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mardi 27 janvier 2026

Pense-bête extérieur pour constellation Debord / roman noir français


 Un paradoxe pour commencer un questionnement /

Jean-Patrick Manchette fut influencé par l'Internationale situationniste, notamment pour ses romans noirs. Il détesterait les romans noirs de Siménon et de la génération des années 1930. 

Debord est un lecteur de roman noir et aussi de la génération des années 1930, Léo Malet notamment : un Paris plus fantastique que politique, mais plus prolétarien aussi.

L'histoire du roman noir français par Natacha Levet /

 


Définition du roman noir par Natacha Levet / 

"Le roman noir a en commun avec l'ensemble des fictions criminelles de proposer un récit qui prend pour sujet la transgression criminelle. Le roman noir s'attache à comprendre une société où un groupe social par le biais de la forme exacerbée de la violence et du crime. Il propose donc une lecture pessimiste et une représentation littéraire et symbolique des tensions et des conflits, révélateurs des dysfonctionnements sociaux et politiques." 

 

 

 

 

 

 

Georges Siménon  (1903-1989)

Jean Amila (1910-1995)
 « Je suis un ouvrier qui a mal tourné... je me suis mis à raconter des histoires populistes d'abord, puis, dans ce langage qui était le mien, j'ai raconté des histoires noires. »
 
En sortant des studios de l'ORTF en , Jean Meckert est agressé par des inconnus rue de Belleville. Une théorie souvent relayée évoque la possibilité de représailles à la suite de son livre La Vierge et le Taureau, qui remet en cause la nécessité des essais nucléaires français dans le Pacifique.
 
 
 Ange Bastiani (1918-1977)
 
Léo Malet (1909-1996)
 
Albert Simonin (1905-1980)
L'Élégant, 1973 ~ son dernier roman, le héros, après vingt ans passés en prison, redécouvre avec tristesse un Paris qu'il ne reconnaît plus.
 
Pierre Lesou (1930-2018)
 
Auguste Le Breton (1913-1999)

C'est lui qui crée le terme « verlan », initialement sous la forme « verlen », en 1942 au Café de la Poste, à Paris, puis l'utilise dans son œuvre ultérieure :

« L'une d'elles jeta un coup de saveur sur une équipe de mirontons qui venaient de soulever la tenture bleue de l'entrée et murmura à sa pote :
« Te détranche pas, Lily, La Mondaine ... »
Pour que les caves qui les serraient de trop près n'entravent pas, elle ajouta en verlen[5] :
«Qu'est-ce qu'ils viennent tréfou les draupers à cette heure-ci ? Pourvu qu'ils fassent pas une flera. Ça serait le quetbou ; j'ai pas encore gnéga une nethu »

— Auguste Le Breton, Du rififi chez les hommes, Gallimard, 1953, p. 36

 

 

Marcel Duhamel (1900-1977)
 

Il s'installe dans le quartier du Montparnasse au 54 de la rue du Château, qui était « une bicoque ayant jadis abrité le commerce d'un marchand de peaux de lapins »[4], et qui devint l'endroit de rencontre du mouvement surréaliste[5]. C'est en fait un logement « collectif » qui accueille tous les amis désargentés de Duhamel : Prévert, Raymond Queneau, Yves Tanguy.

 Dans les années 1940, Duhamel, grand amateur de jazz, est un des piliers des caves de Saint-Germain-des-Prés, une figure du monde du papier et un personnage prestigieux pour son élégance « royale ». Dans le Manuel de Saint-Germain-des-Prés, Boris Vian brosse ainsi son portrait :

« Duhamel […] a eu une vie fort variée dont le récit nous entrainerait en dehors des limites de ce volume ; mais, à tous les moments de son existence, il a conservé une dignité dans l'allure très caractéristique, et on ne m'ôtera jamais l'idée que Marcel Duhamel est un enfant naturel de feu le roi George V d'Angleterre […]. Amateur passionné de jazz, il possède une fort belle collection dans le style classique[8]. »

 

En , il crée la « Série noire » et dirige cette collection jusqu'à sa mort en 1977, popularisant le roman noir américain. En 1948, Marcel Duhamel écrit ce qui restera longtemps « le manifeste de la “Série noire”. 

 

« Que le lecteur non prévenu se méfie : les volumes de la "Série noire" ne peuvent pas sans danger être mis entre toutes les mains. L'amateur d'énigmes à la Sherlock Holmes n'y trouvera pas souvent son compte. L'optimiste systématique non plus. L'immoralité admise en général dans ce genre d'ouvrages uniquement pour servir de repoussoir à la moralité conventionnelle, y est chez elle tout autant que les beaux sentiments, voire de l'amoralité tout court. L'esprit en est rarement conformiste. On y voit des policiers plus corrompus que les malfaiteurs qu'ils poursuivent. Le détective sympathique ne résout pas toujours le mystère. Parfois il n'y a pas de mystère. Et quelquefois même, pas de détective du tout. Mais alors ?... Alors il reste de l'action, de l'angoisse, de la violence — sous toutes ses formes et particulièrement les plus honnies — du tabassage et du massacre. Comme dans les bons films, les états d'âmes se traduisent par des gestes, et les lecteurs friands de littérature introspective devront se livrer à la gymnastique inverse. Il y a aussi de l'amour — sous toutes ses formes — de la passion, de la haine, tous les sentiments qui, dans une société policée, ne sont censés avoir cours que tout à fait exceptionnellement, mais qui sont ici monnaie courante et sont parfois exprimés dans une langue fort peu académique, mais où domine toujours l'humour. En bref, notre but est fort simple : vous empêcher de dormir. »

 
 
Roman populiste 1 & 2

Le roman populiste se donne pour perspective de construire, littérairement, un peuple. Dans son manifeste, Lemonnier multiplie les qualificatifs pour le désigner : les petits, les humbles… Il les oppose au « snobisme » de la littérature des années 1920, 1930 qui se complaît dans l’analyse psychologique de héros issus des couches supérieures de la société. À ce haut de la société qui sert de matériau privilégié au roman, s’oppose un bas de la société que les auteurs désirent mettre en avant. C’est un appel au peuple qui se dresse contre la littérature moderne. Dans les œuvres, cela se traduit par des références récurrentes au monde du travail: dans Hôtel du Nord, la caractérisation des personnages se fait en grande partie par le travail qu’ils occupent. La narration se veut moins psychologisante, et le narrateur prend la place d’un observateur discret.

Léon Lemonnier affirme néanmoins que ce n’est pas le peuple qui constitue son lectorat puisque pour qu’il en soit ainsi, il faudrait totalement le « rééduquer ». Aussi, le peuple est conçu comme un instrument de stratégie de reconquête du champ littéraire mais il n’y a pas pour autant de projet politique, éducateur qui accompagne ce courant. Leur démarche confine au littéraire et la construction d’un peuple est intrinsèque à l’espace romanesque, là où le PCF se sert de la littérature comme un instrument de prise de conscience.

 
Les années 1920 ont cela de nouveau qu’elles sont une période de « débat sur la figuration démocratique » selon les mots de Marie-Anne Paveau. Les auteurs populistes s’opposent en effet au courant de la « littérature prolétarienne », puis aux auteurs d’obédience communiste. Contrairement aux auteurs de la mouvance prolétarienne, l’objectif des auteurs populistes n’est pas d’être, d’incarner le peuple mais de le donner à voir dans les romans. Aussi, c’est dans l’altérité que les auteurs populistes abordent le peuple : ils sont issus du monde universitaire, de la critique littéraire. C’est en réaction à cette perspective que l’école « prolétarienne » est fondée, en janvier 1932. Les écrivains « prolétariens » estiment que pour pouvoir se considérer membre de cette école, un romancier doit être issu d’une famille ouvrière ou paysanne. 
 
Le courant prolétarien se distingue du courant populiste par le Parti Communiste. Si les frontières entre ces mouvements sont poreuses et que les auteurs vont et viennent, les querelles théoriques et politiques n’en demeurent pas moins nombreuses et sont parfois très vives. Comme le souligne Xavier Vigna, le courant de Poulaille rebute notamment du fait de son projet initial, qui postule que les seuls auteurs issus du peuple sont à même d’en parler. 
 
Si le PCF soutient un temps la littérature prolétarienne, les consignes d’Union Soviétique amènent le parti à prendre ses distances. Il devient dès lors prioritaire que la littérature serve d’agit-prop pour son combat politique. Ainsi, Paul Nizan et Louis Aragon publient des attaques parfois violentes contre Poulaille et adhèrent finalement au réalisme soviétique. Il s’agit de représenter de manière figurative l’existence des classes populaires dans une optique d’éducation et de propagande. Pour le PCF, la priorité n’était pas l’appartenance sociale des auteurs mais l’adhésion au Parti, même si dans le même temps des concours de nouvelles étaient périodiquement organisés et des romans ouvriers publiés aux Editions Sociales Internationales. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Roman noir, film noir -> premier compte-rendu de dérive 1956
Mc Orlan, fantastique social 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Francis Rick (1920-2007)
 
En 1993, Guy Debord salue l'œuvre de Francis Ryck dans son livre Cette mauvaise réputation…, en affirmant qu'il y a plus de vérité et de talent chez Ryck (notamment dans Le Compagnon indésirable) que chez Le Carré[6]. Debord révèle la conversation, primordiale selon lui, entre Ryck et Marie-Christine de Montbrial en 1984, concernant l'assassinat de Gérard Lebovici et le rôle de Paul Barril responsable de la cellule antiterroriste sous la présidence de François Mitterrand[7]. Le , Debord décide ne plus la voir du fait de son témoignage auprès de la police et des contacts qu'elle a conservés avec Ryck[8].  
 

Son style épistolaire n’est pas sans rappeler celui des grands polémistes et pamphlétaires, quelque chose comme un Karl Kraus du polar. A certaines époques, celles de l’agoraphobie, de l’alcoolisme et de la fêlure caractérielle, il s’enflamme vite. On en avait déjà eu un écho gratiné dans la Correspondance avec l’agent Gérard Lebovici publiée en 1978 par Champ libre. Politiquement, on sent en permanence cet enfant des classes moyennes marseillaises (même s’il a grandi à Malakoff) osciller entre un anarchisme bien tempéré et un situationnisme non dogmatique (?). 


>>>>>> Néo-situs et périphérique 

 

 
Aux municipales de 1977 lorsqu'Alain Savary voulait tenter de s'emparer du Capitole ils lui ont scié la branche. Ils ont envoyé de fausses convocations aux chômeurs sur la place du Capitole, et ils se sont arrangés pour commander des petits fours et du champagne qui sont arrivés sur la place en même temps que les chômeurs en colère qui sont tombés sur le buffet. Il y avait à l'époque toute une série de choses assez secrètes sur la vie toulousaine dont j'ai eu connaissance avec le mouvement situationniste parisien. 
 
L'Affranchie du périphérique, 2009 ~ Aubervilliers, Internationale lettriste -> années 1950
 
 
 Adaptation de 'La position du tireur couché' de Jean-Patrick Manchette avec Tardi en bande dessinée chez Futuropolis
 
 
 

 

 

 

 

 

A LIRE:

Hugues Pagan
Le carré des indigents, 2022 ~ Pompidou-Giscard -> année 1973
 
Xavier Boissel 
Fonds Noirs, 2024 ~ année 1986
 
 
 
  
 
En somme, du Paris des fortifs au Paris du périph' 

lundi 13 octobre 2025

Deux pros-situs et le périphérique: La dernière énigme (F.J Ossang, 1982) et Le Petit Bleu de la côte ouest (Jean-Patrick Manchette, 1976)

 Film-tract inspiré du mouvement situationniste et notamment de l'ouvrage de Gianfranco SanguinettiDu Terrorisme et de l'État: la théorie et la pratique du terrorisme divulguées pour la première fois.


 


Entre 1971 et 1982, Manchette écrivit dix romans policiers modernes pour la Série Noire de Gallimard dont Le Petit bleu de la côte ouest en 1976. Le roman s'ouvre sur Georges Gerfaut, le protagoniste – n'employons pas le terme de héros – filant à toute allure sur le périphérique parisien dans sa voiture de luxe, sous l'effet du bourbon Four Roses, des barbituriques et du jazz de la côte ouest américaine. 

« L'effet combiné sur lui n'est pas la somnolence, mais une euphorie tendue qui menace à tout instant de se muer en colère ou en une sorte de mélancolie vaguement tchékhovienne et fondamentalement amère, un sentiment qui n'a rien de courageux ni d'intéressant… Il est deux heures et demie, ou peut-être trois heures et quart du matin. » 

« La raison pour laquelle Georges file ainsi sur le périphérique avec des réflexes diminués et en écoutant cette musique-là, il faut la chercher surtout dans la place de Georges dans les rapports de production.