Article épinglé
vendredi 17 juillet 2026
mardi 26 mai 2026
Quid de la « défense atlantique » menacée ? Les explications d’Annie Lacroix-Riz

Depuis plusieurs mois, un chœur déchirant de dirigeants « européens » (Royaume-Uni inclus) déplore l’atteinte irréversible portée à la défense « européenne » par un Président américain grossier menaçant de ruiner les excellentes relations européo-américaines et de les exposer à l’agression des Russes, après près de 80 ans d’alliance de défense fidèle et sûre. Le succès de cette campagne repose sur l’ignorance dans laquelle ont été tenues les populations sur la réalité de cette « Alliance » : à l’exception, partielle, du deuxième mandat présidentiel de De Gaulle, où celui-ci ordonna le retrait de la France de l’organisation militaire du Pacte atlantique. En fait, il a ainsi contesté aux États-Unis l’unique substance dudit Pacte : leurs bases aéronavales. Cette décision importante, mais incomplète ‑‑ de Gaulle ne dénonça pas le Pacte atlantique ‑‑, fut mise en cause dans les présidences suivantes, et Nicolas Sarkozy lui porta un coup fatal, l’effort étant poursuivi par ses successeurs[1]. Nucléaire en moins, nous explique-t-on. Voire…
La « stratégie périphérique » des États-Unis
Le « Pacte » signé le 4 avril 1949 consacrait le triomphe de la « stratégie périphérique » mise en œuvre par les États-Unis depuis la Première Guerre mondiale. Elle consistait à obtenir la maîtrise totale du continent européen, sans participation à l’essentiel des combats (tâche structurellement impossible à l’armée d’un pays qui n’avait jamais été soumis à attaque extérieure). Elle serait remplacée par une participation financière à « l’effort de guerre », via les crédits d’armements octroyés à un groupe de belligérants (qui passeraient l’près-guerre à les rembourser, soumis aux pressions y afférentes) pour vaincre l’autre groupe et lui imposer, via la défaite, un nouveau « compromis », plus favorable aux États-Unis. Dans les deux premières guerres mondiales, ce fut l’Allemagne, partenaire d’affaires majeur, mais rival trop gourmand. Les États-Unis rognèrent ses prétentions par soldats européens interposés avant de la « reconstruire » avec un flot de crédits américains ‑‑ largement et notoirement voués à son réarmement de « revanche ». Cette stratégie supposait absence militaire jusqu’à fixation définitive de l’issue du conflit, printemps-été 1918, été 1944, puis intervention militaire finale, avant fixation définitive des gains de l’« Allié » vainqueur financier, et total, des deux conflits.
Est explicite le bilan officiel des pertes des deux guerres mondiales, très faibles pour les États-Unis : Première Guerre mondiale, 117 000 dont 53 000 « morts au combat », surtout en France ; Deuxième Guerre mondiale : moins de 300 000 morts sur les fronts asiatique et européen, là encore, surtout en France (et Belgique). Dans les deux guerres, pertes civiles nulles. Les deux pays les plus touchés dans la Première, la Russie (1914-1917), plus d’1,8 million de morts militaires, 1,5 million de morts civils (record battu pour les deux catégories), environ 7 millions supplémentaires pour la guerre non déclarée de l’« Occident », dont le Japon, 1918-1920 ; la France, 1914-novembre 1918, respectivement 1,4 million et 300 000. 1941-1945, l’URSS, selon l’historien militaire américain David Glantz, 35 millions de morts, dont 20 millions de civils[2]. Ces chiffres dispensent de débats sur l’identité des vainqueurs militaires.
Et ses périls mortels pour les « Alliés »
La « stratégie périphérique », fondée, depuis la Deuxième Guerre mondiale, sur une supériorité aérienne écrasante, via les « bombardements stratégiques », fut au cœur des préparatifs de la suivante, dès 1942-1943. Il s’agissait d’arracher la maîtrise militaire du monde, contre l’ennemi, l’URSS, objectif présenté (évidemment sans désignation) par le général Henry Arnold, chef d’état-major de l’Air, en novembre 1943 : il est exclu de « tolérer des restrictions à notre capacité à faire stationner et opérer l’aviation militaire dans et au-dessus de certains territoires sous souveraineté étrangère »; la prochaine guerre aura « pour épine dorsale les bombardiers stratégiques américains »; « une armée internationale, instrument de la politique américaine », sera chargée des tâches subalternes – terrestres – ce qui « internationalisera et légitimera la puissance américaine ». La prochaine grande guerre se mènerait, du côté américain, plus radicalement que la précédente, pas contre l’Allemagne, mais contre le rival soviétique (22,4 millions de km2 depuis 1940-1941 puis 1945, et des ressources naturelles si tentantes).
Chaque « allié » des États-Unis leur fournirait donc des bases aériennes et navales d’attaque, comme celles qu’avaient dû leur lâcher les Anglais, de l’été 1940 à 1941, pression aux « crédits » aidant (de Terre-Neuve, Caraïbes, 1940, Groenland, Islande, 1941, etc.). L’ouvrage incontournable de Michael Sherry sur ces plans doit être traduit[3]. La moisson, gigantesque, de la Deuxième Guerre mondiale (« Empire » français inclus, depuis l’invasion de l’Afrique du Nord de novembre 1942), grossit encore après mai 1945. La liste, confirmée ou allongée après la guerre par tous les cédants, dont la France, fut codifiée quand Washington imposa à ses « alliés » son Pacte, conclu pour 50 ans, et renouvelable (il l’a été en 1999). Ces dirigeants de pays essorillés par les règles américaines de Bretton Woods sur le règne sans partage du dollar étaient d’autant plus dociles que l’emprunteur et « protecteur » les protégeait de leur peuple radicalisé par la Crise puis la guerre : 1947-1948 le démontra en France (mai 1947) puis en Italie (mai 1947 et avril 1948). Aucun risque de changement intérieur ne résisterait à la « protection » américaine. Le Pacte atlantique était surtout « une Sainte-Alliance », comme l’écrivit, en mars 1948 (un an avant la signature), le secrétaire général du Quai d’Orsay, Jean Chauvel. Il le demeure.
Sur le plan militaire, c’est autre chose. Contrairement à la légende, les signataires n’avaient pas « peur » des intentions belliqueuses de l’URSS : mise à genoux par la guerre, ruinée, privée de « réparations » (comme les vainqueurs de la Première Guerre mondiale, dont elle-même), elle ne les avait jamais menacés du moindre conflit et ne risquait pas d’y prendre goût[4]. Chacun savait, en haut lieu, que cet après-guerre reproduirait à tous égards les précédents, guerres suivantes comprises. Le combat contre l’URSS impliquait prompt réarmement de l’Allemagne, entamé dès mars 1945 : sur les 27 divisions de la Wehrmacht encore à l’Ouest, 26 s’affairaient à évacuer par les ports du Nord troupes et matériel vers les « bons » ennemis ; les « 170 divisions sur le front de l’Est » combattirent jusqu’au 9 mai inclus (libération de Prague), révélation de 1969 de Gabriel Kolko (non traduit[5]). Pourquoi donc les « Alliés » occidentaux conservèrent-ils ces excellents combattants?
C’était clair avant la constitution de la RFA confiée au vieux pangermaniste Adenauer entouré de pairs ex-nazis. On ne parlait plus, dès 1948, que du réarmement imminent : comment se passer du « potentiel militaire que représentent en Allemagne de nombreuses générations bien aguerries » contre les « armées russes », écrivit l’ambassadeur de France à Washington, Henri Bonnet, en mars 1949. Le « potentiel » fut dirigé par les chefs de la Wehrmacht nazifiée jusqu’à l’os, qui formèrent l’armature « européenne » des exécutants de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique-Nord, fondée en 1950). Tout fut mis en place quand Washington eut arraché, via la capitulation française, sous Mendès France puis Edgar Faure, le principe officiel du « réarmement allemand » (octobre 1954-mai 1955). Y compris les crédits en dollars « liés » aux achats gigantesques d’armements américains « intégrés », de complète actualité « européenne ».
Au débat de ratification américain de mai 1949, Clarence Cannon, président démocrate de la commission des crédits de la Chambre des Représentants, avait brutalement décrit les périls de l’adhésion, réduisant à néant le fameux « article 5 » du Pacte, celui aujourd’hui brandi sans répit, de « défense », États-Unis en tête, de tout « allié » attaqué : « concertation » des alliés à ce sujet ne vaudrait pas « engagement » américain contre « l’agresseur ». Quand Washington attaquerait « l’ennemi », les Européens devraient juste fournir ce que les adversaires du Pacte atlantique qualifiaient de « chair à canon » et laisser à disposition des États-Unis leurs bases permanentes.
Cannon leur assignait deux missions : 1° « apporter leur contribution en envoyant les jeunes gens nécessaires pour occuper le territoire ennemi après que nous l’aurons démoralisé et anéanti par nos attaques aériennes », sans préjudice, pour les nations maritimes, de leur contribution navale ; 2° offrir à l’Amérique la libre disposition, « sur leur territoire, des bases aériennes pour des bombardements stratégiques. Grâce au Pacte de l’Atlantique, nous aurons des Alliés qui ont des troupes et des navires et qui devraient aussi avoir l’occasion de remplir leurs obligations de puissances contractantes. » La grande presse (New York Times et Washington Post en tête) tenta aussitôt d’éteindre l’incendie, en qualifiant ces propos d’« intrusion inepte et stupide, d’élucubration, de délire irresponsable », etc. – qu’exploiterait « la presse communiste du monde entier ».
Les bombardements américains sur la France (1942-1944) avaient causé 75 000 morts civils. Le souvenir en restait vif et une (petite) partie des Français, était informée par L’Humanité de ce qui attendait la population en cas de conflit (le Quai d’Orsay, inquiet, avait dès 1947 organisé un service spécialisé de réponse aux « mensonges et exagérations » du journal). Même les lecteurs du Monde de Beuve-Méry glanèrent des informations, de 1948 à 1951. Le catholique Étienne Gilson, fâché contre la très longue « neutralité américaine » (pro-allemande) de l’avant-guerre et des premières années de la Deuxième, y traita des périls liés à la perte de souveraineté sur les bases américaines. Le tandem serait surpris du ton actuel du Monde. Le silence retomba vite, Humanité exceptée pendant plusieurs décennies.
L’actualité de la chose éclate et s’impose… Le Pacte atlantique consiste surtout, depuis sa signature, en bases cédées par les signataires, violant la souveraineté des cédants, point de départ d’agression contre d’autres puissances les exposant à des représailles du pays attaqué. Sans engagement aucun du cessionnaire à « protection ». La guerre contre l’Iran, conduite à partir de bases américaines d’Europe et du Golfe vient de le démontrer.
Annie Lacroix-Riz – historienne

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9int%C3%A9gration_de_la_France_dans_le_commandement_int%C3%A9gr%C3%A9_
de_l%27OTAN, « source » souvent contestable, fournit ici des citations utiles.
[2] La Guerre germano-soviétique 1941-1945, mythes et réalités, Paris, Delga, 2022
[3] Preparing for the next war, American Plans for postwar defense, 1941-1945, New Haven, Yale University Press, 1977.
[4] Lacroix-Riz, « L’entrée de la Scandinavie dans le Pacte atlantique (1943-1949) : une indispensable “révision déchirante” », guerres mondiales et conflits contemporains, cinq articles (au lieu de deux contigus), étirés de 1988 à 1994 par Jean-Claude Allain (liste, https://historiographie.info/cv0420252025.pdf).
[5] The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy, 1943-1945, New York, Random House, 1969.
samedi 2 mai 2026
mercredi 29 avril 2026
Quand la cia infiltrait la culture - ARTE
vendredi 10 avril 2026
lundi 16 février 2026
83e anniversaire de la victoire de Stalingrad
À l’occasion du 85e anniversaire de la victoire de la bataille de
Stalingrad, la Maison russe des sciences et de la culture à Paris a
accueilli, le 5 février 2025, une conférence exceptionnelle de
l’historienne Annie Lacroix-Riz.
Dans un esprit de paix et de
compréhension entre les peuples franco-russes, cette rencontre propose
une analyse approfondie de ce tournant majeur de la Seconde Guerre
mondiale. Après une introduction immersive retraçant l’enfer urbain de
1942, Annie Lacroix-Riz revient sur les enjeux historiques de la
bataille, interroge certaines interprétations dominantes de
l’historiographie occidentale et met en lumière la résilience, souvent
sous-estimée à l’époque, du peuple et de l’armée soviétiques face à la
machine de guerre nazie.
samedi 14 février 2026
LES ACCORDS BLUM-BYRNES : étape essentielle de la colonisation américaine de la France
L’Europe sous tutelle : La France "carpette" ?
Loin des analyses superficielles des médias sur les relations transatlantiques, Annie Lacroix-Riz, historienne et professeure émérite d’histoire contemporaine (Paris-Cité), livre ici une analyse implacable de la dépendance française.
Elle démontre que la situation actuelle n'est pas le fruit d'une "brutalité" passagère d'une administration américaine, mais le résultat d'un processus historique long : le passage à la phase impérialiste hégémonique des États-Unis.
Le mythe du renouveau : Pourquoi l'impérialisme américain est une constante depuis les années 1890.
Les accords Blum-Byrnes (1946) : Bien plus qu'un dossier sur le cinéma, ces accords sont le symbole de l'asservissement financier de la France au sortir de la guerre.
La "Classe dirigeante atlantique" : Comment les élites européennes ont choisi la tutelle américaine pour sauver leurs intérêts de classe, quitte à sacrifier la souveraineté nationale.
L’histoire censurée : Pourquoi l’effondrement de l’enseignement de l’histoire empêche aujourd'hui de comprendre les mécanismes de notre propre dépendance.
"Le travail sur les archives originales permet de démontrer que rien n'est neuf. Nous sommes dans une période de relations de dépendance qui transforme l'ancien centre de la puissance coloniale en 'carpette' diplomatique."
00:00:00 : conférence
01:39:18 : Questions du public
dimanche 4 janvier 2026
Irving Brown, la CIA, la French Connection et la création du syndicat FO
SOURCE/ https://tribunepopulaire.com/irving-brown-la-cia-la-french-connection-et-la-creation-du-syndicat-fo/

Irving Brown, né en 1911 à Chicago et mort en 1989 à Paris, fut un syndicaliste américain aux multiples facettes, jouant un rôle central dans la lutte anticommuniste en Europe de l’Ouest au cours de la Guerre froide, notamment en France. Il est surtout connu pour ses liens étroits avec la CIA et son implication dans la création du syndicat Force Ouvrière (FO) en France, ainsi que pour son rôle controversé dans les milieux du pouvoir et des syndicats pendant plusieurs décennies.
Carrière et parcours
Issue d’une famille engagée politiquement il est le fils d’un adjoint de Kerensky, ancien chef du gouvernement provisoire russe Brown commence sa carrière de boxeur puis devient un syndicaliste actif aux États-Unis. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert comme lieutenant dans l’United States Army et est chargé par l’OSS (Office of Strategic Services, ancêtre de la CIA) de préparer les débarquements en Sicile et en Provence en 1944. Après-guerre, il s’installe en France où il dirige à partir de la fin des années 1950 les relations internationales de l’AFL-CIO (American Federation of Labor – Congress of Industrial Organizations) depuis un bureau parisien rue de la Paix.
Il est connu pour sa combativité syndicale dans les années 1930 aux États-Unis, notamment en animant d’importantes grèves dans l’industrie automobile, où il a bataillé contre des syndicats communistes et la mafia des Teamsters.
Liens avec la CIA et rôle dans la French Connection
Irving Brown est largement considéré comme un agent influent de la CIA en Europe, bien qu’agissant parfois de manière semi-autonome. Il utilise les fonds du Plan Marshall et du Free Trade Union Committee (FTUC), un instrument commun avec la CIA pour le financement des syndicats « libres », pour affaiblir les syndicats communistes, en particulier la CGT en France, très influente et liée au Parti communiste.
Dans ce contexte, Brown joue un rôle-clé dans le financement et la création de FO en 1947, un syndicat dissident de la CGT destiné à affaiblir l’influence communiste dans les milieux ouvriers français. Il organise la scission en soutenant financièrement et logistiquement Léon Jouhaux et André Bergeron, figures centrales de FO. Selon Yvonnick Denoël, le soutien financier initial vient d’abord des syndicats américains puis de la CIA, qui souhaite ainsi un contrepoids syndical au PCF et à la CGT.
Par ailleurs, Brown est impliqué dans ce qui est appelé la « French Connection », le réseau mafieux corse spécialisé dans le trafic d’héroïne entre Marseille et les États-Unis. Selon Frédéric Charpier, la CIA, via des financements et appuis logistiques, aurait aidé les clans mafieux corses (notamment les Guérini à Marseille) à interrompre les grèves portuaires pour garantir le transit des marchandises dans le cadre du Plan Marshall. Cette collaboration indirecte a simultanément permis à ces clans mafieux de développer le trafic de drogue vers les États-Unis.

Rôle dans la création du syndicat Force Ouvrière

La création de FO est la pièce maîtresse de l’action syndicale d’Irving Brown. Dès 1946, il soutient activement la scission au sein de la CGT avec l’objectif clair d’affaiblir le syndicat communiste. Il offre des locaux, de l’argent, des ressources à FO, et met en œuvre un important travail d’influence pour pérenniser ce syndicat. FO est né pour être une organisation syndicale indépendante des communistes, avec un axe clairement anticommuniste, soutenu par les États-Unis via Brown et la CIA.
FO bénéficie d’un soutien logistique et financier important notamment de la part de l’AFL-CIO et de syndicats européens alliés, ce qui lui permet de disposer d’un poids conséquent dans le paysage syndical français face à la CGT.

Implications politiques et internationales
Au-delà de la France, Brown est actif dans la lutte contre les influences communistes dans plusieurs pays, notamment en Grèce où il lutte contre les communistes, au Chili contre Allende, et en Algérie où il finance des mouvements nationalistes dans l’espoir de placer le pays sous influence américaine – un échec selon les sources. Il est également participant au Congrès pour la liberté de la culture, un front intellectuel anticommuniste très actif pendant la Guerre froide.
Au fil des années, Brown développe une influence importante non seulement dans le domaine syndical mais aussi dans l’action politique indirecte, agissant comme un agent discret de la CIA dans la bataille idéologique contre le communisme en Europe.
Irving Brown fut une figure stratégique au croisement des syndicats, des services secrets américains et du monde politique français de la seconde moitié du XXe siècle. Agent déclaré ou officieux de la CIA, il a orchestré avec le soutien américain la scission de la CGT et la création du syndicat Force Ouvrière, utilisé comme levier pour contrôler et contenir l’influence communiste dans le mouvement ouvrier.
Son rôle dans la renommée French Connection démontre la complexité et l’ambiguïté des liens entre services de renseignement, milieux syndicaux et mafia dans l’après-guerre, avec des choix stratégiques parfois douteux visant à préserver les intérêts américains en Europe.
En résumé, Irving Brown fut un acteur clandestin majeur de la guerre froide syndicale en France, reflétant la politique américaine d’endiguement communiste à travers des méthodes mêlant financement, soutien logistique, compromis avec des milieux douteux et actions d’influence politique.
jeudi 4 septembre 2025
L’élite financière a massivement soutenu la montée du fascisme, ou comment l’histoire est censurée [ Annie Lacroix-Riz ]
Dans un entretien accordé le 18 juillet 2025 sur la chaîne youtube suisse Espoir et dignité TV notre camarade l’historienne Annie Lacroix-Riz apporte une brillante démonstration des falsifications de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale.
Des falsifications qui visent à masquer combien la classe capitaliste et en particulier l’élite financière a massivement soutenu la montée du fascisme et la collaboration. Une histoire qui pourtant doit être connue en 2025 alors que les mêmes mécanismes amènent à nouveau la France, l’Europe et le monde vers le même gouffre.
Bibliographie :
- David Glantz, La Guerre germano-soviétique 1941-1945 : Mythes et réalités, traduction française, Paris, Delga 2022. Bibliographie complète, https://en.wikipedia.org/wiki/David_M._Glantz
- Joseph E. Davies, Mission to Moscow, London, Victor Gollancz Limited, 1945 (dont entrée du 23 juin 1941, pour ses confidences à Roosevelt sur les perspectives de victoire soviétique, p. 303.
- Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2016/10/Limp%C3%A9rialisme-stade-supr%C3%A8me-du-Capitalisme.pdf et diverses versions en ligne
- Olivier Wieviorka, exemple-type d’historien médiatique sans archives (toutes les références sont de seconde main), conseiller attitré de l’histoire télévisuelle, selon lequel les Américains ont libéré la France, https://isp.cnrs.fr/project/wieviorka-olivier/
- Les ouvrages d’Annie Lacroix-Riz, notamment sur la Deuxième Guerre mondiale, https://www.dunod.com/livres-annie-lacroix-riz (comportant tous référence à la lettre du général Doyen (pas de Huntziger, mais le ministère de la Guerre partageait cet avis), rédigée par Armand Bérard) à Pétain, 16 juillet 1941, note annexe au rapport 556 du général Doyen à Koeltz et Pétain, DSA, Wiesbaden, 16 juillet 1941, W3, instruction et procès de la Haute Cour de Justice, vol. 210, Archives nationales).