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mercredi 23 septembre 2026

EXPOLIO Y OCUPACIÓN DEL SÁHARA OCCIDENTAL


“Siempre garantizaran que quien entre en Moncloa tenga buenas relaciones con Marruecos."

Extracto del documental Ocupación SA, para entender la magnitud del negocio y entramado empresarial entre Marruecos y grandes familias de España.

Le Marxisme occidental selon Domenico Losurdo

 


Le Vincennes de Jean-Michel Carré versus le Vincennes d'Arte

 

AFFICHE GHETTO EXPERIMENTAL.jpg

Cher(e)s ami(e)s,

LE GHETTO EXPÉRIMENTAL, ou l’Université pour quoi faire ? L’université de Vincennes de 1969 à 1972. 1h40.

Un film de Jean-Michel Carré et Adam Schmedes

Il y a plus de cinquante ans, nous étions là. Pas pour reconstituer Vincennes, pas pour en faire une légende, encore moins une comédie. Nous étions deux jeunes cinéastes, Adam Schmedes et moi-même, étudiants à l’IDHEC — aujourd’hui la FEMIS — avec une caméra au milieu de ceux qui tentaient d’inventer une autre université. Nous appartenions à la même génération que ceux que nous filmions et partagions avec eux les interrogations nées de 1968.

Enfoui dans le bois de Vincennes, le Centre universitaire expérimental avait été construit en quelques mois à la suite des révoltes de 1968. Première faculté ouverte aux non-bacheliers, elle faisait se côtoyer disciplines artistiques, sciences humaines et sciences dures. Elle remettait en cause les hiérarchies traditionnelles, les rapports entre enseignants et étudiants, et jusqu’à la fonction même de l’Université.

Vincennes était une question grandeur nature : pouvait-on inventer une autre manière d’apprendre, d’enseigner et de produire du savoir ?

C’est cette expérience que nous avons filmée.

Pendant plusieurs années, entre 1969 et 1972, nous avons suivi la vie quotidienne de Vincennes, ses assemblées générales, ses cours, ses affrontements, ses utopies, ses contradictions et ses échecs. Nous voulions comprendre ce qui se jouait derrière le tumulte politique : une remise en cause radicale de l’institution universitaire et, plus largement, des mécanismes par lesquels une société forme, sélectionne et veut reproduire ses élites.

Aujourd’hui, ARTE consacre à cette même histoire une série de fiction, Camarades. La fiction a tous les droits, y compris celui de transformer le réel. Mais elle fabrique aussi des souvenirs. Et lorsque, plus d’un demi-siècle après les événements, elle devient pour des milliers de spectateurs le principal moyen de connaître une époque, la question de ce qui a réellement eu lieu mérite d’être reposée.

Camarades choisit la comédie, des personnages et des groupes inventés, les Renseignements généraux, une prostituée infiltrée, les affrontements et le folklore politique de l’après-68. Pourquoi pas ? Mais Vincennes fut infiniment davantage que cela.

Avant de tourner, nous avions passé cinq mois sur place afin de comprendre le fonctionnement de l’université et nous faire accepter. Notre ambition n’était ni d’en faire l’éloge ni de démontrer une thèse préétablie. Nous voulions poser une question : L’Université, pour quoi faire ?

Le Ghetto expérimental demeure l’unique long métrage documentaire consacré à cette université en exercice. Et c’est dans ces images tournées à l’époque que les auteurs de Camarades sont venus chercher une part de la mémoire visuelle de Vincennes.

Un paradoxe mérite cependant d’être relevé : si quelques images du Ghetto expérimental peuvent aujourd’hui contribuer à raconter Vincennes dans une série de fiction coproduite par ARTE, le film lui-même a toujours été refusé à la diffusion par cette même chaîne !

C’est pourquoi j’ai souhaité aujourd’hui remettre Le Ghetto expérimental à la disposition du public grâce aux Mutins de Pangée. Non pour opposer le documentaire à la fiction, mais pour permettre une confrontation. D’un côté, le récit fabriqué aujourd’hui de cette époque. De l’autre, les visages, les paroles, les conflits, les enthousiasmes et les contradictions de ceux qui étaient réellement là.

Notre manière de filmer faisait elle-même partie de cette interrogation. Au début du film, quelques courts passages font disparaître entièrement l’image. L’écran devient noir et le texte prend sa place. Aujourd’hui, dans un univers audiovisuel où quelques secondes sans image sont souvent considérées comme rédhibitoires, ce choix peut sembler presque inconcevable. Il correspondait pourtant à une idée simple : refuser que le spectateur soit continuellement emporté par le spectacle des images et lui laisser parfois le temps de penser ce qu’il venait de voir.

La première partie tente d’expliquer les nouveaux fondements et les nouvelles pratiques de cette université. La seconde s’intéresse aux disciplines artistiques et aux nouvelles manières de transmettre le savoir. La troisième partie allait plus loin encore. Vincennes abritait alors une extraordinaire diversité politique : de son unique monarchiste aux catholiques, communistes, anarchistes, trotskistes, maoïstes, féministes du Mouvement de libération des femmes et bien d’autres courants.

Nous avons choisi de ne pas réaliser nous-mêmes le portrait de ces organisations. Nous avons proposé à chacune de décider entièrement de ce qu’elle voulait montrer d’elle-même. Nous mettions à leur disposition la caméra, le son et notre jeune savoir-faire. Nous devenions, en quelque sorte, les techniciens de leur propre représentation. Cette méthode ne prétendait pas produire une vérité objective. Elle permettait de conserver la trace de la manière dont chacune de ces forces politiques voulait alors se présenter au monde.

À côté du Vincennes réinventé aujourd’hui, il nous paraît important qu’il puisse également être revu tel qu’il vivait face à notre caméra. Non comme un monument commémoratif, mais comme le témoin d’une expérience, d’une époque, d’une tentative et d’une question qui n’a pas vieilli : L’Université, pour quoi faire ?

Les bâtiments de Vincennes ont été détruits. L’Université s’est déplacée à Saint-Denis.

Beaucoup de ceux que nous avions filmés ont disparu.

Reste le film. Et la possibilité, aujourd’hui, de regarder ce que fut cette expérience — et se demander ce qu’il en reste.

Jean-Michel Carré, auteur-réalisateur-producteur, Films Grain de Sable

Lien : https://www.cinemutins.com/films/2098-le-ghetto-experimental-ou-l-universite-pour-quoi-faire  à partir d’aujourd’hui mercredi 23 septembre 2026. Pour mes autres films ce sera peu à peu dans les semaines à venir sur Ciné Mutin. Bon visionnage.


lundi 21 septembre 2026

La Batalla de Chile, la lucha de un pueblo sin armas (Patricio Guzmán, 1975-1979)

 

 

Parte 2: El Golpe de estado, 1/10 (1976)

 

Parte 3 : "El Poder Popular". La organización y movilización del Pueblo durante la UP (1979)


 

 

Trailer de Fomos ficando sós (Adrián Canoura, 2026)

 

O festival Curtocircuíto 2026, en Compostela, inclúe a primeira longametraxe do cineasta e videocreador Adrián Canoura na súa sección de Psicoxeografías. 

Canoura (Burela 1991) embarca ao Gran Sol no que serían as últimas mareas que facía o seu pai Raúl, patrón de pesca, á fronte do “Raúl Primeiro”. Alí grava moito material e comparte, por fin, tempo abondo co seu pai; comprende moitas cousas, e é quen mesmo de levar o temón, un feito co que cumpría así un soño, e sacaba unha espiña cravada que o acompañaba por non ter seguido a estela laboral familiar. Cos versos de Manuel Antonio como inspiración, a música de Anxo Ferreira arrola o espectador nunha viaxe polo mundo da pesca en alta mar e dos afectos non explícitos. Arancha Brandón dirixe a fotografía desta película producida por Zeitun Films. 

En Fomos ficando sós asistimos a unha viaxe literal e outra máis poética, que se resolven con imaxes provenientes de tres fontes ben diferenciadas, segundo explica o director. Por unha banda está o material gravado por Raúl Canoura nos anos 80 e 90. “Son cintas que se van quedando no faiado da casa”; por outra banda está o material gravado nas dúas mareas que foi Adrián Canoura, en 2019 e en 2024. “Logo está esta especie de confluencia de dous mundos na instalación que deseñamos, entre camarote e ponte de mando, xuntando a idea dun estudio de realización tamén”, asegura Canoura, responsable tamén do guión da película xunto con Aldara Pagán. “A conclusión a que chegamos era que se parecía moito a situación onde meu pai está na ponte de mando con tantas pantallas, tantos botóns, e tantas cousas, ao traballo de dirixir unha película”, detalla. 

Canoura estivo dúas campañas e dúas mareas duns 20 días cada unha no barco. En 2019 foi unha primeira aproximación, case como unha especie de borrador, segundo indica o director, para ver que se podia sacar de aí. “Naquel momento non tiñamos ningunha estrutura de produción aínda e usei os medios que tiña a disposición nese momento. Nesa altura meu pai xa estaba na brecha de xubilarse ou non xubilarse, xa era como unhas das últimas campañas que facía. Sempre tiven como esa espiña de ir gravar ou compartir tempo con el”, asegura. Daquela o  proxecto aínda non estaba desenvolvido pero tamén foi un material que serviu de base para poder construír despois o proxecto para unha longa. En 2024 volvería xa cunha idea máis específica. Ata ese momento, Adrián Canoura nunca embarcara á pesca co seu pai.

Adrián Conoura fixo dúas compañas co seu pai no "Raúl Primeiro", en 2019 e en 2024. CC-BY-SA Cedida

Pero como se grava a inmensidade do mar? Neste proceso o realizador observou “unhas dicotomías enormes” xa que están esas “dualidades do macro e do micro”, asegura. “Está, efectivamente a inmensidade do mar pero tamén esa sensación de claustro, de estar pechado nun barco de 30 metros, con espazos estancos. Saes para fóra e estás no medio da nada, tal e como describía Manuel Antonio, que foi unha base para reflexionar sobre todo isto a través dos seus poemas”, detalla Canoura. 

“Nese teu corazón innumerábel tamén enchen e devalan as mareas do meu corazón”. Alén do propio título, os versos de Manuel Antonio están presentes ao longo de todo o filme, sobreimpresionados sobre as imaxes. “Sempre foi un apoio e unha inspiración entre básica e vital, xa cando eu estaba con este ruxerruxe de poder gravar e facer algo relacionado con esta temática do barco e, o mar; antes de ter este corpo de longametraxe e de estar enfocado a que quedase unha historia íntima co meu pai, sempre estaba aí a referencia”, subliña. A obra do poeta vangardista tamén o levou a querer experimentar coa imaxe, segundo relata. “Esa poética inmensa que a min tamén me espertaba curiosidade a nivel plástico e a nivel visual de como se podía chegar a ese mundo que describía sen caer un pouco no documental técnico, non só rexistrar o que pasa na pesca e quedarnos aí, que seria ao mellor un pouco a metodoloxía máis directa ou máis simple. A min tamén me apetecía facer unha exploración visual e ver de onde se podía rascar algo máis de chicha e para iso os poemas sempre foron un punto de apoio moi importante”, relata Canoura.

Adrián Canoura é cineasta e videcreador. Leva case unha década poñendo imaxes á musica de Baiuca. CC-BY-SA Cedida

A idea da longametraxe foi pasando por distintos momentos e procesos ata chegar á composición final. Ao comezo, segundo explica o director, había vías de desenvolver algo nun sentido máis antropolóxico, mesmo etnográfico pola temática da pesca, das problemáticas que hai, da propia metodoloxía. Aínda que efectivamente iso acaba aparecendo, o proxecto acabou subindo dimensións. “Con todo o mundo que falaba sempre me dicía: a ver, realmente o que queres é mostrar  unha relación máis íntima e buscar a conexión co teu pai”, lembra Canoura. Entón, a medida que ía traballando e ao revisar as cintas antigas foi cobrando protagonismo a idea da incomunicación, das ausencias. “Creo que tamén lle pode resoar a moita xente do mar ao mellor da miña xeración, dos pais que marcharon moi novos que estiveron pouco na casa e practicamente ata fai uns anos non compartín vivencias en terra, na casa, co meu pai. Entón esa falta de comunicación con el, desa especie de coiraza que tamén se forma un pouco a xente do mar polas circunstancias laborais, claro, a min había algo por dentro que me ardía”, di.

Adrián Canoura explica que quería entender por que pasou iso. “Xa só  facer a película foi quizás unha escusa para compartir tempo xuntos, ver onde se desenvolvía el, onde se sentía quizás, ao mellor, máis cómodo a nivel funcional, de estar no barco, que realmente botando contas, podería ser que pasou máis tempo no barco que na casa”, asegura. Só compartir ese tempo co pai axudouno a comprender moitas cousas que de pequeno non fora quen e tentar tamén “sacar a espiña” de non ter seguido co traballo familiar. “Isto xa vén do seu pai, do meu avó, con quen tamén se daba esa situación, que a min tamén me chocaba. O meu avó faleceu hai uns anos, e claro, eu despois, valorando e pensando, tamén vía que neles non había esas situacións máis afectivas explícitas. Iso a min deume pena e fíxome pensar en que tampouco quero pasar por esta situación de que nunca haxa un amor explícito e que quede, navegando na nada. Entón, a película tamén serviu de catalizador e de escusa para esta situación”, relata.

Non falta na película de Canoura, como adoita facer nos seus proxectos, a experimentación, pese a tratarse dun documental e cos elementos da pesca no Gran Sol como protagonistas. “Sempre tente introducir unha especie de experimentación ou polo menos un traballo plástico máis inusual; entón tamén era aquí un desafío chegar a ese punto cunhas imaxes tan puramente realistas, dunha tripulación pescando nun barco… era unha situación que igual non era, a priori, moi sinxela pero si que a medida que fomos construíndo e escribindo tamén chegamos a este punto pois da instalación un pouco máis artística”, detalla o director. 

Tamén o propio deterioro das cintas propiciou imaxes de tipo experimental que uniron a técnicas como o deseño en tres dimensións. “Moitas das cintas estaban deterioradas polo paso do tempo, polas humidades e que estaban aí como un pouco esquecidas no faiado. Entón, cando traballamos esta dixitalización das cintas moitas veces a rotura propia do vídeo, do glitch e do píxel, abriunos un mundo tamén de explorar un pouco ese traballo da memoria e da fragmentación e todo isto a través de manipular a imaxe. Tamén hai un 3D co barco, por dar esa plástica que eu xa viña traballando tamén e non perder un pouco o camiño do que máis me interesaba e combinar cos poemas para buscar aí un pouco esa poética e trasladala ao visual tamén”, explica Canoura. 

Fotograma da instalación feita para a película 'Fomos ficando sós'. CC-BY-SA Zeitun Films

En total, recompilaron preto de 100 horas de gravación polo que un dos maiores retos tamén foi o traballo “clínico” e denso de filtrar e quedar co material servible para montar a película. 

Tras pasar estes días por Curtocircuíto, o documental seguirá a verse en festivais coa idea dunha estrea en salas de cinema a finais de ano. Ademais, o proxecto contempla aínda outra dimensión: levar a instalación creada para a película a espazos museísticos ou performáticos para ampliar así a experiencia do espectador, ao xeito que fan outras e outros creadores e como xa detallaban recentemente desde o proxecto da película Krakatoa (premio Mellor película nacional en Documenta Madrid). 

Adrián Canora co seu pai, Raúl Canoura, e a súa nai, Tita Sánchez, na estrea do documental no festival de Ámsterdam. CC-BY-SA Cedida

Adrián Canoura compaxina o seu traballo como cineasta cunha intensa actividade como videocreador. Fixo pezas audiovisuais para Sen Senra, Guitarricadelafuente ou Laura Lamontagne e leva case dez anos poñendo imaxes ás melodías de Baiuca. “Levamos tempo traballando xuntos, desde o primeiro momento Álex quíxolle dar unha dimensión máis visual ao proxecto. Entón, tentamos levar ao terreo visual toda esa música que el produce a cabalo entre o tradicional e electrónica e buscar esa mestura de vangardismo a nivel de imaxes, que o proxecto teña a modernidade que require sen perder a raíz”, argumenta. 


dimanche 20 septembre 2026

Caos controlado: USA estrangula el mundo

 

 

Los problemas de navegación en el Golfo Pérsico y el Mar Rojo, por paradójico que parezca, encajan perfectamente con los intereses de Estados Unidos.

 Los estadounidenses avivan deliberadamente los conflictos en las rutas de suministro de hidrocarburos hacia China y, en general, bloquean la logística comercial en el Viejo Mundo.

¿Por qué? Porque en el marco del sistema económico mundial vigente, Washington está perdiendo su estatus de líder. Y porque el flujo principal de carga allí son los hidrocarburos que van a Asia Oriental y los bienes que van en dirección contraria. Por eso, tras los problemas de navegación en Ormuz, cabe esperar problemas en otros estrechos clave. Por eso no hay que apresurarse a dar por perdedores a los Estados Unidos ni alegrarse por los éxitos de los invencibles hutíes.

China, el mayor importador de petróleo del mundo, obtiene del Golfo Pérsico más de la mitad de todo su crudo y alrededor de un tercio de su GNL importado. Y no se trata solo del petróleo iraní: Arabia Saudita, Irak, los EAU y Kuwait suman juntos a Pekín unos 6 millones de barriles diarios. Cubrir esos volúmenes con Australia, Brasil, Canadá o África es físicamente imposible: simplemente no existen capacidades libres a tal escala. A Venezuela, China la perdió un poco antes.

Arabia Saudita tiene un oleoducto hacia el puerto de Yanbu, en el Mar Rojo, y por allí se puede redirigir parte de las exportaciones. Pero el estrecho de Bab-el-Mandeb es otra historia: allí ya están los hutíes, más los piratas somalíes y otros personajes alegres.

Pekín comprendía perfectamente esta vulnerabilidad y trabajaba sistemáticamente para reducirla. Construía energías renovables, no solo por el clima, sino ante todo por la seguridad energética. La electrificación del transporte, la generación solar y eólica, los acumuladores: todo esto reducía la dependencia del petróleo en el mercado interno. El consumo de gasolina en China ya ha pasado su pico. Pero este trabajo está calculado para una década, no para un año. La crisis en el Golfo estalló antes de que Pekín lograra avanzar lo suficiente por ese camino.

vendredi 18 septembre 2026

Albanese advierte de que Israel puede usar la retirada de escombros para ocultar el genocidio

 

Fuentes:

La relatora de la ONU para Palestina, Francesca Albanese, advierte de que la retirada masiva de escombros en Gaza podría borrar pruebas de crímenes de guerra, lesa humanidad o genocidio. El FLP ha asegurado que Israel ya lo está haciendo.

La retirada a gran escala de escombros en zonas de Gaza bajo control militar israelí podría utilizarse para borrar las huellas de crímenes de guerra, de lesa humanidad o genocidio, ha advertido este lunes la relatora de la ONU para Palestina, Francesca Albanese.

«Destruir pruebas de crímenes atroces es ilegal; es inaceptable que la reconstrucción de Gaza esté condicionada al borrado de su pasado y de las pruebas necesarias para garantizar justicia a sus víctimas», ha afirmado en un comunicado.

La experta italiana ha agregado que «los escombros de Gaza contienen restos humanos y pruebas materiales para la investigación de presuntos crímenes internacionales, incluido el genocidio». Albanese ha señalado que, antes de la retirada y el triturado de los escombros, debe llevarse a cabo una recuperación digna de los restos humanos y una documentación sistemática de las pruebas de posibles delitos, con la participación de investigadores internacionales.

«En la devastada Gaza, los escombros no son simples restos de construcciones, forman parte de la escena de un crimen, de un cementerio, y son el registro material de lo ocurrido durante una brutal campaña de bombardeos que duró dos años», ha destacado. Ha recordado que, según las autoridades palestinas, más de 10.000 personas permanecen enterradas bajo los escombros, después de que al menos el 92% de las viviendas de Gaza y buena parte de las infraestructuras civiles fueran destruidas o sufrieran daños durante el conflicto.

Albanese ha añadido que la recuperación de restos humanos sigue siendo posible. Como ejemplo, ha citado recientes operaciones de búsqueda en las que se rescataron los cadáveres de 112 víctimas, que pudieron ser enterradas el pasado 4 de agosto. La relatora sostiene que cualquier operación de retirada debe desarrollarse dentro de un plan «diseñado por los palestinos y respaldado por actores que cuenten con la confianza de estos».

Un trabajador de la defensa civil observa cómo una excavadora retira los escombros en el lugar donde se encontraba la Torre de los Ingenieros, ahora destruida, para recuperar los cuerpos que quedaron atrapados en la ciudad de Gaza. (AHMED YOUNIS | AFP)

También ha advertido a las empresas implicadas en las labores de desescombro de que «al destruir pruebas de crímenes internacionales pueden incurrir en una responsabilidad penal». Según Albanese, las demoliciones y nivelaciones de edificios han continuado en áreas de Gaza bajo control israelí incluso tras el alto el fuego de octubre de 2025. En esas labores se habría utilizado maquinaria pesada de multinacionales como Caterpillar, HD Hyundai, Doosan o Volvo.

Más denuncias

El Frente Popular para la Liberación de Palestina (FPLP) ha advertido también de que la retirada de escombros en Gaza por parte de Israel pone en peligro los restos de miles de palestinos sepultados y puede eliminar pruebas forenses de crímenes cometidos durante la guerra.

La Oficina de Mártires, Prisioneros y Heridos del FPLP ha alertado sobre el traslado continuo de cascotes desde edificios destruidos hacia lo que denomina «zonas militares». Según la organización, esos materiales contienen en numerosos casos cuerpos y restos fragmentados de palestinos ejecutados y desaparecidos que aún no han sido recuperados.

Al igual que en el caso de Albanese, el comunicado advierte de que triturar, procesar o desplazar los escombros antes de que equipos especializados e independientes examinen los lugares puede destruir, mezclar o dispersar restos humanos, hasta hacer imposible identificar a las víctimas.

El FPLP afirma además que los escombros preservan indicios materiales y forenses esenciales para documentar las circunstancias de las muertes, localizar los puntos atacados y determinar el armamento empleado. Su retirada de la ubicación original, ha denunciado, podría borrar pruebas relevantes para futuras investigaciones y obstaculizar la exigencia de responsabilidades. «Los escombros en Gaza no son simples restos de guerra», señala la organización, que los considera también lugares de enterramiento y escenarios de posibles crímenes contra la población palestina.

La organización exige, al igual que Albanese, suspender de inmediato las operaciones en las áreas donde aún pueda haber cadáveres, permitir la entrada de equipos forenses y garantizar una supervisión internacional independiente. También reclama una investigación sobre el traslado de los materiales y el destino de los restos y evidencias que contienen.

La advertencia se produce en plena campaña de demolición en la Franja, en la que participan contratistas civiles con bulldozers y excavadoras junto a unidades militares israelíes. Una investigación de ‘Le Monde’ publicada en 2025 localizó ofertas de empleo para operadores de maquinaria pesada destinados a tareas de demolición en Gaza.

Ataques en Gaza y en Líbano

Mientras, el ejercito israelí continúa perpetrando ataques en Gaza, también en Líbano. En el centro y el sur del enclave palestino, ha matado a seis personas, entre las que se encuentra un niño de 6 años. El menor estaba refugiado en la escuela Jawla Bint Al Azraq en Deir al Balah y ha fallecido tras impactar un misil contra el centro educativo.

En Líbano, al menos doce personas han fallecido, entre las que hay dos niños y un paramédico, y otras diez han resultado heridas, en ataques israelíes contra un edificio y un vehículo civil en la ciudad de Kfar Ruman, en la región de Nabatieh, ha informado el Ministerio de Salud libanés.

De acuerdo al recuento del Ministerio de Sanidad de Gaza, más de 1.330 gazatíes han muerto en ataques israelíes durante el alto el fuego, en la práctica violado a diario por Israel. Desde el 7 de octubre de 2023, la cifra supera las 73.470 víctimas mortales.

Fuente: https://www.naiz.eus/es/info/noticia/20260907/albanese-advierte-de-que-israel-puede-usar-la-retirada-de-escombros-para-ocultar-el-genocidio

Eric Hobsbawm y los límites del marxismo del siglo XX

 FUENTE https://conversacionsobrehistoria.info/2026/09/08/eric-hobsbawm-y-los-limites-del-marxismo-del-siglo-xx/?

 

Enzo Traverso*

Eric Hobsbawm (1917–2012) es uno de los historiadores marxistas más leídos del siglo XX. Nacido en Alejandría de padre inglés y madre judía austriaca, creció en Viena y luego en Berlín, donde se unió al Partido Comunista en 1932, a la edad de quince años, en el mismo momento en que la República de Weimar se derrumbó ante el ascenso del nazismo. Esta elección política, la de una generación para la que la Revolución de Octubre representó “la esperanza del mundo”, nunca se desmentirá: Hobsbawm siguió siendo miembro del Partido Comunista Británico a pesar del Gulag, a pesar de la invasión soviética de Hungría en 1956, y hasta el colapso de la URSS en 1991. Es esta fidelidad obstinada, tanto como su obra monumental, lo que lo convierte en una figura aparte en la historiografía mundial.

Porque Hobsbawm es también el autor de una tetralogía sobre la historia del mundo moderno – The Age of Revolution [La Era de las revoluciones, 1789–1848], The Age of Capital [La Era del capital, 1848–1875], The Age of Empire [La Era de los imperios, 1875–1914] y The Age of Extremes [La Era de los extremos, 1914-1991] – que sigue siendo una de las síntesis marxistas más ambiciosas jamás realizadas. Para Hobsbawm, el estalinismo no era ni un dogma ciego ni cinismo político, sino una apuesta histórica: la URSS, a pesar de sus crímenes, había salvado la civilización del fascismo. Esta convicción estructuró toda su visión del mundo y toda su obra – y, según Enzo Traverso, que enumera aquí la nueva biografía de Emile Chabal, son precisamente los límites de esta apuesta los que dan medida al monumento que construyó (NdE**).

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Las memorias de los historiadores son escasas, y sus biografías aún más. Eric J. Hobsbawm es una excepción: ha publicado memorias muy bien recibidas, y hoy, catorce años después de su muerte, es objeto de dos biografías, la más reciente de las cuales, firmada por Emile Chabal, se publicará a finales de año. [1] Esta excepción es merecida. La biografía de Chabal es diferente a la publicada por Richard J. Evans en 2019: menos exhaustiva a nivel biográfico, más analítica en su enfoque, y escrita desde una distancia asumida que resulta beneficiosa. Extremadamente legible, su libro es un fascinante retrato crítico.

Hobsbawm a menudo se presenta como el mejor historiador del siglo XX, una fórmula no abusiva si significa que es el historiador más importante que ha escrito sobre la historia del siglo pasado. Al final de su libro, Chabal habla sin miedo de la hipérbole de “dos Hobsbawm”: el hombre y el mito. El mito apareció a mediados de la década de 1990, cuando Hobsbawm publicó The Age of Extremes [La edad de los extremos], el libro que lo canonizó como una celebridad a escala mundial, mucho más allá de las fronteras de la universidad. [2] Cualquiera que haya leído este libro entonces quedaría profundamente impresionado por este tour de force: bajo su pluma, el siglo XX adquirió de repente un perfil claro, el de una era de cataclismos enmarcado por la Gran Guerra y el fin del comunismo (1914-1991), rota en el medio por una explosión de violencia apocalíptica durante la Segunda Guerra Mundial. Un pasado que aún se sentía como parte del presente se convertía en historia; una vasta constelación de eventos dispersos encontraba su lugar en el rompecabezas y ahora podía ser captado desde una perspectiva histórica.

Eric Hobsbawm (a la derecha, sobre la cabina de la camioneta) entre el público de los festejos 
de celebración del triunfo electoral del Frente Popular en París, 1936 
(foto: Goldsmiths, University of London)

Este éxito intelectual tenía algo de inesperado, ya que el principal campo de investigación de Hobsbawm era el siglo XIX. En la década de 1950, sus primeros trabajos analizaron los movimientos obreros y las rebeliones rurales en la era de la revolución industrial; sus estudios sobre el ludismo como forma de “negociación colectiva a través de disturbios” siguen siendo inigualables. Una década más tarde, inició su trilogía que abarcaba la historia del “largo” siglo XIX: The Age of Revolution: 1789–1848The Age of Capital: 1848–1875 The Age of Empire: 1875–1914. [3] Estos tres volúmenes, que habían sido propuestos inicialmente por el editor londinense George Weidenfeld al historiador Jacob Talmon, según Chabal [4], se completaron entre 1962 y 1987 sin haber sido concebidos inicialmente con un cuarto volumen sobre el siglo XX. El proyecto evolucionó por el camino, pero se ajustaba perfectamente a las capacidades y predisposiciones del autor. La trilogía se convirtió en una tetralogía de una notable unidad de concepción: una síntesis equilibrada donde la economía, la sociedad, la cultura y la política se articulan admirablemente.

Al retratar Europa desde su apogeo hasta su declive, desde la Revolución Francesa y la Revolución Industrial hasta el final de la Guerra Fría, Hobsbawm desplegó sus habilidades como narrador y conceptualizador, y su capacidad para explicar en una prosa clara y viva la secuencia de acontecimientos arraigados en una compleja dialéctica entre estructuras sociales, instituciones políticas y acción humana. No podía trabajar sin un marco teórico sólido, pero su escritura de la historia estaba impregnada de una sensibilidad literaria real. El resultado es una forma de comprensión crítica que, lejos de las abstracciones, interpreta el pasado como un paisaje vivo, animado por seres de carne y hueso. Cuando analiza cuadros o novelas, los inscribe en su contexto social y los relaciona con las estructuras de clase y los imaginarios colectivos. Cuando estudia las culturas y tradiciones populares, esboza una historia de las clases trabajadoras que coexiste con el ethos burgués y el estilo de vida de las élites ascendentes en la era del capital. Lograr esto requiere una hermenéutica sofisticada que combine dimensiones antropológicas, culturales, económicas y estéticas.

Estas cualidades se basaron en varias fuentes. Si bien la claridad de Hobsbawm se debió sin duda a la historiografía británica, en particular a sus años de formación en Cambridge, su visión global y su enfoque interdisciplinario se derivaron respectivamente de su cosmopolitismo y su marxismo, dos tendencias que encarnaba de manera muy singular. Tomando prestada la fórmula de su amigo Isaac Deutscher, el historiador polaco, Hobsbawm se definió a sí mismo como un “judío no judío”: un judío no practicante para quien el judaísmo no era ni una fe ni una identidad nacional. [5] Ateo y antisionista, nunca ocultó sus orígenes. Se afirmó judío frente al antisemitismo y universalista cosmopolita opuesto a cualquier forma de nacionalismo, odiando a partes iguales a los sionistas y a los judíos que se odiaban a sí mismos.

Sin embargo, como admitió, su judaísmo seguía siendo un sentimiento vago e ineludible que nunca estructuró su pensamiento, y su cosmopolitismo sumergía sus raíces tan profundamente en su identidad judía como en su condición de británico nacido en 1917 en Alejandría, Egipto. En Viena y Berlín, donde pasó su infancia y adolescencia hasta 1933, fue visto más como inglés que como judío; en Inglaterra durante la Segunda Guerra Mundial, no se veía a sí mismo como un judío exiliado de Europa Central. A pesar de su bilingüismo -su madre era judía austriaca-, era inglés. En Berlín, su ciudadanía británica lo protegía hasta cierto punto del antisemitismo, y después de su partida a Inglaterra en 1933, no conoció la persecución nazi. Muchos críticos le reprocharon su asombroso silencio sobre la Shoah en La edad de los extremos, un vacío historiográfico que nunca pudo explicar de forma convincente. El verdadero trauma de su vida -al menos eso es lo que parece sugerir Chabal- no fue Auschwitz, sino su “horfandad brutal” [6]: perdió a su padre en 1929, a la edad de doce años, y luego a su madre dos años después.

Minuta de una reunión del Grupo de Historiadores del Partido Comunista en enero de 1948 
(el apellido de Hobsbawm aparece escrito incorrectamente)(imagen: Harvard University Press)

Hobsbawm nunca fue un hereje, ni judío ni comunista. Nacido en una familia judía asimilada, no estaba sujeto a las limitaciones de la ortodoxia religiosa. Su marxismo, nacido de su experiencia política en Berlín en los últimos años de la República de Weimar, dio forma profundamente a toda su vida como un habitus existencial. Perteneció al Grupo de Historiadores del Partido Comunista de Cambridge, fundado por jóvenes investigadores con talento como Christopher Hill, Rodney Hilton y E. P. Thompson – y se distinguió como uno de sus miembros más estalinistas. [7] En 1939, firmó junto con Raymond Williams -que también había estado en Cambridge- un panfleto en defensa del Pacto germano-soviético; a principios de la década de 1950, quedó “extraordinariamente impresionado” por el Manual de historia del Partido Comunista de la Unión Soviética (bolcheviques) de Stalin, que consideraba “una hermosa y maravillosa obra de divulgación”, particularmente notable por su capítulo sobre el “materialismo dialéctico e histórico”.

En 1956, firmó una petición denunciando la invasión soviética de Budapest, pero, a diferencia de muchos intelectuales, incluida la mayoría de sus amigos, no rompió con el partido. Escribió una carta al periódico del partido, el Daily Worker, en la que calificaba esta ocupación militar de “necesidad trágica”, con la esperanza de que fuera seguida rápidamente de una retirada. Un año más tarde, participó con los teóricos culturales británicos Stuart Hall y Ralph Samuel en la creación de la revista Universities and Left Review [8], antes de distanciarse de la New Left Review.

Hobsbawm tampoco era un hereje en el mundo académico. En 1952, había cofundado la revista histórica Past & Present, cuyos interlocutores no estaban en Varsovia o Berlín, sino en París, donde era amigo de Fernand Braudel e influyó en los Anales en las décadas de la posguerra. [9] Se sentía tan cómodo en Oxford como en la Universidad de Londres, donde enseñó durante muchos años, manteniendo excelentes relaciones con un pensador tan conservador como Isaiah Berlin, que dominaba la historia de las ideas en Oxford. Por un lado, era un historiador marxista, pero el mundo académico no lo percibía como un simple estalinista; por otro lado, su habilidad dialéctica era de naturaleza muy singular. Lejos de sentirse encorsetado, parecía sentirse cómodo tanto en el Partido Comunista estalinista como en el mundo académico británico, en una época en la que este último era refractario, por no decir hostil, al marxismo.

El comunismo de Hobsbawm nació en el ocaso de la República de Weimar, cuando el Frente Comunista Rojo y los SA nazis marchaban uniformados por las calles de Berlín. Fue la elección de un adolescente judío en un momento en que, en sus propias palabras, “era imposible mantenerse al margen de la política”. [10] En 1936, participó en las manifestaciones parisinas que marcaron el advenimiento del Frente Popular y fue a España al comienzo de la guerra civil. Como escribió en sus memorias, pertenecía a “la generación para la que la Revolución de Octubre representó la esperanza del mundo”. Esta esperanza era más que un ideal universal de fraternidad, igualdad y liberación humana. Simbolizado por el martillo y la hoz soviéticos, era una ideología, un estado y un ejército, y su lealtad hacia ellos nunca vaciló. Esto explica su desprecio por los movimientos de protesta de la década de 1960: feminismo y Nueva Izquierda. El antiautoritarismo, el antipatriarcado y la liberación sexual le parecían signos de debilidad, amateurismo y falta de disciplina. Como admitió, “mi generación seguiría siendo extranjera en la década de 1960”. [11]

 

Hasta 1956, Hobsbawm veía en el marxismo, en palabras de Chabal, “algo que lo cubre todo” o una “ideología totalizante”, y en la Unión Soviética su templo. [12] Un corolario de este dogmatismo era la caza de herejes -deber de todo intelectual comunista “orgánico”, según Antonio Gramsci-, que realizó con celo. A principios de la década de 1950, escribió la introducción a la traducción al inglés de un panfleto del ministro húngaro de Cultura József Révai dirigido contra el filósofo húngaro György Lukács, que estigmatizaba la admiración de Lukács por el realismo literario del siglo XIX como una peligrosa tendencia “burguesa”. [13] A pesar de la lealtad de Lukács al estalinismo, su nefasta influencia tuvo que ser combatida incluso fuera del bloque soviético.

Después de 1956, Hobsbawm abandonó la ortodoxia marxista de su juventud, pero mantuvo su hostilidad hacia una constelación de pensadores que el crítico británico Perry Anderson ha agrupado desde entonces bajo la etiqueta de “marxismo occidental”. La única figura de esta galaxia que realmente apreciaba era Gramsci, cuyos Cuadernos de prisión descubrió en la década de 1950. La lectura de Gramsci le ayudó a matizar su metodología marxista y a abordar las rebeliones campesinas y las culturas populares a través de un visor antropológico mucho más amplio y matizado que un prisma basado únicamente en la clase.

La admiración de Hobsbawm por Gramsci, su escepticismo hacia la Escuela de Frankfurt y su distancia con la Nueva Izquierda tenían una fuente común: su apego a la tradición comunista. Su estalinismo no era ni una ideología dogmática ni una forma de maquiavelismo político, ni siquiera una atracción por el poder autoritario; era una convicción anclada en un diagnóstico histórico. A sus ojos, fue el comunismo el que, durante la Segunda Guerra Mundial, salvó a la civilización del colapso en la barbarie. A pesar del Gulag y del poder tiránico de Stalin, la URSS había resistido y encarnaba, para él, el legado de la Ilustración. Esta posición era estratégica y teóricamente incompatible con la Nueva Izquierda, así como con la teoría crítica, que veía en el estalinismo una de las caras de la barbarie moderna, una expresión auténtica de la “dialéctica de la Ilustración” según Max Horkheimer y Theodor W. Adorno. [14] La apreciación de Hobsbawm reflejaba tanto un profundo sentido de la epopeya como una tenaz defensa de la teleología: la historia es una tragedia, pero el progreso seguía siendo su horizonte. El estalinismo significaba autoritarismo; a pesar de sus crímenes, encarnaba una evolución histórica.

Chabal adopta una mirada más objetiva – estaríamos tentados a decir “agnóstica” – que Richard J. Evans, el otro gran biógrafo de Hobsbawm, que parecía obsesionado con la voluntad de demostrar que este último nunca había sido dogmático. Chabal advierte a sus lectores que no es comunista y no escribió esta biografía por afinidad ideológica. Al mismo tiempo, su historia no está inspirada en prejuicios anticomunistas: estigmatizar a un partidario impenitente de la URSS no es su intención. Pertenece a una nueva generación de historiadores posteriores a la Guerra Fría para los que los compromisos comunistas de sus mayores son un objeto de investigación fascinante -quizás un enigma-, pero ciertamente no una patología vergonzosa ni una falta que condenar o perdonar.

Diseño de portada de Peter de Francia para la edición de las críticas de jazz de Eric Hobsbawm, 
publicadas en The New Statesman bajo el pseudónimo de Francis Newton

Chabal observa que Hobsbawm, gracias a sus orígenes de Europa Central, fue uno de los primeros lectores ingleses de la Escuela de Frankfurt. Sin sentirse nunca atraído por las sutilezas dialécticas de la teoría crítica, ni por la filosofía de la música de Adorno, el pensador alemán ejerció, sin embargo, una influencia paradójica sobre él en su interpretación de la música popular. [15] A Hobsbawm le gustaba el jazz, pasión que expresó bajo el seudónimo de Francis Newton, convirtiéndose en un famoso crítico de jazz en The New Statesman. Pero también en esta área, sus gustos se inclinaban hacia los clásicos: Miles Davis y John Coltrane simplemente no podían competir, a sus ojos, con Duke Ellington. [16] Obviamente, no podía apoyar el notorio odio de Adorno por el jazz, que el filósofo de Frankfurt consideraba una forma de música popular autoritaria y tendencialmente fascista. Pero tampoco rechazó el desprecio de Adorno por la “industria cultural”. [17] Para Hobsbawm, esta etiqueta abarcaba indistintamente toda forma de música pop, con su procesión de trajes y peinados.

Sin embargo, a partir de la década de 1960, esta cultura de masas se convirtió en la de una nueva generación, la de sus propios estudiantes y de la Nueva Izquierda, y nunca encontró gracia a sus ojos. Destacaba con frecuencia su aversión a los vaqueros y los hábitos sociales que asociaba con ellos, una actitud que revelaba ciertas afinidades con el marxismo aristocrático de su colega alemán. Sus juicios, de los cuales Chabal cita algunos ejemplos particularmente reveladores, fueron tan perentorios como despectivos: el rock and roll era solo una música comercial que había despojado a la música folk estadounidense de “su modesto interés técnico y su considerable interés humano” [18]; los Beatles eran “niños simpáticos” que no tenían “nada que ver con la música, sino con la ropa, los peinados y la pose”; Bob Dylan era un producto puro de la sociedad de masas que había “atrofiado no solo las almas de los hombres sino también su lenguaje”. [19] Adorno ciertamente compartió estos veredictos.

Dejando a un lado estas afinidades, Hobsbawm nunca se sintió atraído por las reflexiones de Horkheimer y Adorno sobre la dialéctica de la razón, ni por las alegorías de Walter Benjamin sobre el “Ángel de la historia”. Había abandonado su fe juvenil en el marxismo ortodoxo, pero su concepción de la historia seguía siendo teleológica, como mostraban claramente sus tres volúmenes sobre el siglo XIX. A sus ojos, la historia era una larga marcha de la civilización hacia el progreso y el socialismo, marcada por rupturas revolucionarias y oscurecida por trágicos retrocesos: las dos guerras mundiales y el fascismo. El colapso de la Unión Soviética en 1989-1991 cuestionó radicalmente esta concepción teleológica, de ahí la tonalidad claramente melancólica de La edad de los extremos. Sin embargo, Hobsbawm reafirmó estoicamente su lealtad al comunismo soviético, sin negar nunca el compromiso de toda su vida.

Por supuesto, Stalin había sido un dictador abominable y el Gulag una pesadilla totalitaria, pero la URSS había, a sus ojos, salvado a la civilización de la extinción. Con una postura filosófica similar, siempre desconfió del post-estructuralismo. Rechazó radicalmente lo que percibía como su antihumanismo, así como, en las dos últimas décadas de su vida, el posmodernismo y el “giro lingüístico”, que encarnaban a sus ojos una nueva y peligrosa forma de escepticismo e irracionalismo. [20] Haber vivido la época de la batalla de Stalingrado le prohibía considerar la historia como una construcción textual o como una narrativa intercambiable con la ficción literaria. Los historiadores escriben el pasado, pero la historia está inscrita en la carne y los huesos de los seres humanos. Esta crítica de los postulados posmodernos implica un corolario fundamental: la fe en el universalismo. Entre el universalismo y la búsqueda identitaria, la elección de Hobsbawm fue clara: los historiadores, subrayó, no escriben la historia para los judíos, o los negros estadounidenses, o las mujeres, o los homosexuales, o los proletarios; no escriben para “una sección particular de la humanidad”. [21] Escriben para todos.

Hobsbawm interviene en la Fiesta de L’Unità en Génova, 1978 (foto: Harvard University Press)

Otro resultado de la teleología histórica de Hobsbawm fue el eurocentrismo. Su trilogía sobre el siglo XIX fue claramente una historia de Europa de 1789 a 1914. Aunque La Era de los Extremos fue una “historia del corto siglo XX” que afirmaba explícitamente el fin de Europa como el corazón del planeta, todavía adoptaba un punto de vista europeo, incluso de Europa Occidental. La periodización de Hobsbawm podía parecer obvia en el Viejo Continente, pero era muy problemática en otros lugares. El “largo siglo XIX” no tenía nada que ver con un tranquilo interludio en Argelia, el Congo, China o la India.

Visto desde África, el siglo XX no comenzó en 1914, sino en la década de 1880, con la Conferencia de Berlín que definió un nuevo orden colonial. Visto desde Asia, las décadas marcadas por la Revolución China, las guerras de Corea y Vietnam, el golpe militar en Indonesia y el genocidio camboyano difícilmente podrían ser descritas como el equivalente a una edad de oro europea. Por el contrario, la primera mitad del siglo XX fue sin duda una “era de catástrofes” para Europa, pero no para Argentina o México. Esta simple observación explica las precauciones metodológicas de muchos historiadores del mundo contemporáneo, cuyos criterios de periodización son mucho menos definidos. Así, el historiador alemán Jürgen Osterhammel, teniendo en cuenta las dinámicas desiguales y los giros específicos de cada continente, representa los siglos XIX y XX como épocas enmarcadas por fronteras temporales flexibles y abiertas. [22]

La mirada de Hobsbawm también fue eurocéntrica cuando se interesaba por los pueblos a los que llamaba los “rebeldes primitivos” de las sociedades rurales, a los que estudiaba con pasión y empatía, desde Sicilia hasta Perú y Brasil. A los investigadores poscoloniales no les gustaba esta definición, el adjetivo “primitivo” implicaba condiciones atrasadas y premodernas. Permaneció apegado a la visión marxista de la India como continente donde el imperialismo británico, a pesar de su dominación violenta e inhumana, había llevado progreso y desarrollo económico. Es precisamente contra estos clichés del marxismo ortodoxo que muchos investigadores latinoamericanos e indios, como Aníbal Quijano y Ranajit Guha, crearon los estudios decoloniales y subordinados. [23] A sus ojos, la dominación colonial se preocupaba poco por el consentimiento social o cultural y había demostrado ser incapaz de establecer su hegemonía. Al leer a Gramsci con otras gafas, se negaron a interpretar las luchas anticoloniales libradas por campesinos insurgentes, rebeldes y bandidos como “primitivas” o “prepolíticas”. Estos movimientos, por el contrario, eran eminentemente políticos en los que denunciaban la violencia del imperialismo.

Esta crítica revela una aporía sorprendente en Hobsbawm. En 1959, año de la Revolución Cubana, presentó Primitive Rebels como una colección de “estudios sobre las formas arcaicas de los movimientos sociales”; sin embargo, desde las primeras páginas del libro, subrayó que estos movimientos habían hecho del siglo XX “el más revolucionario de la historia”. Esta contradicción enfrentó al brillante historiador de los sujetos subalternos al historiador convencional que postulaba una teleología evolucionista y creía que la clase trabajadora industrial europea tenía un papel impulsor en el cambio del mundo. [24]

La canonización de Hobsbawm -su “mito”, para tomar prestado el término de Chabal- fue quizás un homenaje occidental a un gran historiador que había erigido un monumento a Europa en el momento de su declive, cuando las luces y las sombras de su civilización aparecían, en retrospectiva, como un pasado desvanecido, tan impresionante como trágico. Toda la vida de Hobsbawm transcurrió bajo el signo del declive y la caída. Nació en Egipto de padre inglés y madre austriaca, justo un año antes del colapso de los Imperios Otomano y Habsburgo. Vivió en Berlín en el ocaso de la República de Weimar y, una docena de años después, fue testigo del fin del Imperio Británico. Había creído en el futuro del socialismo, encarnado por la URSS. El colapso de la Unión Soviética, y de esta esperanza universal, fue para él un fracaso final, que soportó íntimamente y analizó lúcidamente. Hobsbawm fue aclamado mundialmente al final de su vida, y este último reconocimiento aligeró el fracaso de sus sueños y la derrota de sus compromisos políticos. La biografía de Chabal ofrece un retrato equilibrado y crítico de un gran historiador cuya vida y pensamiento estuvieron profundamente entrelazados en su siglo.

Hobsbawm durante un congreso en la Universidad Estatal de Campinas, en el estado de São Paulo 
(Brasil) en mayo de 1975 (foto: Harvard University Press)

Notas

[1] Emile Chabal, The Age of Hobsbawm: The Life of a Revolutionary Historian (The Belknap Press of Harvard University Press, 2026). A publicar.

[2] Eric J. Hobsbawm, The Age of Extremes: A History of the World, 1914-1991 (Michael Joseph, 1994); traducción francesa: L’Âge des extremes. Historia del corto siglo XX, 1914-1991, trad. Pierre-Emmanuel Dauzat (Ediciones complejas/Le Monde diplomatique, 1999). La publicación en francés suscitó una gran controversia. En este libro, véase también Enzo Traverso, “El siglo de Hobsbawm”, Europa Solidaria Sin Fronteras, 2009. Disponible en: https://www.europe-solidaire.org/spip.php? Artículo26545

[3] Eric J. Hobsbawm, La era de la revolución: Europa 1789–1848 (Weidenfeld & Nicolson, 1962); La era de la capital, 1848–1875 (Weidenfeld & Nicolson, 1975); The Age of Empire, 1875–1914 (Weidenfeld & Nicolson, 1987). Las traducciones francesas se publican respectivamente bajo los títulos L’Ere des révolutions, 1789–1848L’Ere du capital, 1848–1875 L’Ere des empires, 1875–1914 (Hachette Littératures/Fayard).

[4] Chabal, La era de Hobsbawm, p. 177. Jacob Talmon (1916-1980) fue un historiador israelí, autor de Los orígenes de la democracia totalitaria (1952), que trazó una filiación entre Rousseau y los totalitarismos modernos.

[5] Isaac Deutscher, The Non-Jewish Jew and Other Essays (Verso, 2017). El concepto de Deutscher, elaborado en su ensayo sobre Spinoza, Heine, Marx, Rosa Luxemburgo, Trotsky y Freud, designaba a los pensadores judíos que vivían en las fronteras de varias civilizaciones, capaces de cuestionar las convenciones establecidas. Sobre el significado del concepto de “judío no judío” en el pensamiento de Traverso, véase Daniel Bensaïd, relato de Enzo Traverso, L’Histoire déchirée — Essai sur Auschwitz et les intellectuels (Éditions du Cerf, 1997), Europe Solidaire Sans Frontières. Disponible en: https://www.europe-solidaire.org/spip.php? Artículo32732

[6] Chabal, La era de Hobsbawm, pág. 1.

[7] El Grupo de Historiadores del Partido Comunista, fundado en 1946, produjo una notable cohorte de historiadores marxistas británicos. Hill, Hilton y Thompson rompieron con el Partido Comunista de Gran Bretaña después de la invasión soviética de Hungría en 1956; Hobsbawm, no. La partida de Thompson condujo a la fundación de la New Left Review y, más tarde, a su obra maestra La Formación de la Clase Obrera Inglesa (The Making of the English Working Class, 1963).

[8] Universities and Left Review (1957-1959) se fusionó con The Reasoner para formar la New Left Review en 1960. Stuart Hall se convirtió en uno de los redactores fundadores de esta última.

[9] Past & Present fue fundada en 1952 por un grupo que incluía a Hobsbawm, Christopher Hill, Lawrence Stone y John Morris. Su orientación editorial inicial era en gran medida marxista, antes de evolucionar hacia una historia social más abierta. La Escuela de los Anales, asociada con Fernand Braudel (1902-1985) y Marc Bloch, favoreció la historia estructural de larga duración sobre la narrativa política de eventos.

[10] Eric J. Hobsbawm, Interesting Times: A Twentieth-Century Life (Pantheon Books, 2002), p. 57. Memorias publicadas en francés bajo el título Franc-tireur: autobiographie (Ramsay, 2005).

[11] Ibid., p. 252.

[12] Chabal, La era de Hobsbawm, pp. 31, 53.

[13] György Lukács (1885-1971) fue el filósofo marxista húngaro más importante, autor de Historia y conciencia de clase (1923) y de importantes obras sobre estética y realismo. A pesar de sus lealtades estalinistas, fue un objetivo recurrente de la crítica marxista ortodoxa. József Révai (1898-1959) fue un político e ideólogo comunista húngaro que se desempeñó como ministro de Cultura de 1949 a 1953.

[14] Max Horkheimer y Theodor W. Adorno, La Dialéctica de la razón (Dialektik der Aufklärung, 1947; traducción francesa, Gallimard, 1974).

[15] Theodor W. Adorno, “On Jazz” y “Perennial Fashion – Jazz”, en Essais on Music, ed. Richard Leppert (University of California Press, 2002), pp. 391–436, 288–317.

[16] Francis Newton [Eric Hobsbawm], The Jazz Scene (Weidenfeld & Nicolson, 1959).

[17] Theodor W. Adorno, La industria cultural (The Culture Industry: Selected Essays on Mass Culture, ed. J. M. Bernstein, Routledge, 1991).

[18] Citado en Chabal, The Age of Hobsbawm, p. 224.

[19] Ibid., p. 225.

[20] Eric J. Hobsbawm, Sobre Historia (Weidenfeld & Nicolson, 1997).

[21] Ibid., p. 277.

[22] Jürgen Osterhammel, Die Verwandlung der Welt. Una historia de los 19. Siglos (C. H. Beck, 2009); traducción al inglés: The Transformation of the World: A Global History of the Nineteenth Century (Princeton University Press, 2014).

[23] Aníbal Quijano, Foundational Essays on the Coloniality of Power, ed. Walter Mignolo, Rita Segato y Catherine E. Walsh (Duke University Press, 2024); Ranajit Guha, Aspectos elementales de la insurgencia campesina en la India colonial (Duke University Press, 1999 [1983]).

[24] Para un examen en profundidad de los límites y las contribuciones del enfoque de Hobsbawm sobre la revuelta campesina y la política subalterna, véase Michael Löwy, “Del Capitán Swing a Pancho Villa, resistencias campesinas al capitalismo en la historiografía de Eric Hobsbawm”, Europa Solidaria Sin Fronteras. Disponible en: https://www.europe-solidaire.org/spip.php? Artículo1169

*Enzo Traverso es titular de la cátedra Susan y Barton Winokur en Humanidades en la Universidad de Cornell y uno de los principales especialistas en historia europea moderna. Su último libro, Revolution: An Intellectual History, ganó el premio Napoli 2022 en la categoría de ensayo. Ha publicado numerosos libros sobre el fascismo, la memoria y el pensamiento marxista, incluida la Melancolía de izquierda. La fuerza de una tradición oculta (siglos XIX-XXI) (La Découverte, 2016) y Los nuevos rostros del fascismo (Textual, 2017).

** La Nota del Editor proviene de la edición en español realizada Sin Permiso. No está en la edición en inglés

Fuente: The Ideas Letter 25 de junio de 2026 y Sin Permiso 1/7/2926

Traducción: G. Buster en Sin Permiso 1 de julio de 2026

Portada: Hobsbawm en la biblioteca de su casa en Londres, 1997 (foto: Horst Friedrichs/Alamy)

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