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jeudi 12 février 2026

Les sénateurs mahorais veulent autoriser la recherche et l'exploitation des ressources gazières du Canal du Mozambique

Source https://la1ere.franceinfo.fr/mayotte/les-senateurs-mahorais-veulent-autoriser-la-recherche-et-l-exploitation-des-ressources-gazieres-du-canal-du-mozambique

Plusieurs sénateurs ultramarins ont déposé une proposition de loi pour lever les interdictions de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures dans les Outre-mer. Les parlementaires mettent en avant le pétrole guyanais et le potentiel gazier du Canal du Mozambique.

Par  Raphaël Cann Publié le 5 janvier 2026 

gisement de gaz naturel · ©Freepik
gisement de gaz naturel · ©Freepik

Les sénateurs se pencheront le 29 janvier prochain sur une proposition de loi visant à abroger les interdictions de recherche, d'exploration et d'exploitation des hydrocarbures dans les Outre-mer. Le texte est porté par plusieurs sénateurs de la majorité présidentielle, le groupe Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants, mais aussi par des parlementaires ultramarins, comme les mahorais Thani Mohamed Soilihi et Saïd Omar Oili.

Les élus veulent revenir sur des dispositions de loi Hulot, adoptée en décembre 2017, qui mettent fin à la recherche et à l'exploitation d'hydrocarbures dans le but de parvenir à la neutralité carbone d'ici 2050. "Il s'agissait en fait d'une mesure uniquement symbolique prise pour faire de la France un exemple, le premier pays à s'interdire d'exploiter l'une de ses ressources naturelles dans l'espoir d'entraîner d'autres pays dans son sillage", expliquent les sénateurs. Lorsque cet objectif a été fixé, à l'occasion de l'Accord de Paris sur le climat en 2015, la France produisait l'équivalent de moins de 0,02 % de la production mondiale de pétrole et moins de 0,005 % de la production mondiale de gaz naturel.

Le Canal du Mozambique, la nouvelle mer du Nord

Le potentiel est pourtant là dans les Outre-mer. En Guyane, les campagnes exploratoires ont débuté en 2011 avant de s'interrompre. Depuis, les pays voisins ont augmenté leur production, la France a par exemple importé pour plus de 500 millions d'euros de pétrole de Guyana en 2023. Outre le département d'Amérique du Sud, "Mayotte et les îles Éparses situées dans le canal du Mozambique, régions à fort potentiel gazier, sont les principales concernées", précisent les sénateurs.

Cette présence permet à la France de détenir une zone économique exclusive représentant près de la moitié des eaux du canal. "Les fonds du canal du Mozambique recèlent des milliards de mètres cubes de gaz, l’équivalent selon les experts des réserves de la mer du Nord ou du golfe Persique", explique le ministère des Armées français. Si les eaux malgaches et comoriennes restent relativement inexplorées, ces réserves sont déjà estimées à 500 milliards de mètres cubes pour la Tanzanie et le Mozambique. Maputo a déjà autorisé des projets d'exploitations portés par l'américain Exxon Mobil et l'italien ENI. Le français TotalEnergies a récemment annoncé son intention de reprendre son mégaprojet gazier, à plus de 20 milliards de dollars d'investissement, un chantier à l'arrêt depuis 2021 à cause d'attaques de milices djihadistes dans le nord du pays.

Guerres d'influence entre Français, Américains, Russes, Chinois et Indiens

Une décennie après l'accord de Paris, les priorités des grandes puissances résident moins dans une réduction commune des gaz à effets de serre, mais plutôt dans des guerres d'influences pour l'exploitation de ces ressources. L'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 a rebattu les cartes du commerce énergétique mondial, obligeant les Européens à trouver des alternatives au gaz russe. Dans le Canal du Mozambique, la France doit faire avec l'influence des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine ou de l'Inde. Moscou par exemple fournit dans la région "des services de sécurité et de communication en échange de ressources naturelles et/ou d’un soutien lors des votes au Conseil de sécurité des Nations unies", avait relevé en 2022 une étude de l’Institut français des relations internationale.

Cette méthode est-elle à l'œuvre à Madagascar ? Depuis le renversement du régime mi-octobre, les autorités de transition ont eu plusieurs contacts avec la Russie. Les 20 et 21 décembre, une importante délégation russe s'était rendue dans la Grande île avec une livraison de matériel militaire, des fusils et des lance-roquettes, destinée à la garde présidentielle malgache. Si ce rapprochement peut inquiéter, c'est parce que les îles Éparses restent un sujet sensible, Madagascar fait valoir depuis les années 70 sa souveraineté sur ces territoires et demande leur restitution par la France. La Russie avait déjà essayé par le passé de profiter des potentielles ressources gazières malgaches. En 2020, plusieurs négociations avaient été menées entre le ministère des Mines malgache et le géant russe Gazprom, sans succès.

Respecter le climat à l'ère de Donald Trump

Plusieurs ONG ont déjà fait savoir leurs inquiétudes sur l'impact de l'exploitation d'hydrocarbures pour la région. WWF appelait par exemple à "une gestion concertée de l'espace" maritime pour limiter les pressions sur les espaces naturels, et notamment les récifs coralliens. La protection de l'environnement et les accords internationaux sont pourtant deux concepts honnis par les États-Unis de Donald Trump. Le président américain a par exemple signé le 24 avril 2025 un décret autorisant l'exploitation minière des grands fonds marins, y compris dans les eaux internationales, au mépris du droit de la mer.

 

mercredi 4 février 2026

L' Allemagne est sous contrôle étatsunien depuis plus d'un siècle



 Chapitres :  

00:00:00 Prêts de la Première Guerre mondiale et plan Dawes 

 00:10:46 La Banque des règlements internationaux et la Seconde Guerre mondiale  

00:21:27 Le plan Marshall et l’OTAN 

 00:25:55 L’occupation d’après-guerre et la création du BND  

00:31:00 La réunification et l’élargissement de l’OTAN  

00:35:22 BlackRock, Merz et l’intégration moderne  

00:39:11 Complot stratégique ou nature capitaliste ?  

00:42:04 Conclusion

 


Una amistad condenada: La conquista de Europa por los Estados Unidos. Primera Etapa: De la Primera a la Segunda Guerra Mundial (Spanish Edition)    Paperback – November 12, 2024


El ascenso del capitalismo estadounidense se presentó al mundo bajo la bandera de la libertad, la democracia y la prosperidad. No obstante, las prácticas del América first, que incluían genocidios, explotación laboral y saqueo bélico de bienes ajenos, no desaparecieron, sino que fueron modernizadas. La Primera Guerra Mundial se convirtió en el primer gran negocio global, en torno al cual los aliados fueron sometidos. Después de la guerra, las corporaciones estadounidenses invirtieron en Europa Occidental. Mussolini fue inundado de créditos. Empresas estadounidenses suministraron armamento a Franco y equiparon a la Wehrmacht alemana para una guerra contra Rusia. El nuevo banco central liderado por EE. UU. en Suiza blanqueó oro saqueado por los nazis. Se ignoró la persecución de los judíos. Con el lanzamiento de dos bombas atómicas sobre la población civil, comenzaron nuevas guerras contra nuevos enemigos, en sistemática violación del derecho internacional. Werner Rügemer (1941), Dr. en Filosofía, publicista e intervencionista político.Desde los años 1980, ha publicado sobre la decadencia político-moral de la sociedad estadounidense, el extremo contraste entre ricos y pobres, la interconexión entre el ejército, los servicios de inteligencia y la alta tecnología, así como la destrucción ambiental y los daños a la salud de los trabajadores migrantes en los sectores de salarios más bajos.

 

mardi 6 janvier 2026

DE CÓMO EUROPA SUBDESARROLLÓ A ÁFRICA por Walter Rodney

FUENTE: https://elsudamericano.wordpress.com/2025/12/22/de-como-europa-subdesarrollo-a-africa-por-walter-rodney/ 

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LEER Y DESCARGAR: DE CÓMO EUROPA SUBDESARROLLÓ A ÁFRICA – Walter Rodney

El libro n.° 328 de nuestra Colección Socialismo y Libertad

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Los largos recuentos heroicos de cómo Europa llega a «civilizar» a África son conocidos. La manera en que trae tu luz tecnológica, su pensamiento coherente, tu seguridad con la que de inmediato se reparte el continente haciendo caso omiso de lo que ahí encuentra: culturas, técnicas, organizaciones sociales y económicas.

Pero los pueblos se sublevan. Aprenden el lenguaje del colonizador y se levantan. Walter Rodney invita a los historiadores africanos jóvenes a seguirlo en el análisis de cómo Europa subdesarrolló a África. Esos historiadores formados en Europa necesitan volver los ojos a sus países y poner en duda una serie de premisas que tan sencillamente aceptaban. La vehemente descripción de Rodney de la historia de África muestra la correlación directa entre el desarrollo de Europa y el subdesarrollo del continente africano. Su claridad y solidez científica abren nuevas vías de investigación, y al lector latinoamericano le descubren fragmentos de su propia historia.

Walter Rodney fue profesor de Historia Africana en la Universidad de Dar el Salaam, Tanzania, en donde ensenó durante siete años, al cabo de los cuales volvió a su tierra natal, Guyana, para proseguir ahí con sus labores académicas; publicó varias obras y militó en la Alianza Popular de los Trabajadores. Fue detenido en 1979 y posteriormente liberado, cuando cae la dictadura neocolonial de Forbes Burham. El 13 de junio de 1980 fue asesinado junto con su hermano Donald.

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Indice

Prólogo a la traducción al castellano
Prefacio

1.– Algunas cuestiones sobre el desarrollo

1.1 ¿Qué es el desarrollo?
1.2 ¿Qué es el subdesarrollo?
Breve guía de lectura

2.– Cómo se desarrolló África antes de la llegada de los europeos hasta el siglo XV

2.1 Una visión general
2.2 Algunos ejemplos concretos
Conclusión
Breve guía de lectura

3.– La contribución de África al desarrollo del capitalismo en Europa. El período precolonial

3.1 Cómo Europa llegó a ser el sector dominante del sistema mundial de comercio
3.2 La contribución de África a la economía y las creencias de la Europa capitalista temprana
Breve guía de lectura

4.– Europa y las raíces del subdesarrollo africano hasta 1885

4.1 El comercio europeo de esclavos como factor fundamental del subdesarrollo africano
4.2 El estancamiento tecnológico y la distorsión de la economía africana en la época precolonial
4.3 Ejemplos de desarrollo político militar continuado en África, de 1550 a 1885
Conclusión
4.4 La llegada del imperialismo y del colonialismo
Breve guía de lectura

5.– La contribución de África al desarrollo capitalista de Europa. El período colonial

5.1 La expatriación del excedente africano bajo el colonialismo
5.2 El fortalecimiento de los aspectos tecnológicos y militares del capitalismo
Breve guía de lectura

6.– El colonialismo como un sistema para subdesarrollar a África

6.1 Los supuestos beneficios del colonialismo en África
6.2 El carácter negativo de las repercusiones sociales, políticas y económicas
6.3 La educación para el subdesarrollo
6.4 Desarrollo por contradicción
Breve guía de lectura

L'hôpital français tourne grâce aux soignants étrangers qu’il précarise et déclasse

 

Ils font tourner les urgences, la gériatrie, les hôpitaux de campagne… et pourtant, ils restent cantonnés à des statuts bricolés. Entre lenteurs administratives et mépris institutionnel, les médecins étrangers vivent une précarité qui n’a rien d’un accident : c’est un système.

  • En France, les médecins étrangers sont devenus indispensables mais restent coincés dans des statuts précaires, mal payés et bourrés d’obstacles administratifs.
  • Beaucoup se retrouvent en situation d’irrégularité à cause des lenteurs des préfectures, ce qui crée un rapport de force où leur vulnérabilité devient un outil d’exploitation.
  • Cette précarité casse leur ancrage social : ils finissent par se sentir illégitimes pour s’engager plus. Certains directeurs d’hôpital assument clairement ce rapport de force.
  • Au final, l’État utilise ce système pour avoir une main-d’œuvre qualifiée mais subalternisée, maintenir la concurrence et favoriser le dumping social.

jeudi 25 décembre 2025

Camus ou la bonne conscience coloniale, en Algérie comme en Palestine.

 SOURCE/https://www.legrandsoir.info/camus-ou-la-bonne-conscience-coloniale-en-algerie-comme-en-palestine.html

Lors de la sortie de L’étranger, le film d’Ozon, je me suis demandé : pourquoi adapter maintenant ce roman sinistre et ringard ? Bien sûr, on pouvait répondre en pensant à la passion de Macron pour Camus, et aux tensions actuelles entre la France et l’Algérie. Mais, en lisant le livre magistral d’Olivier Gloag, Oublier Camus (2013), on réalise à quel point la situation de « l’Algérie française », et celle de la Palestine judaïsée sont semblables, et que la bonne conscience coloniale de Camus peut servir à neutraliser les horreurs du génocide en Palestine, comme elle sert à donner un visage humaniste à la colonisation française en Algérie.

L’Algérie était, comme l’est la Palestine, une colonie de peuplement, ce qui permet aux colons de s’imaginer que le pays qu’ils occupent est le leur. Camus s’imaginait algérien, et criait, comme les autres colons, son amour de l’Algérie ; c’est sans doute à partir de là qu’on a pensé qu’il était anti-colonialiste, comme le prétendent les critiques de droite et l’institution scolaire – mais Camus aimait l’Algérie sans les Algériens (comme O. Gloag, je désignerai par le terme d’Algérien, que les colons français s’étaient approprié, les indigènes que les colons appelaient « les Arabes » ou « les musulmans), et il la voulait partie intégrante de l’Empire français ; c’est ce que montre Gloag en étudiant précisément, dans leur contexte, les déclarations, mouvantes et souvent ambiguës, de Camus.

Dans les années 30, Camus est favorable à une réforme (légère) du statut des Arabes : était-il donc favorable à la cause de l’indépendance ? Nullement : il craignait que la cruauté du système et l’humiliation systématique des Algériens ne favorisent le mouvement indépendantiste, et estimait, comme le Prince Salina du Guépard, qu’il fallait changer quelque chose pour que tout reste comme avant. Mais les colons bloquèrent toute proposition de la métropole pour améliorer le statut des Algériens. Déçu par son incapacité à influencer les colons, Camus se met en retrait, mais les événements historiques l’obligeront à intervenir de nouveau.

A la fin de la IIe Guerre Mondiale, à partir justement du 8 mai 1945, ce seront les massacres de Sétif et Guelma. Du fait des violences des colons, les manifestations des Algériens devinrent des émeutes, qui provoquèrent la mort de 102 pieds-noirs (curieusement, Wikipédia annonce d’abord 1165 morts, chiffre donné par les autorités à l’époque, et ne rectifie qu’en fin d’article, sous la rubrique « bataille de chiffres »). Le soulèvement du Nord-Constantinois fut écrasé par l’armée : 41 tonnes de bombes déversées sur les villages, et 10000 morts (estimation française), 17000 (estimation américaine), ou 45000 (estimation algérienne) – bref, conclut Wikipédia, entre 3000 et 30000 morts chez les Algériens ! On ne se soucie guère de compter les morts arabes, que ce soit en Algérie ou à Gaza. On remarque aussi le même type d’équivalence que celui pratiqué par les Israéliens, de façon plus drastique : 100 morts arabes pour 1 mort français, 10000, 20000, 30000 ... morts palestiniens pour un mort juif.

Comment réagit Camus, qui était en Algérie pendant les massacres ? Dans un article, il parle de « désirs désordonnés de puissance et d’expansion »... chez les Algériens (!), et d’une nécessité de justice et d’humanité chez les Français : aucune condamnation des massacres des colons et de l’armée, seulement des propos lénifiants, mais en fait cyniques, qui constituent une véritable insulte à l’égard des Algériens. Les événements, dit-il encore, laissent, chez « les masses arabes un sentiment de crainte et d’hostilité », mais, chez les colons, « un ressentiment profond et indigné » : on appréciera la différence de force de ces termes, dont on peut conclure que ce sont les colons qui ont été traumatisés ; par contre, Camus stigmatise la « haine » qui anime les Algériens, et appelle donc les autorités à lancer une sorte de Kulturkampf, pour conquérir les coeurs des Algériens.

Quel est le point commun entre Eugène Sue (Les Mystères de Paris, 1842), Alexandre Dumas (Le Comte de Monte Cristo 1844 ), Victor Hugo (Les Misérables 1862) et Camus ? Ils expédient en Algérie les gêneurs, criminels (tel Thénardier), ou repentis ayant besoin d’expiation, se réhabiliter ou donner un sens à leur vie en faisant le coup de feu contre les indigènes ou, au mieux, en leur expliquant les bienfaits de la colonisation : « à l’heure où tant de jeunes Français cherchent une voie et une raison de vivre, on trouvera peut-être quelques milliers d’entre eux pour comprendre qu’une terre les attend, où ils pourront à la fois servir l’homme et leur pays ». Camus compte sur eux pour renforcer la position des Européens face aux Algériens, de même qu’Israel, depuis son installation, incite le plus possible d’Occidentaux à s’installer en Palestine pour contrer la démographie palestinienne. L’Algérie, comme la Palestine, apparaît comme une Terre Promise vierge qui n’attend pour s’éveiller et parvenir à la civilisation que l’arrivée des Occidentaux. Le ton onctueux, patelin, papelard de Camus est insupportable.

Mais Camus ne soutient pas seulement le colonialisme en Algérie (pour lequel il pourrait faire valoir des raisons sentimentales) : le 8 mai 1954, après Dien Bien Phu, il compare ses sentiments à ceux qu’il éprouvait lors de l’invasion allemande : « Comme en 40, sentiment partagé de honte et de fureur », sentiment provoqué (précisons-le) par l’abandon par la France des braves soldats massacrés par les Vietnamiens.

Malgré son humanisme abstrait et iréniste, Camus ne peut pas cacher son soutien au colonialisme. Chaque fois que, pendant la guerre d’Algérie, des intellectuels de gauche lui demanderont de s’associer à eux pour demander la grâce d’un condamné politique algérien, Camus refusera. Pourquoi alors s’obstine-t-on à essayer de le dédouaner ? Gloag nous donne la réponse : il est une « icône utile » qui permet de croire qu ‘on pouvait concilier humanisme bienveillant et colonialisme, et de mythifier l’histoire de France.

Mais il faut même parler, dans le cas de Camus, de racisme : une analyse honnête de L’Etranger et de La Peste ne laisse aucun doute. La lecture de ces deux romans, et surtout le deuxième, laisse une impression de malaise et même de dégoût que, lorsque je les lisais étant adolescente, j’étais incapable de m’expliquer ; avec plus de maturité, on comprend que ce dégoût est celui que suscite le racisme. Il faut revenir sur ces textes, armé des analyses et des mots de Gloag.

L’aspect le plus frappant de L’Etranger, c’est « le déni de l’Arabe en tant qu’homme » ; ce déni « prend la forme d’une indifférence qui n’est pas expliquée mais plutôt offerte comme un fait presque neutre, comme une évidence indubitable ». Camus vide Alger de sa population arabe, à l’exception de quelques figurants qui ne sont là que pour les besoins de l’intrigue et qui disparaissent sans explication dès qu’ils ont joué leur rôle ; ils resteront tous anonymes. Mais le personnage du frère de la maîtresse de Raymond, souteneur et ami de Meursault, est traité de façon ignoble : c’est l’Arabe au couteau, il n’a pas d’autre caractéristique, et, fait étonnant, on ne lui accorde jamais le statut de victime ; tout se passe comme si c’était lui qui obligeait Meursault à le tuer d’un coup de pistolet : la lame accroche un rayon de soleil, qui éblouit Meursault, agression qui justifie le meurtre. Mais l’analyse de Gloag va plus loin : l’histoire du soleil qui, éblouissant Meursault, déclenche une réaction automatique, est une élaboration secondaire ; en réalité, Camus considère la nature algérienne comme sa propriété en tant que colon français, et ne peut pas supporter qu’un Arabe en jouisse, s’interposant entre la Nature et lui : la présence d’un Arabe sur une plage algérienne est pour lui une provocation inacceptable.

Cette provocation est d’autant plus grave, on peut dire existentielle, que Camus s’est aménagé une position de retrait lui permettant d’ignorer la réalité de l’Histoire en marche, c’est-à-dire la montée de l’indépendantisme et l’impossibilité du statu quo colonial : comme Meursault, il se réfugie dans la Nature immuable, qui efface la société et ses problèmes, avant tout, la présence des Arabes. Meursault tue donc l’Arabe parce qu’il menace son fantasme d’une Algérie française innocente par nature. La même analyse vaut pour les colons israéliens : il faut tuer les Palestiniens parce que leur présence est la négation de leur construction idéologique d’une Palestine vide, Terre Promise aux Juifs par Yahvé, et restée vierge jusqu’à leur arrivée.

Mais La Peste (1947) cache une réalité encore plus sombre. L’idée reçue, affirmée partout, qu’on assimile sans penser à la mettre en doute, c’est que la peste est une métaphore pour le fascisme : une fois les puissances fascistes vaincues, ça ne mange pas de pain, et le bourgeois conservateur peut les condamner en toute tranquillité. Mais l’absence des Arabes est ici aussi criante que dans L’étranger. Or, si Oran était une ville à majorité française, la population arabe s’accroissait rapidement : de 20 % en 1931, elle passera à 40 % en 1954 : il n’est pas difficile d’en déduire que la menace démographique ressentie par les colons s’exprime dans la présence et la prolifération des rats. Quand un journaliste vient l’interroger sur les conditions de vie des Arabes, le Docteur Rieux répond : pourquoi n’étudiez-vous pas plutôt le phénomène de la multiplication des rats ? On ne peut traduire plus clairement l’équivalence entre rats et Arabes et la substitution dans le roman de ceux-ci par ceux-là. Même obsession démographique chez les juifs d’Israel et même déshumanisation des Palestiniens : puisque c’est de la vermine, il est justifié de les exterminer.

La sortie du film L’étranger est donc un signe très inquiétant : il s’agit d’édulcorer l’entreprise coloniale, de dire que de toute façon il est temps de tourner la page (c’est dans cette optique qu’Ozon donne un nom posthume à l’Arabe assassiné), tout en idéalisant le personnage du colon, en donnant ses raisons. La colonisation de l’Algérie, une fois la conquête réalisée, a duré 84 ans ; le royaume chrétien de Jérusalem avait duré 88 ans ; le royaume juif de Jérusalem dure depuis 77 ans : les raisons du colonisateur l’emporteront-elles encore longtemps ?

Rosa Llorens

 

mardi 9 décembre 2025

Sultán Galiev, el precursor olvidado. Sobre el socialismo y la cuestión nacional

 FUENTE: https://versolibros.com/blogs/news/sultan-galiev-el-precursor-olvidado-sobre-el-socialismo-y-la-cuestion-nacional


Este artículo se publicó por primera vez en francés en Les Temps Modernes, nº 177, París, 1961, y constituyó un capítulo de la obra de M. Rodinson Marxism and the Muslim World, Zed Press, 1979.

Sultan Galiev, el precursor olvidado. Sobre el socialismo y la cuestión nacional

El libro en el que se basan estas reflexiones acaba de publicarse bajo los auspicios de la École Pratique des Hautes Études [I]. Se trata de un estudio concienzudo y detallado de un conjunto de cuestiones que, en general, han sido objeto de una atención mucho más seria en los países anglosajones que en Francia, donde la profecía política gratuita pasa con demasiada frecuencia por investigación científica. Un libro como este suele recibirse a priori con recelo en los círculos militantes, e incluso en otros lugares. Mi objetivo es ofrecer un contrapeso a este sectarismo tradicional.

Sultan-Galiev es una de las figuras que desempeñaron un papel importante en los primeros tiempos de la Internacional Comunista y de la Unión Soviética. La mayoría de los militantes socialistas solo lo conocen por una referencia de pasada hecha por Stalin [II], una referencia más bien emocional, solía pensarse. Tal vez tuviera razón. Haber despertado alguna emoción en Stalin puede considerarse un logro.

Mir Sayit Sultan-Galiev, ancido en 1900, era hijo de una maestra tártara. [Esta fecha es casi con toda seguridad errónea. Según otras fuentes, nació en un pueblo de Bashkiria en 1880]. Los tártaros eran una minoría musulmana dentro del Imperio zarista, pese que poseían un carácter propio. Había unos tres millones y medio de ellos repartidos por todo el Imperio, pero se concentraban en cierta medida en el «Gobierno» de Kazán, su centro político y cultural. Eran principalmente campesinos, y los pocos obreros industriales tártaros aún mantenían estrechos lazos con la vida rural. Pero también existía la burguesía  (algunos sectores eran industriales y muchos otros comerciantes) de la que habían surgido un «clero» musulmán e incluso una intelectualidad. Esta burguesía y estos intelectuales eran activos, dinámicos y ambiciosos. Muchos habían sido durante mucho tiempo «modernistas» en su actitud hacia el dogma musulmán, y «avanzados» en sus actitudes hacia el modo de vida musulmán tradicional. Sus actividades docentes les llevaron a menudo a penetrar e incluso establecerse en zonas habitadas por sus correligionarios menos evolucionados, como Asia Central, Siberia y el Cáucaso. Al hacerlo, introdujeron nuevas ideas y formas modernas, y en general agitaron las cosas. Se les puede ver desempeñando este papel en las traducciones de novelas kazakas y tadjikas publicadas por Aragón, por ejemplo [III]. Naturalmente, los janes reaccionarios veían todo esto con gran recelo.

Cuando llegó la Revolución de Octubre, una parte importante de la intelectualidad tártara la apoyó pensando que el socialismo establecido por el nuevo régimen realizaría y profundizaría el programa del movimiento reformista. Naturalmente, apreciaban especialmente la orientación internacionalista del bolchevismo. Esperaban que condujera a la igualdad entre los grupos étnicos y pusiera fin a la gran dominación rusa, una dominación que los «blancos» volverían a imponer en caso de victoria.

Sultan-Galiev se afilió al Partido Bolchevique en noviembre de 1917 y, gracias a su talento como orador y organizador, pronto se convirtió en una figura relevante como representante de esta intelectualidad «colonial». Se convirtió en miembro y luego en presidente del «Comisariado Central Musulmán», un nuevo organismo afiliado al Narkomnats (Comisariado del Pueblo para las Nacionalidades), un comisariado presidido por un líder bolchevique todavía relativamente desconocido en aquella época, Joseph Stalin. Con la ayuda de amigos, Sultan Galiev creó el Partido Comunista Musulmán y reclutó unidades militares tártaras que desempeñaron un papel clave en la lucha contra Koltchak. A pesar de la oposición de los soviéticos y comunistas rusos locales, consiguió que el gobierno central le prometiera la creación de un gran Estado predominantemente musulmán, la República Tártaro-Bachkir, que tendría entre cinco y seis millones de habitantes y abarcaría las vastas zonas del Volga medio y los Urales meridionales.

Fue durante este periodo cuando desarrolló una serie de ideas que esperaba defender y hacer realidad. Consideraba a la sociedad musulmana, a excepción de unos pocos grandes terratenientes feudales y burgueses, como una unidad que había sido oprimida colectivamente por los rusos bajo el zarismo. Por tanto, no tenía sentido dividirla con diferentes luchas de clases creadas artificialmente. Como por el momento los musulmanes estaban sumidos en la pobreza y eran tan incultos como para proporcionar cuadros, no había que dudar en utilizar las cabezas disponibles: los intelectuales pequeñoburgueses e incluso el clero reformista, que habían dado alguna prueba de su fidelidad a la Revolución. En efecto, la revolución socialista debía adaptarse a una sociedad harto impregnada de tradiciones musulmanas. Sultan Galiev, ateo, recomendó, por tanto, que se tratara al Islam con suavidad, mediante una «desfanatización» y una secularización graduales. Los musulmanes de Rusia, y especialmente los más ilustrados de entre ellos, los tártaros, serían entonces capaces de desempeñar un tremendo papel histórico, pues a escala mundial la Revolución tendría que ser sobre todo una liberación de los pueblos coloniales. Por tanto, era de vital importancia contrarrestar la tendencia de la Komintern a concentrarse principalmente en Occidente. La revolución socialista comenzaría en Oriente. ¿Y quién podía llevar la antorcha de la cultura y del socialismo a Asia mejor que los musulmanes bolcheviques de Rusia?

Para evitar confusiones, debe decirse desde el principio que no se trataba de reivindicaciones religiosas ni clericales. En Rusia había varios grupos étnicos cuya religión era el Islam, que les había proporcionado una cultura y una tradición comunes, y que había influido del mismo modo en muchos aspectos importantes de su forma de vida. Existía, por tanto, una cierta unidad cultural indiscutible entre estos pueblos que iba más allá de sus particularidades étnicas, sobre todo porque estas no eran muy pronunciadas. Asimismo, la unidad cultural se había visto reforzada por su resistencia a los intentos de convertirlos al cristianismo y convertirlos en rusos, intento que no percibían como una lucha ideológica, sino como una agresión colonial contra su patrimonio cultural común.

Estas ideas preocupaban a los dirigentes bolcheviques. Stalin apoyó a Sultan Galiev contra quienes querían atizar la guerra de clases en los círculos musulmanes y romper todo contacto con los elementos no proletarios. Pero, a diferencia del tártaro, consideraba que la alianza de clases era sólo temporal. Una vez derrotados Koltchak y los checos, el apoyo de los musulmanes del Volga y los Urales, cuyos cuadros habían quedado inutilizados durante la lucha, perdió importancia. El Partido Comunista Musulmán perdió su autonomía y la idea de una alianza duradera entre la pequeña burguesía y el proletariado fue rechazada por el Congreso de los Pueblos Orientales celebrado en Bakú en septiembre de 1920. Se proclamó que la revolución nacional tenía que ser dirigida por el proletariado, es decir, el proletariado occidental, y que, como declaró un delegado del Congreso, «la salvación de Oriente solo reside en la victoria del proletariado» [IV]. Se abandonó el proyecto de un gran Estado musulmán. En su lugar, se crearon dos pequeñas repúblicas, una bachkir y otra tártara. La mayoría de los tártaros vivían fuera de esta última y su población sólo era tártara en un 51,6%. Sus ciudades eran casi un 80% rusas. Kazán, la capital, era un centro ruso.

Fue en esta etapa cuando Sultan Galiev, que seguía ocupando un cargo oficial importante, pasó a la oposición, en un intento de luchar contra las manifestaciones de lo que él llamaba "gran chovinismo ruso", y trató de infiltrar a sus partisanos tártaros en las organizaciones del Partido y en los soviets. Quería hacer de Kazán un centro de la cultura nacional tártara y un semillero revolucionario desde el que el "comunismo musulmán" se extendiera a todos los pueblos musulmanes de la Unión Soviética y, más allá, a todo el Oriente musulmán. Luchó contra los izquierdistas que defendían una política más antiburguesa y que contaban con el apoyo de los estametos rusos. También trabajó para que el tártaro, en lugar del ruso, fuera la lengua oficial de la administración.

Al toparse con la inquebrantable oposición del Gobierno Central y de los comunistas rusos, sobre todo después de que el X Congreso del Partido aprobara una clara resolución condenando la "desviación nacionalista", Sultan Galiev estableció contactos más o menos secretos con una serie de militantes descontentos. Quería crear un frente común contra los rusos, a los que acusaba de reanudar la política colonial zarista. ¿Hasta dónde llegó en la búsqueda de apoyo para este frente? Stalin le acusó de haber llegado incluso a contactar con los Basmatsh, las bandas de musulmanes insurgentes que libraban una lucha armada contra los bolcheviques de Turquestán. Pero no hay razón para tomar al pie de la letra las palabras de Stalin. Sea como fuere, en 1923 Stalin hizo detener y expulsar del Partido Comunista a Sultan Galiev. Fue liberado poco después, pero Kámenev lamentaría más tarde que él y Zinóviev hubieran dado su consentimiento a este «primer arresto de un miembro eminente del Partido por iniciativa de Stalin» [V].

Poco se sabe de la vida de Sultan Galiev después de 1923. Tal vez fue exiliado, detenido de nuevo y liberado. Trabajó en Moscú en las editoriales estatales. Pero continuó su lucha, al menos clandestinamente. Había creado toda una organización que atrajo a numerosos comunistas musulmanes, principalmente tártaros. Desarrolló sus ideas a la luz de la evolución de la situación, aunque desde la penumbra. En su opinión, la revolución socialista no resolvía el problema de la desigualdad entre los pueblos. El programa bolchevique consistía en sustituir la opresión de la burguesía europea por la opresión del proletariado europeo. En cualquier caso, el régimen soviético se estaba liquidando; la NEP estaba en pleno apogeo. O bien sería derrocado por la burguesía occidental o se convertiría en capitalismo de Estado y democracia burguesa. Cualquiera que fuera el resultado, los rusos como pueblo volverían a convertirse en opresores dominantes. El único remedio posible era asegurar la hegemonía del mundo colonial en desarrollo sobre las potencias europeas. Esto significaba crear una Internacional Colonial Comunista, que sería independiente de la III Internacional, y quizás incluso opuesta a ella. Rusia, como potencia industrial, tendría que quedar excluida. La difusión del comunismo en el Este, que esta nueva Internacional promovería, permitiría sacudirse la hegemonía rusa sobre el mundo comunista.

A medida que el régimen ruso se fortalecía, se volvía cada vez menos tolerante con la disidencia. En varias ocasiones, los rusos se dieron cuenta de que se enfrentaban a una oposición tártara organizada. Entonces, Stalin la reprimió. En noviembre de 1928, Sultan Galiev fue detenido y condenado a diez años de trabajos forzados, que cumplió en Solovski. Fue puesto en libertad en 1939, pero se le perdió la pista en 1940.

Lecciones de una historia olvidada

Alexandre Bennigsen y Chantal Quelquejay merecen nuestra gratitud por haber revivido esta historia olvidada. Su tarea de cribar, escudriñar y organizar una enorme cantidad de documentos en tártaro y ruso ha sido tan ardua como importante. Es de esperar que podamos extraer algunas conclusiones de sus hallazgos.

La primera es que el análisis de la lucha política en torno al problema de las minorías musulmanas en la Unión Soviética demuestra claramente que puede haber contradicciones en un régimen socialista. Esto no es nuevo, por supuesto: el propio Mao Tse-tung lo ha dicho, aunque con el añadido bastante gratuito de que tales contradicciones solo pueden emerger como "no antagónicas". Pero eso no altera el hecho de que cada vez que alguien pone de relieve una de esas contradicciones a nivel práctico se hace todo lo posible por negarla o minimizarla. Naturalmente, los más dogmáticos no hacen ningún intento de analizar esas contradicciones, de explicarlas o de comprender sus causas y sus repercusiones. Por el contrario, cada fase de la política adoptada por los dirigentes comunistas se presenta como determinada por una sabiduría superior que sigue atentamente los giros de la coyuntura nacional e internacional, guiada por la brújula infalible de la doctrina marxista. Por supuesto, la realidad es bien distinta: cada decisión política es el resultado de luchas constantes entre tendencias opuestas y expresa el equilibrio de fuerzas entre ellas. El trasfondo social de estas luchas es probablemente muy diferente al de una sociedad de clases, pero el mecanismo es similar en su esencia. En otras palabras, la historia continúa y aún no hemos entrado en el reino intemporal de la ciudad santa. Mucha gente responderá que todo esto es bastante obvio, pero tal vez no capten todas las complicaciones que entraña.

La política soviética podría haber sido diferente, más orientada hacia Asia, por ejemplo. Algunas de las ideas del Sultan Galiev tal vez pudieran haberse puesto en práctica. Pero había obstáculos muy reales para alcanzar tal programa: la falta de cuadros musulmanes, la situación en el Este en aquel momento. Además, en el interior existía el peligro de cierta desviación nacionalista tártara, reforzada por el nocivo chovinismo tártaro. En el exterior, incluso si se hubieran aplicado las ideas de Sultan Galiev, que en parte compartían el comunista indio Manabendra Nath Roy y otros que las defendieron durante los primeros Congresos de la Comintern, los beneficios habrían sido probablemente escasos. Incluso Walter Z. Laqueur está de acuerdo con esta visión pesimista, y nadie podría sospechar que fuera indulgente con los dirigentes bolcheviques [VI]. Pero está claro que la elección de la orientación a este respecto también se vio influida por otras consideraciones: estaba el dogmatismo de los dirigentes, el hecho de que en ciertos periodos la idea de que el proletariado era la fuerza predominante en la revolución se aplicara mecánicamente y contra todo sentido común, incluso a zonas en las que el proletariado no existía. De hecho, en general, y hasta hace muy poco, los dirigentes comunistas han sido tan obtusos como los capitalistas en su enfoque del despertar de los pueblos coloniales. Y, aunque su falta de comprensión es excusable a muchos niveles, el hecho es que ha tenido muchas consecuencias desastrosas incluso desde su propio punto de vista.

El socialismo y la cuestión nacional

También está claro que el socialismo, entendiendo por tal la socialización de los medios de producción, no resuelve automáticamente todos los problemas. El estalinismo nos ha demostrado que el despotismo era posible en el socialismo y, por tanto, que existía un problema de poder político subyacente. Otros acontecimientos sugieren que el problema nacional tampoco desaparece necesariamente bajo el socialismo. El hecho de que el proletariado haya llevado a cabo la revolución social no lo convertirá en un santo», escribió Lenin en 1916. Pero los eventuales errores –y los intereses egoístas que empujan a uno a cabalgar sobre las espaldas de los demás– le llevarán inevitablemente a darse cuenta de la siguiente verdad. Al convertir el capitalismo en socialismo, el proletariado crea la posibilidad de abolir por completo la opresión nacional: esta posibilidad «solo» [«¡solo!»] se convertirá en un hecho cuando la democracia se haya establecido por completo en todos los ámbitos [VII].

El ejemplo de Sultan Galiev demuestra que entre 1920 y 1928 los tártaros desconfiaban mucho de los comunistas rusos y temían un neocolonialismo comunista ruso. Los dirigentes bolcheviques negaron que tal temor estuviera justificado. El propio Stalin declaró, en 1923, que «si Turquestán es efectivamente una colonia, como lo era bajo el zarismo, entonces los basmatsh tienen razón, y no nos corresponde a nosotros juzgar a Sultan Galiev, sino a él juzgarnos a nosotros, como el tipo de gente que tolera la existencia de una colonia en el marco del poder soviético» [VIII]. Pero las cosas no eran tan sencillas. La política soviética hacia las minorías musulmanas de la Unión Soviética ha sido, en general, extremadamente atenta. Los musulmanes han sido bien atendidos y sus zonas han sido industrializadas. Los cuadros autóctonos fueron promovidos gradualmente, y este proceso continúa. Los musulmanes están protegidos por exactamente las mismas leyes que los demás ciudadanos soviéticos, y en la práctica los «autóctonos» han disfrutado incluso de ciertos privilegios frente a los rusos. Pero esta evolución ha sido cuidadosamente controlada. Se mantiene un férreo control sobre todos los puestos clave. Además, la tendencia general de las costumbres estalinistas no favorecía la interpenetración entre comunidades. La situación no tiene nada en común con las situaciones coloniales de otros lugares. Pero los problemas nacionales persisten, como lo demostró claramente el comportamiento de muchos grupos minoritarios durante la Segunda Guerra Mundial, y como lo confirman muchos pequeños incidentes incluso hoy en día [IX]. Y, por cierto, tales sucesos atraerían menos la atención, y bien podrían ser menos distorsionados en el extranjero, si los soviéticos no pusieran tanto esfuerzo en encubrirlos y atacar a los «calumniadores» que se atreven a sugerir que no todo es absolutamente perfecto en estas áreas de la Unión Soviética.

Un precursor

Sultan Galiev no parece haber tenido verdaderos herederos espirituales en las zonas musulmanas de la Unión Soviética. No sabemos qué ocurriría hoy si se permitiera la aparición de grupos de presión política. Pero lo que se puede suponer sobre las aspiraciones de los pueblos de estas zonas muestra que tienen poco en común con Sultan Galiev. Sus reivindicaciones parecen mucho más «reformistas», mucho menos revolucionarias. Si pudieran, presionarían por ligeros cambios, sin cuestionar el derecho del régimen a gobernar. El papel de propagadores de la Revolución en Oriente parece tener poco atractivo para ellos. Es posible, por supuesto, que la tapadera del conformismo oficial oculte una realidad mucho más efervescente…

Pero es fuera de la Unión Soviética, en los llamados países subdesarrollados, donde la situación contemporánea hace pensar constantemente en las ideas del Sultan Galiev. ¿Hasta qué punto puede decirse que es un precursor de la nueva línea adoptada por la Unión Soviética desde 1954, una línea que respalda a la burguesía neutralista afroasiática? ¿En qué medida puede considerarse precursor del comunismo maoísta, que se concentra esencialmente en la lucha inmediata por la revolución socialista en las excolonias?

La actitud de Sultan Galiev y de los comunistas tártaros en 1918 derivaba de su rechazo a servir de mero apoyo a un movimiento proletario europeo, por muy justificado que estuviera. Querían que la Revolución fuera también su revolución y que siguiera un curso determinado por sus propias acciones, no por las de su hermano mayor, evitando ese movimiento un tanto paternal del proletariado ruso. Hay que tener en cuenta que uno de los métodos de intervención de este último, que más tarde se utilizaría en otros lugares, era la insistencia en que el apoyo autóctono procediera únicamente del proletariado. En los países en los que el proletariado era todavía embrionario, esto equivalía a designar arbitrariamente a los individuos con los que valía la pena hablar. La exigencia esencial de los tártaros de "llevar a cabo nuestra propia revolución" llegó en el momento equivocado. La dirección bolchevique ya estaba tomando un rumbo muy diferente: un cuidadoso control burocrático sobre todos los aspectos del movimiento de masas. Tanto los soviets como los sindicatos, en el interior, y los partidos aliados o comunistas, en el exterior, estaban sometidos a un control muy estricto.

Significativamente, el hombre del momento era Stalin, cuya belicosidad universal y mezquina se convertiría más tarde en algo patológico. El enfermo Lenin fue ignorado cuando advirtió que "el daño que puede causar la falta de unidad entre los aparatos estatales nacionales y el aparato estatal ruso no es nada comparado con el daño que resultará de un exceso de centralismo; esto nos perjudicará no sólo a nosotros, sino a toda la Internacional, y a los cientos de millones de asiáticos que pronto seguirán nuestros pasos e irrumpirán en la escena histórica" [X]. En teoría, el propósito de la Internacional era impulsar la marcha del mundo hacia el socialismo. Por lo tanto, su tarea parece haber sido desarrollar un nacionalismo marxista que luchara por la independencia nacional y la socialización en los países dependientes. El desarrollo social del Este en aquella época impedía cualquier empresa más ambiciosa. A pesar de todos sus errores, está claro que esa era la intuición básica del Sultan Galiev. El sistema estalinista hizo imposible que los Partidos Comunistas coloniales llevaran a cabo esta tarea. Esencialmente, la culpa de este fracaso la tuvo su rígida subordinación a la estrategia mundial de una Internacional centrada en el mundo europeo. Estos partidos comunistas coloniales dependían a veces incluso directamente de sus equivalentes europeos. No obstante, acabó surgiendo un nacionalismo marxista, arrastrado por la corriente de la historia. Pero no lo hizo en el marco de los partidos comunistas, y fue necesaria la imbecilidad anticomunista estadounidense para empujar a la izquierda marroquí y argelina, a Castro, a Sekou Toure y a Modibo Keita a los brazos de lo que quedaba de la III Internacional.

Hoy existe la Internacional Colonial reconocida por Sultan Galiev. Adopta la forma del bloque afroasiático, que empieza a extenderse a América Latina, y está unida contra la dominación blanca, como soñaba el comisario tártaro. Pero existen ciertas diferencias, aunque todavía no llegan a escisión, entre un ala marxista comprometida con el avance rápido hacia el socialismo y un ala burguesa partidaria de una transformación lenta o incluso de ningún cambio. También hay una serie de casos ambiguos que resultan especialmente interesantes.

Desde 1954, la Unión Soviética apoya a esta Internacional Colonial. Pero Jruschov sólo sigue aparente y parcialmente la línea del Sultan-Galiev. Los pueblos coloniales siguen siendo vistos solo como una fuerza de apoyo cuya función es ejercer presión sobre los adversarios blancos de la Unión Soviética, arrancarles concesiones, no destruirlos. La Unión Soviética no fomenta la socialización en el Tercer Mundo y probablemente ni siquiera la desea. Parece que las autoridades soviéticas están finalmente de acuerdo con Sultan Galiev en este punto, pero su motivo no es fortalecer la revolución; el objetivo es mucho más egoísta. El triunfo mundial del socialismo se sigue considerando esencialmente como el resultado de la evolución más o menos revolucionaria de los países industrialmente avanzados. Solo en China, donde la distancia y la astucia ancestral china facilitaron eludir la estrategia internacional estalinista, el nacionalismo marxista pudo salir triunfante en el marco de un Partido Comunista tradicional. En efecto, Mao Tse-Tung se contentó con aplicar las ideas defendidas por la Comintern durante sus fases de frente popular o nacional. Pero las aplicó de forma sistemática y coherente. Su victoria y las circunstancias subsiguientes, la hostilidad militante de las naciones blancas y la socialización de la sociedad china, le llevaron a tomar el timón de un nuevo tipo de comunismo colonial, que propuso como modelo para todo el mundo subdesarrollado ya en 1949. Desde entonces, los acontecimientos en China no han dejado de acercar las ideas de los nuevos dirigentes chinos a algunas de las de Sultan-Galiev. La primacía de la revolución colonial y el temor a que un neocolonialismo, o al menos un neopaternalismo, pudiera acabar surgiendo del seno del propio mundo socialista han sido temas constantemente reiterados.

Así, las ideas de Sultan Galiev han resurgido en las dos principales corrientes del comunismo mundial. Por supuesto, nadie cita a este condenado campeón de las oscuras luchas de ayer. Y, sin embargo, se le puede considerar como el primer profeta de la lucha colonial contra la hegemonía blanca dentro del propio socialismo, como el primero en pronosticar una ruptura entre el comunismo europeo de los rusos y el comunismo colonial. También podría celebrársele como el hombre que proclamó por primera vez la importancia del nacionalismo marxista en los países coloniales, y la relevancia internacional para el socialismo de aquellos movimientos nacionales que no prevén inmediatamente la guerra de clases y la total socialización. El propio Mao seguía adoptando esta posición en Yenan. El futuro emitirá sin duda su propio veredicto sobre este primer representante del Tercer Mundo dentro del movimiento comunista. Seguramente no dejará de reconocer su papel de profeta marginado.

[I] Alexandre Bennigsen y Chantal Quelquejay, Les Mouvements Nationaux chez les Musulmans de Russie, 1: Le 'Sultangalievisme' au Tartarstan, Mouton, La Haye, 1960 (Documents et Témoignages, 3).

[II] De hecho, a lo largo de uno de los discursos pronunciados en la IV Conferencia del Comité Central del Partido Comunista Ruso, ampliada a los militantes responsables de las repúblicas y regiones nacionales, del 9 al 12 de junio de 1923. Véase I.V. Stalin, Sotshineniya, Bk. V, Moscú, 1947, pp.301-312. Para detalles importantes de esta conferencia, que había sido convocada especialmente para condenar al sultán Galiev, que había sido arrestado a finales de abril o en algún momento de mayo, véase E.H. Carr, A History of Soviet Russia, Vol. IV, The Interregnum, Macmillan, Londres, 1960, pp.287-9; Bennigsen y Quelquejay expresan algunas reservas sobre el pasaje. En la obra oficial Istoriya Kommunistitsheskoy partii Sovietskogo soyuza, Bk. IV/I, Moscú, 1970, p.283, aparece una fotografía de los participantes en el congreso, que solo fue numerado IV para restarle importancia. El comentario que lo acompaña deja claro que la condena de Sultan-Galiev aún persiste en la ideología oficial, y de hecho se ve reforzada por consideraciones contemporáneas.

[III] Por ejemplo, Sariddine Aini, Boukhara, traducido del tadjik por S. Borodine y P. Korotkine, Gallimard, París, 1956; Moukhtar Aouezov, La Jeunesse d'Abai, traducido del kazako por L. Sobolev y A. Vitez, Gallimard, París, 1959.

[IV] 
Premier Congrès des peuples de l'Orient, Bakou, 1920, Petrogrado, 1921, ed. francesa, citado por Bennigsen y Quelquejay, op. cit. p.140.

[V] 
Como le dijo una vez a Trotsky. Cf. L. Trotsky, Stalin, Hollis and Carter, Londres, 1947, p.417.

[VI]  Walter Z. Laqueur, The Soviet Union and the Middle East, Routledge and Kegan Paul, Londres, 1959, p.22.

[VII] 
Resumen de una discusión sobre el derecho de las naciones a la autodeterminación" en V.I. Lenin, "Observaciones críticas sobre la cuestión nacional", Obras Completas, Vol. 20, pp.1-34 (4ª ed. rusa), (puntuación de Lenin). Para un análisis de cómo evolucionó la posición de Lenin, en qué se diferenciaba de la de Stalin y cómo se manifiesta el problema en la Unión Soviética hoy en día, véase H. Carrère d'Encausse, "Unité prolétarienne et diversité nationale, Lenine et la théorie de l'autodétermination" en Revue Française de Science Politique, Vol. XXI, No. 2, pp.221-255.

[VIII]
 Stalin, El marxismo y la cuestión nacional, varias ediciones.

[IX] 
Probablemente estaba minimizando el problema. Véase A. Bennigsen y C. Lemercier-Quelquejay, L'Islam en Union Soviétique, Payot, París, 1968, para un relato objetivo.

[X] 
Observaciones sobre «nacionalidades y autonomía»; véase Marxist Quarterly, octubre de 1956, p. 255. Los «aparatos nacionales» se refieren a los aparatos de los partidos comunistas no rusos de la Unión Soviética.

lundi 8 décembre 2025

Cuestión nacional, cuestión colonial y antiimperialismo en la tradición marxista: de la I Internacional a la Conferencia de Bakú (1864-1920)


https://doi.org/10.25058/20112742.n42.02

Javier García Fernández
https://orcid.org/0000-0001-7994-5477
Universidad de Granada, España
jgarciafer@ugr.es

Ramón Grosfoguel
https://orcid.org/0000-0001-9051-1573
Universidad de California, Berkeley, USA
grosfogu@berkeley.edu

Resumen:

El presente artículo elabora una revisión crítica del pensamiento marxista desde autores como Karl Marx, Friedrich Engels, Karl Kaustky, Eduard Bernstein, Otto Bauer, Iosef Stalin, Rosa Luxemburgo, Vladimir Ilich Lenin y Manabendra Nath Roy en torno a la cuestión nacional, colonial y antiimperialista. Pretendemos recoger una nueva genealogía crítica sobre la cuestión nacional dentro del marxismo que no ha sido reconocida por el llamado marxismo occidental hegemónico. Se trata de la relación entre la cuestión nacional, la cuestión colonial y la cuestión antiimperialista en la primera tradición marxista entre la I Internacional, la AIT y la III Internacional, el Komintern. Esta tradición incorpora reflexiones y análisis para pensar la cuestión del derecho de autodeterminación como uno de los elementos centrales del pensamiento marxista durante el último tercio del siglo XIX y las dos primeras décadas del siglo XX. La formulación del derecho de las naciones a la autodeterminación incorporó elementos de la llamada cuestión nacional, de la cuestión colonial y de la crítica marxista al imperialismo y es fundamental para comprender el desarrollo de la teoría marxista y del movimiento sociales desde la I Internacional (1864) a la Conferencia de Bakú (1920).

Palabras clave: cuestión nacional, cuestión colonial, antimperialismo, derecho de autodeterminación, marxismo.

ENLACE: https://www.redalyc.org/journal/396/39671964002/html/

vendredi 21 novembre 2025

El golpe de Estado de las plataformas digitales

 

En su nuevo libro “¿Capitalismo de la vigilancia o democracia? Una lucha a todo o nada en la era de la información” (Unsam Edita), Shoshana Zuboff profundiza su reflexión crítica sobre el ecosistema digital. Para hacerlo, desgrana la perspectiva de lo que llama un “campo unificado”, ciclo conceptual que empieza con una operación económica, sigue con un vector de gobernanza y termina en uno de daños sociales. Las plataformas como nueva forma de capitalismo sincronizado con políticas antidemocráticas que les permiten tener un control casi absoluto, desafiar a los Estados y, a través de la IA, generar servidumbre laboral en el sur global.

 

Cuando vinieron a llevarse los datos, guardé silencio porque me brindaban servicios. 
Cuando vinieron a pedir que no haya regulaciones para sus negocios, guardé silencio, porque ya sabían mucho de mí y de mis acciones. 
Cuando vinieron a manipular todo lo que puedo saber y querer, guardé silencio, porque ya no sabía qué era verdad y qué no. 
Cuando vinieron a gobernar todo, ya era tarde, porque no había gobierno a quien protestarle.

En esta versión libre del famoso poema escrito por el pastor luterano alemán Martin Niemöller en 1946 se puede cifrar algo de lo que Shoshana Zuboff, profesora emérita de la Escuela de Negocios y de la Facultad de Derecho de la Universidad de Harvard, quiere advertir en su último libro, ¿Capitalismo de la vigilancia o democracia? Una lucha a todo o nada en la era de la información, publicado por Unsam Edita.

Zuboff forma parte del campo de estudios críticos sobre plataformas e inteligencia artificial. El tema viene explotando editorialmente en Argentina con la salida reciente de libros centrales como The Stack de Benjamin Bratton (Interferencias), El ojo del amo de Matteo Pasquinelli (Fondo de Cultura Económica), Lo impensado de N. Katherine Hayles (Caja Negra), Metamorfosis de la inteligencia de Catherine Malabou (La Cebra), Los costos de la conexión de Nick Couldry y Ulises Mejias (Godot, 2023) Atlas de la Inteligencia Artificial de Kate Crawford (Fondo de Cultura Económica, 2022), Nanofundios de Agustín Berti (Cebra, 2022) y Tecnoceno de Flavia Costa (Taurus, 2021). Y más lejos en el tiempo, Capitalismo de plataformas de Nick Srnicek (Caja Negra, 2018), Los dueños de Internet de Natalia Zuazo (Debate, 2018) y el propio La era del capitalismo de la vigilancia de Zuboff (en 2019).

¿Capitalismo de la vigilancia o democracia?, el último libro de Shoshana Zuboff, es una actualización del esquema analítico compartido con el resto de las publicaciones. Este esquema plantea una tripartición entre datos, algoritmos y plataformas como “matriz social” de la inteligencia artificial y de los ecosistemas digitales que habitamos. En el caso de Zuboff, por un lado, se inscribe dentro de una caracterización de las plataformas en términos de nueva forma de capitalismo (como Srnicek con su “capitalismo de plataformas”); y, por el otro, se trata de un capitalismo sincronizado con una forma política antidemocrática. El capitalismo de la vigilancia, plantea Zuboff, nació exactamente con el siglo XXI y se puede rastrear en hechos clave. Con ellos, se desgrana su ambiciosa perspectiva de lo que llama el “campo unificado” de las cuatro etapas del orden institucional del capitalismo de la vigilancia, que conforma un “poder instrumentario”, “que conoce el comportamiento humano y le da forma, orientándolo hacia los fines de otros”. Este poder es tan peligroso como lo fue el “poder totalitario” apuntado por Niemöller.

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mercredi 12 novembre 2025

El fascio de las Ramblas. Los orígenes catalanes del fascismo español

 

Xavier Casals Meseguer
Enric Ucelay-Da Cal

 

 

Introducción. El primer fascismo español, una historia de tres ciudades

 

Si el fascismo español tiene un himno, 
este es sin duda el «Cara al sol» falangista. Estrenado en 1936, su estrofa inicial reza así:

Cara al sol con la camisa nueva,
que tú bordaste en rojo ayer,
me hallará la muerte si me lleva
y no te vuelvo a ver.

Pero el primer caído «cara al sol» no fue un falangista, sino un poeta e intelectual considerado el padre de la independencia de Cuba: José Martí. Murió en Pinar del Río el 19 de mayo de 1895 luchando contra una columna española, pese a ser hijo de un valenciano y una tinerfeña emigrados a la isla. Señala el historiador John Lawrence Tone que Martí fue temerario al querer demostrar que podía luchar con las armas igual que con sus textos:

Se aproximó a los españoles armado tan solo con una pistola y montado en un caballo blanco: las ráfagas de rifle le hirieron de muerte tirándole al suelo.

Su muerte tuvo «aroma de suicidio» y añade que, al parecer, Martí tuvo «premoniciones de su muerte», visibles en esta estrofa de sus

No me pongan en lo oscuro, a morir como un traidor.
Yo soy bueno, y como bueno moriré cara al sol.

Según el hispanista Hugh Thomas el himno falangista se inspiró en estos versos. Pero los relatos de su creación atribuyen esta estrofa del himno al fundador de Falange Española (FE), José Antonio Primo de Rivera, y a dos escritores del partido, Agustín de Foxá y José María Alfaro, lo que hace plausible que conociesen los versos de Martí. Este hecho no es menor porque apunta a un sustrato mal conocido del fascismo español: su influjo cubano, tema de este ensayo que comporta una revisión profunda de este fenómeno político.

Las JONS, constituidas el 10 de octubre de 1931, a partir de la fusión del grupo liderado por Ramiro Ledesma Ramos 
—fundador del semanario La Conquista del Estado— con las Juntas Castellanas de Acción Hispánica de 
Onésimo Redondo Ortega y La Traza, liderada por Alberto Ardanaz (foto: Archivos de la Historia)
El falangismo como único fascismo español: una visión problemática

En general, los estudios del mismo, más allá de centrarse en algunas individualidades, orbitan en torno al falangismo y las dos entidades previas que confluyeron en él. Una fue el semanario La conquista del Estado, impulsado por Ramiro Ledesma y que vio la luz en Madrid en marzo de 1931 (el mes previo a la proclamación de la Segunda República). La otra fue Libertad, otro semanario que se editó en junio de aquel año en Valladolid promovido por Onésimo Redondo y cuyo núcleo editor constituyó en agosto unas irrelevantes Juntas Castellanas de Actuación Hispánica (JCAH). En octubre ambos grupos se fusionaron en las Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista (JONS). Dos años después, en octubre de 1933, José Antonio Primo de Rivera creó un ente rival, la citada FE. Como falangistas y jonsistas eran exiguos, estos se fusionaron en febrero de 1934 en FE de las JONS. Estas siglas fueron marginales hasta que en la primavera de 1936 conocieron una gran afluencia de seguidores. Ya en plena Guerra Civil, en abril de 1937, Franco unificó a FE de las JONS con la otra gran fuerza de la derecha, el carlismo, y creó el partido oficial de su régimen: Falange Española Tradicionalista y de las Juntas de Ofensiva Nacional Sindicalista (FET y de las JONS).

Acabada la Guerra Civil en abril de 1939 e iniciada la Segunda Guerra Mundial en septiembre de aquel año, las expectativas que Franco depositó en el triunfo del Eje favorecieron la fascistización del régimen a través de FET y de las JONS hasta agosto de 1942 de la mano de Ramón Serrano Suñer, cuñado de Franco. Entonces el retroceso de las fuerzas del Eje forzó al dictador a adoptar un funambulismo político para sobrevivir a la victoria aliada de 1945. En este marco FET y de las JONS, desde 1967 llamada Movimiento Nacional (o «Movimiento»), conoció un letargo del que ya no salió hasta su disolución en abril de 1977. Devino así el paraguas político de tres generaciones de españoles y españolas (estas últimas en la Sección Femenina).

Paradójicamente, esta asociación del fascismo español con el falangismo la originó este último. En los años treinta asumió su conexión con ascendentes italianos y tras la derrota del Eje quiso proyectarse como una especificidad hispánica. A inicios de los años sesenta del pasado siglo, el historiador estadounidense Stanley G. Payne examinó la «falangística» (las obras emanadas del universo falangista, desde memorias a textos políticos) y asumió su visión del «fascismo español» y su estudio la convirtió en una opción comparable al fascismo italiano y al nazismo alemán, con pautas de análisis ya muy elaboradas. Payne posteriormente profundizó en el estudio del fascismo y devino un experto en el tema. Como resultado, el trabajo pionero de Payne sobre Falange codificó los parámetros del fascismo español de estudios posteriores, que lo asociaron al falangismo de forma indeleble.

Ceremonia de fusión de Falange Española y de las JONS celebrada en el Teatro Calderón de Valladolid 
el 4 de marzo de 1934, en la que intervinieron Primo de Rivera, Julio Ruiz de Alda, Onésimo Redondo, 
Ramiro Ledesma Ramos y Emilio Gutiérrez Palma (foto: El Norte de Castilla)

Pero esta visión del fascismo español, desde nuestra óptica, plantea problemas diversos. Uno es cronológico: hace del fascismo una realidad tardía en España al remitir a los años republicanos, y los partidos o entes previos susceptibles de ser vinculados al mismo se catalogan como precursores. Otro problema es geográfico, ya que Madrid es el único centro irradiador de fascismo, con Valladolid como escenario secundario como baluarte de Redondo y sus JCAH. Por último, esta visión del fascismo infravalora su proximidad con la derecha más radical o «fascistizada» y su pugna por un mismo espacio político. Pero para sus coetáneos los falangistas, la «derecha fascistizada» y la derecha en general a menudo carecían de lindes ideológicas diáfanas, pues eran un continuo de límites internos borrosos, señala el historiador Paul Preston:

[.. ] Durante toda la República, los líderes de cada grupo derechista habían intervenido en los mítines de los otros, siendo, normalmente, bien recibidos. Se reservaba espacio en la prensa de los diversos partidos para incluir informes favorables sobre las actividades de los rivales. Todos los sectores de la derecha compartían la misma determinación de establecer un Estado corporativo y de destruir las fuerzas efectivas de la izquierda. […] Había, por supuesto, diferencias de opinión […]. No obstante, rara vez iban más allá de disensiones sobre la táctica […]. Estos grupos raramente rompieron su unidad en el Parlamento, en tiempo de elecciones o […] durante la guerra civil […]. Es más, no era raro […] pertenecer a una o más de estas organizaciones, y en algunos casos a todas ellas.

Esta dificultad de trazar límites la ilustra el Partido Nacionalista Español (PNE), calificado de «pseudofascista». Su líder y creador fue el médico valenciano José Mª Albiñana, que creó la formación en abril de 1930, tres meses después de concluir la dictadura que Miguel Primo de Rivera estableció en 1923, con la expectativa de erigirse en su albacea político. Su divisa era la del primorriverismo caído, «Religión, Patria, Monarquía». A ello añadió su lema, «España sobre todas las cosas, y sobre España inmortal, solo Dios». Entre octubre y noviembre de 1930 adoptó el «saludo brazo en alto, [la] camisa azul [celeste], [el] escudo con yugo, flechas y águila bicéfala, [y la] cruz de Santiago». Moduló un españolismo combativo (su himno se tituló «España inmortal») y se definió como una «hermandad hispánica de acción enérgica». Su portavoz fue La Legión y su milicia fueron los Legionarios de España, su «avanzada guerrillera». Cabe pensar que para sus seguidores militar en FE o en este partido dependió más de su presencia en un lugar concreto que de su doctrina. Ateniéndonos a lo expuesto, consideramos difícil negar el carácter fascista del PNE.

En este marco, sostenemos una visión substancialmente distinta del fascismo español, pues convenimos que este fenómeno tuvo sus raíces en Cuba, afloró y se configuró en la Península por vez primera en Barcelona entre 1919 y 1923 y tuvo ecos y reverberaciones en Madrid entre fines de 1922 e inicios de 1923. Ello fue así por varias razones que desplegamos a lo largo de este ensayo y apuntamos al lector a continuación de modo orientativo.

José María Albiñana (segundo por la izquierda), en una reunión con miembros del Partido Nacionalista Español 
(foto: El Independiente)
Las raíces cubanas del fascismo español: militarismo y españolismo

España solo puso fin a su condición imperial en 1975 (con el abandono del Sahara occidental en plena agonía de Franco) y este hecho marcó su evolución mucho más de lo que parece. En el caso del fascismo español juzgamos determinante la importancia de La Habana en el proceso de su conformación, pues en la España decimonónica era su tercera ciudad más importante (después de Madrid y Barcelona) y en ella tuvieron lugar dos procesos clave en el tema que nos ocupa.

Uno fue la concentración de poder que conoció el titular de su Capitanía y que le convirtió en virtual «virrey» de la isla con el apoyo de sus élites propeninsulares (opuestas a toda reforma que alterase el statu quo de Cuba) que formaron una suerte de «Corte» en torno al capitán general. Asimismo, este dispuso de una milicia civil que las citadas élites promovieron y lideraron, el llamado Cuerpo de Voluntarios. Este se creó en 1855 para luchar contra el «separatismo» (que incluyó a cubanos autonomistas e independentistas) y contra posibles revueltas de esclavos. Los voluntarios, que iban uniformados y armados, profesaron un nacionalismo intransigente que les convierte en precursores del futuro fascismo peninsular.

En 1869 acaeció la conjunción organizada de estos tres elementos: Capitanía, élites y los voluntarios. Entonces, quien era capitán general desde enero, Domingo Dulce, quiso introducir reformas y ampliar el marco de libertades de Cuba siguiendo órdenes del gobierno, pero topó con la oposición de las élites citadas. Estas urdieron un complot contra este militar mediante el capitán general que le precedió, Francisco Lersundi, y el Cuerpo de Voluntarios. Así, en mayo Lersundi asedió la Capitanía con cientos de voluntarios y forzó a Dulce a renunciar a su cargo al carecer de fuerzas para imponerse. Como este renunció a sus poderes de forma reglamentaria, el cambio de titular de Capitanía fue legal y pacífico. Desde entonces las élites mencionadas actuaron con autonomía de Madrid y solidificaron sus lazos con Capitanía, mientras los voluntarios reprimieron a reformistas e independentistas cubanos a sus anchas.

Esta experiencia antillana, apenas conocida en la narrativa de la historia de España, fue decisiva tanto en la evolución del militarismo español como en la del fascismo porque configuró un artefacto político-militar singular que denominamos «Capitanía cubana». Tal expresión alude a la asunción del poder civil por Capitanía de forma dictatorial, con el apoyo de las élites locales y una milicia civil auxiliar. Esta última, que en Cuba encarnaron los voluntarios, reflejó ya el limitado espacio político que el militarismo español dejaría al desarrollo del futuro fascismo en la Península. De hecho, la definición de «militarismo» presume que los oficiales del Ejército han de predominar sobre los políticos civiles.(20) Ello fue así porque el Ejército se autoerigió en garante del orden establecido ante toda amenaza «separatista» o revolucionaria y quiso monopolizar el patriotismo.

El otro proceso que se desarrolló en Cuba e interactuó con el anterior fue que allí afloraron tanto el nacionalismo español exacerbado como los nacionalismos centrífugos peninsulares. De este modo, la llamada Guerra de los Diez Años (1868-1878) contra los insurrectos de la isla hizo cristalizar un autodenominado «españolismo» que asimiló nación e imperio (concibió a la Península y a sus dependencias de Ultramar como un todo indivisible) que reclamó una adhesión «incondicional» contando con el apoyo de Capitanía.

Voluntarios de La Habana, retratados por Valeriano Domínguez Bécquer en la revista La Ilustración de Madrid (1870). 
Fuente: Wikimedia Commons.
Cataluña en el espejo de La Habana: ¿Una «segunda Cuba»?

Tras la pérdida de Cuba en 1898, la pauta de ocupación castrense del poder civil de la «Capitanía cubana» se exportó a la Península y arraigó en Barcelona. Allí los militares procedentes de Ultramar creyeron hallarse ante la misma amenaza bifronte de La Habana: el «separatismo» (encarnado por el catalanismo emergente) y la revolución (el temor al obrerismo organizado substituyó al que infundían las revueltas de esclavos). De este modo, a partir de los problemas de orden público, Capitanía empezó a asumir competencias civiles en detrimento del gobernador civil, en un proceso que tendría su inicio en la huelga general de 1902.

Por esta vía, entre 1919 y 1923, cuajó una genuina «Capitanía cubana» en Barcelona. En ese periodo fueron sus «virreyes» de facto los generales Joaquín Milans del Bosch (capitán general de Cataluña entre septiembre de 1918 y febrero de 1920) y Severiano Martínez Anido (gobernador civil desde noviembre de 1920 hasta octubre de 1922). Milans expandió su poder al reprimir la agitación que el fin de la Gran Guerra en 1918 generó entre catalanistas y sindicalistas. La de los primeros se materializó en una campaña de demanda de autonomía en la que el Ejército vio un separatismo tan amenazador como el cubano. Y la de los segundos la estimuló el triunfo de la revolución bolchevique en 1917, que incentivó la radicalización del potente sindicato de cariz anarcosindicalista omnipresente en la zona metropolitana barcelonesa: la Confederación Nacional del Trabajo (CNT). Esta organización alumbró grupos de acción que generaron un pistolerismo endémico que Milans quiso contener con mano dura. Su actuación esbozó entonces una dictadura regional sin quebrar de forma oficial la legalidad (como en Cuba). Pero no la pudo consolidar al ser forzado a dimitir en febrero de 1920. Le substituyó como «hombre fuerte» Martínez Anido, quien durante su mandato (el «anidato») consolidó la autocracia en Cataluña que Milans perfiló. En consecuencia, ambos militares actuaron como los capitanes generales de La Habana: ocuparon el poder civil con apoyo de las élites locales y una milicia auxiliar, conformando una «Capitanía cubana» en Barcelona.

Fuente: Mundo Gráfico 23 de octubre de 1918
De los Voluntarios de La Habana al «Fascio de Las Ramblas»

En este escenario, la milicia auxiliar de esta «Capitanía cubana» surgió de modo espontáneo o se improvisó sobre la marcha, de modo que desempeñaron su rol en Barcelona cuatro actores distintos entre 1919 y 1922. Primero, entre fines de 1918 e inicios de 1919 lo hizo una Liga Patriótica Española (LPE), que practicó el «escuadrismo» contra el catalanismo. Al estallar una intensa conflictividad social a partir de febrero de 1919, la LPE se esfumó y desempeñó tal función el Somatén, una milicia civil que actuaba como cuerpo auxiliar de orden público. Pero el protagonismo creciente de los grupos de acción del cenetismo requirió que desarrollasen la función de milicia auxiliar otros actores: primero fueron grupos parapoliciales conocidos como la «banda negra» y desde 1920 ejerció este rol el llamado Sindicato Libre. Así las cosas, veremos cómo la LPE y el Libre, amparados por Capitanía, encarnaron el primer fascismo barcelonés.

Hemos designado a este último como «Fascio de Las Ramblas», una expresión que fue acuñada en 1931 por ámbitos de izquierda para aludir de forma irónica a una organización fascista que supuestamente organizaba Ramón Sales, el dirigente del citado Sindicato Libre. Sales anunció la creación de tal milicia el 11 de abril de ese año a bombo y platillo, pero sus declaraciones posiblemente fueron un globo sonda o un farol político. Pese a su inexistencia, hemos escogido esta expresión para designar al fascismo barcelonés inicial porque Las Ramblas fueron un escenario y escaparate a la vez de las primeras tramas fascistas barcelonesas. Y es que en este bulevar primero se enfrentaron catalanistas y españolistas de la LPE. Después Las Ramblas fueron un espacio de eclosión del pistolerismo. Los matones de ambos sindicatos (Libre y CNT) se reunían en sus cafés y sus grupos de acción actuaron en buena medida en la zona marcada por esta arteria: el casco antiguo y la zona que sería conocida como «barrio chino». También Las Ramblas reflejaron la importancia de los militares que mediaron en aquel universo de choques entre cata- lanistas y españolistas, libres y cenetistas. Sus centros coronaban simbólicamente el principio y el final de Las Ramblas: el Casino Militar estaba al principio, en la plaza Cataluña, y la Capitanía al final, en la zona próxima al mar. De ahí, pues, la idoneidad de esta metáfora como título del presente ensayo.

Ramón Sales Amenós en diciembre de 1919, en un acto de homenaje al general Severiano Martínez Anido
Un fascismo de primera generación y otro de segunda

Ateniéndonos a lo hasta aquí expuesto, partimos de las premisas siguientes: que la emergencia y la evolución del fascismo en España fue inseparable de la del militarismo del siglo xx (por lo que es necesario estudiar la configuración de ambos de forma simultánea); que ambos fenómenos tuvieron sus orígenes en la Cuba decimonónica, pero también los marcaron las campañas militares de Marruecos; que su configuración y eclosión tuvo lugar en la Barcelona del periodo 1919-1923, caracterizada por una conflictividad política y social intensa con un poderoso tema identitario de fondo; y que en su desarrollo interactuaron de forma compleja propuestas fascistas de Barcelona y, en menor grado, otras de Madrid.

En este aspecto, podemos establecer que el fascismo español tuvo dos etapas distintas: una monárquica inicial y otra posterior republicana o accidentalista en cuanto al régimen político. La primera (1919-1923) es el tema de este estudio y lo podemos calificar como un «fascismo de primera generación», caracterizado por tener su epicentro en Barcelona, un discurso y una práctica política acuñada en Ultramar (aunque tamizada por Marruecos), un carácter esencialmente organizativo y una elaboración ideológica muy escasa. Simplificando, tuvo tres plasmaciones sucesivas. La primera fue la mencionada LPE anticatalanista entre fines de 1918 e inicios de 1920. Le sucedió el Sindicato Libre, constituido a lo largo de 1919 y que emergió en 1920 y combatió con las armas a la poderosa CNT. Por último, a fines de 1922 se formó el grupo La Traza, que salió a la luz a inicios de 1923. Sin embargo, este fascismo barcelonés no puede estudiarse por sí solo, ya que tuvo una compleja relación e interacción con propuestas surgidas en Madrid, que también recoge esta obra, y que pasaron por la confluencia del africanismo militar, encarnado por la Legión (oficialmente Tercio de Extranjeros), y los sectores del llamado maurismo que conocieron una deriva autoritaria.

En cambio, el fascismo que podemos considerar de «segunda generación» tuvo su epicentro en la capital española y Valladolid, a la vez que se articuló esencialmente en torno a la ideología. Se singularizó por tener expresiones políticas republicanas y ambiciones intelectuales que reflejaron el influjo de las vanguardias literarias. Estas le transmitieron la convicción de que la «Nueva Cultura» que habían forjado debía demoler y substituir a una cultura burguesa juzgada decadente. Reflejaron este fascismo los mencionados grupos de Ledesma y Redondo que confluyeron primero en las JONS y luego con la FE de José Antonio Primo de Rivera y originaron FE de las JONS. En este marco, el PNE de Albiñana sería un grupo de transición entre ambos fascismos.

Para comprender la importancia de esta dimensión urbana de las iniciativas fascistas, especialmente en el fascismo de «primera generación» es esencial tener en cuenta que existe un trasfondo de «guerra de ciudades» en la que la dicotomía Madrid-Barcelona tiene un papel esencial, en la medida que, si la capital de España será el centro oficial del país, Barcelona, su capital económica e industrial carente de un poder político en consonancia, actuará como el «anticentro» por excelencia del país. Esta tensión entre centro y «anticentro» será un vector del «Fascio de Las Ramblas».

Presidentes de los Sindicatos Libres de Barcelona en 1922 (foto: La Acción/Wikimedia Commons)
¿Pero qué es el fascismo? Un recorrido por territorios pantanosos

Llegados aquí, es imperioso abordar una cuestión pantanosa: ¿Qué entendemos por fascismo? La pregunta no tiene una respuesta satisfactoria al faltar un acuerdo académico sobre cómo definir tal concepto. Ello es así porque no existe un fascismo monolítico, atemporal e inmutable, sino una pluralidad de movimientos de rasgos similares y diferentes a la par. Tal realidad supone cuatro grandes problemas para disponer de una definición operativa.

Un primer problema radica en que el fascismo combina diversos estilos políticos que lo hacen acreedor del reconocimiento como algo nuevo: explora una «tercera vía» entre marxismo y liberalismo, entre derecha e izquierda (asumiendo la crítica del liberalismo al comunismo y la del comunismo al liberalismo); asume el papel del Estado como ente rector de la sociedad (de forma semejante al comunismo); plasma una forma nueva de representatividad política que pasa por un líder carismático que interpreta la «voluntad nacional»; adopta una cultura nueva, en la que confluyen una crisis del racionalismo —que comporta la exaltación de una mística ultranacionalista de combate— y las vanguardias artísticas. A ello se añade que es la única ideología de los siglos xix y xx que asume su demonización. La actitud de los fascistas es fácilmente reconocible: «Sí, somos malos… ¿y qué?». Todo ello es difícil de aprehender en una única definición.

Un segundo problema es sobre qué tipo de movimiento fascista ponemos el foco. No es lo mismo el primer fascismo, de orígenes relativamente nebulosos, que aquel ya crecido y ávido de poder. Y menos aún el ya instalado en el poder y el que está en la oposición. En este aspecto, se suele identificar el fascismo (como movimiento y/o doctrina) con la época de entreguerras (aproximadamente el periodo 1919- 1945), percibido como un fenómeno político europeo en su esencia y que expresaría una larga «guerra civil europea». Un tercer problema es su variedad de manifestaciones, que dificulta las definiciones homogeneizadoras. Así, el historiador germano Ernst Nolte aludió a que

«un asombroso enlace de tendencias particulares y universales resulta evidente en todo movimiento fascista».

Finalmente, un cuarto problema, derivado de los anteriores, es que los expertos ofrecen una variedad de enfoques que hace muy difícil disponer de una definición funcional. De este modo, por poner algunos ejemplos, el destacado historiador italiano Emilio Gentile ha enfatizado la forma política, el partido fascista, en el caso italiano en concreto como fuerza paramilitar o partido-milicia. En clara contraposición, el británico Roger Griffin ha formulado una tesis que aborda el fascismo como expresión de un «nacionalismo palingenético». Su discurso y su potencial atracción de masas dependen así de la capacidad de crear un «renacimiento nacional», que sería su componente ideológico fundamental. Sin él, según Griffin, no hay auténtico fascismo. Por descontado, no podemos olvidar la aproximación del propio Payne, que establece una tipología de rasgos con una reflexión sobre sus antecedentes. Hay otras muchas propuestas, suficientes para requerir una ordenación de carácter enciclopédico.

Propaganda de los Sindicatos Libres: su encarnación persigue al anarquismo, el separatismo, la masonería, el comunismo y el judaísmo (imagen del blog de Xavier Casals)

Para resumir, el fascismo es una ideología y a la vez una práctica que combina acción con pensamiento, que ilustra el lema «Libro e moschetto, fascista perfetto» («libro y mosquete, fascista perfecto»). Pero se trata de un pensamiento único, decidido desde arriba, dictado supuestamente por un jefe carismático, omnímodo e infalible: «Il Duce ha sempre ragione» («El Duce siempre tiene razón»). Se remarca así el énfasis del fascismo en la participación y, por extensión, en la obediencia. Pero todo ello no es más que un modelo idealizado. La realidad política siempre es más compleja y contradictoria, por lo que —volviendo al principio— es sumamente difícil disponer de una definición satisfactoria de este fenómeno.

En este apartado de definiciones también es necesario aludir al concepto igualmente difuso de populismo. Aquí lo hemos empleado para designar una estrategia de movilización especialmente visible en el discurso regeneracionista de inicios del siglo xx y que crea una dicotomía maniquea entre el «pueblo sano» y las élites corruptas para movilizar al primero contra las segundas. Sin embargo, el concepto de populismo tampoco tiene una definición clara y unívoca. Y aunque hoy es omnipresente en los medios de comunicación, su significado resulta bastante confuso. Como sucedió con el fascismo más maduro, cuesta a los estudiosos entender qué elementos son propiamente de la izquierda o de la derecha. En realidad, el término nació en la Rusia zarista, con los llamados naródniki (de narod, pueblo) durante la segunda mitad del siglo xix. Pero la misma palabra en inglés, populism o People’s Party, designó un partido electoral estadounidense las últimas dos décadas decimonónicas. Como palabra política ya casi olvidada, analistas académicos la utilizaron para describir la actuación de movimientos que combinaban partido y sindicatos en Latinoamérica, sobre todo (aunque no solamente) en Brasil y Argentina en la primera mitad del siglo xx. También hay quien lo empleó para examinar la política de izquierdas y el autonomismo en Cataluña en el periodo republicano y de la Guerra Civil (1931-1939). Otros estudiosos, notablemente el historiador hispano-francés Carlos Serrano, han considerado que la figura del intelectual regeneracionista Joaquín Costa, protagonista relevante de nuestra obra, era de neta raigambre populista. Y si antes del siglo XXI se empleó este vocablo para dar sentido al prefascismo, hoy sirve principalmente para señalar la pujanza del posfascismo.

Así las cosas, este ensayo se centra en reconstruir las raíces, eclosión y trayectoria del primer fascismo español. Por tanto, definir esta experiencia primeriza plantea un reto similar al que afrontó Nolte —el investigador antes citado— al analizar los orígenes del fascismo francés, que asimiló a un grupo que mencionamos en la obra: Action Française (Acción Francesa, AF). Esta entidad se constituyó en 1899 y su líder carismático fue el escritor e intelectual Charles Maurras (1868-1952), cuyo acendrado nacionalismo surgió del cultivo de la lengua provenzal. Su ideario fue concomitante al del carlismo en España: defendió una monarquía tradicional, antiparlamentaria, antiliberal, descentralizada y recurrió a la violencia. Nolte justificó su inclusión aludiendo a que la AF es «la primera agrupación política de cierta influencia y rango intelectual que conlleva innegables rasgos fascistas». Además, «aparece al mismo tiempo que las demás formas tardías del antiguo movimiento contrarrevolucionario, el legitimismo francés y el realismo, pero resultan evidentes ciertos rasgos modernos que no pueden derivarse de esta tradición», sin que su monarquismo la alejara del fascismo.

Pues bien, esta misma cuestión que Nolte esbozó es la que plantean los colectivos y grupos analizados en la obra y solo podemos definirlos a medida que los analizamos: surgen parejos a movimientos contrarrevolucionarios decimonónicos, lo que facilita la confusión entre «lo nuevo» y «lo viejo», pero presentan rasgos modernos que los desvinculan de ellos y, estudiados en una dimensión territorial, conforman un juego de oposiciones que permite percibirlos como un todo con sentido político propio. Así, intentar dotar de una definición que incluya a colectivos mencionados como la LPE, La Traza, el Sindicato Libre o una unidad militar como la Legión es una empresa ardua y difícil en estas páginas liminares. Por consiguiente, invitamos al lector a constatarlo a partir de la exposición desplegada en la obra. No obstante, en relación con este primer fascismo aquí tratado, tanto en Barcelona como en Madrid, podemos enfatizar tres ideas.

Conferencia de Jaime Bordas, presidente de la Liga Patriótica Española de Barcelona, sobre la “autonomía integral”, en el Teatro del Centro (Madrid) (foto: ABC, 31 de diciembre de 1918)

Una primera idea es que en él primó la acción por encima de la reflexión. Fue un fascismo casi ágrafo, cuya escasa teorización se improvisó sobre la marcha y quizá ni ambicionó elaborarla. De este modo, originó manifiestos y prensa en el mejor de los casos, pero no abultadas disquisiciones teóricas impresas. Se caracterizó por articular organizaciones agresivas o de encuadramiento combativo de sus seguidores y sus entidades reflejaron la idea de formar un «ejército privado» capaz de actuar con virulencia ante formaciones opuestas dentro de la sociedad civil. Fue tan escasa su preocupación por dejar su huella que, como verá el lector, su evolución solo se puede reconstruir en la mayoría de los casos examinados de forma parcial y, a menudo, con fuentes secundarias (memorias, prensa, informes policiales o diplomáticos). De hecho, el vínculo con el fascismo fue públicamente invisible en algunas iniciativas, como el Sindicato Libre o el núcleo madrileño que preparó una «marcha sobre Madrid». Sabemos que este nexo existió, pero sus protagonistas se cuidaron mucho de ocultarlo.

Una segunda idea relevante es su encaje político singular en un marco monárquico. En este aspecto, el fascismo, que per se es republicano, surgió y creció en una Europa de monarquías. Ello planteó un problema de compatibilidad cuando el fascismo emergió en Italia. Allí, en marzo de 1919, Benito Mussolini creó un movimiento socialista belicista, filo-nacionalista y nacional-republicano. Usó el término italiano fasci (haz), entonces de moda (por el recuerdo de los Fasci Siciliani dei Lavoratori en 1889-1894) para designar una unión política o social, un fascio ( fasci en plural). Pero, como observó el lúcido conservador catalán Francesc Cambó en un ensayo de 1924, Mussolini recibió apoyo masivo de monárquicos (exmilitares, estudiantes, clases medias), hizo de los Fasci una llamada al unitarismo nacional y pudo desarrollar su movimiento en el seno de la Corona, llegando al poder en 1922. Su triunfo inspiró a otras figuras inquietas en el socialismo que ambicionaron adquirir protagonismo al margen de las casillas establecidas. En España, sin embargo, los primeros fascistas no tuvieron necesidad de buscar fórmulas ingeniosas, pues veremos que hubo una rica diversidad de herencias ideológicas en el conjunto de la derecha a las que recurrir. La Monarquía dominó aquí el escenario y las experiencias o iniciativas que podemos vincular a un primer fascismo casaron monarquía y república sin grandes reflexiones, aunque no sin disonancias.

Una tercera y última idea es que este estudio, más que poner el foco en comparar dinámicas españolas y europeas, refleja cómo un conjunto de factores impulsó el deseo de crear un espacio «reformador» en la derecha, pero (al contrario de lo que sucedió en Italia) carecía de antecedentes de izquierdas. De este modo, ante el sindicalismo de contorno revolucionario que encarnó la CNT y un recién inventado separatismo catalanista que giró en torno al político Francesc Macià, surgieron los colectivos mencionados que los combatieron y conformaron el «Fascio de Las Ramblas». A la vez, la marcha sobre Roma —que llevó a Mussolini al gobierno en octubre de 1922— suscitó conatos de fascismo en Madrid que interactuaron con los de la capital catalana.

Junto a la dificultad de ofrecer una definición de fascismo, la obra presenta otra en lo que se refiere a su aspecto narrativo. Con el fin de conjuntar en nuestra exposición elementos muy diversos (de carácter territorial, militar o político) hemos creado un relato que resalta las dinámicas que convergen en determinados temas abordados para facilitar su lectura. Tal opción quizá puede proyectar la idea de que partimos de una visión teleológica en la que todo lo expuesto lleva a un desenlace único: la irrupción del primer fascismo. Pero si tal teleología se refleja en la obra hasta cierto punto, ello no es una convicción, sino una opción de redacción. Igualmente, el hilo conductor del relato es un artefacto político-militar, la «Capitanía cubana», cuyo protagonismo puede convertirla en deus ex machina que explica «todo», cuando tampoco es así. Como en toda obra, hay que optar por recursos narrativos y elementos conductores del relato y la «Capitanía cubana» en este caso es central.

Miembros del Somatén en formación durante la visita de Alfonso XIII a un pueblo del Alt Penedès 
(foto: Biblioteca Nacional de España)

Somos conscientes de que nuestras decisiones en lo que se refiere a términos conceptuales y narrativos son problemáticas, pero juzgamos modestamente que también lo son las tesis dominantes sobre el fascismo apuntadas: ¿Es una solución óptima para el estudio del fascismo crear un gran cajón de sastre analítico donde todos los fenómenos, grupos y tendencias políticas que no casan con el falangismo y presentan componentes fascistas son etiquetados como «protofascistas», «prefascistas» o «pseudofascistas»? ¿Es viable una historia del fascismo español centrada en Madrid con una discreta conexión vallisoletana? ¿Nada puede decirse de Barcelona y su conflictividad social cuando —como veremos— el célebre intelectual marxista italiano Antonio Gramsci señaló que esta urbe alumbró un fascismo que precedió al de Mussolini?

¿Es asumible un estudio del fascismo español con su discurso imperial sin incorporar precisamente el influjo de esta dimensión imperial? Desde nuestra perspectiva, debe efectuarse un esfuerzo por renovar la visión y percepción del fascismo español. Y en este marco, por descontado, no pretendemos tener la «verdad», pero juzgamos que existen algunas certezas que deberían tenerse en cuenta. Por consiguiente, no esperamos que el lector o lectora suscriba todas nuestras tesis o reflexiones, pero sí que este ensayo le estimule a repensar el cada vez más «viejo siglo XX» con una mirada nueva. Lograrlo sería nuestra mayor satisfacción.

Para desarrollar los argumentos apuntados, la obra se estructura en veintisiete capítulos. Los once primeros no tienen un orden cronológico estricto y plantean cuestiones de distinta naturaleza para comprender el desarrollo del «Fascio de Las Ramblas». En cambio, los siguientes trazan un desarrollo lineal del tema. Queremos subrayar que este libro es un ensayo interpretativo, por lo que determinados temas están muy desarrollados y otros solo apuntados. Asimismo, como algunas cuestiones son transversales, hemos reiterado informaciones en distintos capítulos para facilitar su lectura. Igualmente, hemos incorporado anexos con jefes de gobierno, capitanes generales de Cataluña y gobernadores civiles barceloneses, así como una relación de textos. Para terminar, testimoniamos nuestro agradecimiento a todos los expertos que nos han facilitado copias de sus trabajos cuando se las hemos solicitado, aunque no siempre los hemos podido incorporar a la obra por los cambios que ha experimentado durante su redacción, que ha durado cuatro años. Merecen también nuestro especial reconocimiento los autores cuyas obras abordan los temas tratados y que hemos empleado de forma recurrente, pues sin ellas este libro no habría sido posible. Aunque en algunos casos podamos discrepar de sus tesis, no por ello cuestionamos su valor, incluyendo en primer lugar las monografías de Payne, que aún hoy son referentes insoslayables. Queremos hacer una mención especial a la generosidad de Soledad Bengoechea y Marcel Gabarró, a la lectura del manuscrito de Lluc Casals y sus sugerencias, así como al estimulante interés en la obra de Anna Casals. Por último, ha sido indispensable en la confección de la obra la atención de los archivos, hemerotecas y bibliotecas consultados, especialmente el del servicio de biblioteca de la Facultat de Comunicació i Relacions Internacionals Blanquerna, de la Universitat Ramon Llull.

Miembros de la Unión Patriótica de Valladolid (foto: El Norte de Castilla)

Índice

Mapa de Barcelona, 1930 (detalle)

Introducción. El primer fascismo español, una historia de tres ciudades

  1. Regeneracionismo y fascismo: Costa contra Costa
  2. La Habana: fragua del españolismo y de la «Capitanía cubana»
  3. La sombra de la «Capitanía cubana» en la Península: Weyler y Polavieja
  4. De Ultramar a África: la forja del militarismo español
  5. El carlismo: el potencial subversivo de un movimiento de orden
  6. El maurismo: una derecha caudillista sin caudillo
  7. Barcelona, el «anticentro» de España
  8. El orden público: la rampa hacia la «Capitanía cubana»
  9. La conversión de Cataluña en una «segunda Cuba»
  10. El lerrouxismo o el primer «partido españolista» de Cataluña
  11. Barcelona, capital del militarismo: la lenta irrupción de las Juntas de Defensa
  12. La confrontación de obreros y patronos y el origen de la «guerra social» metropolitana
  13. La bancarrota del sindicalismo católico
  14. Un ímpetu jaimista nuevo: «La Trinchera»
  15. La Liga Patriótica Española o el primer «Fascio de las Ramblas»
  16. Milans del Bosch y la huelga de La Canadiense: la creación de la «Capitanía cubana» de Cataluña
  17. La «Capitanía cubana» contra la CNT
  18. El desafío de la «Capitanía cubana» al gobierno: la campaña pro-Milans
  19. La creación enigmática del Sindicato Libre
  20. El legado de Milans del Bosch: el origen del «Fascio de Las Ramblas»
  21. El virreinato de Martínez Anido, preludio de la dictadura de Primo
  22. El Sindicato Libre bajo Anido: ¿un fascismo proletario?
  23. Mussolini visto desde Madrid: de la Legión de Millán-Astray a la Legión Nacional de Delgado Barreto
  24. Mussolini visto desde Barcelona: «La Palabra», el Libre y La Traza
  25. El golpe de Estado de Primo o el salto al vacío hacia una «Capitanía cubana» estatal
  26. La derrota del «Fascio de Las Ramblas»
  27. Valladolid y la Unión Patriótica de Castilla ganan la partida

Conclusiones. Dos fascismos y cuatro dictaduras

Anexo I. Relación de capitanes generales de Cataluña,

Jefes de gobierno de España y gobernadores civiles de Barcelona

Anexo II. Selección de textos

Fuente: Conversación sobre la historia, Introducción e índice del libro El fascio de las Ramblas. Los orígenes catalanes del fascismo español. Barcelona, Pasado & Presente, 2023.

Portada: Joaquín Milans del Bosch (foto: ABC)

Ilustraciones: Conversación sobre la historia