C'est le quotidien des mineurs du bassin cévenol raconté en voix off par
l'un d'entre eux, René. Il y a le travail à la mine et puis les
distractions comme la baignade ou l'apéritif au pastis. René aime
Jeannette, la belle bergère du village, et ils se retrouvent dans les
collines ou au bord de l'eau. Mais un jour l'un des collègues de René,
Vincent, a un accident grave. Tous les mineurs compatissent et
manifestent leur solidarité. Amputé d'une jambe, Vincent guérit et
réembauche à la mine ; malgré son infirmité, il réussira à plonger de
nouveau dans la rivière. La vie continue...Le film s'achève sur la fête
du 14 juillet joyeusement célébrée à Pont de Rastel ; c'est l'occasion
d'un grand banquet avec tous les villageois. Après la liesse et le feu
d'artifice, c'est cependant déjà l'heure de retourner travailler pour
les mineurs...
Le film s'intéresse à l'une des figures les plus prisées (et représentées) du PCF, celle du mineur. Le Point du jour de Louis Daquin, ainsi que La Grande lutte des mineurs
(également sous la direction de Daquin) tournés tous deux en 1948, en
donnent précédemment une vision cinématographique et « communiste ».
Mises en vis à vis, ces œuvres ont des discours bien différents,
complètement liés à leurs contextes historiques de production et aux
orientations politiques du PCF du moment. Le Point du jour (long métrage
de fiction) reste tributaire de l'immédiat Après-guerre et de l'appel à
la Reconstruction nationale lancé par le PCF lorsqu'il est un parti de
gouvernement ; les mineurs sont érigés en héros de la Bataille de la
Production. En revanche, La Grande lutte des mineurs
(court-métrage documentaire dans le style des « contre actualités »),
réalisé peu de temps après, est un « film de Guerre Froide » ; le PCF
est de nouveau un parti d'opposition au plan national et international.
Les mineurs, qui sont alors en pleine grève en 1948, deviennent les
portes paroles d'une lutte contre la politique pro-américaine du
gouvernement. Dans Ma Jeannette et mes copains, le contenu est tout
autre. Atemporel, fictionnel, le film donne une image beaucoup moins
combattante des mineurs, plus poétique. L'arrière plan n'est plus le
même puisqu'en 1953 Staline meurt, ce qui entraîne le passage dans la
phase dite de « coexistence pacifique ». Par ailleurs les modalités de
production du film restent « classiques » avec une volonté de le faire
circuler dans le réseau commercial, ce qui explique aussi sans doute sa
tonalité moins militante.
Tourné dans les Cévennes, Ma Jeannette et mes copains
a été écrit par un enfant du pays, Jean-Pierre Chabrol. Devenu par la
suite un écrivain reconnu, il travaille pour la seconde fois comme
scénariste pour Procinex, après Mon ami Pierre. Il raconte une
réalité qu'il a observé dans sa jeunesse, celle des mineurs du bassin
d'Alès. La vision qui en est donnée est celle d'un labeur éminemment
difficile et risqué ; elle est néanmoins contrebalancée par une certaine
joie de vivre qui s'exprime dans l'histoire d'amour de René et
Jeannette ou encore dans les festivités du 14 juillet. Les acteurs du
film sont tous non-professionnels ; ce sont les habitants et les mineurs
de la région qui jouent leur propre rôle. Pour l'anecdote, Vincent (le
blessé de la mine) est joué par deux frères, dont l'un avait perdu une
jambe pendant la Seconde Guerre Mondiale. À noter une belle réalisation
de Robert Menegoz ; quelques très beaux plans, notamment ceux des
mineurs dans les wagons du train destiné à transporter le charbon ou un
travelling sur les visages des mineurs après l'accident.
En août
1953, le film a obtenu un visa d'exploitation commerciale et non
commerciale. Il semble qu'il ait été souvent diffusé dans les Cévennes
où l'on conserve une mémoire très forte et encore vivante du tournage.
Production : Procinex
Réalisation : Robert Menegoz
Directeur de production : Antoine Maestrati
Scénario, commentaires et chanson : Jean-Pierre Chabrol
Commentaire dit par : Roger Pigaut
Image : André Dumaître
Assistant image : Philippe Brun
Montage : Marguerite Renoir et Suzanne Sandeberg
Musique : Joseph Kosma
Chanson interprétée par : Mouloudji Marcel
Ingénieur du son : P. Boistelle
Lieux : Gard, Cévennes, Pont de Rastel, mine de la Vernarède, mine de la Jasse
Visa d'exploitation : 14 527
Carton
final : « le film que vous venez de voir a été réalisé par grâce au
concours de tous les habitants du village de Pont de Rastel, et des
mineurs de la Vernarède et la Jasse dans le Gard ».
MOTS CLE :
France, Gard, Cévennes, Pont de Rastel
Bassin minier, mine, mineur
Travail, vie quotidienne, loisir
Accident du travail
Fête, 14 juillet, banquet
Jean-Pierre Chabrol, Robert Menegoz
«
La vie paraît toute simple et tranquille dans ce petit village de
mineurs du Gard. Mais la mine frappe. Vincent, victime d'un grave
accident, est amputé d'une jambe. Le reprendra-t-on à la mine ? Mais
oui, car ses copains sont là, qui le soutiennent, l'accompagnent à la
direction. Le film se termine par le repas du 14 juillet, servi à tous
les habitants sur une table commune, dans l'unique rue du village. C'est
un film humain, optimiste, un film qu'il faut voir. » (Extrait d'un
article paru dans L'Humanité Dimanche, daté du 11 juillet 1954).
Film
disponible en DVD dans le coffret <a
href="https://www.cinearchives.org/Edition-DVD-Grands-Soirs-et-Beaux-Lendemains.-1945-1956_-le-cinema-militant-de-la-Liberation-et-de-la-Guerre-froide-827-6-0-0.html"><b>Grands
soirs et beaux lendemains, 1945-1956 - Le cinéma militant de la
Libération et de la Guerre froide</b></a>
Article épinglé
dimanche 1 mars 2026
Ma jeanette et mes copains (Robert Menegoz, 1953)
J'ai vingt ans / Мне двадцать лет (Marlen Khoutsiev, 1962)
Réalisé en 1961-62, le film, dont le titre était La Porte d’Ilitch,
a dû être montré en 1963, avant sa sortie, à Khrouchtchev qui a ainsi
exprimé son jugement: « Même les figures les plus positives de ce film –
trois ouvriers – ne personnifient pas notre grandiose jeunesse. Ils
sont montrés comme s’ils ne savaient rien de la vie qu’ils ont à mener,
de ce vers quoi ils doivent tendre. Et cela dans notre époque de
progression et de la construction du communisme, éclairée par les idées
du programme du Parti communiste ! Une telle jeunesse construira-t-elle
donc le communisme avec ses pères, sous la direction du Parti ? Non, la
société ne peut pas s’appuyer sur de tels hommes, ce ne sont ni des
combattants, ni des transformateurs du monde. Ce sont des hommes
moralement infirmes, déjà vieillis dans leur jeunesse, à qui échappent
les buts et les tâches élevés de la vie ».
Le réalisateur fut obligé de remanier son film, ce qu’il réussit à
faire, selon ses propres termes « en conservant le sens de l’oeuvre »
Avant tout, écrit-il, « j’ai dû supprimer les scènes qui n’avaient pas
plu à Khroutchev. J’ai enlevé la scène de la soirée des poètes. Surtout
j’ai dû retourner la scène avec le fantôme du père »
En 1988 Marlen Khoutsiev restaurera la version originale.
"<...> Les personnages de Khoutsiev ne détiennent pas de vérité a
priori, ils ont simplement envie de se trouver. Ils vivent dans un pays
auquel ils tiennent, ils conservent la conviction qu'il est unique, une
utopie réalisée, tout en étant marqués par la blessure encore ouverte du
stalinisme, par celle encore ouverte de la guerre. Parfois ils disent
l'un pour l'autre. Un des plus beaux moments de Faubourg d'Ilytch est le
toast que porte son héros aux choses qu'il "prend au sérieux . Parmi
celles-ci, il mentionne "le fait que presque aucun d'entre nous n'a de
père . Celui de Serioja est tombé au combat, et un peu plus tard, la
rencontre entre le père mort à vingt et un ans et le fils de vingt-trois
est un des grands moments du cinéma soviétique. Mais le spectateur des
années soixante ne pouvait manquer de penser à d'autres circonstances, à
d'autres pères disparus, comme celui de Marlen Khoutsiev, arrêté en
1937.<...>"
Bernard Eisenchitz.
Film "générationnel" à comparer avec Rendez-vous de juillet de Becker (mais pas pour la forme, on reste ici dans du cinéma russe avec son formalisme sophistiqué), ou Les Tricheurs, de Carné?
mercredi 14 janvier 2026
L'âge d'or des auberges de jeunesse
Se baigner dans l'océan, jouer sur la plage, souffler dans un harmonica, faire de l'auto-stop sur la route des vacances : Pierre Jamet s'est fait le témoin photographique de l'époque insouciante et incroyablement libre des auberges de jeunesse du Front populaire. Ces magnifiques scènes de vie en noir et blanc saisies juste avant la Seconde Guerre mondiale font l'objet d'une exposition aux Rencontres d'Arles. Zoom sur cet album de vacances extraordinaire, accompagné des commentaires que nous accordés la fille de Pierre Jamet, Corinne Jamet-Vierny.
Pierre Jamet est né en 1910 à Saint-Quentin. Son père, charcutier à Paris, décède lorsqu'il a 14 ans. Il devient alors apprenti-métreur en maçonnerie, puis suit une formation de radio dans la marine. A la suite de la victoire du Front populaire, en 1936, il adhère au Centre laïque des auberges de jeunesse, mouvement qui connaît en France un grand essor sous l'impulsion du ministre de la Jeunesse Léo Lagrange. Cette photo de jeunes gens regagnant la plage après un bain de mer a été prise à Belle-Ile-en-Mer en 1937. Pierre Jamet, épris de l'île bretonne, y acquerra une maison dans les années 40. Il y est mort en 2000. PIERRE JAMET/SIPADeux frères torse nu se tenant par le cou devant la pancarte indiquant la direction de l'auberge de jeunesse. Villeneuve-sur-Auvers, dans l'actuelle Essonne, 1937. "Les gars et les filles qui étaient proches de mon père étaient politisés à gauche, mais dans les auberges de jeunesse, il y avait de tout ; c'est ça qui faisait leur force", raconte Corinne Jamet-Vierny, la fille de Pierre Jamet.
Dina et Sacha Vierny, amoureux, en maillots de bain, allongés côte a côte à plat ventre sur le sol, regardent un petit oiseau posé sur la main de Sacha. France, 1938. Après la guerre, Dina Vierny a ouvert une galerie d'art à Paris. Elle est également à l'origine de la fondation qui porte son nom et du musée Maillol à Paris. Dina Vierny est morte en 2009 à l'âge de 89 ans. Ce petit garçon souriant, avec un panier sur la tête, c'est Daniel Filipacchi en vacances en auberge de jeunesse à Belle-Ile-en-Mer, en 1939. La venue du futur éditeur de presse en Bretagne s'est faite par l'entremise de Jacques Prévert, explique Corinne Jamet-Vierny : Henri Filippachi, le père de Daniel, connaissait très bien le poète, que Pierre Jamet côtoyait aussi par le biais de la chorale dont il faisait partie. Un jeune garçon, à quatre pattes sur la plage, souffle sur un petit radeau à voile et à roulettes pour le faire avancer. Belle-Ile-en-Mer, 1937. Le directeur des Rencontres d'Arles François Hébel, qui a décidé d'exposer Pierre Jamet lors de cette édition 2013, souligne la "fraîcheur incroyable" de ces photographies "qui racontent un épisode de l'histoire sociale" avec la particularité de présenter des "personnages" comme Dina Vierny. Jeune homme allongé sur le ventre, portant un chapeau de paille, la tête appuyée sur une main, en train d'écouter un disque joué par le phonographe posé à ses côtés. Villeneuve-sur-Auvers, 1937. Ce garçon âgé de 17 ans, "c'est Lucien Braslawsky, un surdoué", raconte Corinne Jamet-Vierny. "Il écrivait des poèmes, l'un d'entre eux est d'ailleurs affiché à côté de sa photo à Arles", ajoute-t-elle. Cinq ans après cette prise de vue, en 1942, Lucien Braslawsky a été arrêté et déporté. Il est mort à Auschwitz à l'âge de 22 ans. Gros plan sur les mains de joueurs jouant avec des galets sur le sable d'une plage. Belle-Ile-en-Mer, 1937. Selon Corinne Jamet-Vierny, les photos de son père n'étaient pas posées, mais "suscitées par ce qui était en train de se passer". Trois jeunes femmes se tenant par la main sont en l'air en train de sauter joyeusement dans une dune. Belle-Ile-en-Mer, 1937. Cette image illustre la couverture du livre "Belle-Ile-en-Mer : 1930-1960", regroupant des photos de Pierre Jamet, paru en 2009 aux éditions Hengoun. Dina Vierny joue de l'harmonica sur le rebord de la fenêtre de l'auberge de jeunesse. Dammartin-sur-Tigeaux, Seine-et-Marne, 1937. Groupe de marcheurs, de dos, portant des sacs à dos et marchant sur une route déserte. France, 1937. Les auberges de jeunesse, ou la vie au plein air. Dans la cour de l'auberge de jeunesse, un jeune homme fait tourner une jeune fille accrochée a son cou. Villeneuve-sur-Auvers, 1937. Trois jeunes femmes, déguisées de façon identique, posent de dos, le visage retourné vers le photographe, l'air malicieux. Belle-Ile-en-Mer, 1937. Quatre jeunes gens embarquent dans un camion de déménagement qui les prend en auto-stop sur une route. Villeneuve-sur-Auvers, 1937. Encore un témoignage de la vitalité de cette jeunesse libre et anticonformiste. Jeune femme en maillot de bain de laine prenant un bain de soleil sur une barque, sur la Seine. Lieu-dit Sermeize, Seine-et-Marne, 1942. Petite fille en slip de bain sortant de la mer les cheveux au vent, bras écartés, avec une algue dans chaque main. Belle-Ile-en-Mer, 1949. Cette fillette, c'est Corinne Jamet-Vierny elle-même. "Il n'en reviendrait pas que son travail soit diffusé et que ça soit moi qui le fasse", dit à propos de son père celle qui s'est prise de passion pour ses photos.
mardi 21 octobre 2025
Qué buscan los pibes y pibas online (édifiant sur le cycle "civilisationnel" planétaire)
N. entró por primera vez a un bingo a los 16. “Yo conocí ese mundo con mi mamá, en lugares físicos. A ella le gusta jugar. No es de las personas obsesionadas que van todos los días al casino, pero le gusta”. Imaginaba que las sillas tapizadas de rojo y negro eran una ruleta humana. La alfombra verde, vieja, y las luces de neón azul eléctrico, del futuro.
N. empezó a ver cada vez más publicidades de apuestas online durante los partidos de su club, Independiente, y también en Tik Tok, donde muchos promocionan casinos. Pero la primera vez que apostó fue bastante antes, en el colegio. En sexto año las mesas eran de ocho personas. El único varón del grupo llegó con la propuesta, porque sus padres eran cajeros de un casino online. “Nosotras le pasábamos toda la plata, él la mandaba y nos cargaban, sin DNI. Era plata que nos daban nuestros viejos. Me enganché. Aunque también perdía, yo miraba sólo cuando ganaba. Y así gastábamos las horas de colegio”. El tiempo se gastaba, como el dinero.
Una vez ganaron 100 mil pesos. Los repartieron. Ella se anotó en el gimnasio: “Es plata fácil, entonces como que la querés disfrutar, no sé, celebrar que te vino de arriba. Imaginate en el colegio y todos en esa, era divertido. Casi siempre jugábamos Blackjack o ruleta, que te dan más adrenalina, son las que te aceleran el corazón”.
Cuando terminó el colegio, N. empezó a trabajar para un banco como promotora en la calle: “Llegaba a casa quemada y me tiraba en la cama a jugar, y ahí ponía 5 mil, 10 mil. Y ganaba. Me llevaba 60 mil, 80 mil. Mi sueldo más los 80 mil en el mes era un montón de plata”.
El 82,3 por ciento de lxs jóvenes de entre 12 y 19 años que en 2024 apostaba frecuentemente, según la Encuesta de Bienestar Digital de la Provincia de Buenos Aires, buscaba ganar dinero para uso personal. El 51,1 por ciento lo hacía para divertirse y el 20 por ciento por la adrenalina/emoción. “Así como te digo que yo juego, te digo que no banco que exista el casino online —dice N. — En los casinos berretas, no te piden identificación, y por eso mismo yo podía jugar”.
En el sitio BET365, líder del rubro de apuestas online, el 70 por ciento de los usuarios son hombres y el 30 por ciento mujeres. A pesar de la notable diferencia en la participación, para Ezequiel Passeron, director de Educomunicación de la Ong Faro Digital, que realizó un relevamiento sobre ludopatía juvenil en 2024: “Esto viene a desmitificar que la práctica de las apuestas sea algo exclusivo de los varones”.
En el mundo digital parece haber lugar para todxs. Pero los riesgos y costos de entrada y permanencia ¿son los mismos para varones y mujeres? .
Trini tiene 26 años y desde los 21 trabaja como “modelo vivo” digital: en las fotos que sube a Patreon, una plataforma que funciona a base de suscripciones escalonadas, posa con flores en la boca; a veces desnuda, de espaldas sobre una chimenea, o bajo una escalera en una contorsión imposible. Alimentar las suscripciones mensuales de fotos requiere tiempo y marketing autogestivo. Tuvo que aprender sobre herramientas de promoción, manejo de redes, y gestión frente al baneo de cuentas: “Perdí muchos seguidores. Instagram, por ejemplo, es muy puritano. Da mucha bronca porque es material artístico y la vara es distinta para medir el material que suben diferentes tipos de perfiles”. Valora la autonomía, pero se le dificulta poner un límite al tiempo de trabajo: “De repente son las doce de la noche y estoy contestando un mensaje. Si hago un cálculo, yo creo que estoy mínimo tres horas trabajando con el celular, seis días de la semana”. Eso sin contar el sacarse las fotos, hablar con los fotógrafos y las horas de posar. “Quizás tengo sesiones online también, son dos horas la sesión, más una hora de armar y desarmar vestuario y decorado”, agrega.
jeudi 11 juillet 2024
LA DROGA COMO ARMA CONTRA EL PUEBLO : Bloods VS Crips (Los Angeles a finales del siglo XX)
En Francia, el máximo representante de la lucha contra el narcotráfico (Ocrtis), el comisario François Thierry, supervisó en octubre de 2015 la importación de 15 toneladas de haschich. Qué cada cual saque sus conclusiones sobre el objetivo: controlar el tráfico mediante una fracción considerable del consumo total anual (es la defensa del comisario) o bien, cómo en el caso del cuartel de la Guardia civil de Intxaurrondo, quebrar la lucha de clase en los barrios proletarios? (que se lo cuenten a los Chinos de hoy con su recuerdo de las guerras del Opio...)
Habitualmente el narcótrafico es asunto de delincuentes y basta: la culpa la tiene el enemigo del interior o de abajo, nunca el enemigo de arriba.
Es bien conocida la introducción de droga por la policia en los ghettos de USA a finales de los años 1960. Fue una de las artimañas para reventar la lucha de clases entonces y tratar de impedir su posible rebrote/organización.
Por otra parte está la represión del informante. Cuando su investigación consigue subir los peldaños de la responsabilidad estatal, el periodista ya no pertenece al cuarto poder y también se vuelve presa.
Cuándo la CIA llenó de drogas los barrios pobres de Los Ángeles (o la mala suerte de Gary Webb)
Ocho años antes, cuando trabajaba para el diario San José Mercury News en su formato digital, evidenció en una saga de artículos cómo la CIA en la década de 1980 vendió toneladas de crack en los barrios pobres de Los Ángeles, principalmente entre la población negra, y utilizó el dinero para sufragar las guerra de la Contra nicaragüense que trataba entonces de derrotar al gobierno sandinista en Nicaragua.
En los materiales reveló por primera vez cómo el flujo de cocaína se
originaba en las bases del ejército salvadoreño por aviones de ese país
hacia aeropuertos militares estadounidenses, donde era desembarcada bajo
protección oficial para ser repartidas a las organizaciones de
traficantes controladas por los servicios de inteligencia locales.
La serie documentó que jefes de la contra nicaragüense organizaron una red de traficantes en Los Ángeles y distribuyeron toneladas de cocaína a dos pandillas denominadas los crips y los bloods por medio del mencionado Ricky Ross. La cocaína era procesada y se le adicionaban sustancias químicas que incrementaban el volumen de venta y la nocividad al convertirse en crack. Mientras, la CIA y DEA miraban al otro lado.
La CIA respondió con una campaña total de descrédito contra Webb al reproducir la matriz de que sus investigaciones se basaban en pistas erróneas y teorías conspirativas sin objetividad. Los mayores órganos de prensa se sumaron a la maniobra principalmente el New York Times y el Miami Herald.
En una entrevista en 1997 le preguntaron a Webb las causas de su decisión de correr los riegos por su actitud de publicitar las acciones encubiertas de la CIA con el narcotráfico y respondió:
“Porque es la verdad. Eso es lo fundamental. Uno se dedica a una carrera periodística precisamente por esa razón . Si estuviera errado, lo admitiría, pero no lo estoy. La gente tiene que enterarse de estos hechos, no solo para entender lo que pasó, sino también porque hay que pedir cuentas . Se han cometido crímenes . Hay mucha gente presa por el tráfico de cocaína. Esta operación trajo miles y miles de kilos de cocaína a los Estados Unidos, a los ghettos. Y hasta la fecha no se ha pedido cuentas a nadie, los únicos que han pagado el precio son los que viven en esos barrios”.
Tuvo que abandonar San José Mercury News en 1997 y no consiguió trabajo en ningún medio importante, pero en 1999 retomó el tema y publicó un libro titulado Dark Alliance: The CIA, the Contras, and the Crack Cocaine Explosion (Alianza oscura: La CIA, los contras y la explosión de la cocaína crack) que renovó sus denuncias con impacto en la opinión pública mundial.
El tema motivó un informe del Inspector General de la CIA acerca del tráfico de droga realizado en la que exoneraba a la Agencia, pero la Cámara de Representantes estudió el tema bajo la dirección de Porter Goss, jefe del Comité de Inteligencia, quien determinó en una corta audiencia que las alegaciones eran “falsas”. Posteriormente, en 2005 Goss fue nombrado Director de la CIA por la administración Bush.
Poco antes de morir a los 49 años, Webb le comentó a un amigo que era vigilado y una noche sorprendió a varios individuos huyendo por las cañerías externas de su domicilio con gran rapidez, sin que le robaran nada en el apartamento, por lo cual consideró eran agentes oficiales con el fin de registrar su computadora. En el momento de su muerte Webb se encontraba preparando una nueva investigación sobre la conexión narcotráfico CIA. Eso selló su trágico destino.
mardi 2 juillet 2024
"Défense inconditionnelle", Internationale situationniste, nº 6, août 1961
LA CRISE de la jeunesse, dans tous les pays modernes, est devenue un sujet de préoccupation officiel qui, à lui seul, mènerait le plus crédule à douter des chances de la société de la consommation dans sa tentative d’intégrer les gens. Dans le cas limite de la formation des bandes d’adolescents, il est facile de vérifier sur les cartes leur correspondance avec les emplacements des « grands ensembles » de logements, surtout dans des pays relativement retardataires comme la France ou l’Italie, où l’accès aux conditions de vie du capitalisme moderne, moins sensible, se trouve très nettement ressenti dès lors qu’il est multiplié par le facteur particulier du nouveau type d’habitat. Les bandes se constituent à partir du terrain vague, qui est le dernier point de fuite existant dans le « territoire aménagé », et que l’on peut considérer comme une représentation sommaire, à un stade primitif démuni de tout, de ces zones vides de l’occupation qui sont désignées dans notre programme d’urbanisme unitaire par un détournement de l’idée de « trou positif » en physique.
Plus profondément, et même en dehors du phénomène extrême des bandes, on assiste à l’échec total de l’encadrement de la jeunesse par la société. L’encadrement familial s’effondre heureusement, avec les raisons de vivre admises autrefois, avec la disparition du minimum de conventions communes entre les gens, et à plus forte raison entre les générations — les générations des aînés participant encore de fragments d’illusions passées, et surtout étant endormies par la routine du travail, les « responsabilités » acceptées, les habitudes qui se ramènent toutes à l’habitude de ne plus rien attendre de la vie. On peut considérer les bandes actuelles comme le produit d’un nouveau genre de dislocation des familles dans la paix et le haut statut de consommation ; en comparaison des bandes d’enfants errants de la guerre civile russe formées à partir de la destruction physique des parents, et de la famine. L’encadrement politique est réduit à presque rien, suivant le sort des formations de la politique traditionnelle. Un document sur la jeunesse, établi cette année à propos d’une Conférence Étudiante du P.S.U. constate qu’en France « l’époque où les mouvements de jeunes entraînaient derrière eux la masse de la jeunesse est bien révolue : il y a moins de 10 % des jeunes dans les mouvements, et ces 10 % font en majorité partie d’organisations plus ou moins ouvertement confessionnelles ». En effet, c’est naturellement dans la très faible part de la jeunesse encore soumise aux conformisme les plus rétrogrades, qui sont aussi les plus cohérents, que subsistent le maximum de possibilités de recrutement pour les éducateurs de toutes sortes. Ainsi, en Angleterre, le succès de snobisme de clubs de « Jeunesses Conservatrices » a troublé les bureaucrates travaillistes, qui s’emploient désormais à organiser des bals, sur le même modèle, avec le chic Labour. Il va de soit que la grosse artillerie de l’encadrement proprement culturel a fait long feu : le moment où l’augmentation constante de la scolarité mène la majorité de la jeunesse à accéder à une certaine dose de culture est aussi le moment où cette culture ne croit plus en elle-même ; ne dupe et n’intéresse plus personne.
La société de la consommation et du temps libre est vécue comme une société du temps vide, comme consommation du vide. La violence qu’elle a produite, et qui entraîne déjà la police de nombreuses villes américaines à instituer un couvre-feu pour les moins de dix-huit ans, met si radicalement en cause l’usage de la vie qu’elle ne pourra être reconnue, défendue et sauvée, que par un mouvement révolutionnaire apportant explicitement un programme de revendications concernant cet usage de la vie dans tous ses aspects.
Il va devenir toujours plus difficile de dissimuler la redoutable réalité de la jeunesse derrière les pauvres équipes d’acteurs professionnels qui représentent sur la scène de la culture, la parodie expurgée de cette crise, sous les noms de « beatniks », « angry young men » ou, plus édulcoré encore, « nouvelle vague ». Ce qui était il y a seuleument dix ans le propre d’une « avant-garde », qui indignait tant les braves gens à Saint-Germain-des-Prés par exemple (mais alors ce n’était pas encore assez nettement dégagé de l’ancienne bohême artistique, c’étaient des anti-artistes qui risquaient d’être récupérés dans la culture), à présent est répandu partout. Le Journal du Dimanche du 14 mai sonne le glas de l’honnête province française, à propos de la rencontre fortuite de deux jeunes gens « transportant en pleine nuit, une lourde valise contenant plusieurs dizaines de bouteilles de vins fins volés », par une ronde de policiers, à Melun : « Les deux voleurs ont, en effet, avoués que le vin devait être consommé au cours d’une grande “surboum” dans l’appartement, la plupart du temps inoccupé, de la grand-mère de l’un d’eux. Ils ont précisé que ces surprises-parties où venaient uniquement des jeunes gens et des jeunes filles de 15 à 18 ans, étaient fort déshabillées. Ces réunions étaient même si licencieuses que huit jeunes gens et jeunes filles de la région de Melun qui y participaient ont été inculpés pour outrage aux bonnes mœurs, en même temps que pour vol et complicité. Trois jeunes gens, un garçon de 15 ans, une fille et un garçon âgés chacun de 17 ans, ont été écroués. Les cinq autres inculpés ont été laissés en liberté provisoire. »
Il est clair que les situationnistes soutiennent le refus global du petit éventail des conduites licites. L’I.S. s’est formée, largement, sur une expérience très poussée du vide de la vie quotidienne et la recherche d’un dépassement. Elle ne saurait dévier de cette ligne, et c’est en quoi tout succès officiel (au sens très large de ce mot : tout succès dans les mécanismes dominants de la culture) que rencontreraient ses thèses ou tel de ses membres devrait être considéré comme extrêmement suspect. Tout l’appareil de l’information et des sanctions étant aux mains de nos ennemis, la clandestinité du vécu, ce qui est aux conditions actuelles appelé scandale, n’est mise en lumière que dans certains détails de sa répression. L’I.S. se propose de lancer contre ce monde des scandales plus violents et plus complets, à partir de la liberté clandestine qui s’affirme un peu partout sous le pompeux édifice social du temps mort, malgré toutes les polices du vide climatisé. Nous connaissons la suite possible. L’ordre règne et ne gouverne pas.

