Depuis plusieurs mois, un chœur déchirant de dirigeants « européens »
(Royaume-Uni inclus) déplore l’atteinte irréversible portée à la
défense « européenne » par un Président américain grossier menaçant de
ruiner les excellentes relations européo-américaines et de les exposer à
l’agression des Russes, après près de 80 ans d’alliance de défense
fidèle et sûre. Le succès de cette campagne repose sur l’ignorance dans
laquelle ont été tenues les populations sur la réalité de cette
« Alliance » : à l’exception, partielle, du deuxième mandat présidentiel
de De Gaulle, où celui-ci ordonna le retrait de la France de
l’organisation militaire du Pacte atlantique. En fait, il a ainsi
contesté aux États-Unis l’unique substance dudit Pacte : leurs bases
aéronavales. Cette décision importante, mais incomplète ‑‑ de Gaulle ne
dénonça pas le Pacte atlantique ‑‑, fut mise en cause dans les
présidences suivantes, et Nicolas Sarkozy lui porta un coup fatal,
l’effort étant poursuivi par ses successeurs[1]. Nucléaire en moins, nous explique-t-on. Voire…
La « stratégie périphérique » des États-Unis
Le « Pacte » signé le 4 avril 1949 consacrait le triomphe de la
« stratégie périphérique » mise en œuvre par les États-Unis depuis la
Première Guerre mondiale. Elle consistait à obtenir la maîtrise totale
du continent européen, sans participation à l’essentiel des combats
(tâche structurellement impossible à l’armée d’un pays qui n’avait jamais
été soumis à attaque extérieure). Elle serait remplacée par une
participation financière à « l’effort de guerre », via les crédits
d’armements octroyés à un groupe de belligérants (qui passeraient
l’près-guerre à les rembourser, soumis aux pressions y afférentes) pour
vaincre l’autre groupe et lui imposer, via la défaite, un nouveau
« compromis », plus favorable aux États-Unis. Dans les deux premières
guerres mondiales, ce fut l’Allemagne, partenaire d’affaires majeur,
mais rival trop gourmand. Les États-Unis rognèrent ses prétentions par
soldats européens interposés avant de la « reconstruire » avec un flot
de crédits américains ‑‑ largement et notoirement voués à son réarmement
de « revanche ». Cette stratégie supposait absence militaire jusqu’à
fixation définitive de l’issue du conflit, printemps-été 1918, été 1944,
puis intervention militaire finale, avant fixation définitive des gains
de l’« Allié » vainqueur financier, et total, des deux conflits.
Est explicite le bilan officiel des pertes des deux guerres
mondiales, très faibles pour les États-Unis : Première Guerre mondiale,
117 000 dont 53 000 « morts au combat », surtout en France ; Deuxième
Guerre mondiale : moins de 300 000 morts sur les fronts asiatique et
européen, là encore, surtout en France (et Belgique). Dans les deux
guerres, pertes civiles nulles. Les deux pays les plus touchés dans la
Première, la Russie (1914-1917), plus d’1,8 million de morts militaires,
1,5 million de morts civils (record battu pour les deux catégories),
environ 7 millions supplémentaires pour la guerre non déclarée de
l’« Occident », dont le Japon, 1918-1920 ; la France, 1914-novembre
1918, respectivement 1,4 million et 300 000. 1941-1945, l’URSS, selon
l’historien militaire américain David Glantz, 35 millions de morts, dont
20 millions de civils[2]. Ces chiffres dispensent de débats sur l’identité des vainqueurs militaires.
Et ses périls mortels pour les « Alliés »
La « stratégie périphérique », fondée, depuis la Deuxième Guerre
mondiale, sur une supériorité aérienne écrasante, via les
« bombardements stratégiques », fut au cœur des préparatifs de la
suivante, dès 1942-1943. Il s’agissait d’arracher la maîtrise
militaire du monde, contre l’ennemi, l’URSS, objectif présenté
(évidemment sans désignation) par le général Henry Arnold, chef
d’état-major de l’Air, en novembre 1943 : il est exclu de « tolérer des
restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’aviation
militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté
étrangère »; la prochaine guerre aura « pour épine dorsale les
bombardiers stratégiques américains »; « une armée internationale,
instrument de la politique américaine », sera chargée des tâches
subalternes – terrestres – ce qui « internationalisera et
légitimera la puissance américaine ». La prochaine grande guerre se
mènerait, du côté américain, plus radicalement que la précédente, pas
contre l’Allemagne, mais contre le rival soviétique (22,4 millions de
km2 depuis 1940-1941 puis 1945, et des ressources naturelles si
tentantes).
Chaque « allié » des États-Unis leur fournirait donc des bases
aériennes et navales d’attaque, comme celles qu’avaient dû leur lâcher
les Anglais, de l’été 1940 à 1941, pression aux « crédits » aidant (de
Terre-Neuve, Caraïbes, 1940, Groenland, Islande, 1941, etc.). L’ouvrage
incontournable de Michael Sherry sur ces plans doit être traduit[3].
La moisson, gigantesque, de la Deuxième Guerre mondiale (« Empire »
français inclus, depuis l’invasion de l’Afrique du Nord de novembre
1942), grossit encore après mai 1945. La liste, confirmée ou allongée
après la guerre par tous les cédants, dont la France, fut codifiée quand
Washington imposa à ses « alliés » son Pacte, conclu pour 50 ans, et
renouvelable (il l’a été en 1999). Ces dirigeants de pays essorillés par
les règles américaines de Bretton Woods sur le règne sans partage du
dollar étaient d’autant plus dociles que l’emprunteur et « protecteur »
les protégeait de leur peuple radicalisé par la Crise puis la guerre :
1947-1948 le démontra en France (mai 1947) puis en Italie (mai 1947 et
avril 1948). Aucun risque de changement intérieur ne résisterait à la
« protection » américaine. Le Pacte atlantique était surtout « une
Sainte-Alliance », comme l’écrivit, en mars 1948 (un an avant la
signature), le secrétaire général du Quai d’Orsay, Jean Chauvel. Il le
demeure.
Sur le plan militaire, c’est autre chose. Contrairement à la légende,
les signataires n’avaient pas « peur » des intentions belliqueuses de
l’URSS : mise à genoux par la guerre, ruinée, privée de « réparations »
(comme les vainqueurs de la Première Guerre mondiale, dont elle-même),
elle ne les avait jamais menacés du moindre conflit et ne risquait pas
d’y prendre goût[4].
Chacun savait, en haut lieu, que cet après-guerre reproduirait à tous
égards les précédents, guerres suivantes comprises. Le combat contre
l’URSS impliquait prompt réarmement de l’Allemagne, entamé dès mars
1945 : sur les 27 divisions de la Wehrmacht encore à l’Ouest, 26
s’affairaient à évacuer par les ports du Nord troupes et matériel vers
les « bons » ennemis ; les « 170 divisions sur le front de l’Est »
combattirent jusqu’au 9 mai inclus (libération de Prague), révélation de
1969 de Gabriel Kolko (non traduit[5]). Pourquoi donc les « Alliés » occidentaux conservèrent-ils ces excellents combattants?
C’était clair avant la constitution de la RFA confiée au vieux
pangermaniste Adenauer entouré de pairs ex-nazis. On ne parlait plus,
dès 1948, que du réarmement imminent : comment se passer du « potentiel
militaire que représentent en Allemagne de nombreuses générations bien
aguerries » contre les « armées russes », écrivit l’ambassadeur de
France à Washington, Henri Bonnet, en mars 1949. Le « potentiel » fut
dirigé par les chefs de la Wehrmacht nazifiée jusqu’à l’os, qui
formèrent l’armature « européenne » des exécutants de l’OTAN
(Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord, fondée en 1950). Tout fut
mis en place quand Washington eut arraché, via la capitulation
française, sous Mendès France puis Edgar Faure, le principe officiel du
« réarmement allemand » (octobre 1954-mai 1955). Y compris les crédits
en dollars « liés » aux achats gigantesques d’armements américains
« intégrés », de complète actualité « européenne ».
Au débat de ratification américain de mai 1949, Clarence Cannon,
président démocrate de la commission des crédits de la Chambre des
Représentants, avait brutalement décrit les périls de l’adhésion,
réduisant à néant le fameux « article 5 » du Pacte, celui aujourd’hui
brandi sans répit, de « défense », États-Unis en tête, de tout « allié »
attaqué : « concertation » des alliés à ce sujet ne vaudrait pas
« engagement » américain contre « l’agresseur ». Quand Washington
attaquerait « l’ennemi », les Européens devraient juste fournir ce que
les adversaires du Pacte atlantique qualifiaient de « chair à canon » et
laisser à disposition des États-Unis leurs bases permanentes.
Cannon leur assignait deux missions : 1° « apporter leur contribution
en envoyant les jeunes gens nécessaires pour occuper le territoire
ennemi après que nous l’aurons démoralisé et anéanti par nos attaques
aériennes », sans préjudice, pour les nations maritimes, de leur
contribution navale ; 2° offrir à l’Amérique la libre disposition, « sur
leur territoire, des bases aériennes pour des bombardements
stratégiques. Grâce au Pacte de l’Atlantique, nous aurons des Alliés qui
ont des troupes et des navires et qui devraient aussi avoir l’occasion
de remplir leurs obligations de puissances contractantes. » La grande
presse (New York Times et Washington Post en tête)
tenta aussitôt d’éteindre l’incendie, en qualifiant ces propos
d’« intrusion inepte et stupide, d’élucubration, de délire
irresponsable », etc. – qu’exploiterait « la presse communiste du monde
entier ».
Les bombardements américains sur la France (1942-1944) avaient causé
75 000 morts civils. Le souvenir en restait vif et une (petite) partie
des Français, était informée par L’Humanité de ce qui attendait la population en cas de conflit (le Quai d’Orsay, inquiet, avait dès 1947 organisé un service spécialisé de réponse aux « mensonges et exagérations » du journal). Même les lecteurs du Monde
de Beuve-Méry glanèrent des informations, de 1948 à 1951. Le catholique
Étienne Gilson, fâché contre la très longue « neutralité américaine »
(pro-allemande) de l’avant-guerre et des premières années de la
Deuxième, y traita des périls liés à la perte de souveraineté sur les
bases américaines. Le tandem serait surpris du ton actuel du Monde. Le silence retomba vite, Humanité exceptée pendant plusieurs décennies.
L’actualité de la chose éclate et s’impose… Le Pacte atlantique consiste surtout, depuis sa signature,
en bases cédées par les signataires, violant la souveraineté des
cédants, point de départ d’agression contre d’autres puissances les
exposant à des représailles du pays attaqué. Sans engagement aucun du
cessionnaire à « protection ». La guerre contre l’Iran, conduite à
partir de bases américaines d’Europe et du Golfe vient de le démontrer.
de_l%27OTAN, « source » souvent contestable, fournit ici des citations utiles.
[2]La Guerre germano-soviétique 1941-1945, mythes et réalités, Paris, Delga, 2022
[3]Preparing for the next war, American Plans for postwar defense, 1941-1945, New Haven, Yale University Press, 1977.
[4] Lacroix-Riz, « L’entrée de la Scandinavie dans le Pacte atlantique (1943-1949) : une indispensable “révision déchirante” », guerres mondiales et conflits contemporains,
cinq articles (au lieu de deux contigus), étirés de 1988 à 1994 par
Jean-Claude Allain (liste,
https://historiographie.info/cv0420252025.pdf).
[5]The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy, 1943-1945, New York, Random House, 1969.
[Este artículo constituye la cuarta entrega de una serie de
contribuciones de la profesora “Viola Díaz” sobre justicia y derechos
que publicamos en Sin Permiso. El primer artículo puede leerse aquí, el segundo puede leerse aquí y el tercero aquí. SP]
Tras
el golpe de estado franquista, se inició una depuración de todo el
cuerpo de funcionarios, dirigida al castigo de aquellos que se habían
comprometido con la II República, incluyendo a jueces y fiscales.
Debe
explicitarse que la denominada “depuración administrativa”, constituida
fundamentalmente por las sanciones pecuniarias o de tipo profesional,
no fue, obviamente, tan grave como la pérdida de la vida o la prisión,
pero causó en sus víctimas efectos devastadores, como la miseria, la
marginación o el gravísimo deterioro de la salud mental.
La depuración en las carreras judiciales y fiscales ha sido especialmente estudiada por la profesora M. Lanero[i], una de las pocas expertas en la materia.
Pues
bien, como sabemos, los objetivos de la represión en la postguerra eran
muy claros: la coerción mediante el terror, la desmovilización por su
función ejemplarizante y la cohesión en torno al régimen de buena parte
de la población, comprometiéndola en las tareas represivas y premiando a
los más adictos con la promoción a puestos superiores.
En tal
contexto, la depuración de jueces y fiscales se encomendó, como en el
del resto de funcionarios, a organismos de marcado carácter político,
que deducían la condición de “desafecto” de hechos y conductas acaecidos
en el periodo republicano. Los procedimientos se tramitaban sin ningún
tipo de garantías -la carga de la prueba recaía en el acusado, cuya
culpabilidad se presumía-, y finalizaban con sanciones impuestas con la
mayor de las arbitrariedades.
Hemos de tener en cuenta que la
depuración perseguía con igual ahínco tanto la separación del
“desafecto” como la intimidación del “indiferente”, en la búsqueda de
construcción de un perfil de funcionario que encajara a la perfección
con el ideario fascista.
Por tanto, todas las acciones represivas
fueron encaminadas a instaurar un nuevo orden moral, material y social,
que pasaba por dejar sin efecto la legislación republicana y las
decisiones jurisdiccionales que la habían aplicado.
La depuración
de “retaguardia” fue llevada a cabo durante la contienda y pretendía
eliminar rápidamente a cualquier sujeto que pudiera entorpecer la
actuación de las nuevas autoridades, o dicho con sus propias palabras,
aquel que demostrase una “actuación antipatriótica o contraria al
Movimiento Nacional”.
Se iniciaba por una denuncia que podía ser
interpuesta por las autoridades militares tras la absolución en un
Consejo de Guerra, (quebrantando el principio esencial “non bis in
ídem”), por el gobernador civil, por particulares, o, directamente, por
otros miembros de la judicatura.
La instrucción de los expedientes
se encargó a jueces y fiscales. Se incorporaban en él informes
elaborados por diversas “autoridades” y testimonios de “personas
relevantes del lugar” o profesionales del derecho. Una Comisión de justicia tomaba la primera decisión que firmaba el presidente de la denominada Junta técnica. Entre la denuncia y la imposición de la sanción solían transcurrir entre 3 meses y 1 año.
Para
deducir la ideología política de los investigados, se investigó su
círculo de amistades, sus relaciones y lecturas, su comportamiento
social y sobre todo, su conducta privada y moralidad, destacando su
práctica religiosa (o la ausencia de la misma). En ocasiones, las clases
sociales dominantes activaron su venganza en el caso de jueces que
habían sido sensibles con la población desfavorecida. Fue especialmente
perseguido el haber dictado sentencias contra falangistas o haber
aplicado normas de la legislación laboral, especialmente tuitiva de la
población trabajadora.
En esta primera fase, fueron separados del
servicio 26 funcionarios de las carreras judicial y fiscal al haber
ostentado una clara identificación con los valores republicanos. Otros
24 fueron castigados con otras sanciones, al no dudarse de su adhesión a
la “causa nacional”, pero considerarse que, en todo caso, su conducta
fue “acomodaticia” con las autoridades del gobierno frentepopulista.
Al
acercarse el fin de la guerra, se promulgó en febrero de 1939 una ley
que proporcionaba un marco global y sistemático para continuar con la
depuración, que incluía un personal específico y permanente y una
tipología de conductas y sanciones. Se iniciaba por una declaración
jurada de la persona que delataba a los “izquierdistas”, proseguía con
una investigación a cargo de jueces y magistrados que comprobaba los
datos incluidos en la mencionada declaración y finalizaba con la
propuesta de sanción.
Debe destacarse el nombre del Jefe de
Depuración, el fiscal Romualdo Hernández, por ser figura clave al
establecer las líneas homogéneas del proceso de depuración, y siendo
posteriormente el encargado de la selección de las nuevas promociones de
jueces desde los tribunales de oposición y ocupando también la
inspección fiscal.
En esta etapa, las escasas garantías previas
fueron prácticamente eliminadas y aumentó el grado de arbitrariedad. Al
expediente se incorporaban los informes del alcalde, cura, guardia civil
u organismos de Falange, y seguían resultando claves los datos
referidos a la conducta personal del investigado.
La depuración
perseguía de forma expeditiva la selección del personal admisible. La
separación o la admisión operó así desde el prisma de la
“reciclabilidad” para el nuevo régimen, siendo claves los antecedentes
ideológicos y religiosos ya mencionados, y de forma secundaria, el
compartir una visión tradicional de la profesión y la carrera. En
definitiva, lo que claramente se pretendía era la coincidencia en la
ideología conservadora, “de orden”, la “adhesión al movimiento”.
En
cuanto al caso específico de los magistrados del Tribunal Supremo que
permanecieron en su cargo en la zona republicana, solo tres de ellos
fueron enjuiciados en un Consejo de Guerra y condenados a la pena de
muerte: Francisco Berneguer de las Cagigas, Juan José González de la
Calle y Franciso Javier Elola, que también fue Fiscal General del
Estado.
En homenaje a todos ellos, valga recordar la figura de
este último, cuya trayectoria profesional puede resumirse en la frase
con la que tomó posesión de su cargo: “Que me sentencie el pueblo, que
es para mí el más alto tribunal, si no cumplo con mi deber”.
Casi
un siglo después, la vocación democrática de tales palabras nos remueve
la conciencia y el corazón: la función judicial solo puede llamarse como
tal cuando se ejerce para proteger los derechos de la ciudadanía. Elola
fue un jurista que combinó la precisión en la técnica con la
sensibilidad social, impidiendo, por ejemplo, los desahucios de
inquilinos que no podían afrontar la subida de la renta. Fue también un
político que alertó siempre desde su tribuna sobre los peligros del
corporativismo judicial. Ambas cuestiones de indudable relevancia en la
actualidad.
Fueron sin duda estas virtudes las que llevaron a los
golpistas a acabar con su vida en un cruel fusilamiento en el Camp de la
Bota en 1936[ii].
Para
concluir nuestro texto, hemos de referir que, en conjunto, entre 1936 y
1944, fueron sometidos a depuración 368 jueces y magistrados de un
total de 1000, esto es, el 37% de la carrera, resultando separados el
6%, admitidos con sanción el 8%, y admitidos sin sanción el 23%.
Por lo tanto, el grueso de la carrera, el 63%, no fue sometido a depuración.
Por
su parte, de un colectivo de 235 fiscales, no fue depurado el 59%,
mientras que fue separado el 12%. Admitidos con sanción el 10% y sin
sanción, el 19%.
Estos datos confirman el hecho de que la mayoría
de jueces y fiscales, como exponíamos en nuestro anterior artículo,
fueron absolutamente reacios a admitir y aplicar la legislación
republicana.
En cuanto a la minoría de jueces y fiscales leales
con la II, la depuración fue extremadamente dura: se impusieron condenas
de muerte, cárcel, multas e incautación de bienes. La exhaustiva
investigación en la vida privada llevada a cabo en los procesos
investigadores fue una constante que dejará su impronta durante toda la
dictadura (un juez fue sancionado porque se constató que su esposa se
asomó al balcón en bata). Como veremos, los valores religiosos, la
“buena conducta” y la adhesión acrítica al régimen prevalecerían sin
duda para la permanencia y la promoción en la carrera.
[i] Por todos, ver Lanero, Mónica. La depuración de la magistratura y el ministerio fiscal en el franquismo (1936-1944). JUECES PARA LA DEMOCRACIA. Información y debate nº 65. Julio 2009.
[ii]
Para una mayor aproximación a su trayectoria cabe consultar el ensayo
“En memoria de Francisco Javier Elola’, editado por Tirant Lo Blanch
socióloga checa que imparte clases en la Universidad pública de
Praga sobre Historia del Capitalismo. De origen desconocido, fue dada en
adopción tras su nacimiento y separada desde entonces de su hermana
gemela, una magistrada marxista famosa por sus opiniones heterodoxas,
que ejerce su oficio en el Reino de España. Un giro del destino provocó
un encuentro entre ellas en un seminario de Cine y Memoria en Colliure.
Las entregas de Viola sobre los hábitos de los jueces y la propia
genealogía de la institución judicial están basadas en las múltiples y
fecundas conversaciones con su hermana.
Antes de que los sucesos de Barcelona en
1937 se produjeran, las tensiones políticas y sociales llevaban meses
encrespándose. Cuando Orwell llegó a la Ciudad Condal a finales de
diciembre de 1936 la Generalitat ya estaba tratando de recuperar los
poderes que los grupos revolucionarios detentaban y que eran
responsables del caos económico y de numerosas atrocidades. Con todo,
Orwell se sintió sumamente estimulado por lo que vio de lo que quedaba
de las transformaciones a raíz del mes de julio. Registró sus
impresiones en uno de sus párrafos más famosos: “Era la primera vez
que yo pisaba una ciudad donde estaban al mando los obreros. Habían
requisado casi todos los edificios y los habían tapizado de banderas
rojas o con la bandera roja y negra de los anarquistas; habían pintado
la hoz y el martillo y las iniciales de los partidos revolucionarios en
todas las paredes; habían saqueado casi todas las iglesias y quemado las
imágenes. Aquí y allá había cuadrillas de obreros demoliendo
sistemáticamente los templos. En todas las tiendas y cafés había una
inscripción que advertía de que los habían colectivizado; incluso habían
colectivizado a los limpiabotas que habían pintado sus cajones de rojo y
negro (…) Y lo más extraño de todo era el aspecto de la gente. A juzgar
por su apariencia exterior, aquella era una ciudad donde las clases
acomodadas habían dejado de existir. A excepción de unas pocas mujeres y
de algunos extranjeros, no había gente “bien vestida”. Casi todo el
mundo llevaba tosca ropa de trabajo, monos azules o alguna variante del
uniforme de la milicia. Era extraño y conmovedor. Había muchas cosas que
se me escapaban y que en cierto modo no acababan de gustarme, pero en
el acto comprendí que era una situación por la que valía la pena luchar”[37].
Funeral de Durruti (imagen: reportaje del Sindicato Único de Espectáculos Públicos)
La alusión de Orwell a que nadie iba
vestido que no fuera ropa de trabajo fue una exageración total. Las
imágenes cinematográficas que se conservan del funeral de Buenaventura
Durruti el 22 de noviembre de 1936 muestran que, entre las decenas de
millares de asistentes, los hombres sin sombrero estaban en minoría y
que la mayor parte llevaban chaqueta, corbata y sombreros[38].
En enero de 1937 Orwell no se dio cuenta de hasta qué punto la
Generalitat estaba en conflicto con los anarquistas y el POUM. Tampoco
era consciente de la escala de violencia gratuita que había ido pareja
con la revolución social. En comparación el sociólogo austríaco Franz
Borkenau, tras haber visto en agosto de 1936 la Barcelona
revolucionaria, anotó en septiembre en su diario: “en contraste con
agosto la ciudad está vacía y tranquila; la fiebre revolucionaria se
marchita (…) En agosto era peligroso llevar un sombrero: a nadie le
preocupa llevarlo hoy”[39].
El libro de Borkenau lo reseñó Orwell entusiásticamente en julio de 1937 cuando empezó a escribir Homenaje a Cataluña en donde se refirió afirmando que se trataba “con gran diferencia, es el mejor libro que ha aparecido hasta ahora sobre la guerra de España”[40].
En realidad, numerosas fuentes confirman la narración de Borkenau y
sugieren que la de Orwell, en lo que se refiere a la atmósfera
revolucionaria en enero de 1937, contiene un elemento de “wishful thinking”. Lo que él vio de su ausencia en la primavera tardía de 1937 lo achacó a la Generalitat o a los comunistas[41].
En realidad, no todos los trabajadores creían en la revolución. Lo
cierto es que los sindicatos se habían visto inundados por nuevos
adherentes que simplemente trataban de oscurecer sus opiniones políticas
previas o buscaban acceso a las cocinas, alojamiento o tratamientos en
hospitales colectivizados. Incluso para eludir el servicio militar. El
número de miembros de la CNT ascendió de, aproximadamente, los 175.000
de antes de la guerra a cerca de un millón. No faltaron quienes se
aprovecharon de la nueva situación para trabajar menos y obtener
salarios más elevados. La Generalitat había aceptado pagar salarios por
los días perdidos a causa de la revolución. Sin embargo, lo que se pensó
sería una medida temporal se convirtió en permanente y toda una serie
de consejos de fábrica continuaron recibiendo dinero sin producir nada.
Los ruegos de muchos funcionarios sindicales en pos de trabajar más y
hacer sacrificios se ignoraron con frecuencia. Se hizo normal no pagar
las facturas de gas y electricidad. En la calle, las distinciones de
clase volvieron a hacer acto de aparición. Como reacción a la apatía y
el absenteísmo los líderes cenetistas mostraron mucha mayor simpatía en
favor del control gubernamental[42].
La tensión creciente con que se topó
Orwell cuando volvió a visitar Barcelona en abril de 1937 no era la
consecuencia de la malevolencia comunista, sino que se había exacerbado
exponencialmente por los sufrimientos económicos y sociales causados por
la guerra. Hacia diciembre de 1936 la población de Cataluña se había
incrementado por la llegada de 300.000 refugiados. Esto suponía un diez
por ciento de la población de la región y probablemente un 40 por ciento
de la población de la propia Barcelona. Tras la derrota republicana de
Málaga en febrero de 1937 los números se dispararon. Las tensiones
ocasionadas por la búsqueda de alojamiento y manutención de los nuevos
llegados hicieron más amargos todavía los conflictos preexistentes.
Hasta diciembre 1936, período en el cual la CNT había controlado los
abastecimientos, la solución había estribado en requisicionar alimentos
para los cual se impusieron precios artificialmente bajos. Esto provocó
carencias e inflación ya que los agricultores resistieron acumulando
subsistencias y vendiéndolas en el mercado negro.
A mitad de diciembre, el partido
comunista catalán (el PSUC) que tenía un fuerte apoyo en las clases
rurales y media urbana asumió el control de abastos y puso en práctica
un enfoque más acorde con las reglas del mercado. Esto enfureció a los
anarquistas, pero tampoco resolvió el problema. Cataluña necesitaba
importar alimentos, pero carecía de divisas para pagarlos. Hubo motines
de subsistencias en Barcelona al igual que choques armados entre la
CNT-FAI y el PSUC para controlar las tiendas de ultramarinos[43].
El presidente de la Generalitat Lluís Companys se encontraba ya en una
deriva de colisión con la CNT. Decidido a poner fin a los excesos
anarquistas ya había reestablecido la policía convencional en octubre[44]. Es más, en el interés del esfuerzo de guerra Companys deseaba ardientemente controlar las actividades industriales.
Andreu Nin como consejero de Justicia de la Generalitat (foto: Fundación Andreu Nin)
Los deseos de Companys con respecto a
todas estas cuestiones se vieron apoyados firmemente por el PSUC que en
los últimos meses de 1936 ya se agitaba para sacar al POUM del gobierno
catalán. Al igual que el presidente de la Generalitat los dirigentes del
PSUC creían que las llamadas poumistas en favor de un frente común
revolucionario con la CNT perjudicaban al esfuerzo bélico. Además, el
POUM era un objetivo a batir para los comunistas porque si bien sus
teorías no eran estrictamente trotskistas era fácil presentarlas como
tales. El 12 de diciembre de 1936 el secretario general del PSUC Joan
Comorera provocó una crisis de gobierno exigiendo la sustitución del
líder poumista Andreu Nin de su puesto de consejero de Justicia de la
Generalitat. Comorera afirmó que el POUM, con sus críticas públicas del
juicio y ejecución de los viejos bolcheviques Kamenev y Zinoviev lo que
hacía era atacar al único aliado potente de la República, es decir, la
Unión Soviética. Con ello se hacía culpable del delito de traición[45].
El cónsul general soviético en
Barcelona, Vladimir Antonov-Ovseenko, dijo a Companys que la
continuación de la ayuda soviética exigía la eliminación de los
obstáculos que se interponían en el desarrollo de un esfuerzo de guerra
continuado. Ante la inminencia de un suministro de armas y de una crisis
de subsistencias en el horizonte, Companys se mostró de acuerdo y Nin
fue separado del gobierno en una modificación del mismo que tuvo lugar
el 16 de diciembre[46].
Companys puso a Comorera al frente de abastos como primera medida para
retornar a un sistema de mercado. Era solamente una cuestión de tiempo
el que se abriera con toda claridad un conflicto entre los comités
cenetistas y el POUM por un lado y el partido de Companys por otro, la
Esquerra Republicana de Catalunya[47].
Animado por Antonov-Ovseenko el PSUC
denunció al POUM como nido de “espías fascistas” y “agentes
trotskistas”, demandando su exterminación[48].
Sin embargo, la hostilidad a los izquierdistas anti-estalinistas no era
solo una manifestación de la paranoia soviética. Existía una convicción
creciente entre los republicanos, socialistas, comunistas y numerosos
observadores extranjeros de que los anarquistas catalanes no estaban del
todo comprometidos con el esfuerzo de guerra. Elementos de la CNT
habían importado y almacenado armas en Barcelona en previsión del día en
el que pudieran realizar su revolución[49].
A mitad de marzo varios centenares de anarquistas que se habían opuesto
a la militarización de las milicias abandonaron el frente en Gelsa
(Zaragoza) y se marcharon con sus armas a la capital de Cataluña.
Inspirados por el extremista catalán, el separatista Jaume Balius Mir,
se enfrentaron a la participación de los líderes de la CNT en el
gobierno central, aspirando a crear una vanguardia revolucionaria. El 17
de marzo formaron un grupo denominado “los amigos de Durruti” y en unas
cuantas semanas reclutaron a cinco mil cenetistas. Incluso el
anarquista ministro de Justicia Juan García Oliver consideró que Balius
estaba loco de atar. Orwell presenta, tranquilamente, a este grupo como
si fuese muy pequeño y “abiertamente hostil” al POUM, a pesar del hecho de que la nueva organización había sido saludada por Andreu Nin con todo entusiasmo[50].
Aparte de ello los rusos, después de la caída de Málaga, y sobre todo
el nuevo delegado de la Komintern, recién llegado, “Boris Stepanov”,
creían que había habido sabotajes y traición. Inevitablemente esto hizo
que a los “trotskistas” locales del POUM se los colocara bajo la luz de
los focos.
Al
usar de su influencia para insistir en la necesidad de abandonar los
experimentos en la industria y especialmente entre los campesinos los
soviéticos se hicieron eco de una oposición social muy vibrante y
generada endógenamente contra la política del POUM y de la CNT,
especialmente entre los campesinos con pequeñas parcelas que constituían
uno de los apoyos del PSUC. Dada la crítica subversiva que el POUM
dirigía contra el esfuerzo de guerra republicano y el despliegue de su
milicia en uno de los frentes menos importantes resultó casi inevitable
que sus unidades se vieran privadas de armamento. Orwell y otros se
quejaron de que las unidades del POUM tenían que contentarse con
uniformes zarrapastrosos, malos equipos y suministros insuficientes de
alimentos y municiones. Sin embargo, tales quejas también se producían
en frentes mucho más activos que el que Orwell conoció y eran la
consecuencia de carencias reales y no de discriminaciones políticas.
Es más, Orwell aludió con satisfacción a que en Barcelona “los
trabajadores habían conseguido armas y se negaron a devolverlas.
(Incluso un año después se calculaba que los anarcosindicalistas
catalanes tenían en su poder más de treinta mil fusiles)”. Más
tarde admitió que, tras los hechos de mayo, “se requisaron un montón de
armas en los reductos de la CNT, aunque no me cabe duda de que
consiguieron esconder muchas”[51]. Además, Orwell en agosto de 1937 hizo una acusación grave de carácter general al afirmar que “un
gobierno que envía a muchachos de quince años al frente con fusiles de
cuarenta de antigüedad y conserva los hombres de más edad y las armas
más nuevas en la retaguardia está, evidentemente, más asustado de la
revolución que de los fascistas”. Una opinión similar la expresó también Ricardo Sanz, líder de la Columna Durruti después de noviembre de 1936[52].
No obstante, Diego Abad de Santillán, un prominente intelectual
anarquista y consejero por la CNT de Economía en la Generalitat,
escribió en 1940 que a pesar de lo furioso que estaba Durruti los grupos
revolucionarios tenían 60.000 fusiles en Barcelona, dos veces la
cantidad de los que disponían las columnas en el frente de Aragón. En la
Ciudad Condal se negaron a entregarlos o a ir a luchar al frente[53].
Teniendo en cuenta el bajísimo
nivel que Orwell ocupaba en la milicia del POUM inevitablemente no veía
la gran escena en lo que se refería a abastos, el esfuerzo de guerra y
la situación internacional. En Homenaje a Cataluña hizo toda una serie
de comentarios muy ingenuos y que dieron el pego a sus posteriores
lectores. En particular, aunque siempre se mostró muy dispuesto a
criticar al PSUC, también vio con gafas de color de rosa el
comportamiento de los anarquistas en general que le impidieron tomar
conciencia de las lamentables consecuencias de las acciones de grupos
militantes tales como los Amigos de Durruti. Nunca pareció darse cuenta
de que una parte muy importante de los líderes de la CNT, habiendo
aceptado participar en el gobierno republicano en noviembre de 1936,
estaban muy dispuestos a aceptar la prioridad a dar al esfuerzo de
guerra. Orwell, por el contrario, presenta la resistencia a perder el
poder revolucionario como si fuera la opinión mayoritaria entre los
militantes anarquistas y poumistas a nivel de milicianos, especialmente
en Barcelona.
Orwell denigra también los esfuerzos de
la Generalitat por recuperar sus poderes de entre las manos de los
sindicatos revolucionarios sin ubicarlos en el contexto de la reacción
internacional. Todavía menos los sitúa en el de la dislocación económica
y social impuesta por la guerra. En paralelo a los conflictos por la
carencia de alimentos y las colectivizaciones, otro tipo de violencia se
generó cuando las fuerzas del orden trataron de reducir a los
aproximadamente setecientos integrantes de las “patrullas de seguridad y
control” que se crearon en los primeros días de la guerra. Bajo la
dirección del exaltado faista Aurelio Fernández Sánchez los patrulleros
armados los constituyeron una mezcla de militantes dispuesto a eliminar
el antiguo orden burgués y los delincuentes de derecho común que habían
sido puestos en libertad de las cárceles donde se encontraban. En su
conjunto, actuaron de forma totalmente arbitraria, registrando y con
frecuencia desvalijando domicilios, deteniendo a gente denunciada como
derechistas y, no en último término, asesinándolos. Como resultado a
principios de agosto de 1936 ya habían cometido numerosísimos delitos y
más de quinientos paisanos habían muerto en Barcelona[54].
Orwell, tal vez desconocedor de lo que antecede, vio en las patrullas un éxito revolucionario muy significativo. “Además
de la colectivización de la industria y del transporte, se produjo un
intento de establecer un rudimentario gobierno de los trabajadores
mediante la creación de comités locales, patrullas de trabajadores para
reemplazar a las antiguas fuerzas policiales pro-capitalistas, milicias
de trabajadores basadas en los sindicatos y demás”[55].
Cuando murieron más de treinta miembros de la Guardia Nacional
Republicana (la antigua Guardia Civil) a principios de marzo la
Generalitat disolvió el comité de defensa que controlaba la CNT y asumió
el poder de disolver todos los comités locales de policía y de
milicias. Los guardias de Asalto y de la GNR se fundieron en un único
cuerpo de policía catalán a cuyos oficiales no se les permitió que
fueran miembros de ningún partido político o sindicato. Diez días más
tarde, el Gobierno central ordenó que todas las organizaciones
proletarias, comités, patrullas y obreros entregasen sus armas. El
proceso lo supervisó el consejero de Gobernación de la Generalitat
Artemi Aiguader de la Esquerra[56].
Al tiempo en la frontera francesa
estaban produciéndose choques cada vez más sangrientos entre los
carabineros y los comités de la CNT en torno al control de los puestos
aduaneros de los que estos se habían apoderado desde julio de 1936.
Orwell describe esta situación en términos absolutamente erróneos en una
larga sección de su obra y critica la determinación tanto del gobierno
central como de la Generalitat en desmantelar la revolución. “En
Puigcerdá, en la frontera francesa, enviaron a los carabineros a tomar
la oficina de aduanas, que estaba en manos de los anarquistas, y Antonio
Martín, conocido anarquista, había muerto”. Muy lejos de ser un
ejemplo de admirable revolucionario, como insinúa Orwell, Antonio Martín
Escudero, conocido como el “cojo de Málaga”, era un activista de la FAI
y contrabandista que controlaba la zona de la frontera
franco-catalana-pirenaica conocida como la Cerdaña. Allí, él y otros
elementos de la FAI, llevaban a cabo numerosos actos de bandolerismo,
cometían atrocidades contra el clero y extorsionaban sistemáticamente a
todos los que querían pasar a Francia. Muchos fueron asesinados una vez
que entregaron los objetos de valor que llevaban consigo. Tales
patrullas fronterizas también facilitaban el contrabando de lo robado
por las de la FAI en Barcelona, a veces en beneficio propio, en otras
ocasiones para adquirir armas[57].
A finales de abril la situación llegó a un punto límite en la Cerdaña.
El control de la frontera tenía una considerable importancia para los
dirigentes de la FAI tanto desde el punto de vista de la ilimitada
exportación de objetos de valor robados o requisados y para importar
armamento con el fin de utilizarlo no en el frente sino en la
retaguardia.
Antonio Martín Escudero (foto: revista Ruta, de las Juventudes Libertarias)
Martín imponía tributos a los pequeños
pueblos de la Cerdaña y sus alcaldes estaban dispuestos a poner fin a un
reino de terror. Finalmente, en abril empezaron a recibir alguna ayuda
de Artemí Aiguader. Informado desde Barcelona de que había fuerzas que
se conjuraban contra él en Bellver, Martín se puso al frente de un
asalto contra dicho pueblo que realizaría un grupo sustancial de
milicianos. Los habitantes, sin embargo, repelieron el ataque y en el
tiroteo Martín y algunos de sus hombres resultaron muertos[58].
El incidente se comentó en los círculos anarquistas en unos términos en
los que el capitán de bandoleros que era Martín se convirtió en un
mártir no muerto en Bellver por los defensores del pueblo sino asesinado
en Puigcerdá por fuerzas de la Generalitat. Esta es, presumiblemente,
la base de la versión difundida por Orwell[59].
Mientras el novelista inglés estaba en
Aragón la tensión social en Barcelona fue intensificándose como
resultado del racionamiento, de las carencias, de la inflación, de la
especulación y del crecimiento del mercado negro. Hubo violentas
manifestaciones de masas por parte de mujeres que protestaban contra el
aumento de precios de los abastos y del combustible. La tensión fue en
crescendo a partir de la mitad de marzo cuando, en respuesta a la
disolución por la Generalitat de las patrullas y las órdenes de que las
organizaciones obreras entregaran sus armas, la CNT se retiró del
gobierno catalán. Uno de los choques subsiguientes fue el asesinato, el
25 de abril, de Roldán Cortada, miembro del PSUC y secretario de Rafael
Vidiella, consejero de Trabajo. El nivel de hostilidad persuadió a la
Generalitat a prohibir los desfiles tradicionales del 1º de mayo, algo
que los miembros de a pie de la CNT-FAI percibieron como una provocación
intolerable.
A principios de mayo explotó la crisis.
El catalizador inmediato fue la acción ordenada por Aiguader el día 3
contra la Telefónica controlada por la CNT. La operación la llevó a cabo
el comisario de policía Eusebio Rodríguez Salas, muy beligerante.
Aiguader siguió las instrucciones de Companys, humillado al enterarse de
que un operador anarquista había interrumpido una llamada por teléfono
del presidente Manuel Azaña. Evidentemente, el estado necesitaba
controlar el principal sistema de comunicaciones. Sin embargo, a
consecuencia del deterioro de la situación y del empleo de la fuerza por
parte de la policía a lo largo de los últimos meses, se produjo el
estallido de una lucha callejera, una pequeña guerra civil de baja
escala dentro de la guerra civil misma. Companys subestimó el grado de
resistencia que opondría la CNT a sus esfuerzos por reafirmar el poder
de las autoridades. En el centro de Barcelona se levantaron barricadas.
Apoyados por el POUM, elementos de la CNT, especialmente los Amigos de
Durruti, se enfrentaron a las fuerzas de la Generalitat y del PSUC[60].
La lucha puso al descubierto el dilema
central de la CNT. Los anarquistas podían ganar en Barcelona y en otras
ciudades catalanas solo al precio de un derramamiento de sangre que
implicaría en efecto la pérdida de la guerra por parte de la República.
Tendrían que retirar a sus tropas de Aragón y después combatir tanto al
gobierno central republicano como a los franquistas. En consecuencia, y
de acuerdo con la aprobación de los ministros anarquistas, el gobierno
de Valencia suministró los decisivos refuerzos policiales el 7 de mayo
que, finalmente, determinaron el resultado final. Lo hizo solo a cambio
de que la Generalitat renunciara al control autónomo del Ejército de
Cataluña y la responsabilidad en materia de orden público. Varios
centenares de anarquistas y poumistas fueron detenidos, aunque la
necesidad de poner en funcionamiento de nuevo las industrias de guerra
limitó la escala de la represión. Todo esto tuvo lugar cuando el País
Vasco iba cayendo en manos de Franco.
El POUM quedó expuesto a la hostilidad
de los comunistas. Andreu Nin y el resto de los dirigentes habían
superado a la CNT en el fervor militante de sus proclamas
revolucionarias durante la crisis. En la victoria los comunistas fueron
cualquier cosa menos magnánimos y no aceptarían nada que no fuera la
completa destrucción del POUM. Orwell notó que “se respiraba un aire particularmente enrarecido, reinaba un clima de sospecha, temor, incertidumbre y odio disimulado”. Nin fue asesinado por un grupo de agentes de la NKVD[61].
Tan pronto como los combates terminaron en Barcelona los comunistas
exigieron que el presidente del Gobierno Francisco Largo Caballero
disolviera el POUM y detuviera a sus dirigentes. Largo se negó, lo que
se percibió como una última prueba de su ya manifiesta incomprensión de
las necesidades del esfuerzo bélico. Por tanto, se forzó su dimisión y
fue sustituido por el doctor Juan Negrín. Con ello los logros
revolucionarios que todavía subsistían desde los primeros momentos de la
lucha fueron siendo desmantelados progresivamente. El esfuerzo de
guerra iría en la dirección deseada por los republicanos y los
socialistas moderados que se habían hecho cargo de las carteras claves
del Gobierno.
Gobierno de Largo Caballero en Valencia (foto: L. Vidal)
Es difícil evitar la conclusión de que
Orwell supiera poco de todo esto ya fuese durante su estancia en el
frente aragonés o durante su breve recalada en Barcelona. Cuando regresó
a Inglaterra estaba agotado. El novelista norteamericano John Dos
Passos, que se encontró accidentalmente con él en el hall del hotel
cuando estaba a punto de abandonar la capital catalana, describió a
Orwell en su narrativa novelada como “un inglés desgarbado con el
brazo en el cabestrillo y que vestía un uniforme deshilachado. Llevaba
una gorra arrugada a un lado de la cabeza, acomodada a una mata
abundante de pelo negro ondulado. Un rostro alargado con profundas
arrugas en las mejillas lo resaltaba un par de ojos oscuros
excepcionalmente atractivos. Tenían una mirada puesta en la lejanía como
si se tratara de los ojos de un marino”[62]. Dieciocho años después en una narración factual Dos Passos escribió en términos casi idénticos: “Su
faz tenía un aspecto tenso, como enfermo. Supongo que ya sufría de la
tuberculosis que terminó con él. Daba una impresión de agotamiento
extremo. No hablamos mucho, pero recuerdo el sentimiento de calma, de
alivio de la tensión que me embargó al hablar por fin con un hombre
honesto”[63].
Georges Kopp en 1937 (imagen: Porta de la Història)
Orwell y su mujer Eileen O´Shaughnessey
dejaron Barcelona a toda prisa, creyendo que la policía de seguridad
republicana les perseguía, aunque no se ha encontrado la menor evidencia
de que tal pudiera ser el caso. Es cierto que su celebridad junto con
su servicio en las milicias del POUM habían atraído la atención de la
NKVD. Orwell estaba sometido a vigilancia por David Crook, un miembro de
las Brigadas Internacionales que había llegado a Barcelona a principios
de mayo. Durante su convalecencia en Madrid, tras resultar herido en la
batalla del Jarama, a Crook se le había acercado el periodista
comunista francés Georges Soria. Luego le examinaron el residente de la
NKVD Lev Lazarevich Nikolsky (alias “Alexander Mijailovich Orlov”) y
Naum Markovich Belkin (alias “Alexander Belyaev”) el oficial de enlace y
consejero de la policía republicana y de los cuerpos de seguridad. A
Crook se le enseñaron algunas técnicas de vigilancia, supuestamente por
Ramón Mercader, el futuro asesino de Trotsky en México. “Después de
enlazar con la KGB se me sugirió que me disfrazara de periodista. Mi
trabajo real consistía en espiar a la gente que los estalinistas
llamaban trotskistas, incluyendo a George Orwell”. Para acercarse a
ellos se ordenó a Crook que debía “permanecer en el Hotel Continental
en la zona oriental de Las Ramblas, la principal avenida de Barcelona.
Era el centro en el que se reunían los británicos vinculados al PLI.
Entre ellos figuraban el representante oficial Johan McNair, George
Orwell y su mujer Eileen Blair y su amigo, el ingeniero belga comandante
George Kopp, un tanto corpulento y de mediana edad”[64].
Naum Eitingon alias Leonid Kotov (foto: es.topwar.ru)
Crook recibió sus instrucciones de la
estación de la NKVD y años después confesó que Orwell y los otros
militantes del Independent Labour Party tuvieron un ‘interés especial’.
Frecuentó las oficinas del ILP office en Barcelona y, durante la hora
de comer, llevaba carpetas al consulado soviético, que era también la
sede de la estación de la NKVD, para que las fotocopiasen antes de
devolver las originales a las oficinas del ILP. Por tanto, sus
controladores rusos disponían de las carpetas claves de las oficinas del
ILP. A la sazón, Naum Eitingon alias Leonid Kotov, quien después
dirigía la operación para asesinarle a Trotsky, fue el rezident
de la NKVD en Barcelona. Ya que era quien había reclutado a Mercader y
seguía siendo su controlador, es plausible que dirigía la operación
contra el ILP.[65]
David Crook en Madrid, 1937 (foto: davidcrook.net)
Un informe de la policía española sobre
Orwell y Eileen, posiblemente obra de Crook, se encuentra en los
archivos del Tribunal Especial de Espionaje y Alta Traición, creado en
junio de 1937 para regularizar las funciones policiales y de justicia
del Estado[66].
El informe está fechado el 13 de julio del mismo año y escrito en un
español rematadamente malo. En él se afirma que eran “agentes de enlace”
entre el PLI y el POUM. Da la impresión de haberse basado en las cartas
y papeles incautados cuando la policía rebuscó en las pertenencias de
Orwell que había dejado en el sanatorio Maurín en las afueras de
Barcelona en el que había pasado su convalecencia tras haber sido herido
y en el Hotel Continental donde se había quedado su esposa[67].
El material incautado durante el
registro fue a parar a manos de David Crook cuando su “detención” se
orquestó para darle credibilidad de cara a los prisioneros poumistas a
los que espiaba. Hay referencias a tal material en un informe sobre el
propio Crook en el que este afirmó que Eileen mantenía relaciones
íntimas con Kopp[68]. El expediente sobre los Blair en los archivos moscovitas contiene un inventario del material en esta cuestión[69].
Cuando Eileen contó a su marido acerca
de los registros, durante los cuales afortunadamente la policía no
encontró ni sus pasaportes ni su chequera, Orwell se escondió en
Barcelona con McNair y un joven camarada llamado Stafford Cottman. Los
servicios de seguridad republicanos detuvieron a militantes y
simpatizantes del partido. Durante este período Orwell hizo, con
retraso, algunas visitas turísticas que había demorado y vio la Sagrada
Familia que apostilló como “uno de los más horrendos edificios en todo el mundo”.
El 23 de junio, con Eileen, McNair y Cottman, tomó el tren en Barcelona
con destino a la frontera francesa por Port Bou. Los cuatro se apañaron
para entrar en Francia, llegando a la frontera antes que la lista
policial que reseñara los extranjeros sospechosos de trotskismo[70].
De hecho, el informe en los archivos moscovitas denunciando a Orwell
como trotskista está fechado el 13 de julio de 1937, tres semanas
después de llegar a Francia[71].
Tras cruzar la frontera sin incidencias
Orwell y Eileen permanecieron en el pequeño puerto pesquero de Banyuls
para descansar de las traumáticas experiencias de Barcelona. En las
últimas páginas de Homenaje a Cataluña Orwell escribió acerca
de los tres días que allí pasaron. Ambos, “pensábamos, hablábamos y
soñábamos constantemente con España”. Aunque estaba amargado por lo que
había visto, Orwell alegó no haber acabado ni en la desilusión ni el
cinismo. “Es curioso, pera estas vivencias no han disminuido sino
aumentado mi fe en la decencia del ser humano. Y confío en que esta
narración no sea engañosa. Creo que en un asunto así es imposible ser
totalmente sincero. Es muy difícil estar seguro de nada que uno no haya
visto con sus propios ojos, y, ya sea consciente o inconscientemente,
todo el mundo escribe con parcialidad”[72].
Cyril Connolly retratado por Howard Coster en 1942 (foto: National Portrait Gallery)
No hay el menor indicio de que Orwell
abandonara completamente su compromiso con la República española. De
regreso a Londres, en julio de 1937, escribió: “Las Brigadas
Internacionales en cierto sentido están luchando por todos nosotros –
una línea muy fina de sufrimientos y, con frecuencia, de seres humanos
mal armados es lo que nos protege entre la barbarie y una, al menos,
comparativa decencia”[73]. El 28 de abril de 1938, dos días después de la publicación de Homenaje a Cataluña, escribió a Cyril Connolly: “Creo
que el juego ha terminado. Me gustaría estar allí. Lo horrendo es que
si la guerra está perdida conducirá simplemente a una intensificación de
la política que ocasionó que el Gobierno español se viera abandonado. Y
antes de que nos demos cuenta nos encontraremos en medio de otra guerra
para salvar la democracia”[74].
Por mucho que se ensalce el compromiso
de Orwell con la revolución y con la democracia existe evidencia en
alguno de sus escritos de que no estaba desprovisto de prejuicios un
tanto inquietantes. Un ejemplo es su comentario al ver en el comedor de
su hotel a “algunas familias de españoles acomodados que parecían
simpatizantes de los fascistas”. Aparte de ignorar la importancia que
los españoles de todas clases atribuyen a ir bien vestidos en público en
todo lo posible, la impresión que se desprende es que Orwell no era
consciente de que cualquiera del que remotamente se sospechara que era
un simpatizante fascista ya había sido “tratado” adecuadamente por las
patrullas de control. También se plantea la cuestión de a qué se
parecería un simpatizante de los fascistas[75].
Tres meses después de salir de España Orwell recibió una carta de Nancy Cunard. Le escribió por encargo de The Left Review
para indagar sobre las reacciones de los escritores en relación con el
conflicto en España. Sus respuestas terminaron publicándose en un
panfleto titulado Authors Take Sides on the Spanish War en
diciembre de 1937 por la editorial Lawrence and Wishart. En él, cinco
escribieron a favor de Franco, doce fueron neutrales y 127 se declararon
por la República. En una respuesta vitriólica a Nancy Cunard, Orwell le
pidió que “deje de enviarme estas estupideces” y señaló: “Yo no soy uno de tus mariquitas de moda como Auden y Spender”. Concluyó con una alusión totalmente gratuita a la fortuna familiar de Nancy Cunard: “sin
duda, tú conoces algo sobre la historia interna de la guerra y te has
unido deliberadamente a los grupitos que defienden la ‘democracia’ (es
decir, el capitalismo) con objeto de ayudar a aplastar a la clase obrera
española y así, indirectamente, defender tus sucios pequeños dividendos”[76].
Un comentario más general fue tanto o más ofensivo: “Decenas
de miles fueron a combatir allí, pero decenas de millones permanecieron
apáticos. En el primer año de la guerra, se cree que casi toda la
población británica suscribió los diversos fondos de ‘ayuda a España’
por valor de un cuarto de millón de libras, probablemente la mitad de lo
que gastarían en la semana en ir al cine”. Es evidente que Orwell
no sabía nada de los sacrificios hechos por los obreros y los parados en
Inglaterra para enviar alimentos, suministros médicos y ambulancias o
de la hospitalidad para acoger niños vascos[77].
De múltiples formas dinero, comida, ambulancias, apoyo médico y la
recepción ofrecida a los niños refugiados del País Vaso, la ayuda
humanitaria del público británico llegó a casi dos millones de libras.
En términos relativos significa una de las aportaciones caritativas más
importantes en toda la historia británica, con la mayor parte del dinero
en pequeñas cantidades donadas por individuos y organizaciones locales.
A pesar de la intensidad de la depresión económica, la gente corriente
hizo todo lo que pudo para ayudar a la República española[78].
Aunque es posible acusar a Orwell de
falta de honestidad y de ignorancia culpable en lo que escribió, hay un
tema que es difícil de mantener y es que en España estuvo trabajando
para los servicios de inteligencia británicos. Robert Stradling escribe:
“quizá convenga tener en consideración que exactamente esos
elementos en su CV (teórico) que encajaban a Blair para ocupar un puesto
directivo en las Brigadas Internacionales también le cualificaban para
que lo reclutaran los servicios secretos británicos“[79].
Esos elementos eran su educación en Eton y su servicio en la policía
colonial en Birmania. Sin embargo, la especulación se basa en gran
medida en la afirmación de Peter Davison de que una tercera persona le
había dicho que un miembro británico del SIM “mientras censuraba
cartas en España para tal servicio había leído varias de Orwell. Estas
cartas, afirmó, estaba escritas en colores diferentes y se creía que
Orwell enviaba secretamente información a Inglaterra que podía permitir
acusarle de espionaje“.
Cualquier información de que Orwell, a
quien se le creía trotskista, enviaba a Inglaterra subrepticiamente no
podía sino parecer sospechosa a los censores comunistas. Tal
especulación la rechaza Davison. Cabría plantear la cuestión de si hubo
alguna relación entre los lápices de colores de Orwell en España y su
colaboración en 1949 con el semi-secreto Information Research Department
del Foreign Office. Para este, Orwell compiló una lista de prominentes
intelectuales que él consideraba como compañeros de viaje de los
soviéticos, una lista en la que había también algunos comentarios
antisemitas y ¿homófobos?[80].
Existen muchos motivos para afirmar que Homenaje a Cataluña
no puede verse como una interpretación más o menos definitiva de la
derrota republicana. Además de muchos ejemplos de ignorancia y error, el
libro contiene también numerosas omisiones muy significativas. Orwell
no parece que fuese muy consciente de la salvaje represión franquista o
incluso de que le preocupara. En una reseña, de junio de 1938, despreció
Franco´s Rule. Back to the Middle Ages como “simplemente
una enorme lista de atrocidades cometidas en todos los territorios que
Franco ha conquistado. Hay largas listas de gente fusilada y
afirmaciones tales como que 23.000 fueron masacrados en la provincia de
Granada, etc, etc. Ojo, yo no digo que estos relatos no sean verdad.
Evidentemente carezco de medios para enjuiciarlos y puedo imaginar que
algunos son ciertos y otros no. Y, sin embargo, hay algo que me hace
sentirme incómodo cuando se publican libros de este tipo. No hay la
menor duda de que hay atrocidades, aun cuando al terminar la guerra es
por lo general imposible concretar más de unos cuantos casos aislados.
En las primeras semanas de una guerra, sobre todo una civil, es
inevitable que ocurran masacres de no combatientes, casos de incendios,
desvalijamientos y, probablemente, violaciones. Si esas cosas ocurren es
absolutamente correcto el que se lleve cuenta de ellas y que, además,
se las denuncie. Pero yo ya no estoy tan seguro acerca de los motivos de
la gente que se siente tan absorbida por el tema que se dediquen a
compilar libros enteros sobre historias de atrocidades”[81].
El anónimo volumen en cuestión fue publicado por la United Editorial
pro-comunista pero no por razones inconfesables. Tampoco consistió en “simplemente una lista enorme de atrocidades”. Fue más bien una colección de testimonios presenciales que han sido revalidados posteriormente por investigaciones locales.
Nancy Johnstone (foto: Planeta de Libros)
En un enfoque similar, en una reseña de las memorias de Nancy Johnstone, Hotel in Flight en diciembre de 1939 Orwell se hizo esta pregunta bastante frívola: “¿Creyeron
las masas del pueblo español realmente que incluso los atroces
sufrimientos de la última parte de la guerra eran preferibles a la
rendición? ¿O continuaron luchando, al menos en parte, porque la
totalidad de la opinión de izquierdas de Moscú a Nueva York seguía
impulsándolos?”[82]
De la misma manera que Orwell denigró a los trabajadores británicos que
donaron un dinero del que apenas estaban sobrados para apoyar a la
República española, el escritor denigró aquí a los millones de españoles
que continuaron luchando en defensa de una República que tanto les
había dado.
John Cornford (Cambridge 1915-Lopera 1936), foto: Alchetron.com
Para muchos millares de personas Homenaje a Cataluña
es el único libro que leerán sobre la guerra civil. Así, pues, no se
trata de demoler a Orwell sino más bien de hacer llegar a la conciencia
de todos que las opiniones en él expresadas son, con frecuencia,
incorrectas porque estuvieron basadas en información insuficiente y
prejuicios previos muy arraigados. El libro da la impresión de que los
sucesos más importantes de la guerra civil tuvieron lugar en el frente
aragonés y en Barcelona durante unos días en mayo de 1937. En lo que se
refiere a la significación del frente de Aragón el propio Orwell
descubrió su juego: “Aun así seguía sin pasar nada, y no daba la
impresión de las cosas fueran a cambiar. ¿Cuándo vamos a atacar? ¿Por
qué no atacamos? Eran preguntas que se repetían constantemente tanto los
ingleses como los españoles”[83].
Esta era una opinión que también repitió otro voluntario en el mismo
frente, John Cornford, quien se quejó de aburrimiento e inactividad en
lo que describió como “un sector tranquilo en un frente tranquilo”[84].
El fallo más importante del libro es la
noción subyacente de que la liquidación de la revolución estuvo en la
base de la derrota final de la República. La obra de Orwell, e incluso
más todavía la película de Loach, llevan a olvidar que la República fue
derrotada por Franco, Hitler, Mussolini y el interés mal entendido o la
pusilanimidad de los gobiernos británico, francés y norteamericano. Esto
no significa desconocer que los ricos testimonios oculares que contiene
la obra son muy valiosos como fuente histórica. El problema es que sus
juicios facilitaron su aprovechamiento ulterior como parte de una
determinada narrativa de la guerra fría. La ignorancia de Orwell de la
escena más amplia de la guerra civil puede, en último término,
excusarse. Lo que no puede excusarse es el tono omnisciente de su obra.
Incluso menos aun su aceptación de permitir la publicación de una
edición ulterior de su libro sin tener en cuenta sus diversos escritos
entre 1937 y 1942, en los que reconoció paladinamente la necesidad de un
esfuerzo de guerra unificado en España. Es como si el Orwell de Animal Farm, de 1984
y de la notoria lista de compañeros de viaje sospechosos hubiera
pensado que podía dejar la primera versión como otro clavo en el ataúd
del comunismo a pesar de su profunda distorsión de la situación
española.
[38] El Sindicato único de Espectáculos Públicos de la CNT-FAI produjo una película de diez minutos que puede verse en https://www.youtube.com/watch?v=1k4HzLpuF-0. Véase la introducción hablada de Julián Casanova en la colección de vídeos La guerra filmada (Madrid: Filmoteca española, 2009).
[39] Franz Borkenau, The Spanish Cockpit (Londres: Faber & Faber: 1937), pp. 169 y 174-176 (hay traducción española).
[40]Time and Tide,
31 de julio de 1937. Sobre el período que Borkenau pasó en España
véanse Jan Kurzke & Kate Mangan, “The Good Comrade” (manuscrito no
publicado, fondo de Jan Kurzke, archivos del Instituto Internacional de
Historia Social, Amsterdam), pp. 272s y 303-307.
[42] Albert Pérez Baró, Treinta meses de colectivismo en Cataluña (1936-1939) (Barcelona: Ariel, 1974), pp. 45-47; Michael Seidman, Workers against Work. Labor in Paris and Barcelona during the Popular Fronts (Berkeley, Calif.: University of California Press, 1991), pp. 160-171; Robert A. Stradling, History and Legend, pp. 57s; Michael Seidman, “The Unorwellian Barcelona”, European History Quarterly, vol. 20, nº 2, abril de 1990, pp. 163-180.
[43] Josep Maria Bricall, Política econòmica de la Generalitat (1936-1939). Evolució i formes de la producció industrial (Barcelona: Edicions 62, 1970), pp. 93-104; Helen Graham, The Spanish Republic at War 1936-1939 (Cambridge: Cambridge University Press, 2002), pp. 254-256; Pelai Pagês i Blanch, Cataluña en guerra y en revolución 1936-1939 (Sevilla: Ediciones Espuela de Plata, 2007), pp. 189-194.
[44] Josep Antoni Pozo González, La
Catalunya antifeixista. El govern Tarradellas enfront de la crisi
política i el conflicte social (setembre de 1936 – abril de 1937) (Barcelona: Edicions Dau, 2012), pp. 153-172; François Godicheau, La guerre d´Espagne. République et révolution en Catalogne (1936-1939) (París: Odile Jacob, 2004), pp. 138-145.
[45] Miquel Caminal, Joan Comorera, Guerra i revolució, (1936-1939), II (Barcelona: Editorial Empùries, 1984), pp. 62-72.
[46]
Burnett Bolloten, The Spanish Civil War: Revolution and
Counterrevolution (Hemel Hempstead: Harvester Wheatsheaf, 1991), p. 411
(en base a una entrevista con Miquel Serra Pàmies, directivo del PSUC).
Véase también David T. Cattell, Communism and the Spanish Civil War
(Berkeley, California: University of California Press, 1955), p. 109;
Rudolf Rocker, Extranjeros en España (Buenos Aires: Ediciones Imán,
1938), p. 91.
[47]
Sobre los orígenes sociales del conflicto en Barcelona véase Helen
Graham, “Against the State”: a genealogy of the Barcelona May Days
(1937)”, European History Quarterly, 29:4 (octubre de 1999), pp. 485-542.
[48] Ángel Viñas, El escudo de la República: el oro de España, la apuesta soviética y los hechos de mayo de 1937
(Barcelona: Crítica, 2007), pp. 488-493; los informes de los agentes de
la inteligencia soviética en España se reproducen en Ronald Radosh,
Mary R. Habeck & Grigory Sevostianov, eds., Spain Betrayed. The Soviet Union in the Spanish Civil War (New Haven, Conn.: Yale University Press, 2001), pp. 131-133 y 178-184 (hay traducción española)
[49] Josep Sánchez Cervelló, ¿Por qué hemos sido derrotados? Las divergencias republicanas y otras cuestiones (Barcelona: Flor del Viento, 2006), pp. 119-132.
[50] Agustín Guillamón, The Friends of Durruti Group: 1937-1939 (Edimburgo: AK Press, 1996), pp. 22-4 y 57s; Agustín Guillamón, Barricadas en Barcelona. La CNT de la victoria de julio de 1936 a la necesaria derrota de mayo de 1937 (Barcelona: Ediciones Espartaco Internacional, 2007), pp. 139-148; Juan García Oliver, El eco de los pasos (Barcelona: Ruedo Ibérico, 1978), pp. 420 y 443; Orwell sobre los amigos de Durruti, Homenaje, pp. 239, 242, 256.
[52] George Orwell, “Eye-witness in Barcelona”, Controversy, agosto de 1937, reimpreso en Orwell in Spain, pp. 234-241 (cita en la p. 238); Ricardo Sanz, Los que fuimos a Madrid. Columna Durruti, 26 División (Toulouse: Imprimerie Dulaurier, 1969), p. 151. Véase también Stradling, History and Legend, pp. 59s.
[53] Diego Abad de Santillán, Por qué perdimos la guerra. Una contribución a la historia de la tragedia española, 2ª edición (Madrid: G. del Toro, 1975), pp. 90s; Burnett Bolloten, The Spanish Civil War, pp. 865s.
[54] García Oliver, El eco de los pasos, pp. 181s, 209-212 y 231-233. Abad de Santillán, Por qué perdimos la guerra, pp. 80s y 93; Pons Garlandí, Un republicà, pp. 88-92, 145; Francisco Lacruz, El alzamiento, la revolución y el terror en Barcelona (Barcelona: Librería Arysel, 1943) pp. 118-121 y 130s; Solé & Villarroya, La repressió a la reraguarda, I, pp. 8, 72-78, 94-100; Gregorio Rodríguez Fernández, El hábito y la cruz. Religiosas asesinadas en la guerra civil española (Madrid: EDIBESA, 2006) pp. 298-311; Francisco Gutiérrez Latorre, La República del crimen. Cataluña, prisionera 1936-1939 (Barcelona: Editorial Mare Nostrum, 1989) pp. 36s, 44-47; Joan Villarroya i Font, Revolució i guerra civil a Badalona 1936-1939 (Badalona: Mascaró de Proa, 1986), pp. 33-38; Josep M. Cuyàs Tolosa, Diari de guerra. Badalona, 1936-1939, dos vols (Badalona: Museu de Badalona, 2006), I, pp. 144, 206, 249; II, pp. 12-14, 37s, 58, 82, 353; Toni Oresanz, L´Òmnibus de la mort: Parada Falset (Badalona: Ara Llibres, 2008), pp. 135-140, 266-269; Jordi Piqué i Padró, La crisis de la reraguarda. Revolució i guerra civil a Tarragona (1936-1939) (Barcelona: Publicaciones de l´Abadía de Montserrat, 1998), pp. 157-154; Isidre Cunill, Los sicarios de la retaguardia (1936-1939). In odium fidei: la verdad del genocidio contra el clero en Catalunya (Barcelona: Styria, 2010), pp. 111-124.
[56] Cervelló, ¿Por qué hemos sido derrotados?, pp. 115-117; Ferran Gallego, Barcelona, mayo de 1937 (Barcelona: Debate, 2007), pp. 340-349; Solé & Villarroya, La repressió a la reraguarda, I, pp. 108s; Graham, The Spanish Republic,
pp. 261s; Pierre Broué et Emile Témime, The Revolution and the Civil
War in Spain (Londres: Faber and Faber, 1972), pp. 281s (hay traducción
española).
[57] Pons Garlandí, Un republicà, pp. 68-70, 86-89, 95; Solé &Villarroya, La repressió a la reraguarda, I, pp. 79-81; Rodríguez Fernández, pp. 298-311; Antonio Montero Moreno, Historia de la persecución religiosa en España 1936-1939 (Madrid: BAC, 1961), pp 526-529.
[58] Joan Pons i Porta & Josep María Solé i Sabaté, Anarquia i Republica a la Cerdanya, 1936-1939. El “cojo de Málaga” i els fets de Bellver (Barcelona: Publicaciones de l´Abadia de Montserrat, 1982), pp. 490s; Pons Garlandí, Un republicà, pp. 86-9, 150-4; Carles Gerhard, Comissari de la Generalitat a Montserrat (1936-1939) (Barcelona: Publicacions de la l’Abadia de Montserrat, 1982) pp. 490-1; Manuel Benavides, Guerra y revolución en Cataluña (México: Ediciones Roca, 1978), pp. 344, 351-362 y 371.
[59] Pons i Porta &Solé i Sabaté, pp. 142-154; José Peirats, La CNT en la revolución española, 2ª edición, 3 vols (París: Ruedo Ibérico, 1971), II, p. 138; César M. Lorenzo, Los anarquistas españoles y el poder (París: Ruedo Ibérico, 1972), pp. 90, 215. Grandizo Munis, Jalones de derrota, promesa de victoria/España, 1936-1939 (México: Editorial Lucha Obrera, 1948), p. 298.
[60] Caminal, Juan Comorera, p. 120; Gallego, Barcelona, pp. 379, 413, 430-449; Viñas, El escudo, pp. 495s; Benavides, Guerra y revolución, pp. 370-375.
[61] Paul Preston, The Spanish Holocaust. Inquisition and Extermination in Twentieth Century Spain (Londres: HarperCollins, 2012), pp. 411-414 (hay traducción española).
[62] John Dos Passos, Century´s Ebb: The Thirteenth Chronicle (Boston: Gambit, 1975), PP. 94-96 Y 98.
[63] Dos Passos, The Theme is Fredom (Nueva York: Dodd & Mead, 1956), p. 145.
[64] Boris Volodarsky, Stalin´s Agent: The Life and Death of Alexander Orlov (Oxford: Oxford University Press, 2015), pp. 216 y 294; David Crook, Hampstead Heath to Tian An Men. Autobiography (www.davidcrook.net.
Copyright Crook Family, 1991), pp. 3s, 89s, 97s. La afirmación, un
tanto inverosímil, respecto a Mercader procede de Gordon Bowker, George Orwell
(Londres: Little, Brown, 2003), p. 213. Sin embargo, otras fuentes
permiten pensar que, en aquel tiempo, Mercader prestaba servicio en una
unidad de primera línea -Luis Mercader & Germán Sánchez, Ramón
Mercader, mi hermano. Cincuenta años después (Madrid: Espasa-Calpe,
1990), p. 46; Volodarsky, Stalin´s Agent, p. 227.
[65]
Según Boris Volodarsky, ‘Soviet Intelligence Services in the Spanish
Civil War, 1936-1939’, tesis doctoral, London School of Economics, 2010,
p. 267, la operación mucho más grande para penetrar el POUM en la
primavera de 1937 fue dirigida personalmente por el rezident de la NKVD
Alexander Orlov y no le involucró a Eitingon. TNA: HW 15/10.
[66] Javier Cervera Gil, Contra el enemigo de la República… desde la ley (Madrid: Biblioteca Nueva, 2015), pp. 175s.
[67] Robert Low, “Archives show how Orwell´s 1937 held more terrors tan his 1984!, The Observer, 5 de noviembre de 1989. El documento se reproduce en Peter Davison, The Complete Works of George Orwell. Volume XI. Facing Unpleasant Facts 1937-1939 (Londres: Secker & Warburg, 1998), pp. 30s. Sobre las pesquisas de la policía véase Homenaje, pp. 198s.
[68]
Expediente de David Crook en el RGASPI (Archivo estatal ruso de
historia política y social),Moscú, archivo de las Brigadas
Internacionales, 545/6/120, pp. 79-95. Sobre la detención simulada véase
Crook, Autobiography, p. 101.
[69] Archivo de las Brigadas Internacionales, 545/6/107, pp. 22s.
[70]Homenaje, p. 203; McNair, Spanish Diary, pp. 24-27.
[71] Archivo de las Brigadas Internacionales, 545/6/107, pp. 24s.
[73] Orwell, reseña de The Spanish Cockpit, de Franz Borkenau, y de Volunteer in Spain, de John Sommerfield, en Time and Tide, 31 de julio de 1937, reimpreso en Facing Unpleasant Facts, pp. 51s.
[74] Reimpreso en Facing Unpleasant Facts, pp. 145s.
[77]Homenaje, pp. 232s; Hywel Francis, Miners Against Fascism: Wales and the Spanish Civil War, 2ª edición (Londres: Lawrence & Wishart, 2012), pp. 119-132; Jim Fyrth, The Signal Was Spain. The Aid Spain Movement in Britain 1936-1939 (Londres: Lawrence & Wishart, 1986), pp. 198-274; Alexander,p. 101.
[78] Emily Mason, Save Spain: British Support for the Spanish Republic within Civil Society in Britain, 1936-1939 (University of Essex, tesis doctoral, 2015), passim y pp. 1 y 165; Fyrth, The Signal, p. 216; Tom Buchanan, The Spanish Civil War and the British Labour Movement (Cambridge: Cambridge University Pres, 1991), pp. 137-165; Linda palfreeman, ¡Salud! British Volunteers in the Republican Medical Service during the Spanish Civil War, 1936– 1939 (Brighton: Sussex Academic Press/Cañada Blanch, 2012), pp. 6s y passim; Buchanan, pp. 93-113; Brian Shelmerdine, British Representations of the Spanish Civil War (Manchester: Manchester University Press, 2006), pp. 149-151.
[79] Stradling, “The Spies”, pp. 641, n. 12, 655; Davison, Fac ing Unpleasant Facts, p. 36.
[80]The New York Times, 29 de julio de 1988; The Guardian, 10 de julio de 2003; Timothy Garton-Ash, “Orwell´s List”, New York Review of Books, 25 de septiembre de 2003.