Natália Ayo Schmiedecke. Investigadora
asociada de la Universität Hamburg, magíster y doctora en Historia por
la Universidade Estadual Paulista “Júlio de Mesquita Filho”.
ATELIER DE STIMULATIONS CRITIQUES
Article épinglé
mardi 14 juillet 2026
La Quinta Rueda
El fetichismo de la Inteligencia Artificial
La metáfora dominante actual del espacio digital, «la nube», es en realidad una metáfora de la propiedad privada y de la exclusión del acceso público a los recursos materiales
John Bellamy Foster, profesor y sociólogo marxista estadounidense
Des entreprises d'IA rachètent d'anciens livres, les numérisent puis les détruisent
Depuis début mai, une librairie allemande de livres anciens recevait sur son site en ligne chaque nuit, entre 3h00 et 5h00 du matin, un nombre considérable de commandes automatisées d'ouvrages. Le libraire, s'en apercevant, a consulté ses confrères. Et là, surprise: des témoignages similaires ont commencé à fleurir, par exemple sur la plateforme Reddit.
D'après le journal espagnol elDiario et le quotidien berlinois taz, le phénomène n'est pas qu'allemand. On retrouve ces commandes en Espagne, aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Bulgarie, en Grande-Bretagne… Dans tous ces cas, la même entreprise canadienne passe les commandes: Zoom Books.
Selon les déclarations de Zoom Books au journal taz, l'entreprise achète des livres, en revend et recycle ceux qui sont invendables. Son marché de distribution est essentiellement constitué des Etats-Unis et du Canada.
Fortes suspicions
Zoom Books achète par palettes entières de vieux ouvrages: livres de cuisine, biographies, romans. Pas des raretés, bien au contraire, précise le revendeur canadien: "Nous ciblons des ouvrages de non-fiction publiés à partir de 1970 et dotés d'un numéro ISBN – des invendus poussiéreux dont personne ne voulait depuis des années."
Le caractère systématique de ces achats, avec des livres en allemand, en bulgare ou en espagnol pour un marché anglophone, a suscité de sérieux doutes chez certains détaillants. Face aux interrogations du quotidien taz, Reed Pannell, responsable du développement chez Zoom Books, n'a fourni aucune information concernant les destinataires finaux de ces ouvrages.
Cependant, des photos prises dans un centre de Zoom Books montrent les livres jetés négligemment dans de grands cartons; aucun détaillant de livres ne traite sa marchandise de cette façon.
Entraînement des modèles
Ce phénomène de captation massive de livres anciens pourrait s'expliquer par les besoins des entreprises d'IA. L'entraînement de leurs modèles de langage nécessitent de vastes ensembles de données. Or, si de tels ensembles existent sur Internet, ils sont souvent non triés et de qualité inégale – et pas toujours en libre accès.
Surtout, explique Xavier Vinaixa, un expert en intelligence artificielle interrogé par elDiario, "quand les connaissances en libre accès sur internet se sont raréfiées, les entreprises se sont précipitées sur les plateformes de téléchargement illégal de livres numériques pour alimenter leurs modèles. L’utilisation de ces ressources a engendré des poursuites judiciaires pour violation de droits d’auteur se chiffrant en millions de dollars".
Les entreprises technologiques se sont alors retrouvées confrontées à une impasse, à un "mur des données", selon l'expert. Sans textes nouveaux, inédits et longs pour entraîner l'algorithme, l'IA risquait de souffrir d'une stagnation cognitive. La solution trouvée par ces entreprises a alors été d'acheter des livres anciens.
Faille juridique américaine
Quiconque numérise des textes et les diffuse sur Internet s'expose à des poursuites pour violation du droit d'auteur. Mais, aux Etats-Unis, la législation autorise l'entraînement de modèles d'IA à l'aide de livres acquis légalement. Si une entreprise achète de grandes quantités de livres d'occasion à bas prix, les désassemble et les numérise, les textes peuvent ensuite servir à entraîner des modèles d'IA.
C'est le principe étatsunien du "fair use", ou principe d'utilisation équitable. Il autorise l'utilisation d'œuvres protégées par le droit d'auteur sans l'autorisation expresse du titulaire des droits, à condition que cette utilisation serve l'éducation du public et stimule la production intellectuelle.
En janvier 2026, le Washington Post a révélé qu'un projet de numérisation de masse mené par la société d'IA Anthropic, nommé Projet Panama, a utilisé des centaines de milliers, voire des millions de livres physiques en les scannant à l'aide d'un procédé industriel. Après avoir retiré les reliures des exemplaires, les pages ont été numérisées puis recyclées, explique le journal mexicain El Imparcial.
"Le principe est le suivant: il faut posséder physiquement les livres et les détruire après les avoir "lus" – afin de pouvoir affirmer qu'aucune copie non autorisée ne reste en circulation et que cela relève du fair use", explique un libraire à SRF.
Destruction du patrimoine physique, concentration du patrimoine numérique
Zoom Books réfute catégoriquement les allégations de numérisation ou de destruction de livres. L'entreprise met en avant son modèle de recyclage et de revente. Les entreprises d'IA, elles, gardent ces informations secrètes.
À court terme, les libraires se réjouissent d'écouler leurs invendus. À long terme, cependant, un tout autre scénario se dessine. Si ces anciens livres sont détruits à grande échelle, ce patrimoine sera irrémédiablement concentré sous la forme d'une masse de données numériques possédée par quelques entreprises. Un accaparement discret, systématique et soumis à aucune délibération publique.
lundi 13 juillet 2026
« La Révolution cubaine ne renversa pas Batista, mais Meyer Lansky. »

Pendant plus de vingt ans, Meyer Lansky construisit ce qu’il croyait être son royaume dans les Caraïbes. Le gangster juif de New York avait transformé La Havane en capitale du jeu du continent américain, un terrain de loisirs où les touristes américains pouvaient profiter de tous les vices sous la protection d’un dictateur payé par la mafia.
Puis arriva Fidel Castro, un jeune révolutionnaire issu de la campagne cubaine, qui allait détruire tout ce que Lansky avait bâti en quelques semaines.
Il est probable que les deux hommes ne se soient jamais rencontrés ni parlé. Pourtant, l’affrontement entre l’empire criminel de Lansky et le mouvement révolutionnaire de Castro remodela Cuba, déclencha des complots d’assassinat impliquant la CIA et laissa des conséquences qui se font encore sentir aujourd’hui.
Plus d’un demi-siècle plus tard, Washington veut mettre fin à la Révolution cubaine et le fantôme de Meyer Lansky refait surface : la transformation de l’île en un immense réseau de casinos.
Meyer Lansky naquit sous le nom de Maier Suchowljansky en 1902 à Grodno, une ville de l’Empire russe aujourd’hui située en Biélorussie. Il appartenait à la population juive d’Europe orientale qui émigra aux États-Unis au début du XXe siècle. À partir de 1918, avec son ami « Bugsy » Siegel, il organisa des parties de dés clandestines dans les rues. Ils passèrent ensuite au vol d’automobiles, puis aux braquages et, lorsque la Prohibition arriva, ils se lancèrent dans la contrebande d’alcool, ce qui allait faire la fortune de toute une génération de criminels et de policiers corrompus.
Lansky devint également l’ami de « Lucky » Luciano, un immigrant italien qui allait devenir l’un des chefs mafieux les plus puissants de l’histoire des États-Unis.
Lansky et Siegel formèrent un escadron de tueurs à gages et d’hommes de main. En 1931, ils planifièrent l’assassinat du chef mafieux Joe Masseria, un meurtre qui consolida leur pouvoir et contribua à la création du Syndicat national du crime entre 1932 et 1934.
Ce qui le distinguait des hommes de main qui l’entouraient était son intelligence financière. Il devint célèbre sous le surnom de « comptable de la mafia », utilisant des comptes bancaires suisses et des sociétés écrans pour blanchir l’argent sale. Il était le banquier officieux de la mafia et joua un rôle essentiel dans la reconversion du crime organisé, passant du trafic d’alcool aux jeux d’argent après la fin de la Prohibition en 1933. Ses activités liées aux jeux s’étendaient de la Floride à La Nouvelle-Orléans et Las Vegas.
À La Havane, le véritable patron était Lansky
Lansky avait les yeux tournés vers une île située à seulement 150 kilomètres des côtes de Floride. Les relations de Lansky avec Cuba commencèrent en 1933, année de la fin de la Prohibition et de l’arrivée de Batista au pouvoir. Lansky proposa à Batista d’ouvrir des casinos et des boîtes de nuit contrôlés par la mafia à La Havane. L’accord était simple : Batista et son entourage recevaient de l’argent et, en échange, la mafia pouvait opérer sans être inquiétée.
À Cuba, les hôtels-casinos étaient exonérés d’impôts et, en 1938, Lansky fut officiellement invité à contribuer à l’assainissement et à la professionnalisation des jeux d’argent à La Havane. Il était l’homme idéal. Il pouvait rendre les casinos suffisamment fiables pour que les touristes deviennent des clients réguliers des tables de jeu.
L’événement historique eut lieu en décembre 1946 et devint connu sous le nom de Conférence de La Havane. Plus de vingt chefs mafieux venus des États-Unis se réunirent à l’Hôtel National de la capitale cubaine pour une rencontre commandée par « Lucky » Luciano et organisée par Lansky.
Après la réunion, Lansky alla rendre visite à Batista, alors temporairement écarté du pouvoir et installé en Floride. Il lui demanda de revenir à Cuba afin de mettre ses projets en œuvre. En 1952, Batista réalisa un coup d’État militaire.
Lansky possédait des participations financières dans au moins trois grands casinos. Son établissement phare était le Riviera, qui ouvrit ses portes en décembre 1957 et devint le plus grand hôtel-casino appartenant à la mafia en dehors de Las Vegas. Ses 440 chambres furent complètes dès sa première saison hivernale. Les banques cubaines financèrent la moitié des 14 millions de dollars nécessaires à sa construction.
Le cercle rapproché de Lansky
Mais Lansky n’avait pas construit cet empire seul. Jake Lansky, le frère de Meyer, était son bras droit à Cuba. Il dirigeait le casino de l’Hôtel National, le plus prestigieux de l’île. Au printemps 1957, il générait autant de revenus que les plus grands casinos de Las Vegas.
Joseph « Doc » Stacher était un associé de longue date de Lansky. Leur relation remontait à leur jeunesse. Lui aussi était juif. Né en Ukraine sous le nom de Gdale Oistaczer, il gravit les échelons du crime organisé aux côtés de Lansky. Il collectait les pots-de-vin destinés à Batista et à son entourage.
Norman « Roughhouse » Rothman était un autre mafieux impliqué dans l’univers des jeux d’argent à La Havane. Associé proche de Santo Trafficante, il exploitait les casinos de la capitale cubaine, notamment le Sans Souci. Les concessions de machines à sous à Cuba étaient contrôlées par Roberto Fernández y Miranda, beau-frère et général de l’armée de Batista.
Ed Levinson, un autre associé de longue date de Lansky, dirigeait les opérations de jeu du Midwest jusqu’au Kentucky. La licence du casino Habana Riviera était enregistrée à son nom.
Dino Cellini, bien qu’italo-américain et non juif, travailla en étroite collaboration avec l’organisation de Lansky. Il fut également directeur du casino Habana Riviera, avant d’être remplacé par Frank Erickson, arrêté avec Jake Lansky au camp de Tiscornia après la prise du pouvoir par Castro.
Des mafieux italo-américains bien connus participèrent également à l’opération. Santo Trafficante, chef de la famille criminelle de Tampa, gérait le club nocturne Sans Souci et le casino de l’Hôtel National. Il possédait également des intérêts dans le Habana Riviera, le Tropicana Club, le Sevilla-Biltmore, le Capri Hotel Casino, le Commodoro, le Deauville et le Havana Hilton.
Le Mouvement du 26 juillet
Dès le début, le Mouvement du 26 juillet de Fidel Castro s’attaqua directement à la présence de la mafia à Cuba. En 1958, ses membres dénoncèrent les mafieux lors d’émissions radiophoniques diffusées depuis leur bastion de guérilla dans la Sierra Maestra, les accusant d’avoir transformé La Havane en un centre de vices commercialisés à travers les jeux d’argent, la prostitution et la drogue.
En décembre 1958, l’armée de Batista fut vaincue lors de la bataille de Santa Clara. Batista quitta le pays pour la République dominicaine, abandonnant ses complices mafieux. Lansky quitta Cuba le 7 janvier 1959, la veille de l’entrée de Fidel Castro à La Havane.
En apprenant la fuite de Batista, les Cubains descendirent dans les rues, pillèrent les casinos, détruisirent les machines à sous et brûlèrent les roulettes en pleine rue. Pour beaucoup de Cubains, les hôtels appartenant à des intérêts américains symbolisaient une influence étrangère corruptrice. C’était notamment le cas du Riviera, le joyau de Lansky.
Le gouvernement révolutionnaire nationalisa le Riviera ainsi que toutes les autres propriétés appartenant à la mafia. Les jeux d’argent furent interdits. Jake Lansky et Dino Cellini furent arrêtés et internés dans le camp de Tiscornia, près de La Havane, le même centre où fut également détenu Santo Trafficante.
La mafia n’accepta jamais sa défaite à Cuba
La mafia n’accepta jamais sa défaite à Cuba. Lansky mobilisa le gouvernement américain et ses services de renseignement afin de reconquérir ses anciens domaines cubains. Il informa la CIA que certains de ses hommes encore présents sur l’île pouvaient assassiner Castro et qu’il était prêt à financer l’opération.
Ce n’était pas la première collaboration de Lansky avec les services de renseignement américains. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il avait servi d’intermédiaire dans l’Opération Underworld, un programme secret dans lequel l’Office of Naval Intelligence de la marine américaine demanda à la mafia de lutter contre les sabotages allemands et italiens sur la côte nord-est des États-Unis. Ces liens établis pendant la guerre créèrent un précédent pour la coopération entre le crime organisé et le gouvernement américain.
En août 1960, Lansky conclut un accord avec l’homme politique cubain exilé Manuel Antonio de Varona, lui proposant plusieurs millions de dollars pour former un gouvernement cubain en exil destiné à remplacer Castro. Lansky promit également d’organiser une campagne de relations publiques afin de restaurer l’image de Varona, avec pour seul objectif de rouvrir les casinos, les hôtels et les clubs nocturnes de la mafia à Cuba.
Dans le même temps, la CIA recrutait des mafieux étroitement liés aux opérations clandestines de jeux d’argent à La Havane afin d’assassiner Castro. En septembre 1960, elle engagea Johnny Rosselli, membre de la mafia de Chicago, par l’intermédiaire de l’agent du FBI Robert Maheu.
Rosselli rendit visite au parrain de Chicago, Sam Giancana, ainsi qu’au parrain de Tampa, Santo Trafficante. La CIA envisageait d’introduire des pilules empoisonnées dans la nourriture de Castro, mais les tentatives échouèrent. L’association entre la CIA et la mafia pour assassiner Castro fut démantelée au début de 1963, tandis que la CIA continuait à conspirer contre le dirigeant cubain par d’autres moyens.
La mafia ne met pas tous ses œufs dans le même panier
Avant le triomphe de la révolution, le mafieux Norman Rothman fournit des armes aux rebelles de Fidel aux côtés de Joe Merola et des frères Mannarino. Sam Mannarino pensait que si Castro remportait la victoire, les mafieux qui l’avaient armé prendraient le contrôle de l’industrie du jeu à Cuba. Conseillé par Rothman, Mannarino misa sur Castro et prédit qu’il laisserait les casinos sous contrôle de la mafia.
Ses prévisions se révélèrent erronées et le projet échoua. Les armes en question étaient 317 pistolets volés dans un dépôt d’armes de la Garde nationale à Canton, dans l’Ohio. Un avion transportant 121 de ces armes volées fut intercepté à Morgantown, en Virginie-Occidentale, le 4 novembre 1958. Rothman fut condamné le 4 février 1960, avec cinq coaccusés, pour possession, dissimulation, transport et exportation d’armes à feu volées appartenant au gouvernement des États-Unis.
Lansky étudia également des solutions alternatives au cas où Cuba ne pourrait pas être récupérée. En 1958, il se rendit en République dominicaine pour rencontrer Rafael Trujillo et discuter d’un éventuel transfert de toutes les opérations de La Havane vers son territoire. Aucun de ces projets n’aboutit.
Les dernières années
Lansky passa paisiblement ses dernières années à Miami Beach. Accusé de fraude fiscale, il s’enfuit en Israël en 1970, espérant obtenir la citoyenneté grâce à la Loi du retour. Mais après deux ans, Israël refusa sa demande de résidence permanente en raison de ses antécédents criminels et l’expulsa vers les États-Unis. Il fut arrêté à son arrivée à l’aéroport de Miami.
Il fut acquitté des accusations d’évasion fiscale, notamment en raison du manque de crédibilité du témoin principal. D’autres accusations furent abandonnées pour des raisons de santé. Il mourut le 15 janvier 1983, à l’âge de 80 ans, d’un cancer du poumon.
Malgré près d’un demi-siècle d’implication dans le crime organisé, la condamnation la plus grave qu’il ait jamais reçue fut celle pour jeu illégal en 1953, qui lui valut une courte peine de prison.
Après avoir dirigé pendant toute sa vie l’une des entreprises criminelles les plus lucratives du monde, il ne laissa qu’une succession de 57 000 dollars en espèces. Le FBI pensait qu’il avait dissimulé au moins 300 millions de dollars sur des comptes à l’étranger, mais cet argent ne fut jamais retrouvé.
Par la suite, ses héritiers déposèrent une demande d’indemnisation auprès de la Foreign Claims Settlement Commission (FCSC) américaine contre Cuba, estimant la valeur de ses propriétés à 70 millions de dollars.
La mafia ne revint jamais à Cuba
La mafia ne revint jamais à Cuba. Les casinos construits par Lansky furent nationalisés et les jeux d’argent interdits. Les machines à sous brûlées dans les rues le jour du Nouvel An 1959 ne furent jamais remplacées.
L’Hôtel Habana Riviera se dresse encore aujourd’hui sur le Malecón. Classé monument national en 2012 et géré par la chaîne espagnole Iberostar, il conserve son style des années 1950. Les employés l’appellent encore l’hôtel Meyer Lansky.
Fidel Castro survécut à Meyer Lansky. Il avait juré de mettre fin aux jeux d’argent et il tint sa promesse. Les mafieux étrangers avaient transformé La Havane en leur terrain de jeu personnel. La révolution ne renversa pas seulement Batista ; elle renversa aussi Lansky.
Elle accomplit ce que personne n’avait réussi à faire auparavant : mettre fin à l’emprise de la mafia et à sa corruption. Le nouveau régime ferma les hôtels de luxe, les salles de jeu et les réseaux de blanchiment d’argent.
Les pressions actuelles exercées sur Cuba laissent penser que l’histoire pourrait faire marche arrière, conformément aux anciens plans de Lansky. Un changement de régime orchestré depuis les États-Unis exposerait les infrastructures immobilières et touristiques côtières de premier ordre aux mêmes spéculateurs et mafieux étrangers qui avaient autrefois fait de La Havane le refuge favori du crime organisé.
Source: Mpr21.org
Sobre El Manifiesto Comunista
China Miéville, escritor británico
A LA SOMBRA DE LA REVOLUCIÓN, A LA SOMBRA DE LAS REVOLUCIONES
El Manifiesto se publicó en febrero de 1848, justo en la víspera de una revuelta revolucionaria que sacudió Europa. En los sesenta años que precedieron a ese momento, Europa y las Américas se habían caracterizado por lo que a veces se denomina «revolución dual»: los acontecimientos y efectos de la revolución en Francia entrelazados con las revoluciones industriales en Gran Bretaña y otros lugares. Ambas, a su vez, consumaban la honda transformación en las ideas políticas y científicas que se venía gestando desde el siglo XVII y que conocemos como llustración1.
Propagándose desde Gran Bretaña, la Revolución industrial transformó la organización económica, con nuevas técnicas y fuentes de energía, nueva tecnología productiva y de transporte, y también con la proliferación de fábricas, que concentraban en un mismo lugar trabajo humano y maquinaria. Una gran parte de la población europea aún trabajaba en la agricultura, aunque bajo un régimen que ya estaba cambiando, a medida que la creciente clase obrera industrial –el proletariado– rápidamente pasaba a ser de importancia central para la economía. Por lo general, vivían y trabajaban en condiciones espantosas, llegando inevitablemente a un duro conflicto con los jefes y los propietarios, para los cuales extraían ganancias. Como era de esperar, esto llevó a un aumento del activismo político.
vendredi 10 juillet 2026
¿Fue la cumbre de la OTAN una gran farsa?
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Centro de Estudios de la Realidad Nacional (CEREN)
Mario Vega Henríquez. Doctor en Estudios Latinoamericanos, Universidad de Chile.
“Hallándome en Chile en 1971, recogí el relato según el cual, Salvador Allende, durante la campaña presidencial, habría hecho referencia explícita a este número de la revista Cuadernos del CEREN durante un programa televisivo, y habría exhibido incluso un ejemplar ante las cámaras. Verdadera o no, la anécdota expresa claramente el impacto cultural de estos estudios dentro de la situación chilena”
— Verón, E. 1974
El Centro de Estudios de la Realidad Nacional (CEREN) de la Universidad Católica de Chile (UC) fue fundado en 1968 con la misión de “desarrollar la investigación interdisciplinaria, la docencia y la extensión en torno al análisis e interpretación crítica de la sociedad chilena y latinoamericana consideradas en su globalidad” (CEREN, 1973). Su fundación, durante la rectoría de Fernando Castillo Velasco, fue una elocuente respuesta a la demanda de sus estudiantes, impulsores del movimiento de Reforma Universitaria de 1967, para vincularla a “los verdaderos problemas de Chile y de su pueblo”. Dentro de este contexto, el CEREN asumió la necesidad de despertar una conciencia nacional crítica acerca de la complejidad de la idea del subdesarrollo.
A este organismo se integraron de manera gradual un destacado conjunto de académicos y de intelectuales nacionales y extranjeros de orientación crítica, que asumieron heterodoxas referencias teóricas, destacándose, entre otras, figuras como Jacques Chonchol, Manuel Antonio Garretón, Armand Mattelart, Michélle Mattelart, Franz Hinkelammert, Lionel Glauser, Norbert Lecchner, Gonzalo Arroyo, Rafael Echeverría, Mabel Piccini, Pilar Vergara y René Zavaleta Mercado, quienes desarrollaron una prolífica y reconocida producción científica referida tanto al acontecer del proceso político chileno y latinoamericano de la época, como sobre asuntos de carácter medular: subdesarrollo, reforma agraria, hegemonía, economía política, imperialismo, medios de comunicación, teología y teoría revolucionaria. Por su parte, el programa docente proponía un amplio conjunto de temáticas destinadas a otorgar una formación transversal de pre y posgrado, al que accedieron más de cinco mil estudiantes chilenos y extranjeros inscritos durante su período de funcionamiento. Su publicación periódica, Cuadernos de la Realidad Nacional, fue una vía de difusión de las investigaciones desarrolladas por académicos de diversas nacionalidades, y editó un conjunto de 17 volúmenes con cerca de 154 artículos científicos, además de un importante conjunto de libros y documentos de trabajo de amplia recepción en Chile y en América Latina.
A fin de cumplir plenamente sus objetivos fundacionales, bajo la dirección del sociólogo chileno Manuel Antonio Garretón, el centro impulsó diversas iniciativas de discusión intelectual y de colaboración con organismos públicos. Uno de los mejores ejemplos de asistencia fue el convenio que suscribió con la Corporación de Fomento de la Producción (CORFO), que asesoró al gobierno en lo referido al proceso de nacionalización de diversos sectores de la economía y en la implementación de políticas de redistribución del ingreso para, en definitiva, adquirir un carácter ligado a la tarea de “pensar las condiciones económicas, sociales y políticas indispensables para una transformación revolucionaria en Chile”, como señaló Horacio Tarcus (2007, p.183), mientras su intensa labor académica se debatía ante constantes limitaciones presupuestarias y el cuestionamiento de parte de los sectores conservadores dentro del Consejo Superior Universitario, máximo órgano colegiado de gobierno tras la reforma en la UC.
Dentro del objetivo trazado por el CEREN de abordar aquellas áreas fundamentales del proceso de cambios que experimentaba el Chile de la Unidad Popular, este impulsó diversas iniciativas de diálogo y reflexión de indudable trascendencia. Una de ellas, fue la organización del simposio denominado “Transición al Socialismo y Experiencia Chilena”, realizado en el mes de octubre de 1971, en conjunto con el Centro de Estudios Socioeconómicos (CESO) de la Universidad de Chile. Asimismo, el centro contribuyó a la materialización del “Primer Encuentro Internacional de cristianos por el Socialismo”, celebrado en abril de 1972 e inaugurado en presencia del ministro Clodomiro Almeyda, iniciativa que convocó “a todos los cristianos comprometidos con el proceso revolucionario de Chile para dar testimonio de su compromiso con la liberación del hombre”. Por su parte, el análisis y alcance del proceso de transición socialista en Chile fueron abordados en el seminario “Estado de Derecho en un período de transformación”, realizado en enero de 1973, centrado en la dimensión político-institucional del cambio socialista.
Las intensas tareas que desarrolló el CEREN durante su breve existencia, constituyeron un esfuerzo por responder en forma concreta a la necesidad de redefinir el rol de la Universidad Católica de Chile y orientar su labor hacia el interés nacional-popular. Posicionando la Universidad como un actor gravitante en el abordaje de los problemas del país, dentro del horizonte de transformación que impulsó el gobierno de la Unidad Popular en Chile. En un evidente rasgo de modernización del rol del Estado, las y los cientistas sociales realizaron una significativa contribución gracias al acervo de recursos científicos y profesionales, que les otorgó legitimidad para el diseño e implementación de políticas gubernamentales en el marco de los desafíos estratégicos de la transformación socialista. Entre ellos, las condiciones jurídico-institucionales, la reforma agraria y las comunicaciones populares dentro de una nueva hegemonía política. Todos estos asuntos adquirieron un rol central en la agenda de investigación que desarrolló el núcleo intelectual del CEREN alineado con la experiencia de modernización y radicalización académica que se configuró en el Chile de los “largos años sesenta”.
Libros y publicaciones asociadas:
Vega Henríquez, M. (2025). Debates Dependentistas en el Centro de Estudios de la Realidad Nacional de la Universidad Católica de Chile, (1968–1973). Cuadernos De Teoría Social, 11(21), 216–241. https://doi.org/10.32995/0719–64232025v11n21-181
Vega Henríquez, M. (2024). Radicalización académica para la transición al socialismo. Revista De La Academia, (37), 178–191. https://doi.org/10.25074/0196318.37.2689
Otros enlaces:
https://manuelantoniogarreton.cl/documentos/2015/uc/discurso-mag.pdf
Cómo citar este artículo APA (7.ª edición):
Vega Henríquez, M. (2026, 9 de julio). Centro de Estudios de la Realidad Nacional (CEREN). Modernismo Latinoamericano. https://www.modernismolatinoamericano.org/centro-de-estudios-de-la-realidad-nacional-ceren/
1965: el genocidio de los comunistas indonesios
Decenas de civiles, incluido niños, esperan a ser fusilados en una fosa común durante el genocidio indonesio, en el que más de 3 millones de personas serían exterminadas por los fascistas indonesios, con apoyo y pago de la CIA, solo por ser comunistas.
El marxismo de Xi Jinping y Palantir
FUENTE https://observatoriocrisis.com/2026/07/10/el-marxismo-de-xi-jinping-y-palantir/
El pensamiento de Xi Jinping, leído incluso por observadores anticomunistas como Kevin Rudd y los estrategas tecnológicos de Palantir, demuestra la importancia central del marxismo, la planificación y la dirección política en el éxito histórico de la China contemporánea.
Daniele Burgio, Giulio Chinappi, Massimo Leoni y Roberto Sidoli
Kevin Rudd es un político australiano que fue Primer Ministro de 2007 a 2010 y nuevamente en 2013. Abiertamente anticomunista, es, sin embargo, lúcido e inteligente y, por lo tanto, capaz de leer cuidadosamente el informe presentado por Xi Jinping, Secretario General del Partido Comunista Chino, en el XX Congreso del Partido celebrado en octubre de 2022, y de analizarlo honestamente, a diferencia de los idiotas que fingen ser de la izquierda occidental antichina [1].
En aquella ocasión, Rudd había destacado, entre otras cosas, que el término «lucha» aparecía varias docenas de veces en el informe de Xi Jinping, y a su correcta observación podemos añadir inmediatamente que también hay una docena de referencias abiertas, de nuevo en el informe del secretario del Partido Comunista Chino, con respecto al marxismo, el materialismo dialéctico y el materialismo histórico: extractos que desmantelan aún más el cuento de hadas sobre el Partido Comunista Chino que «pretende» ser comunista y marxista.
Para que no quede lugar a dudas, reproducimos algunas de estas citas extraídas del informe de Xi Jinping al Congreso:
“Hemos establecido y respaldado un sistema fundamental para garantizar el papel preponderante del marxismo en el ámbito ideológico.”
“El marxismo es la ideología fundamental que guía a nuestro Partido y a nuestro país, y sobre la cual prosperan.”
“La sólida guía teórica del marxismo es la fuente de la que nuestro Partido extrae su firme convicción y que le permite tomar la iniciativa histórica.”
“Adaptar el marxismo al contexto chino y a las necesidades de la época es un proceso de búsqueda, revelación y aplicación de la verdad.”
“Los comunistas chinos somos plenamente conscientes de que solo integrando los principios fundamentales del marxismo con las realidades específicas y la refinada cultura tradicional de China, y solo aplicando el marxismo dialéctico e histórico, podremos dar respuestas concretas a las grandes cuestiones que plantea la época y que se descubren a través de la práctica, y podremos garantizar que el marxismo conserve siempre su vigor y vitalidad.”
“Es una solemne responsabilidad histórica de los comunistas chinos de hoy seguir abriendo nuevos capítulos en la adaptación del marxismo al contexto chino y a las necesidades de los tiempos.”
«Debemos dar prioridad a las personas. La orientación hacia las personas es un atributo esencial del marxismo.»
“Con un mayor sentido de responsabilidad histórica y creatividad, deberíamos contribuir en mayor medida al desarrollo del marxismo.”
“Pondremos en marcha programas para que los miembros del Partido estudien la nueva teoría del Partido y transformen el Partido en un partido marxista educativo.”
“Seremos firmes defensores y fieles practicantes del noble ideal del comunismo y del ideal común del socialismo con características chinas.”
Volviendo a Rudd y su interesante libro publicado en 2024 con el título Sobre Xi Jinping: Cómo el nacionalismo marxista de Xi está dando forma a China y al mundo , dada su indiscutible elección de bando, resulta aún más significativo que el autor australiano tome en serio la dimensión ideológica del pensamiento de Xi Jinping [2].
Rudd ciertamente no pertenece al campo comunista, ni se le puede sospechar de simpatizar con el socialismo chino. Precisamente por esta razón, su reconocimiento de la centralidad del marxismo en la visión política del secretario general del Partido Comunista Chino adquiere un valor particular: demuestra que solo una lectura superficial o deliberadamente propagandística puede reducir el socialismo con características chinas a una fórmula vacía o a una simple cobertura retórica del capitalismo.
El libro de Rudd, si bien se enmarca dentro de un contexto político hostil a la República Popular China, capta un punto esencial: Xi Jinping no utiliza el marxismo como un adorno ideológico, sino como una gramática política para interpretar la historia, la lucha de clases, el papel del Partido, la soberanía nacional y la relación entre el Estado, el mercado y el desarrollo.
La definición de «nacionalismo marxista» que propone Rudd se inscribe, naturalmente, en una perspectiva occidental y anticomunista, pero confirma, sin pretenderlo, lo que gran parte de la izquierda occidental antichina se niega incluso a debatir: la continuidad teórica y política entre el marxismo, el liderazgo del Partido Comunista Chino y el proyecto histórico de la modernización socialista de China.
Es precisamente desde este punto que se puede conectar el debate con el manifiesto de Karp y Zamiska. Si bien Rudd reconoce, aunque lo critica, el papel del marxismo en la construcción de la visión política de Xi Jinping, los autores de La República Tecnológica reconocen, también desde una perspectiva claramente occidental y estadounidense, otro aspecto crucial del modelo chino: la capacidad de subordinar el capital, la tecnología y la innovación a una dirección política general.
En ambos casos, dos voces alejadas del comunismo se ven obligadas a confrontar la misma realidad: China no puede entenderse a través de las categorías simplistas del liberalismo occidental, porque su desarrollo se basa en una relación entre ideología, Estado, partido, planificación y fuerzas productivas que Occidente ha olvidado incluso nombrar.
La sombra que proyecta ahora Pekín a escala global y la radical alteridad del modelo chino en sus diversos aspectos ideológicos, culturales y socioeconómicos en comparación con el capitalismo de Estado real que impera en el mundo occidental, con su privatización de beneficios y socialización de pérdidas de monopolios privados, se reflejan, aunque con diferentes categorías teóricas y proyectos disímiles, en el libro titulado La República Tecnológica: Poder Duro, Creencia Suave y el Futuro de Occidente , una obra escrita en coautoría por Alexander C. Karp, director ejecutivo del gigante tecnológico Palantir, y Nicholas W. Zamiska [3].
El eje central y la estructura del libro consisten en una evaluación abierta de la existencia de una amenaza sistémica china para el poder estadounidense, junto con una admisión, aunque reticente, de la eficacia socioproductiva del uso a gran escala que hace el Partido Comunista Chino de las herramientas de planificación en el proceso de reproducción de este gigantesco país asiático.
Y que la actual República Popular China representa una amenaza sistémica pacífica para el capitalismo de Estado de Washington es algo que reconoce incluso una académica alejada de las tentaciones prochinas como Margherita Furlan.
Ella admitió que, mucho antes de la cumbre de Pekín entre Xi Jinping y Trump, celebrada en mayo de 2026, ya se había hecho evidente que el Partido Comunista Chino «reafirma la primacía de la política sobre los gigantes digitales, impidiendo que Jack Ma escape del control estatal como lo hizo Elon Musk en Washington y manteniendo los algoritmos dentro del perímetro de la autoridad política». Además, Furlan subrayó acertadamente que «Karp y Zamiska, además, están construyendo su manifiesto contra China: es el rival que justifica el nuevo Proyecto Manhattan, el adversario sistémico cuya eficiencia autoritaria es a la vez temida e implícitamente admirada» [4].
Pero procedamos ahora al análisis del manifiesto de Karp y Zamiska.
Lo primero que llama la atención en La República Tecnológica es su tono abiertamente manifiesto. Karp y Zamiska no escriben un libro neutral sobre inteligencia artificial, ni una simple reflexión sobre la relación entre tecnología y sociedad. En cambio, escriben un texto de batalla, un llamamiento a la élite ingenieril y empresarial de Estados Unidos para que abandone la ilusión de poder vivir al margen del Estado, la guerra, la seguridad nacional y la competencia geopolítica.
La tesis subyacente es sencilla: Silicon Valley ha perdido su misión histórica porque, en lugar de poner sus capacidades al servicio de los principales objetivos nacionales, se ha concentrado en aplicaciones de consumo, plataformas publicitarias, redes sociales, servicios de entretenimiento y herramientas capaces de monetizar la vida cotidiana de los usuarios sin abordar las principales contradicciones estratégicas del presente [5].
Desde esta perspectiva, el libro posee un considerable valor documental, ya que muestra cómo un sector de la clase dirigente tecnológica estadounidense ha comprendido el agotamiento ideológico del antiguo mito neoliberal.
Durante décadas, Occidente ha ensalzado el mercado como un mecanismo autosuficiente, capaz de dirigir espontáneamente la innovación, el progreso, la inversión y la asignación de recursos. Karp y Zamiska, si bien operan dentro de un marco político eminentemente occidental, estadounidense y anticomunista, reconocen que el mercado, si se le deja a su suerte, tiende a recompensar lo que resulta inmediatamente rentable, no lo que es históricamente necesario. Esta admisión revela uno de los aspectos más interesantes del libro: los autores no se están convirtiendo en socialistas, pero se ven obligados a reconocer que la racionalidad mercantil no basta para garantizar el poder general de una sociedad.
El blanco inmediato de la polémica es el Silicon Valley contemporáneo, acusado de haber abandonado la dimensión pública y nacional de la tecnología. Los autores contrastan la cultura de las aplicaciones superficiales, el consumo individual y la fragmentación social con la época en que la investigación científica, la industria, las universidades y el Estado cooperaban en torno a grandes proyectos estratégicos.
La referencia implícita, y a menudo explícita, es al complejo científico-militar estadounidense del siglo XX, desde el Proyecto Manhattan hasta la Agencia de Proyectos de Investigación Avanzada de Defensa, pasando por la carrera espacial y la construcción de la infraestructura tecnológica de la Guerra Fría. No hay nada progresista en esta nostalgia: no se trata de recuperar una planificación democrática al servicio de las necesidades populares, sino de reconstruir una movilización tecnológica nacional al servicio del poder imperial estadounidense [6].
Aquí es donde surge la principal contradicción del libro. Karp y Zamiska acusan a Silicon Valley de traicionar al Estado, pero nunca cuestionan realmente la naturaleza clasista de ese Estado. No exigen que la tecnología se libere del dominio de los monopolios privados y se ponga al servicio de la comunidad.
Más bien, exigen que los monopolios tecnológicos asuman plenamente su función orgánica dentro del aparato estatal, militar y de inteligencia de Estados Unidos. Su «república tecnológica» no es una república popular, ni una forma de control público sobre las grandes corporaciones digitales. Más bien, propone una fusión aún más estrecha entre el capital privado, el aparato de seguridad, la industria bélica, la inteligencia artificial y la proyección global del poder estadounidense.
China desempeña un papel crucial en este contexto. No es simplemente un competidor económico ni un adversario diplomático. Es el punto de comparación que obliga a los autores a reconocer la insuficiencia del modelo occidental contemporáneo.
La República Popular China aparece, en su reconstrucción, como un rival sistémico capaz de movilizar recursos, dirigir inversiones, disciplinar el capital privado y subordinar el desarrollo tecnológico a objetivos políticos a largo plazo. Lo que la propaganda occidental convencional descarta como autoritarismo, en el libro de Karp y Zamiska se convierte en algo aún más inquietante para la clase dirigente estadounidense: una forma eficaz de organizar el poder nacional.
Naturalmente, los autores nunca concluyen que la planificación socialista pueda representar una forma superior de racionalidad histórica frente a la anarquía del mercado. Sin embargo, su razonamiento gira continuamente en torno a este punto sin mencionarlo explícitamente.
Comprenden que una gran potencia no puede confiar sus decisiones estratégicas a la suma caótica de intereses privados; comprenden que la inteligencia artificial, el software avanzado, los semiconductores, la defensa, la logística, la vigilancia y la infraestructura digital no son sectores como cualquier otro; comprenden, finalmente, que la primacía tecnológica requiere dirección política, priorización, concentración de recursos y la capacidad de imponer una jerarquía a los intereses particulares. En otras palabras, comprenden a regañadientes parte de la lección china, pero intentan traducirla al lenguaje de la restauración imperial estadounidense.
Esto también genera la ambigüedad de su crítica a la cultura «débil» de Occidente. Karp y Zamiska denuncian la pérdida de convicciones firmes, la disolución del sentido de pertenencia, la incapacidad de las élites para proponer un proyecto colectivo y la transformación de la tecnología en un conjunto de productos diseñados para satisfacer deseos individuales cada vez más superficiales.
Pero la solución que proponen no es la reconstrucción de una comunidad política basada en la igualdad, la participación democrática o la justicia social, sino la reconstrucción de una comunidad nacional regida por la competencia geopolítica, el miedo al enemigo y la necesidad de prepararse para la guerra tecnológica del siglo XXI.
El llamado a una « creencia flexible » debe interpretarse en este sentido. Los autores no critican a Occidente por haber abandonado el colonialismo, el imperialismo o la lógica de la dominación, sino por haber perdido la fe suficiente en su propia misión histórica.
La debilidad de Occidente, en su opinión, no reside en la explotación, la desigualdad, la financiarización, la subordinación del trabajo al capital ni la devastación social provocada por el neoliberalismo, sino en la incapacidad de sus élites para reconocerse abiertamente como la clase dominante de un bloque de poder y actuar en consecuencia. Por eso este libro es valioso: porque expone explícitamente lo que un sector de la ideología liberal prefiere ocultar tras el lenguaje de los derechos, la innovación y la libertad individual.
La comparación con el discurso de Xi Jinping en el XX Congreso del Partido Comunista Chino resulta aún más reveladora. Por un lado, Xi habla de marxismo, socialismo con características chinas, la centralidad del pueblo y la adaptación creativa del materialismo dialéctico e histórico a las condiciones concretas de China.
Por otro lado, Karp y Zamiska hablan de la dominación occidental, el poder, la seguridad, los aparatos militares y la necesidad de reintegrar a la élite tecnológica a los límites estratégicos del Estado. Ambos discursos reconocen que el mercado no es suficiente. Pero la diferencia radica en el sujeto político y el propósito histórico: en el caso chino, la subordinación del capital y la tecnología a un proyecto socialista de desarrollo nacional; en el caso estadounidense, la subordinación selectiva del capital tecnológico a las exigencias de la supremacía geopolítica y militar del imperialismo.
Por esta razón, La República Tecnológica puede interpretarse como una confesión involuntaria. Karp y Zamiska pretenden denunciar la debilidad de Occidente, pero acaban certificando la fortaleza del modelo chino.
Quieren defender la superioridad estadounidense, pero se ven obligados a admitir que esta ya no puede basarse en el cuento de hadas del libre mercado, la espontaneidad empresarial y la innovación individualista. Quieren relanzar el capitalismo tecnológico occidental, pero para ello deben recurrir a herramientas que contradicen su propia mitología: la coordinación estatal, las prioridades estratégicas, la movilización colectiva, la disciplina política y la subordinación de los intereses particulares a un plan general.
El punto crucial es que, mientras que en China el Partido Comunista mantiene la primacía de la política sobre las grandes corporaciones económicas y digitales, en el proyecto de Karp y Zamiska la relación tiende a invertirse hacia una forma más sofisticada: no es el Estado popular el que controla el capital, sino el capital tecnológico más avanzado el que se ofrece como brazo operativo del Estado imperial. Palantir se convierte así no solo en un negocio, sino en un modelo político. No se limita a vender software; propone una visión del mundo en la que la inteligencia de datos, la inteligencia artificial y las capacidades predictivas se integran en los mecanismos de mando, vigilancia y guerra de Occidente.
En conclusión, el libro de Karp y Zamiska confirma indirectamente la tesis inicial. El marxismo de Xi Jinping, lejos de ser una mera retórica, representa uno de los fundamentos teóricos a través de los cuales China interpreta su propio desarrollo, disciplina sus fuerzas productivas y guía la modernización socialista.
El manifiesto de Palantir, por otro lado, representa una respuesta occidental a la crisis de su hegemonía: una respuesta agresiva, militarizada y tecnocrática que no busca superar el dominio del capital, sino hacerlo más eficiente en la competencia global contra China. Precisamente por ello, el interés del libro reside no tanto en las soluciones que propone como en el temor que revela.
Si incluso uno de los protagonistas más conscientes del capitalismo tecnológico estadounidense se ve obligado a admitir que Occidente necesita planificación, dirección política y un propósito colectivo, entonces la larga era de arrogancia neoliberal ha entrado en una profunda crisis.
Y también significa que China, con su socialismo de características chinas, ya no es solo un objeto de propaganda occidental, sino el verdadero punto de comparación que obliga a los propios estrategas del imperio a replantearse los fundamentos de su propio poder.
Notas
[1] Xi Jinping, “Texto completo del informe al XX Congreso Nacional del Partido Comunista de China”, 25 de octubre de 2022, en inglés . www.gov.cn .
[2] K. Rudd, Sobre Xi Jinping: Cómo el nacionalismo marxista de Xi está dando forma a China y al mundo , Oxford University Press, Oxford-Nueva York, 2024.
[3] AC Karp y NW Zamiska, La República Tecnológica: Poder Duro, Creencia Suave y el Futuro de Occidente , Crown Currency, Nueva York, 2025.
[4] M. Furlan, “De Schwab a Karp: los escribas del Apocalipsis”, 22 de mayo de 2026, en lafionda.org .
[5] AC Karp y NW Zamiska, “Por qué Silicon Valley perdió su patriotismo”, 12 de febrero de 2025, en The Atlantic .
[6] Penguin Random House, “Alexander C. Karp y Nicholas W. Zamiska publicarán una ‘acusación generalizada’ de Silicon Valley con The Technological Republic ”, comunicado editorial, 18 de febrero de 2025.
[7] J. Hofer, “Reseña del libro: La República Tecnológica: Poder duro, creencia blanda y el futuro de Occidente ”, 2025, en The Independent Review .
