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jeudi 12 février 2026

La "ville du quart d'heure" était d'origine soviétique

 


Prospective et utopies expérimentales dans l’architecture soviétique des années 1960

 Source https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/les-arts-en-europe/le-fait-monumental/prospective-et-utopies-exp%C3%A9rimentales-dans-l%E2%80%99architecture-sovi%C3%A9tique-des-ann%C3%A9es-1960

Entre productions alternatives et stratégies de diplomatie culturelle

Á partir de la fin des années 1950, l’URSS connaît de profonds bouleversements dans le domaine de l’architecture et de l’urbanisme. Abandonnant le goût dit stalinien, les architectes soviétiques renouent avec le modernisme architectural et adoptent tant la construction préfabriquée que l’esthétique fonctionnaliste de l’Ouest. Se développe en outre une voie alternative : l’architecture expérimentale et prospective. Plus qu’une remise en cause profonde du modernisme, les utopies expérimentales qui fleurissent alors, à partir du début des années 1960, cherchent, dans la continuité de cet héritage, à faire évoluer architecture et urbanisme grâce aux progrès technologiques et à ceux engendrés par l’effervescence théorique de cette période. Les Soviétiques élaborent ainsi des solutions innovantes, qui ambitionnent de renouveler le modèle de la ville socialiste. Tentant de rivaliser avec les conceptions avant-gardistes développées à la même période tant en Europe que dans d’autres régions du monde, ils contribuent ainsi à réaffirmer l’URSS comme un centre pionnier en matière d’architecture. 


Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’URSS reste fidèle à l’architecture dite stalinienne, aux riches décors puisant dans un répertoire éclectique allant de la Renaissance à l’Art déco. Le congrès pan-soviétique des constructeurs réuni au Kremlin en décembre 1954 aboutit toutefois à sa remise en question, actée le 4 novembre 1955 par le décret no 1871 « Sur l’élimination des excès décoratifs dans l’architecture et la construction ». Les réformes politiques menées par Nikita Khrouchtchev après la mort de Staline en mars 1953 coïncident ainsi avec la ré-adhésion de l’URSS au « style international » qui s’était répandu dans le monde entier et promouvait une architecture dépouillée de béton et d’acier.

Entre conformismes et innovations

L’adoption par les Soviétiques de ce modernisme architectural semble avoir été le produit de plusieurs facteurs : le rejet du régime stalinien, une volonté politique de régler la crise du logement d’après-guerre et donc de bâtir plus, une généralisation dans les années 1950 de l’industrialisation de la construction et de la préfabrication, mais aussi une pleine réintégration de l’URSS dans les réseaux internationaux d’architecture. Membre actif de l’Union internationale des architectes depuis sa création en 1948, l’Union des architectes soviétiques accueille en 1958 à Moscou son cinquième congrès. Cette manifestation est suivie en 1959 par l’Exposition nationale américaine, tenue dans la même ville sous un dôme réalisé par Welton Becket (1902-1969) & Associates sur le principe des constructions géodésiques de Buckminster Fuller (1895-1983), puis en 1961 par l’Exposition française de Moscou, comprenant un secteur consacré à l’architecture et à l’urbanisme. De nombreux ouvrages étrangers sur l’architecture sont de plus diffusés et traduits à partir de la fin des années 1950. Une version russe de la revue française L’Architecture d’aujourd’hui est ainsi publiée à partir de 1961 et devient le principal canal de diffusion des productions architecturales occidentales.

L’URSS connaît de ce fait des mutations architecturales, qui sont d’abord principalement portées par les « nouvelles structures » permises par les progrès technologiques. Ces réalisations profitent du savoir développé à l’Ouest, le livre de l’ingénieur italien Pier-Luigi Nervi (1891-1979) Savoir construire étant édité à Moscou dès 1956 et celui de l’architecte allemand Curt Siegel (1911-2004) Formes structurales de l’architecture moderne, traduit en russe en 1965, ayant un retentissement important.

Les Russes mènent également d’importantes recherches théoriques dans ce domaine et l’ouvrage Pièces longues en voiles minces de Vassili Vlassov (1906-1958), consacré à l’étude des constructions à parois minces, est traduit en français en 1962. Au département de Structures de l’Institut d’architecture de Moscou, Mikhail Tupolev (1903-1975) travaille sur les couvertures sphériques et les systèmes croisés, et affirme en 1966 à L’Architecture d’aujourd’hui qu’il a inventé un système de coupole cristallographique dès 1946, avant de connaître l’existence des dômes géodésiques de Buckminster Fuller.

Prospective et utopies expérimentales

Les Soviétiques sont également particulièrement novateurs dans le domaine des architectures en zones climatiques critiques. Le LenZNIIEP (Institut expérimental situé à Léningrad) mène des recherches sur ce sujet sous la direction de Tatiana Rimskaja-Korsakova (1915-2006), tandis qu’Aleksandr et Elizaveta Šipkov et d’Ekab-Olgert Trušinʹš travaillent sur des unités urbaines dans le Grand Nord.

Sous l’impulsion d’architectes comme Viačeslav Škvarikov (1908-1971), Iouri Bočarov (1926), Boris Rubanenko (1910-1985), Vitaly Lavrov (1902-1988), Georgi Gradov (1911-1984), Nathan Osterman (1916-1969) ou encore Andrej Meerson (1930), chaque institut d’architecture et d’urbanisme se dote alors d’un département de recherches prospectives. Les créations les plus radicales émergent cependant dans les instituts d’enseignement et de recherche. Au MARKHI [Institut d’architecture de Moscou], un groupe d’étudiants mené par Aleksej Gutnov (1937-1986) et Ilya Lejava (1935-2018) présente ainsi en 1960, pour leur diplôme, un projet de ville futuriste nommé NER (Nouvel élément d’habitat). Cet ensemble fait date, car il est considéré comme la première utopie expérimentale de l’époque.

Ses concepteurs poursuivent leurs recherches au sein du NIITI, l’Institut de recherche sur la théorie, l’histoire et les problèmes de prospective en architecture, où, sous la direction d’Andrej Ikonnikov (1926-2001) et de Nikolaj Gulânickij (1927-1995), se réfugient les architectes préférant la voie de la recherche expérimentale à celle des réalisations pratiques. Les ateliers du NIITI se partagent entre des travaux plus ou moins abstraits et plastiques comme les œuvres de Viačeslav Loktev (1934-2018), Viačeslav Kolejčuk (1941-2018) ou Andrej Leonidov, qui reprend les travaux de son père Ivan Leonidov (1902-1959), et des recherches approfondies sur de nouvelles structures urbaines, faisant appel à des équipes transdisciplinaires. Les travaux menés en particulier par Aleksej Gutnov, Ilya Lejava, le sociologue Georgi Djumenton (1926), Zoja Kharitonova (1936), Andrej Baburov (1937-2012), Konstantin Pčelʹnikov, Igor Gunst (1935), Ilya Smoliar (1928-2008) et d’autres empruntent aussi bien aux métabolistes japonais qu’aux travaux sur la morphologie structurale poursuivis en France par Robert Le Ricolais (1894-1977) et David Georges Emmerich (1925-1996), en Allemagne par Konrad Wachsmann (1901-1980), Günter Günschel (1928-2008) et Eckhard Schulze-Fielitz (1929), et aux États-Unis par Buckminster Fuller. Ils sont également marqués par l’urbanisme spatial des Français Yona Friedman (1923) et Paul Maymont (1926-2007), que les Soviétiques connaissent grâce aux écrits de Michel Ragon, traduits en russe dès 1963. Le Laboratoire de bionique architecturale fondé par Iouri Lebedev engage pour sa part une coopération soutenue avec l’Institut pour les structures légères de l’Allemand Frei Otto (1925-2015).

Peu considérées par les instances politiques et décisionnelles, les architectures expérimentales et prospectives donnent lieu à très peu d’applications concrètes. Elles servent pourtant bientôt à montrer au reste du monde la capacité de l’URSS à produire de la pensée nouvelle, entre autres lors des concours internationaux d’architecture organisés par l’UIA. En 1966, les solutions les plus novatrices du concours pour la reconstruction du centre-ville de Moscou sont d’ailleurs présentées au colloque franco-soviétique d’urbanisme organisé à Paris sous l’égide de l’association France-URSS et permettent aux Ateliers de recherche et de réalisation en architecture et en urbanisme de Moscou [Mosproekt] de recevoir le grand prix 1966 du Cercle d’études architecturales français. Le NER est de même exposé lors de la triennale de Milan de 1968, à l’initiative de Giancarlo De Carlo (1919-2005). Ce dernier préface la même année un livre présentant le concept du NER, publié à Milan en italien (Idee per la città comunista) et à Boston en anglais (The Ideal Communist City). Il n’est enfin pas anodin que L’Architecture d’aujourd’hui ait consacré en décembre 1969 son numéro 147 à l’architecture soviétique, avec des articles assez complets sur des conceptions issues du NIITI et d’autres instituts soviétiques de conception expérimentale, ou encore que la coopération technique et scientifique franco-soviétique engagée à partir de 1966 ait inscrit dans son programme des thèmes de recherche comme les villes nouvelles en milieu artificiel ou l’urbanisme prospectif, qui témoignent de l’intérêt suscité par les réflexions soviétiques sur ces domaines pionniers. On voit donc que la division de l’Europe par le rideau de fer n’empêcha pas les échanges en architecture et en urbanisme, et que les créations de l’architecture expérimentale soviétique ont pu être utilisées comme éléments d’influence dans les réseaux internationaux.

 

Idee per la città comunista (1968) / The Ideal Communist City (1969)

 The Ideal Communist City (1969) is an English translation of urban concepts advanced by architects and planners from the University of Moscow. The book was first published in a Soviet journal of a communist youth organization in 1960 and was then republished in Italy in 1968. Offering a new way of thinking about mobility, equity and social interaction in neighborhood planning, The Ideal Communist City was a direct response to suburban development and its focus on private spaces for family life: “the new city is a world belonging to all and each” where life is “structured by freely chosen relationships representing the fullest, most well-rounded aspects of each human personality.”

 

Contes russes d'Alexandre Afanassiev

 


Las Fuerzas Opacas que controlan el imperio anglo-americano-sionista son la fuente de la crisis mundial - Richard C. Cook


Lenin Avisaba en 1916 en su obra "Imperialismo" de cómo un pequeño grupo de personas, a través de los órganos de dirección de pequeñas corporaciones, son capaces de mover conglomerados transnacionales e incluso cooptar naciones e imperios enteros. Hoy vemos los resultados, ejemplificados en el Imperio Estadounidense y narrado por un analista de derechas. Hoy el imperio de EEUU se derrumba por el peso de sus propios multimillonarios en un sistema irreformable que solo puede colapsar como estamos viendo. Es el mercado, amigos.
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Traducción tarcoteca - The Dark Forces in Control of the Anglo-American-Zionist Empire Are the Source of the World Crisis. Richard C. Cook - Global Research 28.1.2026

 

"Se evaporaron": una investigación revela que 3.000 palestinos resultaron carbonizados por bombas de Israel

Fuente https://www.publico.es/internacional/evaporaron-investigacion-revela-3-000-palestinos-resultaron-carbonizados-bombas-israel.html?

El humo se eleva tras una explosión, dentro de la zona de la "línea amarilla", controlada por Israel, en Jan Yunis, al sur de la Franja de Gaza (10/02/2026)
El humo se eleva tras una explosión, dentro de la zona de la "línea amarilla", controlada por Israel, en Jan Yunis, al sur de la Franja de Gaza (10/02/2026)Haseeb Alwazeer/ REUTERS

Estas bombas pueden alcanzar una temperatura tres veces superior a la de un horno crematorio

Así son las bombas

El rastro del genocidio

Epstein, Snowden et la NSA

 Source https://www.legrandsoir.info/epstein-snowden-et-la-nsa.html

Le lanceur d’alerte Edward Snowden a révélé en 2013 que la plus grande agence de renseignement états-unienne, la NSA, spécialisée dans le "SIGINT" (SIGnals INTelligence - renseignement électronique), avait pour fâcheuse tendance de récolter TOUTES les communications sous forme électronique (communications, courriels électroniques, conversations téléphoniques, etc) qui passent à sa portée, qui est vaste.

L’agence ne s’impose aucune limite et son mode opératoire peut se résumer à : "on intercepte absolument tout signal électronique, on le stocke, et on verra après si ça peut servir". C’est systématique, c’est tous azimuts, c’est indiscriminé et c’est global. Y compris sur le citoyens US et en l’absence de tout mandat de la justice. D’où le scandale (qui fit long feu).

Les "courriels Epstein" (à l’instar de tous les courriels), les conversation téléphoniques (à l’instar de toutes les conversations téléphoniques), sont donc déjà, et l’ont toujours été, entre les mains grapilleuses de la NSA.

Eu égard aux interlocuteurs impliqués, on peut même raisonnablement penser que l’univers Epstein d’inter-connexions était repéré, cartographié et sous une surveillance quelconque. Et que les communications étaient suffisamment chargées de mots-clés et d’indices pour attirer l’attention de la plus attardée des Intelligences Artificielles.

Il ne fait donc aucun doute dans mon esprit que les outils d’analyse de ces données - du moins pour les données non cryptées - ont forcément fait l’objet d’un "signalement" ou fait sonner une alarme quelque part. Après tout, c’est le métier de la NSA et le but de toute la manoeuvre.

Conclusion : bien avant et indépendamment de toute "enquête", la plus grande agence de renseignement des Etats-Unis savait déjà mais n’en fit rien. Juste pour dire l’ambiance. Et mettre en perspective le côté "nous existons pour vous protéger" des services de renseignement...

Car, à part son omniprésence, la NSA a quelque chose d’autre en commun avec Dieu : on peut facilement l’oublier lorsqu’on n’y pense pas.

Viktor Dedaj
Et Dieu dans tout ça ?

Une ancienne blogueuse de mode et un médecin douteux à l’origine de l’opération psychologique « 30 000 morts » en Iran. (The GrayZone)


Les responsables occidentaux se sont emparés d’un bilan douteux de 30 000 manifestants morts pour intensifier leurs actions contre l’Iran. Ce chiffre provient d’une seule source, clairement compromise. Mais une journaliste du Guardian, fervente partisane de la guerre, fait de son mieux pour le légitimer.

L’affirmation selon laquelle « 30 000 personnes ont été tuées » au cours des deux jours de manifestations et d’émeutes à travers l’Iran semble reposer en grande partie sur une seule source anonyme, qui a admis avoir extrapolé ce chiffre en supposant sans preuve que « les décès officiellement enregistrés liés à la répression représentent probablement moins de 10 % du nombre réel de victimes ».

Cette citation a été attribuée par The Guardian à un prétendu médecin dont le journal a refusé de publier le vrai nom, mais dont il affirme avoir vérifié l’identité.

Provenant du magazine TIME du 25 janvier, cette affirmation douteuse de « 30 000 » a été rapidement amplifiée par The Guardian, une voix clé de la respectabilité libérale de gauche à Londres. À partir de là, les responsables européens se sont emparés du bilan des victimes pour justifier la désignation du CGRI iranien comme organisation terroriste, donnant ainsi le feu vert à une nouvelle attaque militaire américano-israélienne contre l’Iran.

L’auteur de l’article du Guardian est une ancienne blogueuse de mode nommée Deepa Parent, qui est devenue la source incontournable du journal pour la propagande de guerre contre l’Iran, produisant plus d’une douzaine d’articles pour le Guardian afin de promouvoir le changement de régime contre la République islamique depuis que de violentes émeutes ont secoué le pays les 8 et 9 janvier.

Mme Parent est devenue le visage des attaques du Guardian contre l’Iran, bien qu’elle n’ait aucun lien apparent avec ce pays et ne semble pas en parler la langue. Le farsi ne figure pas parmi la demi-douzaine de langues dans lesquelles elle prétend être bilingue ou parler dans le cadre de ses fonctions professionnelles.

Avant d’adopter le nom de famille Parent vers 2019, la journaliste attitrée du Guardian pour l’Iran écrivait sous le nom de Deepa Kalukuri. Sa production journalistique se limitait principalement à des critiques de mode dans les médias indiens. Un article typique publié dans le magazine indien Just For Women en 2016 était intitulé : « Samantha se fixe des objectifs mode sérieux ! Découvrez-les ! » - « Quoi de mieux qu’une petite robe noire pour une soirée le week-end ? Samantha associe sa petite robe noire à ces talons aiguilles mortels ! Nous adorons !!! Passez un week-end à la mode !!!! »

Dans un autre article informant les femmes au foyer indiennes que « comprendre les actions n’est pas [aussi] difficile que le suggèrent les informations », elle expliquait que l’investissement était en fait assez simple : « c’est comme jouer à un jeu vidéo, mais votre Batman préféré est remplacé par ce courtier en bourse qui vous donne les bons conseils pour investir à la fin de la séance. »

Publiée par The Guardian, sponsorisée par Omidyar

Lorsque les manifestations « Women, Life, Freedom » ont débuté en septembre 2022 à la suite du décès d’une jeune femme en détention en Iran, l’improbable Parent s’est soudainement imposée comme la porte-parole du Guardian sur les troubles civils dans un pays avec lequel elle n’avait apparemment aucune expérience professionnelle ou personnelle.

Une grande partie du travail de Parent au sein de la section « Droits et libertés » du Guardian a été financée par une ONG appelée Humanity United, fondée par le milliardaire Pierre Omidyar et son épouse Pam.

Comme l’a rapporté The Grayzone, Omidyar s’est associé à des agences de renseignement américaines telles que l’USAID et le National Endowment for Democracy pour promouvoir un changement de régime de l’Ukraine aux Philippines, tout en menant diverses actions de « lutte contre la désinformation » visant à réprimer les points de vue anti-establishment.

Une plateforme pour les militants pro-guerre en faveur d’un changement de régime à Téhéran

Alors que la violence en Iran continue de faire la une des journaux, Parent a pratiquement admis servir de canal pour les militants pro-changement de régime soutenus par l’étranger à l’intérieur de l’Iran. Le 30 janvier, elle s’est rendue sur Twitter/X pour annoncer qu’elle avait reçu « l’autorisation » de publier un message d’un « étudiant » à Téhéran qui déclarait : « Nous nous préparons tous à descendre dans la rue et à prendre le contrôle de centres importants dès que les États-Unis attaqueront. »

En 2025, après que l’Iran et Israël aient conclu un cessez-le-feu à l’issue d’une guerre de 12 jours déclenchée par Israël, Parent a annoncé qu’elle avait reçu l’autorisation d’une autre source anonyme de partager « un premier message et une première réaction » en provenance de Téhéran. La source déplorait la fin de la guerre menée par Israël contre l’Iran : « C’est la pire chose qu’ils puissent faire. S’ils agissent ainsi, la République islamique rendra la vie impossible au peuple iranien. »

« Nous n’avons pas besoin de convaincre qui que ce soit » avec des preuves concrètes

Alors que des observateurs critiques commençaient à suggérer que le bilan de 30 000 morts était probablement exagéré, Parent s’est exprimée sur les réseaux sociaux pour déclarer que, bien qu’elle soit journaliste, elle n’avait aucune obligation de prouver les affirmations qu’elle avait publiées. La seule chose qui importait, insistait-elle, était que les « décideurs » soient incités à agir.

« Nous n’avons pas besoin de convaincre qui que ce soit du massacre perpétré par la République islamique contre des civils innocents en Iran », a-t-elle écrit, car « les décideurs ne voient pas les tweets des trolls, ils voient les comptes et les rapports vérifiés ».

Mme Parent, du Guardian, a donc admis que son travail visait à manipuler les responsables gouvernementaux occidentaux, et non à informer les citoyens qui les élisent.

Cependant, à peine un jour plus tard, Parent a apparemment changé d’avis et a présenté un « médecin anonyme » qui, selon elle, avait finalement confirmé ce chiffre. Cette personne, que Parent désignait sous le pseudonyme de « Dr Ahmadi », avait en quelque sorte « mis en place un réseau de plus de 80 professionnels de la santé dans 12 des 31 provinces iraniennes afin de partager des observations et des données », a-t-elle insisté. Et voilà que le chiffre calculé grâce à ce réseau obscur coïncidait parfaitement avec l’estimation avancée par un agent monarchiste iranien en Allemagne, qui avait été la seule source du chiffre de 30 000 morts.

Le « grand mensonge »

Depuis que le magazine TIME a publié son article du 25 janvier affirmant sans preuve tangible que l’Iran avait tué 30 000 manifestants en deux jours, ce chiffre est devenu un article de foi parmi les militants en faveur d’un changement de régime et leurs soutiens journalistiques. Co-écrit par Kay Armin Serjoie, un contributeur persan du Times of Israel, l’article du TIME, dont les données sont douteuses, a fait le tour des médias grand public. TIME a affirmé avoir obtenu ce chiffre de « deux hauts fonctionnaires du ministère [iranien] de la Santé ».

Bien que le magazine ait admis ne pas pouvoir vérifier ce chiffre, TIME a affirmé avoir confirmé le nombre de morts en insistant sur le fait qu’il « correspondait approximativement » à un décompte établi par un chirurgien ophtalmologiste allemand nommé Amir Parasta.

TIME n’a toutefois pas informé ses lecteurs qu’Amir Parasta était une source désespérément compromise. En effet, Parasta est un proche collaborateur et lobbyiste du « prince héritier » autoproclamé Reza Pahlavi, fils du shah déchu d’Iran. Basé à Potomac, dans le Maryland, Pahlavi a exhorté les Iraniens à commettre des actes de violence dans tout le pays en janvier dernier. Lorsque cette campagne a échoué, il a appelé « n’importe qui » à lancer une attaque militaire contre le pays qu’il a quitté lorsqu’il était enfant avec des millions de dollars provenant de richesses volées.

Parasta est ouvertement conseiller du NUFDI, le principal groupe de pression basé aux États-Unis qui œuvre à la réalisation du rêve de Pahlavi de se rétablir lui-même et sa famille comme monarques d’Iran.

Pour sa part, le gouvernement iranien a rejeté le chiffre de 30 000 comme étant un « grand mensonge à la Hitler », présentant le récit du « massacre » en Iran comme faisant partie d’une campagne menée par les États-Unis et Israël pour fabriquer un consentement en faveur d’un changement de régime.

Dans une grande partie du monde occidental, le « grand mensonge » semble fonctionner comme prévu. Le 28 janvier, alors que le nouveau bilan massif des victimes était consciencieusement diffusé par les médias grand public, un média européen a écrit qu’il avait été informé que le nombre révisé de victimes avait suffi à convaincre l’Italie et l’Espagne d’accepter enfin de sanctionner le CGRI iranien.

« La brutalité de ce que nous voyons a amené les ministres et les capitales à reconsidérer leurs positions », aurait déclaré un haut diplomate européen anonyme à Euro News.

Ce responsable a qualifié la décision de l’Italie et de l’Espagne – les deux derniers grands opposants aux sanctions de l’UE contre le CGRI – d’« important signal envers le gouvernement iranien et d’expression de soutien à la diaspora iranienne », qui, selon le diplomate, « réclame cela depuis longtemps ».

Comme l’a rapporté The Grayzone, les médias grand public se sont appuyés presque exclusivement sur des groupes de la diaspora iranienne étroitement liés au gouvernement américain pour établir le bilan toujours plus lourd des victimes qu’ils attribuent à Téhéran.

Parent n’a pas fait exception, citant fréquemment l’une des organisations présentées par The Grayzone, qui opère sous le nom de « Human Rights Activists in Iran » (Militants des droits de l’homme en Iran). Ce groupe reçoit un financement important du National Endowment for Democracy, une organisation créée par la CIA sous l’administration Reagan afin de dissocier les efforts secrets de Washington en faveur d’un changement de régime des agences de renseignement américaines discréditées.

Parent, du Guardian, s’appuie sur un « vérificateur de faits » financé par le département d’État

Parent s’est appuyée sur une source similaire pour affirmer que l’Iran avait tué « 30 000 » citoyens pendant les troubles de janvier, lorsqu’elle a déclaré que le Guardian avait obtenu des photographies montrant « des corps présentant des blessures par balle à bout portant à la tête, qui avaient été transférés des morgues des hôpitaux alors qu’ils étaient encore reliés à des cathéters, des sondes nasogastriques ou des tubes endotrachéaux ». Bien que Parent ait librement reconnu que The Guardian n’avait « pas vérifié de manière indépendante les photographies », elle a néanmoins affirmé qu’elles avaient été « vérifiées par [une] organisation iranienne de vérification des faits » connue sous le nom de « Factnameh ».

De son propre aveu, cependant, Factnameh n’est pas iranienne. Sur son site web, Factnameh se décrit comme une filiale de « ASL19, une société privée enregistrée à Toronto, au Canada ».

Plus important encore, Factnameh n’est en réalité pas une organisation neutre de vérification des faits, mais plutôt un autre maillon du vaste réseau d’entités financées par le gouvernement américain qui cherchent à renverser le gouvernement iranien. Les archives publiques montrent qu’entre 2022 et 2023 seulement, ASL19 a reçu près de 2,9 millions de dollars du département d’État américain.

Si Parent dissimule son plaidoyer en faveur d’un changement de régime derrière la réputation du Guardian, elle s’est montrée plus imprudente dans ses opinions sur les réseaux sociaux. Interrogée sur Twitter/X pour savoir si les Iraniens qui sont en désaccord avec leur gouvernement souhaitent réellement être bombardés par Israël, elle a rétorqué : « Ils préfèrent être libérés de la République islamique et ils étaient déjà en train d’être tués par les forces du régime. »

Wyatt Reed , Max Blumenthal

Traduction LGS

 https://thegrayzone.com/2026/02/01/guardian-iranian-death-toll-concocted-monarchist-doctors/

Perspective / Jeunes scientifiques (Ivan Alekseevich Vepkhvadze, 1981)

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