Cet
article rend compte, entre autres, du travail de Nel Bonilla,
doctorante, sur le thème de « l’Ouest et le reste » (West and the rest)
[1].
Nel Bonilla est partie d’une lecture attentive de la littérature
publiée par les organismes de pouvoir liés de près ou de loin à
l’Alliance atlantique et à son moteur anglo-américain
[2].
Ci-dessous, une courte vidéo mentionnée par Nel Bonilla dans son
article. Elle a été réalisée par le Commandement allié transformation de
l’OTAN sous les auspices de la division dite Clairvoyance stratégique
dirigée par Florence Gaub.
De par sa nature intrinsèquement destructrice (par le pillage et la
spéculation financière), le système politico-économique occidental n’est
plus capable de surmonter les crises qu’il génère. Refusant à prendre
les mesures de fond qui nous permettraient d’en sortir par le haut, nos
« élites » paniquent. Dans le paradigme de compétition dont elles
n’arrivent pas à s’extraire (je ne peux gagner que si tu perds), les
fenêtres d’opportunité qui s’offrent encore à elles pour tenter de
combler l’écart avec les pays des BRICS+++ sont en train de se refermer
et l’avance de ces derniers devient irratrapable.
A cet égard, les Etats-Unis et l’Europe voient la Chine, en pleine
effervescence créative, comme le défi ultime. Pour se prémunir d’une
telle concurrence,
« les élites occidentales (…) ont
choisi de militariser la concurrence elle-même, traitant le
développement économique, les avancées technologiques et la coopération
diplomatique des puissance non occidentales comme des problèmes
militaires requérant des solutions militaires »
.
Sûr du soutien de l’Etat profond américain dont sa société est une
pièce maitresse, Peter Thiel, patron avec Alex Karp de la firme Palentir
(spécialiste du logiciel d’analyse de données à grande échelle) affirme
ainsi que « la concurrence c’est fait pour les losers (les perdants) » [3].
Les patrons de la Tech américaine travaillent le gouvernement fédéral
pour qu’ils les aident à imposer, par la force s’il le faut, un monopole
mondial dans leur spécialité.
Cela dit, avec ou sans Palentir, la plupart des conflits actuellement
en cours de par le monde sont le résultat d’une volonté de domination
occidentale qui n’arrive plus à s’affirmer. L’Alliance atlantique,
dominée par des pays va-t-en-guerre, désire pareillement passer en force
sans en être capable. Les « losers » ne sont donc pas ceux qu’on croit.
Et le fait qu’ils s’accrochent les rend terriblement dangereux.
On le constate à travers la volonté irréaliste et suicidaire de la
part des Européens de doubler la mise face aux forces russes mais aussi
celle des néo-conservateurs américains d’étendre l’Otan en Asie. Les
deux nous mènent - à plus ou moins brève échéance - vers une guerre de
haute intensité à partir de l’un de ces théâtres. C’est du moins ce que
nous promettent les autorités civiles et militaires de notre pays, mais
aussi celles du Royaume Uni, de l’Allemagne et de l’Otan pour ne citer
qu’elles. La conflictualité « se déploie désormais dans tous les domaines et en amont du conflit ouvert » constatait déjà en 2017 la Revue Stratégique de défense et de sécurité nationale [4].
Une conflictualité à même de contrecarrer la pacification des relations
internationales voulue par la majorité du Sud Planétaire.
Dans ce contexte et faute de pouvoir produire suffisamment d’armes,
de munitions, de soutiens logistique pour neutraliser l’adversaire en
cas de conflit de haute intensité, les Etats-Unis ont concocté une
nouvelle doctrine qui consiste d’abord à se donner du temps.
Gagner du temps
A une domination qui ne peut plus se justifier par la prospérité,
l’innovation ou le consentement, les capitales de l’Alliance atlantique
opposent une coercition diffuse, jusqu’à avoir rattrapé leur retard
(c’est du moins le but affiché).
Pour cela, il faut changer les caractéristiques de la guerre
pensent-elles. « D’épisodique et régionale » la guerre doit devenir
« trans-régionale et globale ». On y abandonne le principe
« d’interventions ponctuelles et limitées » en faveur « d’un engagement
simultané dans tous les domaines » [5] :
« Le système westphalien de conflits délimités entre états nations
souverains fait place à un engagement permanent et partout (…) Les
théâtres de guerre séparés deviennent, dans ce système
« post-westphalien », les nœuds interconnectés d’un réseau de chantage
planétaire ».
Parce qu’elles offrent la possibilité de maintenir des foyers de
déstabilisation, les plaies héritées du passé sont maintenues ouvertes
ou peuvent être réveillées n’importe quand au gré de déclarations
hostiles, d’exercices militaires surprise ou d’incidents mis en scène.
Concrètement on évite la résolution des conflits ainsi que l’illustre
l’exemple tragique de ce qu’il se passe en Palestine ou en Ukraine. Mais
aussi autour de Taiwan, au Vénézuela, dans de nombreux pays africains
etc.
Outre que cela consolide le lobby militaro-industriel occidental, la
multiplication d’accrochages de basse intensité est censée épuiser
l’adversaire non-occidental. La mobilisation vers la guerre permet
également d’occulter le déclin de nos économies civiles, tout en
préparant les conflits de haute intensité.
Mais chaque jour qui passe met ce scénario à mal. Ne serait-ce que
parce qu’il active de multiples solidarités entre pays partageant le
sentiment d’être menacés par cette doctrine de guerre tous azimuts.
Guerre tous azimuts
Selon la National Defense Strategy de 2018, le problème pour les Etats-Unis est désormais principalement de répondre aux menaces de ce qu’elle appelle les « puissances révisionnistes »
(sous entendu toutes celles qui rejettent la suprématie occidentales),
principalement la Russie et la Chine (et aussi la Corée du Nord et
l’Iran). C’est sur le plan de la protection aérienne que les Etats-Unis
ont le plus perdu. Leurs routes d’approvisionnement traditionnelles sont
devenues vulnérables, et les bases statiques (800 bases américaines
autour du globe) peuvent devenir des pièges mortels face aux dangers
venus du ciel.
Les « trous » existants dans le « dôme de fer » israélien, constatés
lors du dernier conflit avec l’Iran en juin 2025 en sont un exemple.
Rappelons que le dôme de fer a été développé conjointement par Israël et
l’armée américaine, pour défendre le territoire israélien, mais aussi
comme terrain d’expérimentation mettant en oeuvre l’IA et les dernières
technologies. Pour riposter, l’Iran a utilisé de puissants missiles
balistiques qui sont venus saturer la défense du dôme de fer, provoquant
des dégâts largement occultés par le narratif officiel israélien.
Précisons que Téhéran disposerait d’un arsenal de 2 000 missiles
balistiques.
Plus généralement, la vulnérabilité occidentale est liée à la
« prolifération » des systèmes de défense anti-aérienne multi-couches,
des tirs de précision dans la profondeur, des systèmes de guerre
électronique et des moyens cyber offensifs et défensifs. Un nombre
croissant de pays à qui les Etats-Unis ont affublé l’étiquette
« adversaire » ou « ennemi » sont désormais en mesure de « contester »
la liberté d’action dont les forces américaines ont pu bénéficier,
remettant en cause l’aptitude à la manœuvre interarmées qui conditionne
la domination américaine.
C’est dans cette atmosphère de contestation générale du primat
américain que l’Army ne veut (ou plutôt ne peut) pas rester focalisée
sur la conduite des « batailles ». Elle se prépare plutôt à mener toutes
formes d’opérations dans le cadre d’une « compétition stratégique » de
nature globale visant à mettre au pas le bloc révisionniste, où qu’il
soit et quand il le faut. La persistance des foyers de tension
soigneusement entretenus vise à dérouter l’adversaire, le faire douter
dans un contexte d’éternels recommencements.
L’ambiguïté stratégique
Cette doctrine porte un nom : l’ambiguïté stratégique. Elle brouille
les intentions de sorte que les adversaires doivent se préparer à tous
les scénarios et défendre tous les fronts, tout le temps. L’effet de
surprise lié à l’imprévisibilité peut aussi donner à des moyens limités
un effet multiplicateur sur le terrain. La fait d’alléguer en flux
continu de l’existence de menaces diverses contribue aussi à alimenter
la psychose dans le public, ce qui le prépare à la guerre. En Europe,
chaque jour qui passe égrène sont lot d’évènements allégués et montés en
épingle, destinés à accroitre l’inquiétude : déraillement de train
suspects en Pologne (sur les lignes ravitaillant l’Ukraine), incendies
d’entrepôts logistiques au Royaume Uni et en Allemagne, coupure
inexpliquées de câble sous-marins en Baltique, brouillages GPS affectant
l’aviation civile etc.
Si l’ambiguïté stratégique relève plus du discours diplomatique ou de
la communication d’informations vers le grand public (conditionnements,
propagande), l’incertitude opérationnelle intervient avant et durant
l’intervention armée.
Les Opérations multi-domaines (OMD)
Ce que les stratèges américains ont nommé Opérations Multi-Domaines
(Multi Domain Operations, MDO) permet de prolonger l’incertitude sur le
terrain, avant et durant l’intervention armée.
Le document rédigé en 2018 sur la stratégie nationale de défense le résume ainsi :
« Soyez (...) opérationnellement
imprévisible... notre déploiement dynamique des forces, notre posture
militaire et nos opérations doivent introduire un élément
d’imprévisibilité pour les décideurs adverses... manœuvrez vos
concurrents dans des positions défavorables, contrecarrez leurs efforts,
éliminez leurs options tout en développant les vôtres ».
La Rand corporation affirme au même moment que « l’imprévisibilité
opérationnelle, c’est rendre l’adversaire incertain sur la façon dont
les Etats-Unis vont combattre ». La meilleure façon de faire précise la
Rand est de mettre au point et d’expérimenter plusieurs méthodes
d’action qui demanderont chacune une réplique adaptée, différente de
toutes les autres, de la part de l’ennemi.
Des attaques multiples, menées en collaboration étroite entre les
domaines terrestre, maritime, spatial, aérien, cybernétique et
électromagnétique visent à coordonner les effets et provoquer des
dilemmes chez l’adversaire. On y intègre aussi celui de l’information,
l’espace extra-atmosphérique… et le cerveau humain qui, pour les
stratèges de l’Otan, est devenu le nouveau domaine opérationnel. La
Russie est par exemple accusée de mener une guerre permanente contre les
esprits européens, pour briser la volonté de résistance.
Ces attaques impliquent aussi le recours à différents types
d’acteurs, sortes de mercenaires (voire de groupes terroristes) il est
question de forces « de substitution » ou auxiliaires locaux (aussi
appelés proxys). Ces modalités d’opération entrent dans le cadre de
stratégies dites « hybrides » ou de « zones grises ». Les limites
traditionnelles de la notion de conflit s’estompent, instaurant une
lutte d’influence dont les enjeux sont les « alliés et partenaires »
(pays de l’Otan, de l’AUKUS [6]...) ainsi que « les Etats vulnérables de la ligne de partage » (Ukraine, Turquie, Inde...).
La France s’inscrit en plein dans ces « nouveaux modes de
conflictualité », notre Président de la République reprend à son compte
l’ambiguïté stratégique : « la frontière entre compétition et
confrontation, qui nous permettait de distinguer le temps de paix du
temps de crise ou de la guerre, est aujourd’hui profondément diluée (…)
Elle laisse place à de multiples zones grises où, sous couvert
d’asymétrie ou d’hybridité, se déploient des actions d’influence, de
nuisance, voire d’intimidation, qui pourraient dégénérer » (extrait de
son discours sur la stratégie de défense et de dissuasion le 7 février
2020).
Mais entre ce qui est visé et la réalité, l’écart est encore
manifeste. Les OMD supposent acquises de nombreuses conditions qui ne
sont que très rarement réunies. Les communications doivent notamment
éviter les brouillages et rester fluides entre les différents domaines.
En Ukraine par exemple, on peut observer que la guerre électronique
menée par la Russie perturbe avec succès les réseaux ISR (Intelligence,
surveillance, reconnaissance) locaux tout en brouillant le GPS, en
dégradant les drones et en interférant avec les tirs guidés de
précision.`
La guerre mosaïque
La guerre de demain telle qu’elle est pensée au Pentagone sera aussi
faite par des unités de taille réduite (composant une mosaïque),
assemblées en vue de combattre de manière fluide et décentralisée, sans
structure préalablement définie. Les éléments individuels d’une mosaïque
– des petits drones par exemple - sont vulnérables, mais ensemble, ils
représentent un réel danger. Même si un adversaire parvient à
neutraliser plusieurs pièces de la mosaïque, l’ensemble peut réagir
instantanément selon les besoins pour obtenir l’effet global souhaité.
Dans le cadre des Opérations Multi-Domaines que l’on vient de
décrire, les responsables de la DARPA américaine (Defense Advanced
Research Projects Agency) mettent en avant ce concept de guerre mosaïque
pour qualifier les nouvelles configurations rendues possibles par les
progrès dans la communication entre machines :
« petits fragments en grand nombre, interopérables, faibles et
fragiles pris isolément, les drones peuvent être agencés dans un
contexte spécifique pour tuer. Un même drone peut être une fois un
capteur, une autre fois une munition vagabonde, un leurre, ou un
brouilleur. Chaque drone est autonome. Il a été doté de données communes
à tous les autres drones et peut s’intégrer très rapidement à une
configuration locale de force. Le commandement humain fournit les
grandes lignes de l’intention ; les algorithmes assemblent des forces
opérationnelles à partir de tout ce qui se trouve à proximité et en
réseau. L’orchestration est instantanée et, idéalement, intraçable ».
Contrairement aux systèmes monolithiques et aux architectures rigides
actuels, dont le développement prend des décennies au point où certains
systèmes militaires deviennent obsolètes avant même d’être livrés, de
tels systèmes sont moins coûteux et moins complexes fait valoir l’État
Major. La guerre mosaïque utilise aussi l’interopérabilité entre
machines et IA pour mettre en réseau des systèmes en partie habités (par
l’homme) et en partie non habités :
« La guerre mosaïque nous est
présentée comme l’archétype de la résilience : un force distribuée qui
ne peut être décapitée, qui survit en se dispersant plus vite qu’elle ne
peut être à son tour frappée. »
Il existe une hypothèse sous-jacente à cette guerre apparemment
« joyeuse » que veulent mener les occidentaux au XXIeme siècle, c’est
que nos adversaires, contrairement à nous, sont fragiles, centralisés et
incapables de se recomposer de manière adaptative. Ici perce à nouveau « la vision civilisationnelle de supériorité qui sous-tend la vision stratégique globale du monde. ».
Une vision qui amène de nombreux stratèges occidentaux à sous-estimer
la capacité des nations apparemment moins avancées à surpasser leurs
manœuvres.
Le réseau
A l’échelle globale, la guerre mosaïque repose sur un réseau unifié,
véritable architecture planétaire. Sur le papier, il permet par exemple à
« un capteur situé en Afrique de déclencher une frappe dans le
Pacifique, tandis que l’analyse est effectuée en Allemagne et au
Colorado. »
Sorte de meta-réseau, le cyberespace inclut l’informatique, Internet,
les réseaux subsidiaires, les technologies numériques, en particulier
lorsqu’il s’agit de contrôle, de communication ou de sécurité. Pas de
drapeau, pas de bases dans le cyberespace. Ce qui demeure c’est le
maillage de l’espace, avec la possibilité d’y fonctionner d’une façon
décentralisée. Au sein de ce réseau qui stipule avant tout
l’interopérabilité, la puissance coercitive circule.
Mais attention, celui qui accepte d’en être membre accepte la loi en
vigueur. Cela se fait à travers l’alignement sur les normes qui
régissent le fonctionnement des infrastructures, de la logistique, des
finances et de la communication. Au plan militaire plus spécifiquement :
« Grâce à l’infrastructure
numérique, les alliés intégreront leurs forces armées dans un système
technologique dirigé par les États-Unis dont ils ne pourront se
dissocier sans renoncer à leur propre capacité opérationnelle »
.
Cet embrigadement fait écho au chantage exercé auprès des acteurs
économiques qui acceptent de commercer en dollars. Ils doivent se
soumettre aux conditions américaines (extraterritorialité du droit,
taxes, sanctions et interdits divers). Voilà une bonne dizaine d’années
que les territoires du Sud planétaire ont entamé la longue marche pour
se désengager du système dollar. Ils ont aussi très bien compris – Chine
en tête – à quel point la mise en place d’une infrastructure réseau
indépendante de l’Occident collectif est un élément vital.
Globalisation et privatisation de la guerre
Voilà un exemple de ce que cela donne sur le terrain, à Gaza en
l’occurence. Les entreprises technologiques américaines (Palantir à
nouveau, et Dataminr) sont intégrées au centre de coordination civilo
militaire (CMCC) partenariat public/privé élaboré par les Américains :
« Elles contribuent au modèle sécuritaire baptisé « alternative safe communities »,
qui propose de regrouper des civils palestiniens dans des zones
clôturées, surveillées et connectées aux systèmes prédictifs des firmes
américaines. L’IA identifierait les « comportements à risque » en
suivant téléphones, déplacements et traces numériques. Ces sociétés ne
se contentent pas de fournir des outils. Elles co-écrivent, avec les
Etats, l’architecture sécuritaire de l’après-guerre. Cette fusion entre
l’appareil militaro diplomatique et l’industrie du big data pose une
question fondamentale : que devient la liberté quand la puissance
publique délègue à des société privées le pouvoir de surveiller, cibler
et contrôler des populations entières ? » [7]
Plus généralement, à Gaza ou bien en Ukraine qui pilote réellement ?
Ce ne sont pas les peuples, consultés ni sur l’état de belligérance
(est-on en guerre ou non ?), ni sur l’emploi de nouvelles armes, ni sur
l’apparition d’outils de contrôle redoutables, ou sur l’élargissement de
l’Otan. Ce sont à peine les ministres, à la fois complices et dépassés
par la complexité technique des dossiers.
L’obstacle sur lequel l’humanité bute à l’aube du deuxième quart du
21e siècle, c’est donc la prééminence de ces intérêts
militaro-financiers privés qui se substituent au pouvoir souverain des
peuples, reléguant les nations porteuses de l’intérêt général au rang
d’annexes « juridico-policières ».
Dans ce type de contexte international, les enjeux diplomatiques,
militaires, les règles d’attribution de marchés privés, la
multiplication des acteurs (incluant les organismes internationaux,
supranationaux et autres ONG..), rend le fonctionnement général
difficilement déchiffrable pour la plupart des intervenants.
Ce n’est pas le cas pour les sociétés qui organisent les processus de
délibération/décision. Elles imposent des pratiques managériales qui
compartiment les problèmes et entretiennent l’opacité. A travers
l’élaboration de structures qui permettent de concentrer le pouvoir de
décision sans attirer l’attention, de fixer la rémunération des
sous-traitants, d’attribuer les budgets de façon à rémunérer au mieux le
secteur militaro-industriel, le tout dans une logique de maximisation
du profit et de rétrocommissions à des fins politiques.
* * *
Plutôt que de rechercher des terrains d’entente et de négociation,
les élites occidentales préfèrent donc « gérer » l’opposition orchestrée
entre les deux blocs que nous venons de décrire. La guerre généralisée
reste, à leurs yeux, le dernier recours. C’est leur façon de repousser
l’écroulement inévitable du système financier occidental. Elles peuvent
pour cela compter sur l’aide active des gouvernements qu’elles ont
réussi à subvertir. Pour nous européens la subversion est emmenée par le
trio Emmanuel Macron, Friedrich Merz, Keir Starmer. Sous peine
d’écroulement, nous devons sortir de cette logique de bloc, très vite.
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