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mardi 26 mai 2026

Las Haciendas Jesuíticas en la Nueva España / México

Los primeros quince jesuitas llegaron de España a la Ciudad de México, el 28 de septiembre de 1572, con Pedro Sánchez como Provincial.

La Compañía de Jesús, apenas nacida en la Iglesia en 1540, ofreció a la Nueva España un gran aporte en la educación y formación humanística de la juventud.

La Provincia Jesuítica de México llegó a contar con 122 haciendas, cuyos productos se destinaban al sostenimiento de sus colegios, misiones y obras pías.

Las haciendas todavía conservan secciones de la casa grande, despacho, tienda de raya, bodegas, macheros para animales y su templo o capilla y son parte importante del patrimonio cultural y arquitectónico de México.

 


 Sobre datos de los años de construcción de algunas Haciendas, consultar el Diccionario de la Compañía de Jesús, abarca la historia en varios tomos y en orden alfabético.
Hay dos tomos sobre las Haciendas de México, texto de Ricardo Rendón Garcini, son dos grandes volúmenes. El primer tomo tiene todas las haciendas clasificadas por el producto que producen, allí se puede buscar. El segundo es sobre la Vida cotidiana.
Como referentes, la Universidad Iberoamaericana, el ITESO en Guadalajara y en Puebla la Biblioteca Lafragua son entidades que estudian los origenes de la Compañía con seriedad.

mardi 21 avril 2026

Civilisation gréco-latine : Haaretz découvre les rois-philosophes en Iran

Ali Larijani a été tué dans un bombardement israélien le 17 mars 2026 à Téhéran, en compagnie de son fils, Morteza, de son adjoint, Alireza Bayat, ainsi que de plusieurs membres de sa garde rapprochée. Trois jours après la publication de cet article. Il aurait été trop enclin à trouver une solution négociée au conflit au goût de l'armée la plus morale du monde.

 Source secondaire https://www.les-crises.fr/un-dirigeant-impitoyable-un-brillant-philosophe-qui-etait-ali-larijani-l-homme-le-plus-puissant-d-iran/

Source primaire Haaretz, Gi’don Lev 14-03-2026
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises 

Un dirigeant impitoyable, un brillant philosophe : qui était Ali Larijani, l’homme le plus puissant d’Iran ? Il a orchestré le massacre des manifestants en Iran. C’était également un philosophe qui a écrit des ouvrages sur Kant. Les écrits d’Ali Larijani, le plus haut responsable de la sécurité de la République islamique, révèlent une personnalité insaisissable et aux multiples facettes.

Ali Larijani

En juin 2009, des émeutes ont éclaté à l’université de Téhéran pour protester contre les résultats truqués de l’élection présidentielle qui s’était tenue au milieu du mois. Au moins 12 personnes ont été tuées. Ali Larijani, alors président du Parlement iranien, a immédiatement condamné la violence des forces de sécurité à l’encontre des étudiants. Il s’est même rendu sur plusieurs des sites où des étudiants avaient été attaqués et s’est interrogé sur la manière dont des jeunes avaient pu être agressés dans leurs dortoirs au milieu de la nuit. Il a déclaré que la loi devait être respectée et que le ministre de l’Intérieur devait assumer la responsabilité de ces événements.

Dix-sept ans plus tard. Lorsque des troubles ont éclaté en Iran en janvier, menaçant le régime peut-être plus que tout autre événement, l’ayatollah Ali Khamenei a contourné l’autorité du président et s’est tourné vers Larijani, alors à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale. Cette fois-ci, aucune hésitation.

Larijani est largement considéré comme l’architecte du succès de la répression brutale menée cette année, mise en œuvre avec une efficacité impitoyable. Selon diverses estimations, entre 7 000 et 36 500 civils ont été tués, ce qui a conduit les États-Unis à lui imposer des sanctions personnelles. Larijani a rejeté la responsabilité sur les manifestants eux-mêmes, affirmant qu’ils étaient des terroristes agissant sur les ordres d’Israël.

Après l’assassinat de Khamenei lors des frappes israélo-américaines au début de la guerre, Larijani est largement considéré comme l’homme le plus puissant d’Iran, celui qui détient l’autorité suprême en matière de sécurité nationale et de politique étrangère. Il n’a pas été choisi pour succéder au Guide suprême, non seulement parce qu’il n’est pas son fils, mais aussi parce qu’il n’est pas un religieux, condition indispensable pour occuper ce poste. Pourtant, c’est lui qui devrait guider le nouveau guide à chaque étape, alors que ce dernier prend ses fonctions dans une période particulièrement complexe.

Larijani affiche un parcours presque incroyable. En quarante ans, il a gravi les échelons pour occuper des postes clés dans tous les centres de pouvoir de la République islamique. Il a été officier supérieur des Gardiens de la révolution, ministre de la Culture, responsable de la propagande, président du Parlement, candidat à la présidence et, depuis l’année dernière, secrétaire du Conseil de sécurité (fonction qu’il avait déjà occupée il y a quelques années). Il incarne à lui seul l’essence même du régime iranien.

Larijani peut sembler n’être qu’un rouage impitoyable de plus dans la machine, du genre de ceux que les régimes sombres produisent à la chaîne. Mais il n’est pas seulement cela. Même s’il a occupé des fonctions gouvernementales pendant des décennies, il n’a jamais renoncé à ce qui semble être sa plus grande passion : la philosophie. Ce politicien au sang-froid est également philosophe, maître de conférences en philosophie à l’université de Téhéran et spécialiste de la pensée de Kant sur les mathématiques et les sciences ; il a écrit pas moins de six ouvrages de philosophie et de nombreux articles.

J’ai passé cette dernière semaine alors que la guerre fait rage, plongé dans les écrits de Larijani, autant que faire se peut, étant donné que l’Internet iranien était en grande partie coupé, les sites universitaires et même le site personnel de Larijani étant bloqués. J’ai découvert un esprit brillant qui parvient à concilier, comme peu d’autres, une vie contemplative et une vie d’action, ce qui n’est pas une mince affaire. Dans ses écrits, Larijani tente de défendre les prémisses fondamentales de sa vision religieuse extrême du monde en utilisant les règles de la philosophie occidentale, et il avance souvent des arguments qui invitent véritablement à la réflexion.

La lecture de son œuvre est une expérience déconcertante. D’un côté, se dessine le portrait d’un homme pragmatique qui n’hésite pas à adresser des critiques acerbes aux autorités de son pays, qui aspire à une société moderne et développée, et qui s’exprime dans des écrits portant sur la liberté d’expression et la démocratie. De l’autre, se détache clairement la figure d’un musulman « fondamentaliste », comme il se définit lui-même, qui prône la primauté de l’idéologie religieuse.

Larijani estime que la véritable guerre ne porte pas sur les biens matériels, mais sur l’esprit. Il met en lumière les maux du monde occidental et leur tend un miroir, un miroir qui peut parfois nous mettre au défi, et qui suscite parfois un profond dégoût.

Ali Larijani, âgé de 67 ans, est issu d’une famille qui a été décrite comme l’équivalent iranien de la famille Kennedy. Son père était un haut dignitaire chiite. Son frère aîné, le Dr Mohammad Javad Larijani, a été un proche conseiller de Khamenei en matière d’affaires étrangères. Mohammad Javad a étudié les mathématiques à l’université de Californie à Berkeley, a fondé un centre de physique théorique en Iran et a été le premier à obtenir l’autorisation d’introduire Internet dans son pays. Son deuxième frère, Sadiq Larijani, dirige le système judiciaire iranien depuis une décennie et occupe depuis 2018 le poste de président du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, un puissant organe gouvernemental. Le plus jeune frère, Bagher Larijani, a précédemment occupé les fonctions de vice-ministre de la Santé et de recteur de l’Université des sciences médicales de Téhéran. Ali Larijani lui-même a épousé Farideh, fille du disciple le plus proche de l’ayatollah Ruhollah Khomeini, Morteza Motahhari, l’un des principaux idéologues de la Révolution islamique.

« On voit l’empreinte de cette famille dans le système judiciaire, en politique et dans le domaine des sciences », explique à Haaretz le professeur Mehrzad Boroujerdi, spécialiste de l’Iran à l’Université des sciences et technologies du Missouri.

Il est intéressant de constater que les « Kennedy » iraniens ont tous un profil d’intellectuels. Même Sadiq, qui est un religieux, est diplômé en philosophie occidentale ; il a écrit des ouvrages sur la philosophie du langage, la philosophie morale et la philosophie analytique, et a traduit des travaux des philosophes Karl Popper et Geoffrey Warnock.

Ali Larijani a obtenu une licence en mathématiques et en informatique à l’Université technologique de Sharif, l’établissement le plus réputé dans ce domaine en Iran. Il s’est ensuite réorienté vers des études en master et doctorat de philosophie, et a consacré sa thèse à la philosophie des mathématiques d’Emmanuel Kant. Il a par la suite publié trois ouvrages sur Kant, ainsi que des livres sur la philosophie politique et la gouvernance, sans compter de nombreux articles universitaires parus dans des revues persanes.

Le choix de Kant par Larijani peut être examiné à la lumière du choc des civilisations dont est issu le dirigeant iranien. En 1979, pour la première fois dans la période moderne, une théocratie, système de gouvernement fondé sur les lois religieuses, a vu le jour. Les partisans de la révolution ont cherché à présenter l’islam comme une idéologie à part entière, à même d’offrir une alternative philosophique viable au monde moderne, et de nombreux intellectuels ont joué un rôle central pour définir la vision du monde de la République islamique.

Selon cette vision, la civilisation occidentale avait atteint son point de rupture, et était aux prises avec des problèmes tels que l’aliénation et la solitude. La seule solution, selon cette vision, consistait à abandonner l’égoïsme et l’humanisme occidentaux, à renoncer à son scepticisme et à déraciner l’arbre « pourri » de la modernité elle-même.

La tension entre ces deux facettes de sa vision du monde a accompagné Larijani tout au long de sa vie : d’un côté, c’est un pragmatique qui reconnaît l’importance de la science, de la technologie et de l’économie, et qui aspire à une société moderne ; de l’autre, c’est un fondamentaliste.

« L’Iran n’est pas seulement un État caricatural dirigé par les ayatollahs », explique Boroujerdi. « On y mène des débats approfondis sur des sujets intellectuels. Les Iraniens s’efforcent de comprendre la place de la tradition et ce qu’ils peuvent apprendre de l’Occident. Les diplômés universitaires sont tenus de lire les textes fondamentaux de la philosophie occidentale. »

« En Iran, on considère qu’il faut connaître la philosophie occidentale pour comprendre et faire progresser la philosophie islamique », explique le professeur, ajoutant que même le chef de la révolution de 1979, « Khomeini lui-même, a étudié Platon et Aristote. Sa conception du chef religieux est une variante du roi-philosophe de Platon. »

Pour autant, la décision de Larijani de centrer ses recherches spécifiquement sur Kant ne va pas de soi. La pensée critique de Kant est annonciatrice des Lumières, et sa philosophie est associée à la laïcité et s’oppose clairement au fondamentalisme. Kant est le philosophe le plus important du mouvement auquel s’est opposée la Révolution islamique. Larijani a choisi de se pencher sur son œuvre et d’obtenir en quelque sorte son aval.

« Larijani a suivi une formation de mathématicien, et chez Kant, il existe un lien entre les mathématiques, la morale et la théologie », explique Ofra Rechter, du département de philosophie de l’université de Tel Aviv. « Seuls quelques chercheurs ont abordé ce lien. Dans l’un de ses premiers textes, qui n’intéresse que les philosophes des mathématiques, Kant a répondu à la question de savoir si la certitude en théologie est possible au même titre qu’en mathématiques. Il a soutenu que oui. »

Un exemple intéressant du travail de Larijani est un article dans lequel il s’interroge sur la nature de la démonstration mathématique : qu’est-ce qui fait qu’une suite d’arguments constitue une « démonstration », et quel est le lien entre l’intuition et la démonstration mathématique dans la philosophie de Kant ?

« Dans son article, Larijani cherche à montrer que la différence entre un argument philosophique et une démonstration mathématique ne réside pas dans l’argument lui-même, mais dans les hypothèses, c’est-à-dire dans les axiomes à partir desquels on procède », explique le Dr Rechter. « Il prend part à un débat d’interprétation et franchit une nouvelle étape. Il part d’une affirmation communément admise et tente de démontrer qu’il en découle l’affirmation que les chercheurs qui la défendent souhaitent rejeter, à savoir que l’intuition joue également un rôle dans la reconnaissance des axiomes mathématiques. »

À partir de là, Larijani aborde l’une des questions centrales de la philosophie des sciences, connue sous le nom de « problème de la démarcation », dans le but de clarifier quelle devrait être la relation appropriée entre les institutions religieuses et la recherche universitaire. Ce problème trouve son origine dans la difficulté de distinguer sans ambiguïté les théories scientifiques des théories non scientifiques, y compris dans le cas de certaines descriptions religieuses qui, selon les philosophes, devraient être soumises à la critique scientifique. La solution acceptée étant que seules les affirmations fondées sur l’observation empirique sont scientifiques, et que par conséquent les affirmations métaphysiques (celles qui traitent de la nature de la réalité, de l’existence de Dieu et du lien entre le corps et l’âme) sont intrinsèquement des absurdités dénuées de sens. Le philosophe autrichien de renom Karl Popper a proposé une autre réponse : le critère permettant de déterminer le statut scientifique d’une théorie réside dans sa capacité à pouvoir être vérifiée, mais aussi réfutée.

Larijani s’est penché sur le « principe de réfutation » de Popper. Selon lui, ce principe n’implique pas que les théories non réfutables soient dénuées de sens. « La question posée par Popper n’était pas “Pourquoi y a-t-il un sens ou une importance ?” ni “Qu’est-ce qui est vrai ou acceptable ?” », a déclaré Larijani lors d’une de ses conférences, « mais plutôt de tracer la ligne de démarcation entre les systèmes théoriques des sciences empiriques et tous les autres systèmes. »

Selon Larijani, la métaphysique, tout comme la science, exprime à sa manière la quête humaine de la vérité. Il s’agit simplement de vérités relevant d’autres domaines. « L’accent mis sur le problème de la démarcation et sur la théorie de la méthode de Kant permet à Larijani de tenter de réconcilier les institutions religieuses et les universités, et ainsi de soustraire l’enseignement supérieur à l’emprise des institutions religieuses centralisées en Iran », explique Rechter. « En s’intéressant à la méthode de Kant et grâce à des recherches pointues et non dogmatiques, Larijani parvient à reprendre certains aspects complexes de la pensée de Kant et à les mettre au service d’une rhétorique qu’il pousse plus loin que ne le souhaitaient les religieux. « Il établit un lien entre les aspects les plus profonds et les plus abstraits de la philosophie de Kant d’une part, et les besoins les plus concrets de l’État d’autre part, afin, d’une part, de permettre la pérennité du monde religieux islamiste tel qu’il est, et, d’autre part, de freiner la centralisation de cette pensée religieuse. Les séminaires religieux enseigneront la religion, et les universités enseigneront ce qu’elles enseignent, et il y aura de l’humilité entre les différentes approches – c’est la seule façon pour que toutes puissent s’épanouir. »

Dans l’un de ses discours, Larijani a abordé sans détour la tension entre religion et science. La possibilité de réconcilier les deux ne réside pas, a-t-il déclaré, dans la recherche de points communs, mais dans la reconnaissance du fait que la vérité revêt de multiples facettes, comme le révèlent les recherches menées dans différents domaines. « C’est pourquoi nous devons reconnaître humblement le travail des autres, en comprenant que chaque domaine révèle une partie de la vérité. Et lorsque nous menons une recherche dans un domaine particulier de la vérité, nous ne devons pas transposer nos conclusions à d’autres domaines. Bon nombre de controverses naissent du fait que des conclusions propres à un domaine particulier s’immiscent dans d’autres domaines, sans toutefois respecter la méthodologie propre à ces derniers ».

La science et la religion relèvent peut-être de deux domaines de recherche distincts, mais elles s’opposent aussi. Et lorsqu’il y a conflit, le choix de Larijani est clair.

Larijani commence sa vie active dans le Corps des Gardiens de la Révolution dans les années 1980, pendant la guerre Iran-Irak, et a gravi les échelons au fil des ans jusqu’au grade de général de brigade. Il a également travaillé au centre de recherche de l’organisation, et il s’est alors attaché à élaborer un cadre théorique pour la doctrine du « Velayat-e Faqih » (tutelle du juriste islamique), qui constitue le pilier de la structure politique iranienne.

À partir de là, son ascension vers les plus hautes sphères du régime a été fulgurante. En 1992, il a été nommé ministre de la Culture, en remplacement du réformiste Mohammad Khatami. Larijani a occupé ce poste pendant deux ans, période durant laquelle il a renforcé la censure dans tous les domaines culturels du pays. Au cours de son mandat, des tentatives ont même été faites pour supprimer ou modifier des passages d’œuvres littéraires classiques iraniennes, sous prétexte qu’ils étaient provocateurs ou inappropriés.

Sa réussite à ce poste lui a valu d’être nommé, en 1994, à la tête de la Radiotélévision de la République islamique d’Iran, seule autorisée à diffuser des émissions de radio et de télévision dans le pays. Pendant onze ans, Larijani a contrôlé et considérablement développé la machine de propagande iranienne ; il a ouvert six stations de radio et cinq chaînes de télévision (seules deux chaînes existaient avant son arrivée au pouvoir). Parallèlement, il a réduit la diffusion de programmes étrangers et renforcé l’emprise du régime sur les émissions produites localement.

La philosophie de Kant est associée à la laïcité et s’oppose clairement au fondamentalisme. Il est le philosophe le plus éminent au sein du courant auquel s’est opposée la Révolution islamique. Larijani a choisi de s’en inspirer et d’obtenir en quelque sorte son aval.

On peut discerner sa manière de penser dans la façon dont il dirigeait l’appareil de propagande. Il affirmait, à juste titre, que les médias et l’art reposaient sur un fondement philosophique, façonné par leurs présupposés métaphysiques. « Si l’on examine la perspective occidentale à partir du XIXe siècle, on voit émerger une perspective entièrement centrée sur l’humanité », a-t-il déclaré un jour. « Tout dans le monde doit être organisé de manière à ce que les êtres humains puissent vivre heureux, et toute contrainte imposée aux êtres humains n’existe que pour prévenir tout préjudice. C’est ce type de pensée qui se reflète également à la télévision et au cinéma. »

Larijani a voulu modeler les médias iraniens selon les principes intellectuels de la République islamique. Selon lui, la seule raison d’être de l’art est de servir d’outil dans la quête de la vérité : « Les êtres humains existent pour découvrir la vérité. L’art fait appel à l’émotion et à la sensibilité, mais pas de manière arbitraire. L’art doit tendre vers la transcendance. » Il a également souligné la qualité des œuvres iraniennes. « Je ne veux pas généraliser, il existe aussi des œuvres majeures en Occident, mais généralement pas dans une telle mesure. À Hollywood, seule une petite fraction des films peut être considérée comme des oeuvres majeures. Les œuvres iraniennes se distinguent par leur orientation spirituelle et intellectuelle. »

Il avait également conscience du pouvoir de la culture et des médias pour faire évoluer la conscience collective. « La transformation culturelle obéit à sa propre méthodologie », faisait-il remarquer. « Les croyances doivent changer, et les êtres humains doivent modifier leur comportement, de leur plein gré. Le changement culturel ne peut être imposé par une pression sociale rigide. Une rigidité excessive entraîne un fort rejet. Si nous sommes confrontés à des problèmes sociaux et culturels, c’est par des moyens culturels qu’il faut les résoudre. »

Selon le magazine en ligne « Tehran Bureau », sous la direction de Larijani, l’autorité nationale de l’audiovisuel a consolidé la mainmise des extrémistes sur d’importantes institutions de l’État. Il a par exemple lancé une émission de télévision intitulée « Hoviyat » (« Identité »), dans laquelle les intellectuels progressistes et les détracteurs de la République islamique étaient violemment attaqués. Cette émission servait souvent de tribune pour poursuivre et emprisonner les opposants au régime. De plus, Larijani a fondé un quotidien qui s’en prenait aux réformistes.

Bien avant l’ère de l’intelligence artificielle, Larijani s’était déjà spécialisé dans les fausses informations. En 1997, il a donné son feu vert à la production d’un film qui montrait prétendument des partisans du réformiste Khatami, alors candidat à la présidence, en train de danser et de chanter le jour de l’assassinat de l’imam Hussein, la figure la plus sacrée d’Iran. Ces images étaient fausses.

Après avoir dirigé pendant plus d’une décennie le département de la propagande, Larijani a continué d’exercer les fonctions de conseiller personnel de Khamenei et de secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale, postes qu’il a occupés jusqu’en 2007 (il a repris cette dernière fonction en août dernier). Le Conseil est chargé de définir la politique de défense et de sécurité nationale, ainsi que de superviser les négociations relatives au programme nucléaire iranien. Larijani a donc été le négociateur en chef pour le programme nucléaire iranien et a joué un rôle clé dans l’élaboration de la position de l’Iran sur l’accord nucléaire de 2015. Il a fait preuve d’une approche pragmatique, soutenant la diplomatie pour réduire les sanctions, mais sans compromettre la sécurité de l’Iran.

En 2005, Larijani s’est présenté à l’élection présidentielle, mais a été battu par Mahmoud Ahmadinejad. Dans le cadre de sa campagne, Larijani a critiqué la direction réformiste dirigée par Khatami, affirmant qu’elle avait négligé l’économie. « Soixante-quinze pour cent des revendications du peuple iranien sont d’ordre économique », a-t-il déclaré. « Seuls 5 % sont d’ordre culturel ou politique. »

Jack Straw, ancien ministre britannique des Affaires étrangères, a rencontré Larijani et Ahmadinejad en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à cette époque. Il se souvient de Larijani comme d’une personnalité plus raffinée que le président. Alors qu’Ahmadinejad portait des vêtements datant du début des années 1980, Larijani est arrivé vêtu d’un polo Ralph Lauren soigneusement repassé, a écrit Straw dans ses mémoires.

Dans l’ouvrage qu’il a publié la même année, « Alliance avec le peuple », Larijani a proposé « un nouvel Iran, un Iran qui cherche à mettre fin à une ère d’arriération et à réussir une renaissance scientifique et technologique, qui irait de pair avec une augmentation de la richesse nationale. C’est pourquoi l’économie doit devenir la priorité absolue à l’heure actuelle. » Il présente un plan de transformation menant à un « État moderne » et se concentre sur des questions telles que le progrès scientifique et technologique, la réforme religieuse, la lutte contre la corruption économique au sein des entités étatiques, s’attaquant à la fuite des cerveaux, mais également s’assurant de la « préservation de l’identité nationale iranienne dans le processus de mondialisation ».

La tension entre ces deux facettes de sa vision du monde a accompagné Larijani tout au long de sa vie : d’un côté, c’est un pragmatique qui reconnaît l’importance de la science, de la technologie et de l’économie, et qui aspire à une société moderne ; de l’autre, c’est un fondamentaliste.

Cette tension, soit dit en passant, se manifeste également au sein de sa famille. L’une de ses filles, médecin et chercheuse en cancérologie aux États-Unis, a publié une soixantaine d’articles dans des revues scientifiques ; elle a récemment été licenciée de son poste à l’université Emory en raison de l’influence considérable de son père en Iran. Il est donc évident que Larijani a élevé sa fille dans un esprit d’indépendance et de réussite personnelle. Mais lors d’une rare interview, son épouse Farideh a évoqué le point de vue de son mari sur la condition des femmes. Selon elle, même si Larijani estime que, certes les femmes peuvent parfois assumer certaines fonctions clés bien mieux que les hommes, en raison de leurs responsabilités liées à la gestion du foyer et à l’éducation des enfants, il est selon lui préférable qu’elles n’occupent pas de fonctions en dehors du foyer.

Dans ses propos sur la liberté humaine, Larijani a naturellement affirmé que tous les êtres humains, du simple fait d’être humains, ont droit à la liberté. « La nature humaine est telle qu’il faut être libre de penser. Par conséquent, la liberté de pensée est un droit. »

Mais voici que vient un grand « mais », qui revient en fait à légitimer le concept d’une police de la pensée. Sa thèse est simple : tout comme dans l’apprentissage, tout doit reposer sur un ordre logique, et par conséquent, toute pensée dépourvue de cohérence logique doit être rejetée et ne pas être diffusée dans la société, il en va de même pour l’éthique. « Tout ce qui peut élever spirituellement la société devrait jouir de liberté dans son domaine et englober une variété de goûts et d’inclinations », a déclaré Larijani, « tandis que tout ce qui conduit à la dégradation sociale devrait être considéré comme dépassant les limites de la liberté spirituelle. » Qui décide de ce qui conduit à l’élévation et de ce qui conduit à la dégradation ? Larijani, bien sûr.

Il a tenu des propos similaires au sujet de la démocratie. « La démocratie n’est peut-être pas toujours la méthode idéale, mais c’est celle qui est la plus largement acceptée. C’est une voie méthodologique, une approche pragmatique pour guider la société vers la réussite. Une société réussit d’autant mieux lorsque son gouvernement bénéficie d’une large adhésion de la part de ses citoyens. Mais tout comme la liberté spirituelle de pensée a besoin d’un cadre, il en va de même pour la démocratie. Que signifie ce cadre ? C’est un cadre qui mène à un objectif, et cet objectif est le bien-être de la nation. »

C’est là que le raisonnement s’aventure dans des domaines métaphysiques qu’un libéral aurait beaucoup de mal à accepter. Dans la pensée métaphysique libérale, la société en tant que telle est dépourvue de tout caractère absolu : elle n’est qu’un ensemble d’individus liés par un contrat social. Le point de vue de Larijani est différent. Selon lui : « La société possède une identité existentielle distincte de celle de l’individu. Autrement dit, l’entrelacement des esprits des individus au sein d’une nation crée une âme collective indépendante. Si nous reconnaissons cette identité indépendante, nous devons également reconnaître ses droits. Selon la pensée islamique, cette âme collective poursuit un objectif : elle aspire à la prospérité et à la rédemption. »

Si tel est le cas, il faut alors mettre en place des cadres destinés à orienter la démocratie vers son objectif, conformément aux principes de l’islam. En d’autres termes, « la législation de l’État n’a de sens que lorsqu’elle est conforme à ces principes et à cet objectif ».

Larijani a occupé le poste de président du Parlement iranien pendant trois mandats consécutifs, entre 2008 et 2020, une fonction qui en a également fait une figure centrale du pouvoir législatif. Au cours de son mandat, il a veillé à ce que l’accord sur le nucléaire soit approuvé par le Parlement, mais a également durci la répression à l’encontre des personnalités qui tentaient de saper le régime. La combinaison de ces deux approches lui a valu la réputation d’un conservateur pragmatique.

Sa capacité à jouer sur les deux tableaux en a fait au sein de l’Iran la figure de proue de la médiation, capable de dégager un consensus même dans les situations difficiles. Cependant, cela lui a également valu les critiques des cercles purs et durs du régime. Lorsqu’il a tenté de se présenter à la présidence à deux reprises, en 2021 et en 2024, sa candidature a été invalidée en raison d’un mode de vie jugé insuffisamment pieux. Le professeur Lior Sternfeld, spécialiste de l’Iran à l’université Penn State, affirme que « Le discours politique de Larijani ne peut être facilement classé d’un côté ou de l’autre. Ses opinions sur certaines questions penchent davantage vers le centre politique que celles de Khamenei, par exemple. »

Même s’il n’a pas pu être élu président, son pouvoir politique n’a cessé de croître. En 2021, Larijani a été chargé de superviser les négociations avec la Chine concernant un accord de coopération stratégique d’une durée de 25 ans, évalué à plusieurs milliards de dollars. Au fil des ans, il s’est rendu à plusieurs reprises à Moscou en tant qu’émissaire du Guide suprême Khamenei et y a rencontré Vladimir Poutine, contribuant ainsi au maintien de liens étroits entre les deux pays. Il a également été l’envoyé de Khamenei à Damas et à Beyrouth. Depuis 2020, il siège également au Conseil de Discernement de l’intérêt supérieur du régime, un organe puissant qui supervise le parlement et a le pouvoir d’invalider des lois et de disqualifier des candidats aux élections (il avait déjà siégé au conseil entre 1997 et 2008).

Cependant, en parallèle, Larijani continue de critiquer vivement le gouvernement, depuis l’intérieur même du système. En 2024, il a publié l’ouvrage « Sagesse et discernement dans la gouvernance », dans lequel il souligne l’importance de la pensée logique dans la prise de décision administrative et politique, formule des critiques explicites à l’égard de la structure politique et évoque même la nécessité d’une nouvelle interprétation de la Constitution de la République islamique. L’une de ses propositions consiste à créer un conseil chargé de remédier aux failles structurelles de l’État qui, selon lui, comprennent : un déclin du capital social, une faible capacité de gestion, l’érosion de la cohésion nationale et un manque d’innovation. Son approche est très pragmatique et tournée vers les solutions.

Larijani estime que, certes, les femmes peuvent parfois assumer certaines fonctions clés bien mieux que les hommes, en raison de leurs responsabilités liées à la gestion du foyer et à l’éducation des enfants, mais qu’il est préférable qu’elles n’occupent pas de fonctions en dehors du foyer.

Mais Larijani rejette la solution la plus simple aux problèmes. Dans un article publié en juin 2024, il se demande pourquoi, alors qu’il existe un modèle efficace de gestion de la société sous la forme de la civilisation occidentale, il faudrait s’efforcer de mettre en place une société religieuse, quelque chose qui, comme il le reconnaît lui-même, n’a jamais été réalisé avec succès au cours de l’histoire.

« La réponse à cette question, répond Larijani, réside au cœur même de la différence entre ces deux perspectives : la société religieuse et la civilisation occidentale. Selon cette vision, la société religieuse est orientée vers la recherche de la vérité et fonctionne de manière rationnelle, tandis que la civilisation occidentale est orientée vers la recherche du plaisir et guidée par les émotions. »

L’année dernière, dans le sillage de la recrudescence des tensions avec les États-Unis et Israël au sujet du programme nucléaire, Larijani a de nouveau été appelé à occuper le poste de secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale. Selon le Wall Street Journal, il était chargé de la réponse iranienne aux attaques israéliennes et américaines de juin dernier, ayant notamment pris la forme du lancement de centaines de missiles balistiques sur Israël.

Avec la mort de Khamenei au début de la guerre actuelle, Larijani s’est imposé comme la figure clé du régime. Il est chargé de coordonner les réponses militaires et politiques complexes à la menace qui pèse sur divers organes gouvernementaux, sans oublier les attaques contre les pays arabes voisins.

Son expérience à la tête de l’autorité nationale de l’audiovisuel lui est également utile aujourd’hui. Il publie des messages sur X et vise directement au cœur de la controverse qui agite l’opinion publique américaine. « Trump a succombé aux pitreries de Netanyahu et a entraîné le peuple américain dans une guerre injuste contre l’Iran », a-t-il écrit dans un post, ajoutant dans un autre : « Trump a trahi le slogan “America First” pour adopter celui d’“Israel First” ». Lors de ses apparitions publiques, Larijani affiche une position belliciste et promet que les États-Unis et Israël paieront un lourd tribut et « regretteront leurs agissements ». Cette semaine, il a même explicitement menacé Trump. « Le peuple iranien n’a pas peur de vos menaces », a-t-il écrit. « Prenez garde, sinon c’est vous qui serez éliminé. »

Dans son ouvrage « La République », Platon a décrit l’État idéal, une société qu’il a baptisée « Callipolis ». Selon lui, seule cette société idéale mettra fin aux « troubles des États ». Une seule chose distingue Callipolis de tous les autres États : le dirigeant de l’État est un philosophe. En d’autres termes, « le pouvoir politique et la philosophie se retrouvent ainsi entre les mêmes mains ».

Au cours de l’histoire, les exemples de tels « rois-philosophes » ont été rares. Alexandre le Grand, formé par Aristote, a accompli des exploits sans précédent, tandis que Marc Aurèle, auteur de l’œuvre immortelle « Méditations », est considéré comme l’un des meilleurs empereurs de l’histoire romaine. Frédéric le Grand, également considéré comme l’un des monarques les plus influents de l’histoire européenne et celui qui a fait de la Prusse une grande puissance, a rédigé des écrits philosophiques. Au XXe siècle, le professeur Tomáš Masaryk se distingue ; il était maître de conférences en philosophie et a été le premier président de la Tchécoslovaquie à partir de 1918. Mais à l’exception d’une poignée de cas, les philosophes ont presque entièrement quitté les cercles du pouvoir.

Et pourtant, dans le conflit actuel, il s’avère que l’un des acteurs principaux est un philosophe doté d’une grande influence politique. Il ne semble pas toutefois que l’objectif de ce philosophe soit de mettre fin aux « troubles des États », comme le disait Platon.

D’une part, il est évident que Larijani est passionné par la philosophie, qu’il est un homme réfléchi qui aspire rationnellement à une vie meilleure. Mais dans ses actes, il ressemble à une autre figure philosophique classique, non pas un roi-philosophe, mais un prince-philosophe, le type de souverain décrit par Machiavel, pour qui la valeur suprême réside dans la préservation de son pouvoir et de son règne, à tout prix.

Le philosophe Baruch Spinoza s’opposait à tout système politique reposant sur la vertu ou la sagesse d’un individu. Selon lui, un État ne devait pas dépendre de la sagesse d’une seule personne ; les institutions politiques devaient plutôt être conçues pour fonctionner efficacement même lorsque les individus agissent sous l’emprise de la passion, de la peur et de leurs intérêts personnels, et non pas uniquement en fonction de la raison. C’est pourquoi Callipolis ne repose pas sur un dirigeant brillant, mais sur des institutions et des lois qui organisent le pouvoir de manière rationnelle et garantissent un certain degré de liberté et de stabilité.

De son côté, Popper soutenait que la question importante en politique n’est pas « Qui doit gouverner ? », mais « Comment mettre en place des institutions permettant d’empêcher les dirigeants incompétents ou corrompus de causer trop de dégâts ? » L’idée du roi-philosophe s’inscrit, selon Popper, dans une tradition autoritaire de la philosophie politique. Plutôt qu’un gouvernement des sages, il mettait l’accent sur une structure démocratique impliquant la séparation des pouvoirs, le pouvoir de contrôle exercé par les citoyens et la possibilité de changer de gouvernement sans recourir à la violence.

Une structure aussi puissante que celle-là existe encore en Israël. Ses effets sont visibles dans les chiffres du PIB par rapport à l’Iran ou dans les rapports de force de la campagne militaire actuelle. Cette structure israélienne est en train d’être démantelée par des idéologues et des religieux juifs, convaincus de la justesse de leur démarche. C’est peut-être là l’élément le plus frappant dont j’ai pris conscience en lisant Larijani.

La critique que fait Larijani des fondements de la pensée occidentale, ainsi que son appel à transcender la modernité, ne doivent pas être écartées trop hâtivement et méritent d’être analysés. Mais en fin de compte, ses actes ont dépassé tout ce qui peut se justifier au nom d’une quelconque philosophie. « Larijani n’est pas le premier homme de lettres de l’histoire à être devenu un tyran brutal », déclare Sternfeld. « C’est un idéologue convaincu, et il a commis des actes meurtriers au nom de son idéologie. »

On serait tenté de voir en Larijani un héros tragique acculé au point de devoir ordonner un massacre. Mais lui-même rejetterait sans doute une telle description qui, à ses yeux, est occidentale, sentimentale et manque de courage. Il a renoncé au bien, au sens le plus profond du terme, au nom de la foi qui est la chose la plus importante dans sa vie. À l’instar d’Abraham, le père des croyants, qui était prêt à immoler son fils unique, qu’il aimait. Et pourtant, il y a un autre détail important dans cette histoire. Abraham n’a pas enfoncé le couteau. 

mercredi 15 avril 2026

¿Qué nos enseña la historia acerca de la guerra contra Irán?

 Fuente https://observatoriocrisis.com/2026/04/14/que-nos-ensena-la-historia-acerca-de-la-guerra-contra-iran/

El resultado de la guerra se puede prever fácilmente a partir de las lecciones del pasado.Parece que Estados Unidos está destinado a repetir las lecciones de Vietnam en los desiertos de Oriente Medio.

Hua Bin, analista geopolítico chino

Tras mi último artículo a mediados de marzo, en el que defendía la postura de que Irán ya había ganado , me fui de viaje con mi familia y no dediqué mucho tiempo a seguir los acontecimientos cotidianos en el Golfo Pérsico.

Parece que Trump, el matón mafioso con bronceado artificial, ha soltado un torrente de retórica desquiciada. También hubo una decepcionante demostración de armamento militar estadounidense que planeo analizar en detalle en un artículo futuro. Pero, en general, la guerra siguió un curso predecible.

Durante el viaje, leí algunos libros antiguos y vi algunas entrevistas de archivo para investigar la historia de Irán y encontrar respuestas a la pregunta de por qué la guerra se está desarrollando de esta manera y cómo el régimen estadounidense no ha aprendido de sus errores del pasado.

Los libros son Irán: 4000 años de historia (Iran une histoire de 4000 ans) de Houshang Nahavandi (ex rector de la Universidad de Shiraz y de la Universidad de Teherán) e Yves Bomati (un erudito francés de la historia de Oriente Medio);

Todos los hombres del Sha: Un golpe de Estado estadounidense y las raíces del terror en Oriente Medio, de Stephen Kinzer, periodista de investigación y perspicaz cronista de la CIA y el Estado profundo estadounidense. Entre sus otros libros se incluyen Los hermanos: John Foster Dulles, Alan Dulles y su guerra mundial secreta; Derrocamiento: El siglo de cambios de régimen en Estados Unidos, desde Hawái hasta Irak ; y El envenenador en jefe: Sidney Gottlieb y la búsqueda de control mental por parte de la CIA.

En retrospectiva: La tragedia y las lecciones de Vietnam, por Robert McNamara, exsecretario de Defensa durante la guerra de Vietnam bajo los mandatos de JFK y LBJ.

También releí *Visión estratégica * y *El gran tablero de ajedrez* de Zbigniew Brzezinski , donde analiza la importancia estratégica de Irán y su papel fundamental en el nuevo orden mundial emergente.

Brzezinski fue el exasesor de Seguridad Nacional durante el mandato de Jimmy Carter. Escribí sobre su pensamiento estratégico respecto a China, Rusia e Irán en un ensayo hace un año. https://huabinoliver.substack.com/p/zbigniew-brzezinskis-take-on-russia

Los libros y los vídeos son mucho más útiles para comprender la guerra y su trayectoria que los «expertos» ignorantes que aparecen en la televisión occidental o en las redes sociales.

El libro «El Irán de Nahavandi y Bomati : 4.000 años de historia» se publicó en 2019 en francés y se tradujo al chino.

Esta es una historia exhaustiva de Irán que busca responder a la pregunta: «¿Por qué Irán es como es hoy?».

Los dos autores emplean un enfoque de doble punto de vista que equilibra las perspectivas orientales y occidentales, creando descripciones complementarias de la historia persa a lo largo de los últimos cuatro milenios.

El libro comienza con la formación de la región política y cultural en la civilización elamita, la migración aria, el Imperio aqueménida (Ciro el Grande), la conquista de Alejandro Magno y los imperios parto y sasánida.

Describe el choque de civilizaciones con la invasión árabe y la islamización, el dominio turco y la «catástrofe» mongola, seguida por la Edad de Oro de la dinastía safávida, el establecimiento del primer estado chiíta y el gobierno del Shah Abbas.

El libro narra cómo Irán afrontó el reto de la modernización durante la dinastía Qajar y concluye con la abdicación de Reza Shah en 1941.

Irán: 4.000 años de historia recorre seis civilizaciones que se alternaron y chocaron en suelo iraní: la civilización elamita, la civilización persa (establecida por los arios, fundada por Ciro el Grande), la civilización griega (traída por la campaña oriental de Alejandro), la civilización árabe (islamización), la civilización turca (dinastías selyúcidas y otras) y la civilización mongola (gobierno de los descendientes de Genghis Kan).

El libro narra la antigua gloria de Irán durante el reinado de Ciro el Grande (siglo VI a. C.), quien fundó el primer imperio de la historia que abarcaba tres continentes (Europa, Asia y África), y la larga rivalidad del Imperio sasánida con el Imperio romano. » Roma y Persia: La rivalidad de setecientos años», de Adrian Goldsworthy , está en mi lista de lecturas pendientes.

Los puntos de inflexión de Irán se produjeron en la Edad Media con la invasión árabe del siglo VII, que dio inicio a la islamización de Irán, y la conquista mongola del siglo XIII con la campaña occidental de Hulagu Khan.

La invasión de fuerzas extranjeras causó una destrucción masiva, pero la cultura persa no fue erradicada; en cambio, «iranizó» el Islam y a los mongoles.

La dinastía safávida (siglos XVI-XVIII) estableció el primer estado chiíta, alcanzó su época dorada bajo el reinado de Shah Abbas I e hizo de Isfahán su capital. La dinastía Qajar (siglos XVIII-XX) reconstruyó el imperio.

El libro no exploró la transformación moderna de Irán después de 1941 ni abordó el derrocamiento de Mohammad Mosaddegh por la CIA y el MI6, el brutal gobierno de Reza Pahlavi, el Shah, ni la Revolución Islámica de 1979 que estableció la república teocrática que gobierna en la actualidad.

Esa parte de la historia moderna de Irán se aborda en el libro de Stephen Kinzer, Todos los hombres del Shah , al que nos referiremos en breve.

La tesis central del libro Irán: 4.000 años de historia es la tenacidad de la «identidad iraní» y la resiliencia de la civilización persa.

A pesar de las múltiples conquistas realizadas por griegos, árabes, turcos y mongoles, el pueblo persa siguió siendo el protagonista de la historia; los conquistadores, en cambio, fueron asimilados a la cultura iraní.

El libro también sostiene que la geografía determina el destino . La ubicación de Irán en el «puente terrestre euroasiático» y el «corredor aéreo este-oeste» lo convirtieron en un territorio en disputa desde la antigüedad, forjando una historia de turbulencia y resiliencia.

El libro también subraya que la interrelación entre religión y política es una característica arraigada en Irán. Desde el zoroastrismo hasta el islam chiíta, la religión siempre ha sido un factor fundamental en la política iraní, como podemos observar hoy en día.

En el contexto de los 4.000 años de historia de Irán, la agresión estadounidense  es simplemente la más reciente incursión extranjera en esta región geoestratégica.

También se trata de un extraño choque entre civilización y religión en la época moderna, un tema que la mayoría del mundo creía superado. Por un lado, la civilización persa y la fe islámica; por otro, el judaísmo sionista y los nuevos cruzados evangélicos (sionistas cristianos), representados por el secretario de Guerra estadounidense, Pete Hegseth, cubierto de tatuajes.

Como ha sucedido históricamente, los iraníes han demostrado su tradicional resistencia y fortaleza en la lucha contra los invasores extranjeros.

De hecho, el ataque de Saddam Hussein contra Irán en la década de 1980, apoyado por Estados Unidos, fue mucho más sangriento que la actual invasión estadounidense-israelí. En aquella guerra, los iraníes resistieron y prevalecieron tras sufrir grandes pérdidas.

La historia se repite.

* Una nota al margen: al hablar de la guerra entre Irán e Irak, Henry Kissinger comentó cínicamente sobre ambos bandos: «Es una lástima que ninguno de los dos pueda perder».

En «Todos los hombres del Shah» , Stephen Kinzer narra el golpe de Estado liderado por la CIA en Irán en 1953 que derrocó al primer ministro elegido democráticamente, Mohammad Mossadegh.

Este acontecimiento crucial, orquestado por Estados Unidos y el Reino Unido, puso fin al breve experimento democrático de Irán y sembró las semillas del futuro caos en Oriente Medio y de la Revolución Islámica de 1979. La guerra actual es el fruto de ese árbol envenenado.

La tensión comenzó cuando Mossadegh nacionalizó la Anglo-Iranian Oil Company (actualmente BP), que por entonces estaba controlada por Gran Bretaña. Los británicos, negándose a compartir las ganancias equitativamente, respondieron con un embargo económico y lograron convencer a Estados Unidos de que Mossadegh representaba una amenaza procomunista, lo cual no era cierto. De hecho, Mossadegh era un nacionalista moderado clásico, como Nasser o Nehru.

Bajo la dirección del agente Kermit Roosevelt, primo lejano de Franklin D. Roosevelt, la CIA y el MI6 lanzaron la Operación Ajax, que utilizó sobornos, disturbios orquestados y propaganda para crear caos, lo que finalmente condujo al arresto de Mossadegh y a la restauración de Mohammad Reza Shah en el poder.

El golpe de Estado instauró un periodo de 25 años de gobierno represivo bajo el Shah, impuesto por su policía secreta, la SAVAK. Kinzer detalla cómo esta tiranía desencadenó finalmente la Revolución de 1979, convirtiendo a Irán en un estado fundamentalista hostil a Occidente.

Kinzer describió el golpe de Estado de 1953 como el «primer golpe de Estado moderno de la CIA», que sirvió de modelo para posteriores intervenciones estadounidenses en Guatemala, Chile, Vietnam y otros lugares.

Las llamadas “revoluciones de colores”, que Occidente patrocina en todo el mundo, tienen su origen en el derrocamiento de Mossadegh. Estas “revoluciones de colores” no son más que estratagemas neocoloniales para crear vasallos y aliados de los intereses occidentales.

Kinzer traza una línea directa desde la destrucción de la democracia iraní hasta el antiamericanismo moderno, la crisis de los rehenes en Estados Unidos e incluso el auge de grupos extremistas como los talibanes.

A partir de estos dos libros, podemos deducir las raíces históricas de la estrategia bélica de Irán contra Estados Unidos e Israel.

1. La “mentalidad de asedio” y la cultura estratégica

La forma en que Irán afronta los conflictos está profundamente marcada por una «gran estrategia de resistencia» arraigada en el trauma histórico.

Esta mentalidad tiene dos fuentes históricas clave: el antiguo legado imperial y la traumática guerra Irán-Irak (1980-1988).

Como documenta el libro Irán: 4000 años de historia , Irán fue el centro de vastos imperios (aqueménida, parto, sasánida) que sufrieron repetidas invasiones de griegos, árabes, turcos y mongoles. A pesar de las conquistas, la cultura persa asimiló a los conquistadores, creando una identidad iraní resiliente que perdura hasta nuestros días.

El conflicto entre Irán e Irak, que duró ocho años y comenzó inmediatamente después de la Revolución de 1979, causó la muerte de cientos de miles de personas y consumió dos tercios de los ingresos nacionales de Irán para 1988. Esto creó una narrativa de «defensa sagrada» e institucionalizó una cultura militar centrada en la resistencia y la guerra asimétrica.

El resultado son políticas que los funcionarios iraníes describieron como «calculadas y pragmáticas», destinadas a «agotar y superar a Estados Unidos» en resistencia, en lugar de buscar victorias rápidas.

2. La Revolución de 1979 y el marco ideológico

La Revolución Islámica transformó radicalmente el comportamiento estratégico de Irán al introducir una ideología antioccidental.

La revolución de Khomeini reemplazó una monarquía prooccidental con una república teocrática que identificaba explícitamente a Estados Unidos como «el Gran Satán» y a Israel como un ocupante ilegítimo, como reacción directa a:

  • El golpe de Estado de 1953, orquestado por la CIA y los británicos, que derrocó al primer ministro Mossadegh, elegido democráticamente.
  • El apoyo de Estados Unidos al régimen autoritario del Sha y a su brutal policía secreta (SAVAK).
  • La crisis de los rehenes de 1979, que rompió las relaciones diplomáticas y dio comienzo a décadas de guerra fría.

3. La estrategia del “Eje de la Resistencia”

La experiencia histórica de Irán como civilización encrucijada (el «puente terrestre euroasiático») le enseñó que el conflicto directo con potencias superiores es un suicidio.

En cambio, Irán ha construido una red de aliados que reflejan las antiguas tradiciones diplomáticas persas, entre los que se incluyen Hezbolá en el Líbano, Hamás en Gaza, los hutíes en Yemen y las milicias chiíes en Irak y Siria. Estos aliados proporcionan a Irán un margen de maniobra y múltiples puntos de influencia contra sus adversarios.

4. Independencia estratégica

Irán ha mantenido durante mucho tiempo la doctrina de «Ni Oriente, ni Occidente». Esto refleja la posición histórica de Irán entre imperios rivales (romano/parto, británico/ruso, estadounidense/soviético).

Actualmente, Irán mantiene lazos con Rusia y China, al tiempo que conserva una postura independiente, demostrando así la continuidad de su tradición de no alineación. Este pilar estratégico podría volverse menos sostenible, ya que la reconciliación con Occidente parece, por ahora, impensable.

5. Psicología cultural del conflicto

El libro Irán: 4000 años de historia subraya que “los conquistadores fueron asimilados a la cultura iraní”. Esto crea una psicología estratégica única:

  • Visión a largo plazo: La civilización persa mide el tiempo en milenios, no en ciclos electorales. Como señaló un funcionario iraní, están preparados para sobrevivir a la hegemonía estadounidense.
  • Humillación y prestigio: El golpe de Estado de 1953 y el apoyo occidental al Shah crearon una narrativa nacional de soberanía violada que alimenta el sentimiento antiestadounidense en todas las facciones políticas.
  • Cultura del martirio: La guerra Irán-Irak institucionalizó el culto al martirio (shahada), convirtiendo el sacrificio en una herramienta estratégica legítima, visible hoy en la disposición a asumir numerosas bajas.

Zbigniew Brzezinski, un gran maestro de la estrategia imperial estadounidense en la Guerra Fría, nos ofreció algunos de los análisis más perspicaces para comprender la falacia de la guerra que Trump decidió librar contra Irán.

En su libro de 1997 , El gran tablero de ajedrez , Brzezinski identificó a Irán como uno de los «ejes geopolíticos de vital importancia» en lo que él denominó los «Balcanes euroasiáticos»: una región de vacío y atracción de poder que se extiende desde Asia Central hasta el Golfo Pérsico.

Brzezinski escribió: «Irán domina la costa oriental del Golfo Pérsico, mientras que su independencia, independientemente de la actual hostilidad iraní hacia Estados Unidos, actúa como una barrera ante cualquier amenaza rusa a largo plazo para los intereses estadounidenses en la región del Golfo Pérsico».

En 1997, Irán representaba simultáneamente una amenaza para los intereses estadounidenses y un amortiguador geopolítico contra la expansión rusa.

Brzezinski jamás imaginó que los responsables políticos estadounidenses serían tan imprudentes como para empujar a Irán hacia Rusia, lo cual contradice directamente los intereses estratégicos de Estados Unidos y va en contra de toda lógica estratégica.

Por supuesto, nunca anticipó que los intereses judíos secuestrarían por completo la política exterior estadounidense hasta el punto en que lo hacen hoy en día, mediante sobornos (donaciones políticas) y chantaje (los archivos de Epstein).

La advertencia más premonitoria de Brzezinski aparece en El gran tablero de ajedrez : «Potencialmente, el escenario más peligroso sería una gran coalición de China, Rusia y quizás Irán, una coalición «antihegemónica» unida no por la ideología sino por agravios complementarios… Evitar esta contingencia… requerirá una demostración simultánea de la habilidad geoestratégica de Estados Unidos en los perímetros occidental, oriental y meridional de Eurasia».

Treinta años después, la realidad actual es:

  • China y Rusia han formado una «alianza sin límites».
  • Irán se unió a la Organización de Cooperación de Shanghái (OCS) en 2022.
  • Los tres países realizan ejercicios navales conjuntos periódicos en el Golfo Pérsico.
  • Irán suministra drones a Rusia para la guerra de Ucrania.
  • China y Rusia proporcionan apoyo diplomático, material y de inteligencia a Irán en su guerra contra Estados Unidos e Israel.

La advertencia de Brzezinski se ha hecho realidad. Un destacado comentarista chino señaló: «La guerra de Trump contra Irán podría ser el error estratégico más estúpido de la historia estadounidense», porque acelera esta coalición antihegemónica.

En una entrevista de 2012 sobre su libro Strategic Vision en el programa de Charlie Rose, Brzezinski abordó directamente el programa nuclear de Irán:

“No hay nada en la conducta iraní que sugiera que Irán intentaría suicidarse de inmediato lanzando un ataque nuclear contra Israel o algún otro Estado de Oriente Medio… Hemos adoptado esa postura con respecto a Japón y Corea del Sur, en respuesta a una posible amenaza nuclear de Corea del Norte. Evitamos un enfrentamiento con China cuando esta estaba adquiriendo armas nucleares y logramos mantener una disuasión estable en nuestra difícil relación con la Unión Soviética.”

Defendió la disuasión por encima de la guerra preventiva, argumentando que iniciar una guerra para impedir la adquisición de armas nucleares «sin duda sumiría a la región en hostilidades prolongadas e impredecibles».

Esto contrasta marcadamente con la estrategia actual de Israel y Estados Unidos de cambio de régimen mediante asesinatos y guerras no provocadas, precisamente el tipo de escalada contra la que advirtió Brzezinski.

En su obra Visión Estratégica , Brzezinski diagnosticó el problema fundamental al que se enfrenta Estados Unidos: «Para 2025, Estados Unidos podría perder su posición como potencia dominante mundial, lo que conduciría a un sistema internacional más caótico y conflictivo». A pesar de su perspicacia, omitió prever que Estados Unidos mismo sería la fuente del caos y los conflictos globales.

En 2012, Brzezinski atribuyó el posible declive al militarismo estadounidense (guerras en Irak y Afganistán), al unilateralismo (que empeoró enormemente bajo el mandato de Trump), a la crisis financiera de 2008 y a la polarización de la política interna (que también ha empeorado enormemente desde entonces).

Señaló: «A menos que superemos las divisiones paralizantes que existen actualmente en nuestra sociedad… a Estados Unidos le resultará difícil poner orden en sus asuntos internos y desempeñar un papel constructivo en el mundo». ¡Qué premonitorio!

Irónicamente, el mayor fracaso de Brzezinski como Asesor de Seguridad Nacional (1977-1981) fue el propio Irán: la Revolución de 1979 y la crisis de los rehenes.

Esta experiencia personal justifica la cautela de Strategic Vision . La inteligencia estadounidense no logró predecir la Revolución de 1979 ni la caída del Shah, al depender de los servicios de seguridad del Shah para obtener información.

Como si se repitiera la historia, en 2026 Trump calculó mal el desarrollo de la guerra basándose en la información que le proporcionaba el Mossad. Lo más probable es que Israel también lo esté chantajeando para que entre en guerra.

Brzezinski presionó para que el Sha fuera admitido en Estados Unidos para recibir tratamiento médico, lo que desencadenó la toma de la embajada y la crisis de los rehenes.

Posteriormente, la fallida misión de rescate (Operación Garra de Águila) causó la muerte de 8 militares estadounidenses, humilló a Carter y condujo directamente a su derrota en las elecciones frente a Ronald Reagan.

Estos fracasos le enseñaron a Brzezinski que las soluciones militares a los problemas iraníes suelen ser catastróficas. Su posterior defensa del diálogo y la disuasión refleja esta valiosa lección, una lección que los responsables políticos estadounidenses ignoraron.

De hecho, las sucesivas administraciones estadounidenses desde 2012 han seguido el camino totalmente opuesto a las recomendaciones de Brzezinski:

– En lugar de disuadir, y no de prevenir la guerra, Biden apoyó el genocidio israelí en Gaza y Trump se ha sumado a los objetivos bélicos maximalistas de Israel y a sus complots de asesinato.

En lugar de impedir la alineación entre China, Rusia e Irán, las sanciones y hostilidades de Estados Unidos hacia los tres países han acercado aún más a Pekín, Moscú y Teherán, a pesar de la falta de alineamientos ideológicos más allá de la hegemonía antiestadounidense.

– En lugar de mantener la “habilidad geopolítica” en todos los frentes euroasiáticos, Estados Unidos se ha extralimitado y está provocando una confrontación en tres frentes: Ucrania, Irán y Taiwán.

En lugar de compromisos multilaterales, Estados Unidos ha seguido una política unilateral agresiva de «Estados Unidos primero» y una postura aún más arraigada de «Israel primero» en sus políticas de Oriente Medio.

En lugar de abordar la polarización interna para proyectar fortaleza, la profundización de las divisiones políticas internas ha dado lugar a aventuras exteriores erráticas.

Al final, las advertencias de Brzezinski caen en saco roto. La crisis actual confirma su profecía y sugiere que, sin un cambio de rumbo, la «visión estratégica» del declive estadounidense se convertirá en una profecía autocumplida.

Uno de los conceptos más proféticos de Brzezinski en el libro es el del “despertar político global”.

Sostiene que, por primera vez en la historia, toda la población mundial tiene conciencia política y es accesible a través de la prensa y las redes sociales.

Esto significa que las maniobras “imperiales” tradicionales (como el golpe de Estado de 1953 en Todos los hombres del Shah ) ya no son posibles porque la población local inevitablemente resistirá y se movilizará contra los imperialistas y el neocolonialismo.

Esto se observa claramente en la guerra de Irán. A pesar de las protestas masivas por las dificultades económicas y la corrupción, la población iraní se ha unido en torno a la bandera y se ha resistido a la capitulación ante los intensos bombardeos de Estados Unidos e Israel.

Brzezinski sostenía que Irán prefería un equilibrio entre Oriente y Occidente. Sin embargo, al usar la fuerza militar en 2026, Occidente obligó a Teherán a abandonar ese equilibrio y a buscar una «garantía de seguridad» de Pekín y Moscú, cumpliendo así la pesadilla de Brzezinski: un bloque euroasiático unificado y antioccidental.

Mientras Estados Unidos libra una guerra contra Irán, China sigue el guion previsto por Brzezinski: mantener un perfil bajo al tiempo que asegura contratos energéticos a largo plazo y acuerdos de seguridad en el Golfo Pérsico.

La creciente implicación de China en la infraestructura petrolera iraní (como la plataforma Alborz) es la manifestación física de la «integración euroasiática» que preocupaba a Brzezinski.

China está transformando a Irán, de un «eje geopolítico», en una «cabeza de puente china».

China también se beneficia del agotamiento estadounidense. El agotamiento del arsenal de EE. UU. debilita aún más su posición en las costas chinas.

En su libro , Brzezinski utilizó específicamente el año 2025 como punto de inflexión. Sostuvo que si para entonces Estados Unidos no había revitalizado su economía interna y corregido su «mentalidad de estado guarnición ignorante», perdería su papel como árbitro global.

Tras leer esto hoy, el conflicto actual se parece menos a una guerra localizada y más a la «lucha posterior a la caída de Estados Unidos» que predijo: un período caótico en el que potencias regionales como Irán y potencias mundiales como China ponen a prueba los cimientos en ruinas del antiguo orden mundial que favorece a Estados Unidos y sus vasallos.

La historia de la intervención occidental en Oriente Medio suele interpretarse como una serie de crisis geopolíticas inconexas. Sin embargo, al superponer el «pecado original» del golpe de Estado iraní de 1953 (tal como se detalla en Todos los hombres del Shah , de Stephen Kinzer ) con las confesiones tardías de Robert McNamara en Retrospectiva , emerge una arquitectura de fracaso inquietantemente coherente.

La admisión de McNamara en 1995 de los «terribles errores» cometidos durante la guerra de Vietnam va más allá de una simple disculpa. Ofrece un conjunto de herramientas de diagnóstico para comprender por qué las «guerras de elección» en Oriente Medio —en concreto, el creciente conflicto con Irán en 2026— parecen destinadas a seguir un camino trágico y circular.

La lección más profunda de McNamara fue la falta de empatía. En Vietnam, Estados Unidos veía a Ho Chi Minh a través del prisma rígido de la Guerra Fría, considerándolo un peón de la expansión soviética monolítica.

No supieron reconocer a Ho Chi Minh como un líder nacionalista cuyo principal motor era la independencia de su pueblo del dominio colonial y extranjero.

El paralelismo con Irán es evidente. La narrativa occidental suele catalogar a la República Islámica como una potencia expansionista puramente ideológica.

Sin embargo, a través de la perspectiva de » Todos los hombres del Shah» , vemos un país cuyo ADN estratégico fue reescrito por el derrocamiento de Mohammad Mossadegh en 1953, con el apoyo de la CIA.

Para Teherán, la resistencia moderna no es simplemente «terrorismo» o «agresión»; es una estrategia de «defensa avanzada» diseñada para evitar que se repita lo ocurrido en 1953.

Al no «empatizar con el enemigo» —una lección fundamental de McNamara—, las potencias occidentales calculan mal cómo reacciona Irán ante la presión.

Mientras que Washington ve la «disuasión» a través de sanciones y ataques aéreos, Teherán ve una amenaza existencial a la soberanía que exige una escalada en lugar de la sumisión.

Un tema central en la carrera de McNamara fue su dependencia del análisis cuantitativo. Como un «niño prodigio» (en referencia a su trayectoria en Ford Motors y como planificador de guerra en la Segunda Guerra Mundial), McNamara creía que si se podía medir la guerra —a través del número de bajas, las tasas de salidas aéreas y el tonelaje lanzado— se podía controlarla.

Más tarde se dio cuenta de que «no se puede cuantificar el espíritu humano» ni la legitimidad política de un régimen.

En el conflicto de 2026 con Irán, esta «falacia de McNamara» ha resurgido con fuerza. La actual «guerra de elección» suele presentarse mediante indicadores de «capacidades mermadas» por parte de Trump y sus seguidores: el número de centrifugadoras destruidas, el porcentaje de plantas de fabricación de drones neutralizadas o el número de buques hundidos.

Sin embargo, como McNamara aprendió en las selvas de Vietnam, la eficiencia técnica no sustituye la victoria política. Del mismo modo que la voluntad de resistencia de Vietnam del Norte perduró más que el armamento estadounidense, la supervivencia interna del régimen iraní y su red de aliados (el «Eje de la Resistencia») operan en una frecuencia política y religiosa inmune a las municiones de precisión.

McNamara admitió que la administración Johnson estaba «cegada por la teoría del dominó»: la creencia de que la caída de Vietnam del Sur conduciría a la toma del poder por los comunistas en toda Asia. Esta simplificación excesiva llevó a Estados Unidos a una guerra que era estratégicamente innecesaria para su propia supervivencia.

Hoy en día, una nueva teoría del dominó rige la política de Oriente Medio. Esta teoría postula que un «cambio de régimen» o la neutralización total de Irán provocará un efecto dominó democrático en toda la región, o, a la inversa, que cualquier influencia iraní creará una «media luna chií» que inevitablemente derrocará a los aliados occidentales.

Esta rígida dicotomía ignora las complejas reivindicaciones tribales, sectarias y locales que definen a Oriente Medio.

Al tratar a Irán como el único «pilar» que debe ser derribado, la estrategia occidental se arriesga a la «Opción Sansón» en sentido metafórico: derribar los pilares de la estabilidad regional y ser aplastado en el consiguiente colapso.

Uno de los mayores arrepentimientos de McNamara fue la falta de una estrategia de salida y el no haber sido honesto con el público estadounidense.

La guerra de Vietnam comenzó como una misión de asesoramiento limitada y se convirtió en una guerra terrestre con medio millón de hombres porque la administración se negó a admitir que los objetivos originales eran inalcanzables.

El conflicto actual con Irán muestra indicios de esta misma «expansión gradual de la misión». Lo que comenzó como una campaña para garantizar la no proliferación nuclear se ha convertido, en 2026, en una guerra destinada a un «cambio de régimen» y a la destrucción de Irán como Estado-nación («volver a la Edad de Piedra»).

A medida que los objetivos pasan de la contención nuclear a la defensa antimisiles y al desmantelamiento de fuerzas interpuestas, el plazo para la «victoria» se vuelve indefinido.

McNamara señala que, una vez que comienza una «guerra por elección», el costo político de admitir el fracaso se vuelve mayor que el costo humano de continuar el conflicto.

Esto conduce a lo que él denominó «la vía intermedia»: una escalada gradual suficiente para permanecer en la guerra, pero nunca suficiente para ganarla, lo que garantiza un atolladero.

Tras el fracaso de las negociaciones en Islamabad, la probabilidad de un estancamiento se ha incrementado exponencialmente. Es muy probable que presenciemos una renovada hostilidad y una escalada del conflicto, tal como advirtió McNamara.

En su libro En retrospectiva, McNamara señala que un aspecto particularmente alarmante de la guerra de Vietnam es que el riesgo de una guerra nuclear durante la década de 1960 era mucho mayor de lo que el público creía.

En el Medio Oriente moderno, la interacción entre la búsqueda de «profundidad estratégica» por parte de Irán y la «Opción Sansón» de Israel (guerra nuclear si Israel percibe una amenaza existencial) crea un entorno de alta tensión.

Si Estados Unidos sigue la senda de McNamara de una escalada «racional» sin empatía cultural, corre el riesgo de empujar al régimen iraní hasta un punto en el que sienta que ya no tiene nada que perder.

En tal escenario, la «Opción Sansón» —la disposición a destruir el templo para acabar con los enemigos— pasa de ser una doctrina teórica a una aterradora realidad.

En sus últimos años, McNamara abogó por la «abolición nuclear» y la «reducción de la escalada», reconociendo que en un mundo de perfección técnica y falibilidad humana, las probabilidades acaban agotándose.

Leer «Todos los hombres del Shah» , «Visión estratégica» y » En retrospectiva» en 2026 es como leer un manual para un colapso que ya está en marcha.

Las “guerras de elección” en Oriente Medio se están librando con tecnología del siglo XXI, pero con errores del siglo XX.

Aprendemos que la historia no es una línea recta, sino un ciclo impulsado por la arrogancia y la medición de variables erróneas.

La tragedia de McNamara fue que se percató de sus errores treinta años demasiado tarde. Parece que Estados Unidos está destinado a repetir las lecciones de Vietnam en los desiertos de Oriente Medio. 

dimanche 22 mars 2026

Descartes files versus Epstein files : Ali Larijani

 

Ali Larijani wrote a book on Descartes. The title is Critique and Examination of Descartes’ Rules for the Direction of the Mind.
Descartes wrote the Rules long ago. It was unfinished. Twenty-one rules. They show how to guide the mind. Divide problems. Order thoughts. Count everything. Seek clear ideas.
Larijani reads it closely. He sees the method. Doubt everything uncertain. Strip away the false. Reach the sure thing. I think, therefore I am.
He takes the method further. Not just for one man. For the state. The state must doubt too. Doubt foreign models. Doubt Western values. Doubt international laws that bind. Doubt the stories others tell.
Doubt like a knife. Cut away imitation. Cut away dependence.
Then the state finds its own certainty. I critique, therefore I am. I think alone, therefore I stand alone.
This is absolute self-possession. The state owns its mind. Owns its path. No outside master.
Larijani links it to Iran after the revolution. Neither East nor West. Build your own reason. Build your own strength. Be patient. Be independent.
He mixes Descartes with Islamic thought. Not rejection. Transformation. The old method serves the new state.
The book is sharp. It criticizes Descartes too. Points out gaps. But the core stays. Doubt leads to freedom. For the man. For the nation.
That is the book. Simple lines. Deep water beneath.



mercredi 24 septembre 2025

Segadores galegos en Castela

FONTE/ https://www.gciencia.com/retro/durmir-no-pallar-traballar-no-campo-vida-en-castela-segadores-galegos-orrea/

Durmir no pallar, traballar no campo: a vida en Castela dos segadores galegos de Órrea

Un documental reconstrúe, a través de testemuños reais, a memoria dun oficio desaparecido que marcou xeracións enteiras ata os anos sesenta

A historia de Galicia está marcada polo esforzo e a capacidade de moitas persoas traballadoras que, dende tempos antigos, deixaron a súa terra para buscar unha vida mellor. Nunca mellor dito no caso dos segadores galegos, mozos que, dende moi novos, marchaban a Castela para gañar uns cartos cos que poder sobrevivir. Co obxectivo de recuperar esta memoria, o grupo de investigación HISTAGRA da Universidade de Santiago (USC) e o Centro de Investigación Interuniversitario das Paisaxes Atlánticas Culturais (CISPAC) únense á Asociación de Veciños de Santa Comba de Órrea (Riotorto) para contar a historia dos seus segadores. 

Así nace o documental Segadores da Órrea en terras de Castela. Unha historia de heroes, dirixido por Vanesa Gómez Lourido e Laura Alonso. Cun enfoque etnográfico, histórico, antropolóxico e cultural, a peza reconstrúe un fenómeno que atravesou a historia de Galicia dende o século XVII ata os anos sesenta


Estreado en maio de 2025, aínda que producido en 2023, o documental de 50 minutos dá voz aos protagonistas: 29 homes que participaron nas campañas de sega e dúas mulleres que relatan a vida que quedaba na aldea. Grazas a eles pódese coñecer de primeira man as experiencias, as dificultades e a resistencia dos nosos antepasados, neste caso, os dunha pequena vila de Lugo. Esta é a súa historia. 

Coller os sacos e ir a Castela

“Era pobre, non era nada rico”, comeza a relatar Alberto Fernández Gómez, un dos moitos segadores de Órrea. Na súa infancia, non acudir un día á escola para coidar das vacas era algo habitual, e estes mozos lucenses estaban afeitos a estas rutinas. Non só iso: dende moi novos tamén eran enviados ao monte a sachar nos meses de marzo, abril e maio para garantir a comida na casa. 


José María Sobrado Casabella, outro dos protagonistas do documental, lembra que cavar era un traballo moi duro: “Había que deixar o monte recto para que curara e, despois, queimalo”. Co paso do tempo e a chegada de produtos químicos, a carga de traballo reduciuse, pero a miseria seguía presente. Para labrar as leiras, moitas veces había que transportar o abono na cabeza. “Vivíase moi mal, non había camiños”, engade.

Pero todos os entrevistados coinciden en que marchar a Castela a segar non foi unha opción, senón unha necesidade. Un costume transmitido de avós a pais e de pais a fillos. “Eles foron andando a Castela”, explica Alberto Fernández, poñendo de manifesto a continuidade ano tras ano. 

A última xeración de segadores de Órrea chegaba á estación de tren de Lugo con idades entre os 10 e os 14 anos, acompañados dos seus pais, irmáns ou tíos. Hai quen o vía como unha oportunidade para afastarse da casa por un tempo, pero recibían un aviso claro dos maiores: “Vas contento, pero cando chegas alá, non tanto”, lembra Manuel Penedo Otero, repetindo as palabras dos seus irmáns. “Por aquí hai poucas casas nas que non houbera xente indo a Castela”, resume Gumersindo Gómez Couso.

Que había na maleta?

“Cando vin chegar aquela locomotora co carbón, o lume e os maquinistas negros, dixen: Ai, pobre de min!”, lembra Jose María Fernández Dasrribas. Así agardaban na plataforma coa súa maleta, non sen antes recibir o aviso da cantidade de rateiros que había no tren. Aos pequenos subíannos polas ventás, xunto coas súas equipaxes e sacos. Mais, que levaban sempre aqueles futuros segadores?

As chaparritas eran sandalias feitas cun anaco de neumático de coche e unhas tiras.
As chaparritas, sandalias que empregaban os segadores. Imaxe extraída do documental ‘Segadores da Órrea en terras de Castela. Unha historia de heroes‘.

En primeiro lugar, o calzado: ían pasar moitas horas de pé. As chaparritas, sandalias feitas cun anaco de neumático de coche e unhas tiras, xunto coas zocas, eran o calzado típico para viaxar a Castela: “Non molestaban e, se lles entraba auga ou terra, saía por outro lado”, explica Gabriel Gómez Expósito. Na maleta tamén había dúas ou tres camisas que se lavaban cada 15 días ou cada noite nas prazas das vilas.

A isto sumábase o material de traballo: catro ou cinco fouciños para ir renovando, pois ao chegar a Castela só atopaban unha pedra para afialos. “O penúltimo ano que traballei fixen 1.000 eu só”, conta Benigno López, que tamén traballaba na forxa. Levaban, ademais, uns coiros chamados didiles para non cortarse e unha zoqueta de madeira para acadar maior alcance.

Pero a maleta non sempre quedaba con eles: non eran unhas vacacións. “Ao chegar, quedaba aparcada na casa do amo, e o que levabamos era un saco de roupa”, explica Oliverio Leivas Fernández. Para estes desprazamentos, os segadores usaban bicicletas, indo dun lado a outro coas súas pertenzas. Pasaban toda a noite e o día no tren, e tras un transbordo en Medina del Campo e outro tren a Segovia, chegaban finalmente a vilas como Ortigosa de Pestaño.

Longas xornadas ao sol

Dende xuño ata principios de agosto estes mozos traballaban nas terras de Castela en plena época estival. Distinguíanse dous cargos: os que segaban e os que ían detrás atando. Non obstante, as condicións eran duras para todos: “Traballabamos de sol a sol, dende as nove da mañá ata as oito da tarde”, lembra Cándido Rodríguez Cerdeira

O día comezaba cedo. Cando o amo os espertaba ás cinco da mañá, almorzaban chocolate, sopas e un vaso de augardente. “Unha vez tiña unha sede da virxe, tomei tres vasos de viño e púxenme a atar… Parecía que andaba no aire!”, conta un deles. Ás nove comezaba a faena, cando chegaban ao lugar da sega, pois ían “dun sitio a outro” en carros ou bicicletas.  

Ao mediodía facían unha pausa dunha hora: “O de comer quentando o sol sentado nun mollo… Iso si que era duro”, di Manuel Folgueira Pérez. O menú non variaba: garavanzos cada día, en contraste co caldo que comían en Galicia. Ás veces, os amos levábanlles comida; noutras, eran eles quen a traían nunha perola. Formaban un círculo e cada quen collía a súa parte, pero non se podía comezar ata que o maioral cortase o pan e servise o viño. 

Coa calor, a auga era imprescindible. Uns lembran que a traían en porróns de barro para mantela fresca, outros que tiñan que ir eles mesmos por ela. Para asearse, a pouca auga dispoñible estaba nas casas dos amos: “Ás veces non nos deixaban porque lles manchabamos a auga”, explica Cándido Rodríguez. Ao final do día, improvisaban un colchón con palla, cubríano cunha saba e unha manta traída da casa e deitábanse a durmir, ás veces compartindo espazo coas pitas.

Segar en Castela

“En Castela o traballo era moi escravo”, lembra Gabriel Fernández Dasrribas, pois rapaces coma eles tiñan que atar unha leira de ata catro quilómetros de longo. Hai quen ía, pero non soportaba o ritmo e tiña que regresar a casa. As condicións dependían moito do maioral: “Habíaos que eran moi animaliños: se enfermaba un, quedaba no pallar, e se morría, morría”. 

En tempadas de moita colleita, todos ían ao límite. Comezaban de mañá a recoller veza, un cereal para o que había que agacharse continuamente. “Era unha planta moi baixiña, tiña moita humidade do orballo da noite e as mans poñíanse brandas e sangraban”, explica José Braña Cerdeira. Ese era o seu día a día.

Os segadores de Castela tiñan que atar unha leira de ata catro quilómetros de longo.
Os segadores de Castela tiñan que atar unha leira de ata catro quilómetros de longo. Imaxe extraída do documental ‘Segadores da Órrea en terras de Castela. Unha historia de heroes‘.

Para regresar cada verán, buscaban os mesmos amos do ano anterior. Escribíanlles, anunciaban que volverían a Castela e enviaban un telegrama coa data de saída. “Sempre iamos os compañeiros xuntos cada ano”, lembra un deles, destacando a unión dos segadores de Órrea. 

Día de cobro

De súpeto, chegaba o momento máis esperado: o día de cobro. O soldo repartíase por categorías: no posto máis baixo gañábanse 3 pesetas, e a cifra aumentaba ata chegar ao maioral, quen recibía 21. Os cartos colocábanse nunha manta no rancho e repartíanse, cos atadores cobrando sempre a metade que os segadores.

O primeiro ano, un atador podía gañar arredor de 6.000 pesetas en dous meses, mentres que un segador podía chegar ás 18.000. Nun contexto no que con 5.500 pesetas se podían mercar dúas vacas, o diñeiro era tentador. “Moita xente ía a Castela porque alí comíase mellor, pero a vantaxe económica non sempre era grande”, lembra Enrique Fernández Lorido. Aínda así, a necesidade obrigaba: había que manter á familia e buscar ingresos “fose onde fose”.

A experiencia implicaba risco físico e deixaban atrás nais, irmás e fillos, que traballaban como podían ata o regreso. “Miña nai quedaba moi triste, pero había necesidade e facer de tripas corazón”, contaba Pura Díaz Linares, unha das nenas que quedaba na casa.

Regreso a casa

En Castela tamén lles quedaba unha familia. “Os casteláns non abusaban da xente”, recorda Folgueira Pérez, aínda que sempre había quen quería sacar máis proveito ca outros. “Alí veñen os galegos!”, berraban cando chegaban. Algúns segadores mesmo atoparon o amor alí, como aquel que, tras cortar un pé cun fouciño, coñeceu á enfermeira do hospital. 

Todo cambiou coa chegada das primeiras recolledoras. “Valseca era unha vila grande, e vin probar a primeira máquina que se pedía para a provincia de Segovia”, conta un dos segadores. Aquela máquina, moderna para a época, segaba tanto coma 12 homes: un auténtico milagre para quen pasaba longas xornadas ao sol. 

Pouco a pouco, as máquinas foron invadindo os campos e o oficio do segador quedou no recordo. Algúns deixaron de ir en 1966, aínda que moitos pensan que, de non ser polas recolledoras, seguirían marchando uns anos máis. “Ti sabes o que é durmir durante o verán nun pallar, enriba de palla rolada, cunha saba que picaba debaixo, e levantarte ás catro da mañá para traballar de sol a sol?”: así lembran os segadores galegos de Órrea, que cada verán marchaban a Castela na procura dunha vida un pouco mellor.