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jeudi 29 janvier 2026

L'Otan postmoderne frenchy au palais de Tokyo

 Source https://www.connaissancedesarts.com/arts-expositions/foucault-derrida-deleuze-letonnante-influence-des-philosophes-de-la-french-theory-sur-lart-contemporain-11208593/

 Foucault, Derrida, Deleuze… l’étonnante influence des philosophes de la « French Theory » sur l’art contemporain 

 Foucault, Derrida, Deleuze… l’étonnante influence des philosophes de la « French Theory » sur l’art contemporain 
Gérard Fromanger, ami de Michel Foucault dont il a fait le portrait (1976), 
considérait ses amitiés comme un moteur essentiel à son inspiration © Bridgeman Images.

Bannis du paysage intellectuel français des années 1970 et 1980, les philosophes dits de la « French Theory », les Foucault, Derrida, Deleuze et Baudrillard, ont en revanche été accueillis comme des stars aux États-Unis. Reste qu'ils ont marqué nombre d’artistes plasticiens, français comme étrangers.

Nul n’est prophète en son pays, dites-vous ? Probablement. Si vous aviez interrogé Michel Foucault (1926-1984), Gilles Deleuze (1925-1995), Jacques Derrida (1930-2004) et Jean Baudrillard (1927-2007) avant leur disparition, aucun doute que ces philosophes français auraient acquiescé. Marginalisés dans l’Hexagone, c’est aux États-Unis que nos quatre mousquetaires de la pensée ont dû s’exiler pour briller de tous leurs feux. Et de quels feux ! Outre-Atlantique, ils ont joui, dans les années 1970 et 1980, d’une « aura qui n’était réservée qu’aux héros de la mythologie américaine, ou aux vedettes du show-business », s’amuse l’historien de la philosophie et des idées François Cusset dans French Theory, son essai publié en 2003 (éd. La Découverte), qui rend compte de ce « french paradoxe ». Inaudibles sur les bords de Seine, ces penseurs ont été accueillis, sur les campus américains, comme de véritables rock stars. Et leur influence fait aujourd’hui l’objet d’une exposition.

French theory: La bataille des structures 

Art américain, pensées francophones 

samedi 19 avril 2025

Détournement et plagiat chez Sainte-Beuve, De Prada et Valle-Inclán


Juan Manuel de Prada a exprimé sa position sur le plagiat dans un texte programmatique, véritable manifeste, qui porte justement le titre de Plagiats (Plagios en espagnol) et qui permet de comprendre la littérature moderne en général, pleines de citations et de clins d'œil, dans son intertextualité. Dans ce texte, De Prada justifie l'appropriation de petits textes d'autres auteurs sans nécessité de citer leurs noms. Pour contrer ce qu'il appelle l'« interprétation extensive du plagiat », il cite les mots de Sainte-Beuve : « En littérature, on peut voler un auteur à condition qu'on l'assassine ». 

De Prada explique : « Cela veut dire que le vol - ou si vous préférez, le plagiat - doit être utilisé à bon escient afin de créer une nouvelle forme expressive qui surpasse la précédente, la faisant oublier ». 

Plus loin il affirme que « tout a été inventé par les maîtres qui nous ont précédé; notre seule mission, notre seule possibilité d'être originaux consiste à répéter les mêmes choses que nos prédécesseurs, mais d'une façon personnelle, avec un nouveau regard qui aspire à dépasser formellement ceux qui les avaient énoncées auparavant » et il conclut en rappelant ce que Valle-Inclán disait de son plagiat des Mémoires de Casanova : « En littérature, le vol avec assassinat — le plagiat qui annule ou fait oublier la source plagiée — peut parfois être la forme la plus haute d'originalité ».

 
                                  
 
                              
Gérard Fromanger,  
Le rouge, 1970

jeudi 17 avril 2025

1965: la Nouvelle figuration contre l'Otan culturelle en peinture (Art conceptuel: Duchamp; Pop art: Warhol; Nouveau réalisme: Restany)

 

Vivre et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp est un ensemble de huit tableaux signés collectivement par les peintres Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo et Antonio Recalcati, réalisé en 1965, dans le cadre de l'exposition « Figuration narrative dans l'art contemporain » à la galerie Creuze à Paris et aujourd'hui conservé au Musée Reina Sofia à Madrid.


Vivre et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp
Vivre et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp 
 
La série de huit tableaux s'attaque à l'art conceptuel et à cette figure emblématique de l'avant-garde, symbole des falsifications intellectuelles de la culture bourgeoise promue par l'Otan culturelle, qui « anesthésie les énergies vitales et fait vivre dans l'illusion de l'autonomie de l'art et de la liberté de création », ainsi qu'aux formes d'art subventionnées qui s'en réclamaient alors, le Pop art et le Nouveau réalisme. Ainsi, dans la 8e et dernière toile, on voit leurs défenseurs américain comme européen, Andy Warhol et Pierre Restany, soutenir de part et d'autre l'arrière du cercueil de Duchamp, recouvert du drapeau américain et conduit par Robert Rauschenberg, suivi d'Arman, Claes Oldenburg et Martial Raysse.
Vivre et laisser mourir ou la Fin tragique de Marcel Duchamp 
 
L'acte de naissance retenu pour la Figuration narrative est l'exposition "Mythologies quotidiennes" organisée de juillet à octobre 1964 au Musée d'art moderne de la ville de Paris (MNAM), avec les peintres Rancillac, Télémaque, Klasen, Arroyo, Recalcati, Jacques Monory, Leonardo Cremoni, Jan Voss et Öyyind Fahlström. 
 
Cependant, au mois de juin de cette même année, la nouvelle école américaine venait d'être consacrée à la Biennale de Venise par l'octroi du grand prix à Robert Rauschenberg, soit quelques jours seulement avant l'ouverture de cette exposition, ce qui en amoindrit l'impact médiatique. Il est vrai que les états-uniens avaient mis les petits plats dans les grands et pas n'importe lesquelles puisque les tableaux de l'invasion yankee, de très grandes tailles, étaient arrivés dans les soutes de l'US Navy avec le reste de l''équipement militaire pour les bases US installées en Italie.