Pour comprendre le présent il faut comprendre le passé dans ses moindres détails.
Le 14 mai 1938, la sélection de football d'Angleterre a effectué le salut nazi avant un match à Berlin, qu'ils allaient disputer contre l'Allemagne nazie, en signe de respect envers Hitler.
Le gouvernement britannique a ordonné aux footballeurs de le faire dans l'ambiance de concorde avec les nazis ; en fait, à peine quelques mois plus tard, les Britanniques, de concert avec les Français, signeraient l'Accord de Munich où ils collaboreraient avec Hitler et lui offriraient les Sudètes de Tchécoslovaquie.
C'était là le camp des pays capitalistes alliés, en réalité... et non les contes de *Saving Private Ryan* qui édulcorent la réalité.
***
Les Parts d’Ombre de l’Histoire avec Éric Branca. Dans ce nouvel épisode, il revient sur la nuit du 10 au 11 mai 1941, où Rudolf Hess, dauphin d’Hitler, saute en parachute en Écosse après la panne de son Messerschmitt 110. Il demande à voir le duc de Hamilton, rencontré en 1936 à Berlin, et lui propose une paix séparée : la Grande-Bretagne garderait son empire si elle quittait la guerre. L’offre n’aboutit pas, Hess est arrêté, interrogé, puis condamné à perpétuité à Nuremberg.
« Les Anglais n’ont jamais voulu libérer Hess, car il en savait trop sur les rapports entre une certaine élite britannique et les nazis. Il en savait tellement que dans les archives britanniques le dossier Hess est incommunicable jusqu’en 2070, soit 130 ans après la fin de la guerre ! C’est inimaginable, ça ne s’est jamais vu. »
« Grâce à François Delpla et à son dernier ouvrage sur Hitler, je suis désormais convaincu que le leader allemand était parfaitement au courant de ce que Hess avait fait. Dès lors que l’opération de ce dernier avait échoué et que Churchill avait rameuté la presse pour l’annoncer, Hitler ne pouvait pas faire autrement que de faire passer Hess pour fou. »
Éric Branca revient sur les zones d’ombre entourant l’affaire Rudolf Hess et avance l’hypothèse que certaines informations concernant ses liens avec des responsables britanniques auraient pu justifier le maintien de documents sous accès restreint. Il s’appuie également sur les travaux de François Delpla pour défendre l’idée qu’Hitler aurait été informé de la démarche de Hess et aurait ensuite choisi de le présenter comme un homme devenu fou.
Depuis plusieurs mois, un chœur déchirant de dirigeants « européens »
(Royaume-Uni inclus) déplore l’atteinte irréversible portée à la
défense « européenne » par un Président américain grossier menaçant de
ruiner les excellentes relations européo-américaines et de les exposer à
l’agression des Russes, après près de 80 ans d’alliance de défense
fidèle et sûre. Le succès de cette campagne repose sur l’ignorance dans
laquelle ont été tenues les populations sur la réalité de cette
« Alliance » : à l’exception, partielle, du deuxième mandat présidentiel
de De Gaulle, où celui-ci ordonna le retrait de la France de
l’organisation militaire du Pacte atlantique. En fait, il a ainsi
contesté aux États-Unis l’unique substance dudit Pacte : leurs bases
aéronavales. Cette décision importante, mais incomplète ‑‑ de Gaulle ne
dénonça pas le Pacte atlantique ‑‑, fut mise en cause dans les
présidences suivantes, et Nicolas Sarkozy lui porta un coup fatal,
l’effort étant poursuivi par ses successeurs[1]. Nucléaire en moins, nous explique-t-on. Voire…
La « stratégie périphérique » des États-Unis
Le « Pacte » signé le 4 avril 1949 consacrait le triomphe de la
« stratégie périphérique » mise en œuvre par les États-Unis depuis la
Première Guerre mondiale. Elle consistait à obtenir la maîtrise totale
du continent européen, sans participation à l’essentiel des combats
(tâche structurellement impossible à l’armée d’un pays qui n’avait jamais
été soumis à attaque extérieure). Elle serait remplacée par une
participation financière à « l’effort de guerre », via les crédits
d’armements octroyés à un groupe de belligérants (qui passeraient
l’près-guerre à les rembourser, soumis aux pressions y afférentes) pour
vaincre l’autre groupe et lui imposer, via la défaite, un nouveau
« compromis », plus favorable aux États-Unis. Dans les deux premières
guerres mondiales, ce fut l’Allemagne, partenaire d’affaires majeur,
mais rival trop gourmand. Les États-Unis rognèrent ses prétentions par
soldats européens interposés avant de la « reconstruire » avec un flot
de crédits américains ‑‑ largement et notoirement voués à son réarmement
de « revanche ». Cette stratégie supposait absence militaire jusqu’à
fixation définitive de l’issue du conflit, printemps-été 1918, été 1944,
puis intervention militaire finale, avant fixation définitive des gains
de l’« Allié » vainqueur financier, et total, des deux conflits.
Est explicite le bilan officiel des pertes des deux guerres
mondiales, très faibles pour les États-Unis : Première Guerre mondiale,
117 000 dont 53 000 « morts au combat », surtout en France ; Deuxième
Guerre mondiale : moins de 300 000 morts sur les fronts asiatique et
européen, là encore, surtout en France (et Belgique). Dans les deux
guerres, pertes civiles nulles. Les deux pays les plus touchés dans la
Première, la Russie (1914-1917), plus d’1,8 million de morts militaires,
1,5 million de morts civils (record battu pour les deux catégories),
environ 7 millions supplémentaires pour la guerre non déclarée de
l’« Occident », dont le Japon, 1918-1920 ; la France, 1914-novembre
1918, respectivement 1,4 million et 300 000. 1941-1945, l’URSS, selon
l’historien militaire américain David Glantz, 35 millions de morts, dont
20 millions de civils[2]. Ces chiffres dispensent de débats sur l’identité des vainqueurs militaires.
Et ses périls mortels pour les « Alliés »
La « stratégie périphérique », fondée, depuis la Deuxième Guerre
mondiale, sur une supériorité aérienne écrasante, via les
« bombardements stratégiques », fut au cœur des préparatifs de la
suivante, dès 1942-1943. Il s’agissait d’arracher la maîtrise
militaire du monde, contre l’ennemi, l’URSS, objectif présenté
(évidemment sans désignation) par le général Henry Arnold, chef
d’état-major de l’Air, en novembre 1943 : il est exclu de « tolérer des
restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’aviation
militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté
étrangère »; la prochaine guerre aura « pour épine dorsale les
bombardiers stratégiques américains »; « une armée internationale,
instrument de la politique américaine », sera chargée des tâches
subalternes – terrestres – ce qui « internationalisera et
légitimera la puissance américaine ». La prochaine grande guerre se
mènerait, du côté américain, plus radicalement que la précédente, pas
contre l’Allemagne, mais contre le rival soviétique (22,4 millions de
km2 depuis 1940-1941 puis 1945, et des ressources naturelles si
tentantes).
Chaque « allié » des États-Unis leur fournirait donc des bases
aériennes et navales d’attaque, comme celles qu’avaient dû leur lâcher
les Anglais, de l’été 1940 à 1941, pression aux « crédits » aidant (de
Terre-Neuve, Caraïbes, 1940, Groenland, Islande, 1941, etc.). L’ouvrage
incontournable de Michael Sherry sur ces plans doit être traduit[3].
La moisson, gigantesque, de la Deuxième Guerre mondiale (« Empire »
français inclus, depuis l’invasion de l’Afrique du Nord de novembre
1942), grossit encore après mai 1945. La liste, confirmée ou allongée
après la guerre par tous les cédants, dont la France, fut codifiée quand
Washington imposa à ses « alliés » son Pacte, conclu pour 50 ans, et
renouvelable (il l’a été en 1999). Ces dirigeants de pays essorillés par
les règles américaines de Bretton Woods sur le règne sans partage du
dollar étaient d’autant plus dociles que l’emprunteur et « protecteur »
les protégeait de leur peuple radicalisé par la Crise puis la guerre :
1947-1948 le démontra en France (mai 1947) puis en Italie (mai 1947 et
avril 1948). Aucun risque de changement intérieur ne résisterait à la
« protection » américaine. Le Pacte atlantique était surtout « une
Sainte-Alliance », comme l’écrivit, en mars 1948 (un an avant la
signature), le secrétaire général du Quai d’Orsay, Jean Chauvel. Il le
demeure.
Sur le plan militaire, c’est autre chose. Contrairement à la légende,
les signataires n’avaient pas « peur » des intentions belliqueuses de
l’URSS : mise à genoux par la guerre, ruinée, privée de « réparations »
(comme les vainqueurs de la Première Guerre mondiale, dont elle-même),
elle ne les avait jamais menacés du moindre conflit et ne risquait pas
d’y prendre goût[4].
Chacun savait, en haut lieu, que cet après-guerre reproduirait à tous
égards les précédents, guerres suivantes comprises. Le combat contre
l’URSS impliquait prompt réarmement de l’Allemagne, entamé dès mars
1945 : sur les 27 divisions de la Wehrmacht encore à l’Ouest, 26
s’affairaient à évacuer par les ports du Nord troupes et matériel vers
les « bons » ennemis ; les « 170 divisions sur le front de l’Est »
combattirent jusqu’au 9 mai inclus (libération de Prague), révélation de
1969 de Gabriel Kolko (non traduit[5]). Pourquoi donc les « Alliés » occidentaux conservèrent-ils ces excellents combattants?
C’était clair avant la constitution de la RFA confiée au vieux
pangermaniste Adenauer entouré de pairs ex-nazis. On ne parlait plus,
dès 1948, que du réarmement imminent : comment se passer du « potentiel
militaire que représentent en Allemagne de nombreuses générations bien
aguerries » contre les « armées russes », écrivit l’ambassadeur de
France à Washington, Henri Bonnet, en mars 1949. Le « potentiel » fut
dirigé par les chefs de la Wehrmacht nazifiée jusqu’à l’os, qui
formèrent l’armature « européenne » des exécutants de l’OTAN
(Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord, fondée en 1950). Tout fut
mis en place quand Washington eut arraché, via la capitulation
française, sous Mendès France puis Edgar Faure, le principe officiel du
« réarmement allemand » (octobre 1954-mai 1955). Y compris les crédits
en dollars « liés » aux achats gigantesques d’armements américains
« intégrés », de complète actualité « européenne ».
Au débat de ratification américain de mai 1949, Clarence Cannon,
président démocrate de la commission des crédits de la Chambre des
Représentants, avait brutalement décrit les périls de l’adhésion,
réduisant à néant le fameux « article 5 » du Pacte, celui aujourd’hui
brandi sans répit, de « défense », États-Unis en tête, de tout « allié »
attaqué : « concertation » des alliés à ce sujet ne vaudrait pas
« engagement » américain contre « l’agresseur ». Quand Washington
attaquerait « l’ennemi », les Européens devraient juste fournir ce que
les adversaires du Pacte atlantique qualifiaient de « chair à canon » et
laisser à disposition des États-Unis leurs bases permanentes.
Cannon leur assignait deux missions : 1° « apporter leur contribution
en envoyant les jeunes gens nécessaires pour occuper le territoire
ennemi après que nous l’aurons démoralisé et anéanti par nos attaques
aériennes », sans préjudice, pour les nations maritimes, de leur
contribution navale ; 2° offrir à l’Amérique la libre disposition, « sur
leur territoire, des bases aériennes pour des bombardements
stratégiques. Grâce au Pacte de l’Atlantique, nous aurons des Alliés qui
ont des troupes et des navires et qui devraient aussi avoir l’occasion
de remplir leurs obligations de puissances contractantes. » La grande
presse (New York Times et Washington Post en tête)
tenta aussitôt d’éteindre l’incendie, en qualifiant ces propos
d’« intrusion inepte et stupide, d’élucubration, de délire
irresponsable », etc. – qu’exploiterait « la presse communiste du monde
entier ».
Les bombardements américains sur la France (1942-1944) avaient causé
75 000 morts civils. Le souvenir en restait vif et une (petite) partie
des Français, était informée par L’Humanité de ce qui attendait la population en cas de conflit (le Quai d’Orsay, inquiet, avait dès 1947 organisé un service spécialisé de réponse aux « mensonges et exagérations » du journal). Même les lecteurs du Monde
de Beuve-Méry glanèrent des informations, de 1948 à 1951. Le catholique
Étienne Gilson, fâché contre la très longue « neutralité américaine »
(pro-allemande) de l’avant-guerre et des premières années de la
Deuxième, y traita des périls liés à la perte de souveraineté sur les
bases américaines. Le tandem serait surpris du ton actuel du Monde. Le silence retomba vite, Humanité exceptée pendant plusieurs décennies.
L’actualité de la chose éclate et s’impose… Le Pacte atlantique consiste surtout, depuis sa signature,
en bases cédées par les signataires, violant la souveraineté des
cédants, point de départ d’agression contre d’autres puissances les
exposant à des représailles du pays attaqué. Sans engagement aucun du
cessionnaire à « protection ». La guerre contre l’Iran, conduite à
partir de bases américaines d’Europe et du Golfe vient de le démontrer.
de_l%27OTAN, « source » souvent contestable, fournit ici des citations utiles.
[2]La Guerre germano-soviétique 1941-1945, mythes et réalités, Paris, Delga, 2022
[3]Preparing for the next war, American Plans for postwar defense, 1941-1945, New Haven, Yale University Press, 1977.
[4] Lacroix-Riz, « L’entrée de la Scandinavie dans le Pacte atlantique (1943-1949) : une indispensable “révision déchirante” », guerres mondiales et conflits contemporains,
cinq articles (au lieu de deux contigus), étirés de 1988 à 1994 par
Jean-Claude Allain (liste,
https://historiographie.info/cv0420252025.pdf).
[5]The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy, 1943-1945, New York, Random House, 1969.
L'histoire se déroule quelques jours après la l'armistice de 1945 où des
soldats russes qui n'ont pas encore quitté l'Allemagne savourent un peu
d'indolence dans une ferme. Après une fête bien arrosée, ils se perdent
en route et tombent sur un camp de prisonniers désormais désert.
Voilà une oeuvre très étonnante et déstabilisante avec une structure clairement découpée en deux actes.
La première suit avec nonchalance le quotidien de ces soldats qui
profitent de leur temps libre pour jouer de la musique, réparer des
motos, lézarder au soleil, vider des bouteilles de vins ou de bières ou
pour sympathiser avec les allemands même s'ils ne comprennent leur
langue. Le cinéaste suit cette langueur avec des scènes dilatées qui ne
sont pas sans rappeler les aller-retour formel d'un Miklos Jancso (en
bien mois baroque il va sans dire). On sent une certaine insouciance et
un nouvelle liberté dans les activités de ces soldats dont une grisante
sortie en moto et une soirée alcoolisée quasi presque païenne.
Il va sans dire que la découverte nocturne qu'ils font agit comme une
immédiate gueule de bois car ce qu'il visite n'est rien de moins qu'un
camp d'extermination bien qu'eux ne le savent pas encore. Ils sentent
bien que quelques choses cloche ici, qu'il y a un climat malsain qui
s'échappe de cette étrange "chaufferie". Mais quoi précisément ?
Cette réalité leur sera apprise par plusieurs survivants juifs qui ont
quitté le camp quelques jours auparavant. A partir de la, le film
devient littéralement pesant comme si la gravité terrestre était deux
fois plus forte et ce ne sont plus seulement les personnages qui sont
hébétés mais la caméra même.
La aussi, les plans sont particulièrement étirés mais pour créer un sentiment totalement autre, littéralement assommant.
C'est un parti pris osé et plutôt courageux mais qui signe aussi ses
limites pour un dispositif presque trop démonstratif dans ses effets et
sa démarche. Mais il est difficile en même temps de lui reprocher car il
parvient à nous plonger dans le même état d'esprit que ces jeunes
russes, sous le choc de cette révélation puis de sa réelle
signification.
Si cette lenteur pesante se retourne par moment contre elle, il faut reconnaître que C'était le mois de mai imprime la rétine et impose une ambiance obsédante plusieurs jours après son visionnage.
Un épisode méconnu et heureusement failli de la fin de la 2° GM. Et on comprend pourquoi, puisqu'il s'agit d'une tentative d'armistice séparée entre l'Allemagne nazie et les alliés occidentaux...en vue de se retourner ensemble contre l'URSS.
L’histoire se déroule en Allemagne en 1945. À la veille de l'effondrement du Reich, les nazis
mènent les négociations secrètes avec les Américains sur la reddition
des troupes allemandes à l'Ouest. Les agents de renseignement
soviétiques font tout leur possible pour contrecarrer ces négociations.
Una amistad condenada: La conquista de Europa por los Estados Unidos.
Primera Etapa: De la Primera a la Segunda Guerra Mundial (Spanish
Edition) Paperback – November 12, 2024
El
ascenso del capitalismo estadounidense se presentó al mundo bajo la
bandera de la libertad, la democracia y la prosperidad. No obstante, las
prácticas del América first, que incluían genocidios, explotación
laboral y saqueo bélico de bienes ajenos, no desaparecieron, sino que
fueron modernizadas. La Primera Guerra Mundial se convirtió en el primer
gran negocio global, en torno al cual los aliados fueron sometidos.
Después de la guerra, las corporaciones estadounidenses invirtieron en
Europa Occidental. Mussolini fue inundado de créditos. Empresas
estadounidenses suministraron armamento a Franco y equiparon a la
Wehrmacht alemana para una guerra contra Rusia. El nuevo banco central
liderado por EE. UU. en Suiza blanqueó oro saqueado por los nazis. Se
ignoró la persecución de los judíos. Con el lanzamiento de dos bombas
atómicas sobre la población civil, comenzaron nuevas guerras contra
nuevos enemigos, en sistemática violación del derecho internacional.
Werner Rügemer (1941), Dr. en Filosofía, publicista e intervencionista
político.Desde los años 1980, ha publicado sobre la decadencia
político-moral de la sociedad estadounidense, el extremo contraste entre
ricos y pobres, la interconexión entre el ejército, los servicios de
inteligencia y la alta tecnología, así como la destrucción ambiental y
los daños a la salud de los trabajadores migrantes en los sectores de
salarios más bajos.
Le film germano-soviétique de 1936 « La Lutte » (« Kämpfer ») a été produit par le
studio moscovite « Rot-Front », où la plupart des acteurs et une grande partie de
l'équipe technique étaient des communistes allemands exilés. Il est réalisé par Gustav von Wangenheim.
Le film relate la résistance des ouvriers contre le fascisme, inspirée par l'arrestation
du dirigeant communiste Georgi Dimitrov. Deux intrigues se déroulent en parallèle :
le procès de l'incendie du Reichstag, où Dimitrov est accusé d'avoir orchestré
l'incendie de 1933, et la résistance des ouvriers contre les fascistes de la SA et de
la SS. Les ouvriers sont accusés à tort par la SA d'avoir incendié l'usine Spörke. À la
tête du mouvement de résistance se trouvent Mère Lemke et Anna, qui considèrent
Dimitrov comme un symbole dans la lutte contre le fascisme. La rébellion de Mère Lemke
est alimentée par l'assassinat de son fils Hans par la SA. Hans avait découvert que
l'usine Spörke produisait du gaz toxique comme arme de guerre, et non du parfum comme
on le prétendait.
Peu à peu, Dimitrov gagne des soutiens à travers le monde, déclenchant des
manifestations réclamant sa libération. Le mouvement de résistance de Mère Lemke et
Anna prend également de l'ampleur, ralliant son fils Fritz, médecin, et même d'anciens
membres des SA.
Le film s'achève sur la libération de Dimitrov, symbolisant l'espoir d'une chute imminente du fascisme.
L'intrigue, qui se déroule en 1933-1934, illustre les débuts de la résistance au fascisme : des groupes d'ouvriers montent la garde devant leurs usines la nuit contre les incendiaires des SA ; organisent des réunions pour protester contre les procès iniques ;
font passer clandestinement de la littérature antifasciste, la cachent et la diffusent ;
impriment leurs propres tracts et infiltrent les organisations nazies pour recueillir
des renseignements et libérer les prisonniers. Le film est également d'une valeur
inestimable pour les images et les enregistrements sonores originaux d'Henri Barbusse
et de Georgi Dimitrov, pour les scènes de manifestations françaises en soutien à
Dimitroff et Thälmann, ainsi que pour avoir révélé l'existence des premiers camps de
concentration au grand public (l'un des premiers enregistrements des « Moorsoldaten »
provient également de ce film).
L'esthétique du film
Le film « Kämpfer » utilise une esthétique héroïsante en dépeignant
les personnages des milieux ouvriers luttant par et pour eux-mêmes. Cet héroïsme est une caractéristique de l’avant-garde
cinématographique. Cependant, le film anticipe aussi des formes de réalisme socialiste, il doit être évalué comme une transition de l’avant-garde cinématographique au réalisme socialiste.
Contributeurs
Le réalisateur Gustav von Wangenheim a travaillé dans la République de Weimar en tant qu'acteur sur de nombreux films, entre autres Nosferatu. Entre 1928 et 1933, il est le fondateur et le chef de la compagnie théâtrale Truppe 1931, créé à partir de la colonie d'artistes Berlin. Après la guerre, Wangenheim est retourné en RDA et a travaillé comme réalisateur et scénariste pour le DEFA et a reçu le prix national de la RDA.
Bruno Schmidtsdorf
(1908-1938) n'a joué qu'un plus grand rôle dans ce film, a ensuite été
tué dans la terreur de Staline parce qu'il était prétendument membre
d'une jeunesse hitlérienne soviétique. Alexander Granach,
qui a joué le rôle de Rovelli, a pu fuir aux États-Unis, puis a joué
presque exclusivement des nazis dans des films. (Les acteurs avec un
accent allemand ne pouvaient pas être un sympathisant dans un film
américain.) Ernst Busch, qui a incarné le juge, a joué dans Kuhle Wampe ou: Qui possède le monde? et l'opéra à trois centimes avec. Presque tous les acteurs sont des Allemands exilés. Dans la République de Weimar, ils ont joué dans les groupes de théâtre La colonne de gauche (en allemand: Kolonnenn Links) et Truppe en 1931.
Ernst Busch a non seulement joué le magistrat, mais a également enregistré la chant des déportés pour le film, qui est chanté dans les scènes de camp de concentration.
L’œuvre peut être considérée comme un document historique
contemporain sur la résistance communiste allemande face au national-socialisme.