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lundi 4 mai 2026

Quand la CIA étudiait la French theory : sur le travail intellectuel de démembrement de la gauche culturelle

SOURCE https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/quand-la-cia-etudiait-la-french-theory-sur-le-travail-intellectuel-de-demembrement-de-la-gauche-culturelle/ 


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Dans une analyse fouillé G Rockhill rappelle que la lutte des classes se conduit aussi politiquement sur le terrain intellectuelle. Montrant, date et fait à l’appui comment la CIA est intervenu de façon massive, notamment financière pour occuper la sphère intellectuel.

Cet article montre églament l’importance du combat linguistique et culturel, que nombre d’intellectuels de très bonne foi considèrent comme une fantaisie ou pire parfois comme une marotte « nationaliste »

Par Gabriel Rockhill – Le 28 février 2017 – Source The Philosophical Salon

On présume souvent que les intellectuels ont peu ou pas de pouvoir politique. Perchés au sommet d’une tour d’ivoire privilégiée, déconnectés du monde réel, mêlés à des débats académiques dénués de sens sur des détails infimes, ou flottant dans les nuées absconses de théories abstraites, les intellectuels sont souvent dépeints comme non seulement coupés de la réalité politique, mais comme incapables d’avoir un impact significatif sur elle. Ce n’est pas ce que pense la CIA.

En fait, l’agence responsable de coups d’État, d’assassinats ciblés et de manipulations clandestines des gouvernements étrangers ne croit pas seulement au pouvoir de la théorie, mais elle a consacré des ressources importantes pour qu’un groupe d’agents secrets étudient ce que certains considèrent comme la théorie la plus complexe et absconse jamais produite. En effet, dans un article de recherche intrigant écrit en 1985, et récemment publié avec des retouches mineures en raison du Freedom of Information Act, la CIA révèle que ses agents ont étudié la très complexe, avant-gardiste et internationale French theory[ou théorie de la déconstruction, NdT] adossée aux noms de Michel Foucault, Jacques Lacan et Roland Barthes.

L’image d’espions américains se réunissant dans des cafés parisiens pour étudier assidûment et comparer leurs notes sur les écrits des grands prêtres de l’intelligentsia française choquera ceux qui présument que ce groupe d’intellectuels est constitué de sommités dont la sophistication éthérée ne pourrait jamais être saisie par un filet aussi grossier, ou qui, au contraire, les considèrent comme des charlatans colportant une rhétorique incompréhensible sans impact sur le monde réel ou presque. Cependant, cela ne devrait pas surprendre ceux qui connaissent l’investissement de la CIA, ancien et permanent, dans la guerre culturelle mondiale, y compris par le soutien à ses formes les plus avant-gardistes, qui a été bien documenté par des chercheurs comme Frances Stonor Saunders, Giles Scott-Smith, Hugh Wilford (et j’ai moi-même apporté ma propre contribution dans Radical History & the Politics of Art).

Thomas W. Braden, l’ancien superviseur des actions culturelles à la CIA, a expliqué avec franchise la puissance de l’offensive intellectuelle de l’Agence dans un compte rendu à destination de ses membres, publié en 1967 :

Je me souviens de l’immense joie que j’ai ressentie lorsque le Boston Symphony Orchestra [qui avait reçu l’appui de la CIA] a recueilli plus d’éloges pour les États-Unis à Paris que John Foster Dulles ou Dwight D. Eisenhower n’aurait pu en obtenir en une centaine de discours.

En aucune façon, il ne s’agissait d’une petite opération à la marge. En fait, comme Wilford l’a fort justement décrit, le Congrès pour la liberté de la culture (CCF), dont le siège social se trouvait à Paris et qui s’est par la suite avéré une organisation de façade de la CIA dans la partie culturelle de la guerre froide, était l’un des plus importants mécènes dans l’histoire universelle. Il soutenait une incroyable gamme d’activités artistiques et intellectuelles. Il avait des bureaux dans 35 pays, publiait des dizaines de magazines de prestige, était impliqué dans l’industrie du livre, organisait des conférences internationales de haut niveau ainsi que des expositions d’art, coordonnait des spectacles et des concerts et contribuait largement au financement de divers prix et bourses culturels, ainsi que d’organismes de soutien comme la Fondation Farfield.

L’ »Appareil » parisien : l’agent de la CIA et chef du CCF Michael Josselson (au centre) dans un déjeuner de travail avec John Clinton Hunt et Melvin Lasky (à droite)

La CIA comprend que la culture et la théorie sont des armes cruciales dans l’arsenal global qu’elle déploie pour protéger les intérêts étasuniens dans le monde entier. Le rapport de recherche de 1985, récemment publié, intitulé « France : Defection of the Leftist Intellectuals » (Défection des intellectuels de gauche en France) examine, sans aucun doute pour la manipuler, l’intelligentsia française et son rôle fondamental dans l’orientation des tendances qui à leur tour génèrent les orientations politiques. Le rapport suggère qu’il a existé un équilibre idéologique relatif entre la gauche et la droite dans l’histoire intellectuelle française, puis souligne le monopole de la gauche dans l’immédiat après-guerre (auquel, nous le savons, l’Agence était farouchement opposée) en raison du rôle clé des communistes dans la résistance au fascisme et de leur victoire finale. Bien que la droite, selon les mots de la CIA, ait été massivement discréditée en raison de sa contribution directe aux camps nazis, ainsi que de son programme globalement xénophobe, anti-égalitaire et fasciste, les agents secrets anonymes qui ont rédigé le plan d’étude constatent avec un vif plaisir son retour intellectuel depuis le début des années 1970 environ.

Plus précisément, les soldats camouflés de la culture applaudissent ce qu’ils considèrent comme un double mouvement qui contribue à ce que les cercles intellectuels détournent leurs critiques des États-Unis vers l’URSS. A gauche, il existait une désaffection intellectuelle croissante envers le stalinisme et le marxisme, un retrait progressif des intellectuels radicaux du débat public, et un mouvement théorique de prise de distance envers le socialisme et le Parti socialiste. Plus loin, à droite, les opportunistes idéologiques appelés Nouveaux philosophes ainsi que les intellectuels de la Nouvelle droite avaient lancé une campagne médiatique de critique du marxisme.

Tandis que d’autres tentacules de la CIA étaient impliqués dans le renversement de dirigeants démocratiquement élus, fournissant des informations et des financements à des dictateurs fascistes, soutenant les escadrons de la mort, l’état-major culturel parisien recueillait des données sur la manière dont le glissement du monde intellectuel vers la droite pourrait directement bénéficier à la politique étrangère américaine. Les intellectuels de gauche de l’après-guerre avaient ouvertement critiqué l’impérialisme américain. L’influence médiatique de Jean-Paul Sartre en tant que critique marxiste, et son action notable, en tant que fondateur de Libération, dans le dévoilement du dirigeant de la CIA à Paris ainsi que de dizaines d’agents infiltrés, étaient surveillées de près par l’Agence et considérées comme un très grave problème.

Par contraste, l’atmosphère anti-soviétique et anti-marxiste de l’ère néolibérale en cours d’émergence détournait l’attention du public et fournissait une excellente couverture pour les sales guerres de la CIA en rendant « très difficile pour quiconque de mobiliser parmi les élites intellectuelles une opposition significative à la politique des États-Unis en Amérique centrale, par exemple. » Greg Grandin, un des meilleurs historiens de l’Amérique latine, a parfaitement résumé cette situation dans The Last Colonial Massacre :

En plus des interventions visiblement désastreuses et mortelles au Guatemala en 1954, en République dominicaine en 1965, au Chili en 1973 et au Salvador et au Nicaragua au cours des années 1980, les États-Unis ont attribué des ressources financières stables et discrètes, et leur soutien moral aux États terroristes contre-insurgés. […] Mais l’énormité des crimes de Staline assure que ces histoires sordides, qu’elles soient convaincantes, approfondies, ou accablantes, ne perturbent pas le fondement d’une vision du monde où le les États-Unis jouent un rôle exemplaire dans la défense de ce que nous appelons aujourd’hui démocratie.

C’est dans ce contexte que les mandarins masqués saluent et soutiennent la critique implacable qu’une nouvelle génération de penseurs anti-marxistes comme Bernard-Henri Levy, André Glucksmann et Jean-François Revel lancent contre « la dernière clique d’intellectuels communistes » composée, selon les agents anonymes, de Sartre, Barthes, Lacan et Louis Althusser. Étant donné que ces anti-marxistes avaient penché à gauche dans leur jeunesse, ils fournissaient un modèle parfait auquel adosser des récits trompeurs qui confondent une prétendue prise de conscience politique personnelle avec la marche progressiste du temps, comme si la vie individuelle et l’histoire étaient simplement une question de maturité qui consiste à admettre que l’aspiration à une profonde transformation sociale vers l’égalité est une chose du passé, à l’échelle personnelle et à l’échelle historique. Ce fatalisme condescendant et omniscient ne sert pas seulement à discréditer les nouveaux mouvements, en particulier ceux dirigés par des jeunes, mais il interprète également les succès relatifs de la répression contre-révolutionnaire comme le progrès naturel de l’histoire.

Le philosophe français anti-marxiste Raymond Aron (à gauche) et sa femme Suzanne en vacances avec l’agent infiltré de la CIA Michael Josselson et Denis de Rougemont (à droite)

Même les théoriciens qui n’étaient pas aussi opposés au marxisme que ces réactionnaires ont apporté une contribution significative à une atmosphère de désillusion envers l’égalitarisme transformateur, de prise de distance envers la mobilisation sociale et d’« enquête critique » dépourvue de point de vue politique radical. Ceci est extrêmement important pour comprendre la stratégie globale de la CIA dans ses tentatives puissantes et profondes de démanteler la gauche culturelle en Europe et ailleurs : reconnaissant qu’il était peu probable qu’on puisse l’abolir entièrement, la CIA a cherché à déplacer la culture de gauche d’une politique anti-capitaliste et résolument transformatrice vers une position réformiste de centre-gauche moins ouvertement critique des politiques étrangères et nationales étasuniennes. En fait, comme Saunders l’a démontré en détail, dans l’après-guerre l’Agence a influencé le Congrès maccarthyste pour qu’il soutienne et assure une promotion directe des projets de gauche qui permettaient d’attirer les producteurs et les consommateurs culturels à l’écart d’une gauche résolument égalitaire. En isolant et en discréditant cette dernière, la CIA aspirait aussi à fragmenter la gauche en général, laissant à ce qui restait du centre gauche un pouvoir et un soutien public minimaux en plus d’être potentiellement discrédité en raison de sa complicité avec la politique de droite, une question qui continue de tourmenter les partis institutionnalisés contemporains de gauche.

C’est dans cette lumière que nous devons comprendre le penchant de la CIA pour les récits de conversion et son profond intérêt pour les « marxistes repentis », un leitmotiv qui traverse le rapport de recherche sur la Déconstruction française. « Encore plus efficaces pour saper le marxisme », écrivent les taupes, « il y a ces intellectuels qui, comme de vrais croyants, se sont mis en tête d’appliquer la théorie marxiste aux sciences sociales, et qui ont fini par repenser et rejeter l’ensemble du corpus théorique. » Les agents citent en particulier la puissante contribution de l’École des Annales d’historiographie et le structuralisme (en particulier Claude Lévi-Strauss et Foucault) à la « démolition critique de l’influence marxiste dans les sciences sociales ». Foucault, identifié comme « le penseur le plus profond et le plus influent en France », est particulièrement applaudi pour ses éloges à l’endroit des intellectuels de la Nouvelle droite pour avoir rappelé aux philosophes que des « conséquences sanglantes » ont « découlé de la théorie sociale rationaliste des Lumières du XVIIIème siècle et de l’ère révolutionnaire ». Bien sûr, ce serait une erreur de juger la théorie ou la pratique politique d’un penseur sur une seule position ou un seul résultat, mais le gauchisme anti-révolutionnaire de Foucault et sa perpétuation du chantage au Goulag (c’est-à-dire l’affirmation selon laquelle les mouvements radicaux conquérants visant une transformation sociale et culturelle profonde ne font que ressusciter les traditions les plus dangereuses), sont parfaitement alignés avec les stratégies globales de guerre psychologique de l’Agence.

L’interprétation de la French theory par la CIA devrait nous faire réfléchir, dans ce cas, à reconsidérer le vernis radical chic qui a accompagné en grande partie sa réception anglophone. Selon une conception étapiste d’une histoire progressiste (généralement aveugle à sa téléologie implicite), l’œuvre de figures comme Foucault, Derrida et d’autres théoriciens français d’avant-garde est souvent intuitivement associée à une forme de critique radicale et sophistiquée qui dépasse sans doute de loin tout ce que l’on trouve dans les traditions socialistes, marxistes ou anarchistes. Il est certainement vrai, et mérite d’être souligné que la réception anglophone de la French theory, comme John McCumber l’a souligné à juste titre, a eu d’importantes implications politiques en tant que pôle de résistance aux fausses neutralités politiques, aux formalismes techniques rassurants de la logique et du langage, ou au conformisme idéologique direct opérant dans la tradition philosophique anglo-américaine et soutenu par McCarthy. Cependant, les pratiques théoriques des philosophes qui ont tourné le dos à ce que Cornelius Castoriadis nommait la tradition de la critique radicale, (c’est-à-dire la résistance capitaliste et anti-impérialiste) ont certainement contribué à la mise à l’écart idéologique de la matrice de transformation sociale. Selon la CIA elle-même, la French theory post-marxiste a directement contribué au programme culturel de l’Agence consistant à entraîner la gauche vers la droite, tout en discréditant l’anti-impérialisme et l’anti-capitalisme, créant ainsi un environnement intellectuel dans lequel les projets impériaux pourraient être poursuivis sans l’entrave d’un examen critique sérieux des cercles intellectuels.

Comme nous le savons grâce aux recherches sur le programme de guerre psychologique de la CIA, l’organisation n’a pas seulement cherché à contraindre des individus, mais elle a toujours voulu comprendre et transformer les institutions de production et de distribution culturelles. En effet, son étude sur la Déconstruction met en évidence le rôle structurel des universités, des maisons d’édition et des médias dans la formation et la consolidation d’un ethos politique collectif. Dans des descriptions qui, comme le reste du document, devraient nous inviter à penser de manière critique à la situation académique actuelle dans le monde anglophone et au-delà, les auteurs du rapport mettent au premier plan les méthodes par lesquelles la précarisation du travail universitaire contribue à la démolition de la gauche radicale. Si la gauche la plus résolue ne peut pas se procurer les moyens matériels nécessaires à l’exécution de son travail, ou si nous sommes plus ou moins subtilement contraints de nous plier à une conformité pour trouver un emploi, publier nos écrits ou acquérir un auditoire, alors les conditions structurelles pour une communauté de gauche radicale sont affaiblies. La professionnalisation de l’enseignement supérieur est un autre outil utilisé à cette fin, puisqu’il vise à transformer les gens en rouages technoscientifiques de l’appareil capitaliste plutôt qu’en citoyens autonomes pourvus d’outils fiables en vue de la critique sociale. C’est pourquoi les mandarins théoriciens de la CIA font l’éloge des efforts déployés par le gouvernement français pour « pousser les étudiants à suivre des cursus de commerce et de technologie ». Ils soulignent également les contributions de grandes maisons d’édition comme Grasset, des médias ainsi que la vogue de la culture américaine pour faire avancer leur matrice post-socialiste et anti-égalitaire.

Quelles leçons pouvons-nous tirer du document, en particulier dans le contexte politique actuel d’une offensive permanente contre les cercles de l’intelligence critique ? Pour commencer, cette enquête devrait être un rappel convaincant que si certains présument que les intellectuels sont impuissants, et que leurs orientations politiques sont impuissantes, ce n’est pas ce que pense l’organisation qui a été l’un des plus puissants courtiers de puissance dans la politique mondiale contemporaine. La Central Intelligence Agency, comme son nom l’indique ironiquement, croit au pouvoir de l’intelligence et de la théorie, et nous devrions prendre cela très au sérieux. En présumant que le travail intellectuel a peu d’influence sur le « monde réel », ou n’en a pas, nous ne nous bornons pas à dénaturer les implications pratiques du travail théorique, nous courons aussi le risque de nous aveugler dangereusement sur des projets politiques pour lesquels nous pouvons facilement devenir les ambassadeurs involontaires. Même s’il est vrai que l’Etat-nation et l’appareil culturel français fournissent une matrice publique beaucoup plus efficace pour les intellectuels que ce que l’on trouve dans de nombreux autres pays, le souci de la CIA de cartographier et de manipuler la production théorique et culturelle partout ailleurs devrait tous nous réveiller.

Deuxièmement, les courtiers de pouvoir actuel ont un intérêt direct à cultiver des cercles intellectuels dont l’acuité critique aura été assombrie ou aveuglée en encourageant les institutions fondées sur les intérêts des affaires et de la techno-science, en assimilant la gauche à l’anti-scientifisme, en mettant en corrélation la science avec une neutralité politique prétendue (mais fausse), en assurant la promotion de médias qui saturent les ondes de pratiques conformistes, en tenant la gauche la plus déterminée à l’écart des grandes institutions universitaires et des projecteurs, et en discréditant tous les appels à une transformation égalitaire et écologique radicale. Idéalement, ils cherchent à nourrir une culture intellectuelle de gauche neutralisée, immobilisée, apathique et limitée au fatalisme, ou à la critique passive des mobilisations de la gauche radicale. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous pourrions considérer l’opposition intellectuelle à la gauche radicale, qui prédomine dans l’université américaine, comme une position politique dangereuse : n’est-elle pas directement complice du programme impérialiste global de la CIA ?

Troisièmement, pour contrer cette offensive institutionnelle contre une culture de gauche affirmée, il est impératif de résister à la précarisation et à la professionnalisation de l’enseignement. Il est tout aussi important de créer des sphères publiques de débat réellement critique, offrant une matrice élargie à ceux qui reconnaissent qu’un autre monde est non seulement possible, mais est nécessaire. Nous devons aussi nous unir pour contribuer aux médias alternatifs, aux modèles d’éducation différents, aux contre-institutions et aux collectifs radicaux. Il est vital de favoriser précisément ce que les combattants secrets de la culture veulent détruire : une culture de gauche radicale et son vaste cadre institutionnel de soutien, un large ancrage public, une puissance médiatique conquérante et un pouvoir de mobilisation contagieux.

Enfin, les intellectuels du monde devraient s’unir pour reconnaître notre pouvoir et le saisir afin de faire tout ce que nous pouvons pour développer une critique systémique et radicale, égalitaire et écologiste, anti-capitaliste et anti-impérialiste. Les positions que l’on défend en cours ou en public sont importantes pour définir les termes du débat et tracer le champ des possibilités politiques. En opposition directe à la stratégie culturelle fragmentaire et polarisante de la CIA, par laquelle l’Agence a cherché à diviser et isoler la gauche anti-impérialiste et anti-capitaliste, tout en l’opposant à des positions réformistes, nous devrions fédérer et mobiliser en reconnaissant l’importance de travailler ensemble (dans toute la gauche, comme Keeanga-Yamahtta Taylor nous l’a rappelé récemment) pour cultiver les conditions d’une intelligentsia réellement critique. Plutôt que de proclamer ou de déplorer l’impuissance des intellectuels, nous devrions exploiter la capacité de dire les mots justes au pouvoir en travaillant ensemble et en mobilisant notre capacité à créer collectivement les institutions nécessaires à un monde de gauche culturelle. Car c’est seulement dans un tel monde, et dans les chambres d’écho de l’intelligence critique qu’il génère, que les vérités énoncées pourraient effectivement être entendues, et ainsi changer les structures mêmes du pouvoir.

La CIA en España, ayer y hoy: la muerte de Carrero Blanco


 FUENTE https://conversacionsobrehistoria.info/2020/12/27/la-cia-en-espana-ayer-y-hoy-la-muerte-de-carrero-blanco/

¿Tuvo algo que ver la CIA en la muerte de Carrero Blanco? ¿Autorizó Nixon aquella operación? ¿Conocía la Central de Inteligencia los preparativos del 23-F? ¿Qué se trae ahora entre manos? Con la CIA nunca faltan los interrogantes.

 

Manuel de la Iglesia-Caruncho *

 

La CIA en España, ayer y hoy.

Que para EE UU, y por tanto para la CIA, todo lo que ocurriera en España en la década de los 70 era de crucial importancia, está fuera de duda. El territorio español resultaba estratégico por partida doble: como puerta del Mediterráneo, donde opera la VI flota de EE UU; y como lugar a medio camino entre EE UU y el siempre complicado Oriente Medio, rebosante de petróleo. Un territorio además, desde donde, en caso necesario, los misiles atómicos que portan los submarinos anclados en Rota, o los bombarderos alojados en el interior de la Península, podrían alcanzar la URSS con gran rapidez.

Franco, con quien Eisenhower había firmado en fecha tan temprana como 1953 los tratados de amistad y cooperación que permitían a EE UU disponer de las bases de Morón, Torrejón de Ardoz, Zaragoza y Rota, se hallaba en los años 70 en el ocaso de su vida. Y para EE UU, una “transición ordenada”, que garantizase las bases en España, era esencial. En sus líneas gruesas, la transición estaba garantizada con el nombramiento de Juan Carlos de Borbón como sucesor, con la legitimidad que le otorgaría la línea dinástica ante los sectores monárquicos de la sociedad española; pero quedaban flecos por resolver. En la década de los 70, dos personajes del régimen causaron quebraderos de cabeza a EE UU: Carrero Blanco, nombrado presidente del Gobierno por Franco en 1973, y Adolfo Suárez, nombrado presidente por Juan Carlos en 1976. Eran años en los que la CIA mantenía estrechos contactos con militares, políticos, diplomáticos, periodistas… y, estrechísimos, con los servicios de inteligencia españoles. Alfredo Grimaldos bien lo describe en su obra: La CIA en España. Y eran años también en los que el “Imperio” no iba a consentir ninguna tontería.

¿Estuvo la CIA detrás del magnicidio?

Carrero Blanco, un “duro” del franquismo, podía poner muchos palos en las ruedas que debían llevar desde la dictadura hasta el sistema democrático “moderado” planeado por EE UU para España. Había expresado además su deseo de exigir más contrapartidas a cambio de mantener las bases en España en la renegociación de los tratados que se avecinaba. Ahora bien, ¿tanto molestaba Carrero a EE UU como para decidir su desaparición física? ¿Acaso no garantizaba, a la muerte de Franco, la continuidad en España de un anticomunismo “duro” y la de las bases militares?

Imaginemos por un momento que la CIA promovió el atentado. Uno de sus principios rectores, tal vez el primero, establece que las “operaciones encubiertas” deben planearse y ejecutarse de modo tal que el gobierno estadounidense no resulte involucrado. El nombre de la CIA no podía aparecer en un atentado así de ninguna manera. Se necesitaba una mano ejecutora, y… ¿cuál mejor que ETA? Aparece entonces un personaje en escena del que nada se sabe, pero que entrega a ETA información sobre los movimientos rutinarios de Carrero: todos los días acude a misa a la misma hora y se dirige por la calle Claudio Coello, también a la misma hora, a su despacho. A ETA le sale un atentado perfecto y Carrero vuela por los aires.

Esta hipótesis, que la CIA puso en el radar de ETA a Carrero, la defendieron aquellos periodistas que más investigaron el asunto, como Manuel Cerdán (Matar a Carrero: la conspiración) o Enrique Barrueco (“La CIA sabía que iban a matar a Carrero”, en Interviú 28-3-1984). A ella se suma también Alfredo Grimaldos en la obra citada. Pero, ¡lo siento!, a mí no me convence del todo. Que Washington se arriesgara a introducir un elemento de tanta inestabilidad como un magnicidio en un país que iba a experimentar a corto plazo cambios trascendentales en su sistema político parece difícil. ¡Cómo si no tuvieran los norteamericanos otras formas de presión menos arriesgadas! Pero, ¿y si la CIA hubiera actuado por su cuenta?

Profundicemos en el modus operandi de la CIA de la mano de Tim Weiner, autor de Legado de Cenizas, una obra que se apoyó en la consulta de miles de documentos y en cientos de entrevistas. Si algo deja claro el libro a lo largo de sus más de setecientas páginas es que en la CIA no se movía nada importante sin la autorización del presidente de los EE UU. Ahora bien, las “operaciones encubiertas” sí podían ser desconocidas para otras autoridades, incluso para el Secretario de Estado o los jefes del Pentágono, y de ahí la sensación de que a veces actuase por su cuenta.

 

 

Por ejemplo: la orden de matar a Fidel Castro, en la que tanto empeño puso la CIA, fue dada personalmente por los Kennedy, especialmente por Robert, a quien John había confiado el control de la Agencia, y son numerosas las pruebas que recoge Weiner al respecto. Por otro lado, Nixon y Kissinger dirigían las operaciones clandestinas de la CIA en los 70 “sin que nada escapase a su control”. Pero vean esto: cuando Nixon ordena al director de la CIA que organice el golpe contra Allende, no se informa ni al Secretario de Estado, ni al de Defensa, ni tampoco al Embajador de EE  UU en Chile. Había comenzado ya el acoso político, económico, mediático y diplomático contra Allende cuando el embajador Korry se da cuenta de que la base de la CIA en Santiago iba mucho más lejos. Cablegrafía entonces a Kissinger con su opinión contraria al golpe y la respuesta fue: “Deje de entrometerse”.

En suma, no parece plausible que la CIA tuviera algo que ver en el atentado contra Carrero sin el visto bueno de Nixon y Kissinger, y sería muy extraño que estos dirigentes “anticomunistas duros” dieran tal orden.

Adolfo Suárez y el 23-F

Un caso diferente es el de Adolfo Suárez, quien visitó Cuba y concedió créditos al Gobierno de Fidel Castro, y visitó Argelia y mantuvo cierta equidistancia entre el gobierno argelino y el de Marruecos -un aliado estratégico de los EE UU-. Pero lo peor es que no era partidario de entrar en la OTAN. Demasiado para Estados Unidos. Así que, ni los norteamericanos, ni el sector más ultra del ejército español simpatizaban con Suárez. Las presiones para que dimitiese, como hizo, debieron ser insoportables.

Mientras se dilucidaba su dimisión, se había puesto en marcha el golpe de Tejero. Si triunfaba, se conformaría un gobierno “duro” pero que guardaría las formas institucionales: sería elegido por el Parlamento, presidido por el general Armada, tal vez con algunos ministros socialistas… y, por supuesto, con la continuidad de Juan Carlos. Si salía mal, serviría de toque de atención para que nadie se atreviese a ir demasiado lejos en la política española. Salió mal -Tejero, quien quería regresar al franquismo, no se entendió con Armada- pero se cumplió lo último: el Gobierno de Calvo Sotelo, quien sustituyó a Suárez, entró en la OTAN y cerró filas con Marruecos. La CIA supo de los preparativos del golpe, posiblemente lo alentó y seguramente expresó a los golpistas que no sería mal visto por EE UU. No tenía nada que perder. 

La España de 1948, vista por la CIA (Comentarios a un informe desclasificado)

 FUENTE https://conversacionsobrehistoria.info/2024/03/18/la-espana-de-1948-vista-por-la-cia-comentarios-a-un-informe-desclasificado

Luis Castro Berrojo

 

“España es de interés estratégico para la seguridad de Estados Unidos debido a su posición geográfica, que la convierte en una base potencial para operaciones en el área del Mediterráneo occidental, y de interés político por la actual resistencia del pueblo español a la penetración comunista”. Así empieza el largo informe de la CIA sobre España que vamos a comentar[1]. Para ser un documento interno, el comienzo no puede ser más contundente. Ni más performativo: respondiendo a ese interés estratégico, en septiembre de 1949 atracaron los primeros barcos norteamericanos en El Ferrol y su comandante, el almirante Richard L. Conolly, rindió visita a Franco en el Pazo de Meirás; en 1950 Truman, hasta entonces adverso a Franco, reconoce oficialmente a su gobierno y en julio de 1952 el almirante Forrest P. Sherman repite la visita al “Caudillo” para acordar las negociaciones previas a los pactos bilaterales de 1953.

Mientras tanto, menudean las visitas oficiales a España de congresistas y, con parsimonia,  —pues los inversores no se fían de su solvencia ni los políticos de la estabilidad del régimen—, EE.UU. ensaya la apertura comercial y otorga ayudas económicas a España. No es ajena a esta dinámica la actividad del lobby español en EE.UU., animado por el “inspector de embajadores” José Félix de Lequerica, con el director de la CIA, Roscoe Hillenkoetter y los senadores Arthur Vandenberg, James E. Murphy, Joseph McCarthy y  Patrick McCarran, que recibió una condecoración en la embajada “por su excepcional devoción a España”[2]. Todos ellos compartían la admiración hacia Franco, el antisemitismo y un fuerte anticomunismo, rasgo característico de una Guerra fría entonces incipiente[3]. Y todos ellos trataron de influir en la opinión pública, los congresistas opuestos a Franco y el propio presidente para que, como dice Ángel Viñas, “no se le apretaran demasiado las tuercas a Franco” y se viera la conveniencia de enviarle ayuda sin condicionamientos.


El informe de la CIA es muy completo, abarca la situación política y económica de España, la oposición al régimen, las relaciones exteriores, el ejército y “los probables desarrollos políticos futuros que afectarán a la seguridad de EE.UU.” (seis secciones en total), todo ello con abundante material estadístico y gráfico. Es el documento más extenso de los muchos que elabora la Agencia entre 1947 —momento de su creación— y 1950, y que hoy se hallan prácticamente desclasificados[4]. En conjunto, ofrecen una visión muy detallada y relativamente objetiva de la España de la época.

Tal acopio de información muestra el gran interés del gobierno de EE.UU. hacia España y, en el caso del informe que nos ocupa, viene a ser como el largo alegato de un abogado defensor que motiva exhaustivamente su juicio: es necesario acercarse a Franco y apuntalar su régimen económica, militar y políticamente en interés de la seguridad de EE.UU. y de la defensa común atlantista ante la supuesta amenaza de la URSS y del comunismo. La política de sanciones impulsada hasta entonces se ha revelado contraproducente: aparentemente solo sirve para fortalecer al régimen. Y es necesario tomar la iniciativa cuanto antes, pues la delicada situación económica de España, en términos de hambre, miseria y desigualdad generalizadas, unida al aislamiento exterior (salvo la Argentina de Perón), podría llevar a la desestabilización del régimen, lo cual daría más campo de acción al comunismo y descartaría otras opciones políticas más aceptables para EE.UU. La situación militar no es menos penosa: a pesar de disponer de más de 500.000 uniformados, a los que se pueden sumar casi 90.000 guardias civiles y policías nacionales (que se llevan, en conjunto casi la mitad del presupuesto estatal), el Ejército español, con escaso y obsoleto armamento, sería incapaz de resistir el ataque de otro “moderno y bien equipado” y de defender sus fronteras y sus costas.

En este sentido, otro informe de la CIA expresa el desiderátum de un futuro en el que el régimen de Franco ha sido eliminado y en el que “la representación comunista en el régimen que le suceda sea limitada o inexistente”, mientras que la URSS preferiría, según el mismo informe, “la permanencia de Franco y el aislamiento permanente de España respecto de cualquier fuente de ayuda exterior, hasta que las condiciones internas estén maduras para la revolución”[5]. Conviene retener ese concepto de un régimen sin comunistas en España, pues será la opción que mantendrá EE.UU. hasta la transición,  con valedores tan ilustres como Henry Kissinger, Fraga o Areilza. Una propuesta que también condicionará la dinámica de los grupos antifranquistas -en el exilio.

La iniciativa en el cambio de actitud de los países occidentales, se añade, debe partir de EE.UU. Aunque hubiera sido deseable un planteamiento conjunto con los países de Europa occidental, incluso añadiendo a España en el Plan de recuperación europea (Plan Marshall), la aversión de los gobiernos y de la opinión pública europea hacia el régimen de Franco lo hace inviable. Pero, por otro lado, la integración de Europa occidental se considera “incompleta e inadecuada sin España”, de modo que EE.UU. deberá articular un plan de ayuda económica y militar bilateral, como ya estaba haciendo en Grecia, Turquía y otros países fuera de Europa. Por lo demás, el régimen de Franco también prefiere la opción bilateral para no tener que depender del entendimiento con regímenes más o menos hostiles. En este caso se trataba de la ayuda económica, pero se mantendrá una actitud parecida cuando se aborde el acoplamiento de España en el esquema militar atlantista.

Primera página del mensaje del presidente Truman al Congreso el 12 de marzo de 1947 recomendando asistencia a los gobiernos de Grecia y Turquía, considerado como la primera formulación de la doctrina Truman (Wikimedia Commons)

Por lo demás, conviene recordar que por esos años el panorama internacional se venía tensionando progresivamente, de modo que las buenas relaciones de EE.UU. e Inglaterra con el antiguo aliado, la URSS, duraron muy poco y algunos líderes occidentales empezaron a decir que la guerra no había terminado, aunque ahora cambiaran los enemigos. Con preocupación se veía desde EEUU. e Inglaterra el incipiente proceso de descolonización, que afectaba gravemente a esta última, así como a Francia, Bélgica y Países Bajos; la primera guerra árabe-israelí, subsiguiente a la creación del estado hebreo en 1947; el control progresivo de Stalin sobre los países del Este (aunque fuera un aspecto negociado en Yalta) y la primera crisis de Berlín. Pero quizá lo más impactante debió de ser la “pérdida de China” y la Guerra de Corea, que obligaron por primera vez tras la II Guerra mundial a desplazar hombres y ayuda militar masiva al lejano Oriente[6]. Sin olvidar que la explosión de la primera bomba atómica de la URSS en 1949 revalidaba una proliferación nuclear iniciada en el momento en que EE.UU. malogró en NN.UU. la propuesta de negociaciones para impedirla.

Como los ideólogos de la Restauración veían la hidra de la Revolución francesa extenderse por toda Europa, ahora se temía la “amenaza roja” (red scare) en todo el mundo, incluso en Europa occidental. Hasta mayo de 1947 hubo ministros comunistas en Francia, Italia, Bélgica, Finlandia e Islandia y la influencia y popularidad de los PP.CC. era muy fuerte en los sindicatos, parte de la opinión pública y la intelectualidad. En esta situación uno de los primeros informes de la CIA, de 1947, señalaba que “el mayor peligro para la seguridad de Estados Unidos reside en la posibilidad de un derrumbamiento económico en Europa occidental y la consiguiente llegada al poder de elementos comunistas”[7]. De donde sale la formulación de la ayuda a gran escala para la reconstrucción de Europa, una idea articulada por secretario de Estado Marshall y de su asesor George F. Kennan.

En ese contexto, las estrellas del escenario mundial se iban alineando favorables hacia Franco. Pues ¿acaso no había sido él uno de los primeros en alertar del peligro comunista y en combatirlo a muerte en su propia casa y en las heladas estepas de Rusia? Así pues, la postura de la CIA hacia Franco no era sino síntoma de un estado de opinión que iba medrando entre muchos altos mandos militares, congresistas y asesores del gobierno norteamericano. En 1947 Kennan había dicho que la recién formulada “doctrina Truman” —de la que él mismo era principal autor intelectual, aunque luego mostró discrepancias con su aplicación— implicaba una nueva perspectiva más favorable hacia la España de Franco[8]. Pero antes que él, ya en 1945, el Pentágono y el Estado Mayor Conjunto habían señalado el interés estratégico de la Península y en ubicar al menos tres bases militares en España. Unos y otros siguieron presionando al Departamento de Estado y al presidente, que acabaron cediendo. “A mí Franco —le dijo Truman al almirante Sherman, Jefe de la VI Flota, a quien poco después envió a negociar con Franco— no me gusta y nunca me gustará, pero no permitiré que mis sentimientos personales invaliden las convicciones de ustedes, los militares”[9]. Un cambio de opinión semejante mostró Dean Acheson, secretario de Estado desde 1949. Y el encargado de EE.UU. en España, Paul T. Culbertson, que en principio aconsejaba a su gobierno “un esfuerzo por la cooperación, en vez de por el antagonismo” y “considerar la ayuda directa” a Franco, pero condicionada a la disposición a hacer reformas, luego debió aceptar que la ayuda se desligara de cualquier consideración política[10]. Y, como en la Restauración, también la iglesia bendecía esta deriva, en este caso por medio del cardenal Spellman y con la venia del Santo Padre Pío XII. Se recordaba que la victoria de Franco en la Guerra civil había sido, entre otras cosas, un valladar ante el avance general de la secularización y la apostasía.

Todos eran muy conscientes del carácter rígido y dictatorial del régimen y de las muy escasas ganas de Franco por hacer reformas que no fueran de fachada, como la creación de las Cortes, la definición de España como reino (sin rey) o las elecciones municipales según los cánones de la “democracia orgánica”. Como le dice Culbertson a Martín Artajo, ministro de Asuntos exteriores en 1947,: “… España [es un] estado policial, donde hay represión política y donde casi todo es considerado un crimen contra el Estado y, por tanto, sujeto a juicio en consejo de guerra, cosas que son incomprensibles para la opinión pública norteamericana…”[11]. Precisamente por eso habían sido los propios EE.UU. los que, pocos años antes, habían propuesto a la Asamblea General de la ONU la exclusión “del gobierno fascista del general Franco (…), impuesto por la fuerza al pueblo español con la ayuda del Eje”[12]. Oscar Lange, el representante de Polonia en NN.UU., denunciaba incluso que Franco amparaba a militares y científicos nazis, con los que supuestamente trataba de llevar adelante investigaciones atómicas[13].

Pero los intereses estratégicos de EE.UU., el anticomunismo visceral imperante y la dinámica expansiva del gran capital norteamericano pronto dejaron de lado el afán de propagación ecuménica de la democracia para colaborar o apoyar a “sons of a bitch” como los Somoza, Trujillo o Franco cuando ello les convenía. Y no por casualidad se firmaron con pocas semanas de diferencia el acuerdo bilateral España-EE.UU. y el nuevo concordato con el Vativano.

Los acuerdos bilaterales España-EE.UU. fueron una pieza más de un esquema político global encaminado a asegurar la hegemonía norteamericana mediante la “contención” (roll back) de la influencia de la URSS y de los partidos comunistas tanto en el plano internacional como en el interior de los países capitalistas y en lo que pronto se iba a llamar “Tercer Mundo”. Pues para los EE.UU., como para Franco, el campo semántico de “comunismo” va más allá de la URSS y de los partidos de ese nombre, englobando a los sindicatos de clase, los nacionalismos populares, como el de Lumumba en el Congo, Nasser en Egipto o Mosaddeq en Irán, así como cualquier otro movimiento político que pusiera en peligro los intereses de EE.UU. y de sus aliados.

En el plano militar, la política de contención debe relacionarse con la articulación de Tratados de defensa regionales (OTAN, CENTO, Pacto de Bagdad), tratados o acuerdos bilaterales[15] (Taiwán, Japón, Corea, Filipinas, España, etc.), y la proliferación de bases militares por todo el mundo. La funcionalidad del Mando aéreo estratégico (SAC), creado en 1947, con bombarderos dotados de armamento atómico, así como la de la poderosa flota de submarinos y portaaviones, pronto dotados también de propulsión y munición atómica, lo exigía. La doctrina Truman también tenía sus flancos económicos (como el Plan Marshall, germen del proceso de unificación europea, o el Plan de cuatro puntos, destinado a países de África, Asia o Latinoamérica); de espionaje y acciones encubiertas de la CIA, sin descartar asesinatos como los de Patricio Lumumba o Mohammad Mosaddeq (directiva presidencial NSC 10/2, inspirada también por Kennan); y de política cultural y propaganda encaminada a difundir los valores, ideas y gustos estéticos del llamado “mundo libre”, así como la utopía de los “átomos para la paz”[16].

El informe de la CIA que comentamos incluye dos notas que expresan la “discrepancia” del Departamento de Estado y de la Inteligencia del Ejército de Tierra respecto de las estimaciones de la Agencia. Si bien se comparte con ella la valoración estratégica de la Península y la conveniencia del acercamiento a Franco, no ven que la situación de su régimen sea tan vulnerable por el deterioro económico (“la situación económica de la nación será crítica en el invierno de 1948-1949”, afirma la CIA), ni por el creciente descontento popular ni por la acción de los grupos de oposición antifranquista. Estos, se dice, están divididos y Franco ha sabido manejar a los monárquicos borbónicos mediante su entrevista con Don Juan, que tácitamente descarta su acceso al trono y los planes reformistas planteados en el manifiesto de Estoril (y también de algunos generales monárquicos) ; los comunistas, tras el fracaso de la invasión del valle de Arán, se hallan muy debilitados por la represión, y el hambre y la miseria generalizadas, por sí mismas, no se ven como factores suficientes para provocar un levantamiento popular, al menos a corto plazo.

A pesar de todo, se detecta en todas estas valoraciones cierto grado de incertidumbre, suficiente como para aconsejar en todo caso esa ayuda directa a la España de Franco aun cuando el dictador no muestre intenciones de hacer reformas internas, que también perjudicarían a los grupos privilegiados que le apoyan, singularmente el ejército y la iglesia. Queda latente la idea de que el pueblo español, doce años después de comenzada la Guerra civil, sin ver perspectivas de mejora para su situación de penuria y opresión, podría llegar a un punto de malestar y desesperación que le hiciera apoyar iniciativas encaminadas a derrocar la dictadura. En esa coyuntura, la posible intervención de los comunistas, incluso con el apoyo de la URSS, tendría una oportunidad. Y eso era tabú para las élites dirigentes de EE.UU. y de sus países aliados[17].

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Resumen[18]

España es de interés estratégico para la seguridad de Estados Unidos debido a su posición geográfica, que la convierte en una base potencial para operaciones en el área del Mediterráneo occidental, y políticamente por la actual resistencia del pueblo español a la penetración comunista. La situación en España afecta al desarrollo de la política estadounidense en Europa porque el gobierno totalitario y antidemocrático de Franco hace que España sea inaceptable para las demás naciones de Europa Occidental como participante en el programa de recuperación europeo y en la Unión Occidental. Los aspectos políticos del Protocolo de España con Argentina son de interés para la política de Estados Unidos en el hemisferio occidental y su doctrina de la hispanidad afecta los intereses de Estados Unidos en todas las naciones latinoamericanas y en la República Filipina.

En términos económicos, España es relativamente poco importante para Estados Unidos, excepto en la medida en que Estados Unidos pudiera tener que negar a sus enemigos materias primas estratégicas españolas. Normalmente, menos del dos por ciento de las exportaciones estadounidenses van a España, mientras que menos del uno por ciento de las importaciones estadounidenses provienen de ese país.

El poderío militar de España es escaso, aunque sus fuerzas armadas se mantienen en una dotación numérica de más de 500.000 efectivos y casi la mitad del presupuesto nacional se dedica a los estamentos militares y policiales. Estas fuerzas carecen de equipos modernos y su entrenamiento se ve limitado por la escasez de petróleo y gasolina. España no podría repeler el ataque de un ejército moderno y fuerte. Sus capacidades militares no pueden mejorar eficazmente sin armas, aviones y equipos de origen extranjero. El desarrollo económico nacional está retrasado y la capacidad de producción bélica es insuficiente para sostener a las fuerzas armadas, excepto en breves combates. Aunque existen importantes yacimientos de minerales estratégicos, estos no son suficientes como para satisfacer las demandas de la guerra. En caso de guerra, Franco probablemente se alinearía, si fuera el caso, con las potencias occidentales, tanto por conveniencia como por su genuino aborrecimiento de la expansión comunista. Sin embargo, en primer lugar trataría de permanecer neutral.

La producción agrícola e industrial española no ha recuperado el nivel alcanzado antes de la Guerra civil de 1936-39. La modernización y renovación de los equipos son muy necesarias en todos los ámbitos, pero la posición cambiaria de España es extremadamente débil.

Al final de la Segunda guerra mundial, a España se le negó la admisión en la ONU como antiguo colaborador del Eje. Desde diciembre de 1946, el Gobierno se encuentra ante desventajas específicas derivadas de una resolución de la Asamblea General de la ONU que, tras censurar a Franco por sus antiguos y estrechos vínculos con la Alemania nazi y por su régimen totalitario de derechas, excluía a España de la participación en organismos internacionales o dependientes de la ONU y recomendaba la retirada de Madrid de ministros y embajadores de los países miembros. Los cálculos del general Franco incluían la posibilidad de que el peligro de guerra entre la URSS y las democracias occidentales ensombreciera las razones de este aislamiento diplomático y económico internacional y condujera, si no a la plena normalización de sus relaciones internacionales, a la concesión de ayudas directas por parte de Estados Unidos en forma de créditos y bienes necesarios para rehabilitar la economía española y equipar a sus fuerzas armadas. Estados Unidos, sin embargo, no se ha desviado en el caso de España de su política general respecto a todas las naciones de Europa Occidental: es decir, la acción a través de acuerdos multilaterales y de la ONU. Debido a su oposición a Franco, las 16 naciones europeas afectadas han excluido a España del programa de recuperación europeo.

Todavía no está claro qué línea adoptará finalmente Franco para hacer frente a esta situación. Durante 1947 y el verano de 1948 optó por acercarse a Argentina en las relaciones exteriores, obteniendo de Perón en momentos cruciales dos grandes empréstitos para importaciones de alimentos, por lo que expresó su solidaridad con las propuestas de Perón de una “tercera posición internacional” al margen del bloque comunista o del “capitalista”. En política interna, volvió a enfatizar las teorías falangistas de la autosuficiencia nacional bajo una estrecha regimentación económica y social y la negación de la libertad de prensa y política. Adoptó una actitud intransigente ante las sugerencias del Departamento de Estado de los Estados Unidos de que mejorara su posición internacional desfavorable mediante la liberalización de su régimen, haciéndolo más aceptable para la opinión pública de los Estados Unidos y de las naciones de Europa Occidental. Sin embargo, en vísperas de la Asamblea General de la ONU de 1948 en París (donde la cuestión española se ha incluido en el orden del día a petición de Polonia), cedió terreno al anunciar que se permitirían elecciones municipales y renovó esfuerzos para obtener un acercamiento al pretendiente español, Don Juan.

Aunque objetable para un gran número de españoles, el gobierno del general Franco ha sido capaz de permanecer en el poder durante nueve años después de obtener el dominio del país en la Guerra civil de 1936-39. Bajo este régimen, España es un “Estado autoritario, nacionalsindicalista” que, por razones de estrategia política, ha sido proclamado “reino”. El legítimo pretendiente al trono está en el exilio y el Gobierno en la práctica es una dictadura bajo el General Franco, que por ley es Jefe de las Fuerzas Armadas y Jefe del Estado, sin límite en su mandato y con derecho a nombrar a su sucesor. El gobierno ejerce un control absoluto sobre la prensa y la propaganda, ha suprimido las libertades civiles y políticas y suprime por la fuerza toda oposición política, incluida la de los monárquicos. Ha regimentado la economía nacional hasta el punto de que casi asfixia a la empresa privada.

La mayoría de los españoles son amistosos con Estados Unidos y hostiles hacia la URSS. Como la oposición proletaria a Franco ha perdido su antigua esperanza de que las democracias intervinieran para derrocar al régimen, algunos sectores tienden a orientarse hacia el Partido Comunista de España. Las fuerzas liberales moderadas se han visto debilitadas por la represión y por su incapacidad para unirse. Si estos procesos continuaran, en última instancia, sólo los comunistas, ahora una minoría desacreditada, podrían estar preparados para actuar con disciplina y obtener ayuda externa en caso de que una emergencia debilitara al Gobierno.

La estabilidad del actual Gobierno depende sobre todo del mantenimiento de una fuerza física y una capacidad para mantener en pie la tambaleante economía nacional. Franco no ha dado ninguna indicación de que vaya a renunciar voluntariamente a su autoridad y no hay una señal alguna de que el Ejército vaya a retirarle su apoyo. Sin embargo, la fiabilidad futura de este apoyo dependerá en gran medida de las tendencias económicas. En el mejor de los casos, en el futuro previsible, Franco tendrá que continuar con su costumbre de maniobrar para mantener el equilibrio entre los tres pilares de su poder, a saber: el Ejército, la jerarquía católica española y el “partido” unitario de tipo fascista conocido como Falange Española. Franco ha utilizado y coordinado hábilmente a estos grupos a pesar de sus antagonismos, pero su Gobierno no ha logrado la unidad nacional. Es fuerte porque mantiene a la población sometida y ha mantenido vivos los temores mutuos de represalias entre los españoles que tomaron bandos opuestos en la Guerra civil.

Un levantamiento popular contra Franco es poco probable. Una coalición de fuerzas centristas antifranquistas, que integre grupos monárquicos, socialistas y obreros, en el interior y fuera de España, está siendo buscada por los líderes del exilio con el fin de obtener una transición pacífica del antiliberalismo franquista a un régimen más moderado. Incluso si tal grupo demuestra una capacidad de acción unificada, tendrá éxito contra el poder atrincherado del régimen solo si obtiene el apoyo moral de las potencias occidentales o es capaz de capitalizar, posiblemente a través de la presión de los banqueros españoles, la debilidad financiera y la posición económica vulnerable del gobierno. En cualquier caso, sería necesario el respaldo de un fuerte grupo de generales del ejército español para inducir a Franco a ceder su poder.

Por lo tanto, la única amenaza seria para el régimen en el momento actual radica en la precaria situación económica. Parece dudoso que pueda darse una ayuda inmediata a través de Naciones Unidas o de canales similares. Se han denegado créditos solicitados a fuentes privadas en el extranjero, principalmente debido a la falta de confianza en la estabilidad a largo plazo del régimen y a sus restricciones a las inversiones extranjeras y a la libre empresa. Los acuerdos comerciales bilaterales concluidos durante 1947 y 1948, además de los beneficios indirectos del programa europeo de recuperación, han comenzado a proporcionar cierto alivio y probablemente continuarán haciéndolo el próximo año. Estos beneficios pueden evitar, al menos temporalmente, el peligro de un colapso económico.

Mientras se sienta capaz de mantener la situación económica bajo control, es poco probable que Franco haga concesiones importantes hacia la evolución democrática y puede haber una prolongación del sistema totalitario español bajo su mando. Como perspectiva a largo plazo, ello probablemente conduciría a una explosión violenta de fuerzas populares, en la que los comunistas disfrutarían al menos de una ventaja inicial. La perspectiva a corto plazo, sin embargo, es que la situación económica de la nación será crítica durante el otoño y el invierno de 1948-49; si no se produce ningún acontecimiento llamativo que invierta esta perspectiva, Franco continuará bajo presiones internas y externas que pueden obligarle a hacer cambios básicos de política, alterando radicalmente el carácter de su régimen, o a abandonar el poder. Su capacidad para resistir estas presiones se verá mermada si se produce un marcado contraste entre el ritmo de rehabilitación económica de España en el marco de los acuerdos bilaterales y el ritmo de recuperación de los demás países de Europa occidental en el marco de los acuerdos internacionales. Por otra parte, si decide a hacer cambios de política y a reformar el Gobierno para satisfacer estas presiones, tendrá que correr el riesgo de una fuerte oposición y de un posible derrocamiento a manos de las fuerzas cuyos intereses creados se verían amenazados por el cambio.

Discrepancia de la Oficina de Investigación de Inteligencia. Departamento de Estado.

El organismo de Inteligencia del Departamento de Estado no puede estar de acuerdo con el informe en cuestión, particularmente en lo que respecta a las secciones I y II que analizan la situación económica general en España y la posición del régimen franquista. En nuestra opinión, las perspectivas económicas en España no son tan desfavorables como se da a entender en el informe y que no cabe esperar ningún cambio político en un futuro próximo. En la actualidad existe una clara tendencia hacia la mejora de la posición internacional de España, lo que bien puede fortalecer al régimen franquista tanto económica como políticamente. Por una parte, el aumento del número de acuerdos comerciales bilaterales con países de Europa Occidental y América Latina, junto con las ayudas indirectas derivadas de la asistencia de la ERP[19] a los países de Europa Occidental, deberían mejorar la posición económica de España; por otro, varios países latinoamericanos acreditan Jefes de misión en Madrid, lo que permitirá a Franco escapar, al menos en parte, a las cargas del aislamiento diplomático impuesto a España por la Asamblea General de la ONU. En vista de la creciente división Este-Oeste, Franco puede esperar recibir un apoyo cada vez mayor, directo o indirecto, de las potencias occidentales.

Discrepancia de la División de Inteligencia. Departamento del Ejército de Tierra

La División de inteligencia del Ejército de tierra disiente sustancialmente de las conclusiones expuestas en este documento en cuanto a los probables acontecimientos futuros en España que afectarán a la seguridad de los Estados Unidos. Estas conclusiones son que, si bien no es probable que se produzca ningún cambio en seis meses, la situación en España es, en última instancia, de peligro para los Estados Unidos debido a la posibilidad de que los comunistas dominen la zona. Se indica que tal dominación podría ser el resultado de (a) una revolución ayudada por la URSS, o (b) una agresión militar por parte de la URSS.

A.- En cuanto a la primera posibilidad, la revolución, el informe afirma que las clases trabajadoras insatisfechas son receptivas ante la propaganda comunista. Además, está implícito el supuesto de que no es posible una evolución hacia una forma de gobierno política y económicamente más satisfactoria dentro del régimen franquista y que no se puede esperar un alivio de las presiones impuestas interna y externamente. Esta división, por otra parte, cree que la revolución es improbable. Considera que el gobierno de Franco es uno de los más estables de Europa occidental y cree que los españoles son mucho menos susceptibles a la propaganda comunista que los de Francia o Italia. Esta división también cree que, dada su fuerza y estabilidad actuales, el régimen franquista puede comenzar a implementar ciertos planes de evolución interna largamente pensados que, a su vez, ayudarán a aliviar las presiones externas. Que la situación exterior no es estática lo demuestra la mejora de las relaciones españolas con muchos países durante el último año, y en particular con Francia, donde el sentimiento antifranquista ha tenido una gran fuerza. Que la situación interna no es estática lo demuestra el compromiso parcial entre Franco y Don Juan y el anuncio de las próximas elecciones municipales.

B.- En cuanto a la segunda posibilidad, la agresión militar directa por parte de las fuerzas soviéticas, se cree imposible a menos que la URSS domine primero la mayor parte de Europa Occidental, incluyendo Francia o Italia. Este conjunto de circunstancias no se menciona en el documento, lo que deja a uno con la impresión de que la agresión podría emprenderse desde las bases actuales en la URSS o en los países satélites, sin una guerra europea o mundial.

 
C.- La División de Inteligencia del del Ejército de tierra considera que el documento no pone de manifiesto los dos problemas más acuciantes que afectan a la seguridad de los Estados Unidos y que presenta la situación española. En primer lugar, la potencial importancia estratégica de España para los Estados Unidos en caso de guerra con la URSS hace extremadamente grave la actual frialdad de las relaciones entre España y los Estados Unidos. En segundo lugar, la importancia estratégica de Europa occidental para los Estados Unidos en su conjunto hace igualmente grave la actual frialdad de las principales naciones de Europa occidental hacia España. Estados Unidos ha demostrado que reconoce la importancia que tiene para su propia seguridad la integración de Europa Occidental en los planos económico, político y militar. Tal integración es incompleta e inadecuada sin España; sin embargo, España ha sido excluida de todos los movimientos en esta dirección. La División de inteligencia del Ejército de tierra es consciente de que el problema de la incorporación de España al grupo de naciones occidentales es difícil, pero no lo considera insoluble. Esta división cree que la evolución dentro de España no sólo es posible sino probable y considera que la evolución conducirá a mejores relaciones con las potencias occidentales, incluidos los Estados Unidos, con la posible inclusión final de España en el sistema de defensa occidental. Sin embargo, si los esfuerzos por lograr una cierta unión de las naciones de Europa Occidental fracasaran o resultaran tan insuficientes que no merecieran más estímulo o apoyo de los Estados Unidos, el valor estratégico de España para los Estados Unidos justificaría mayores esfuerzos por su parte para establecer una cordialidad plena en las relaciones entre los dos países.

Notas

[1] Informe secreto de 100 páginas fechado el 15 de noviembre de 1948 y titulado simplemente “SPAIN”. Aquí reproducimos el “sumario”, pp. i-viii que corresponde a la Sección I (Situación Política). En https://www.cia.gov/readingroom/docs/CIA-RDP78-01617A001500020001-2.pdf AQUÍ  . Gregorio Santiago Díaz, “Vivimos sobre un volcán”. ¿Pudo derrocar el hambre a Franco? (1948-1951)”, en Historia Actual on line, 63, 2024.

[2] Ángel Viñas, En las garras del águila. Los pactos con Estados Unidos, de Francisco Franco a Felipe González (1945-1995), Barcelona, Crítica, 2003, pp. 57-61; Paul Preston, Franco, Caudillo de España, Debate, Barcelona, 2015, pp. 636-639 y 646-647.

[3] Se recordará que Lequerica había sido embajador de Franco en la Francia de Vichy, donde colaboró con la Gestapo y destacó por su dura persecución de los exiliados republicanos españoles.

[4] En total hay unos quince, pero es difícil precisarlo pues no están ordenados cronológicamente.

[5] “Probable Soviet & Soviet-inspired reactions to the SWNCC Recommendations of US Aids to Spain”, 18 de agosto de 1947. AQUÍ (https://www.cia.gov/readingroom/docs/CIA-RDP78-01617A003000010003-4.pdf .).

[6] Nicolás Sesma, Ni una, ni grande, ni libre. La dictadura de Franco. Ed. Crítica, Barcelona, 2024, p. 284.

[7] Tony Judt, Postguerra. Una historia de Europa desde 1945, Taurus, Madrid, 2013, p. 151.

[8] Walter LaFeber, America, Russia and the Cold War, 1945-1996, McGraw Hill, 1999, p. 127.

[9] Paul Preston, Op. cit., p. 669.

[10] “Nota del encargado de España al Secretario de Estado de 30 de diciembre de 1947.  En Fernando Díaz Plaja, La España Franquista en sus documentos, Barcelona, Plaza Janés, 1976, pp. 232-235.

[11] “The Chargé in Spain (Culbertson) to the Secretary of State”. En https://history.state.gov/historicaldocuments/.

[12] Díaz Plaja, 1976, p. 196.

[13] Ambas cosas eran ciertas, pero no en los términos expresados por Lange, pues no se trataba de fabricar bombas atómicas (en ese momento).

[14] La frase se atribuye a F.D. Roosevelt por referencia al dictador nicaragüense Somoza. “He may be a son of a bitch, but he’s our son of a bitch”. No está clara la atribución, pero sí su pertinencia expresiva en los ejemplos mencionados.

[15] Los tratados implicaban un compromiso de defensa mutua en caso de ataque de un tercer país. España, aunque logró en 1976 que se denominara “tratado” a su relación con EE.UU. no tuvo nunca ese compromiso.

[16] Ver Frances Stonor Saunders, La CIA y la Guerra fría cultural, Debate, Madrid, 2001.

[17] Gregorio Santiago Díaz, “Vivimos sobre un volcán”. ¿Pudo derrocar el hambre a Franco? (1948-1951)”, en Historia Actual on line, 63, 2024.

[18]  La información contenida en este informe corresponde a septiembre de 1948.

Este informe cuenta con la anuencia de los organismos de inteligencia de la Armada y la Fuerza Aérea. Las discrepancias de la Oficina de Investigación de Inteligencia del Departamento de Estado y de la División de Inteligencia del Departamento del Ejército aparecen inmediatamente después del resumen.

[19] European Recovery Program, Programa de recuperación europea, más conocido como “Plan Marshall” (n. del t.)


 

mercredi 29 avril 2026

Quand la cia infiltrait la culture - ARTE


Fruit de trois ans de recherches, ce documentaire montre comment les services secrets américains ont manipulé les milieux artistiques et intellectuels européens pendant la guerre froide. Beaucoup d'écrivains travaillèrent ainsi pour la CIA. Dans les années de l'après-guerre, les services secrets américains lancent une vaste opération d'infiltration des milieux européens de la culture. Ils lui consacrent plusieurs millions de dollars et s'appuient sur un organisme, le "Congrès pour la liberté de la culture", dont le siège se trouve à Paris. La capitale française est un lieu stratégique pour publier des revues lues jusqu'en Afrique, en Amérique latine et dans les pays arabes. Le Congrès pour la liberté de la culture s'intéresse aux artistes et intellectuels de gauche, qu'il essaie de soustraire à l'influence marxiste et de gagner à la cause américaine. En France, la revue Preuves dirigée par Raymond Aron constitue le fer de lance de cette diffusion de la pensée anticommuniste. En Allemagne, le "Kongress für kulturelle Freiheit" naît en juin 1950 à Berlin, en zone d'occupation américaine. La revue Der Monat reçoit les premiers subsides de la CIA vers 1958. Elle compte parmi ses collaborateurs d'éminents journalistes et les principaux représentants des maisons d'édition en Allemagne fédérale. Le Congrès dispose ainsi de relais à Berlin, Munich et Francfort. Il s'établit aussi à Cologne où il développe des relations privilégiées avec les rédactions de la presse écrite et de la télévision. Heinrich Böll, futur Prix Nobel de littérature (en 1972), est approché et travaillera -- plusieurs documents le confirment -- pendant plus de dix ans pour le Congrès et ses différentes organisations. Sans savoir qu'il oeuvre en fait pour la CIA ? C'est ce que pense Günter Grass, autre cible de l'agence américaine. Au-delà de ces deux personnalités, toute la fine fleur des arts et des lettres a été approchée par les services secrets américains et leur a apporté son soutien, le plus souvent sans le savoir. C'est ce que montre très bien ce documentaire, fruit de trois ans de minutieuses recherches.


lundi 27 avril 2026

Comment la CIA a utilisé un ancien soldat espagnol pour surveiller Julian Assange

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, sur le balcon de l’ambassade d’Équateur à Londres, le 19 mai 2017.

David Morales, un ancien soldat espagnol propriétaire d’une petite société de sécurité à Jerez de la Frontera, dans le sud de l’Espagne, n’a pas hésité lorsqu’il a envoyé cet e-mail à ses employés le 21 mars 2017 : « On m’a demandé de mener une enquête sur le personnel de l’ambassade, les assistants ou l’équipe chargée de l’invité, ainsi que sur les visiteurs réguliers de ce dernier. Nous avons été informés que l’invité est soupçonné de travailler pour les services de renseignement russes. On nous a demandé de déterminer s’il était possible de placer un ou plusieurs microphones dans la chambre de l’invité. Ils seront dissimulés et enregistreront en temps réel. […] Ce microphone doit disposer d’une capacité de transmission FTP avec une sortie vers un serveur sécurisé. »

 ARTICLE EN INTÉGRALITÉ

mardi 24 février 2026

The life and work of Michael Parenti: a tribute with his son, Christian

 

 

Christian Parenti joins The Grayzone's Max Blumenthal to discuss the revolutionary life and legacy of his father, the dissident political scientist Michael Parenti, who died on January 24, 2026 at age 92. Christian details how his father emerged from a working class family in East Harlem to become one of the country's most outspoken Marxists, unapologetically defending socialist states across the globe while facing professional blacklisting and CIA surveillance. He surveys Michael Parenti's major works, from "Democracy for the Few" to his groundbreaking study of corporate media, "Inventing Reality," along with "To Kill A Nation," which dismantled the Western propaganda deployed to justify NATO's destruction of Yugoslavia. They also discuss his clash with fellow leftists Noam Chomsky and Alexander Cockburn, who glibly dismissed theories about a US intelligence role in JFK's assassination. While Michael Parenti aggressively defied the anti-communist liberal consensus, Christian argues that his father was also a pragmatist who welcomed democratic reforms within his own society. His accessible writing, charismatic speaking style and sense of humor have earned him a committed following that will endure for generations.

dimanche 15 février 2026

« Au Venezuela, le peuple est vraiment le sujet de la révolution », entretien avec Thierry Deronne

Réalisateurs du film Comment le Venezuela déplace la montagneVictor Hugo Rivera (à gauche) et Thierry Deronne (à droite). (Photo ©Victor Hugo Rivera)

 Source https://positions-revue.fr/au-venezuela-le-peuple-est-vraiment-le-sujet-de-la-revolution-entretien-avec-thierry-deronne/

A la suite de l’enlèvement de Nicolás Maduro, nous avons réalisé, en partenariat avec le collectif Becs Rouges, un entretien avec Thierry Deronne, cinéaste, universitaire spécialiste du Venezuela. Nous revenons avec lui sur la situation du pays.

Positions revue : Chávez et Maduro sont les figures de proue de la révolution bolivarienne au Venezuela, et ils n’ont pas construit tout seuls la révolution bolivarienne. Les quartiers et la population se sont mobilisés autour de structures appelées « communes », qui sont des instances parallèles à celle du gouvernement. Comment se sont-elles mises en place ? Quelles ont été les erreurs des premières heures ? Qu’en est-il de la démocratie de base : participation des communes, délégation ?

Thierry Deronne : Au Venezuela, le mot « commune » signifie « autogouvernement populaire ». Construire un pouvoir populaire, changer les consciences, sortir de la culture clientéliste, paternaliste, capitaliste, ne se fait pas en un jour. On est passé de structures fragmentaires centrées sur des revendications spécifiques (comme les comités de terre qui visaient au début des années 2000 la légalisation des zones invisibles sur les cartes officielles) à des structures chargées d’enjeux sociaux et économiques de plus en plus larges : ce sont les communes. Elles fédèrent les conseils communaux locaux, afin de résoudre des défis structurels sur un territoire plus vaste.

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jeudi 12 février 2026

Une ancienne blogueuse de mode et un médecin douteux à l’origine de l’opération psychologique « 30 000 morts » en Iran. (The GrayZone)


Les responsables occidentaux se sont emparés d’un bilan douteux de 30 000 manifestants morts pour intensifier leurs actions contre l’Iran. Ce chiffre provient d’une seule source, clairement compromise. Mais une journaliste du Guardian, fervente partisane de la guerre, fait de son mieux pour le légitimer.

L’affirmation selon laquelle « 30 000 personnes ont été tuées » au cours des deux jours de manifestations et d’émeutes à travers l’Iran semble reposer en grande partie sur une seule source anonyme, qui a admis avoir extrapolé ce chiffre en supposant sans preuve que « les décès officiellement enregistrés liés à la répression représentent probablement moins de 10 % du nombre réel de victimes ».

Cette citation a été attribuée par The Guardian à un prétendu médecin dont le journal a refusé de publier le vrai nom, mais dont il affirme avoir vérifié l’identité.

Provenant du magazine TIME du 25 janvier, cette affirmation douteuse de « 30 000 » a été rapidement amplifiée par The Guardian, une voix clé de la respectabilité libérale de gauche à Londres. À partir de là, les responsables européens se sont emparés du bilan des victimes pour justifier la désignation du CGRI iranien comme organisation terroriste, donnant ainsi le feu vert à une nouvelle attaque militaire américano-israélienne contre l’Iran.

L’auteur de l’article du Guardian est une ancienne blogueuse de mode nommée Deepa Parent, qui est devenue la source incontournable du journal pour la propagande de guerre contre l’Iran, produisant plus d’une douzaine d’articles pour le Guardian afin de promouvoir le changement de régime contre la République islamique depuis que de violentes émeutes ont secoué le pays les 8 et 9 janvier.

Mme Parent est devenue le visage des attaques du Guardian contre l’Iran, bien qu’elle n’ait aucun lien apparent avec ce pays et ne semble pas en parler la langue. Le farsi ne figure pas parmi la demi-douzaine de langues dans lesquelles elle prétend être bilingue ou parler dans le cadre de ses fonctions professionnelles.

Avant d’adopter le nom de famille Parent vers 2019, la journaliste attitrée du Guardian pour l’Iran écrivait sous le nom de Deepa Kalukuri. Sa production journalistique se limitait principalement à des critiques de mode dans les médias indiens. Un article typique publié dans le magazine indien Just For Women en 2016 était intitulé : « Samantha se fixe des objectifs mode sérieux ! Découvrez-les ! » - « Quoi de mieux qu’une petite robe noire pour une soirée le week-end ? Samantha associe sa petite robe noire à ces talons aiguilles mortels ! Nous adorons !!! Passez un week-end à la mode !!!! »

Dans un autre article informant les femmes au foyer indiennes que « comprendre les actions n’est pas [aussi] difficile que le suggèrent les informations », elle expliquait que l’investissement était en fait assez simple : « c’est comme jouer à un jeu vidéo, mais votre Batman préféré est remplacé par ce courtier en bourse qui vous donne les bons conseils pour investir à la fin de la séance. »

Publiée par The Guardian, sponsorisée par Omidyar

Lorsque les manifestations « Women, Life, Freedom » ont débuté en septembre 2022 à la suite du décès d’une jeune femme en détention en Iran, l’improbable Parent s’est soudainement imposée comme la porte-parole du Guardian sur les troubles civils dans un pays avec lequel elle n’avait apparemment aucune expérience professionnelle ou personnelle.

Une grande partie du travail de Parent au sein de la section « Droits et libertés » du Guardian a été financée par une ONG appelée Humanity United, fondée par le milliardaire Pierre Omidyar et son épouse Pam.

Comme l’a rapporté The Grayzone, Omidyar s’est associé à des agences de renseignement américaines telles que l’USAID et le National Endowment for Democracy pour promouvoir un changement de régime de l’Ukraine aux Philippines, tout en menant diverses actions de « lutte contre la désinformation » visant à réprimer les points de vue anti-establishment.

Une plateforme pour les militants pro-guerre en faveur d’un changement de régime à Téhéran

Alors que la violence en Iran continue de faire la une des journaux, Parent a pratiquement admis servir de canal pour les militants pro-changement de régime soutenus par l’étranger à l’intérieur de l’Iran. Le 30 janvier, elle s’est rendue sur Twitter/X pour annoncer qu’elle avait reçu « l’autorisation » de publier un message d’un « étudiant » à Téhéran qui déclarait : « Nous nous préparons tous à descendre dans la rue et à prendre le contrôle de centres importants dès que les États-Unis attaqueront. »

En 2025, après que l’Iran et Israël aient conclu un cessez-le-feu à l’issue d’une guerre de 12 jours déclenchée par Israël, Parent a annoncé qu’elle avait reçu l’autorisation d’une autre source anonyme de partager « un premier message et une première réaction » en provenance de Téhéran. La source déplorait la fin de la guerre menée par Israël contre l’Iran : « C’est la pire chose qu’ils puissent faire. S’ils agissent ainsi, la République islamique rendra la vie impossible au peuple iranien. »

« Nous n’avons pas besoin de convaincre qui que ce soit » avec des preuves concrètes

Alors que des observateurs critiques commençaient à suggérer que le bilan de 30 000 morts était probablement exagéré, Parent s’est exprimée sur les réseaux sociaux pour déclarer que, bien qu’elle soit journaliste, elle n’avait aucune obligation de prouver les affirmations qu’elle avait publiées. La seule chose qui importait, insistait-elle, était que les « décideurs » soient incités à agir.

« Nous n’avons pas besoin de convaincre qui que ce soit du massacre perpétré par la République islamique contre des civils innocents en Iran », a-t-elle écrit, car « les décideurs ne voient pas les tweets des trolls, ils voient les comptes et les rapports vérifiés ».

Mme Parent, du Guardian, a donc admis que son travail visait à manipuler les responsables gouvernementaux occidentaux, et non à informer les citoyens qui les élisent.

Cependant, à peine un jour plus tard, Parent a apparemment changé d’avis et a présenté un « médecin anonyme » qui, selon elle, avait finalement confirmé ce chiffre. Cette personne, que Parent désignait sous le pseudonyme de « Dr Ahmadi », avait en quelque sorte « mis en place un réseau de plus de 80 professionnels de la santé dans 12 des 31 provinces iraniennes afin de partager des observations et des données », a-t-elle insisté. Et voilà que le chiffre calculé grâce à ce réseau obscur coïncidait parfaitement avec l’estimation avancée par un agent monarchiste iranien en Allemagne, qui avait été la seule source du chiffre de 30 000 morts.

Le « grand mensonge »

Depuis que le magazine TIME a publié son article du 25 janvier affirmant sans preuve tangible que l’Iran avait tué 30 000 manifestants en deux jours, ce chiffre est devenu un article de foi parmi les militants en faveur d’un changement de régime et leurs soutiens journalistiques. Co-écrit par Kay Armin Serjoie, un contributeur persan du Times of Israel, l’article du TIME, dont les données sont douteuses, a fait le tour des médias grand public. TIME a affirmé avoir obtenu ce chiffre de « deux hauts fonctionnaires du ministère [iranien] de la Santé ».

Bien que le magazine ait admis ne pas pouvoir vérifier ce chiffre, TIME a affirmé avoir confirmé le nombre de morts en insistant sur le fait qu’il « correspondait approximativement » à un décompte établi par un chirurgien ophtalmologiste allemand nommé Amir Parasta.

TIME n’a toutefois pas informé ses lecteurs qu’Amir Parasta était une source désespérément compromise. En effet, Parasta est un proche collaborateur et lobbyiste du « prince héritier » autoproclamé Reza Pahlavi, fils du shah déchu d’Iran. Basé à Potomac, dans le Maryland, Pahlavi a exhorté les Iraniens à commettre des actes de violence dans tout le pays en janvier dernier. Lorsque cette campagne a échoué, il a appelé « n’importe qui » à lancer une attaque militaire contre le pays qu’il a quitté lorsqu’il était enfant avec des millions de dollars provenant de richesses volées.

Parasta est ouvertement conseiller du NUFDI, le principal groupe de pression basé aux États-Unis qui œuvre à la réalisation du rêve de Pahlavi de se rétablir lui-même et sa famille comme monarques d’Iran.

Pour sa part, le gouvernement iranien a rejeté le chiffre de 30 000 comme étant un « grand mensonge à la Hitler », présentant le récit du « massacre » en Iran comme faisant partie d’une campagne menée par les États-Unis et Israël pour fabriquer un consentement en faveur d’un changement de régime.

Dans une grande partie du monde occidental, le « grand mensonge » semble fonctionner comme prévu. Le 28 janvier, alors que le nouveau bilan massif des victimes était consciencieusement diffusé par les médias grand public, un média européen a écrit qu’il avait été informé que le nombre révisé de victimes avait suffi à convaincre l’Italie et l’Espagne d’accepter enfin de sanctionner le CGRI iranien.

« La brutalité de ce que nous voyons a amené les ministres et les capitales à reconsidérer leurs positions », aurait déclaré un haut diplomate européen anonyme à Euro News.

Ce responsable a qualifié la décision de l’Italie et de l’Espagne – les deux derniers grands opposants aux sanctions de l’UE contre le CGRI – d’« important signal envers le gouvernement iranien et d’expression de soutien à la diaspora iranienne », qui, selon le diplomate, « réclame cela depuis longtemps ».

Comme l’a rapporté The Grayzone, les médias grand public se sont appuyés presque exclusivement sur des groupes de la diaspora iranienne étroitement liés au gouvernement américain pour établir le bilan toujours plus lourd des victimes qu’ils attribuent à Téhéran.

Parent n’a pas fait exception, citant fréquemment l’une des organisations présentées par The Grayzone, qui opère sous le nom de « Human Rights Activists in Iran » (Militants des droits de l’homme en Iran). Ce groupe reçoit un financement important du National Endowment for Democracy, une organisation créée par la CIA sous l’administration Reagan afin de dissocier les efforts secrets de Washington en faveur d’un changement de régime des agences de renseignement américaines discréditées.

Parent, du Guardian, s’appuie sur un « vérificateur de faits » financé par le département d’État

Parent s’est appuyée sur une source similaire pour affirmer que l’Iran avait tué « 30 000 » citoyens pendant les troubles de janvier, lorsqu’elle a déclaré que le Guardian avait obtenu des photographies montrant « des corps présentant des blessures par balle à bout portant à la tête, qui avaient été transférés des morgues des hôpitaux alors qu’ils étaient encore reliés à des cathéters, des sondes nasogastriques ou des tubes endotrachéaux ». Bien que Parent ait librement reconnu que The Guardian n’avait « pas vérifié de manière indépendante les photographies », elle a néanmoins affirmé qu’elles avaient été « vérifiées par [une] organisation iranienne de vérification des faits » connue sous le nom de « Factnameh ».

De son propre aveu, cependant, Factnameh n’est pas iranienne. Sur son site web, Factnameh se décrit comme une filiale de « ASL19, une société privée enregistrée à Toronto, au Canada ».

Plus important encore, Factnameh n’est en réalité pas une organisation neutre de vérification des faits, mais plutôt un autre maillon du vaste réseau d’entités financées par le gouvernement américain qui cherchent à renverser le gouvernement iranien. Les archives publiques montrent qu’entre 2022 et 2023 seulement, ASL19 a reçu près de 2,9 millions de dollars du département d’État américain.

Si Parent dissimule son plaidoyer en faveur d’un changement de régime derrière la réputation du Guardian, elle s’est montrée plus imprudente dans ses opinions sur les réseaux sociaux. Interrogée sur Twitter/X pour savoir si les Iraniens qui sont en désaccord avec leur gouvernement souhaitent réellement être bombardés par Israël, elle a rétorqué : « Ils préfèrent être libérés de la République islamique et ils étaient déjà en train d’être tués par les forces du régime. »

Wyatt Reed , Max Blumenthal

Traduction LGS

 https://thegrayzone.com/2026/02/01/guardian-iranian-death-toll-concocted-monarchist-doctors/