À l’approche du sommet américano-chinois le plus crucial depuis des
années, le déploiement par le Japon de nouveaux missiles à longue portée
provoque la Chine et augmente le risque que les États-Unis soient
entraînés dans une spirale d’escalade en Asie de l’Est.
Le 31 mars, le Japon a déployé son premier missile de conception
nationale à longue portée, de Type 25, à la base de Kengun, dans la
préfecture de Kumamoto, au bord de la mer de Chine orientale. Avec une
portée d’environ 965 km (contre les 195 km du précédent missile Type
12), le Type 25 est capable d’atteindre Shanghai. Si le Japon en
déployait davantage dans les îles Ryūkyū, tout le littoral est de la
Chine tomberait dans son rayon d’action.
Le même jour, le Japon a également déployé le « Hyper Velocity
Gliding Projectile » (HVGP), sa première arme hypersonique, au Camp
Fuji, une base américaine située près de Tokyo. Une semaine auparavant,
le département d’État avait approuvé une vente d’équipements à hauteur
de 340 millions de dollars à destination du Japon afin de soutenir le
programme HVGP.
Le Japon prévoit de déployer davantage de ces deux systèmes d’armes
au cours des prochaines années et se prépare à équiper ses destroyers de
missiles Tomahawk de fabrication américaine. Il en résulte un
renforcement de la capacité de frappe à longue portée du Japon,
expansion à laquelle les États-Unis apportent un soutien concret.
Alors que le président Donald Trump s’apprête à se rendre à Pékin le
mois prochain pour son sommet avec le président chinois Xi Jinping, la
Maison Blanche devrait s’interroger : ces mesures renforcent-elles la
sécurité en Asie de l’Est ou aggravent-elles un casse-tête sécuritaire
susceptible d’entraîner les États-Unis dans une escalade non
intentionnelle ? [la question elle est vite répondu! D'ailleurs après la Chine, Doni Trumpano se rend au Japon]
Tensions entre le Japon et la Chine
Le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi, a déclaré aux
journalistes que ces déploiements renforçaient la capacité de dissuasion
du Japon dans ce que Tokyo considère comme « le contexte sécuritaire le
plus grave et le plus complexe de l’après-guerre. »
Cependant, du point de vue de Pékin, un missile capable d’atteindre
le continent chinois s’apparente davantage à une option offensive de
première frappe. Le ministère chinois des Affaires étrangères affirme
que les missiles à longue portée du Japon « dépassent largement le cadre
de la légitime défense » et met en garde contre le fait que le «
néo-militarisme » du Japon « jette une ombre menaçante sur la paix et la
stabilité régionales. »
Pendant des décennies après la Seconde Guerre mondiale, la politique
de sécurité du Japon a été façonnée par un engagement constitutionnel en
faveur du pacifisme et par une structure militaire « exclusivement axée
sur la défense. » Cette tradition pacifiste a été abandonnée en 2022,
lorsque la Stratégie de sécurité nationale du Japon a préconisé le
développement de « capacités de riposte » et le doublement des dépenses
de défense pour les porter à 2 % du PIB.
Au Japon, certaines voix s’élèvent pour affirmer que réinterpréter la
Constitution sans passer par un amendement officiel revient à
contourner le processus démocratique. Le 8 avril, des dizaines de
milliers de manifestants se sont rassemblés à Tokyo, tandis que des
rassemblements similaires avaient lieu dans plus de 130 localités à
travers le pays, pour protester contre la guerre en Iran et contre ce
qu’ils considèrent comme un détricotage de la philosophie pacifiste de
la Constitution japonaise. Mais la Première ministre Sanae Takaichi
reste déterminée à poursuivre cette réorientation stratégique du pays.
Le Japon et la Chine continuent de traverser une crise diplomatique
suite aux déclarations de Takaichi, qui a affirmé qu’un blocus chinois
de Taïwan pourrait conduire à une intervention militaire japonaise. Cela
marque une rupture avec des décennies de modération japonaise sur la
question taïwanaise.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré que
le Japon avait « franchi une ligne rouge. » Le ministère chinois de la
Défense a averti que le Japon subirait une « défaite écrasante » s’il
intervenait.
Takaichi a également fait part de sa volonté de renoncer à
l’engagement pris par le Japon en 1967 de ne pas produire, posséder ni
héberger d’armes nucléaires. Les responsables chinois font valoir que si
le Japon venait à renoncer à son engagement de ne jamais se doter
d’armes nucléaires, le rempart mondial contre la prolifération nucléaire
s’en trouverait gravement affaibli. Ils ont raison de s’inquiéter, et
Washington devrait en faire tout autant.
Dans le même temps, le Japon craint pour sa sécurité face à
l’intensification des activités des navires de guerre chinois près de
ses îles. En décembre dernier, des chasseurs chinois ont verrouillé leur
radar de poursuite sur des jets militaires japonais près d’Okinawa, un
geste signalant que le pilote se prépare à attaquer.
Le ministre de la Défense, Shinjiro Koizumi, a qualifié les exercices
militaires menés par la Chine et la Russie près de la mer du Japon à la
fin du mois de « véritable démonstration de force à l’encontre de notre
pays, ce qui constitue une grave menace pour notre sécurité nationale. »
On est là face à un dilemme de sécurité classique. Le Japon met en
avant les activités chinoises près de ses îles. La Chine, quant à elle,
souligne les déploiements de missiles japonais ainsi que les
déclarations concernant Taïwan et les armes nucléaires. Les arguments
défensifs avancés par chaque partie ne font que renforcer la perception
que l’autre est une menace.
Les nouvelles capacités de frappe à longue portée du Japon ne font
qu’augmenter le risque d’un incident. Fort de ces nouvelles capacités de
riposte, le Japon pourrait se sentir obligé de lancer une attaque
préventive s’il soupçonne qu’une attaque se prépare. Il suffirait d’une
mauvaise interprétation des intentions de la Chine pour que le Japon
passe soudainement à l’action, entraînant immédiatement les États-Unis,
qui sont liés par traité à la défense du Japon.
Un meilleur cadre de dissuasion
Alors que les États-Unis soutiennent les capacités avancées du Japon
en matière de missiles, ils s’impliquent de plus en plus dans la
dynamique d’escalade qui règne dans la région. Ils ne devraient pas
exiger que le Japon mette un terme à la modernisation de sa défense. Il
est toutefois dans l’intérêt des États-Unis d’accompagner la nouvelle
position du Japon avec prudence afin de réduire le risque d’escalade... [qu'ils gèrent en bons profiteurs de guerre]
Il serait plus judicieux pour les États-Unis d’encourager le Japon à
se concentrer davantage sur le « déni conventionnel. » Il s’agit ici de
faire la distinction entre les capacités permettant de contrecarrer
toute agression chinoise à proximité des eaux japonaises et celles qui
constituent une menace pour la Chine continentale. Les premières ont un
effet dissuasif, tandis que les secondes représentent une provocation.
Pour renforcer sa position de déni, le Japon pourrait renforcer ses
bases afin qu’elles résistent à une première frappe, étendre ses
systèmes de défense aérienne et développer ses capacités de guerre
sous-marine. Washington devrait encourager ces efforts, plutôt que de
soutenir la stratégie de frappe à longue portée du Japon.
Cette logique stratégique va dans le sens des recommandations
formulées par des responsables américains de la défense pour la région,
Elbridge Colby par exemple [Il s’agit de Strategy of Denial, (la
stratégie du déni) cet ouvrage est un examen critique de la politique US
dans l’indo-Pacifique, NdT] : les États-Unis et leurs alliés, comme le
Japon, devraient faire en sorte qu’il soit trop coûteux pour la Chine de
tenter de s’emparer de territoires contestés, plutôt que de menacer de
frapper la Chine continentale elle-même.
Le prochain sommet Trump-Xi constitue également une opportunité.
L’ordre du jour de ce sommet devrait inclure une discussion sur la
prévention d’un affrontement accidentel entre les forces japonaises et
les forces chinoises, lequel entraînerait les États-Unis dans la guerre.
La période précédant le sommet est le moment idéal pour encourager le
dialogue entre les forces armées tant japonaises que chinoises. Cela
pourrait notamment passer par la réactivation de la ligne directe entre
le Japon et la Chine mise en place en 2023, qui n’a été utilisée qu’une
seule fois pour un appel protocolaire. Les canaux de dialogue permettent
de désamorcer les incidents, par exemple lorsque des navires de guerre
ou des avions de chasse s’approchent trop près les uns des autres, afin
d’éviter que la situation ne dégénère.
Le fait que le Japon se dote de missiles à longue portée accroît le
risque que les États-Unis se retrouvent davantage entraînés dans une
politique de la corde raide au niveau régional. Des pourparlers directs
entre le Japon et la Chine, ainsi qu’une approche plus judicieuse de la
défense japonaise, contribueraient grandement à apaiser les tensions.
*
Pavel Devyatkin est chercheur associé au Quincy Institute et collaborateur principal à l’Arctic Institute.
Les opinions exprimées par les auteurs sur Responsible Statecraft ne
reflètent pas nécessairement celles du Quincy Institute ou de ses
collaborateurs.
Un
sistema crea una empresa (Palantir) que clasifica civilizaciones, arma
genocidios y publica manifiestos racistas. El otro crea un laboratorio
de investigación que distribuye gratuitamente un modelo de vanguardia.
Bappa Sinha, tecnólogo y analista del impacto social de la IA
Alex Karp, director ejecutivo de Palantir,
publicó un manifiesto de 22 puntos el 19 de abril en el que declaraba
que «el poder duro en este siglo se construirá sobre el software» y que
ciertas culturas son «regresivas y dañinas». Cinco días después, el
laboratorio chino de IA DeepSeek lanzó su tan esperado modelo V4: 1,6
billones de parámetros, código abierto bajo la licencia MIT, igualando a
los modelos estadounidenses propietarios más caros a aproximadamente
una trigésima parte del precio.
Dos acontecimientos. Con cinco días de
diferencia. Dos visiones completamente opuestas sobre para qué sirve la
inteligencia artificial, quién la controla y a qué intereses sirve.
Comencemos con el manifiesto. Extraído del
libro de Karp, *La República Tecnológica: Poder Duro, Creencias Sutiles
y el Futuro de Occidente* (escrito en colaboración con el director de
Asuntos Corporativos de Palantir, Nicholas Zamiska), este documento de
22 puntos ha sido visto más de 32 millones de veces. En él se argumenta
que Silicon Valley tiene una deuda con la nación, que las armas de IA
son inevitables y que Occidente debe construirlas, que el servicio
militar obligatorio debe reconsiderarse y que el pluralismo liberal no
es más que una «tentación superficial».
Los puntos 21 y 22 revelan por completo la
verdad. Afirman que «ciertas culturas, e incluso subculturas, han
producido maravillas», mientras que «otras han demostrado ser mediocres,
y peor aún, regresivas y perjudiciales». El punto 22 aboga por resistir
«la superficial tentación de un pluralismo vacío y hueco», lamentando
que Estados Unidos «durante el último medio siglo se haya resistido a
definir las culturas nacionales en nombre de la inclusión».
En pocas palabras, se trata de
supremacismo racial y civilizacional en estado puro. Una empresa
integrada en cadenas de exterminio imperiales jerarquiza a los pueblos
del mundo y dicta a los gobiernos quiénes son considerados civilizados.
La arrogancia colonial es inconfundible. Algunos la denominan
tecnofascismo. Más de 200.000 personas en Gran Bretaña firmaron una
petición exigiendo al gobierno la rescisión de sus contratos con
Palantir. Miembros del Parlamento compararon el documento con los
«desvaríos de un supervillano».
Y Palantir no se limita a publicar
manifiestos. Está integrada operativamente en la maquinaria de la guerra
imperial. Su plataforma Gotham proporciona sistemas de puntería basados
en IA para el ejército ucraniano. El propio Karp se ha jactado que el
software de Palantir es «responsable de la mayor parte de la puntería en
Ucrania», procesando imágenes de drones, imágenes satelitales e
inteligencia de señales para generar opciones de ataque que mejoran con
cada impacto. El sistema aprende de cada bomba lanzada. En enero de
2026, la compañía profundizó esta integración con la sala de datos
Brave1 de Ucrania, alimentando con datos del campo de batalla en tiempo
real los modelos de IA para la interceptación de drones.
Pero es el papel de Palantir en el
genocidio de Gaza y la guerra ilegal estadounidense-israelí contra Irán
lo que revela lo que realmente significa en la práctica el concepto de
«poder duro basado en software».
Palantir firmó una alianza formal con el
ejército israelí en enero de 2024, tres meses después del inicio del
ataque a Gaza, integrando comunicaciones interceptadas y datos
satelitales para generar bases de datos de objetivos, es decir, listas
de objetivos a eliminar. Mantiene una oficina permanente en el Centro de
Coordinación Cívico-Militar, liderado por Estados Unidos, en el sur de
Israel, proporcionando la arquitectura tecnológica para controlar la
entrega de ayuda humanitaria a Gaza, un proceso que se ha utilizado
sistemáticamente como arma para someter por hambre a una población civil
asediada.
Y en la guerra más amplia contra Irán, la
misma maquinaria de la cadena de ataque alimentó los sistemas de
selección de objetivos que bombardearon la escuela de niñas Shajareh
Tayyebeh en Minab el 28 de febrero, causando la muerte de más de 170
niñas. Amnistía Internacional calificó el ataque de ilegal. La UNESCO lo
consideró una grave violación del derecho humanitario. Cuando Karp
escribe que las armas de IA son inevitables y que Occidente debe
construirlas, está describiendo lo que su empresa ya hace, todos los
días, en tiempo real.
Ahora bien, consideremos el contraste. El
24 de abril, DeepSeek lanzó la versión 4 bajo la licencia MIT.
Cualquiera puede descargarla, modificarla e implementarla
comercialmente. Su arquitectura es un sistema de mezcla de expertos con
un total de 1,6 billones de parámetros (49 mil millones activados por
consulta) y una ventana de contexto de un millón de tokens.
El documento técnico presenta tres
innovaciones: una arquitectura de atención híbrida, hiperconexiones con
restricciones de variedad y el optimizador Muon, que reemplaza los
métodos de entrenamiento estándar. El resultado: un 27 % menos de
cálculo de inferencia y un 10 % menos de caché de memoria en comparación
con su predecesor.
Los resultados hablan por sí solos. V4-Pro
obtuvo 3206 puntos en Codeforces, superando los 3168 de GPT-5.4, la
puntuación más alta en programación competitiva alcanzada por cualquier
modelo en el momento de su lanzamiento. En SWE-bench Verified, la prueba
de rendimiento estándar para la ingeniería de software en el mundo
real, obtuvo una puntuación de 80,6, tan solo 0,2 puntos por debajo de
Claude Opus 4.6. Lidera a todos los modelos de código abierto en
matemáticas, ciencia y programación.
¿Y el precio? DeepSeek lo redujo aún más
el 26 de abril. V4-Pro ahora cuesta: $0.435 por millón de tokens de
entrada y $0.87 por millón de tokens de salida. Compárese con GPT-5.5,
que cuesta $5.00 por entrada y $30.00 por salida, o Claude Opus 4.7, que
cuesta $5.00 y $25.00. V4-Pro cuesta aproximadamente una trigésima
parte de la tasa de salida de GPT-5.5. La variante más ligera, V4-Flash,
cuesta $0.14 por entrada y $0.28 por salida, casi 100 veces más barata.
Para un desarrollador en Lagos, Dhaka o São Paulo, estas no son cifras
abstractas. Determinan si la IA de vanguardia es accesible o si está
restringida por el muro de pago estadounidense.
Luego está la soberanía del hardware. V4
es el primer modelo de vanguardia chino diseñado para funcionar de forma
nativa con chips Huawei Ascend y Cambricon de fabricación nacional, en
lugar de Nvidia. Esto responde directamente a los controles de
exportación de semiconductores de EE. UU., diseñados para impedir que
China acceda a chips de IA avanzados.
A los pocos días del lanzamiento de V4,
ByteDance, Tencent y Alibaba se apresuraron a realizar pedidos de los
procesadores Huawei Ascend 950PR. Huawei tiene previsto enviar 750.000
unidades este año. DeepSeek ha indicado que el precio de V4-Pro podría
bajar aún más una vez que estos supernodos se envíen a gran escala en la
segunda mitad de 2026.
El régimen de sanciones de EE. UU.,
destinado a mantener el monopolio estadounidense sobre la computación de
IA, ha acelerado, en cambio, el desarrollo de una plataforma de IA
china totalmente autóctona, desde la fabricación de chips hasta la
implementación de inferencias.
El modelo de negocio de Palantir se basa
en sistemas propietarios y clasificados que se venden a gobiernos y
fuerzas armadas a un precio exorbitante. La tecnología como arma de
competencia entre civilizaciones, según sus propias palabras.
DeepSeek publicó públicamente los pesos de
su modelo, y su director ejecutivo y fundador, Liang Wenfeng, declaró
que su visión es proporcionar IA de vanguardia gratuita para todos, con
el fin de impulsar el progreso humano.
Bajo el capitalismo, la IA de vanguardia
queda confinada tras muros de pago de API y contratos clasificados, y se
integra en cadenas de ataque. Bajo la planificación socialista, la
misma tecnología se libera como un bien público.
El patrón histórico es conocido. En la
década de 1960, el gobierno estadounidense adquirió el 60% de los
circuitos integrados para la carrera espacial de empresas de Silicon
Valley. Esa inversión pública generó fortunas privadas. Tras el
estallido de la burbuja puntocom, y de nuevo tras la crisis financiera
de 2008, los rescates bancarios y de fondos de inversión con dinero
público canalizaron nuevo capital hacia el mismo ecosistema, creando
empresas valoradas en billones de dólares a pesar de no producir nada
físico.
La riqueza generada dio origen a una clase
de oligarcas tecnológicos que ahora buscan privatizar el mismo aparato
estatal que los impulsó. Palantir, que pasó de la financiación inicial
de la CIA a In-Q-Tel, se convirtió en una corporación de 280 mil
millones de dólares que publica manifiestos sobre la guerra
civilizacional. Inversión pública que crea monopolio privado; monopolio
privado que luego se apodera del Estado. El manifiesto es esta clase
exponiendo abiertamente su programa.
La trayectoria de China apunta en la
dirección opuesta. La inversión estatal en la autosuficiencia de
semiconductores y la investigación en IA, llevada a cabo bajo las
hostiles sanciones estadounidenses, no ha creado otro ecosistema
cerrado. Ha generado tecnología de código abierto disponible para todo
el mundo. La lógica es sistémica: el Estado socialista absorbe los
costos de la investigación, frena los monopolios y los incentivos para
restringir el acceso al conocimiento mediante suscripciones de pago. La
tecnología se libera. La gente la usa.
La IA se está convirtiendo rápidamente en
la capa infraestructural de la producción económica. Para el Sur Global,
la elección entre estos dos modelos definirá las condiciones de
desarrollo durante décadas. La dependencia de los sistemas propietarios
estadounidenses implica controles de exportación, restricciones de
licencias, tecnología revocable a capricho de Washington y apropiación
imperialista mediante superganancias monopólicas.
Los modelos de código abierto que se
ejecutan en chips libres de la jurisdicción de las sanciones
estadounidenses ofrecen capacidad de IA soberana a precios que una
universidad en Nairobi o un hospital en Kerala pueden permitirse, con
total libertad para adaptarlos a los idiomas y condiciones locales.
Los países que buscan la soberanía digital
y de IA deberían prestar mucha atención. La alternativa es permanecer
atrapados en un sistema donde la misma empresa que tacha a tu cultura de
«mediocre» también desarrolla el software que genera las listas de
objetivos a eliminar.
Un sistema crea una empresa que clasifica
civilizaciones, arma genocidios y publica manifiestos al respecto. El
otro crea un laboratorio de investigación que distribuye gratuitamente
un modelo de vanguardia. ¿Quién controla la tecnología, quién se
beneficia, quién paga el precio? Para la gente trabajadora de todo el
mundo, estas preguntas definirán la próxima década.
André Fougeron, Civilisation atlantique, 1953, Londres, Tate Modern
Les véritables intentions de l'administration Trump commencent à se dévoiler.
Même
si Scott Bessent se trompe dans ses chiffres – le CCG ne couvre pas 8 %
des besoins énergétiques de la Chine, mais plutôt entre 5 et 6 % –, les
sanctions secondaires dont il parle constituent le véritable objectif
de cette tentative de blocus du détroit d'Ormuz.
Ce blocus vise à perturber l’approvisionnement en pétrole des économies
émergentes du Sud, et surtout de la Chine.
En menaçant deux
banques chinoises de sanctions si elles s’impliquent dans des
transactions pétrolières avec l’Iran, on envoie un message à tous les
fournisseurs de pétrole de la Chine pour qu’ils reconsidèrent leur
position et choisissent leur camp.
Aujourd’hui, ce sont les
ventes de l’Iran à la Chine qui sont sanctionnées : des décennies de
sanctions, d’embargos et de coercition militaire n’ont pas réussi à
dissuader l’Iran, c’est donc désormais les banques chinoises qui sont
visées.
Demain, ce sera n’importe quel petit pays producteur de
pétrole qui se verra ordonner de cesser de vendre du pétrole à la Chine,
sous peine de subir une coercition financière et militaire.
Cela rendra la Chine plus dépendante de la Russie pour son approvisionnement énergétique (seulement 20 % pour l'instant). Une
fois que la Chine dépendra de la Russie pour plus de 50 % de son
approvisionnement, il suffira aux États-Unis d'initier une détente avec
la Russie contre la Chine, comme ils l'ont fait en 1972 avec la Chine
contre la Russie, pour mettre la Chine sous une forte pression
énergétique.
La visite officielle de Trump en Chine est désormais
prévue les 14 et 15 mai, où la guerre commerciale et la compétition
technologique figurent en tête de l'ordre du jour. Mais ces deux
questions sont plus importantes pour les États-Unis que pour la Chine.
Cette
question d'un approvisionnement en pétrole sans entrave pourrait
s'avérer plus cruciale pour la Chine à long terme, et devrait également
figurer en bonne place dans l'ordre du jour des discussions.
C'est
ce que fait l'hégémon anglo-américain chaque fois qu'il aborde une
négociation en position de faiblesse : il crée de toutes pièces une
crise qui figurera en bonne place à l'ordre du jour de l'adversaire,
afin d'équilibrer les négociations.
Une tactique rusée, mais la Chine a déjà vu ce genre de ruse auparavant.
Les succès de la Chine
contemporaine ne cessent d’interroger nos conceptions habituelles.
Savons-nous seulement quels sont les ressorts de cette modernisation
réussie, et quelles perspectives elle offre pour l’avenir du socialisme ?
Une des questions fondamentales qu’il convient de se poser à propos de
la Chine contemporaine est la suivante : de quelle nature est la
formation sociale chinoise actuelle ? Qu’est-ce qui la spécifie en
regard d’autres formations sociales ?
Poser cette question centrale a pour vertu d’ouvrir deux pistes de
réflexion, sur lesquelles ces quelques notes ont pour seule ambition
d’ouvrir le débat et de stimuler les recherches. La première piste de
réflexion est la suivante : quels sont les modes de production qui
figurent dans cette formation sociale, et comment s’articulent-ils ? Quelle signification faut-il accorder à l’existence d’un secteur capitaliste en Chine ?
Autrement, dit, quel est le mode de production dominant autour
duquel se déploie la structure propre à cette formation sociale ? La deuxième piste de
réflexion est la suivante : quelle est la genèse historique de cette
formation sociale originale ? Quelles sont les étapes qu’elle a
franchies pour parvenir au stade actuel ? Cette genèse historique
présente-t-elle des similitudes avec la Nouvelle politique économique
(NEP) menée par le pouvoir soviétique de 1921 à 1928 ? A-t-elle l’aspect
d’une trajectoire linéaire, ou au contraire d’un processus itératif,
marqué par des accélérations, mais aussi des retours en arrière ? Il y a aussi une troisième
piste de réflexion, qui est celle des perspectives ouvertes par
l’accomplissement historique dont témoigne la Chine depuis 1949 :
au-delà du “stade primaire du socialisme”, quels sont les objectifs
propres aux étapes suivantes de cette modernisation ? La transition
socialiste doit-elle encore être pensée, comme le veut la théorie
marxiste classique, dans l’horizon du communisme ? Trop importante pour
être traitée ici, cette piste de réflexion fera l’objet d’un travail
ultérieur.
Reprenons donc les deux premières pistes de réflexion et tentons d’y
cheminer autant que faire se peut, de manière nécessairement partielle
et provisoire.
Pour commencer, partons d’une observation que chacun peut faire : la
Chine est une formation sociale singulière que la plupart des
commentateurs, fussent-ils “sinologues”, peinent généralement à décrire
ou à nommer. Le plus souvent, cette difficulté est imputable à des biais
idéologiques aisés à deviner, mais elle traduit aussi parfois l’absence
d’instruments intellectuels adéquats. C’est pourquoi, afin de traiter
la question de façon rationnelle, il me semble indispensable de
s’appuyer sur l’analyse marxiste des différents modes de production, de
leur succession dans l’histoire et de leur combinaison au sein d’une
formation sociale donnée.
La question est en effet de savoir en quoi consiste précisément la
formation sociale chinoise contemporaine, telle qu’elle se présente à
l’observateur en 2026, et sur quelle base matérielle elle repose, avec
les caractéristiques historiques qui sont les siennes. Or, dans ce
travail d’analyse, il faut évidemment se déprendre d’un certain nombre
de travers intellectuels dans lesquelles tombent de nombreux
commentateurs.
Le principal travers
consiste à refuser de voir dans la formation sociale chinoise une
formation complexe, hybride, caractérisée par la transition inachevée
d’un mode d’organisation sociale à un autre. Certains observateurs,
généralement hostiles à la République populaire de Chine, ont tendance à
essentialiser le modèle chinois en recourant à des notions simplistes
ou inadéquates. Ils définissent la formation sociale chinoise, par
exemple, en la subsumant sous le concept commode de “capitalisme d’État ”
ou de “socialo-capitalisme”, quand ils ne réduisent pas la Chine
contemporaine à un mélange funeste de “capitalisme sauvage” et de
“dictature totalitaire”. Autant de qualifications hâtives et
caricaturales qui ne peuvent manquer d’induire en erreur, car elles
omettent un fait essentiel : l’existence de rapports sociaux de type
capitaliste en Chine n’implique nullement le caractère capitaliste de la
société chinoise.
Capitalisme et capitalistes
Dans certains milieux, on
disait autrefois de l’URSS qu’elle était caractérisée par un
“capitalisme sans capitalistes”, dans la mesure où elle apparaissait
comme le modèle achevé d’un capitalisme d’État dans lequel
l’appropriation privée des moyens de production était bannie au profit
d’un robuste dirigisme étatique. Au nom du “prolétariat” ou du “peuple
tout entier”, une nouvelle classe dominante, après avoir investi le
pouvoir d’État, aurait saisi les rênes de l’économie et de la société.
Sous couvert de socialisme, les rapports sociaux capitalistes auraient
été reconduits au profit de cette nouvelle couche dominante, la
“bureaucratie soviétique”. On ne se prononcera pas ici sur cette
qualification, qui est sans doute partiellement erronée et fort
discutable d’un point de vue historique. Ce qui est certain, c’est
qu’elle ne correspond nullement à la situation de la formation sociale
chinoise actuelle, qui se caractérise au contraire par la présence de
capitalistes, mais sans capitalisme. Afin de faire la lumière
sur ce paradoxe apparent, tournons-nous donc vers l’analyse marxiste des
modes de production et des formations sociales. Rappelons qu’un mode de
production, c’est l’ensemble constitué par les forces productives (la
force de travail et les instruments de production) et les rapports de
production, c’est-à-dire les rapports sociaux noués par les individus
dans la sphère productive. Un mode de production, comme son nom
l’indique, désigne une manière de produire les biens matériels
indispensables à l’existence des individus qui vivent dans une formation
sociale donnée. Sans entrer dans le détail de la théorie marxiste, il
suffit de retenir à ce stade que le mode de production constitue la
base matérielle de l’existence des hommes et qu’il qualifie la formation
sociale déterminée dans laquelle cette base matérielle joue un rôle
déterminant.
Or c’est ici qu’une
précision s’impose : l’articulation entre la formation sociale et le
mode de production implique aussi que, dans toute formation sociale, il
n’existe pas un seul mode de production : la plupart du temps, il en
existe au moins deux, et parfois beaucoup plus. Parmi ces modes de
production, l’un d’entre eux est dit “dominant” et les autres “dominés”.
Ces derniers sont soit des survivances du passé de l’ancienne formation
sociale, soit des modes de production en train de naître dans le
présent même de la formation sociale. Cette précision est
importante, car cette pluralité des modes de production, inséparable de
la prédominance d’un mode de production sur les autres, permet de rendre
compte de la complexité des faits observables dans toute formation
sociale concrète. Et c’est aussi cette pluralité inégale des modes
de production qui permet de déceler les tendances contradictoires qui
s’affrontent dans la formation sociale considérée et qui constituent,
pour cette raison, le moteur de son histoire.
Revenons maintenant à la formation sociale chinoise contemporaine
et à ce qui nous intéresse ici, à savoir sa composition organique,
c’est-à-dire l’articulation spécifique entre les modes de production qui
concourent à son existence historique.
Pour tenter de la déceler, il faut d’abord procéder à une
photographie, nécessairement descriptive dans un premier temps, de cette
pluralité concrète qui caractérise la formation sociale chinoise
actuelle.
Mais avant de présenter cet inventaire des modes de production à
l’œuvre en Chine, il faut bien préciser un point qui me semble
essentiel.
Comme tout le monde, les Chinois vivent dans une société
déterminée, une “formation sociale” concrète, caractérisée par la
prédominance d’un mode de production déterminé. Mais quel
est ce mode de production ? Car il ne suffit pas qu’une formation
sociale existe pour qu’elle possède son propre mode de production. Une
formation sociale capitaliste, comme les États-Unis par exemple, se
caractérise par un mode de production dominant, le mode de production
capitaliste. Mais une société socialiste comme la société chinoise, en
revanche, possède-t-elle pour autant un mode de production socialiste ? Si
cette expression n’existe pas chez Marx, Engels et Lénine, c’est parce
qu’aux yeux de la théorie marxiste une formation sociale peut être en
transition entre deux modes de production, sans avoir un mode de
production exclusif. Durant cette période transitoire, qui peut
être extrêmement longue, les éléments de la société future ont tendance à
prendre le dessus sur les éléments de la société passée, modifiant peu à
peu la composition organique de la formation sociale. Et cette
situation n’a rien d’anormal : elle est l’effet direct du développement
des forces productives et des luttes de classes qui traversent toute
formation sociale.
Ce point étant éclairci, faisons l’inventaire des modes de production de la formation sociale chinoise.
Quels sont, précisément,
ces modes de production dont la combinaison fournit son ossature
matérielle à la formation sociale chinoise contemporaine ?
1. Premièrement, le mode de production socialisé, c’est-à-dire
le mode de production caractérisé par l’existence d’unités de
production économique dont la propriété du capital est une propriété
publique.
Ces unités de production sont principalement les grandes
entreprises d’État qui détiennent, en Chine, les secteurs-clés de
l’industrie comme la sidérurgie, l’énergie (le charbon, le gaz,
l’électricité, le pétrole et le nucléaire), mais aussi les
infrastructures de transport et l’industrie de l’armement.
Particulièrement intensifs en capital, ces secteurs stratégiques sont la
propriété exclusive de la puissance publique qui les contrôle à travers
un réseau de 325 000 entreprises publiques disséminées sur l’ensemble
du territoire aux niveaux national, régional et local. Mais à
l’intérieur de ce vaste secteur public largement décentralisé, c’est
surtout par le truchement de 97 très grandes entreprises que l’État
central détient l’essentiel du capital industriel, soit 55 % des actifs
de toutes les entreprises, publiques et privées, du pays.
Appartiennent aussi à ce vaste secteur public les innombrables
établissements bancaires qui contrôlent 80 % des actifs de cette
catégorie dans l’ensemble du pays. En Chine, c’est le réseau des banques
publiques, et non les institutions financières privées, qui assure de
manière prépondérante le financement de l’économie. Cette prédominance
du secteur public est fondamentale : elle affranchit la sphère
financière de la rapacité des actionnaires privés et l’ordonne aux
impératifs du développement planifié de l’économie. Loin de cette
domination des intérêts privés qui caractérise les pays capitalistes, la
socialisation de la finance redouble celle de la production et
consolide l’ossature publique de la structure sociale. Aussi l’activité
boursière est-elle peu développée en Chine : la somme des
capitalisations boursières chinoises sur les places de Shanghai et Hong
Kong demeure largement inférieure à celle de leurs homologues
occidentales, alors même que l’économie chinoise calculée en PPA occupe
la première place mondiale. Que la part de la Chine dans la sphère
productive soit inversement proportionnelle à sa part dans la sphère
spéculative n’est donc pas le fait du hasard, mais un effet de
structure.
Il résulte des deux points précédents que le mode de production dominant, au sein de la formation sociale chinoise, ne peut être que le mode de production socialisé.
Cette prédominance revêt trois aspects. Elle est d’abord quantitative :
la puissance publique contrôle l’essentiel du capital industriel et du
capital financier. Mais elle est également qualitative : en occupant les
hauteurs stratégiques de l’économie, l’État les met au service du
développement global. En déliant les secteurs-clé de l’exigence de
rentabilité à court terme, la planification étatique oriente l’activité
économique dans une direction conforme à l’intérêt général. Cette
prédominance du secteur public en amont de la chaîne de valeur influe
notamment sur la formation des prix : elle rend possible une politique
de bas coût des intrants qui sont fournis à l’ensemble de l’économie. Ce
qui explique la capacité du secteur productif à satisfaire les besoins
de la population sur le marché intérieur (il suffit de vivre en Chine
pour y mesurer l’absence de tensions inflationnistes), mais aussi la
compétitivité internationale de l’économie chinoise, laquelle a
constitué l’un des moteurs de son développement au cours des vingt
dernières années. J’ajouterai une remarque
lexicale pour finir : contrairement à d’autres auteurs, j’emploie
l’expression “mode de production socialisé”, et non “mode de production
étatique” ou “mode de production socialiste”. Le terme “socialisé”
indique clairement, en effet, que l’existence de ce mode de production
résulte d’un processus (la révolution socialiste) et que sa
caractéristique principale réside dans la propriété sociale (ou
publique) du capital. En revanche, la notion de “mode de production
étatique” me parait réductrice : l’État n’est pas le seul intervenant
dans la gestion du secteur public, et les collectivités locales jouent
un rôle essentiel dans un système qui est très décentralisé. Quant au
“mode de production socialiste”, cette expression ne correspond pas à la
réalité : la formation sociale chinoise étant une formation en
transition, c’est cette transition qui est socialiste, et non tel ou tel
des modes de production qui lui fournissent sa base matérielle. En somme, le mot “socialisme” ne peut pas désigner, à la fois, le tout et la partie.
2. Deuxièmement, le mode de production capitaliste,
lequel existe bel et bien dans la formation sociale chinoise, depuis
qu’il a été réintroduit au début des années 1990 par les réformes de
Deng Xiaoping.
Ce secteur capitaliste joue un rôle important dans un certain
nombre de domaines qui ont nécessité des capitaux, des compétences et
des technologies indispensables à la modernisation du pays et dont ne
disposait pas immédiatement la puissance publique. Au début des
réformes, ces apports de capitaux privés provenaient surtout de la
diaspora chinoise d’outre-mer, puis ils sont venus pour une part
grandissante des capitalistes nationaux et des investisseurs extérieurs.
Relèvent en effet du mode de production capitaliste les entreprises
privées à capitaux étrangers qui se sont installées progressivement
depuis les années 1990 sur le sol chinois. Ces investissements directs
étrangers (IDE) ont été encouragés, de manière sélective, par les
autorités du pays, afin d’y créer des emplois et de favoriser les
transferts de technologies. C’est notamment grâce à cette ouverture
internationale que l’économie chinoise a connu une nouvelle phase de son
développement dans les années 2000.
Loin de constituer le mode de production dominant, le mode de
production capitaliste a donc été réintroduit en Chine sous le contrôle
de l’État socialiste afin d’obtenir des capitaux et des technologies,
mais aussi pour stimuler l’effort de modernisation des entreprises
nationales sous l’aiguillon de la concurrence étrangère. Le moins qu’on
puisse dire, c’est que ce pari de la modernisation sous la contrainte
externe a été largement gagné. L’apport du capital privé a été
judicieusement calculé par les autorités chinoises afin de doper la
croissance endogène, sans mettre en péril la souveraineté économique du
pays ni s’exposer aux extravagances du marché provoquées par les crises
cycliques du capitalisme mondial. Appliquant le principe maoïste
selon lequel il faut “chercher la vérité dans les faits”, les
planificateurs chinois ont expérimenté les vertus d’un secteur
capitaliste circonscrit au nécessaire et sévèrement rappelé à l’ordre
lorsqu’il outrepassait ses prérogatives de force d’appoint.
Au demeurant, les dizaines de Chinois richissimes qui ont été
sanctionnés depuis quinze ans (y compris, dans un cas extrême, au moyen
de l’exécution capitale), que ce soit pour leurs malversations
financières, leurs interventions intempestives ou leur pratiques
monopolistiques, témoignent des limites de l’influence du mode de
production capitaliste en République populaire de Chine. On conviendra
qu’il est difficile, dans ces conditions, d’inférer le caractère
“capitaliste” de la formation sociale chinoise de la présence de
“capitalistes” en son sein.
Mais l’aspect le plus intéressant, dans cette réhabilitation sous
conditions du capitalisme, concerne sans doute les transferts de
compétences attendus par les responsables chinois. Après tout, c’est
avec les hommes d’aujourd’hui qu’il faut construire le socialisme de
demain, et dans un contexte de pénurie il faut savoir utiliser les
ressources disponibles. Lorsque Mao Zedong, dans le cadre de la
“démocratie nouvelle” (1949-1953), a classé la “bourgeoisie nationale”
au rang des “classes révolutionnaires”, il songeait surtout à utiliser
les compétences techniques de cette classe sociale instruite : des
entrepreneurs privés sont ainsi devenus les directeurs de leur propre
usine, désormais placée sous le contrôle des syndicats et mise au
service de la révolution. A l’adresse de ceux qui
jugent rédhibitoire d’un point de vue marxiste la participation des
capitalistes à la transition socialiste, il faut citer ce que disait
Lénine en avril 1921 dans sa brochure “Sur l’impôt en nature” à propos
des “concessions” accordées au “capital privé” au nom d’un “capitalisme
d’État” qu’il concevait comme “l’antichambre du socialisme” : “Nous
payons un certain tribut au capitalisme mondial, nous lui payons une
rançon”, et “nous ne devons pas craindre d’avouer que nous pouvons et
devons encore beaucoup apprendre des capitalistes”. Certes, “cela peut
sembler paradoxal : le capitalisme privé dans le rôle d’auxiliaire du
socialisme ? Mais cela n’a rien d’un paradoxe, c’est un fait économique,
absolument incontestable”. La vérité, c’est que “le capitalisme est un
mal par rapport au socialisme, mais qu’il est un bien par rapport au
Moyen Age, par rapport à la petite production, par rapport au
bureaucratisme qu’engendre l’éparpillement des petits producteurs”. Et
puisque “nous ne sommes pas encore en mesure de réaliser le passage
immédiat de la petite production au socialisme, le capitalisme est dans
une certaine mesure inévitable, comme une conséquence naturelle de la
petite production. Nous devons donc utiliser le capitalisme, (surtout en
l’orientant dans la voie du capitalisme d’État) comme maillon
intermédiaire, conduisant de la petite production au socialisme. Nous
devons l’utiliser comme moyen, voie, procédé, modalité, permettant
d’augmenter les forces productives”.
3. Troisièmement, le mode de production familial qui est encore largement prépondérant dans l’agriculture chinoise.
Ce mode de production a connu une histoire singulière : sous sa
forme actuelle, il résulte des réformes des années 1980 consécutives au
démantèlement des structures collectives créées dans les années 1950. Au
lendemain de la victoire sur l’envahisseur japonais, en 1945, les
terres appartenant aux propriétaires fonciers ont été redistribuées à la
paysannerie pauvre, et cette redistribution massive a été entérinée par
la grande loi agraire de 1950. Cette révolution paysanne a mis fin aux
rapports sociaux de domination qui livraient la majorité des paysans à
une exploitation féroce. Elle a généré une agriculture formée d’une
multitude de petites exploitations familiales dont la productivité, trop
faible, ne permettait pas un véritable décollage de la production
agricole. C’est pourquoi Mao Zedong a lancé en 1953 la collectivisation
des terres, achevée en 1957, qui a donné naissance aux fameuses
“communes populaires” dans lesquelles les cultivateurs travaillaient,
pour l’essentiel de leur temps de travail, au profit de la collectivité.
Avec la modernisation des équipements, la généralisation de l’usage
des engrais, la sélection de plus en plus rigoureuse des semences, les
conditions techniques de la production ont progressivement changé. Le
collectivisme intransigeant des communes populaires a été peu à peu
atténué et les paysans ont pu cultiver un lopin individuel. Après la
“Révolution culturelle” (achevée en 1976), les autorités ont décidé,
dans le cadre des nouvelles réformes, de rétablir le système de
l’exploitation familiale afin de stimuler la productivité de ces unités
autonomes de production que constitueraient désormais les fermes
familiales. L’agriculture chinoise telle qu’elle existe aujourd’hui est
donc le résultat combiné de trois processus historiques : une
redistribution égalitaire des parcelles entre les familles paysannes
(acquise en 1950 et renouvelée en 1984 après la dissolution des communes
populaires), une succession de progrès techniques due aux
investissements réalisés durant la période maoïste, et enfin une
libéralisation des marchés agricoles dans le cadre des réformes de Deng
Xiaoping. Le mode de production dominant dans l’agriculture chinoise est
donc le mode production familial, la famille paysanne étant liée
contractuellement avec les collectivités locales (au nom de l’État), et
bénéficiant d’un droit héréditaire et exclusif à l’exploitation d’une
parcelle attribuée en fonction du nombre d’habitants.
Lorsque les enfants ne veulent pas reprendre l’exploitation
agricole de leurs parents, l’usage de la terre peut être loué à d’autres
cultivateurs, ce qui explique la taille très variable des exploitations
existantes. Mais la terre ne peut pas être vendue, puisqu’elle
appartient à l’État qui en est le propriétaire ultime, et ce sont les
collectivités locales qui en organisent l’attribution en fonction des
besoins, agricoles et non agricoles. Au total, ce système donne aux
exploitants une grande autonomie de gestion, et le contrat avec l’État
leur garantit de surcroît un véritable droit à la terre. La famille
paysanne, en vertu de la loi, est l’attributaire exclusive d’une
parcelle qui lui fournit l’essentiel de sa subsistance et lui permet de
commercialiser librement ses produits sur le marché. Notons cependant
que ce mode de production familial ne va pas sans une contradiction
entre la propriété publique de la terre, favorable au maintien d’une
agriculture parcellaire de petite dimension, et la propriété privée de
la production, obéissant aux lois du marché et à ses contraintes de
compétitivité. Ajoutons à ce tableau que l’agriculture chinoise, pas
plus que les autres secteurs, n’est chimiquement pure : elle comprend
aussi des éléments empruntés à d’autres modes de production lorsqu’elle
recourt au travail salarié ou requiert des investissements importants
dans les secteurs à forte valeur ajoutée, ce qui est le cas de certaines
productions commerciales.
4. Quatrièmement, le mode de production individuel,
incarné par des personnes physiques qui exercent une activité
artisanale, tertiaire ou libérale, de manière quasiment indépendante
(souvent dans un cadre familial) sans avoir le statut de salarié, ni
celui de patron.
Très nombreuses en Chine, ces petites entreprises individuelles
(qui correspondent en gros au statut d’auto-entrepreneur tel que nous le
connaissons) ne relèvent évidemment pas du secteur capitaliste : elles
ignorent le plus souvent l’emploi de travailleurs salariés et reposent
sur la valorisation d’un travail individuel ou familial. Et cela, même
si leur activité se déploie dans un environnement qui est lui-même
hybride, puisque le travailleur individuel doit côtoyer des entreprises
privées de taille variable dont il dépend parfois et avec lesquelles il
noue toutes sortes de rapports.
Notons que cette très petite entreprise existait déjà durant
l’époque maoïste, mais de façon résiduelle, dans les interstices d’une
économie largement collectivisée. Avec les réformes, ce mode de
production a connu un essor considérable dans les villes comme dans les
campagnes. Favorisée par les nouvelles habitudes de consommation, elle a
aussi été encouragée par les autorités, lorsqu’elles ont officiellement
reconnu la liberté d’entreprendre et la propriété privée. L’appel à
l’initiative individuelle et l’appât du gain ont stimulé le
développement de toute une série d’activités légères, très faibles en
capital, et reposant pour l’essentiel sur l’ardeur à la tâche du
travailleur individuel ou du petit entrepreneur : petit commerce,
restauration, transport de personnes, etc.
5. Cinquièmement, le mode de production coopératif, qui s’est développé de manière exponentielle dans la phase de transition.
L’exemple le plus emblématique de la puissance du secteur
coopératif en Chine, c’est très certainement l’entreprise Huawei, dont
le capital est détenu par les salariés, le fondateur de l’entreprise,
ancien colonel de l’Armée populaire de libération, ne détenant lui-même
que 1 % de ce capital. Naturellement, cette entreprise n’est pas cotée
en bourse et elle est donc l’affaire de ses salariés-associés,
manifestement recrutés sur des critères de compétence au vu des
prouesses technologiques accomplies par cette entreprise de très haut
niveau, qui dame le pion aux multinationales occidentales de la même
catégorie. Mais la coopération a fait également un retour spectaculaire
dans le monde agricole. Afin d’améliorer les performances du secteur,
une loi votée en 2007 a prévu des financements publics pour faciliter la
mise en place de “coopératives spécialisées”. Le système des petites
parcelles éparpillées ayant révélé ses limites, la création de
coopératives permet désormais de mutualiser les moyens et d’investir
dans des techniques agricoles plus modernes, augmentant les surfaces
cultivables et le rendement des exploitations. Aujourd’hui, on compte
deux millions de coopératives, regroupant la moitié des familles
paysannes. Singulière ironie de l’histoire, qui voit le retour en force
d’un esprit coopératif que l’on croyait rangé au magasin des accessoires
depuis le démantèlement des communes populaires et le partage des
terres collectives.
Il est particulièrement intéressant, à ce propos, de rappeler ce
que Lénine, dans La Pravda du 26 mai 1923, disait des coopératives. “Il
est certain que dans un État capitaliste, les coopératives sont des
institutions capitalistes collectives. Sous le capitalisme privé, les
entreprises coopératives se distinguent des entreprises capitalistes
comme les entreprises collectives se distinguent des entreprises
privées”. Or tout change avec la révolution socialiste. “Dans notre
régime actuel, les entreprises coopératives se distinguent des
entreprises capitalistes privées comme entreprises collectives, mais
elles ne se distinguent pas des entreprises socialistes, si la terre où
elles sont bâties et les moyens de production appartiennent à l’État,
c’est-à-dire à la classe ouvrière. On oublie donc que grâce au caractère
particulier de notre régime politique, la coopération acquiert chez
nous une importance tout à fait exceptionnelle”. Quel est le rapport
entre la coopération et le socialisme ? La réponse de Lénine est on ne
peut plus claire. “Aujourd’hui, nous sommes en droit de dire que le
simple développement de la coopération s’identifie au développement du
socialisme”.
Une NEP aux caractéristiques chinoises ?
Cette photographie des
modes de production en vigueur dans la formation sociale chinoise a le
mérite de souligner son pluralisme constitutif : le système chinois
actuel associe différents modes de production, différents régimes de
propriété et différentes classes sociales. Loin de toute utopisme, il ne
prétend pas avoir aboli la division interne de la société et les
inégalités qui la traversent. Ce pluralisme assumé constitue-t-il une
anomalie en regard de la transition socialiste ? Comme on l’a vu plus
haut, toute formation sociale historiquement déterminée comprend
plusieurs modes de production tout en ayant un mode de production
dominant. Et dans le cas de la Chine contemporaine, formation de
transition qui est encore au “stade primaire du socialisme”, c’est le
mode de production socialisé qui est le mode de production dominant.
Pour citer encore Lénine, on sait qu’il s’est livré devant ses
camarades, dans une brochure de 1918 sur “L’économie actuelle de la
Russie”, à un exercice analytique comparable. Décrivant la transition en
cours dans la Russie des soviets, il rappelle que “le régime
actuellement existant renferme des éléments, des parcelles, de petits
morceaux de capitalisme et de socialisme”.
Quels sont ces éléments relevant de “différents régimes de
l’économie sociale” ? Le premier élément, dit-il, c’est “l’économie
paysanne patriarcale”. Le deuxième élément, c’est “la petite production
marchande”, cette catégorie comprenant “la plupart des paysans qui
vendent du blé”. Le troisième élément, c’est “le capitalisme privé”. Le
quatrième, c’est “le capitalisme d’État”. Le cinquième, “c’est le
socialisme”.
”La Russie est si grande et si variée”, dit-il, “que toutes ces
diverses formes économiques et sociales s’y entremêlent, et c’est ce qui
fait l’originalité de la situation”.
Parmi ces éléments, quels sont ceux qui prédominent ? “Dans un pays
de petite paysannerie, poursuit Lénine, c’est l’élément petit bourgeois
qui prédomine et ne peut pas ne pas prédominer”. La majorité des
cultivateurs étant de “petits marchands”, le problème de la transition
sera donc de faire prévaloir le socialisme, peu à peu, sur la petite
production marchande.
Mais cette transition, Lénine la conçoit comme un processus qui
prendra beaucoup de temps, par étapes successives, sans forcer le
mouvement au risque de faire échouer l’entreprise. Avec la nouvelle
politique économique (NEP), la Russie soviétique a pris en 1921 la
direction d’une transition de longue durée accompagnée d’une “révolution
culturelle” (ce sont les mots de Lénine) destinée à élever le niveau de
la population. “Nous n’avons jamais été des utopistes, et nous n’avons
jamais pensé que nous allions construire la société communiste avec les
mains bien propres de communistes proprets, qui doivent naître et
s’éduquer dans la société communiste pure. Ce sont là des contes
d’enfants. Nous devons bâtir le communisme avec les débris du
capitalisme”. Car “le prolétariat n’est pas exempt des défauts et
faiblesses de la société capitaliste. Il lutte pour le socialisme et en
même temps, il combat ses propres insuffisances”. Certes, “nous
élèverons la culture de la campagne, mais c’est là une affaire de
longues, très longues années”.
Pour conduire cette transition de longue durée, et compte tenu des
circonstances, Lénine a la conviction qu’il faut d’abord recourir au
capitalisme d’État. “Le socialisme est impossible sans la technique de
la grosse industrie capitaliste, technique organisée selon le dernier
mot de la science moderne. Il est impossible sans une organisation
méthodique réglée par l’État, et qui impose à des dizaines de millions
d’hommes la stricte observation d’une norme unique dans la production et
la répartition des produits. Nous marxistes, l’avons toujours dit”. En
effet, “ce n’est pas sans raison que les maîtres du socialisme ont parlé
de toute une période de transition du capitalisme au socialisme, ce
n’est pas sans motif qu’ils ont insisté sur les longues douleurs de
l’enfantement de la nouvelle société, cette dernière étant elle aussi
une abstraction, incapable de devenir une réalité autrement qu’à la
suite d’une série de tentatives concrètes, variées et imparfaites pour
fonder tel ou tel État socialiste”. Or “le capitalisme de monopole de
l’État est la préparation matérielle la plus complète du socialisme,
l’antichambre du socialisme, l’échelon historique qu’aucun autre échelon
intermédiaire ne sépare de l’échelon appelé socialisme”.
Sous l’égide de l’État
prolétarien, quelle est notre politique économique, demande Lénine en
1921, lorsqu’il lance la NEP ? Notre politique, c’est de “donner aux
petits paysans, en échange du blé, tous les produits dont il ont besoin
et que fournit la grosse industrie socialiste”. C’est pourquoi il ne
faut pas “bloquer le développement des échanges privés non pratiqués par
l’État, c’est-à-dire du commerce, c’est-à-dire du capitalisme”. Car
c’est “un développement inévitable” lorsqu’il y a “des millions de
petits producteurs”. Entraver ces échanges, ce serait “une sottise et un
suicide pour le parti qui aurait essayé de le faire, une sottise, parce
que cette politique est économiquement impossible, un suicide, parce
que les partis qui essaient de pratiquer une politique de ce genre
aboutissent à une faillite certaine”. Ce que nous devons faire, “ce
n’est pas bloquer le développement du capitalisme, mais s’appliquer à
l’orienter dans la voie du capitalisme d’État, chose économiquement
possible, puisque le capitalisme d’État existe sous une forme ou sous
une autre partout où il existe des éléments de commerce libre et de
capitalisme en général”. C’est pourquoi “l’État prolétarien doit devenir
un patron prudent, soigneux et habile, un négociant en gros
consciencieux. Sinon il ne pourra pas mettre debout, économiquement, ce
pays de petits paysans”. Il ne faut pas oublier, en effet, que “la
misère et la ruine sont telles que nous ne pouvons pas rétablir d’emblée
la grosse production socialiste, les grandes usines de l’État”. Nous
devons donc aider “la petite industrie qui ne demande pas de machines et
qui est à même d’apporter une aide immédiate à l’économie paysanne et
de relever ses forces productives”. Et cela, même si, “à la faveur d’une
certaine liberté du commerce, renaissent la petite bourgeoisie et le
capitalisme”.
Chacun connaît l’issue
historique de la NEP et le tournant adopté par la politique soviétique à
partir de 1929 : la mise en œuvre du premier plan quinquennal,
l’industrialisation accélérée et la collectivisation de l’agriculture.
Mais ce qu’un tel détour par Lénine et la NEP permet de comprendre,
c’est que la transition socialiste, quelles que soient les
circonstances, doit toujours composer avec la pluralité des modes de
production. Et ce qu’illustre la voie chinoise vers le socialisme, c’est
précisément l’acceptation de cette réalité objective. Avec la
“démocratie nouvelle” théorisée en 1940, Mao Zedong avait déjà pris acte
de la réalité concrète de la formation sociale chinoise dont le parti
communiste parvenu au pouvoir assumerait désormais le pesant héritage.
“Le prolétariat, la paysannerie, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie
nationale” constituent, aux yeux de Mao, les “quatre classes
révolutionnaires” avec lesquelles la Chine nouvelle fondée en 1949 va
s’engager sur la voie du socialisme. Mais cette orientation initiale
sera sérieusement révisée à partir du premier plan quinquennal
(1953-1957), lorsque lui succédera la “construction des bases du
socialisme”. Avec la collectivisation de l’agriculture et la création
d’une puissante industrie d’État, la formation sociale chinoise se dote
d’un mode de production socialisé qui deviendra, au cours de la période
maoïste, son mode de production quasi exclusif. Société collectiviste,
égalitaire et frugale, la Chine de Mao expérimente une forme de
socialisme inédit, dont le point culminant sera atteint durant la
Révolution culturelle (1966-1976).
La question de savoir si cette “révolution dans la révolution” a
été condamnée par ses propres excès est une question que les communistes
chinois ont tranchée en 1981 en la qualifiant de “déviation gauchiste”.
Ce qui est sûr c’est que la politique nouvelle, celle des “quatre
modernisations” qui sera engagée à partir de 1978, marque un changement
de cap économique dont les effets se font sentir jusqu’à aujourd’hui.
Tandis que l’État socialiste conserve le contrôle des principaux moyens
de production, l’agriculture est restituée à l’exploitation familiale et
les activités tertiaires confiées au secteur privé. Loin de constituer
le mode de production exclusif, le mode de production socialisé, celui
des entreprises d’État, fournit l’ossature de l’économie. À l’intérieur
d’un vaste secteur privé émerge une nouvelle couche sociale qui n’est
pas sans ressembler à la “bourgeoisie nationale” des années 1949-1953,
la principale différence résidant dans le fait que cette néobourgeoisie
se voit légitimée dans ses prérogatives, puisque la propriété privée et
l’initiative individuelle sont désormais consacrées par la loi et même
par la Constitution.
Il en résulte une composition organique originale, où le mode de
production socialisé domine, de toute sa hauteur, les autres modes de
production, lesquels se voient attribuer différents segments de
l’activité économique et sociale. D’une certaine façon, on peut donc
interpréter “la réforme et l’ouverture” engagées depuis les années 1980
comme une sorte de “NEP aux caractéristiques chinoises”, puisqu’on y
retrouve à peu près les mêmes ingrédients : le monopole du pouvoir
exercé par le parti communiste, la direction planifiée de l’économie par
l’État socialiste, la prédominance du mode de production socialisé, la
coexistence avec d’autres modes de production comme l’agriculture
familiale, la petite production marchande et une forme de capitalisme
tolérée dans les limites de la transition socialiste. Remarquons
toutefois que la ressemblance s’arrête à cette description empirique des
différents modes de production. Car le processus historique qui lui a
donné naissance est évidemment très différent. Dans la Russie des
soviets, la NEP visait à développer les forces productives en
libéralisant le commerce et en stimulant la production agricole. Au
lendemain, de la période dramatique du “communisme de guerre”, qui avait
vu l’État prolétarien naissant imposer des prélèvements sur la
production de manière autoritaire, il s'agissait de desserrer l’étreinte
créée par la guerre civile : pour libérer l’activité productive, il
fallait accepter, durant une certaine période, le développement du
capitalisme et la permanence de la petite production marchande.
En Chine , “la réforme et
l’ouverture” avaient pour vocation, comme la NEP de Lénine, de stimuler
le développement des forces productives en libérant d’abord les énergies
de la paysannerie, puis celles du secteur privé renaissant dans les
villes. Et dans les deux cas, la pluralité restaurée des modes de
production s’est accompagnée de la prédominance du mode de production
socialisé. Mais dans le cas de la Russie soviétique, l’arriération
économique était imputable à l’état de délabrement de l’économie russe,
légué par le régime tsariste. En Chine, l’état d’arriération de
l’économie était dû, selon les dirigeants chinois, à la stagnation
provoquée par la “Révolution culturelle”. Ainsi, non seulement les
prémisses historiques des deux périodes ne sont pas les mêmes, mais la
situation est diamétralement opposée. Pour les bolcheviks au pouvoir, en
1921, la NEP vient réparer les dégâts causés par la guerre civile et
préparer la collectivisation à venir. Pour les communistes chinois, en
1978, “la réforme et l’ouverture” viennent réparer les errements d’une
collectivisation excessive. Lorsque les Chinois s’engagent dans les
réformes, ce n’est pas un répit rendu nécessaire par la régression
économique, mais le début d’une nouvelle phase historique : après avoir
fait l’expérience d’un collectivisme rigide, le parti communiste chinois
comprend qu’il faut changer de méthode pour parvenir au socialisme.
C’est la raison pour laquelle la politique adoptée par les Chinois
en 1978, à l’opposé de la NEP, s’inscrit délibérément dans une
temporalité extrêmement longue. Lorsque le PCC adopte la théorie du
“stade primaire du socialisme”, en 1987, il sait que cette orientation
sera valable pour les décennies à venir, et Deng Xiaoping parlera de
2049 comme d’un horizon raisonnable pour l’achèvement de la
modernisation socialiste.
La “NEP aux
caractéristiques chinoises”, par conséquent, risque fort d'être autre
chose qu’une simple parenthèse ou qu’un simple répit. Tout indique au
contraire que la composition organique de cette formation sociale qu’est
la Chine contemporaine a atteint un point d’équilibre et que, pour les
dirigeants chinois, la prédominance du mode de production socialisé
garantit que le pays ne déviera pas de la voie socialiste. Il n’y a
aucune raison d’envisager de faire disparaître les autres modes de
production, des lors que cette pluralité organique, sous le régime
socialiste, a permis le développement spectaculaire de l’économie
chinoise au cours des vingt dernières années. Si “la pratique est le
seul critère de la vérité” (Mao), il faut mettre les idées à l’épreuve
de la pratique pour vérifier si ce sont des idées justes. Or la pratique
a montré qu’une économie mixte régulée par un État planificateur
permettait d’atteindre un niveau de développement jamais atteint et
manifestait son éclatante supériorité sur les autres modèles de
développement.
Lorsque Deng Xiaoping a
lancé les réformes, il les avait justifiées en disant que “nous avons 20
à 30 ans de retard sur les pays avancés en matière de développement de
la science et de la technologie”, qu’il fallait “absolument combler ce
retard”, et c’est pourquoi il fallait “stimuler la croissance des forces
productives et conduire à l’amélioration de la vie matérielle et
culturelle du peuple chinois”. Le modèle socialiste et le modèle
capitaliste doivent être jugés sur leurs résultats, et non en fonction
d’idées abstraites. “Si le taux de croissance des forces productives
dans un pays socialiste est inférieur à celui des pays capitalistes sur
une longue période historique, comment pouvons-nous parler de la
supériorité du système socialiste ?” Les succès de la modernisation
chinoise chinois depuis le lancement des réformes sont la vérification
pratique que cette orientation était adéquate. Comment le nier ? Du
point de vue matérialiste des réalisations concrètes, le système adopté
par la Chine sous l’égide de Deng Xiaoping et consolidé sous la
direction de Xi Jinping a fait la preuve de sa solidité et de son
efficacité. Il a conjugué une très forte croissance économique et une
remarquable stabilité sociale. Les Chinois vivent de mieux en mieux,
dans un pays qui a éradiqué la misère et l’analphabétisme. “Le
capitalisme se développe depuis plusieurs centaines d’années, rappelait
Deng Xiaoping. Depuis combien de temps construisons-nous le socialisme ?
Si nous pouvons faire de la Chine un pays modérément développé dans les
cent ans suivant la fondation de la République populaire, ce sera une
réalisation extraordinaire”.
El 28 de febrero 2026 Estados Unidos e Israel atacan Irán. Lo que
está detrás del ataque de Estados Unidos a Irán no es un cambio de
régimen cualquiera, es la reconstrucción del Gran Israel, un plan
paralizado por Irán durante muchos décadas, sino siglos, y la
subyugación de China, en un mismo movimiento, mediante el desarme de
Irán.
Todos pierden: Europa, EEUU, Irán,
China...¿Alguien gana? Wall Street ¿Por qué victoria de Wall Street?
Porque afianza a Israel en su condición de estado necesario
intermediario y gestor entre Este y Oeste en el centro de gravedad del
mundo, y le permite avanzar en su proyecto del Gran Israel. Porque Wall
Street y el Gran Israel son lo mismo.
¿Por qué Irán? 6 puntos de interés
Irán
es una Potencia regional, ya que dispone de estados vasallos, pero su
soberanía no deja de estar sometida a la sanción de las Grandes
Potencias (EEUU, Rusia y China). En su órbita actualmente entran Líbano,
Yemen y una gran panoplia de ejércitos guerrilleros, así como facciones
en Líbano, Irak y Siria.
Tiene 2 puntos de interés geoestratégicos globales:
- Control del estrecho de Ormuz, y los flujos petroleros.
- Productor petrolero de primer orden.
Tiene 4 puntos de interés geoestratégicos particulares para las potencias:
1 Eje China-Rusia: Nodo de la Ruta de la Seda china, entre el eje este-oeste Pekín-Suez con el eje Norte-Sur Teherán-Moscú. Es decir, es una gran vía de suministros Rusia-China.
Sin
embargo, este puesto privilegiado no reporta los beneficios económicos
previsibles a Irán, no evita las sanciones, ni permite la libre
comercialización petrolera ni la modernización del país, no evita la
infiltración y tráfico de drogas, no permite su modernización ni rearme
en la cantidad suficiente como para disuadir un ataque
sio-euro-estadounidense, no finaliza el conflicto baluco ni kurdo.
2 Rusia: Irán estabiliza militarmente su flanco sur, incluido Mar Negro y Cáucaso, impidiendo revueltas y alzamientos que deriven en golpes de estado e intervenciones militares.
Sin
embargo, esta estabilización no evita la infiltración de EEUU en los
propios gobiernos de Georgia, Kazajistán y Armenia, la infiltración
estadounidense vía Afganistán, la infiltración turca vía Turkmenistán.
No para el flujo de drogas proveniente de la misma región ni permite la
expansión de sus productos no militares.
3 China: Irán controla y suministra petróleo, controla rutas de materias primas provenientes de África.
Sin embargo, estas materias primas China también las obtiene sobre todo comerciando con la India y su ruta, el Collar de Perlas. La India no está sancionada por USA-UE-Sion, y posee una gran flota en el Índico, lo cual le permite superar a Irán como socio comercial. Y se han abierto nuevas vías con Moscú, tanto terrestres como las del Ártico, incluidos numerosos oleoductos.
4 Eje Estados Unidos-UE-Israel: obtienen petróleo barato de Irán por vías alternativas y frenan su desarrollo gracias a las sanciones, lo que además permite mantener el precio bajo.
Sin
embargo, Irán envía el petróleo a los mercados asiáticos, permite el
suministro a China y promueve su hegemonía industrial. Irán sigue
armando estados vasallos (Yemen) y guerras delegadas (Siria, Líbano),
evitando la eclosión del Gran Israel. EEUU ya no quieren una gestión
autónoma del petróleo de Irán, ni el desarrollo económico del país. Para EEUU controlar Irán significa desarmarla, mande quien mande. La única garantía para Occidente es una Irán desarmada.
Este
eje occidental propone la reorganización y asegurar los suministros,
principalmente energéticos, por medio del control de los pozos petrolíferos, sus corredores comerciales, los hub de intercambio y el control de los puertos. Una que otorgue el control sobre materias primas que van hacia China, y sobre las manufacturas provenientes de China.
Si
el proceso de producción de un bien se divide en suministro, producción
y venta, las cañoneras EEUU controlarían el suministro y venta,
importándoles poco cómo lo produzca China. De hecho, como vemos, así
vertebrado, China y USA serían economías complementarias. Es decir,
podrían llegar a un acuerdo de reparto de porcentajes, USA pondría los
barcos (made in China) y China sería de nuevo un Protectorado, como en
los tiempos de la guerra de los Boxer y el Siglo de la Humillación.
¿Qué es el Gran Israel?
El
Gran Israel es el proyecto Geopolítico Anglo-euro-sionista para
asegurar el dominio de Oriente Medio, sus rutas de mercancías,
corredores, y asegurar el control del petróleo.
La materialización fáctica del Gran Israel
se formalizaría uniendo territorios, con Israel como núcleo. Absorbería
totalmente a Jordania, que ya es un país vasallo, partes de la
fragmentada Siria (sur). Y partes de países aun por fragmentar: Irak (la
oeste), partes de Egipto (Suez, Sinaí y Negeb) y Arabia (norte). Se
completaría la construcción del Canal/corredor Ben-Gurión, que uniría el
Golfo Pérsico-Mar Mediterráneo vía Kuwait-Gaza. Para este proyecto, el
único elemento discordante sería Irán, ya que el resto de países ya
están alineados de uno u otro modo.
¿A quién más le interesa la creación del Gran Israel?
- Los kurdos de Irán, Irak y Siria sueñan con su independencia; como los Baluchis de Irán.
- Los turcos que sueñan su expansión al formar la Gran Turquía,
un proyecto imperial. Que choca, pero no contradice en esencia, al Gran
Israel. Potenciado convenientemente, las reclamaciones de este producto
de nicromancia (resurrección del fenecido imperio Otomano) reclamaría
numerosas regiones autónomos rusas. Porque el objetivo es desmembrar,
balcanizar, a la Federación Rusa; como ya se desmembró a la URSS en 15
regiones autónomas en 1991. Este el Gran Juego del control de las potencias por el corazón de la tierra.
-
Los emiratíes que ven en la ruptura de Arabia Saudita una forma de
coger peso regional e influencia internacional. Todos creados y
mantenidos en el poder por Gran Bretaña y la City. Las élites del Reino
Unido se siguen riendo de los conflictos y problemas creados entre sus
títeres.
Otros países no son ni
siquiera pueblos per sé, son las uniones temporales de territorios con
pueblos, y amalgamas creadas por el Imperio Británico durante su furia
colonialista, gobernados actualmente por EEUU, y que obedecen órdenes
sin rechistar:
- El propio Israel es un protectorado
angloamericano venido a más, confeccionado con población europea
indoctrinada de judaísmo revisionista;
- Jordania, dictadura monárquica impuesta en 1921 por el Imperio Británico;
-
O Egipto, otra dictadura militar gobernada por el General Al-Sisi dede
2014, sostenida por el Reino Unido y EEUU. El día que estos decreten la
cesión de territorios, su orden se cumplirá.
Realineamiento: ¿Qué prefiere EEUU, cambio de Política o Cambio de Régimen en Irán? Ni lo uno ni lo otro, Irán Desarmado
La
pregunta del millón no es si se puede hacer un cambio que reoriente los
flujos, sino ¿Cuál sería la garantía del cambio? ¿Cómo hacerlo
permanente? Opciones: Realineamiento, sustitución o desarme. No hay más.
Con el régimen actual de 1979
EEUU
ya mantiene bajo control a Irán de múltiples manera: económicamente
mediante sanciones, políticamente mediante vetos, militarmente mediante
aislamiento e intervención directa. EEUU es un actor principal en la
vida política de este país, y está presente a diario desde que fue
Nous publions ci-dessous un gros travail de recherche mené par
notre camarade Silco. Ce travail constitue une première prospection d’un
sujet extrêmement vaste et complexe, et est destiné à alimenter
l’analyse politique des communistes et autres militants progressistes.
Le comité de rédaction de la JDM peut avoir quelque désaccord sur tel ou
tel point secondaire, mais l’analyse fournie, documentée et sourcée,
constitue une ressource très précieuse sur laquelle les militants
pourront s’appuyer pour analyser le monde, traiter d’autres sujets liés
directement ou indirectement au sujet de cet article, voir enrichir et
développer les bases de réflexion et de travail posées ici. Il s’agit
donc d’un article non pas simplement à lire, mais à étudier.
En la gran traducción del día les traemos el último artículo del gran geopolítico brasileño Pepe Escobar.
La potencia del suroeste de China en Sichuan es única en su clase en lo que respecta a las megaciudades.
Situada en la confluencia de dos ríos, uno
de ellos el imponente Yangtsé, rodeada de montañas y, de hecho,
incrustada en ellas, la gran área alberga al menos a 32 millones de
personas, y la cifra sigue aumentando.
Es un centro industrial, científico y de
conectividad, eléctrico, dinámico, gastronómicamente muy atractivo y que
siempre muestra un método serio en medio de un caos aparentemente
inmanejable. Chongqing explota en una miríada de niveles superpuestos,
imágenes, sonidos y sabores que van mucho más allá de su caracterización
cyberpunk.
En la vida real, caleidoscópica, Chongqing
es en realidad post-cyberpunk. Una broma local dice que esta no es una
megaciudad en 4D o 5D: en realidad es 9D, como todos esos sabores
superpuestos que chocan en una cena perfecta de Sichuan.
Chongqing puede estar en Sichuan, pero es
una de las cuatro megaciudades administradas directamente por el
Gobierno central de Pekín, siendo las otras tres la propia Pekín,
Shanghái y Tianjin.
Todo lo relacionado con Chongqing tiende a
ser más grande que la vida, como si rompiera con los paradigmas
establecidos. En lo que respecta a los corredores de conectividad de
primera línea, uno de los temas recurrentes de la geopolítica y la
geoeconomía del siglo XXI, Chongqing vuelve a destacar de una manera que
muy pocas personas fuera de China pueden siquiera imaginar.
Y eso nos lleva a un lugar muy especial en
las afueras industriales de Chongqing, que marca lo que en efecto es la
Zona Cero (o el Km Cero, como se define localmente) de las Nuevas Rutas
de la Seda, o Iniciativa del Cinturón y Ruta de la Seda (BRI, en
inglés), el marco general de la política exterior de China en el siglo
XXI, lanzado por primera vez por el presidente Xi Jinping en 2013 en
Astana y luego en Yakarta.
Nesta pequena cápsula desmontamos desde o marxismo e o materialismo histórico a tese do Tecnofeudalismo,
formulada por Yanis Varoufakis, que nos últimos anos ganhou ampla
difusão entre a progressia occidental. Segundo ela, o capitalismo teria
morrido e sido substituído por uma nova forma de feudalismo digital, no
qual as grandes plataformas tecnológicas funcionam como feudos, e nós,
usuários, trabalhadores e pequenos produtores, somos outra vez como
servos que pagam tributos aos novos senhores feudais, os Bezos,
Zuckerberg ou Musk.
A tese contém uma intuição correta e poderosa. Contudo, do ponto de vista do materialismo dialético,
ela é completamente insuficiente, parcial e mesmo contraproducente para
a classe trabalhadora tomar consciência da teoria correta que explica o
funcionamento do capitalismo e a sua superação. Este artigo procura
conservar integralmente as ideias apresentadas numa análise original dum
vídeo do canal marxista Frases de Marx, mostrando que o tecnofeudalismo
não é nenhuma lei tecnológica inevitável, mas o resultado histórico
concreto de determinadas relações entre capital, Estado e produção, sem
sair do modo de produção capitalista.
O caso da China desempenha aqui um papel central, pois demonstra
empiricamente que a mesma tecnologia digital e o seu avance pode gerar
resultados sociais e políticos radicalmente distintos.
1. A tese de Varoufakis: do capitalismo ao tecnofeudalismo
1.1. Capitalismo clássico e concorrência produtiva
No capitalismo clássico analisado por Marx no século XIX, a concorrência entre capitais dava-se fundamentalmente no terreno da produção.
Empresas como Ford e General Motors competiam fabricando automóveis.
Vencia quem conseguisse produzir mercadorias melhores e mais baratas.
A exploração capitalista manifestava-se através da apropriação direta da mais-valia:
o trabalhador produzia valor através do seu trabalho vivo, e o
capitalista apropriava-se diretamente desse valor excedente. Havia
exploração, mas havia também produção real de valor.
1.2. As plataformas digitais e a ruptura do modelo produtivo
As grandes plataformas digitais atuais — Amazon, Google,
Facebook/Meta — não funcionam segundo essa lógica. Elas praticamente não
produzem bens materiais. Não fabricam mercadorias no sentido clássico.
Ainda assim, são as empresas mais valorizadas do mundo.
O que fam, então? Controlam os territórios digitais
onde ocorre o comércio, a comunicação e a vida social contemporânea. São
donas do espaço no qual todos somos obrigados a circular.
1.3. A analogia feudal
Aqui Varoufakis acerta parcialmente ao estabelecer uma analogia com o
feudalismo medieval. O senhor feudal não produzia trigo nem fabricava
ferramentas. Era dono da terra. Quem quisesse produzir precisava usar
essa terra e pagar tributo.
O mesmo ocorre hoje em ocidente em versão digital. Para vender online
é necessário passar pola Amazon e pagar comissões que variam entre 15% e
45%. Não porque a Amazon crie valor ou melhore o produto, mas
simplesmente porque controla o território do mercado.
Estamos perante uma forma de extração de renda, não de criação de valor. Eis o núcleo da tese do tecnofeudalismo.
Os limites históricos e teóricos da metáfora feudal
Apesar da utilidade descritiva da noção de tecnofeudalismo, é
necessário introduzir aqui uma precisão conceitual importante. Do ponto
de vista histórico rigoroso, chamar à forma atual de dominação digital
um “feudalismo” constitui um exagero teórico.
No feudalismo propriamente dito, a terra era o meio de produção
fundamental. Os camponeses encontravam-se juridicamente ligados a ela, e
a relação com o senhor feudal era uma relação pessoal de dominação,
sancionada por vínculos jurídicos e políticos diretos. A exploração não
se dava através do mercado, mas através de obrigações extraeconómicas
explícitas como trabalho forçado gratuito, rendas em espécie, tributos
compulsórios e a submissão direta à autoridade jurídica e política do
senhor feudal.
No capitalismo digital contemporâneo, por mais concentrado e
assimétrico que seja o poder das plataformas, não existe uma relação de
servidão jurídica direta. Os trabalhadores, produtores e consumidores
continuam formalmente inseridos em relações de mercado, mediadas polo
salário, polo contrato e pola concorrência. As Big Tech não
dominam porque nos possuem juridicamente, mas porque controlam dados,
infraestruturas e posições monopolistas estratégicas.
Nesse sentido, o tecnofeudalismo funciona sobretudo como uma metáfora crítica,
útil para chamar a atenção para a concentração extrema de poder e para a
dependência tecnológica crescente, mas problemática se tomada como
categoria histórica ou económica literal. O risco é obscurecer a
compreensão do fenómeno enquanto forma específica do próprio
capitalismo, e não como um retorno real a um modo de produção
pré-capitalista.
É precisamente por isso que a análise deve avançar além da metáfora e
regressar às categorias centrais do materialismo histórico: relações de
produção, formas de apropriação do valor, e articulação entre capital e
Estado. Vejamos.
2. Extração de renda versus produção de valor
2.1. Diferença fundamental em relação ao capitalismo clássico
No capitalismo industrial, mesmo na exploração, havia produção de
valor real. No tecnofeudalismo descrito por Varoufakis, os senhores
feudais digitais não criam valor: limitam-se a extrair renda polo
controle do acesso.
Bezos não ajuda o vendedor a produzir melhor; cobra tributos por
permitir que ele venda. Zuckerberg não melhora a comunicação; cobra polo
acesso à própria audiência.
2.2. O tecnofeudalismo como fenómeno localizado
Se o tecnofeudalismo fosse uma consequência automática da tecnologia
digital, deveria manifestar-se em todos os países com plataformas
digitais avançadas. Mas isso não acontece.
E aqui surge a pergunta decisiva que Varoufakis não colocou de forma suficiente: por que razão na China não existem Jeff Bezos todo-poderosos?
3. O caso chinês: plataformas sem senhores feudais privados
3.1. Plataformas gigantes, mesma tecnologia. O caso Jack Ma
A China alberga algumas das maiores plataformas digitais do mundo. A
Alibaba supera a Amazon em volume de transações no comércio eletrónico, o
WeChat conta com mais de mil milhões de utilizadores ativos e o Douyin
domina amplamente o mercado de vídeo curto no país. A tecnologia
empregada é equivalente à ocidental: infraestruturas digitais avançadas,
algoritmos de recomendação semelhantes e modelos de plataforma
comparáveis.
A diferença decisiva não reside, portanto, na técnica, mas na relação
de poder. Em 2020, Jack Ma, fundador da Alibaba e então o homem mais
rico da China, criticou publicamente a regulação financeira chinesa — um
tipo de discurso habitual entre bilionários tecnológicos no Ocidente. A
resposta do Estado foi imediata: Jack Ma desapareceu da vida pública
durante meses, a Ant Group viu suspensa a maior IPO da história e foi
forçada a reestruturar-se, e a Alibaba foi fragmentada e submetida a
fortes sanções regulatórias.
Jack Ma permaneceu rico, mas perdeu qualquer autonomia política.
Deixou de ser um “senhor” de coisa alguma. Uma intervenção desta
magnitude seria impensável nos Estados Unidos ou na União Europeia.
3.2. A inversão da relação de poder
Na China, o Partido Comunista mantém o controlo material sobre os
grandes empresários tecnológicos; no Ocidente, ocorre o inverso, são os
magnatas das Big Tech a condicionarem diretamente o poder político. Quando
uma empresa chinesa acumula poder excessivo ou ameaça objetivos sociais
definidos polo Estado, é disciplinada, fragmentada ou reestruturada.
Um exemplo claro foi o setor da educação privada online, que
movimentava dezenas de milhares de milhões de dólares. Em 2021, o Estado
decidiu que a educação não podia ser um negócio lucrativo e proibiu a
atividade com fins lucrativos, destruindo em poucos dias grande parte do
valor bolsista do setor.
Estes casos mostram que, apesar da existência de plataformas privadas
gigantescas e da exploração capitalista do trabalho, não emergem na
China senhores feudais digitais autónomos. O capital tecnológico
permanece subordinado ao poder político estatal, e não o contrário.
4. Regime dos dados. Quem controla os dados controla o poder: China versus Ocidente
No capitalismo digital ocidental, os dados pessoais constituem uma
forma central de propriedade privada. As grandes plataformas
apropriam-se integralmente das informações geradas pola atividade
quotidiana dos utilizadores — comunicações, deslocações, hábitos de
consumo — e transformam-nas em mercadoria. Estes dados são monetizados através de publicidade dirigida, vendidos a terceiros ou utilizados para moldar e antecipar comportamentos, convertendo os próprios utilizadores em matéria-prima do processo de acumulação.
Este regime de propriedade privada dos dados confere às Big Tech um
poder económico e político extraordinário. Empresas como Google, Meta ou
Amazon controlam volumes de informação superiores aos de muitos
Estados, sem qualquer controlo público efetivo, o que lhes permite
influenciar mercados, processos políticos e dinâmicas sociais de larga
escala.
Na China, embora as plataformas também recolham dados em massa e
participem na exploração capitalista, estes não constituem propriedade
privada absoluta das empresas. O Estado mantém acesso legal e capacidade de intervenção direta sobre os fluxos de dados considerados estratégicos,
enquadrando as plataformas como gestoras subordinadas de
infraestruturas informacionais. Na prática, isto significa que os dados
não pertencem exclusivamente às empresas: as plataformas são
obrigadas a armazenar informação sensível em servidores localizados no
território nacional, a partilhar dados com autoridades reguladoras e a
integrar-se em sistemas públicos de supervisão, como ocorre com dados financeiros, logísticos, de mobilidade ou de comunicações.
Este modelo implica certos problemas de vigilância e controlo social,
mas impede que os dados se convertam numa base autónoma de poder
privado. Ao contrário do Ocidente, onde empresas como Google ou Meta
controlam sozinhas infraestruturas informacionais globais, na China nenhuma plataforma pode transformar os dados num recurso político independente do Estado.
Assim, a diferença fundamental não reside na quantidade de dados
recolhidos, mas na sua forma de propriedade e no tipo de poder que deles
deriva: no Ocidente, os dados reforçam a autonomia política do capital
tecnológico; na China, permanecem integrados numa estrutura de controlo
estatal que limita a formação de feudos digitais privados.
5. Capital produtivo e capital fictício: a chave marxista
Em O Capital, Marx distingue claramente o capital produtivo do capital fictício.
O primeiro investe em meios de produção e em trabalho vivo,
transformando materialmente a realidade e gerando valor novo através da
exploração da força de trabalho. Toda a riqueza social, por mais
abstrata que pareça, assenta em última instância neste processo material
de produção. Recomendamos aqui a leitura dos artigos de Capitalismo (I): Andrés Piqueras. Crises do Capitalismo. A fase terminal e Capitalismo (II): Trabalho Produtivo e Improdutivo, uma perspetiva marxista, com Andrés Piqueras analisando a diferença entre trabalho produtivo e improdutivo.
O capital fictício, polo contrário, apresenta-se como dinheiro que
gera mais dinheiro sem passar pola produção: ações, títulos, derivados
financeiros e valorização bolsista. Trata-se de uma forma fetichizada do
capital, que não cria valor, mas representa direitos de apropriação
sobre valor futuro ou redistribui valor produzido noutro lugar. Como
Marx já assinalava, este capital parece autonomizar-se da produção,
ocultando a sua dependência do trabalho vivo.
Desde os anos 1980, o Ocidente conheceu um processo profundo de financeirização.
A economia deslocou-se da indústria para os mercados financeiros: Wall
Street substituiu Detroit como centro dinâmico da acumulação. Hoje, uma
parte crescente dos lucros corporativos nos Estados Unidos provém de
atividades financeiras, enquanto a produção material foi deslocalizada
para outras regiões do mundo.
As grandes plataformas digitais ajustam-se perfeitamente a este
modelo financeirizado. Apesar de empregarem relativamente poucos
trabalhadores e produzirem poucos bens materiais, concentram
capitalizações bolsistas gigantescas, baseadas em expectativas futuras e
no controlo de infraestruturas digitais. A sua força não reside na
produção direta de valor, mas na capacidade de capturar rendas e atrair
fluxos financeiros, evitando as contradições clássicas da produção
industrial — sindicatos, greves, custos fixos elevados.
É neste contexto que o tecnofeudalismo emerge no Ocidente: não como
superação do capitalismo, mas como expressão extrema do domínio do
capital fictício sobre o capital produtivo.
6. Por que a China seguiu outro caminho
Ao contrário do Ocidente, a China nunca permitiu que o capital
financeiro se autonomizasse e subordinasse o capital produtivo. Desde o
início das reformas, a prioridade estratégica manteve-se na produção material:
indústria, manufatura, infraestrutura, energia e tecnologia aplicada à
produção. Ainda hoje, uma parte significativa do investimento total
concentra-se em setores produtivos, e a indústria continua a desempenhar
um papel central na criação de valor e no emprego.
Esta orientação materialista reflete-se na forma como as plataformas
digitais são integradas na economia. As grandes empresas tecnológicas
chinesas não substituem a produção por extração parasitária de renda,
como ocorre no Ocidente, mas funcionam sobretudo como instrumentos de apoio à circulação, logística, pagamentos e organização da produção. Quando tentam autonomizar-se como capital financeiro ou impor modelos rentistas, são rapidamente disciplinadas.
A razão fundamental desta diferença reside no controlo estatal material. No sistema financeiro chinês, apesar de existir uma diversidade de bancos, os grandes bancos estatais dominam a maior parte dos ativos bancários:
os seis maiores bancos comerciais estatais (ICBC, CCB, ABC, Bank of
China, Postal Savings Bank e Bank of Communications) detinham cerca de 41,7 % dos ativos de todo o sistema bancário chinês no final de 2023,
e o Estado permanece como acionista maioritário nestas instituições
através do Ministério das Finanças, da Central Huijin Investment e
outras holdings públicas.
Para além disso, o Estado controla sectores estratégicos fundamentais
da economia através de empresas públicas e sociedades de economia mista
que figuram entre as maiores do país, com as estatais a representar
mais de 40 % do PIB e a manter participação dominante em sectores como energia, telecomunicações e infra-estrutura.
Este domínio confere-lhe um poder real — e não meramente regulatório —
para intervir sobre o capital privado. Ao controlar o acesso ao
crédito, às licenças, às infraestruturas e aos mercados-chave, o Estado
pode impor limites efetivos à acumulação privada excessiva.
Deste modo, embora a China utilize uma economia de mercado com
exploração do trabalho e contradições próprias, não se desenvolve ali um
tecnofeudalismo à maneira ocidental. O capital tecnológico permanece
subordinado a uma estratégia produtiva e a um poder político estatal que
não abdica do controlo dos meios fundamentais da acumulação.
7. Crítica dialética a Varoufakis
A análise de Varoufakis descreve com precisão um fenómeno real do
capitalismo contemporâneo ocidental: a crescente centralidade das
plataformas digitais, a transformação do lucro em renda e a subordinação
de vastas camadas sociais a infraestruturas privadas. O erro não está
no diagnóstico empírico parcial, mas na sua universalização teórica.
Ao apresentar o tecnofeudalismo como uma nova etapa histórica
inevitável, Varoufakis transforma um resultado político e histórico
concreto numa suposta lei da tecnologia digital.
Do ponto de vista do materialismo dialético, esta inversão é
problemática. As formas sociais não derivam diretamente da técnica, mas
das relações materiais de poder, propriedade e produção.
O mesmo desenvolvimento tecnológico gera resultados distintos consoante
a correlação de forças entre capital, Estado e trabalho. O caso chinês
demonstra empiricamente que não existe qualquer automatismo tecnológico
que conduza do capitalismo ao feudalismo digital.
O tecnofeudalismo não é, portanto, a superação do capitalismo, mas uma forma específica da sua degeneração financeirizada,
própria de sociedades em que o Estado foi politicamente derrotado polo
capital financeiro e abdicou do controlo material dos meios estratégicos
da acumulação. Ao deslocar o foco da análise das relações de classe e
da luita política para a tecnologia em abstrato, a tese de Varoufakis
obscurece o verdadeiro terreno da transformação social revolucionária.
Assim, longe de ajudar a compreender como superar o capitalismo, o
conceito de tecnofeudalismo tende a naturalizar uma configuração
histórica particular, a abstrair da história e a idealizar, desviando a
atenção da tarefa central do marxismo: identificar as contradições
materiais reais e organizar a sua superação consciente.
8. As contradições internas do tecnofeudalismo
O denominado por Varoufakis tecnofeudalismo, apresenta contradições
internas profundas que colocam em causa a sua própria reprodução
histórica. A extração sistemática de renda sem produção de valor novo
tende a empobrecer a base produtiva da qual depende. Ao
capturarem uma parte crescente do rendimento de produtores,
trabalhadores e pequenos negócios, as plataformas digitais estrangulam a
acumulação real, reduzindo investimento produtivo, salários e
capacidade de consumo.
Este parasitismo manifesta-se empiricamente na precarização
generalizada do trabalho de plataforma, na compressão das margens dos
vendedores dependentes das Big Tech e na crescente concentração de
riqueza. Nos Estados Unidos, por exemplo, as grandes plataformas
tecnológicas concentram capitalizações bolsistas superiores ao PIB de
muitos países, ao mesmo tempo que empregam relativamente poucos
trabalhadores diretos, aprofundando a dissociação entre valorização
financeira e produção material.
Ao minar salários, destruir pequenos produtores e subordinar vastos
setores sociais a infraestruturas privadas, o tecnofeudalismo corrói as próprias condições da sua reprodução.
A redução do poder de compra, o endividamento crónico e a instabilidade
social tornam-se tendências estruturais, revelando um sistema que se
autodestrói ao explorar em excesso a sua base material.
Estas contradições geram inevitavelmente resistência social.
Trabalhadores de plataformas, pequenos vendedores e utilizadores
partilham interesses objetivos contra a extração rentista das Big Tech.
Como já indicava Marx, o capitalismo engendra o seu próprio contrário: a
negatividade surge do interior do próprio processo, criando sujeitos e
conflitos que apontam para a sua superação.
Por fim, o tecnofeudalismo agrava as contradições geopolíticas
do capitalismo global. A concentração de infraestruturas digitais em
poucas empresas sediadas em determinados países intensifica disputas
entre Estados, fragmenta mercados e acelera processos de desglobalização
tecnológica. Estas fissuras revelam que o tecnofeudalismo não constitui
um novo equilíbrio estável, mas uma forma historicamente transitória,
atravessada por tensões económicas, sociais e políticas crescentes.
Conclusão: para além do tecnofeudalismo
O tecnofeudalismo não é inevitável. Trata-se de uma forma histórica
específica do capital financeiro digitalizado, própria do Ocidente
capitalista e das suas democracias burguesas, nas quais o capital
privado acumulou tal poder material que conseguiu subordinar o Estado e
dominar sobre o poder político. Onde estas relações económicas se
alteram, altera-se também o resultado.
A limitação fundamental da tese de Varoufakis não está na sua descrição do presente ocidental, mas na forma como tende a naturalizar essa configuração histórica,
apresentando-a como uma nova etapa quase necessária do desenvolvimento
tecnológico. Do ponto de vista do materialismo dialético, esta leitura
inverte a relação entre técnica e poder: não é a tecnologia que produz
automaticamente novas formas sociais, mas as relações de propriedade, de
produção e de dominação política que determinam o uso social da
técnica.
O caso chinês demonstra empiricamente que o desenvolvimento das
plataformas digitais não conduz inevitavelmente à formação de feudos
privados autónomos. Com a mesma tecnologia, surgem resultados distintos
quando o capital financeiro permanece subordinado ao poder político e à
primazia da produção material. O tecnofeudalismo revela-se, assim, não
como uma superação do capitalismo, mas como uma forma específica da sua degeneração financeirizada, resultante de uma correlação de forças historicamente determinada.
O desafio histórico central não consiste apenas em diagnosticar esta forma de dominação, mas em identificar o sujeito e o terreno da sua superação.
Nem a descrição crítica do tecnofeudalismo, nem a constatação de que
ele não é inevitável, respondem por si mesmas à questão decisiva: como
podem os explorados do capitalismo digital organizar-se para transformar
materialmente estas relações económicas?
A resposta não passa por regulações tímidas nem por reformas
social-democratas do capitalismo digital, como as que pretende o
programa de Varoufakis, mas pola disputa do controlo material das
infraestruturas construídas polo trabalho coletivo. A apropriação social
das plataformas e a tomada dos meios de produção digitais constituem a
única via coerente, desde o marxismo, para ir verdadeiramente para além
do tecnofeudalismo.
Notas de fontes
41,7 % dos ativos bancários controlados polos seis maiores bancos com maioria estatal no sistema bancário chinês — dados estruturais compilados pola OCDE.
Estatais representam cerca de 40 % do PIB e sectores estratégicos sob controle estatal
segundo análises sobre a economia chinesa contemporânea.
https://noticias.portaldaindustria.com.br/noticias/economia/estatais-representam-mais-de-40-do-pib-da-china/?utm_source=chatgpt.com