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Sous l'œil de Jean Mitry, les machines en mouvement se transforment en ballet musical, soutenu par la partition de Pierre Boulez.
Esthétisation, géométrisme, pas d'humains, tâches répétitives et automatisées.
Pas de bruits de machines --> sublimations personnalistes.
Dénonciation virulente de la présence et de l'influence américaine en
France, des bases militaires au cinéma, en passant par le Coca-Cola et
les journaux pour enfants, symboles de « gangstérisme », « de racisme ».
Face à la civilisation américaine et à sa « politique de guerre » se
dressent les travailleurs de la SNECMA, les mineurs de Auchel, les
dockers, les consommateurs français « appréciant le bon vin », les
militants communistes (jeunes vendeurs de l'Avant-Garde « militant
contre les 18 mois », lecteur de L'Humanité éteignant son poste de
radio...) et, enfin, les dirigeants du P.C.F. (Maurice Thorez au stade
de Buffalo). L'éviction de Frédéric Joliot-Curie du haut-commissariat à
l'énergie atomique, en avril 1950, est imputé à la politique américaine.
Ce court-métrage militant mêle des plans documentaires et des images
fictionnelles (le VRP de Coca-Cola chassé du bistrot par les
consommateurs français amateurs de vin). Les Américains en Amérique
témoigne de l'anti américanisme du P.C.F. durant la période de guerre
froide.
Lieux et monuments : Paris (Place de la Concorde, Arc de Triomphe), Fontainebleau, Mont-Valérien, port de Marseille, Auchel
Personnalités : Truman, Blum, Byrnes, Schuman, Queuille, Moch, Frédéric Joliot-Curie, Thorez...
Lieux, événements et personnes citées : France, Angleterre, URSS ;
réarmement allemand, Pacte atlantique ; Bradley, Eisenhower, René
Pleven.
Mots d'ordre: « les 18 mois c'est la guerre ».
Ce film est constitué d'une série de documents tournés en République
Démocratique du Vietnam en mai-juin 1972 dans le cadre du projet de film
intitulé « Les chemins de la victoire» (production UNICITE) par Gérard
Guillaume et par les combattants du Front National de Libération.
Il
est composé des films suivants : « Haiphong », « Le combinat
sidérurgique de Tay Nguyen », « Hanoi Mai 1972 », « Vinh Linh », «
Images de l’offensive au Sud », « Quang Naï », « La bataille des routes
», « L’enrôlement des volontaires en République Démocratique du Vietnam »
et « Giap mai 1972 ».
L'escalade au Nord Vietnam (Bombardements d'Haïphong et du combinat sidérurgique de Tay Nguyen)
Depuis
le 16 avril 1972, Haïphong a été plusieurs fois bombardée. C'est le
port qui est visé, mais aussi les quartiers ouvriers, les hôpitaux, les
écoles, les villages de la banlieue qui sont rasés. Les victimes civiles
sont très nombreuses.
Les Vietnamiens pleurent leurs morts, pansent leurs plaies, recueillent dans les décombres les maigres débris récupérables.
Et
chaque fois, inlassablement, avec un courage et une détermination
étonnants, ils se remettent à l'ouvrage et reconstruisent leur maison.
Dans
le port en partie détruit, l'activité reprend peu à peu, et sur les
quais s'accumulent, une fois encore, les témoignages de la solidarité
internationale.
Alerte à Hanoï
Chaque matin, les habitants assiègent le vendeur de journaux.
Au sud, l'offensive se poursuit. La province du Quang Try est entièrement libérée.
Plusieurs
fois par jour, les hauts parleurs diffusent un extrait d'un discours
enregistré par Ho Chi Minh pendant la première escalade.
Partout dans
la ville de grands panneaux informent la population, jour après jour,
des développements de l'offensive du sud au 17° parallèle.
Depuis le
début de la nouvelle escalade, par mesure de sécurité, les cinémas,
théâtres, musées sont fermés. Et les vieux artisans qui peignent
habituellement les affiches des spectacles réalisent aujourd'hui des
panneaux célébrant les nouvelles victoires de la DCA.
L'alerte
quotidienne est passée. La défense anti-aérienne sur Hanoï est telle que
tout va très vite. Les Américains concentrent leurs efforts sur un seul
objectif : Hier l'hôpital militaire, aujourd'hui un dépôt de carburant,
demain le vieux pont Paul Doumer. Sur le chemin du retour, les avions
américains largueront les bombes qu'ils n'ont pu déverser sur Hanoï, de
préférence sur les villages ou sur les digues.
A Hanoï, chacun
reprend ses activités là ou ils les avaient interrompues. Ici les femmes
ont repris la construction des abris individuels en béton, ; et sur le
panneau, le vieux peintre va pouvoir maintenant inscrire le chiffre des
avions abattus ce jour : 2.
Une affiche appelle les unités
d'auto-défense à l'émulation pour que, dans les jours suivants, le 300è
avions américain soit abattu.
Au 31 mai 1972, depuis le début de la
première escalade, plus de 3 600 avions américains ont été détruits,
plus de 400 pilotes ont été capturés.
Enrôlement de jeunes volontaires de l'institut de technologie d'Hanoï pour combattre sur le front du sud
Images de l'offensive du Sud Vietnam et images de Vinh linh situé au nord du 17è parallèle : mai 1972.
La plaine de Quang Maï, entre Hué et Saigon.
Pendant
l'offensive qui se déroule au Sud, les unités de guérilleros du Front
National de Libération ont une tâche stratégique importante. Leur
mission est de harceler les bases américano-saïgonnaises, de lancer des
opérations de diversion et de détourner sur eux, qui ne sont qu'une
trentaine, le maximum des forces aériennes. Jeu subtil et stratégique de
cache-cache, car il faut aussi acheminer les armes et munitions qui
seront cachées jusqu'au jour de l'attaque de la base
américano-saïgonnaise.
Il faut aussi faire des provisions suffisantes
de riz et les dissimuler pour les protéger soigneusement dans la
campagne. Les unités saïgonnaises ont beau patrouiller les guérilleros
restent introuvables et pourtant, le caméraman du F.N.L. a qui nous
devons ces images n'est pas loin.
Interview du général Giap
Professeur
d'histoire, journaliste, révolutionnaire, général chef de l'armée
populaire. Vainqueur de Dien Bien Phu, ministre de la défense et
vice-premier ministre de la République Démocratique du Vietnam.
Interview sur : la guerre du peuple, l'évolution, la capacité du peuple Vietnamien à résister, le sens d'une victoire.
Documentaire municipal réalisé en 1973 - deux ans après les élections
municipales - par Miroslav Sebestik ayant pour sujet le développement
rapide de Bagnolet et les problèmes urbanistiques, politiques et humains
posés par ces transformations.
Des quartiers entiers se sont transformés, des milliers de logements ont
été construits, le métro est arrivé. Bagnolet est en train de devenir le
carrefour de l'est parisien. Ces transformations ne se sont pas faites
sans problème : est-il agréable de vivre à Bagnolet ? Les loyers sont
chers, les impôts sont lourds, qui est responsable ?
Le film tente de cerner les problèmes qui se posent aux habitants et de répondre à quelques grandes questions.
Des interviews de responsables (Jacqueline Chonavel, maire de Bagnolet) et d'habitants interrogés au hasard de la rue.
Le film est remarquable pour son ton décalé : toutes les interviews sont
entrecoupées de brèves séquences fictionnelles burlesques (plan sur une
cocotte minute, sur un couple s'embrassant fougueusement dans
l'ascenseur, sur un brossage de dents méticuleux, etc)
Réalisation : Miroslav Sebestik
Production : UNICITE
Image : Gilberto Azevedo
Montage : Geneviève Louveau
Son : Alain Muslin
Personnalités : Jacqueline Chovanel, maire de Bagnolet, députée de la Seine Saint-Denis
Commandé par le P.C.F. à l'occasion de la campagne des élections
législatives de début 1973, ce film présente le programme commun des
partis de gauche (communistes, socialistes, radicaux de gauche) à
travers l'expérience vécue d'un couple de travailleurs. A partir
d'images de leur existence quotidienne, le film montre quelques aspects
de ce qui pourrait changer concrètement avec le programme commun de
gouvernement. Parallèlement, il trace l'itinéraire qui va de la
réflexion sur la vie telle qu'elle est à l'action politique pour changer
la vie. [Notule catalogue UNICITÉ]
Mise en scène sophistiquée visant à une présentation "attrayante" du
programme commun. Didactisme, comique. Par exemple, certaines
propositions du programme commun sont énoncées sur un mode dérisoire par
tel personnage en position de "faire l'acteur" et ré énoncées par le
même en position "d'être militant". Brechtisme.
A noter une balade poétique et décalée dans la Cité de la Grande Borne,
construite par l'architecte Emile Aillaud. On y voit les courbes de la
cité alors toute neuve, les jeux de couleurs, le dédale des rues
intérieures, les sculptures et les mosaïques (comme ce portrait de
Rimbaud) qui émaillent les rues de la "Cité des enfants", piétonne et
poétique, voulue par l'architecte. « Qu’ont-ils à faire de Rimbaud, ces
immigrés qui partent à pied prendre le train de Juvisy, à cinq heures du
matin ? Rien, bien sûr, sinon que ce n’est pas Rimbaud qui les prive
d’autobus ou de bureau de tabac. Je ne peux pas ouvrir un café à la
Grande Borne pour que ce soit plus gai. La seule chose que je puisse
faire, c’est, à tout hasard, d’offrir Rimbaud en plus de l’HLM. »
— Émile Aillaud, Désordre apparent, ordre caché, Éditions Fayard.
Lieux : Morsang-sur-Orge (91), La Grande Borne (Grigny, Viry-Châtillon, Fleury-Mérogis), Essonne
GÉNÉRIQUE:
Production, UNICITÉ
Assistant, Jacques FRAENKEL
Images, Jacques MIRONNEAU
Montage, Christianne LACK
Participation de D.LANFRERE, R.BOUILLETTE, C.ZINS, J.C BRISSON, M.F
GUYONNEAU, B.ROCHUT, P.LERICHE, Jean-Pierre RIFFET, Lolita CHEREL,
L.THOULUC
Avec Chantal MUTEL, Patrick LARZILLE, René LOYON et la famille DELBOUYS.
Texte off Albouy
Le travail en mer à bord du Franc-Tireur, chalutier bigouden basé à
Concarneau. Une fois présenté l'équipage ce documentaire décrit la peine
des pêcheurs « 20 jours en mer, 2 jours à terre » : filets que l'on
jette accompagnés par les mouettes, vidage et écaillage de la pêche sur
le bateau. Le travail ne s'arrête jamais de nuit comme de jour les
hommes tirent le «chalut», avec la crainte qu'il ne se déchire. Le
partage communautaire des recettes y est évoqué.
A la fin du voyage, les hommes se font beaux pour arriver à terre. mais les retrouvailles sont de courte durée.
Si les images (très soignées), le commentaire (littéraire) et la
chanson-titre (interprétée par Yves Montand), évoquent -parfois de
manière romancée- le métier de martin-pêcheur, Mon Ami Pierre... situe
également le quotidien des marins dans la vaste communauté des hommes au
travail...
Mon Ami Pierre... s'inscrit parmi les court-métrages soignés de Procinex
qui désirait présenter le monde du travail au public le plus large
possible, sans tenir un discours politique explicite. Le choix du Franc
Tireur ne relève cependant pas du hasard : ce chalutier fut construit en
coopérative au Guilvinec et, du patron au matelot, chacun touchait part
égale. Son lancement, comme celui du Franc-Tireur, fut d'ailleurs
popularisé par le P.C.F.
Générique : « (...) Nous dédions ce film aux 16 hommes du Gay Lussac
avec lesquels nous avons parlé par radio, là-bas, du côté de la Grande
Sole. 16 hommes péris en mer. Et à tous leurs camarades innombrables qui
poursuivent au large des froides côtes d'Irlande et de Norvège
l'éternel voyage entre deux eaux»
Production: Procinex
Images : Paula Neurisse et Louis Félix
Texte : Jean-Pierre Chabrol
Musique : Joseph Kosma
Interprétation : Trio Raisner
Voix et chant : Yves Montand Selon le témoignage de Gérard Avran qui a
étalonné le film, Mon Ami Pierre a été réalisé par Pierre Neurisse. Sa
femme, Paula Neurisse était chef monteuse à Eclair Journal, et a monté
le film.
Lieux : Concarneau.
Prix : Premier prix ex-aequo du court-métrage -section travail- au Festival de Venise en 1951.