Documentaire municipal réalisé en 1973 - deux ans après les élections
municipales - par Miroslav Sebestik ayant pour sujet le développement
rapide de Bagnolet et les problèmes urbanistiques, politiques et humains
posés par ces transformations.
Des quartiers entiers se sont transformés, des milliers de logements ont
été construits, le métro est arrivé. Bagnolet est en train de devenir le
carrefour de l'est parisien. Ces transformations ne se sont pas faites
sans problème : est-il agréable de vivre à Bagnolet ? Les loyers sont
chers, les impôts sont lourds, qui est responsable ?
Le film tente de cerner les problèmes qui se posent aux habitants et de répondre à quelques grandes questions.
Des interviews de responsables (Jacqueline Chonavel, maire de Bagnolet) et d'habitants interrogés au hasard de la rue.
Le film est remarquable pour son ton décalé : toutes les interviews sont
entrecoupées de brèves séquences fictionnelles burlesques (plan sur une
cocotte minute, sur un couple s'embrassant fougueusement dans
l'ascenseur, sur un brossage de dents méticuleux, etc)
Réalisation : Miroslav Sebestik
Production : UNICITE
Image : Gilberto Azevedo
Montage : Geneviève Louveau
Son : Alain Muslin
Personnalités : Jacqueline Chovanel, maire de Bagnolet, députée de la Seine Saint-Denis
Article épinglé
dimanche 1 mars 2026
Bagnolet, carrefour de l'Est parisien (Miroslav Sebestik, 1973)
Vivre mieux, changer la vie (Jean-Patrick Lebel, 1972)
Commandé par le P.C.F. à l'occasion de la campagne des élections
législatives de début 1973, ce film présente le programme commun des
partis de gauche (communistes, socialistes, radicaux de gauche) à
travers l'expérience vécue d'un couple de travailleurs. A partir
d'images de leur existence quotidienne, le film montre quelques aspects
de ce qui pourrait changer concrètement avec le programme commun de
gouvernement. Parallèlement, il trace l'itinéraire qui va de la
réflexion sur la vie telle qu'elle est à l'action politique pour changer
la vie. [Notule catalogue UNICITÉ]
Mise en scène sophistiquée visant à une présentation "attrayante" du
programme commun. Didactisme, comique. Par exemple, certaines
propositions du programme commun sont énoncées sur un mode dérisoire par
tel personnage en position de "faire l'acteur" et ré énoncées par le
même en position "d'être militant". Brechtisme.
A noter une balade poétique et décalée dans la Cité de la Grande Borne,
construite par l'architecte Emile Aillaud. On y voit les courbes de la
cité alors toute neuve, les jeux de couleurs, le dédale des rues
intérieures, les sculptures et les mosaïques (comme ce portrait de
Rimbaud) qui émaillent les rues de la "Cité des enfants", piétonne et
poétique, voulue par l'architecte. « Qu’ont-ils à faire de Rimbaud, ces
immigrés qui partent à pied prendre le train de Juvisy, à cinq heures du
matin ? Rien, bien sûr, sinon que ce n’est pas Rimbaud qui les prive
d’autobus ou de bureau de tabac. Je ne peux pas ouvrir un café à la
Grande Borne pour que ce soit plus gai. La seule chose que je puisse
faire, c’est, à tout hasard, d’offrir Rimbaud en plus de l’HLM. »
— Émile Aillaud, Désordre apparent, ordre caché, Éditions Fayard.
Lieux : Morsang-sur-Orge (91), La Grande Borne (Grigny, Viry-Châtillon, Fleury-Mérogis), Essonne
GÉNÉRIQUE:
Production, UNICITÉ
Assistant, Jacques FRAENKEL
Images, Jacques MIRONNEAU
Montage, Christianne LACK
Participation de D.LANFRERE, R.BOUILLETTE, C.ZINS, J.C BRISSON, M.F
GUYONNEAU, B.ROCHUT, P.LERICHE, Jean-Pierre RIFFET, Lolita CHEREL,
L.THOULUC
Avec Chantal MUTEL, Patrick LARZILLE, René LOYON et la famille DELBOUYS.
Texte off Albouy
J'ai vingt ans / Мне двадцать лет (Marlen Khoutsiev, 1962)
Réalisé en 1961-62, le film, dont le titre était La Porte d’Ilitch,
a dû être montré en 1963, avant sa sortie, à Khrouchtchev qui a ainsi
exprimé son jugement: « Même les figures les plus positives de ce film –
trois ouvriers – ne personnifient pas notre grandiose jeunesse. Ils
sont montrés comme s’ils ne savaient rien de la vie qu’ils ont à mener,
de ce vers quoi ils doivent tendre. Et cela dans notre époque de
progression et de la construction du communisme, éclairée par les idées
du programme du Parti communiste ! Une telle jeunesse construira-t-elle
donc le communisme avec ses pères, sous la direction du Parti ? Non, la
société ne peut pas s’appuyer sur de tels hommes, ce ne sont ni des
combattants, ni des transformateurs du monde. Ce sont des hommes
moralement infirmes, déjà vieillis dans leur jeunesse, à qui échappent
les buts et les tâches élevés de la vie ».
Le réalisateur fut obligé de remanier son film, ce qu’il réussit à
faire, selon ses propres termes « en conservant le sens de l’oeuvre »
Avant tout, écrit-il, « j’ai dû supprimer les scènes qui n’avaient pas
plu à Khroutchev. J’ai enlevé la scène de la soirée des poètes. Surtout
j’ai dû retourner la scène avec le fantôme du père »
En 1988 Marlen Khoutsiev restaurera la version originale.
"<...> Les personnages de Khoutsiev ne détiennent pas de vérité a
priori, ils ont simplement envie de se trouver. Ils vivent dans un pays
auquel ils tiennent, ils conservent la conviction qu'il est unique, une
utopie réalisée, tout en étant marqués par la blessure encore ouverte du
stalinisme, par celle encore ouverte de la guerre. Parfois ils disent
l'un pour l'autre. Un des plus beaux moments de Faubourg d'Ilytch est le
toast que porte son héros aux choses qu'il "prend au sérieux . Parmi
celles-ci, il mentionne "le fait que presque aucun d'entre nous n'a de
père . Celui de Serioja est tombé au combat, et un peu plus tard, la
rencontre entre le père mort à vingt et un ans et le fils de vingt-trois
est un des grands moments du cinéma soviétique. Mais le spectateur des
années soixante ne pouvait manquer de penser à d'autres circonstances, à
d'autres pères disparus, comme celui de Marlen Khoutsiev, arrêté en
1937.<...>"
Bernard Eisenchitz.
Film "générationnel" à comparer avec Rendez-vous de juillet de Becker (mais pas pour la forme, on reste ici dans du cinéma russe avec son formalisme sophistiqué), ou Les Tricheurs, de Carné?
Willie Colón: fallece la leyenda de la salsa a los 75 años
Explora la vida y muerte de Willie Colón, "El gran varón", activismo y la huella que dejó en la salsa de todo el continente.
El silencio cayó pesado sobre los barrios latinos la mañana de este 21 de febrero de 2026. La noticia corrió primero como un rumor en redes sociales, de esos que uno ruega que sean falsos, hasta que los medios internacionales y la familia confirmaron lo inevitable: Willie Colón, el arquitecto sonoro de la salsa urbana, el eterno compañero de Héctor Lavoe y la contraparte intelectual de Rubén Blades, ha fallecido a los 75 años.
No se trata solo de la muerte de un músico; para millones de personas en América Latina, se siente como si se hubiera ido un tío lejano pero omnipresente. Ese que ponía la música en las bodas, el que sonaba en los micros rumbo al trabajo y el que nos enseñó, a través de sus letras, que el barrio tiene sus propias tragedias y alegrías. Con más de 30 millones de discos vendidos y una carrera que definió el sonido de Fania Records, el fallecimiento de Willie Colón marca, sin exagerar, el fin de una era dorada.
Datos clave del fallecimiento de Willie Colón
Según los comunicados oficiales emitidos desde Nueva York, el artista falleció en el Hospital Presbiteriano rodeado de su círculo más íntimo. Aunque la familia ha pedido privacidad en estos momentos difíciles, se ha informado que el deceso ocurrió tras complicaciones respiratorias que venía arrastrando en los últimos meses. No hubo, afortunadamente, un circo mediático alrededor de su partida; el fallecimiento de Willie Colón se ha manejado con la sobriedad que merece una leyenda de su calibre, permitiendo que el foco permanezca en su inmensa obra y no en el parte médico.
Biografía de Willie Colón: del Bronx a convertirse en leyenda de la salsa
Para entender la magnitud de su figura, hay que mirar atrás, hacia las calles frías y a veces hostiles del Bronx de los años 60 del pasado siglo. La biografía de Willie Colón es, en esencia, la historia de la diáspora puertorriqueña en Nueva York. Nacido en 1950, William Anthony Colón Román no fue un niño prodigio de conservatorio, sino un sobreviviente urbano que encontró en el trombón una voz para gritar su identidad.
Apenas era un adolescente cuando firmó con Fania Records, y con una audacia que solo da la juventud, decidió que la salsa necesitaba menos refinamiento y más calle. Junto a un joven cantante llamado Héctor Lavoe, creó un sonido sucio, agresivo y peligrosamente bailable que resonó de inmediato con la juventud latina. No es casualidad que en el presente, al repasar la vida de Willie Colón, hablemos de más de 40 producciones discográficas, múltiples premios Grammy y, sobre todo, de haber sido el productor que entendió que la salsa podía ser crónica periodística y no solo ritmo para los pies.
El apodo ‘El Malo del Bronx’ y la construcción de un personaje urbano
¿Quién no recuerda esas portadas icónicas? Willie posando como gánster, con gabardina y sombrero, a veces “buscado por el FBI”. El apodo de ‘El Malo’ no era una confesión criminal, sino una estrategia brillante de marketing y resistencia cultural. En una época donde los latinos eran marginados en Estados Unidos, Colón adoptó el estigma y lo convirtió en orgullo. Era una forma de decir: “Sí, somos del barrio, somos duros, y aquí estamos”. Esa imagen, proyectada desde las ventanas de los edificios viejos del Bronx, dio fuerza a toda una generación que necesitaba héroes que se parecieran a ellos.
El fallecimiento de Willie Colón y las reacciones del mundo salsero
Las reacciones no se hicieron esperar. Desde Rubén Blades, quien compartió un mensaje devastadoramente poético sobre la "pérdida del hermano de batalla", hasta figuras del reguetón que reconocen en él al primer artista urbano, el duelo es transversal.
En redes sociales, el hashtag sobre el fallecimiento de Willie Colón se llenó de anécdotas personales: gente recordando cómo sus padres bailaban “Che Che Colé” en la sala de la casa o cómo los sonideros de Iztapalapa y Neza hicieron suyos temas que originalmente narraban la vida en Nueva York. Es esa conexión emocional la que transforma una noticia triste en una celebración colectiva de vida.
Un luto compartido entre Nueva York, Puerto Rico y América Latina
La geografía del dolor dibuja un mapa exacto de su influencia. Mientras en el Spanish Harlem se improvisan altares con velas y vinilos, en barrios de Lima, Cali, Caracas y Ciudad de México la música suena a todo volumen. La influencia de Willie Colón en la salsa logró algo que pocos políticos han podido: borrar las fronteras y unificar el sentimiento latino bajo una misma clave y un mismo trombón.
Las mejores canciones de Willie Colón y su alianza con Rubén Blades
Si alguien quisiera explicarle a un extraterrestre qué es la salsa intelectual, bastaría con ponerle el disco Siembra. La colaboración entre Colón y Blades produjo algunas de las que hoy consideramos indiscutiblemente las mejores canciones de Willie Colón (aunque sean en coautoría o producción). La dupla funcionaba por contraste: Rubén ponía la letra densa y la narrativa literaria; Willie ponía la calle, el arreglo agresivo y la visión comercial.
En el debate eterno de Willie Colón vs Rubén Blades, la respuesta más sensata es que uno no hubiera alcanzado la cima sin el otro. Temas como “Pedro Navaja” o “Plástico” son el resultado de esa fricción creativa. Pero el catálogo de Colón brilla con luz propia más allá de esa etapa: “Idilio”, con su nostalgia casi palpable; “Gitana”, con ese solo de flauta inolvidable; y “Talento de Televisión”, que sigue llenando pistas de baile en cualquier boda mexicana que se respete.
El gran varón: una historia de identidad, prejuicio y VIH en clave salsera
Mención aparte merece “El gran varón”. Hoy puede parecer normal, pero lanzar una canción sobre una mujer trans y la sombra del VIH/Sida en plena década de los 80, dentro de un género a veces machista como la salsa, fue un acto de enorme valentía. Aunque escrita por Omar Alfanno, la interpretación y producción de Colón la convirtieron en un himno.
Para muchas familias latinas, ¿no fue acaso esta canción la primera vez que se habló de estos temas en la mesa? Sin sermonear, solo contando la historia de Simón, Colón obligó a millones a mirar de frente el prejuicio ("no se puede corregir a la naturaleza") y la tragedia de la soledad. Es una pieza fundamental para entender la influencia de Willie Colón en la salsa como vehículo de conciencia social.
Siembra, Héctor Lavoe y la construcción de un sonido inmortal
Antes de la conciencia social de Siembra, estuvo la crudeza del barrio con Héctor Lavoe. Esa etapa definió el sonido “malandro” que enamoró a los sonideros. La transición hacia Siembra, el disco más vendido en la historia de la salsa, mostró la madurez de Colón como productor. Supo cuándo dejar el protagonismo del micrófono a Lavoe o a Blades y cuándo tomar su trombón para dirigir la orquesta. Esa generosidad y visión estratégica son lo que hoy recordamos.
Influencia de Willie Colón en la salsa, el activismo y la cultura latina
Más allá de los discos de oro, la verdadera influencia de Willie Colón en la salsa reside en su actitud. Él validó la experiencia del inmigrante, del tipo que no habla inglés perfecto ni español académico, sino una mezcla viva y urbana. Su música fue el refugio para quienes se sentían ajenos en Estados Unidos y para quienes, desde Latinoamérica, soñaban con el norte.
Esta influencia se nota hoy en las nuevas generaciones de salseros y músicos urbanos que entienden que el ritmo no está peleado con el mensaje. En México, su legado vive en cada orquesta de salón y en cada joven que decide tomar un instrumento de viento inspirado por la potencia de los metales de la Fania.
El trombón de Willie Colón: estilo, técnica y escuela para nuevas generaciones
Para los músicos o estudiantes que buscan cómo tocar trombón al estilo de Willie Colón, el secreto no está en la perfección técnica académica. De hecho, los puristas al principio criticaban que su sonido era “desafinado” o “roto”. Pero ahí radicaba su magia. Su estilo, conocido como la “moña”, se basaba en la visceralidad, en el ataque rítmico y en un sonido bronco que imitaba los ruidos de la ciudad.
El consejo para quien quiera emularlo es simple: olviden la limpieza excesiva y busquen el “sabor”. Escuchen cómo sus frases dialogan con los coros, cómo entran a destiempo para generar tensión. Willie no tocaba notas; tocaba intenciones.
Cómo recordar a Willie Colón hoy: escuchar, bailar y seguir contando historias
Dicen que nadie muere del todo mientras su música siga sonando. Y en el caso del "Malo", eso garantiza la inmortalidad. Para muchos de nosotros, la mejor forma de honrar su memoria esta noche no es con lamentos, sino con acción: desempolvar ese viejo vinilo de Siembra, buscar la lista de mejores canciones de Willie Colón en la plataforma de streaming y dejar que corra el volumen.
Permitir que “Aires de Navidad” suene aunque no sea diciembre, o reflexionar una vez más con la historia de Simón. Willie Colón nos dejó un manual de vida hecho canciones. Del mito del ‘Malo del Bronx’ nos queda la lección de que, con talento y carácter, se puede conquistar el mundo sin olvidar nunca de dónde vienes. Así que, ¡maestra vida, camará, te da y te quita y te quita y te da!
samedi 14 février 2026
Comment est née Volgograd, l’unique ville linéaire au monde
Source https://fr.gw2ru.com/tourisme/200741-russie-voyage-volgograd

Il semblerait que parmi les nombreux projets architecturaux et théories utopiques, l'idée d'une ville linéaire, que formeraient de grandes rues étendues, occupe une place particulière. En effet, ce concept est apparu dès le XIXe siècle, mais il a suscité un intérêt bien plus important chez les architectes soviétiques des années 1920-1930. De ce fait, l’un d’entre eux, Nikolaï Ladovski, a par exemple proposé de relier Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) à Moscou, et ce, en changeant le réseau urbain de cette dernière. Ainsi, la rue Tverskaïa, le principal axe radial de la ville qui a porté de 1932 et jusqu’au crépuscule de l’ère soviétique le nom de Gorki, devait devenir le vecteur essentiel du développement de la ville et la voie de liaison des deux capitales.
L'architecte et théoricien de l'urbanisme Nikolaï Milioutine dans son célèbre livre Sotsgorod (1930) a présenté son propre concept d'une ville linéaire. Cet ouvrage était basé sur l'idée de décentraliser l'industrie et de placer les quartiers résidentiels en face des zones industrielles. Grâce à cette structure, la ville pourrait se développer indéfiniment, évitant la formation de zones à trop forte densité. Cependant, toutes ces conceptions théoriques sont restées sur le papier, bien qu'à différents moments elles aient eu beaucoup d'adeptes.
L’expérience de Volgograd
L’idée d’une ville linéaire n’a été concrétisée qu’une seule fois en Russie. C’est Volgograd qui est devenue le lieu de cette expérience d’urbanisme à grande échelle. Elle a obtenu sa forme allongée dès le XVIe siècle en raison de son emplacement historique le long des rives de la Volga. Cette structure était due à la nécessité de transporter le long du fleuve des marchandises produites par des usines locales et des ateliers artisanaux. Autour de ces centres industriels, des quartiers résidentiels se sont également formés, tous ensemble « enfilés » sur l’axe unique que représentait la rivière. C’est un schéma similaire de développement du territoire urbain qui a persisté après la révolution. Ainsi, de nouvelles zones sont apparues, comme les cités ouvrières qui se sont étendues le long de la rive sur une distance allant jusqu'à 30 km.
Durant la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié des bâtiments de Volgograd (qui fut nommée Stalingrad de 1925 à 1961) ont été détruits. En effet, lors de la célèbre bataille de Stalingrad, des quartiers résidentiels entiers ont été rayés de la surface de la Terre. Cependant, au cours de l'après-guerre, la ville a continué à se développer linéairement, puisque selon le plan général de 1945, la rive a été libérée des usines, des entrepôts, et des constructions militaires qui séparaient les quartiers résidentiels de la Volga.
Un gros chantier
Le plus grand chantier d'après-guerre s'est déroulé ici sur le mont du kourgane Mamaïev au bord des rives de la Volga, où la statue de l’appel de la Mère-Patrie a été inaugurée le 15 octobre 1967. Le sculpteur Evgueni Voutchetitch, l'architecte Iakov Bielopolski, ainsi que l'ingénieur-concepteur Nikolaï Nikitine (l'un des créateurs de la tour de radio-télédiffusion Ostankino à Moscou) ont travaillé sur cette statue. Puisque l'édification du mémorial a été engagée par Stalingradgidrostroï, société à l'origine du barrage de Volgograd, ont été utilisés les mêmes matériaux : béton, métal et granit.
Avant le début de la construction, le kourgane Mamaïev a été nettoyé pendant plusieurs mois des mines, des obus et des bombes aériennes. En outre, des fosses communes ont été ouvertes et transférées sur un site voisin. Ensuite, sur le terrain dégagé, des collines artificielles et des pentes ont été créées, puis ont été posés les supports et les fondations du monument principal. Plusieurs édifices ont été érigés sur le kourgane Mamaïev : la sculpture Résister jusqu’à la mort, des murs mémoriels en ruines, mais aussi la Salle de la Gloire militaire et le monument de l’appel de la Mère-Patrie. Ce dernier est inscrit dans le livre Guinness des Records et est devenu à son époque la plus haute sculpture du monde. Sa hauteur totale est de 85m (des pieds à la pointe de l’épée), tandis que celle du personnage en lui-même est de 52m (de la tête aux pieds). Initialement, le monument avait été conçu deux fois plus petit. Toutefois, à la demande du secrétaire général Nikita Khrouchtchev, Voutchetitch a « agrandi » la statue, de sorte qu'elle soit plus grande que la statue de la Liberté, aux États-Unis.

En 2010, 28 localités, y compris l'île de Sarpinski, ont été incluses dans la composition de Volgograd, ce qui a changé la configuration de la ville sur la carte. Néanmoins, le principe de la construction linéaire persiste encore. En effet, aujourd’hui, son aire urbaine s'étend sur 70km le long des rives de la Volga, tandis qu’en son point le plus large, elle ne dépasse pas les 10 kilomètres. Grâce à cette disposition, l’on trouve ici la rue Prodolnaïa (Longitudinale) qui, de par ses 50 km, s’impose comme la plus longue de Russie.
jeudi 12 février 2026
Idee per la città comunista (1968) / The Ideal Communist City (1969)
The Ideal Communist City (1969) is an English translation of urban concepts advanced by architects and planners from the University of Moscow. The book was first published in a Soviet journal of a communist youth organization in 1960 and was then republished in Italy in 1968. Offering a new way of thinking about mobility, equity and social interaction in neighborhood planning, The Ideal Communist City was a direct response to suburban development and its focus on private spaces for family life: “the new city is a world belonging to all and each” where life is “structured by freely chosen relationships representing the fullest, most well-rounded aspects of each human personality.”
jeudi 4 décembre 2025
Entretien avec Henri Lefebvre (1972). Note sur l'impasse de la "révolution urbaine"
Vers 11mns, Henri Lefebre dit : "On a mis entre 1960 et 70 des espoirs illimités, insensés dans l'urbanisme. On allait constituer une grande science nouvelle et une science immédiatement efficace: une science de la vie sociale. L'échec est complet, total, absolu."
Cependant, pour lui, il ne s'agit que d'un "échec administratif" et il croit encore en une élaboration à venir, à construire (pourrait-on dire) du "temps-espace". La chimère du quotidien comme mille-feuille phénoménologique à creuser, cette projection du poétique sur la ville qui devrait en rester là, continue.
Mais justement il ne construit pas sa petite situation sans avenir (Ivan Chtcheglov). Il veut encore la grande, l'infinie, l'idéale.
La chimère vaut toujours tant qu'elle vient de lui: idéalisme performatif, pas de ciment, pas de mortier.
Pas de valeur d'usage réelle à laquelle se confronter.
Le niveau de l'artiste, de Jorn par exemple avec Albisola, est plus concret et vrai. Même si plus limité en apparence. Mais c'est un ilôt matériel auquel se rattacher et unir à d'autres, à des parcours aussi, eux aussi réels et concrets.
Lefebvre est amplement responsable de l'impasse "utopique urbaine" contre la dictature de marché. Cette révélation arrive toujours au bout de sa logique alors qu'elle est le déjà-là permanent, l'ennemi premier, celui que les élucubrations idéalistes ne peuvent mettre de côté qu'un temps: le pari de la marge contre l'impérialisme est forcément déceptif.
La poésie est une arme de circonstance pas un objectif.
jeudi 3 avril 2025
Les Villes vollantes de Georgi Krutikov (projet de diplôme VKhUTEMAS, 1928)
En 1928, un diplômé de l'Institut supérieur d'art et de technologie (ou VKhUTEMAS – en russe, ВХУТЕМАС est l'acronyme de Высшие ХУдожественно-ТЕхнические МАСтерские, « Ateliers supérieurs d’art et de technique ») de Saint-Pétersbourg s'apprêtait à défendre sa thèse de diplôme. Sa présentation est devenue la première étape théorique de la migration humaine vers l'orbite terrestre.
Gueorgui Kroutikov a commencé son travail scientifique avec une idée simple : chaque type de société devrait avoir une conception unique des villes. Par exemple, les sociétés féodales ont tendance à construire leurs cités autour de forteresses et à les disposer de manière circulaire, tandis que les sociétés capitalistes tendent à disposer les rues de manière rectangulaire.
Kroutikov a donc fait valoir que la nouvelle société communiste méritait d'avoir son propre arrangement urbain. Dans sa thèse, il a proposé sa vision d’une ville volante destinée à devenir la norme dans l'URSS du futur. Son travail a fait grand bruit à l'époque.
L'architecte proposait de déserter la Terre, en ne laissant à la surface que des usines et autres installations de production, et de reloger définitivement les humains dans des villes communautaires flottant dans les airs: au sol, un centre de production avec des usines, et au sommet, des immeubles résidentiels de grande hauteur. Kroutikov a développé plusieurs variantes. Dans l’une d’entre elles, huit immeubles résidentiels étaient reliés par un anneau inférieur, dans lequel se trouvaient des espaces publics. Une autre était un bâtiment cylindrique avec des logements de type hôtelier et une cage d’ascenseur au centre.
L'image ci-dessous montre la vision générale que Gueorgui Kroutikov avait de la ville nouvelle. Les tours habitables sont disposées en cercle sur une plateforme en forme d'anneau où, selon le plan de l'architecte, se trouveraient les locaux et installations techniques.
L'architecte a suggéré d'utiliser de petites cabines volantes autosuffisantes – quelque peu similaires aux véhicules volants présentés dans le blockbuster Oblivion (2013) d'Universal Pictures – pour transporter les humains de la surface de la Terre à la ville volante et inversement.
Contrairement au film populaire, cependant, les cabines volantes de Kroutikov ont été conçues pour être également utilisées comme des logements à court terme, une partie autonome de plus grands bâtiments stationnaires.
Les cabines avaient une forme aérodynamique. Il était prévu qu'elles soient remplies de meubles modulables qui changeraient en fonction des circonstances et des besoins du pilote. Les cabines seraient également capables de s'amarrer à l'habitation principale, selon le plan de Kroutikov.
Outre l'architecture, il était fasciné par les zeppelins. Il pensait que, dans un avenir proche, les scientifiques allaient découvrir ou inventer de nouvelles formes d'énergie, faisant de sa cité volante une réalité. Il s’inspirait, entre autres, des idées de Constantin Tsiolkovski, le fondateur de la cosmonautique, et correspondait avec lui. Kroutikov pensait que ses immeubles pourraient flotter au-dessus du sol grâce à l’énergie atomique, et que les capsules individuelles seraient chargées à partir d’elles. En outre, ces dernières devaient être contrôlées par le champ magnétique – un simple geste de la main suffirait.
Par conséquent, Kroutikov pensait que la mise en œuvre de son plan futuriste était une question de futur proche.
Les partisans de son projet le considéraient comme une étape importante de l'avant-garde architecturale. Au contraire, ses opposants le critiquaient comme étant excessivement fantastique et irréaliste.
Malgré les critiques, Kroutikov a défendu avec succès son travail devant un panel d'académiciens et a reçu un diplôme professionnel. Il a construit sa future carrière dans l'architecture, bien que ses nouveaux projets aient été plus réalistes que sa ville volante. Par exemple, Kroutikov a conçu des bâtiments administratifs et résidentiels à Moscou.
L'architecte et visionnaire est décédé en mars 1958.
lundi 17 mars 2025
Heavy Traffic (Ralph Bakshi, 1973)
À voir avec ce film d'animation soviétique des années 1970: la décennie de la chute des utopies. L'American way of life y est rendue par un psychédélisme strident mettant en scène un safari humain dans une ambiance de fête foraine.
vendredi 14 mars 2025
El dilema del constructivismo ruso (Armando Arteaga Nuñez, 1988)
Vladimir
Tatlin fue un excelente pintor ruso, el más ilustre representante del
constructivismo pictórico desde la época en que se formó el movimiento
donde estaban otros como Malevich, Rodckenko, Kandinsky y Gan Lissitzky,
entre otros, que crearon grandes “obras” para el conjunto de las artes
plásticas y el diseño gráfico dentro del vanguardismo.
jeudi 13 mars 2025
Les Disparus de Saint-Agil (1938), L'Enfer des Anges (Christian-Jaque, 1940): Christian-Jacque, Mouloudji et Debord
L'Enfer des Anges
La Zone, Saint-Ouen, Marcel Mouloudji...
Ce film fut sélectionné pour la première édition du festival de Cannes en septembre 1939, annulée pour cause d'entrée en guerre.
Le festival a été voulu par le ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts Jean Zay (contre la Mostra de Venise des fascistes). Le gouvernement de Vichy le jettera en prison en août 1940 et il sera assassiné par la Milice en 1944.
Le film a vraiment été réalisé dans la Zone de Saint-Ouen où n'entrait pas qui voulait, il aura fallu que le réalisateur et son équipe soient chaperonné par un infirmier bénévole dont les habitants avaient la confiance. On y perçoit ainsi l'ambiance que pouvait avoir Aubervilliers –aussi dans la Plaine Saint-Denis– que Debord découvre au début des années 1950 et notamment le quartier espagnol.
La "Zone", dont Saint-Ouen n'est qu'une fraction: cet espace géographique et historique est aujourd'hui recouvert par le Périphérique, et retourner à ce qu'il était c'est capter la dérive et la psychogéographie dans ce qui fut son jus initial.
Les Disparus de Saint-Agil
L'Enfer est un film à voir avec un film précédent de Christan-Jaque, Les Disparus de Saint-Agil, prix Jean Vigo. Même scénariste: Pierre Véry. Avec Mouloudji aussi. On y sent la guerre qui arrive. Complotisme, les enfants forment une "société secrète", ils sont un peu plus âgés que Guy Debord mais c'est une même génération d'esprit (celle de l'entre-deux-guerres...et des sociétés secrètes). Debord connaîtra et admirera Mouloudji. Dans ce film les gosses rêvent de voyage, d'évasion, délirent sur les cartes du monde, montent des plans de fugue, et Mouloudji la fait vraiment, il "embarque"...
Mais avant, il y à l'espace du pensionnat. Seule salle en gradin de l'établissement, la classe de sciences naturelles, avec Martin le squelette, fait communiquer le rêve et la réalité. C'est au près du squelette que se tiennent les réunions de la société secrète, mais aussi que se trouve le tableau noir coulissant...

