Lors de la Première Guerre mondiale, le sous-officier Filimonov est victime d'une grave commotion qui le laisse amnésique. Une dizaine d'années plus tard, un événement lui permet de retrouver peu à peu la mémoire. Il rentre chez lui mais rien ne ressemble à ses souvenirs.
Canciones de la guerra social contemporánea es el título de un
panfleto elaborado por Guy Debord, firmado anónimamente con el seudónimo
“Unos iconoclastas” y fechado en mayo de 1981. Estas coplas y rumbas détournées nunca llegaron a concretarse en disco, como tampoco el proyecto fílmico De l'Espagne de 1982. Mientras Debord seguía con su mito desfasado, en la España musical pasaba esto:
Nuclear Sí (El aviador Dro y sus obreros especializados)
A comienzos de los ochenta, Aviador Dro estaba intentando moverse dentro de una industria que no sabía muy bien qué hacer con un grupo obsesionado con sintetizadores, ciencia ficción y estética industrial. Tras su paso por Movieplay, la banda se quedó sin respaldo claro y, ante la falta de interés de otras discográficas, decidió pagar entre todos la grabación de su propio material a plazos mensuales. Ese cierre de puertas no frenó nada. En enero de 1982 levantaron DRO, siglas de Discos Radiactivos Organizados, hoy recordado como el primer gran sello independiente del pop y el rock español de esa etapa. La primera referencia del catálogo fue “Nuclear Sí”, con una tirada inicial de 1,500 copias y portadas fotocopiadas que incluso llegaron a colorearse a mano.
Lo más raro es que la idea no se quedó en salvar a una sola banda. Después de vender miles de copias de ese primer sencillo, DRO empezó a editar a otros grupos que tampoco encontraban espacio en las estructuras tradicionales, entre ellos Nacha Pop, Siniestro Total, Parálisis Permanente y Glutamato Ye-Yé. Lo que arrancó como una salida de emergencia acabó abriendo una vía real para buena parte de la música española de los ochenta. Mientras muchos grupos esperaban que una compañía los validara, Aviador Dro armó una propia y la convirtió en plataforma para una escena completa.
Ali Larijani a été tué dans un bombardement israélien le 17 mars 2026 à
Téhéran, en compagnie de son fils, Morteza, de son adjoint, Alireza
Bayat, ainsi que de plusieurs membres de sa garde rapprochée. Trois jours après la publication de cet article. Il aurait été trop enclin à trouver une solution négociée au conflit au goût de l'armée la plus morale du monde.
Source primaire Haaretz, Gi’don Lev 14-03-2026 Traduit par les lecteurs du site Les-Crises
Un dirigeant impitoyable, un brillant philosophe : qui était Ali Larijani, l’homme le plus puissant d’Iran ? Il a orchestré le massacre des manifestants en
Iran. C’était également un philosophe qui a écrit des ouvrages sur Kant.
Les écrits d’Ali Larijani, le plus haut responsable de la sécurité de
la République islamique, révèlent une personnalité insaisissable et aux
multiples facettes.
Ali Larijani
En juin 2009, des émeutes ont éclaté à l’université de Téhéran pour
protester contre les résultats truqués de l’élection présidentielle qui
s’était tenue au milieu du mois. Au moins 12 personnes ont été tuées.
Ali Larijani, alors président du Parlement iranien, a immédiatement
condamné la violence des forces de sécurité à l’encontre des étudiants.
Il s’est même rendu sur plusieurs des sites où des étudiants avaient été
attaqués et s’est interrogé sur la manière dont des jeunes avaient pu
être agressés dans leurs dortoirs au milieu de la nuit. Il a déclaré que
la loi devait être respectée et que le ministre de l’Intérieur devait
assumer la responsabilité de ces événements.
Dix-sept ans plus tard. Lorsque des troubles ont éclaté en Iran en
janvier, menaçant le régime peut-être plus que tout autre événement,
l’ayatollah Ali Khamenei a contourné l’autorité du président et s’est
tourné vers Larijani, alors à la tête du Conseil suprême de sécurité
nationale. Cette fois-ci, aucune hésitation.
Larijani est largement considéré comme l’architecte du succès de la
répression brutale menée cette année, mise en œuvre avec une efficacité
impitoyable. Selon diverses estimations, entre 7 000 et 36 500 civils
ont été tués, ce qui a conduit les États-Unis à lui imposer des
sanctions personnelles. Larijani a rejeté la responsabilité sur les
manifestants eux-mêmes, affirmant qu’ils étaient des terroristes
agissant sur les ordres d’Israël.
Après l’assassinat de Khamenei lors des frappes israélo-américaines
au début de la guerre, Larijani est largement considéré comme l’homme le
plus puissant d’Iran, celui qui détient l’autorité suprême en matière
de sécurité nationale et de politique étrangère. Il n’a pas été choisi
pour succéder au Guide suprême, non seulement parce qu’il n’est pas son
fils, mais aussi parce qu’il n’est pas un religieux, condition
indispensable pour occuper ce poste. Pourtant, c’est lui qui devrait
guider le nouveau guide à chaque étape, alors que ce dernier prend ses
fonctions dans une période particulièrement complexe.
Larijani affiche un parcours presque incroyable. En quarante ans, il a
gravi les échelons pour occuper des postes clés dans tous les centres
de pouvoir de la République islamique. Il a été officier supérieur des
Gardiens de la révolution, ministre de la Culture, responsable de la
propagande, président du Parlement, candidat à la présidence et, depuis
l’année dernière, secrétaire du Conseil de sécurité (fonction qu’il
avait déjà occupée il y a quelques années). Il incarne à lui seul
l’essence même du régime iranien.
Larijani peut sembler n’être qu’un rouage impitoyable de plus dans la
machine, du genre de ceux que les régimes sombres produisent à la
chaîne. Mais il n’est pas seulement cela. Même s’il a occupé des
fonctions gouvernementales pendant des décennies, il n’a jamais renoncé à
ce qui semble être sa plus grande passion : la philosophie. Ce
politicien au sang-froid est également philosophe, maître de conférences
en philosophie à l’université de Téhéran et spécialiste de la pensée de
Kant sur les mathématiques et les sciences ; il a écrit pas moins de
six ouvrages de philosophie et de nombreux articles.
J’ai passé cette dernière semaine alors que la guerre fait rage,
plongé dans les écrits de Larijani, autant que faire se peut, étant
donné que l’Internet iranien était en grande partie coupé, les sites
universitaires et même le site personnel de Larijani étant bloqués. J’ai
découvert un esprit brillant qui parvient à concilier, comme peu
d’autres, une vie contemplative et une vie d’action, ce qui n’est pas
une mince affaire. Dans ses écrits, Larijani tente de défendre les
prémisses fondamentales de sa vision religieuse extrême du monde en
utilisant les règles de la philosophie occidentale, et il avance souvent
des arguments qui invitent véritablement à la réflexion.
La lecture de son œuvre est une expérience déconcertante. D’un côté,
se dessine le portrait d’un homme pragmatique qui n’hésite pas à
adresser des critiques acerbes aux autorités de son pays, qui aspire à
une société moderne et développée, et qui s’exprime dans des écrits
portant sur la liberté d’expression et la démocratie. De l’autre, se
détache clairement la figure d’un musulman « fondamentaliste », comme il
se définit lui-même, qui prône la primauté de l’idéologie religieuse.
Larijani estime que la véritable guerre ne porte pas sur les biens
matériels, mais sur l’esprit. Il met en lumière les maux du monde
occidental et leur tend un miroir, un miroir qui peut parfois nous
mettre au défi, et qui suscite parfois un profond dégoût.
Ali Larijani, âgé de 67 ans, est issu d’une famille qui a été décrite
comme l’équivalent iranien de la famille Kennedy. Son père était un
haut dignitaire chiite. Son frère aîné, le Dr Mohammad Javad Larijani, a
été un proche conseiller de Khamenei en matière d’affaires étrangères.
Mohammad Javad a étudié les mathématiques à l’université de Californie à
Berkeley, a fondé un centre de physique théorique en Iran et a été le
premier à obtenir l’autorisation d’introduire Internet dans son pays.
Son deuxième frère, Sadiq Larijani, dirige le système judiciaire iranien
depuis une décennie et occupe depuis 2018 le poste de président du
Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, un puissant
organe gouvernemental. Le plus jeune frère, Bagher Larijani, a
précédemment occupé les fonctions de vice-ministre de la Santé et de
recteur de l’Université des sciences médicales de Téhéran. Ali Larijani
lui-même a épousé Farideh, fille du disciple le plus proche de
l’ayatollah Ruhollah Khomeini, Morteza Motahhari, l’un des principaux
idéologues de la Révolution islamique.
« On voit l’empreinte de cette famille dans le système judiciaire, en
politique et dans le domaine des sciences », explique à Haaretz le
professeur Mehrzad Boroujerdi, spécialiste de l’Iran à l’Université des
sciences et technologies du Missouri.
Il est intéressant de constater que les « Kennedy » iraniens ont tous
un profil d’intellectuels. Même Sadiq, qui est un religieux, est
diplômé en philosophie occidentale ; il a écrit des ouvrages sur la
philosophie du langage, la philosophie morale et la philosophie
analytique, et a traduit des travaux des philosophes Karl Popper et
Geoffrey Warnock.
Ali Larijani a obtenu une licence en mathématiques et en informatique
à l’Université technologique de Sharif, l’établissement le plus réputé
dans ce domaine en Iran. Il s’est ensuite réorienté vers des études en
master et doctorat de philosophie, et a consacré sa thèse à la
philosophie des mathématiques d’Emmanuel Kant. Il a par la suite publié
trois ouvrages sur Kant, ainsi que des livres sur la philosophie
politique et la gouvernance, sans compter de nombreux articles
universitaires parus dans des revues persanes.
Le choix de Kant par Larijani peut être examiné à la lumière du choc
des civilisations dont est issu le dirigeant iranien. En 1979, pour la
première fois dans la période moderne, une théocratie, système de
gouvernement fondé sur les lois religieuses, a vu le jour. Les partisans
de la révolution ont cherché à présenter l’islam comme une idéologie à
part entière, à même d’offrir une alternative philosophique viable au
monde moderne, et de nombreux intellectuels ont joué un rôle central
pour définir la vision du monde de la République islamique.
Selon cette vision, la civilisation occidentale avait atteint son
point de rupture, et était aux prises avec des problèmes tels que
l’aliénation et la solitude. La seule solution, selon cette vision,
consistait à abandonner l’égoïsme et l’humanisme occidentaux, à renoncer
à son scepticisme et à déraciner l’arbre « pourri » de la modernité
elle-même.
La tension entre ces deux facettes de sa vision du monde a accompagné
Larijani tout au long de sa vie : d’un côté, c’est un pragmatique qui
reconnaît l’importance de la science, de la technologie et de
l’économie, et qui aspire à une société moderne ; de l’autre, c’est un
fondamentaliste.
« L’Iran n’est pas seulement un État caricatural dirigé par les
ayatollahs », explique Boroujerdi. « On y mène des débats approfondis
sur des sujets intellectuels. Les Iraniens s’efforcent de comprendre la
place de la tradition et ce qu’ils peuvent apprendre de l’Occident. Les
diplômés universitaires sont tenus de lire les textes fondamentaux de la
philosophie occidentale. »
« En Iran, on considère qu’il faut connaître la philosophie
occidentale pour comprendre et faire progresser la philosophie islamique
», explique le professeur, ajoutant que même le chef de la révolution
de 1979, « Khomeini lui-même, a étudié Platon et Aristote. Sa conception
du chef religieux est une variante du roi-philosophe de Platon. »
Pour autant, la décision de Larijani de centrer ses recherches
spécifiquement sur Kant ne va pas de soi. La pensée critique de Kant est
annonciatrice des Lumières, et sa philosophie est associée à la laïcité
et s’oppose clairement au fondamentalisme. Kant est le philosophe le
plus important du mouvement auquel s’est opposée la Révolution
islamique. Larijani a choisi de se pencher sur son œuvre et d’obtenir en
quelque sorte son aval.
« Larijani a suivi une formation de mathématicien, et chez Kant, il
existe un lien entre les mathématiques, la morale et la théologie »,
explique Ofra Rechter, du département de philosophie de l’université de
Tel Aviv. « Seuls quelques chercheurs ont abordé ce lien. Dans l’un de
ses premiers textes, qui n’intéresse que les philosophes des
mathématiques, Kant a répondu à la question de savoir si la certitude en
théologie est possible au même titre qu’en mathématiques. Il a soutenu
que oui. »
Un exemple intéressant du travail de Larijani est un article dans
lequel il s’interroge sur la nature de la démonstration mathématique :
qu’est-ce qui fait qu’une suite d’arguments constitue une «
démonstration », et quel est le lien entre l’intuition et la
démonstration mathématique dans la philosophie de Kant ?
« Dans son article, Larijani cherche à montrer que la différence
entre un argument philosophique et une démonstration mathématique ne
réside pas dans l’argument lui-même, mais dans les hypothèses,
c’est-à-dire dans les axiomes à partir desquels on procède », explique
le Dr Rechter. « Il prend part à un débat d’interprétation et franchit
une nouvelle étape. Il part d’une affirmation communément admise et
tente de démontrer qu’il en découle l’affirmation que les chercheurs qui
la défendent souhaitent rejeter, à savoir que l’intuition joue
également un rôle dans la reconnaissance des axiomes mathématiques. »
À partir de là, Larijani aborde l’une des questions centrales de la
philosophie des sciences, connue sous le nom de « problème de la
démarcation », dans le but de clarifier quelle devrait être la relation
appropriée entre les institutions religieuses et la recherche
universitaire. Ce problème trouve son origine dans la difficulté de
distinguer sans ambiguïté les théories scientifiques des théories non
scientifiques, y compris dans le cas de certaines descriptions
religieuses qui, selon les philosophes, devraient être soumises à la
critique scientifique. La solution acceptée étant que seules les
affirmations fondées sur l’observation empirique sont scientifiques, et
que par conséquent les affirmations métaphysiques (celles qui traitent
de la nature de la réalité, de l’existence de Dieu et du lien entre le
corps et l’âme) sont intrinsèquement des absurdités dénuées de sens. Le
philosophe autrichien de renom Karl Popper a proposé une autre réponse :
le critère permettant de déterminer le statut scientifique d’une
théorie réside dans sa capacité à pouvoir être vérifiée, mais aussi
réfutée.
Larijani s’est penché sur le « principe de réfutation » de Popper.
Selon lui, ce principe n’implique pas que les théories non réfutables
soient dénuées de sens. « La question posée par Popper n’était pas
“Pourquoi y a-t-il un sens ou une importance ?” ni “Qu’est-ce qui est
vrai ou acceptable ?” », a déclaré Larijani lors d’une de ses
conférences, « mais plutôt de tracer la ligne de démarcation entre les
systèmes théoriques des sciences empiriques et tous les autres systèmes.
»
Selon Larijani, la métaphysique, tout comme la science, exprime à sa
manière la quête humaine de la vérité. Il s’agit simplement de vérités
relevant d’autres domaines. « L’accent mis sur le problème de la
démarcation et sur la théorie de la méthode de Kant permet à Larijani de
tenter de réconcilier les institutions religieuses et les universités,
et ainsi de soustraire l’enseignement supérieur à l’emprise des
institutions religieuses centralisées en Iran », explique Rechter. « En
s’intéressant à la méthode de Kant et grâce à des recherches pointues et
non dogmatiques, Larijani parvient à reprendre certains aspects
complexes de la pensée de Kant et à les mettre au service d’une
rhétorique qu’il pousse plus loin que ne le souhaitaient les religieux. «
Il établit un lien entre les aspects les plus profonds et les plus
abstraits de la philosophie de Kant d’une part, et les besoins les plus
concrets de l’État d’autre part, afin, d’une part, de permettre la
pérennité du monde religieux islamiste tel qu’il est, et, d’autre part,
de freiner la centralisation de cette pensée religieuse. Les séminaires
religieux enseigneront la religion, et les universités enseigneront ce
qu’elles enseignent, et il y aura de l’humilité entre les différentes
approches – c’est la seule façon pour que toutes puissent s’épanouir. »
Dans l’un de ses discours, Larijani a abordé sans détour la tension
entre religion et science. La possibilité de réconcilier les deux ne
réside pas, a-t-il déclaré, dans la recherche de points communs, mais
dans la reconnaissance du fait que la vérité revêt de multiples
facettes, comme le révèlent les recherches menées dans différents
domaines. « C’est pourquoi nous devons reconnaître humblement le travail
des autres, en comprenant que chaque domaine révèle une partie de la
vérité. Et lorsque nous menons une recherche dans un domaine particulier
de la vérité, nous ne devons pas transposer nos conclusions à d’autres
domaines. Bon nombre de controverses naissent du fait que des
conclusions propres à un domaine particulier s’immiscent dans d’autres
domaines, sans toutefois respecter la méthodologie propre à ces derniers
».
La science et la religion relèvent peut-être de deux domaines de
recherche distincts, mais elles s’opposent aussi. Et lorsqu’il y a
conflit, le choix de Larijani est clair.
Larijani commence sa vie active dans le Corps des Gardiens de la
Révolution dans les années 1980, pendant la guerre Iran-Irak, et a gravi
les échelons au fil des ans jusqu’au grade de général de brigade. Il a
également travaillé au centre de recherche de l’organisation, et il
s’est alors attaché à élaborer un cadre théorique pour la doctrine du «
Velayat-e Faqih » (tutelle du juriste islamique), qui constitue le
pilier de la structure politique iranienne.
À partir de là, son ascension vers les plus hautes sphères du régime a
été fulgurante. En 1992, il a été nommé ministre de la Culture, en
remplacement du réformiste Mohammad Khatami. Larijani a occupé ce poste
pendant deux ans, période durant laquelle il a renforcé la censure dans
tous les domaines culturels du pays. Au cours de son mandat, des
tentatives ont même été faites pour supprimer ou modifier des passages
d’œuvres littéraires classiques iraniennes, sous prétexte qu’ils étaient
provocateurs ou inappropriés.
Sa réussite à ce poste lui a valu d’être nommé, en 1994, à la tête de
la Radiotélévision de la République islamique d’Iran, seule autorisée à
diffuser des émissions de radio et de télévision dans le pays. Pendant
onze ans, Larijani a contrôlé et considérablement développé la machine
de propagande iranienne ; il a ouvert six stations de radio et cinq
chaînes de télévision (seules deux chaînes existaient avant son arrivée
au pouvoir). Parallèlement, il a réduit la diffusion de programmes
étrangers et renforcé l’emprise du régime sur les émissions produites
localement.
La philosophie de Kant est associée à la laïcité et s’oppose
clairement au fondamentalisme. Il est le philosophe le plus éminent au
sein du courant auquel s’est opposée la Révolution islamique. Larijani a
choisi de s’en inspirer et d’obtenir en quelque sorte son aval.
On peut discerner sa manière de penser dans la façon dont il
dirigeait l’appareil de propagande. Il affirmait, à juste titre, que les
médias et l’art reposaient sur un fondement philosophique, façonné par
leurs présupposés métaphysiques. « Si l’on examine la perspective
occidentale à partir du XIXe siècle, on voit émerger une perspective
entièrement centrée sur l’humanité », a-t-il déclaré un jour. « Tout
dans le monde doit être organisé de manière à ce que les êtres humains
puissent vivre heureux, et toute contrainte imposée aux êtres humains
n’existe que pour prévenir tout préjudice. C’est ce type de pensée qui
se reflète également à la télévision et au cinéma. »
Larijani a voulu modeler les médias iraniens selon les principes
intellectuels de la République islamique. Selon lui, la seule raison
d’être de l’art est de servir d’outil dans la quête de la vérité : « Les
êtres humains existent pour découvrir la vérité. L’art fait appel à
l’émotion et à la sensibilité, mais pas de manière arbitraire. L’art
doit tendre vers la transcendance. » Il a également souligné la qualité
des œuvres iraniennes. « Je ne veux pas généraliser, il existe aussi des
œuvres majeures en Occident, mais généralement pas dans une telle
mesure. À Hollywood, seule une petite fraction des films peut être
considérée comme des oeuvres majeures. Les œuvres iraniennes se
distinguent par leur orientation spirituelle et intellectuelle. »
Il avait également conscience du pouvoir de la culture et des médias
pour faire évoluer la conscience collective. « La transformation
culturelle obéit à sa propre méthodologie », faisait-il remarquer. « Les
croyances doivent changer, et les êtres humains doivent modifier leur
comportement, de leur plein gré. Le changement culturel ne peut être
imposé par une pression sociale rigide. Une rigidité excessive entraîne
un fort rejet. Si nous sommes confrontés à des problèmes sociaux et
culturels, c’est par des moyens culturels qu’il faut les résoudre. »
Selon le magazine en ligne « Tehran Bureau », sous la direction de
Larijani, l’autorité nationale de l’audiovisuel a consolidé la mainmise
des extrémistes sur d’importantes institutions de l’État. Il a par
exemple lancé une émission de télévision intitulée « Hoviyat » («
Identité »), dans laquelle les intellectuels progressistes et les
détracteurs de la République islamique étaient violemment attaqués.
Cette émission servait souvent de tribune pour poursuivre et emprisonner
les opposants au régime. De plus, Larijani a fondé un quotidien qui
s’en prenait aux réformistes.
Bien avant l’ère de l’intelligence artificielle, Larijani s’était
déjà spécialisé dans les fausses informations. En 1997, il a donné son
feu vert à la production d’un film qui montrait prétendument des
partisans du réformiste Khatami, alors candidat à la présidence, en
train de danser et de chanter le jour de l’assassinat de l’imam Hussein,
la figure la plus sacrée d’Iran. Ces images étaient fausses.
Après avoir dirigé pendant plus d’une décennie le département de la
propagande, Larijani a continué d’exercer les fonctions de conseiller
personnel de Khamenei et de secrétaire général du Conseil suprême de
sécurité nationale, postes qu’il a occupés jusqu’en 2007 (il a repris
cette dernière fonction en août dernier). Le Conseil est chargé de
définir la politique de défense et de sécurité nationale, ainsi que de
superviser les négociations relatives au programme nucléaire iranien.
Larijani a donc été le négociateur en chef pour le programme nucléaire
iranien et a joué un rôle clé dans l’élaboration de la position de
l’Iran sur l’accord nucléaire de 2015. Il a fait preuve d’une approche
pragmatique, soutenant la diplomatie pour réduire les sanctions, mais
sans compromettre la sécurité de l’Iran.
En 2005, Larijani s’est présenté à l’élection présidentielle, mais a
été battu par Mahmoud Ahmadinejad. Dans le cadre de sa campagne,
Larijani a critiqué la direction réformiste dirigée par Khatami,
affirmant qu’elle avait négligé l’économie. « Soixante-quinze pour cent
des revendications du peuple iranien sont d’ordre économique », a-t-il
déclaré. « Seuls 5 % sont d’ordre culturel ou politique. »
Jack Straw, ancien ministre britannique des Affaires étrangères, a
rencontré Larijani et Ahmadinejad en marge de l’Assemblée générale des
Nations unies à cette époque. Il se souvient de Larijani comme d’une
personnalité plus raffinée que le président. Alors qu’Ahmadinejad
portait des vêtements datant du début des années 1980, Larijani est
arrivé vêtu d’un polo Ralph Lauren soigneusement repassé, a écrit Straw
dans ses mémoires.
Dans l’ouvrage qu’il a publié la même année, « Alliance avec le
peuple », Larijani a proposé « un nouvel Iran, un Iran qui cherche à
mettre fin à une ère d’arriération et à réussir une renaissance
scientifique et technologique, qui irait de pair avec une augmentation
de la richesse nationale. C’est pourquoi l’économie doit devenir la
priorité absolue à l’heure actuelle. » Il présente un plan de
transformation menant à un « État moderne » et se concentre sur des
questions telles que le progrès scientifique et technologique, la
réforme religieuse, la lutte contre la corruption économique au sein des
entités étatiques, s’attaquant à la fuite des cerveaux, mais également
s’assurant de la « préservation de l’identité nationale iranienne dans
le processus de mondialisation ».
La tension entre ces deux facettes de sa vision du monde a accompagné
Larijani tout au long de sa vie : d’un côté, c’est un pragmatique qui
reconnaît l’importance de la science, de la technologie et de
l’économie, et qui aspire à une société moderne ; de l’autre, c’est un
fondamentaliste.
Cette tension, soit dit en passant, se manifeste également au sein de
sa famille. L’une de ses filles, médecin et chercheuse en cancérologie
aux États-Unis, a publié une soixantaine d’articles dans des revues
scientifiques ; elle a récemment été licenciée de son poste à
l’université Emory en raison de l’influence considérable de son père en
Iran. Il est donc évident que Larijani a élevé sa fille dans un esprit
d’indépendance et de réussite personnelle. Mais lors d’une rare
interview, son épouse Farideh a évoqué le point de vue de son mari sur
la condition des femmes. Selon elle, même si Larijani estime que, certes
les femmes peuvent parfois assumer certaines fonctions clés bien mieux
que les hommes, en raison de leurs responsabilités liées à la gestion du
foyer et à l’éducation des enfants, il est selon lui préférable
qu’elles n’occupent pas de fonctions en dehors du foyer.
Dans ses propos sur la liberté humaine, Larijani a naturellement
affirmé que tous les êtres humains, du simple fait d’être humains, ont
droit à la liberté. « La nature humaine est telle qu’il faut être libre
de penser. Par conséquent, la liberté de pensée est un droit. »
Mais voici que vient un grand « mais », qui revient en fait à
légitimer le concept d’une police de la pensée. Sa thèse est simple :
tout comme dans l’apprentissage, tout doit reposer sur un ordre logique,
et par conséquent, toute pensée dépourvue de cohérence logique doit
être rejetée et ne pas être diffusée dans la société, il en va de même
pour l’éthique. « Tout ce qui peut élever spirituellement la société
devrait jouir de liberté dans son domaine et englober une variété de
goûts et d’inclinations », a déclaré Larijani, « tandis que tout ce qui
conduit à la dégradation sociale devrait être considéré comme dépassant
les limites de la liberté spirituelle. » Qui décide de ce qui conduit à
l’élévation et de ce qui conduit à la dégradation ? Larijani, bien sûr.
Il a tenu des propos similaires au sujet de la démocratie. « La
démocratie n’est peut-être pas toujours la méthode idéale, mais c’est
celle qui est la plus largement acceptée. C’est une voie méthodologique,
une approche pragmatique pour guider la société vers la réussite. Une
société réussit d’autant mieux lorsque son gouvernement bénéficie d’une
large adhésion de la part de ses citoyens. Mais tout comme la liberté
spirituelle de pensée a besoin d’un cadre, il en va de même pour la
démocratie. Que signifie ce cadre ? C’est un cadre qui mène à un
objectif, et cet objectif est le bien-être de la nation. »
C’est là que le raisonnement s’aventure dans des domaines
métaphysiques qu’un libéral aurait beaucoup de mal à accepter. Dans la
pensée métaphysique libérale, la société en tant que telle est dépourvue
de tout caractère absolu : elle n’est qu’un ensemble d’individus liés
par un contrat social. Le point de vue de Larijani est différent. Selon
lui : « La société possède une identité existentielle distincte de celle
de l’individu. Autrement dit, l’entrelacement des esprits des individus
au sein d’une nation crée une âme collective indépendante. Si nous
reconnaissons cette identité indépendante, nous devons également
reconnaître ses droits. Selon la pensée islamique, cette âme collective
poursuit un objectif : elle aspire à la prospérité et à la rédemption. »
Si tel est le cas, il faut alors mettre en place des cadres destinés à
orienter la démocratie vers son objectif, conformément aux principes de
l’islam. En d’autres termes, « la législation de l’État n’a de sens que
lorsqu’elle est conforme à ces principes et à cet objectif ».
Larijani a occupé le poste de président du Parlement iranien pendant
trois mandats consécutifs, entre 2008 et 2020, une fonction qui en a
également fait une figure centrale du pouvoir législatif. Au cours de
son mandat, il a veillé à ce que l’accord sur le nucléaire soit approuvé
par le Parlement, mais a également durci la répression à l’encontre des
personnalités qui tentaient de saper le régime. La combinaison de ces
deux approches lui a valu la réputation d’un conservateur pragmatique.
Sa capacité à jouer sur les deux tableaux en a fait au sein de l’Iran
la figure de proue de la médiation, capable de dégager un consensus
même dans les situations difficiles. Cependant, cela lui a également
valu les critiques des cercles purs et durs du régime. Lorsqu’il a tenté
de se présenter à la présidence à deux reprises, en 2021 et en 2024, sa
candidature a été invalidée en raison d’un mode de vie jugé
insuffisamment pieux. Le professeur Lior Sternfeld, spécialiste de
l’Iran à l’université Penn State, affirme que « Le discours politique de
Larijani ne peut être facilement classé d’un côté ou de l’autre. Ses
opinions sur certaines questions penchent davantage vers le centre
politique que celles de Khamenei, par exemple. »
Même s’il n’a pas pu être élu président, son pouvoir politique n’a
cessé de croître. En 2021, Larijani a été chargé de superviser les
négociations avec la Chine concernant un accord de coopération
stratégique d’une durée de 25 ans, évalué à plusieurs milliards de
dollars. Au fil des ans, il s’est rendu à plusieurs reprises à Moscou en
tant qu’émissaire du Guide suprême Khamenei et y a rencontré Vladimir
Poutine, contribuant ainsi au maintien de liens étroits entre les deux
pays. Il a également été l’envoyé de Khamenei à Damas et à Beyrouth.
Depuis 2020, il siège également au Conseil de Discernement de l’intérêt
supérieur du régime, un organe puissant qui supervise le parlement et a
le pouvoir d’invalider des lois et de disqualifier des candidats aux
élections (il avait déjà siégé au conseil entre 1997 et 2008).
Cependant, en parallèle, Larijani continue de critiquer vivement le
gouvernement, depuis l’intérieur même du système. En 2024, il a publié
l’ouvrage « Sagesse et discernement dans la gouvernance », dans lequel
il souligne l’importance de la pensée logique dans la prise de décision
administrative et politique, formule des critiques explicites à l’égard
de la structure politique et évoque même la nécessité d’une nouvelle
interprétation de la Constitution de la République islamique. L’une de
ses propositions consiste à créer un conseil chargé de remédier aux
failles structurelles de l’État qui, selon lui, comprennent : un déclin
du capital social, une faible capacité de gestion, l’érosion de la
cohésion nationale et un manque d’innovation. Son approche est très
pragmatique et tournée vers les solutions.
Larijani estime que, certes, les femmes peuvent parfois assumer
certaines fonctions clés bien mieux que les hommes, en raison de leurs
responsabilités liées à la gestion du foyer et à l’éducation des
enfants, mais qu’il est préférable qu’elles n’occupent pas de fonctions
en dehors du foyer.
Mais Larijani rejette la solution la plus simple aux problèmes. Dans
un article publié en juin 2024, il se demande pourquoi, alors qu’il
existe un modèle efficace de gestion de la société sous la forme de la
civilisation occidentale, il faudrait s’efforcer de mettre en place une
société religieuse, quelque chose qui, comme il le reconnaît lui-même,
n’a jamais été réalisé avec succès au cours de l’histoire.
« La réponse à cette question, répond Larijani, réside au cœur même
de la différence entre ces deux perspectives : la société religieuse et
la civilisation occidentale. Selon cette vision, la société religieuse
est orientée vers la recherche de la vérité et fonctionne de manière
rationnelle, tandis que la civilisation occidentale est orientée vers la
recherche du plaisir et guidée par les émotions. »
L’année dernière, dans le sillage de la recrudescence des tensions
avec les États-Unis et Israël au sujet du programme nucléaire, Larijani a
de nouveau été appelé à occuper le poste de secrétaire général du
Conseil suprême de sécurité nationale. Selon le Wall Street Journal, il
était chargé de la réponse iranienne aux attaques israéliennes et
américaines de juin dernier, ayant notamment pris la forme du lancement
de centaines de missiles balistiques sur Israël.
Avec la mort de Khamenei au début de la guerre actuelle, Larijani
s’est imposé comme la figure clé du régime. Il est chargé de coordonner
les réponses militaires et politiques complexes à la menace qui pèse sur
divers organes gouvernementaux, sans oublier les attaques contre les
pays arabes voisins.
Son expérience à la tête de l’autorité nationale de l’audiovisuel lui
est également utile aujourd’hui. Il publie des messages sur X et vise
directement au cœur de la controverse qui agite l’opinion publique
américaine. « Trump a succombé aux pitreries de Netanyahu et a entraîné
le peuple américain dans une guerre injuste contre l’Iran », a-t-il
écrit dans un post, ajoutant dans un autre : « Trump a trahi le slogan
“America First” pour adopter celui d’“Israel First” ». Lors de ses
apparitions publiques, Larijani affiche une position belliciste et
promet que les États-Unis et Israël paieront un lourd tribut et «
regretteront leurs agissements ». Cette semaine, il a même explicitement
menacé Trump. « Le peuple iranien n’a pas peur de vos menaces », a-t-il
écrit. « Prenez garde, sinon c’est vous qui serez éliminé. »
Dans son ouvrage « La République », Platon a décrit l’État idéal, une
société qu’il a baptisée « Callipolis ». Selon lui, seule cette société
idéale mettra fin aux « troubles des États ». Une seule chose distingue
Callipolis de tous les autres États : le dirigeant de l’État est un
philosophe. En d’autres termes, « le pouvoir politique et la philosophie
se retrouvent ainsi entre les mêmes mains ».
Au cours de l’histoire, les exemples de tels « rois-philosophes » ont
été rares. Alexandre le Grand, formé par Aristote, a accompli des
exploits sans précédent, tandis que Marc Aurèle, auteur de l’œuvre
immortelle « Méditations », est considéré comme l’un des meilleurs
empereurs de l’histoire romaine. Frédéric le Grand, également considéré
comme l’un des monarques les plus influents de l’histoire européenne et
celui qui a fait de la Prusse une grande puissance, a rédigé des écrits
philosophiques. Au XXe siècle, le professeur Tomáš Masaryk se distingue ;
il était maître de conférences en philosophie et a été le premier
président de la Tchécoslovaquie à partir de 1918. Mais à l’exception
d’une poignée de cas, les philosophes ont presque entièrement quitté les
cercles du pouvoir.
Et pourtant, dans le conflit actuel, il s’avère que l’un des acteurs
principaux est un philosophe doté d’une grande influence politique. Il
ne semble pas toutefois que l’objectif de ce philosophe soit de mettre
fin aux « troubles des États », comme le disait Platon.
D’une part, il est évident que Larijani est passionné par la
philosophie, qu’il est un homme réfléchi qui aspire rationnellement à
une vie meilleure. Mais dans ses actes, il ressemble à une autre figure
philosophique classique, non pas un roi-philosophe, mais un
prince-philosophe, le type de souverain décrit par Machiavel, pour qui
la valeur suprême réside dans la préservation de son pouvoir et de son
règne, à tout prix.
Le philosophe Baruch Spinoza s’opposait à tout système politique
reposant sur la vertu ou la sagesse d’un individu. Selon lui, un État ne
devait pas dépendre de la sagesse d’une seule personne ; les
institutions politiques devaient plutôt être conçues pour fonctionner
efficacement même lorsque les individus agissent sous l’emprise de la
passion, de la peur et de leurs intérêts personnels, et non pas
uniquement en fonction de la raison. C’est pourquoi Callipolis ne repose
pas sur un dirigeant brillant, mais sur des institutions et des lois
qui organisent le pouvoir de manière rationnelle et garantissent un
certain degré de liberté et de stabilité.
De son côté, Popper soutenait que la question importante en politique
n’est pas « Qui doit gouverner ? », mais « Comment mettre en place des
institutions permettant d’empêcher les dirigeants incompétents ou
corrompus de causer trop de dégâts ? » L’idée du roi-philosophe
s’inscrit, selon Popper, dans une tradition autoritaire de la
philosophie politique. Plutôt qu’un gouvernement des sages, il mettait
l’accent sur une structure démocratique impliquant la séparation des
pouvoirs, le pouvoir de contrôle exercé par les citoyens et la
possibilité de changer de gouvernement sans recourir à la violence.
Une structure aussi puissante que celle-là existe encore en Israël.
Ses effets sont visibles dans les chiffres du PIB par rapport à l’Iran
ou dans les rapports de force de la campagne militaire actuelle. Cette
structure israélienne est en train d’être démantelée par des idéologues
et des religieux juifs, convaincus de la justesse de leur démarche.
C’est peut-être là l’élément le plus frappant dont j’ai pris conscience
en lisant Larijani.
La critique que fait Larijani des fondements de la pensée
occidentale, ainsi que son appel à transcender la modernité, ne doivent
pas être écartées trop hâtivement et méritent d’être analysés. Mais en
fin de compte, ses actes ont dépassé tout ce qui peut se justifier au
nom d’une quelconque philosophie. « Larijani n’est pas le premier homme
de lettres de l’histoire à être devenu un tyran brutal », déclare
Sternfeld. « C’est un idéologue convaincu, et il a commis des actes
meurtriers au nom de son idéologie. »
On serait tenté de voir en Larijani un héros tragique acculé au point
de devoir ordonner un massacre. Mais lui-même rejetterait sans doute
une telle description qui, à ses yeux, est occidentale, sentimentale et
manque de courage. Il a renoncé au bien, au sens le plus profond du
terme, au nom de la foi qui est la chose la plus importante dans sa vie.
À l’instar d’Abraham, le père des croyants, qui était prêt à immoler
son fils unique, qu’il aimait. Et pourtant, il y a un autre détail
important dans cette histoire. Abraham n’a pas enfoncé le couteau.
Atentado de Bolonia del sábado 2 de agosto de 1980
La Operación Gladio demuestra claramente
el vínculo inquebrantable que existe entre el poder burgués y las
instituciones burguesas, que la clase dominante está dispuesta a
proteger mediante los crímenes más atroces.
Actualmente, algunos sectores de la sociedad española están planteando la salida de España de la OTAN, pero hay una escasa información de lo que realmente significa esta organización militar.
Para facilitar y tener una información lo más ajustada posible, será necesario tener un conocimiento real de la OTAN y así poder decidir con más argumentos.
Ya en el año 2010, escribí un artículo sobre la Gladio,
que es una organización secreta bajo el paraguas de la OTAN, que
sorprendió muchísimo, pues la inmensa mayoría de los españoles no sabía
nada de este tipo de organizaciones secretas.
Al finalizar la Segunda Guerra Mundial se decide crear dentro de la OTAN unos grupos secretos y de operaciones especiales, cuya función es la de actuar como guerrilla, en caso de una invasión comunista.
Pero se acaba transformando en un ejército secreto cuya finalidad es conseguir que en “la Europa democrática” nunca puedan acceder al poder los partidos comunistas, ni nadie ponga en cuestión el sistema.
Jugó un papel muy importante en la historia de algunos países como fue en Italia, pero también en Francia,
Bélgica, Holanda, Noruega, Dinamarca, Suecia, Finlandia, Turquía,
Portugal, Austria, Suiza, Grecia, Luxemburgo y Alemania.
En el año 1973, los comandantes de la Gladio se reunieron en
Bruselas, en una sesión extraordinaria, para discutir la admisión de la
España de Franco en la Gladio.
España había permitido durante muchos años a los Estados Unidos el
derecho de estacionar misiles nucleares, así como el atraque de buques y
submarinos norteamericanos en sus puertos, pero no estaba obteniendo
nada a cambio de la OTAN.
El servicio secreto español estaba interesado en tener una red oculta
para combatir a los comunistas y socialistas antifascistas españoles,
para así poder seguir en el poder.
España a pesar de no pertenecer a la OTAN, tuvo una presencia muy
importante en la Gladio y contó con el apoyo del régimen franquista. La
dictadura de Franco sirvió de refugio durante la Guerra Fría a muchos
terroristas de extrema derecha que habían participado en la guerra
anticomunista en Europa.
Mario Pozza, miembro de la extrema derecha italiana, revela ante el
juez, en el año 1984, que toda una colonia de fascistas italianos
funcionaba con total impunidad en España.
En el año 1970, la España franquista recibe a los terroristas de la
extrema derecha italiana que habían participado junto al ultraderechista
Valerio Borghese en la ocupación del Ministerio del Interior italiano
en un intento de golpe de Estado. No sólo se les recibió, sino que se
les contrató como miembros de la policía secreta franquista.
En el año 1976, se producen los asesinatos de carlistas en Montejurra
(Navarra), Delle Chiesa junto a otros extremistas italianos
pertenecientes a la Gladio provocan los incidentes de Montejurra y su
finalidad era que la Policía española no pudiese ser acusada por una
intervención violentamente represiva e injustificada.
El 24 de enero de 1977, se produce en Madrid el asesinato de los cinco abogados laboralistas de la calle Atocha.
Participaron miembros de la Gladio, como el terrorista Carlo Cicuttini,
como aparece en un informe del Comité Ejecutivo para los Servicios de
Información y Seguridad, organismo dependiente de la Presidencia del
Consejo de Ministros de Italia.
Varios sucesos previos a la adhesión de España a la OTAN en el año 1982 tras el cambio de postura el PSOE de Felipe González, también se han vinculado a Gladio.
En mayo del año 1976, medio año después de la muerte de Franco, dos
militantes carlistas fueron abatidos por terroristas de extrema derecha,
entre ellos el agente de Gladio, Stefano Delle Chiaie y miembros de la Triple A [1], lo que demuestra la conexión entre Gladio y la llamada Guerra Sucia sudamericana de la Operación Cóndor [2].
Este incidente se conoció como los sucesos de Montejurra. Según un
informe del CESI italiano, participa el terroristas neofascistas de
Ordine Nuovo [3], Carlo Cicuttino, el cual participó en el año 1972 en
la masacre de Peteano junto a Vincenzo Vinciguerra.
Participó también en la Matanza de la calle Atocha de Madrid en el
año 1977, donde murieron cinco personas incluidas varios abogados, que
eran miembros de Comisiones Obreras. Cicuttini obtuvo la nacionalidad y
se encontraba exiliado en España desde el año 1972.
Fue el primer ministro italiano Andreotti quien descubrió en el año 1990 la existencia de la Gladio. Adolfo Suárez, el primer presidente de España elegido en democracia, tras la muerte de Franco, negó haber oído hablar jamás de Gladio.
Calvo Sotelo, presidente del gobierno español entre los años 1981 y 1982 durante la transición española, declaró que “España no había sido informada de la Gladio cuando entró en la OTAN”.
El primer ministro sueco Olaf Palme
Cuando se le preguntó por las relaciones de Gladio con la España
franquista, afirmó que dicha red no era necesaria bajo el régimen
franquista, ya que “el propio régimen era Gladio”.
Según el general, Fausto Fortunato, jefe del SISMI [4] italiano entre
los años 1971 y 1974, Francia y Estados Unidos habían apoyado la
entrada de España en Gladio, pero Italia se habría opuesto.
Sin embargo, tras las revelaciones de Andreotti, Narcís Serra, ministro de Defensa español, abrió una investigación sobre los vínculos de España con Gladio.
El periódico Canarias 7 reveló, citando al exagente de Gladio,
Alberto Volo, quien participó en las revelaciones de la existencia de la
red en el año 1990, que se había organizado una reunión de Gladio en
agosto del año 1991 en la isla de Gran Canaria.
Alberto Volo también declaró que, como agente de
Gladio, había recibido entrenamientos en Maspalomas, Gran Canaria, en
las décadas de los años 1960 y 1970.
El País también reveló que la organización Gladio era
sospechosa de haber utilizado las antiguas instalaciones de la NASA en
Maspalomas de Gran Canaria, en la década de los años 1970.
André Moven, exagente del GISS belga, también declaró que Gladio
había operado en España. Asegurando que Gladio tenía bases secretas en
Madrid, Barcelona, San Sebastián y Canarias.
El responsable de Gladio en Canarias fue el exagente Gabriel Arenas
Romasanta, controlaba toda la zona de Canarias entre los años 1981
hasta 1989.
La Operación Gladio demuestra claramente el vínculo inquebrantable
que existe entre el poder burgués y las instituciones burguesas, que la
clase dominante está dispuesta a proteger mediante los crímenes más
atroces.
En el año 1968, fecha de la llamada primavera de París, se
produce el inicio del terrorismo de izquierdas en toda Europa, incluida
España (ETA, FRAP, GRAPO). El ex agente de la CIA, Philip Agee, acusó a
la CIA de haber creado a los GRAPO, así se entenderían algunas de sus
extrañas actuaciones.
El famoso agente secreto español González Mata ha hablado de su
infiltración en ETA siendo agente de la Gladio y su implicación en el
asesinato de Carrero Blanco, así como las extrañas desapariciones de
militantes de ETA.
Todos estos hechos forman parte de lo que ellos denominan “la estrategia de la tensión” que
se vivía por todo Occidente, y como vemos mucho más ahora, para
justificar políticas agresivas que sólo defienden los intereses
económicos de las multinacionales.
En el Gobierno de Felipe González, el ministro de Defensa Narcís
Serra, se vio obligado a crear una investigación sobre la Gladio
española. Se le encargó al Cesid dirigido por el general Manglano, que
además era el delegado español en la OTAN para cuestiones de Seguridad.
El Cesid era precisamente el principal sospechoso, así que encargarle
la investigación era como poner al zorro a investigar quién se comió
las gallinas.
El general Manglano se negó rotundamente a declarar en el Parlamento y
por supuesto el resultado de su investigación fue que nunca España
había participado en la red Gladio.
La Gladio es una obscenidad y para los que creemos en la democracia
como sistema es su mayor atentado, y cabe preguntarnos ¿en mano de qué
políticos estamos?
Los nuevos grupos fascistas españoles han sufrido el mismo proceso de
evolución pues se han ido modernizando, adaptando a las nuevas
circunstancias y cuentan con el apoyo del aparato estatal como antaño lo
tenían los pistoleros de Fuerza Nueva o los Guerrilleros de Cristo Rey.
Si echamos un vistazo atrás, podemos acordarnos de los fascistas de la Operación Panzer detenidos
en el año 2005, a los que se les llegó a requisar un lanzagranadas
además de armamento ligero salido de cuarteles del Ejército. Todos los
detenidos acabaron absueltos. Las armas fueron destruidas “por error” y se les indemnizó por su destrucción.
Otro caso, esta vez menos sonado, fue la detención- en 2015 del
coronel de la Guardia Civil Rodolfo Sanz Sánchez y del subteniente
retirado Francisco Carreras.
Ambos sacaban armamento de los cuarteles de la Guardia Civil y del
Ejército para venderlo a miembros Falange, Alianza Nacional y otros
grupos fascistas.
Diez años después de su detención sigue sin haberse dictado juicio contra ambos. Éstos son sólo casos que saltan a la prensa.
Recientemente ha aparecido en escena un nuevo grupúsculo fascista de
nombre Núcleo Nacional. Hay muchos grupos de este tipo en España, la
novedad no es ésa.
La novedad es la forma que adquiere este grupo. La estética de sus
militantes recuerda al Batallón Azov ucraniano, el símbolo que usan es
similar al tridente ucraniano, entrenamientos de tipo militar,
infraestructura y puesta en escena similar, etc.
Según el propio Cuerpo Nacional de Policía “son lo más parecido a un grupo paramilitar”. Eso sí, paramilitares consentidos por el Estado. ¿Consentido por qué?
Porque como en el caso de los GAL, no se trata de grupos terroristas
pues su función no es derribar el orden social existente sino
reforzarlo.
Otro de los aspectos que han llamado la atención es su presencia en
redes sociales como Instagram o Twitter, donde cuentan con un gran
seguimiento. Es decir, los “algoritmos con los que trabajan estas redes” favorecen la difusión de los mensajes de estos grupos fascistas.
Durante las riadas que se produjeron en octubre del año 2024 en
Valencia salió a la luz otro grupo similar llamado Revuelta bajo la
egida de VOX. Elon Musk envió a este grupo varios equipos de Starlink
para restablecer el servicio de internet en las zonas donde se había
perdido este servicio. ¿Por qué Musk decide enviar equipos de internet a
este grupo y no a los servicios de Emergencias?
¿Van entendiendo el papel que juega la OTAN no solo en la defensa del
poder establecido sino también de control interno, haciendo desaparecer
a aquellos que molestan?
[1] La Triple A, también conocida como Alianza Apostólica
Anticomunista, fue una organización terrorista de extrema derecha, que
actuó en el País Vasco y en el País Vasco francés entre los años 1977 y
1982, durante la transición española. Un informe de la Oficina de
Víctimas del Terrorismo del Gobierno vasco del año 2010 le atribuye 8
asesinatos de las 66 víctimas mortales del terrorismo parapolicial y
de extrema derecha desarrollado entre los años 1975 y 1990.
[2] El Plan Cóndor, también conocido como Operación Cóndor, fue una
campaña de represión política y terrorismo de Estado llevada a cabo a
partir del año 1975 por varias dictaduras latinoamericanas con el
respaldo del gobierno de Estados Unidos, que incluía operaciones
de inteligencia y el asesinato de opositores en el continente.
[3] Orden Nuevo fue un movimiento social de extrema
derecha materializado en el Centro de Estudios Orden Nuevo y
el Movimiento Político Orden Nuevo. Ambas organizaciones extremistas con
actividad en Italia, fundadas por exmiembros del Movimiento Social
Italiano. Fue uno de los movimientos más relevantes de la posguerra de
la Segunda Guerra Mundial en la historia italiana reciente. Ambas
plataformas se disolvieron e ilegalizaron en el año 1973 por el Gobierno
italiano, acusadas de tratar de reconstituir el Partido Nacional
Fascista de Mussolini.
[4] Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Militare (abreviado
SISMI, Servicio de Seguridad e Inteligencia Militar) fue la agencia de
inteligencia militar entre los años 1977 a 2007. Con la reforma de los
servicios de inteligencia italianos aprobada el uno de agosto del año
2007, el SISMI fue reemplazado por la Agenzia Informazioni e Sicurezza
Esterna.
Un libro que que reconstruye cómo empresarios,
altos funcionarios y redes de influencia lograron adaptarse al nuevo
régimen sin abandonar el centro del poder económico
Durante décadas nos han contado que la democracia
española sustituyó al viejo poder franquista por nuevas élites modernas
y europeizadas. Pero ¿y si el cambio político no hubiera alterado tanto
como parece a quienes mandaban realmente? El último libro de Andrés
Villena plantea una tesis que quiebra ese argumentario: las élites que
dominaron España durante el franquismo no desaparecieron con la
Transición, sino que aprendieron a adaptarse, modernizarse y conservar y
potenciar su influencia bajo nuevas formas.
Hay libros que analizan la política española observando parlamentos, partidos y elecciones. Y hay otros que intentan responder a una pregunta mucho más inquietante: quién sigue mandando cuando cambian los gobiernos, se suceden las legislaturas y el país parece transformarse sin alterar su estructura profunda.
"Las élites que dominan España. Una historia alternativa desde 1939", de Andrés Villena Oliver, pertenece a esta segunda categoría. Politólogo y sociólogo especializado en el estudio de las élites, Villena lleva años investigando la relación entre la alta administración, el poder económico y las redes dirigentes del Estado.
En esta obra propone una lectura del último siglo españolque cuestiona uno de los relatos más asentados de nuestra historia reciente: la idea de que la democracia sustituyó a las élites del franquismo por otras completamente nuevas, homologables a las de cualquier democracia occidental.
Su tesis, apoyada en abundantes datos, nombres y conexiones institucionales, resulta mucho más incómoda: la España democrática no habría destruido las viejas estructuras de poder,sino que habría permitido su adaptación y modernización.
LA GUERRA CIVIL Y LA RECONFIGURACIÓN DEL PODER EN ESPAÑA
El punto de partida del libro es una idea sencilla, pero de gran alcance: la historia política de un país no puede explicarse solo por sus cambios de régimen. Que cambie la forma del Estado no significa necesariamente que cambien, en la misma medida, quienes ocupan las posiciones decisivas dentro de él. Para Villena, esa es precisamente la clave de la España contemporánea. El país ha atravesado transformaciones institucionales profundas —dictadura, transición democrática, integración europea, alternancia política— sin que ello haya supuesto una renovación equivalente de sus núcleos estructurales de poder.
Por eso el autor sitúa el origen de esa continuidad en 1939. La victoria franquista no fue solo el final militar de una guerra civil. Fue también el momento en que se reorganizó de raíz quién mandaba en España. La derrota republicana supuso
la eliminación, expulsión o marginación de amplios sectores de las
élites políticas, administrativas e intelectuales ligadas al reformismo republicano, al movimiento obrero y a la izquierda, mientras el nuevo régimen consolidaba un bloque dominante integrado por militares, grandes propietarios, alta burocracia, jerarquía eclesiástica y empresarios afines al franquismo. El franquismo, en esta interpretación, no se limitó a gobernar: reconstruyó las bases sociales del poder en España (pp. 34-49).
FRANQUISMO, CAPITALISMO PROTEGIDO Y CONSOLIDACIÓN DE LAS GRANDES FORTUNAS
Uno de los argumentos más sólidos del libro es que el franquismo no solo protegió a las élites tradicionales, sino que ayudó a fabricar buena parte de la gran burguesía moderna española. En una economía fuertemente intervenida, donde el Estado controlaba licencias, concesiones, contratos, importaciones, exportaciones y acceso privilegiado a sectores estratégicos, la cercanía al poder político se convirtió en un factor decisivo para acumular riqueza.
Muchas de las grandes fortunas y grupos empresariales que dominarían después sectores clave de la economía española no surgieron de un mercado libre en sentido estricto, sino de un capitalismo profundamente condicionado por el Estado y por la relación con el régimen (pp. 78-95).
Ese proceso no solo generó riqueza para determinados grupos. También consolidó una forma muy particular de capitalismo: una economía donde el éxito empresarial dependía, en buena medida, de la relación con el poder político. Durante décadas, el franquismo protegió a empresas nacionales frente a la competencia exterior,repartió concesiones en sectores estratégicos, adjudicó contratos públicos de enorme valor y levantó barreras regulatorias que favorecían a quienes ya formaban parte del sistema.
La consecuencia fue la consolidación de un capitalismo poco competitivo en términos clásicos y extraordinariamente dependiente de la proximidad al Estado. Buena parte de la gran empresa española contemporánea nació, según Villena,
en ese ecosistema donde mercado y poder político estaban mucho más
entrelazados de lo que luego admitiría el relato oficial de la
modernización económica española.
LA TRANSICIÓN COMO RECICLAJE DEL VIEJO PODER
Ese proceso ayuda a entender por qué la democratización posterior no alteró de forma sustancial la estructura económica del país. Cuando murió Franco, muchas de las familias, grupos empresariales y redes de influencia que habían acumulado poder durante la dictadura partían ya de una posición enormemente ventajosa. Disponían de patrimonio, capital, relaciones, presencia institucional y acceso privilegiado a los centros de decisión. La transición política podía cambiar el régimen, pero no borraba cuarenta años de acumulación previa.
Ahí reside una de las tesis centrales del libro: la Transiciónno habría supuesto una ruptura profunda con el viejo poder, sino una reforma pactada que permitió la adaptación de buena parte de las élites franquistas al nuevo marco constitucional.Villena
no niega la importancia de la democratización ni resta valor a las
libertades conquistadas, pero sostiene que el cambio político se produjo
sin una transformación equivalente de las estructuras profundas del
poder.
No hubo una depuración sustancial de la alta Administración, ni del Poder judicial ni de los cuerpos superiores del Estado. Tampoco se produjo una alteración comparable en la distribución del poder económico. En lugar de una sustitución de élites, lo que hubo fue una modernización de sus formas de influencia (pp. 121-143).
Pocas instituciones resumen mejor esa lógica de continuidad dentro del cambio que la monarquía. El hecho de que Juan Carlos I accediera al trono como sucesor designado por Franco y terminara convertido en símbolo de la nueva democracia parlamentaria ilustra con claridad la naturaleza del proceso:
suficiente reforma para democratizar el sistema, suficiente continuidad
para tranquilizar a quienes ocupaban posiciones de poder en el
anterior. La Corona aparece así en el libro como una pieza clave de articulación y estabilización de las élites durante el nuevo régimen (pp. 150-164).
LA ARISTOCRACIA BUROCRÁTICA: EL PODER QUE NO PASA POR LAS URNAS
Uno de los aspectos más interesantes del libro es el peso que concede a la alta burocracia estatal.
Frente a la visión convencional que presenta a los altos funcionarios
como simples técnicos neutrales, Villena los sitúa en el corazón mismo
del sistema de poder español.
Cuerpos como los Abogados del Estado, los Técnicos Comerciales y Economistas del Estado, los Inspectores de Hacienda, los Letrados del Consejo de Estado o los Letrados de las Cortes aparecen descritos como una auténtica aristocracia burocrática. Son quienes redactan normas, interpretan marcos regulatorios, asesoran a ministros, controlan procedimientos complejos y ocupan puestos estratégicos tanto en la Administración como en el sector privado (pp. 166-192).
Su poder no radica solo en el prestigio o en la dificultad de sus oposiciones, sino en el conocimiento que acumulan. Un ministro puede permanecer unos años en el cargo; un alto funcionario de estos cuerpos puede pasar décadas dentro
del aparato estatal acumulando experiencia, relaciones y dominio
técnico sobre el funcionamiento real de las instituciones.
Cuando un gobierno necesita negociar con Bruselas,redactar una reforma compleja o interpretar una normativa delicada, son estos perfiles quienes poseen el saber práctico indispensable. En una época en la que buena parte del poder se ejerce a través de la regulación técnica, esa posición les convierte en actores centrales del sistema.
REDES DE INFLUENCIA Y MECANISMOS DE REPRODUCCIÓN DE LAS ÉLITES
Villena muestra cómo de esos cuerpos salen numerosos ministros, secretarios de Estado, reguladores y altos cargos empresariales. No se trata de una coincidencia anecdótica, sino de un patrón estructural: una parte importante de quienes ocupan posiciones de poder en España procede de circuitos altamente selectivos, socialmente homogéneos y profesionalmente interconectados.
Ese análisis enlaza con otro de los grandes temas del libro: las puertas giratorias. Pero el autor evita quedarse en la crítica fácil a los casos más mediáticos. Su tesis es más profunda: la circulación entre política, alta administración y gran empresa no sería una anomalía del sistema, sino una de sus formas normales de funcionamiento.
Exministros, expresidentes, altos reguladores y funcionarios de élite pasan con frecuencia a ocupar puestos en Consejos de Administración, grandes despachos o empresas reguladas por los mismos sectores sobre los que antes tenían influencia. El fenómeno no sería una desviación, sino una expresión habitual de la estrecha relación entre Estado y grandes intereses económicos (pp. 203-214).
El libro subraya además que el poder no se reproduce solo por dinero o por cargos. También lo hace mediante redes familiares, educativas y sociales. Grandes familias empresariales, altos funcionarios, élites políticas y profesionales de prestigio se
entrelazan mediante vínculos familiares, trayectorias educativas
compartidas, espacios de sociabilidad comunes y relaciones profesionales
cruzadas.
El poder no se hereda únicamente como patrimonio: también se transmite como acceso privilegiado a los círculos donde se aprende quién cuenta, cómo funciona el sistema y a quién conviene conocer.
DEMOCRACIA FORMAL Y PODER REAL: LA GRAN PREGUNTA DEL LIBRO
Todo ello conduce a una de las conclusiones más delicadas de la obra: España sería una democracia plenamente funcional en sus formas institucionales, pero con una estructura de poder más concentrada, más cerrada y más continuista de lo que suele admitir el relato oficial.
Villena no sostiene que España sea una anomalía antidemocrática ni una
excepción autoritaria encubierta dentro de Europa. Su planteamiento es
más matizado y precisamente por ello más sólido: España comparte las formas de las democracias liberales occidentales, pero conserva una estructura oligárquica más acusada en la concentración del poder económico, en la continuidad histórica de sus élites y en la limitada circulación real hacia las posiciones superiores de mando (pp. 254-266).
El valor de"Las élites que dominan España" no reside solo en las tesis que defiende, sino en el cambio de mirada que obliga a adoptar. El libro invita a apartar la vista de la superficie visible de la política española —partidos, líderes, campañas, debates parlamentarios— para dirigirla hacia las estructuras permanentes que condicionan el margen real de maniobra de cualquier gobierno.Su pregunta de fondo no es quién gana las elecciones, sino quién mantiene capacidad de influencia decisiva independientemente de quién las gane.
Villena no ofrece una teoría conspirativa ni un relato simplista sobre una camarilla secreta que mueve los hilos desde la sombra. Lo que ofrece es algo más serio y más rupturista: el retrato de un sistema donde el poder se concentra en minorías altamente organizadas, cohesionadas y adaptativas que han sabido sobrevivir a todos los grandes cambios de régimen sin abandonar el centro del tablero.
Su conclusión puede resumirse en una idea que atraviesa silenciosamente toda la obra: la historia reciente de España no sería tanto la de la sustitución de unas élites por otras como la de la extraordinaria capacidad de las viejas élites para transformarse y seguir mandando en un mundo nuevo.
FUENTE PRINCIPAL
Andrés Villena Oliver, Las élites que dominan España. Una historia alternativa desde 1939 (Libros del K.O., 2026).
El 17 de abril de 1977 la
Confederación Nacional del Trabajo (CNT) organiza un mitin en el Palacio de la
Mutualidad de París (Francia) donde se plantea el debate existente en la
organización sobre la legalización o no en el Estado español.
En el mitin intervinieron Frederica Montseny
Mañé; Fernando Carballo Blanco; Juan Gómez Casas, secretario general de la CNT;
José Luis García Rua, secretario del Comité Nacional de la CNT; y Soriano y
Félix Navarro, representantes de la CNT Francesa, entre otros oradores.
Francisco Ibáñez Gorostidi ( Paco Ibáñez ),
Jehan Jonas, Carlos Andreu Sancho, Frances Xavier Ribalta Secanell ( Xavier
Ribalta), Josep Pérez, Georges Moustaki, Marie-Thérèse Orain, el Trío
Sortilegio Español, el grupo Ramon Mons, el grupo tunecino de Hedi Hela y el
Cuarteto Cedrón también participaron en un recital posterior organizado por
Solidaridad Internacional Antifascista (SIA).
Al acto asistieron más de 4.000
personas. La CNT finalmente fue legalizada en el Estado español el 7 de mayo de
1977; fue la última central sindical histórica en serlo.
El cineasta finlandés Arthur Franck regresa al documental tras The Hypnotist,
trabajo sobre el hipnotizador más famoso de Finlandia durante la Guerra
Fría y Urho Kekkonen, el presidente con más años en el poder del país. Y
lo primero que debemos decir de Franck es que es un cachondo mental.
Su apuesta, en primera persona, con él como protagonista, es valiente
y nada sencilla: hablar de una cumbre diplomática internacional (la
Conferencia sobre la Seguridad y la Cooperación en Europa de 1975
celebrada en Helsinki, su ciudad) y no aburrir. Por eso sus armas
fundamentales son el humor, un buen montaje y la inteligencia
artificial.
Sí, han leído bien: la IA. Futuros documentalistas: vean en Filmin El efecto Helsinki
porque en él Arthur Franck hace que la IA imite las voces de los
protagonistas de su historia (usando transcripciones de conversaciones
reales) y con ese gran recurso también se permite el lujo de hacer
humor, a la manera de un Michael Moore. Por ejemplo, llamando por
teléfono a Henry Kissinger o a Leonid Brezhnev para preguntarles sobre
lo sucedido en Helsinki en 1975.
Para situar el contexto: antes del histórico acuerdo de la cumbre,
que Franck recrea en su documental con saltos temporales, hubo una
primera fase de reuniones para llegar a cierto compromiso de no agresión
entre los dos bloques, el capitalista y el comunista. Esa primera
reunión, de ministros de Asunto Exteriores, se celebró también en
Helsinki en 1973. Allí el delegado finlandés Ahti Karjalainen habló por
primera vez del “Espíritu de Helsinki”. El segundo acercamiento fue en
Ginebra entre 1973 y 1975 y el tercero y definitivo en la cumbre de
Helsinki en la que se centra este documental.
Para seguir situando el contexto: la invasión y represión de
Checoslovaquia por el Pacto de Varsovia en 1968 no dio a la Unión
Soviética una buena imagen ante el resto del mundo. Además, sus
diferencias ideológicas con China eran cada vez más evidentes. Por otro
lado, la palabra “distensión” estaba en boca de todos, sobre todo en los
medios de comunicación, tanto en los libres como en los controlados.
En las transcripciones que recupera El efecto Helsinki
podemos oír en boca de Richard Nixon, al que le preocupa esa futura
conferencia con los comunistas, que “la OTAN está acabada”, algo con
tanta vigencia como la palabra “genocidio”, usada por el arzobispo
chipriota Makarios III, que recordó en la cumbre la invasión turca de
Chipre en el 74 (militares y paramilitares intentaron derrocar a
Makarios para unir Chipre con Grecia y en respuesta al golpe los turcos
atacaron Chipre alegando defender a la comunidad turcochipriota).
En aquellas sesiones de Helsinki, muchas interminables, como cuando
tomó la palabra el soporífero líder rumano Nicolae Ceausescu, los dos
bloques no solo se vieron las caras y relajaron tensiones, sino que
reconocieron las fronteras de la Europa de posguerra, alejaron las
tiranteces militares y hasta lograron un compromiso (vago, nada firme)
de mejorar las libertades en el Bloque Comunista.
Como apunta el propio Arthur Franck, El efecto Helsinki es
un documental sobre equivocarse. Los líderes de la URSS no calcularon
bien las consecuencias de la cumbre, como tampoco esperaron, un año
antes, el torpedo a la línea de flotación del entramado propagandístico
soviético que supuso la publicación de Archipiélago Gulag. En
aquella monumental obra, Aleksandr Solzhenitsyn, escritor y
exprisionero, descubrió, tras una minuciosa documentación, el sistema de
campos de trabajo y muerte consolidado tras la revolución rusa de 1917.
Solzhenitsyn fue detenido en Moscú y expulsado de la Unión Soviética el
13 de febrero de 1974. También se le despojó de su ciudadanía.
Pero la publicación de Archipiélago Gulag fue solo un
entrante del banquete que se iba a dar el bloque capitalista. La firma
(por 35 naciones, incluyendo EE. UU., la URSS y la mayoría de los países
europeos) de la CSCE el 1 de agosto, culminando con el Acta Final de
Helsinki, instauró el “Espíritu de Helsinki”, un espíritu al que se
aferraron los líderes opositores de países reprimidos por la URSS. Fue
caso de Lech Walesa en Polonia o de Václav Havel en Checoslovaquia.
Y aunque la URSS comenzó su ocaso, ese final de la Guerra Fría que
Brezhnev tanto anheló, no llegó. Jimmy Carter sucedió a Gerald Ford y
centró su mandato en la defensa de los derechos humanos en todo el
mundo, algo que provocó enfrentamientos con la Unión Soviética que se
agudizaron con el furibundo anticomunista Ronald Reagan, famoso por
colaborar con el Comité de Actividades Antiamericanas en la “caza de
brujas” y apostar, ya como presidente, por el rearme nuclear.
Una reflexión para acabar: llamada la atención que en la cumbre en la
que se pidió más libertad para los ciudadanos europeos fuese invitado
el Primer ministro de la España fascista Carlos Arias Navarro, recordado
por su plañidero “Españoles… Franco… ha muerto” y conocido como el
Carnicerito de Málaga por sus desmanes en la dirección del orden público
de la dictadura.
También llama la atención que los Estados Unidos respaldaran el
“Espíritu de Helsinki” y limpiaran su imagen internacional gracias a la
cumbre cuando su delegación estaba liberada por el criminal de guerra
Henrri Kissinnger, responsable de los bombardeos de Laos y Camboya, el
retraso del fin de la terrible Guerra de Vietnam, el apoyo al Plan
Cóndor y a las dictaduras en Latinoamérica, al golpe de estado en Chile y
a la sangrienta invasión de Timor Oriental por parte de Indonesia.
Lo peor: a veces El efecto Helsinki puede
llegar a ser plúmbeo en su exposición de entresijos diplomáticos. Tanto
que el propio director y narrador llega a decir, sin despeinarse: “Si no
se han dormido todavía, seguimos”.
Lo mejor: es un material perfecto para poner en una clase de Ciencias Políticas o Relaciones Internacionales.