcheviques de Turquestán. Pero no hay razón para tomar al pie de la
letra las palabras de Stalin. Sea como fuere, en 1923 Stalin hizo
detener y expulsar del Partido Comunista a Sultan Galiev. Fue liberado
poco después, pero Kámenev lamentaría más tarde que él y Zinóviev
hubieran dado su consentimiento a este «primer arresto de un miembro
eminente del Partido por iniciativa de Stalin» [V].
Poco
se sabe de la vida de Sultan Galiev después de 1923. Tal vez fue
exiliado, detenido de nuevo y liberado. Trabajó en Moscú en las
editoriales estatales. Pero continuó su lucha, al menos
clandestinamente. Había creado toda una organización que atrajo a
numerosos comunistas musulmanes, principalmente tártaros. Desarrolló sus
ideas a la luz de la evolución de la situación, aunque desde la
penumbra. En su opinión, la revolución socialista no resolvía el
problema de la desigualdad entre los pueblos. El programa bolchevique
consistía en sustituir la opresión de la burguesía europea por la
opresión del proletariado europeo. En cualquier caso, el régimen
soviético se estaba liquidando; la NEP estaba en pleno apogeo. O bien
sería derrocado por la burguesía occidental o se convertiría en
capitalismo de Estado y democracia burguesa. Cualquiera que fuera el
resultado, los rusos como pueblo volverían a convertirse en opresores
dominantes. El único remedio posible era asegurar la hegemonía del mundo
colonial en desarrollo sobre las potencias europeas. Esto significaba
crear una Internacional Colonial Comunista, que sería independiente de
la III Internacional, y quizás incluso opuesta a ella. Rusia, como
potencia industrial, tendría que quedar excluida. La difusión del
comunismo en el Este, que esta nueva Internacional promovería,
permitiría sacudirse la hegemonía rusa sobre el mundo comunista.
A
medida que el régimen ruso se fortalecía, se volvía cada vez menos
tolerante con la disidencia. En varias ocasiones, los rusos se dieron
cuenta de que se enfrentaban a una oposición tártara organizada.
Entonces, Stalin la reprimió. En noviembre de 1928, Sultan Galiev fue
detenido y condenado a diez años de trabajos forzados, que cumplió en
Solovski. Fue puesto en libertad en 1939, pero se le perdió la pista en
1940.
Lecciones de una historia olvidada
Alexandre
Bennigsen y Chantal Quelquejay merecen nuestra gratitud por haber
revivido esta historia olvidada. Su tarea de cribar, escudriñar y
organizar una enorme cantidad de documentos en tártaro y ruso ha sido
tan ardua como importante. Es de esperar que podamos extraer algunas
conclusiones de sus hallazgos.
La
primera es que el análisis de la lucha política en torno al problema de
las minorías musulmanas en la Unión Soviética demuestra claramente que
puede haber contradicciones en un régimen socialista. Esto no es nuevo,
por supuesto: el propio Mao Tse-tung lo ha dicho, aunque con el añadido
bastante gratuito de que tales contradicciones solo pueden emerger como
"no antagónicas". Pero eso no altera el hecho de que cada vez que
alguien pone de relieve una de esas contradicciones a nivel práctico se
hace todo lo posible por negarla o minimizarla. Naturalmente, los más
dogmáticos no hacen ningún intento de analizar esas contradicciones, de
explicarlas o de comprender sus causas y sus repercusiones. Por el
contrario, cada fase de la política adoptada por los dirigentes
comunistas se presenta como determinada por una sabiduría superior que
sigue atentamente los giros de la coyuntura nacional e internacional,
guiada por la brújula infalible de la doctrina marxista. Por supuesto,
la realidad es bien distinta: cada decisión política es el resultado de
luchas constantes entre tendencias opuestas y expresa el equilibrio de
fuerzas entre ellas. El trasfondo social de estas luchas es
probablemente muy diferente al de una sociedad de clases, pero el
mecanismo es similar en su esencia. En otras palabras, la historia
continúa y aún no hemos entrado en el reino intemporal de la ciudad
santa. Mucha gente responderá que todo esto es bastante obvio, pero tal
vez no capten todas las complicaciones que entraña.
La
política soviética podría haber sido diferente, más orientada hacia
Asia, por ejemplo. Algunas de las ideas del Sultan Galiev tal vez
pudieran haberse puesto en práctica. Pero había obstáculos muy reales
para alcanzar tal programa: la falta de cuadros musulmanes, la situación
en el Este en aquel momento. Además, en el interior existía el peligro
de cierta desviación nacionalista tártara, reforzada por el nocivo
chovinismo tártaro. En el exterior, incluso si se hubieran aplicado las
ideas de Sultan Galiev, que en parte compartían el comunista indio
Manabendra Nath Roy y otros que las defendieron durante los primeros
Congresos de la Comintern, los beneficios habrían sido probablemente
escasos. Incluso Walter Z. Laqueur está de acuerdo con esta visión
pesimista, y nadie podría sospechar que fuera indulgente con los
dirigentes bolcheviques [VI].
Pero está claro que la elección de la orientación a este respecto
también se vio influida por otras consideraciones: estaba el dogmatismo
de los dirigentes, el hecho de que en ciertos periodos la idea de que el
proletariado era la fuerza predominante en la revolución se aplicara
mecánicamente y contra todo sentido común, incluso a zonas en las que el
proletariado no existía. De hecho, en general, y hasta hace muy poco,
los dirigentes comunistas han sido tan obtusos como los capitalistas en
su enfoque del despertar de los pueblos coloniales. Y, aunque su falta
de comprensión es excusable a muchos niveles, el hecho es que ha tenido
muchas consecuencias desastrosas incluso desde su propio punto de vista.
El socialismo y la cuestión nacional
También
está claro que el socialismo, entendiendo por tal la socialización de
los medios de producción, no resuelve automáticamente todos los
problemas. El estalinismo nos ha demostrado que el despotismo era
posible en el socialismo y, por tanto, que existía un problema de poder
político subyacente. Otros acontecimientos sugieren que el problema
nacional tampoco desaparece necesariamente bajo el socialismo. El hecho
de que el proletariado haya llevado a cabo la revolución social no lo
convertirá en un santo», escribió Lenin en 1916. Pero los eventuales
errores –y los intereses egoístas que empujan a uno a cabalgar sobre las
espaldas de los demás– le llevarán inevitablemente a darse cuenta de la
siguiente verdad. Al convertir el capitalismo en socialismo, el
proletariado crea la posibilidad de abolir por completo la opresión
nacional: esta posibilidad «solo» [«¡solo!»] se convertirá en un hecho
cuando la democracia se haya establecido por completo en todos los
ámbitos [VII].
El
ejemplo de Sultan Galiev demuestra que entre 1920 y 1928 los tártaros
desconfiaban mucho de los comunistas rusos y temían un neocolonialismo
comunista ruso. Los dirigentes bolcheviques negaron que tal temor
estuviera justificado. El propio Stalin declaró, en 1923, que «si
Turquestán es efectivamente una colonia, como lo era bajo el zarismo,
entonces los basmatsh tienen razón, y no nos corresponde a nosotros
juzgar a Sultan Galiev, sino a él juzgarnos a nosotros, como el tipo de
gente que tolera la existencia de una colonia en el marco del poder
soviético» [VIII].
Pero las cosas no eran tan sencillas. La política soviética hacia las
minorías musulmanas de la Unión Soviética ha sido, en general,
extremadamente atenta. Los musulmanes han sido bien atendidos y sus
zonas han sido industrializadas. Los cuadros autóctonos fueron
promovidos gradualmente, y este proceso continúa. Los musulmanes están
protegidos por exactamente las mismas leyes que los demás ciudadanos
soviéticos, y en la práctica los «autóctonos» han disfrutado incluso de
ciertos privilegios frente a los rusos. Pero esta evolución ha sido
cuidadosamente controlada. Se mantiene un férreo control sobre todos los
puestos clave. Además, la tendencia general de las costumbres
estalinistas no favorecía la interpenetración entre comunidades. La
situación no tiene nada en común con las situaciones coloniales de otros
lugares. Pero los problemas nacionales persisten, como lo demostró
claramente el comportamiento de muchos grupos minoritarios durante la
Segunda Guerra Mundial, y como lo confirman muchos pequeños incidentes
incluso hoy en día [IX].
Y, por cierto, tales sucesos atraerían menos la atención, y bien
podrían ser menos distorsionados en el extranjero, si los soviéticos no
pusieran tanto esfuerzo en encubrirlos y atacar a los «calumniadores»
que se atreven a sugerir que no todo es absolutamente perfecto en estas
áreas de la Unión Soviética.
Un precursor
Sultan
Galiev no parece haber tenido verdaderos herederos espirituales en las
zonas musulmanas de la Unión Soviética. No sabemos qué ocurriría hoy si
se permitiera la aparición de grupos de presión política. Pero lo que se
puede suponer sobre las aspiraciones de los pueblos de estas zonas
muestra que tienen poco en común con Sultan Galiev. Sus reivindicaciones
parecen mucho más «reformistas», mucho menos revolucionarias. Si
pudieran, presionarían por ligeros cambios, sin cuestionar el derecho
del régimen a gobernar. El papel de propagadores de la Revolución en
Oriente parece tener poco atractivo para ellos. Es posible, por
supuesto, que la tapadera del conformismo oficial oculte una realidad
mucho más efervescente…
Pero
es fuera de la Unión Soviética, en los llamados países
subdesarrollados, donde la situación contemporánea hace pensar
constantemente en las ideas del Sultan Galiev. ¿Hasta qué punto puede
decirse que es un precursor de la nueva línea adoptada por la Unión
Soviética desde 1954, una línea que respalda a la burguesía neutralista
afroasiática? ¿En qué medida puede considerarse precursor del comunismo
maoísta, que se concentra esencialmente en la lucha inmediata por la
revolución socialista en las excolonias?
La
actitud de Sultan Galiev y de los comunistas tártaros en 1918 derivaba
de su rechazo a servir de mero apoyo a un movimiento proletario europeo,
por muy justificado que estuviera. Querían que la Revolución fuera
también su revolución y que siguiera un curso determinado por sus
propias acciones, no por las de su hermano mayor, evitando ese
movimiento un tanto paternal del proletariado ruso. Hay que tener en
cuenta que uno de los métodos de intervención de este último, que más
tarde se utilizaría en otros lugares, era la insistencia en que el apoyo
autóctono procediera únicamente del proletariado. En los países en los
que el proletariado era todavía embrionario, esto equivalía a designar
arbitrariamente a los individuos con los que valía la pena hablar. La
exigencia esencial de los tártaros de "llevar a cabo nuestra propia
revolución" llegó en el momento equivocado. La dirección bolchevique ya
estaba tomando un rumbo muy diferente: un cuidadoso control burocrático
sobre todos los aspectos del movimiento de masas. Tanto los soviets como
los sindicatos, en el interior, y los partidos aliados o comunistas, en
el exterior, estaban sometidos a un control muy estricto.
Significativamente,
el hombre del momento era Stalin, cuya belicosidad universal y mezquina
se convertiría más tarde en algo patológico. El enfermo Lenin fue
ignorado cuando advirtió que "el daño que puede causar la falta de
unidad entre los aparatos estatales nacionales y el aparato estatal ruso
no es nada comparado con el daño que resultará de un exceso de
centralismo; esto nos perjudicará no sólo a nosotros, sino a toda la
Internacional, y a los cientos de millones de asiáticos que pronto
seguirán nuestros pasos e irrumpirán en la escena histórica" [X].
En teoría, el propósito de la Internacional era impulsar la marcha del
mundo hacia el socialismo. Por lo tanto, su tarea parece haber sido
desarrollar un nacionalismo marxista que luchara por la independencia
nacional y la socialización en los países dependientes. El desarrollo
social del Este en aquella época impedía cualquier empresa más
ambiciosa. A pesar de todos sus errores, está claro que esa era la
intuición básica del Sultan Galiev. El sistema estalinista hizo
imposible que los Partidos Comunistas coloniales llevaran a cabo esta
tarea. Esencialmente, la culpa de este fracaso la tuvo su rígida
subordinación a la estrategia mundial de una Internacional centrada en
el mundo europeo. Estos partidos comunistas coloniales dependían a veces
incluso directamente de sus equivalentes europeos. No obstante, acabó
surgiendo un nacionalismo marxista, arrastrado por la corriente de la
historia. Pero no lo hizo en el marco de los partidos comunistas, y fue
necesaria la imbecilidad anticomunista estadounidense para empujar a la
izquierda marroquí y argelina, a Castro, a Sekou Toure y a Modibo Keita a
los brazos de lo que quedaba de la III Internacional.
Hoy
existe la Internacional Colonial reconocida por Sultan Galiev. Adopta
la forma del bloque afroasiático, que empieza a extenderse a América
Latina, y está unida contra la dominación blanca, como soñaba el
comisario tártaro. Pero existen ciertas diferencias, aunque todavía no
llegan a escisión, entre un ala marxista comprometida con el avance
rápido hacia el socialismo y un ala burguesa partidaria de una
transformación lenta o incluso de ningún cambio. También hay una serie
de casos ambiguos que resultan especialmente interesantes.
Desde
1954, la Unión Soviética apoya a esta Internacional Colonial. Pero
Jruschov sólo sigue aparente y parcialmente la línea del Sultan-Galiev.
Los pueblos coloniales siguen siendo vistos solo como una fuerza de
apoyo cuya función es ejercer presión sobre los adversarios blancos de
la Unión Soviética, arrancarles concesiones, no destruirlos. La Unión
Soviética no fomenta la socialización en el Tercer Mundo y probablemente
ni siquiera la desea. Parece que las autoridades soviéticas están
finalmente de acuerdo con Sultan Galiev en este punto, pero su motivo no
es fortalecer la revolución; el objetivo es mucho más egoísta. El
triunfo mundial del socialismo se sigue considerando esencialmente como
el resultado de la evolución más o menos revolucionaria de los países
industrialmente avanzados. Solo en China, donde la distancia y la
astucia ancestral china facilitaron eludir la estrategia internacional
estalinista, el nacionalismo marxista pudo salir triunfante en el marco
de un Partido Comunista tradicional. En efecto, Mao Tse-Tung se contentó
con aplicar las ideas defendidas por la Comintern durante sus fases de
frente popular o nacional. Pero las aplicó de forma sistemática y
coherente. Su victoria y las circunstancias subsiguientes, la hostilidad
militante de las naciones blancas y la socialización de la sociedad
china, le llevaron a tomar el timón de un nuevo tipo de comunismo
colonial, que propuso como modelo para todo el mundo subdesarrollado ya
en 1949. Desde entonces, los acontecimientos en China no han dejado de
acercar las ideas de los nuevos dirigentes chinos a algunas de las de
Sultan-Galiev. La primacía de la revolución colonial y el temor a que un
neocolonialismo, o al menos un neopaternalismo, pudiera acabar
surgiendo del seno del propio mundo socialista han sido temas
constantemente reiterados.
Así,
las ideas de Sultan Galiev han resurgido en las dos principales
corrientes del comunismo mundial. Por supuesto, nadie cita a este
condenado campeón de las oscuras luchas de ayer. Y, sin embargo, se le
puede considerar como el primer profeta de la lucha colonial contra la
hegemonía blanca dentro del propio socialismo, como el primero en
pronosticar una ruptura entre el comunismo europeo de los rusos y el
comunismo colonial. También podría celebrársele como el hombre que
proclamó por primera vez la importancia del nacionalismo marxista en los
países coloniales, y la relevancia internacional para el socialismo de
aquellos movimientos nacionales que no prevén inmediatamente la guerra
de clases y la total socialización. El propio Mao seguía adoptando esta
posición en Yenan. El futuro emitirá sin duda su propio veredicto sobre
este primer representante del Tercer Mundo dentro del movimiento
comunista. Seguramente no dejará de reconocer su papel de profeta
marginado.
[I] Alexandre Bennigsen y Chantal Quelquejay,Les Mouvements Nationaux chez les Musulmans de Russie, 1: Le 'Sultangalievisme' au Tartarstan, Mouton, La Haye, 1960 (Documents et Témoignages, 3).
[II] De
hecho, a lo largo de uno de los discursos pronunciados en la IV
Conferencia del Comité Central del Partido Comunista Ruso, ampliada a
los militantes responsables de las repúblicas y regiones nacionales, del
9 al 12 de junio de 1923. Véase I.V. Stalin, Sotshineniya, Bk. V,
Moscú, 1947, pp.301-312. Para detalles importantes de esta conferencia,
que había sido convocada especialmente para condenar al sultán Galiev,
que había sido arrestado a finales de abril o en algún momento de mayo,
véase E.H. Carr,A History of Soviet Russia, Vol. IV, The Interregnum, Macmillan, Londres, 1960, pp.287-9; Bennigsen y Quelquejay expresan algunas reservas sobre el pasaje. En la obra oficialIstoriya Kommunistitsheskoy partii Sovietskogo soyuza,
Bk. IV/I, Moscú, 1970, p.283, aparece una fotografía de los
participantes en el congreso, que solo fue numerado IV para restarle
importancia. El comentario que lo acompaña deja claro que la condena de
Sultan-Galiev aún persiste en la ideología oficial, y de hecho se ve
reforzada por consideraciones contemporáneas.
[III] Por
ejemplo, Sariddine Aini, Boukhara, traducido del tadjik por S. Borodine
y P. Korotkine, Gallimard, París, 1956; Moukhtar Aouezov, La Jeunesse
d'Abai, traducido del kazako por L. Sobolev y A. Vitez, Gallimard,
París, 1959. [IV] Premier Congrès des peuples de l'Orient, Bakou, 1920, Petrogrado, 1921, ed. francesa, citado por Bennigsen y Quelquejay, op. cit. p.140.
[V] Como le dijo una vez a Trotsky. Cf. L. Trotsky,Stalin, Hollis and Carter, Londres, 1947, p.417. [VI] Walter Z. Laqueur, The Soviet Union and the Middle East, Routledge and Kegan Paul, Londres, 1959, p.22.
[VII] Resumen
de una discusión sobre el derecho de las naciones a la
autodeterminación" en V.I. Lenin, "Observaciones críticas sobre la
cuestión nacional",Obras Completas, Vol. 20,
pp.1-34 (4ª ed. rusa), (puntuación de Lenin). Para un análisis de cómo
evolucionó la posición de Lenin, en qué se diferenciaba de la de Stalin y
cómo se manifiesta el problema en la Unión Soviética hoy en día, véase
H. Carrère d'Encausse, "Unité prolétarienne et diversité nationale,
Lenine et la théorie de l'autodétermination" en Revue Française de
Science Politique, Vol. XXI, No. 2, pp.221-255. [VIII] Stalin,El marxismo y la cuestión nacional, varias ediciones. [IX] Probablemente
estaba minimizando el problema. Véase A. Bennigsen y C.
Lemercier-Quelquejay, L'Islam en Union Soviétique, Payot, París, 1968,
para un relato objetivo.
[X] Observaciones sobre «nacionalidades y autonomía»; véaseMarxist Quarterly,
octubre de 1956, p. 255. Los «aparatos nacionales» se refieren a los
aparatos de los partidos comunistas no rusos de la Unión Soviética.
El presente artículo elabora una revisión crítica del pensamiento
marxista desde autores como Karl Marx, Friedrich Engels, Karl Kaustky,
Eduard Bernstein, Otto Bauer, Iosef Stalin, Rosa Luxemburgo, Vladimir
Ilich Lenin y Manabendra Nath Roy en torno a la cuestión nacional,
colonial y antiimperialista. Pretendemos recoger una nueva genealogía
crítica sobre la cuestión nacional dentro del marxismo que no ha sido
reconocida por el llamado marxismo occidental hegemónico. Se trata de la
relación entre la cuestión nacional, la cuestión colonial y la cuestión
antiimperialista en la primera tradición marxista entre la I
Internacional, la AIT y la III Internacional, el Komintern.
Esta tradición incorpora reflexiones y análisis para pensar la cuestión
del derecho de autodeterminación como uno de los elementos centrales del
pensamiento marxista durante el último tercio del siglo XIX y las dos
primeras décadas del siglo XX. La formulación del derecho de las
naciones a la autodeterminación incorporó elementos de la llamada
cuestión nacional, de la cuestión colonial y de la crítica marxista al
imperialismo y es fundamental para comprender el desarrollo de la teoría
marxista y del movimiento sociales desde la I Internacional (1864) a la
Conferencia de Bakú (1920).
En su nuevo libro “¿Capitalismo de la
vigilancia o democracia? Una lucha a todo o nada en la era de la
información” (Unsam Edita), Shoshana Zuboff profundiza su reflexión
crítica sobre el ecosistema digital. Para hacerlo, desgrana la
perspectiva de lo que llama un “campo unificado”, ciclo conceptual que
empieza con una operación económica, sigue con un vector de gobernanza y
termina en uno de daños sociales. Las plataformas como nueva forma de
capitalismo sincronizado con políticas antidemocráticas que les permiten
tener un control casi absoluto, desafiar a los Estados y, a través de
la IA, generar servidumbre laboral en el sur global.
Cuando vinieron a llevarse los datos, guardé silencio porque me brindaban servicios.
Cuando
vinieron a pedir que no haya regulaciones para sus negocios, guardé
silencio, porque ya sabían mucho de mí y de mis acciones.
Cuando vinieron a manipular todo lo que puedo saber y querer, guardé silencio, porque ya no sabía qué era verdad y qué no.
Cuando vinieron a gobernar todo, ya era tarde, porque no había gobierno a quien protestarle.
En esta versión libre del famoso poema escrito por el pastor luterano
alemán Martin Niemöller en 1946 se puede cifrar algo de lo que Shoshana
Zuboff, profesora emérita de la Escuela de Negocios y de la Facultad de
Derecho de la Universidad de Harvard, quiere advertir en su último
libro, ¿Capitalismo de la vigilancia o democracia? Una lucha a todo o nada en la era de la información, publicado por Unsam Edita.
Zuboff forma parte del campo de estudios críticos sobre plataformas e
inteligencia artificial. El tema viene explotando editorialmente en
Argentina con la salida reciente de libros centrales como The Stack de Benjamin Bratton (Interferencias), El ojo del amo de Matteo Pasquinelli (Fondo de Cultura Económica), Lo impensado de N. Katherine Hayles (Caja Negra), Metamorfosis de la inteligencia de Catherine Malabou (La Cebra), Los costos de la conexión de Nick Couldry y Ulises Mejias (Godot, 2023) Atlas de la Inteligencia Artificial de Kate Crawford (Fondo de Cultura Económica, 2022), Nanofundios de Agustín Berti (Cebra, 2022) y Tecnoceno de Flavia Costa (Taurus, 2021). Y más lejos en el tiempo, Capitalismo de plataformas de Nick Srnicek (Caja Negra, 2018), Los dueños de Internet de Natalia Zuazo (Debate, 2018) y el propio La era del capitalismo de la vigilancia de Zuboff (en 2019).
¿Capitalismo de la vigilancia o democracia?, el último libro
de Shoshana Zuboff, es una actualización del esquema analítico
compartido con el resto de las publicaciones. Este esquema plantea una
tripartición entre datos, algoritmos y plataformas como “matriz social”
de la inteligencia artificial y de los ecosistemas digitales que
habitamos. En el caso de Zuboff, por un lado, se inscribe dentro de una
caracterización de las plataformas en términos de nueva forma de
capitalismo (como Srnicek con su “capitalismo de plataformas”); y, por
el otro, se trata de un capitalismo sincronizado con una forma política
antidemocrática. El capitalismo de la vigilancia, plantea Zuboff, nació
exactamente con el siglo XXI y se puede rastrear en hechos clave. Con
ellos, se desgrana su ambiciosa perspectiva de lo que llama el “campo
unificado” de las cuatro etapas del orden institucional del capitalismo
de la vigilancia, que conforma un “poder instrumentario”, “que conoce el
comportamiento humano y le da forma, orientándolo hacia los fines de
otros”. Este poder es tan peligroso como lo fue el “poder totalitario”
apuntado por Niemöller.
Introducción. El primer fascismo español, una historia de tres ciudades
Si el fascismo español tiene un himno,
este es sin duda el «Cara al
sol» falangista. Estrenado en 1936, su estrofa inicial reza así:
Cara al sol con la camisa nueva,
que tú bordaste en rojo ayer,
me hallará la muerte si me lleva
y no te vuelvo a ver.
Pero el primer caído «cara al sol» no
fue un falangista, sino un poeta e intelectual considerado el padre de
la independencia de Cuba: José Martí. Murió en Pinar del Río el 19 de
mayo de 1895 luchando contra una columna española, pese a ser hijo de un
valenciano y una tinerfeña emigrados a la isla. Señala el historiador
John Lawrence Tone que Martí fue temerario al querer demostrar que podía
luchar con las armas igual que con sus textos:
Se aproximó a los españoles armado
tan solo con una pistola y montado en un caballo blanco: las ráfagas de
rifle le hirieron de muerte tirándole al suelo.
Su muerte tuvo «aroma de suicidio» y añade que, al parecer, Martí
tuvo «premoniciones de su muerte», visibles en esta estrofa de sus
No me pongan en lo oscuro, a morir como un traidor. Yo soy bueno, y como bueno moriré cara al sol.
Según el hispanista Hugh Thomas el himno
falangista se inspiró en estos versos. Pero los relatos de su creación
atribuyen esta estrofa del himno al fundador de Falange Española (FE),
José Antonio Primo de Rivera, y a dos escritores del partido, Agustín de
Foxá y José María Alfaro, lo que hace plausible que conociesen los
versos de Martí. Este hecho no es menor porque apunta a un sustrato mal
conocido del fascismo español: su influjo cubano, tema de este ensayo
que comporta una revisión profunda de este fenómeno político.
Las
JONS, constituidas el 10 de octubre de 1931, a partir de la fusión del
grupo liderado por Ramiro Ledesma Ramos —fundador del semanario La
Conquista del Estado— con las Juntas Castellanas de Acción Hispánica de Onésimo Redondo Ortega y La Traza, liderada por Alberto Ardanaz (foto:
Archivos de la Historia)
El falangismo como único fascismo español: una visión problemática
En general, los estudios del mismo, más
allá de centrarse en algunas individualidades, orbitan en torno al
falangismo y las dos entidades previas que confluyeron en él. Una fue el
semanario La conquista del Estado, impulsado por Ramiro
Ledesma y que vio la luz en Madrid en marzo de 1931 (el mes previo a la
proclamación de la Segunda República). La otra fue Libertad,
otro semanario que se editó en junio de aquel año en Valladolid
promovido por Onésimo Redondo y cuyo núcleo editor constituyó en agosto
unas irrelevantes Juntas Castellanas de Actuación Hispánica (JCAH). En
octubre ambos grupos se fusionaron en las Juntas de Ofensiva Nacional
Sindicalista (JONS). Dos años después, en octubre de 1933, José Antonio
Primo de Rivera creó un ente rival, la citada FE. Como falangistas y
jonsistas eran exiguos, estos se fusionaron en febrero de 1934 en FE de
las JONS. Estas siglas fueron marginales hasta que en la primavera de
1936 conocieron una gran afluencia de seguidores. Ya en plena Guerra
Civil, en abril de 1937, Franco unificó a FE de las JONS con la otra
gran fuerza de la derecha, el carlismo, y creó el partido oficial de su
régimen: Falange Española Tradicionalista y de las Juntas de Ofensiva
Nacional Sindicalista (FET y de las JONS).
Acabada la Guerra Civil en abril de 1939
e iniciada la Segunda Guerra Mundial en septiembre de aquel año, las
expectativas que Franco depositó en el triunfo del Eje favorecieron la
fascistización del régimen a través de FET y de las JONS hasta agosto de
1942 de la mano de Ramón Serrano Suñer, cuñado de Franco. Entonces el
retroceso de las fuerzas del Eje forzó al dictador a adoptar un
funambulismo político para sobrevivir a la victoria aliada de 1945. En
este marco FET y de las JONS, desde 1967 llamada Movimiento Nacional (o
«Movimiento»), conoció un letargo del que ya no salió hasta su
disolución en abril de 1977. Devino así el paraguas político de tres
generaciones de españoles y españolas (estas últimas en la Sección
Femenina).
Paradójicamente, esta asociación del
fascismo español con el falangismo la originó este último. En los años
treinta asumió su conexión con ascendentes italianos y tras la derrota
del Eje quiso proyectarse como una especificidad hispánica. A inicios de
los años sesenta del pasado siglo, el historiador estadounidense
Stanley G. Payne examinó la «falangística» (las obras emanadas del
universo falangista, desde memorias a textos políticos) y asumió su
visión del «fascismo español» y su estudio la convirtió en una opción
comparable al fascismo italiano y al nazismo alemán, con pautas de
análisis ya muy elaboradas. Payne posteriormente profundizó en el
estudio del fascismo y devino un experto en el tema. Como resultado, el
trabajo pionero de Payne sobre Falange codificó los parámetros del
fascismo español de estudios posteriores, que lo asociaron al falangismo
de forma indeleble.
Ceremonia
de fusión de Falange Española y de las JONS celebrada en el Teatro
Calderón de Valladolid el 4 de marzo de 1934, en la que intervinieron
Primo de Rivera, Julio Ruiz de Alda, Onésimo Redondo, Ramiro Ledesma
Ramos y Emilio Gutiérrez Palma (foto: El Norte de Castilla)
Pero esta visión del fascismo español,
desde nuestra óptica, plantea problemas diversos. Uno es cronológico:
hace del fascismo una realidad tardía en España al remitir a los años
republicanos, y los partidos o entes previos susceptibles de ser
vinculados al mismo se catalogan como precursores. Otro problema es
geográfico, ya que Madrid es el único centro irradiador de fascismo, con
Valladolid como escenario secundario como baluarte de Redondo y sus
JCAH. Por último, esta visión del fascismo infravalora su proximidad con
la derecha más radical o «fascistizada» y su pugna por un mismo espacio
político. Pero para sus coetáneos los falangistas, la «derecha
fascistizada» y la derecha en general a menudo carecían de lindes
ideológicas diáfanas, pues eran un continuo de límites internos
borrosos, señala el historiador Paul Preston:
[.. ] Durante
toda la República, los líderes de cada grupo derechista habían
intervenido en los mítines de los otros, siendo, normalmente, bien
recibidos. Se reservaba espacio en la prensa de los diversos partidos
para incluir informes favorables sobre las actividades de los rivales.
Todos los sectores de la derecha compartían la misma determinación de
establecer un Estado corporativo y de destruir las fuerzas efectivas de
la izquierda. […] Había, por supuesto, diferencias de opinión […]. No
obstante, rara vez iban más allá de disensiones sobre la táctica […].
Estos grupos raramente rompieron su unidad en el Parlamento, en tiempo
de elecciones o […] durante la guerra civil […]. Es más, no era raro […]
pertenecer a una o más de estas organizaciones, y en algunos casos a
todas ellas.
Esta dificultad de trazar límites la
ilustra el Partido Nacionalista Español (PNE), calificado de
«pseudofascista». Su líder y creador fue el médico valenciano José Mª
Albiñana, que creó la formación en abril de 1930, tres meses después de
concluir la dictadura que Miguel Primo de Rivera estableció en 1923, con
la expectativa de erigirse en su albacea político. Su divisa era la del
primorriverismo caído, «Religión, Patria, Monarquía». A ello añadió su
lema, «España sobre todas las cosas, y sobre España inmortal, solo
Dios». Entre octubre y noviembre de 1930 adoptó el «saludo brazo en
alto, [la] camisa azul [celeste], [el] escudo con yugo, flechas y águila
bicéfala, [y la] cruz de Santiago». Moduló un españolismo combativo (su
himno se tituló «España inmortal») y se definió como una «hermandad
hispánica de acción enérgica». Su portavoz fue La Legión y su
milicia fueron los Legionarios de España, su «avanzada guerrillera».
Cabe pensar que para sus seguidores militar en FE o en este partido
dependió más de su presencia en un lugar concreto que de su doctrina.
Ateniéndonos a lo expuesto, consideramos difícil negar el carácter
fascista del PNE.
En este marco, sostenemos una visión
substancialmente distinta del fascismo español, pues convenimos que este
fenómeno tuvo sus raíces en Cuba, afloró y se configuró en la Península
por vez primera en Barcelona entre 1919 y 1923 y tuvo ecos y
reverberaciones en Madrid entre fines de 1922 e inicios de 1923. Ello
fue así por varias razones que desplegamos a lo largo de este ensayo y
apuntamos al lector a continuación de modo orientativo.
José
María Albiñana (segundo por la izquierda), en una reunión con miembros
del Partido Nacionalista Español (foto: El Independiente)
Las raíces cubanas del fascismo español: militarismo y españolismo
España solo puso fin a su condición
imperial en 1975 (con el abandono del Sahara occidental en plena agonía
de Franco) y este hecho marcó su evolución mucho más de lo que parece.
En el caso del fascismo español juzgamos determinante la importancia de
La Habana en el proceso de su conformación, pues en la España
decimonónica era su tercera ciudad más importante (después de Madrid y
Barcelona) y en ella tuvieron lugar dos procesos clave en el tema que
nos ocupa.
Uno fue la concentración de poder que
conoció el titular de su Capitanía y que le convirtió en virtual
«virrey» de la isla con el apoyo de sus élites propeninsulares (opuestas
a toda reforma que alterase el statu quo de Cuba) que formaron
una suerte de «Corte» en torno al capitán general. Asimismo, este
dispuso de una milicia civil que las citadas élites promovieron y
lideraron, el llamado Cuerpo de Voluntarios. Este se creó en 1855 para
luchar contra el «separatismo» (que incluyó a cubanos autonomistas e
independentistas) y contra posibles revueltas de esclavos. Los
voluntarios, que iban uniformados y armados, profesaron un nacionalismo
intransigente que les convierte en precursores del futuro fascismo
peninsular.
En 1869 acaeció la conjunción organizada
de estos tres elementos: Capitanía, élites y los voluntarios. Entonces,
quien era capitán general desde enero, Domingo Dulce, quiso introducir
reformas y ampliar el marco de libertades de Cuba siguiendo órdenes del
gobierno, pero topó con la oposición de las élites citadas. Estas
urdieron un complot contra este militar mediante el capitán general que
le precedió, Francisco Lersundi, y el Cuerpo de Voluntarios. Así, en
mayo Lersundi asedió la Capitanía con cientos de voluntarios y forzó a
Dulce a renunciar a su cargo al carecer de fuerzas para imponerse. Como
este renunció a sus poderes de forma reglamentaria, el cambio de titular
de Capitanía fue legal y pacífico. Desde entonces las élites
mencionadas actuaron con autonomía de Madrid y solidificaron sus lazos
con Capitanía, mientras los voluntarios reprimieron a reformistas e
independentistas cubanos a sus anchas.
Esta experiencia antillana, apenas
conocida en la narrativa de la historia de España, fue decisiva tanto en
la evolución del militarismo español como en la del fascismo porque
configuró un artefacto político-militar singular que denominamos
«Capitanía cubana». Tal expresión alude a la asunción del poder civil
por Capitanía de forma dictatorial, con el apoyo de las élites locales y
una milicia civil auxiliar. Esta última, que en Cuba encarnaron los
voluntarios, reflejó ya el limitado espacio político que el militarismo
español dejaría al desarrollo del futuro fascismo en la Península. De
hecho, la definición de «militarismo» presume que los oficiales del
Ejército han de predominar sobre los políticos civiles.(20) Ello fue así
porque el Ejército se autoerigió en garante del orden establecido ante
toda amenaza «separatista» o revolucionaria y quiso monopolizar el
patriotismo.
El otro proceso que se desarrolló en
Cuba e interactuó con el anterior fue que allí afloraron tanto el
nacionalismo español exacerbado como los nacionalismos centrífugos
peninsulares. De este modo, la llamada Guerra de los Diez Años
(1868-1878) contra los insurrectos de la isla hizo cristalizar un
autodenominado «españolismo» que asimiló nación e imperio (concibió a la
Península y a sus dependencias de Ultramar como un todo indivisible)
que reclamó una adhesión «incondicional» contando con el apoyo de
Capitanía.
Voluntarios
de La Habana, retratados por Valeriano Domínguez Bécquer en la revista
La Ilustración de Madrid (1870). Fuente: Wikimedia Commons.
Cataluña en el espejo de La Habana: ¿Una «segunda Cuba»?
Tras la pérdida de Cuba en 1898, la
pauta de ocupación castrense del poder civil de la «Capitanía cubana» se
exportó a la Península y arraigó en Barcelona. Allí los militares
procedentes de Ultramar creyeron hallarse ante la misma amenaza bifronte
de La Habana: el «separatismo» (encarnado por el catalanismo emergente)
y la revolución (el temor al obrerismo organizado substituyó al que
infundían las revueltas de esclavos). De este modo, a partir de los
problemas de orden público, Capitanía empezó a asumir competencias
civiles en detrimento del gobernador civil, en un proceso que tendría su
inicio en la huelga general de 1902.
Por esta vía, entre 1919 y 1923, cuajó una genuina «Capitanía cubana» en Barcelona. En ese periodo fueron sus «virreyes» de facto los
generales Joaquín Milans del Bosch (capitán general de Cataluña entre
septiembre de 1918 y febrero de 1920) y Severiano Martínez Anido
(gobernador civil desde noviembre de 1920 hasta octubre de 1922). Milans
expandió su poder al reprimir la agitación que el fin de la Gran Guerra
en 1918 generó entre catalanistas y sindicalistas. La de los primeros
se materializó en una campaña de demanda de autonomía en la que el
Ejército vio un separatismo tan amenazador como el cubano. Y la de los
segundos la estimuló el triunfo de la revolución bolchevique en 1917,
que incentivó la radicalización del potente sindicato de cariz
anarcosindicalista omnipresente en la zona metropolitana barcelonesa: la
Confederación Nacional del Trabajo (CNT). Esta organización alumbró
grupos de acción que generaron un pistolerismo endémico que Milans quiso
contener con mano dura. Su actuación esbozó entonces una dictadura
regional sin quebrar de forma oficial la legalidad (como en Cuba). Pero
no la pudo consolidar al ser forzado a dimitir en febrero de 1920. Le
substituyó como «hombre fuerte» Martínez Anido, quien durante su mandato
(el «anidato») consolidó la autocracia en Cataluña que Milans perfiló.
En consecuencia, ambos militares actuaron como los capitanes generales
de La Habana: ocuparon el poder civil con apoyo de las élites locales y
una milicia auxiliar, conformando una «Capitanía cubana» en Barcelona.
Fuente: Mundo Gráfico 23 de octubre de 1918
De los Voluntarios de La Habana al «Fascio de Las Ramblas»
En este escenario, la milicia auxiliar
de esta «Capitanía cubana» surgió de modo espontáneo o se improvisó
sobre la marcha, de modo que desempeñaron su rol en Barcelona cuatro
actores distintos entre 1919 y 1922. Primero, entre fines de 1918 e
inicios de 1919 lo hizo una Liga Patriótica Española (LPE), que practicó
el «escuadrismo» contra el catalanismo. Al estallar una intensa
conflictividad social a partir de febrero de 1919, la LPE se esfumó y
desempeñó tal función el Somatén, una milicia civil que actuaba como
cuerpo auxiliar de orden público. Pero el protagonismo creciente de los
grupos de acción del cenetismo requirió que desarrollasen la función de
milicia auxiliar otros actores: primero fueron grupos parapoliciales
conocidos como la «banda negra» y desde 1920 ejerció este rol el llamado
Sindicato Libre. Así las cosas, veremos cómo la LPE y el Libre,
amparados por Capitanía, encarnaron el primer fascismo barcelonés.
Hemos designado a este último como
«Fascio de Las Ramblas», una expresión que fue acuñada en 1931 por
ámbitos de izquierda para aludir de forma irónica a una organización
fascista que supuestamente organizaba Ramón Sales, el dirigente del
citado Sindicato Libre. Sales anunció la creación de tal milicia el 11
de abril de ese año a bombo y platillo, pero sus declaraciones
posiblemente fueron un globo sonda o un farol político. Pese a su
inexistencia, hemos escogido esta expresión para designar al fascismo
barcelonés inicial porque Las Ramblas fueron un escenario y escaparate a
la vez de las primeras tramas fascistas barcelonesas. Y es que en este
bulevar primero se enfrentaron catalanistas y españolistas de la LPE.
Después Las Ramblas fueron un espacio de eclosión del pistolerismo. Los
matones de ambos sindicatos (Libre y CNT) se reunían en sus cafés y sus
grupos de acción actuaron en buena medida en la zona marcada por esta
arteria: el casco antiguo y la zona que sería conocida como «barrio
chino». También Las Ramblas reflejaron la importancia de los militares
que mediaron en aquel universo de choques entre cata- lanistas y
españolistas, libres y cenetistas. Sus centros coronaban simbólicamente
el principio y el final de Las Ramblas: el Casino Militar estaba al
principio, en la plaza Cataluña, y la Capitanía al final, en la zona
próxima al mar. De ahí, pues, la idoneidad de esta metáfora como título
del presente ensayo.
Ramón Sales Amenós en diciembre de 1919, en un acto de homenaje al general Severiano Martínez Anido
Un fascismo de primera generación y otro de segunda
Ateniéndonos a lo hasta aquí expuesto,
partimos de las premisas siguientes: que la emergencia y la evolución
del fascismo en España fue inseparable de la del militarismo del siglo
xx (por lo que es necesario estudiar la configuración de ambos de forma
simultánea); que ambos fenómenos tuvieron sus orígenes en la Cuba
decimonónica, pero también los marcaron las campañas militares de
Marruecos; que su configuración y eclosión tuvo lugar en la Barcelona
del periodo 1919-1923, caracterizada por una conflictividad política y
social intensa con un poderoso tema identitario de fondo; y que en su
desarrollo interactuaron de forma compleja propuestas fascistas de
Barcelona y, en menor grado, otras de Madrid.
En este aspecto, podemos establecer que
el fascismo español tuvo dos etapas distintas: una monárquica inicial y
otra posterior republicana o accidentalista en cuanto al régimen
político. La primera (1919-1923) es el tema de este estudio y lo podemos
calificar como un «fascismo de primera generación», caracterizado por
tener su epicentro en Barcelona, un discurso y una práctica política
acuñada en Ultramar (aunque tamizada por Marruecos), un carácter
esencialmente organizativo y una elaboración ideológica muy escasa.
Simplificando, tuvo tres plasmaciones sucesivas. La primera fue la
mencionada LPE anticatalanista entre fines de 1918 e inicios de 1920. Le
sucedió el Sindicato Libre, constituido a lo largo de 1919 y que
emergió en 1920 y combatió con las armas a la poderosa CNT. Por último, a
fines de 1922 se formó el grupo La Traza, que salió a la luz a inicios
de 1923. Sin embargo, este fascismo barcelonés no puede estudiarse por
sí solo, ya que tuvo una compleja relación e interacción con propuestas
surgidas en Madrid, que también recoge esta obra, y que pasaron por la
confluencia del africanismo militar, encarnado por la Legión
(oficialmente Tercio de Extranjeros), y los sectores del llamado
maurismo que conocieron una deriva autoritaria.
En cambio, el fascismo que podemos
considerar de «segunda generación» tuvo su epicentro en la capital
española y Valladolid, a la vez que se articuló esencialmente en torno a
la ideología. Se singularizó por tener expresiones políticas
republicanas y ambiciones intelectuales que reflejaron el influjo de las
vanguardias literarias. Estas le transmitieron la convicción de que la
«Nueva Cultura» que habían forjado debía demoler y substituir a una
cultura burguesa juzgada decadente. Reflejaron este fascismo los
mencionados grupos de Ledesma y Redondo que confluyeron primero en las
JONS y luego con la FE de José Antonio Primo de Rivera y originaron FE
de las JONS. En este marco, el PNE de Albiñana sería un grupo de
transición entre ambos fascismos.
Para comprender la importancia de esta
dimensión urbana de las iniciativas fascistas, especialmente en el
fascismo de «primera generación» es esencial tener en cuenta que existe
un trasfondo de «guerra de ciudades» en la que la dicotomía
Madrid-Barcelona tiene un papel esencial, en la medida que, si la
capital de España será el centro oficial del país, Barcelona, su capital
económica e industrial carente de un poder político en consonancia,
actuará como el «anticentro» por excelencia del país. Esta tensión entre
centro y «anticentro» será un vector del «Fascio de Las Ramblas».
Presidentes de los Sindicatos Libres de Barcelona en 1922 (foto: La Acción/Wikimedia Commons)
¿Pero qué es el fascismo? Un recorrido por territorios pantanosos
Llegados aquí, es imperioso abordar una
cuestión pantanosa: ¿Qué entendemos por fascismo? La pregunta no tiene
una respuesta satisfactoria al faltar un acuerdo académico sobre cómo
definir tal concepto. Ello es así porque no existe un fascismo
monolítico, atemporal e inmutable, sino una pluralidad de movimientos de
rasgos similares y diferentes a la par. Tal realidad supone cuatro
grandes problemas para disponer de una definición operativa.
Un primer problema radica en que el
fascismo combina diversos estilos políticos que lo hacen acreedor del
reconocimiento como algo nuevo: explora una «tercera vía» entre marxismo
y liberalismo, entre derecha e izquierda (asumiendo la crítica del
liberalismo al comunismo y la del comunismo al liberalismo); asume el
papel del Estado como ente rector de la sociedad (de forma semejante al
comunismo); plasma una forma nueva de representatividad política que
pasa por un líder carismático que interpreta la «voluntad nacional»;
adopta una cultura nueva, en la que confluyen una crisis del
racionalismo —que comporta la exaltación de una mística
ultranacionalista de combate— y las vanguardias artísticas. A ello se
añade que es la única ideología de los siglos xix y xx que asume su
demonización. La actitud de los fascistas es fácilmente reconocible:
«Sí, somos malos… ¿y qué?». Todo ello es difícil de aprehender en una
única definición.
Un segundo problema es sobre qué tipo de
movimiento fascista ponemos el foco. No es lo mismo el primer fascismo,
de orígenes relativamente nebulosos, que aquel ya crecido y ávido de
poder. Y menos aún el ya instalado en el poder y el que está en la
oposición. En este aspecto, se suele identificar el fascismo (como
movimiento y/o doctrina) con la época de entreguerras (aproximadamente
el periodo 1919- 1945), percibido como un fenómeno político europeo en
su esencia y que expresaría una larga «guerra civil europea». Un tercer
problema es su variedad de manifestaciones, que dificulta las
definiciones homogeneizadoras. Así, el historiador germano Ernst Nolte
aludió a que
«un asombroso enlace de tendencias particulares y universales resulta evidente en todo movimiento fascista».
Finalmente, un cuarto problema, derivado
de los anteriores, es que los expertos ofrecen una variedad de enfoques
que hace muy difícil disponer de una definición funcional. De este
modo, por poner algunos ejemplos, el destacado historiador italiano
Emilio Gentile ha enfatizado la forma política, el partido fascista, en
el caso italiano en concreto como fuerza paramilitar o partido-milicia.
En clara contraposición, el británico Roger Griffin ha formulado una
tesis que aborda el fascismo como expresión de un «nacionalismo
palingenético». Su discurso y su potencial atracción de masas dependen
así de la capacidad de crear un «renacimiento nacional», que sería su
componente ideológico fundamental. Sin él, según Griffin, no hay
auténtico fascismo. Por descontado, no podemos olvidar la aproximación
del propio Payne, que establece una tipología de rasgos con una
reflexión sobre sus antecedentes. Hay otras muchas propuestas,
suficientes para requerir una ordenación de carácter enciclopédico.
Propaganda
de los Sindicatos Libres: su encarnación persigue al anarquismo, el
separatismo, la masonería, el comunismo y el judaísmo (imagen del blog
de Xavier Casals)
Para resumir, el fascismo es una ideología y a la vez una práctica que combina acción con pensamiento, que ilustra el lema «Libro e moschetto, fascista perfetto»
(«libro y mosquete, fascista perfecto»). Pero se trata de un
pensamiento único, decidido desde arriba, dictado supuestamente por un
jefe carismático, omnímodo e infalible: «Il Duce ha sempre ragione» («El
Duce siempre tiene razón»). Se remarca así el énfasis del fascismo en
la participación y, por extensión, en la obediencia. Pero todo ello no
es más que un modelo idealizado. La realidad política siempre es más
compleja y contradictoria, por lo que —volviendo al principio— es
sumamente difícil disponer de una definición satisfactoria de este
fenómeno.
En este apartado de definiciones también
es necesario aludir al concepto igualmente difuso de populismo. Aquí lo
hemos empleado para designar una estrategia de movilización
especialmente visible en el discurso regeneracionista de inicios del
siglo xx y que crea una dicotomía maniquea entre el «pueblo sano» y las
élites corruptas para movilizar al primero contra las segundas. Sin
embargo, el concepto de populismo tampoco tiene una definición clara y
unívoca. Y aunque hoy es omnipresente en los medios de comunicación, su
significado resulta bastante confuso. Como sucedió con el fascismo más
maduro, cuesta a los estudiosos entender qué elementos son propiamente
de la izquierda o de la derecha. En realidad, el término nació en la
Rusia zarista, con los llamados naródniki (de narod, pueblo) durante la
segunda mitad del siglo xix. Pero la misma palabra en inglés, populism o People’s Party,
designó un partido electoral estadounidense las últimas dos décadas
decimonónicas. Como palabra política ya casi olvidada, analistas
académicos la utilizaron para describir la actuación de movimientos que
combinaban partido y sindicatos en Latinoamérica, sobre todo (aunque no
solamente) en Brasil y Argentina en la primera mitad del siglo xx.
También hay quien lo empleó para examinar la política de izquierdas y
el autonomismo en Cataluña en el periodo republicano y de la Guerra
Civil (1931-1939). Otros estudiosos, notablemente el historiador
hispano-francés Carlos Serrano, han considerado que la figura del
intelectual regeneracionista Joaquín Costa, protagonista relevante de
nuestra obra, era de neta raigambre populista. Y si antes del siglo XXI
se empleó este vocablo para dar sentido al prefascismo, hoy sirve
principalmente para señalar la pujanza del posfascismo.
Así las cosas, este ensayo se centra en
reconstruir las raíces, eclosión y trayectoria del primer fascismo
español. Por tanto, definir esta experiencia primeriza plantea un reto
similar al que afrontó Nolte —el investigador antes citado— al analizar
los orígenes del fascismo francés, que asimiló a un grupo que
mencionamos en la obra: Action Française (Acción Francesa, AF).
Esta entidad se constituyó en 1899 y su líder carismático fue el
escritor e intelectual Charles Maurras (1868-1952), cuyo acendrado
nacionalismo surgió del cultivo de la lengua provenzal. Su ideario fue
concomitante al del carlismo en España: defendió una monarquía
tradicional, antiparlamentaria, antiliberal, descentralizada y recurrió a
la violencia. Nolte justificó su inclusión aludiendo a que la AF es «la
primera agrupación política de cierta influencia y rango intelectual
que conlleva innegables rasgos fascistas». Además, «aparece al mismo
tiempo que las demás formas tardías del antiguo movimiento
contrarrevolucionario, el legitimismo francés y el realismo, pero
resultan evidentes ciertos rasgos modernos que no pueden derivarse de
esta tradición», sin que su monarquismo la alejara del fascismo.
Pues bien, esta misma cuestión que Nolte
esbozó es la que plantean los colectivos y grupos analizados en la obra
y solo podemos definirlos a medida que los analizamos: surgen parejos a
movimientos contrarrevolucionarios decimonónicos, lo que facilita la
confusión entre «lo nuevo» y «lo viejo», pero presentan rasgos modernos
que los desvinculan de ellos y, estudiados en una dimensión territorial,
conforman un juego de oposiciones que permite percibirlos como un todo
con sentido político propio. Así, intentar dotar de una definición que
incluya a colectivos mencionados como la LPE, La Traza, el Sindicato
Libre o una unidad militar como la Legión es una empresa ardua y difícil
en estas páginas liminares. Por consiguiente, invitamos al lector a
constatarlo a partir de la exposición desplegada en la obra. No
obstante, en relación con este primer fascismo aquí tratado, tanto en
Barcelona como en Madrid, podemos enfatizar tres ideas.
Conferencia
de Jaime Bordas, presidente de la Liga Patriótica Española de
Barcelona, sobre la “autonomía integral”, en el Teatro del Centro
(Madrid) (foto: ABC, 31 de diciembre de 1918)
Una primera idea es que en él primó la
acción por encima de la reflexión. Fue un fascismo casi ágrafo, cuya
escasa teorización se improvisó sobre la marcha y quizá ni ambicionó
elaborarla. De este modo, originó manifiestos y prensa en el mejor de
los casos, pero no abultadas disquisiciones teóricas impresas. Se
caracterizó por articular organizaciones agresivas o de encuadramiento
combativo de sus seguidores y sus entidades reflejaron la idea de formar
un «ejército privado» capaz de actuar con virulencia ante formaciones
opuestas dentro de la sociedad civil. Fue tan escasa su preocupación por
dejar su huella que, como verá el lector, su evolución solo se puede
reconstruir en la mayoría de los casos examinados de forma parcial y, a
menudo, con fuentes secundarias (memorias, prensa, informes policiales o
diplomáticos). De hecho, el vínculo con el fascismo fue públicamente
invisible en algunas iniciativas, como el Sindicato Libre o el núcleo
madrileño que preparó una «marcha sobre Madrid». Sabemos que este nexo
existió, pero sus protagonistas se cuidaron mucho de ocultarlo.
Una segunda idea relevante es su encaje político singular en un marco monárquico. En este aspecto, el fascismo, que per se es
republicano, surgió y creció en una Europa de monarquías. Ello planteó
un problema de compatibilidad cuando el fascismo emergió en Italia.
Allí, en marzo de 1919, Benito Mussolini creó un movimiento socialista
belicista, filo-nacionalista y nacional-republicano. Usó el término
italiano fasci (haz), entonces de moda (por el recuerdo de los
Fasci Siciliani dei Lavoratori en 1889-1894) para designar una unión
política o social, un fascio ( fasci en plural). Pero,
como observó el lúcido conservador catalán Francesc Cambó en un ensayo
de 1924, Mussolini recibió apoyo masivo de monárquicos (exmilitares,
estudiantes, clases medias), hizo de los Fasci una llamada al
unitarismo nacional y pudo desarrollar su movimiento en el seno de la
Corona, llegando al poder en 1922. Su triunfo inspiró a otras figuras
inquietas en el socialismo que ambicionaron adquirir protagonismo al
margen de las casillas establecidas. En España, sin embargo, los
primeros fascistas no tuvieron necesidad de buscar fórmulas ingeniosas,
pues veremos que hubo una rica diversidad de herencias ideológicas en el
conjunto de la derecha a las que recurrir. La Monarquía dominó aquí el
escenario y las experiencias o iniciativas que podemos vincular a un
primer fascismo casaron monarquía y república sin grandes reflexiones,
aunque no sin disonancias.
Una tercera y última idea es que este
estudio, más que poner el foco en comparar dinámicas españolas y
europeas, refleja cómo un conjunto de factores impulsó el deseo de crear
un espacio «reformador» en la derecha, pero (al contrario de lo que
sucedió en Italia) carecía de antecedentes de izquierdas. De este modo,
ante el sindicalismo de contorno revolucionario que encarnó la CNT y un
recién inventado separatismo catalanista que giró en torno al político
Francesc Macià, surgieron los colectivos mencionados que los combatieron
y conformaron el «Fascio de Las Ramblas». A la vez, la marcha sobre
Roma —que llevó a Mussolini al gobierno en octubre de 1922— suscitó
conatos de fascismo en Madrid que interactuaron con los de la capital
catalana.
Junto a la dificultad de ofrecer una
definición de fascismo, la obra presenta otra en lo que se refiere a su
aspecto narrativo. Con el fin de conjuntar en nuestra exposición
elementos muy diversos (de carácter territorial, militar o político)
hemos creado un relato que resalta las dinámicas que convergen en
determinados temas abordados para facilitar su lectura. Tal opción quizá
puede proyectar la idea de que partimos de una visión teleológica en la
que todo lo expuesto lleva a un desenlace único: la irrupción del
primer fascismo. Pero si tal teleología se refleja en la obra hasta
cierto punto, ello no es una convicción, sino una opción de redacción.
Igualmente, el hilo conductor del relato es un artefacto
político-militar, la «Capitanía cubana», cuyo protagonismo puede
convertirla en deus ex machina que explica «todo», cuando
tampoco es así. Como en toda obra, hay que optar por recursos narrativos
y elementos conductores del relato y la «Capitanía cubana» en este caso
es central.
Miembros
del Somatén en formación durante la visita de Alfonso XIII a un pueblo
del Alt Penedès (foto: Biblioteca Nacional de España)
Somos conscientes de que nuestras
decisiones en lo que se refiere a términos conceptuales y narrativos son
problemáticas, pero juzgamos modestamente que también lo son las tesis
dominantes sobre el fascismo apuntadas: ¿Es una solución óptima para el
estudio del fascismo crear un gran cajón de sastre analítico donde todos
los fenómenos, grupos y tendencias políticas que no casan con el
falangismo y presentan componentes fascistas son etiquetados como
«protofascistas», «prefascistas» o «pseudofascistas»? ¿Es viable una
historia del fascismo español centrada en Madrid con una discreta
conexión vallisoletana? ¿Nada puede decirse de Barcelona y su
conflictividad social cuando —como veremos— el célebre intelectual
marxista italiano Antonio Gramsci señaló que esta urbe alumbró un
fascismo que precedió al de Mussolini?
¿Es asumible un estudio del fascismo
español con su discurso imperial sin incorporar precisamente el influjo
de esta dimensión imperial? Desde nuestra perspectiva, debe efectuarse
un esfuerzo por renovar la visión y percepción del fascismo español. Y
en este marco, por descontado, no pretendemos tener la «verdad», pero
juzgamos que existen algunas certezas que deberían tenerse en cuenta.
Por consiguiente, no esperamos que el lector o lectora suscriba todas
nuestras tesis o reflexiones, pero sí que este ensayo le estimule a
repensar el cada vez más «viejo siglo XX» con una mirada nueva. Lograrlo
sería nuestra mayor satisfacción.
Para desarrollar los argumentos
apuntados, la obra se estructura en veintisiete capítulos. Los once
primeros no tienen un orden cronológico estricto y plantean cuestiones
de distinta naturaleza para comprender el desarrollo del «Fascio de Las
Ramblas». En cambio, los siguientes trazan un desarrollo lineal del
tema. Queremos subrayar que este libro es un ensayo interpretativo, por
lo que determinados temas están muy desarrollados y otros solo
apuntados. Asimismo, como algunas cuestiones son transversales, hemos
reiterado informaciones en distintos capítulos para facilitar su
lectura. Igualmente, hemos incorporado anexos con jefes de gobierno,
capitanes generales de Cataluña y gobernadores civiles barceloneses, así
como una relación de textos. Para terminar, testimoniamos nuestro
agradecimiento a todos los expertos que nos han facilitado copias de sus
trabajos cuando se las hemos solicitado, aunque no siempre los hemos
podido incorporar a la obra por los cambios que ha experimentado durante
su redacción, que ha durado cuatro años. Merecen también nuestro
especial reconocimiento los autores cuyas obras abordan los temas
tratados y que hemos empleado de forma recurrente, pues sin ellas este
libro no habría sido posible. Aunque en algunos casos podamos discrepar
de sus tesis, no por ello cuestionamos su valor, incluyendo en primer
lugar las monografías de Payne, que aún hoy son referentes
insoslayables. Queremos hacer una mención especial a la generosidad de
Soledad Bengoechea y Marcel Gabarró, a la lectura del manuscrito de Lluc
Casals y sus sugerencias, así como al estimulante interés en la obra de
Anna Casals. Por último, ha sido indispensable en la confección de la
obra la atención de los archivos, hemerotecas y bibliotecas consultados,
especialmente el del servicio de biblioteca de la Facultat de
Comunicació i Relacions Internacionals Blanquerna, de la Universitat
Ramon Llull.
Miembros de la Unión Patriótica de Valladolid (foto: El Norte de Castilla)
Índice
Mapa de Barcelona, 1930 (detalle)
Introducción. El primer fascismo español, una historia de tres ciudades
Regeneracionismo y fascismo: Costa contra Costa
La Habana: fragua del españolismo y de la «Capitanía cubana»
La sombra de la «Capitanía cubana» en la Península: Weyler y Polavieja
De Ultramar a África: la forja del militarismo español
El carlismo: el potencial subversivo de un movimiento de orden
El maurismo: una derecha caudillista sin caudillo
Barcelona, el «anticentro» de España
El orden público: la rampa hacia la «Capitanía cubana»
La conversión de Cataluña en una «segunda Cuba»
El lerrouxismo o el primer «partido españolista» de Cataluña
Barcelona, capital del militarismo: la lenta irrupción de las Juntas de Defensa
La confrontación de obreros y patronos y el origen de la «guerra social» metropolitana
La bancarrota del sindicalismo católico
Un ímpetu jaimista nuevo: «La Trinchera»
La Liga Patriótica Española o el primer «Fascio de las Ramblas»
Milans del Bosch y la huelga de La Canadiense: la creación de la «Capitanía cubana» de Cataluña
La «Capitanía cubana» contra la CNT
El desafío de la «Capitanía cubana» al gobierno: la campaña pro-Milans
La creación enigmática del Sindicato Libre
El legado de Milans del Bosch: el origen del «Fascio de Las Ramblas»
El virreinato de Martínez Anido, preludio de la dictadura de Primo
El Sindicato Libre bajo Anido: ¿un fascismo proletario?
Mussolini visto desde Madrid: de la Legión de Millán-Astray a la Legión Nacional de Delgado Barreto
Mussolini visto desde Barcelona: «La Palabra», el Libre y La Traza
El golpe de Estado de Primo o el salto al vacío hacia una «Capitanía cubana» estatal
La derrota del «Fascio de Las Ramblas»
Valladolid y la Unión Patriótica de Castilla ganan la partida
Conclusiones. Dos fascismos y cuatro dictaduras
Anexo I. Relación de capitanes generales de Cataluña,
Jefes de gobierno de España y gobernadores civiles de Barcelona
Anexo II. Selección de textos
Fuente: Conversación sobre la historia, Introducción e índice del libro El fascio de las Ramblas. Los orígenes catalanes del fascismo español. Barcelona, Pasado & Presente, 2023.