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lundi 5 janvier 2026

Le jour où Bush a ri… et révélé la vérité sur l’OTAN (été 2001)


En 2001, Vladimir Poutine présente à Bush un document soviétique de 1954 où l’URSS demandait à rejoindre l’OTAN.
Bush esquisse un rire nerveux, surpris par cette archive qui contredit totalement le récit occidental.
Poutine poursuit : la Russie moderne, elle aussi, est prête à intégrer l’Alliance.
Madeleine Albright enterre immédiatement l’idée.
Depuis, les faits sont têtus :
• la Russie tend la main → refus
• l’OTAN, elle, avance → jusqu’au seuil de Moscou
Ce n’était pas une alliance défensive.
C’était un projet d’encerclement de la Russie — Bush le savait, d’où ce rire mal à l’aise.
 

Et puis BOUM les twin towers.

samedi 27 décembre 2025

Rusia se prepara para la represalia: Oreshnik entra en acción y toma Odesa


 

Les puces ont parlé : la Chine nous entraîne vers un 21ème siècle capable de résilience et d'intelligence collective

 Source: https://www.chine-ecologie.org/penser-l-ecologie-en-chine/dans-le-contexte-international/680-les-puces-ont-parle-la-chine-nous-entraine-vers-un-21eme-siecle-capable-de-resilience-et-d-intelligence-collective

par Elisabeth Martens, le 9 décembre 2025

Comme sans doute d'autres lecteurs de l'article de Mauricio Herrera Kahn, « Le Code et le Tao : la bifurcation technologique, miroir d’un tournant civilisationnel » (1), je fus assez décontenancée par son langage technique. Pourtant l'introduction semblait prometteuse : cette histoire de puces transcontinentales était un bel exemple de l’incarnation de deux visions du monde inconciliables et du basculement du monde qui s'opère sous nos yeux, lentement mais inexorablement. J'ai donc tenté de clarifier non pas l'aspect technique de l'article, mais le processus de « bifurcation civilisationnelle » qui y est décrit.

Tout d'abord, je recopie le « chapeau » de l'article, car il contient déjà tout ce dont j'ai besoin pour la clarification :

« Ce qui pourrait sembler n’être qu’une simple rivalité technologique entre Huawei et NVIDIA est en réalité la manifestation tangible d’une bifurcation civilisationnelle. Cet essai soutient que l’avantage concurrentiel annoncé par Huawei le 18 septembre 2025 ne réside pas tant dans son matériel que dans son engagement en faveur d’un paradigme ouvert, collaboratif et adaptatif – une approche qui fait écho à une conception taoïste d’harmonie et d’évolution. Contrairement au paradigme occidental de contrôle et de l’hyper-spécialisation – efficace dans un environnement stable mais rigide face au changement – le modèle chinois met l’accent sur la résilience et l’intelligence collective comme clés de survie. Le différend technique n’est, au fond, qu’une expérience à grande échelle visant à déterminer quel paradigme est le plus à même d’affronter la complexité du XXIe siècle, à une époque où l’autonomie technologique devient le nouveau pilier de la souveraineté nationale. » 

Au niveau technique informatique, il suffit de différencier entre système d'exploitation et microprocesseur (ou puce) pour saisir le fond philosophique de l'article.

Le système d'exploitation est le logiciel fondamental qui sert d’interface entre le matériel et les applications. Il gère la mémoire, les fichiers, les périphériques, la sécurité du système, l’exécution des programmes. Il s'agit par ex. de macOS, de Linux ou de Windows. Tandis qu'un microprocesseur exécute les instructions fournies par le système d'exploitation. C’est le « cerveau » de la machine. Ce sont ces composants matériels qu'on appelle les « puces électroniques », par ex. celles de Nvidia, AMD, Intel ou Huawei (telles que les puces Ascend).

Dans l'article, l'auteur parle de rivalité entre Huawei et Nvidia dans le mode production de leurs puces respectives, donc de leurs deux « cerveaux ». L'un est chinois, c'est le microprocesseur (ou puce) produit par Huawei, l'autre (Nvidia) est produit aux États-Unis. Il s'agit donc de comprendre l'opposition qui existe entre les deux géants économiques que sont les États-Unis et la Chine, une opposition qui se manifeste entre autrest via le numérique.

Les systèmes d'exploitation produits aux États-Unis, que ce soit macOS ou Windows, sont « close source » : leur source est fermée, c’est-à-dire qu'il n'y a pas moyen d'accéder au code informatique, donc il n'y a pas moyen d'y ajouter ou d'en retirer des infos. De même, les puces (ou microprocesseurs) produites par les États-Unis – dans l'article on parle de Nvidia, mais c'est vrai pour toutes les autres puces étasuniennes – sont « close source » : personne en dehors des fabricants n'a accès au microcode complet ou aux schémas internes de ces « cerveaux ».

Les système d'exploitation produits par la Chine (comme HarmonyOS de Huawei) sont « open source », leur code informatique est ouvert. Même si ce n'est pas la version commerciale complète de HarmonyOS qui est « open source », mais uniquement la base OpenHarmony, il n'empêche que n'importe qui a accès aux codes de ce système d'exploitation et peut venir le modifier s'il le souhaite.

Avant 2019, la Chine importait les puces électroniques des États-Unis, des puces « close source ». Suite au litige qui a opposé Pékin et Washington, Huawei a décidé de produire lui-même des puces chinoises.

Dans la foulée, le géant chinois du numérique a annoncé en septembre 2025 qu'au lieu de produire des puces « close source » comme celles fournies par les États-Unis, il a allait produire des puces (Ascend) capables de fonctionner entre elles comme les différents éléments d'un écosystème. Il faut imaginer des milliers de petites puces interconnectées travaillant de concert. À un degré supérieur, plusieurs écosystèmes seront reliés entre eux pour constituer un super-écosystème (SuperPoD), et ces super-écosystèmes seront encore relier à un super-super-écosystème (SuperCluster). Huawei affirme que cette architecture en mode fractal (du plus petit élément au plus grand) offre un bond en puissance de calcul, de mémoire, de bande passante d’interconnexion, ce qui la rend adaptée aux très grandes tâches d’intelligence artificielle (IA).

Dans le communiqué de septembre 2025, Huawei évoque la volonté de « créer un écosystème ouvert » afin de permettre aux partenaires de développer des produits basés sur cette architecture. Cela ne signifie pas que tous les détails de conception des puces — circuits internes, secrets de fabrication, etc. — seront ouverts au public, mais, dans ce contexte, « open source » signifie que les protocoles d'interconnexion et certaines parties des logiciels et des interfaces constitueront un écosystème ouvert, ce qui permettra de construire autour. On peut imaginer une immense tour de Babel à laquelle se rajoutent toujours plus de langues qui se comprennent entre elles. En effet, Huawei mise sur un design modulaire et scalable càd dans lequel on peut ajouter des milliers, puis des centaines de milliers, puis des millions de puces Ascend dans un même ensemble (SuperPoD → SuperCluster) tout en gardant un fonctionnement cohérent et efficace, ce qui peut offrir des capacités exponentielle d’IA.

L'auteur de l'article fait alors une analogie avec l'entropie telle qu'elle est expliquée en physique : un système fermé et isolé n'échange aucune infos avec l'extérieur. Selon le célèbre deuxième principe de la thermodynamique (qui nous a bien fait suer à l'école secondaire), un tel système voit son entropie totale augmenter.

En astrophysique, si on considère que notre univers est isolé, qu'il n'a pas d'extérieur à lui-même, son entropie augmente au fur et à mesure que les processus astrophysiques se produisent : plus il y a d'étoiles, de rayonnements ou d'effondrements, plus il y a de désordre dans ce système, parce qu'il est clos. Par contre, dans un système ouvert, comme dans le monde vivant, il y a échange d'énergie avec l'extérieur. Il importe de l'ordre (des écosystèmes organisés) et exporte du désordre (de la chaleur). Autrement dit, il importe une énergie structurée pour maintenir son organisation face à l'entropie qu'il rejette dans l'univers. Mais en important de l'ordre, il ne fait pas que résister à l'entropie, il génère aussi du neuf (des nouvelles formes de vie).

Selon l'auteur de l'article, c'est ce qui se passe pour les systèmes d'exploitation et pour les systèmes de microprocesseurs. Ceux dont le code est fermé, hormis ceux qui ont construit le système, personne d'autre n'y a accès. Plus les codes de ce système d'exploitation et de microprocesseur se complexifient, plus leur entropie augmente. Ce qui, au final, va amener à un grand désordre, un chaos et à un épuisement du système. Par contre, les systèmes d'exploitation et de microprocesseurs dont les codes sont ouverts profitent des échanges avec l'extérieur, ce qui peut amener à une réadaptation permanente aux nouvelles conditions et performances de l'IA et engendrer de nouveaux modèles d'organisation.

Ces deux types de processus peuvent aussi s’observer en sociologie systémique et politique. Les société fermées, qui n'ont pas ou peu d'échanges avec l'extérieur ou qui se suffisent à elles-mêmes, sont sujettes à la désorganisation, au chaos. Un excès d'informations non exportées engendre une incapacité à les traiter et produit un « bruit de fond » sociétal et politique permanent. Les dirigeants n'ont plus les moyens de stabiliser des normes ou des décisions. Par contre, une société qui échange ses savoirs avec les voisines se transforme en permanence, elle acquiert de nouvelles informations, devient créative, renforce sa puissance civilisatrice en collaborant avec des cultures différentes.

Inutile de préciser, je crois, que l'auteur associe les États-Unis et son système d'exploitation et de microprocesseurs « close source » à un système fermé dont l'entropie augmente sans cesse et qui se dirige inexorablement vers son propre épuisement et son effondrement.

Quant à la Chine, depuis la haute antiquité, son paradigme sociétal est la transformation. Sa principale référence culturelle a toujours été et reste encore « Le livre des changements » ou « Yijing », un ouvrage qui a pris sa source durant la dynastie des Shang (env. 1600-1050 av. J.-C.), qui s'est étoffé durant la dynastie des Zhou (1050-256 av. J.-C.), qui a servi de creuset aux caratèxcres chinois et a donné naissance à toutes les lignées de pensée de la Chine antique. On connait surtout le taoïsme et la confucianisme car ce sont les deux lignées philosophiuqe remontant à l'antiquité et qu ont perduré jusuqe maintenat, comme un bon vieux couple yin-yang qui assure la continuité et la cohérence de la « grande famille chinoise » (« da jia », dit-on là-bas).

Sur de telles bases, on était en droit d'attendre de la Chine du 21ème siècle qu'elle produise des systèmes d'exploitation « open source » et des « cerveaux » (système de microprocesseurs) capables de se transformer et de s'adapter en permanence aux nouvelles conditions. C'est ce qu'elle a fait et c'est ce qui va l'amener vers un 21ème siècle capable de résilience, nous entraînant dans son sillage vers une intelligence collective en nous distanciant petit à petit de l'autosuffisance du système « close source ».

Grand merci à Mauricio Herrera Kahn d'avoir mis le doigt sur ce basculement civilisationnel qui nous concerne tous !

(1) http://www.chine-ecologie.org/penser-l-ecologie-en-chine/dans-le-contexte-international/674-le-code-et-le-tao-la-bifurcation-technologique-miroir-d-un-tournant-civilisationnel

jeudi 25 décembre 2025

Panamá, diciembre de 1989: prohibido olvidar

 

Si el mundo multipolar pretende merecer ese nombre, tiene una obligación histórica ineludible: poner límites reales al poder imperial y garantizar que lo de Panamá no vuelva a repetirse.

Carmen Parejo , periodista española

En el año 1989, EE.UU. estaba embriagado por el éxito. Aunque aún no se había culminado la desintegración de la URSS, tras la caída del muro y el inicio de la Perestroika, su triunfo en la guerra fría se hacía palpable. Y es en ese génesis del mundo unipolar donde encontramos una de las más terribles y habitualmente olvidadas masacres perpetradas por Washington, como fue la invasión a Panamá.

El contexto era el siguiente. Manuel Noriega, quien otrora fue agente de la CIA, había dejado de ser un subordinado fiable para Washington y comenzó a actuar con mayor autonomía en torno al Canal de Panamá, uno de los conectores comerciales fundamentales del planeta, ya que es la vía más rápida de conexión entre el Atlántico y el Pacífico

En el umbral del nuevo orden mundial, EE.UU. no podía permitirse perder el control político efectivo de esa infraestructura estratégica. Bajo una narrativa que nos puede sonar —una acusación por narcotráfico—, el gobierno de EE.UU. tomó la determinación de invadir el país para derrocar a su presidente.

Muchos recuerdan cómo los tanques estadounidenses, en el colmo de su cinismo, llevaban escritos de «Feliz navidad» por aquellos días de diciembre. Panamá, que ya arrastraba una historia sangrienta desde su origen, incluía un nuevo capítulo trágico a su historia.

La invasión tuvo nombre oficial —Operación «Causa Justa»— y comenzó de madrugada el 20 de diciembre de 1989, prolongándose formalmente hasta el 31 de enero de 1990. Para ejecutarla, EE.UU. elevó su despliegue total hasta cerca de unos 27.000 soldados (una parte ya estaba estacionada en el país y otra llegó por aire), con una superioridad aplastante en medios y capacidad de fuego.

Muchos recuerdan cómo los tanques estadounidenses, en el colmo de su cinismo, llevaban escritos de «Feliz navidad» por aquellos días de diciembre. Panamá, que ya arrastraba una historia sangrienta desde su origen, incluía un nuevo capítulo trágico a su historia.

El primer golpe se concentró sobre instalaciones estratégicas, pero el resultado real fue guerra urbana sobre barrios populares, con un episodio que quedó fijado en la memoria nacional: El Chorrillo, convertido en símbolo del castigo colectivo y de la impunidad del vencedor. 

El Cuartel Central de las fuerzas panameñas estaba enclavado en esa barriada junto a la Zona del Canal, y eso selló su destino durante la invasión: bombardeos y fuego envolvieron las casas hasta en las primeras horas del 20 de diciembre, obligando a familias enteras a huir sin ayuda alguna mientras sus viviendas eran consumidas por las llamas. 

La vida que conocían allí —un lugar alegre y de gente trabajadora— cambió para mal de manera irreversible, y treinta años después las heridas siguen vivas en quienes lo recuerdan, sin que se conozca con claridad la magnitud de la tragedia ni se cierre la herida abierta en la memoria colectiva.

Hoy se desconoce el número exacto de víctimas en El Chorrillo. Asociaciones de memoria histórica del istmo reclaman transparencia y reparación, y los actos conmemorativos en el país durante estos días se vuelven, por necesidad, ceremonias no solo de recuerdo sino de una reivindicación política pendiente.

Aún hoy se desconoce el número exacto de víctimas. Asociaciones de memoria histórica del istmo reclaman transparencia y reparación, y los actos conmemorativos en el país durante estos días se vuelven, por necesidad, ceremonias no solo de recuerdo sino de una reivindicación política pendiente.

Hubo cifras oficiales que hablaron de centenares, y estimaciones y recuentos que elevan el saldo —incluido el civil— muy por encima, hasta rangos de miles de muertos, según fuentes. Lo único seguro es que, 36 años después, no existe un número consensuado. Un desacuerdo con connotaciones claramente políticas que pone de manifiesto cómo se enterró la memoria colectiva de un pueblo.

Además, la comunidad internacional dejó constancia, en términos inequívocos, de que aquello no fue un «operativo» sino una violación abierta del orden jurídico internacional: la Asamblea General de las Naciones Unidas aprobó la resolución 44/240, que «deplora» la intervención y la califica como «flagrante violación del derecho internacional».

La condena internacional no tuvo consecuencias para el agresor. Nació así el mundo unipolar también en el plano jurídico: un escenario en el que las resoluciones de Naciones Unidas se acumulan sin efecto cuando el infractor es la potencia hegemónica o uno de sus aliados.

Pero esa condena no tuvo consecuencias para el agresor. Nació así el mundo unipolar también en el plano jurídico: un escenario en el que las resoluciones de Naciones Unidas se acumulan sin efecto cuando el infractor es la potencia hegemónica o uno de sus aliados. 

Panamá anticipó una constante que hoy resulta tristemente familiar: la legalidad internacional existe, pero no se aplica. Como ocurre con Palestina —entre decenas de resoluciones ignoradas—, la ONU certifica el crimen, pero el poder real decide que no pasa nada.

Entre los muertos de aquel diciembre hubo también un símbolo que en España debería ser imposible borrar: el fotoperiodista Juantxu Rodríguez (Juan Antonio Rodríguez Moreno), asesinado por tropas estadounidenses mientras cubría la invasión. Décadas después, la Corte Interamericana de Derechos Humanos determinó que Estados Unidos debía indemnizar a su familia, una acción tardía que no repara el hecho central: se mató a quien estaba contando la verdad.

Y es aquí donde Panamá deja de ser solo Panamá. Porque ese gesto —la violencia desplegada sin freno y el borrado posterior— fue también el inicio de una impunidad cada vez más visible contra quienes narraron el parto del mundo unipolar. Años después, la OTAN bombardearía la televisión serbia (RTS) en Belgrado, matando a 16 trabajadores. Y en 2003, en Bagdad, un tanque estadounidense disparó contra el Hotel Palestina, centro de prensa internacional: allí murieron José Couso y el cámara de Reuters Taras Protsyuk.

Los pretextos (y verdaderos objetivos) de las intervenciones de EE.UU. en América Latina

Sin embargo, estos días, en las calles de Panamá, no hemos visto solo banderas panameñas, sino también venezolanas. No es un gesto simbólico menor: es la conciencia viva de un hilo histórico macabro que la actual administración estadounidense parece empeñada en prolongar en el mismo mar Caribe,ahora mediante amenazas abiertas contra Venezuela.

Si en 1989 estábamos ante el parto del mundo unipolar: la embriaguez del vencedor que creía que la historia había terminado y que el mapa podía redibujarse a golpe de cañón, hoy estamos ante otra cosa, ante el final de esa unipolaridad. Y eso hace estas acciones igualmente criminales, pero aún más obscenas y ridículas: una maquinaria que sigue actuando como si mandara sobre el tiempo, impulsada por la soberbia de un imperio que se cree eterno y que, en su decadencia, nos coloca a todos en posiciones cada vez más peligrosas.

Si el mundo multipolar que ya a finales de 2025 podemos decir que está aquí pretende merecer ese nombre, tiene una obligación histórica ineludible: poner límites reales al poder imperial y garantizar que lo de Panamá no vuelva a repetirse.

jeudi 11 décembre 2025

SAHARA OCCIDENTAL : 50 ans de colonisation marocaine, histoire et enjeux actuels



 

Nouvelle stratégie US : Empire que tout

 SOURCE: https://www.librairie-tropiques.fr/2025/12/empire-que-tout.html?

 La nouvelle stratégie de sécurité nationale
des États-Unis respecte ceux qui ont résisté à Washington,
mais attend de ses vassaux qu'ils continuent d'obéir.

Les instances dirigeantes de l'Europe occidentale ont bradé
les intérêts des citoyens européens aux États-Unis et en subissent aujourd'hui les conséquences.

Par Tarik Cyril Amar,

historien allemand travaillant à l'université Koç d'Istanbul,
spécialiste de la Russie, de l'Ukraine et de l'Europe de l'Est,
de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, de la guerre froide culturelle
et des politiques de la mémoire.
@tarikcyrilamar
tarikcyrilamar.substack.com
tarikcyrilamar.com

Les États-Unis, qui demeurent la première puissance militaire mondiale, ont publié une nouvelle stratégie de sécurité nationale . Or, comme il s'agit des États-Unis, ce qui rassure Washington contribue à l'insécurité de nombreux gouvernements à travers le monde.

Jusqu'ici, rien de bien surprenant : si vous êtes en Amérique latine, la codification de ce qu'on appelle officieusement à Washington une « doctrine Donroe », promettant encore plus d'agression et de domination de la part de la grande puissance du Nord, ne vous étonnera pas, mais elle ne vous réjouira certainement pas non plus. Si vous êtes à Taïwan, vous devriez même être soulagé, car un recul face à la politique du bord du gouffre menée par Biden contre la Chine pourrait vous épargner le sort de l'Ukraine.

Mais comme il s'agit de l'Amérique de Trump 2.0, ironiquement, nombre de ces gouvernements très inquiets appartiennent à des alliés ou des proches des États-Unis, autrement dit, à leurs clients et vassaux de facto. Et cela – pour rendre les choses encore plus curieuses – est une bonne chose. Car nombre de gouvernements et d'élites alarmés par cette nouvelle vision trumpiste de la sécurité nationale américaine ont besoin d'un retour à la réalité, et plus il sera brutal, mieux ce sera. Pour ceux qui s'agitent sous l'effet d'une russophobie auto-infligée et d'une hystérie guerrière, le moindre électrochoc ne peut être que bénéfique.

Parallèlement, certains gouvernements de premier plan, notamment la Russie et la Chine, habitués à l'hostilité irrationnelle et à l'agression constante de Washington – que ce soit par le biais de guerres par procuration, d'opérations secrètes, de tentatives de subversion idéologique ou de guerre économique – pourraient entrevoir des raisons d'un optimisme prudent. Habitués à être traités non seulement comme des rivaux géopolitiques et économiques, mais aussi comme des ennemis et des criminels à réduire à l'insignifiance par un changement de régime, Pékin et Moscou ne manqueront pas de percevoir un ton nouveau et radicalement différent.

L'authenticité et la pérennité de ce nouveau ton américain restent à prouver, notamment au vu de l'instabilité passée de Trump et de la longue tradition américaine de manœuvres douteuses et de tromperies flagrantes. Seul l'avenir dira si cette stratégie de sécurité nationale pour 2025 marque une véritable remise en question des pires traditions et des impasses actuelles de la politique étrangère américaine. Miser dessus serait naïf, mais négliger la possibilité d'une détente et d'une coopération mutuellement avantageuse, tant sur le plan politique qu'économique, serait une erreur.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réagi à la nouvelle Stratégie de sécurité nationale en reconnaissant que l'administration Trump est « fondamentalement » en matière de politique étrangère différente de ses prédécesseurs, que ses « réorientations » correspondent « à bien des égards à nos vues [russes] », et que ce fait offre la possibilité de « poursuivre un travail constructif en vue d'un règlement pacifique du conflit ukrainien, à minima ». M. Peskov s'est également félicité de l'aversion de la Stratégie de sécurité nationale pour l'élargissement de l'OTAN et les conflits en général, ainsi que de l'accent mis sur la recherche du dialogue et de bonnes relations. Parallèlement, a ajouté le porte-parole de Moscou, ce qui paraît positif sur le papier ne saurait empêcher l' « État profond » américain d'agir tout autrement, c'est-à-dire, de toute évidence, bien pire.

En termes diplomatiques, cela est bien moindre que l'enthousiasme démesuré et tragiquement déplacé avec lequel les dirigeants et diplomates de la fin de l'Union soviétique, tels que Mikhaïl Gorbatchev et Edouard Chevardnadze, se laissaient séduire par les belles paroles de Washington. Moscou a depuis longtemps tiré les leçons amères de la mauvaise foi américaine  : la confiance naïve n'est plus de mise et ne reviendra pas. Pourtant, la Russie est également en mesure – grâce à sa renaissance et à sa résilience, et notamment à sa victoire de facto sur la guerre par procuration menée par l'Occident en Ukraine – d'explorer avec vigilance les opportunités qui s'offrent à elle.


 

White House - National Security Strategy 2025: https://www.whitehouse.gov/wp-content...
NYT - U.S. STRATEGY PLAN CALLS FOR INSURING NO RIVALS DEVELOP (1992): https://www.nytimes.com/1992/03/08/wo...
NYT - The Partnership: The Secret History of the War in Ukraine (Mar. 2025): https://www.nytimes.com/interactive/2...

Reuters - US intelligence helps Ukraine target Russian energy infrastructure, FT reports (Oct. 2025): https://www.reuters.com/world/europe/...
NYT - The Spy War: How the C.I.A. Secretly Helps Ukraine Fight Putin (Feb. 2024): https://www.nytimes.com/2024/02/25/wo...
CSIS - How Much Trade Transits the South China Sea?: https://chinapower.csis.org/much-trad...
US Naval War College Review - A Maritime Oil Blockade Against China—Tactically Tempting but Strategically Flawed (2018): https://digital-commons.usnwc.edu/cgi...

Where to Find My Work: Website: https://landdestroyer.blogspot.com/ Telegram: https://t.me/brianlovethailand Twitter:    / brianjberletic   Rumble (YouTube alternative): https://rumble.com/c/c-1459863 How to Support my Work (and thank you!): Buy Me A Coffee: https://www.buymeacoffee.com/TheNewAtlas Patreon:    / landdestroyer   PromptPay: 0851547235

Prenons un peu de recul pour bien comprendre le contexte historique. Washington – ou plus précisément le pouvoir exécutif du gouvernement américain, dirigé par la présidence – produit ce type de stratégie nationale officielle depuis près de quarante ans.

Elles ont deux objectifs principaux : communiquer les priorités du président américain aux publics nationaux et internationaux, y compris aux autres composantes et agences du gouvernement américain. Dans les faits, l’impact des Stratégies de sécurité nationale a été variable. Mais, utilisées à bon escient, elles peuvent constituer ce qu’un commentateur de Fox News vient de qualifier de « document de référence » pour définir la politique de défense et, par conséquent, la politique étrangère.

Initialement prévues pour une publication annuelle, les Stratégies de sécurité nationale ont en réalité paru avec des retards et des lacunes. À ce jour, nous en examinons vingt. La première, publiée à la toute fin de la première Guerre froide en 1986, reflète des contextes internationaux et des priorités américaines très différents.

Nombre de stratégies de sécurité nationale antérieures sont tombées dans l'oubli, à juste titre : elles n'étaient ni particulièrement novatrices ni – selon les critères américains – véritablement effrayantes pour le reste du monde. Certaines, cependant, ont marqué les esprits, comme celle de 2002, qui a codifié la doctrine Bush, un mélange néoconservateur toxique d'unilatéralisme, de changement de régime, de guerre préventive et d'obsession américano-israélienne, qui a coûté des millions de vies.

En savoir plus :
Le Kremlin réagit au nouveau plan de politique étrangère américain

En 2010, l'administration Obama a prétendu, à tort, innover en mettant l'accent sur la « promotion de la démocratie » (autrement dit, un changement de régime, une fois de plus) et la contre-insurrection, en appliquant une nouvelle stratégie de conquête des cœurs et des esprits visant à moderniser les populations occupées et à les soumettre. La Stratégie de sécurité nationale de 2017, déjà mise en œuvre sous la présidence de Trump, alors nouveau président des États-Unis, proposait un mélange d'éléments véritablement novateurs (dans le bon sens du terme), en reconnaissant la réalité des rivalités géopolitiques omniprésentes, et d'éléments d'un conservatisme convenu (dans le mauvais sens du terme), en désignant la Russie et la Chine comme les principales menaces.

Ce qui s'est passé à présent est toutefois différent. Les réactions choquées des faucons occidentaux, notamment au sein de l'OTAN et de l'UE en Europe, attestent que la seconde stratégie de sécurité nationale de Trump n'est pas – du moins sur le papier – un compromis incohérent, mais bien une affirmation claire de nouvelles priorités et d'une approche fondamentalement différente.

Face aux gémissements de malaise, voire aux cris de douleur, des faucons et bellicistes occidentaux, quelques exemples suffisent à saisir le ton général : «  La stratégie de politique étrangère sombre et incohérente de Donald Trump. Les alliés risquent de paniquer ; les despotes, de se réjouir  » (The Economist) ; une stratégie américaine «   qui se retourne contre les démocraties européennes » et constitue une situation d’urgence ( « Ernstfall » ) pour l’Europe (malheureusement, Norbert Rottgen, figure de proue de la droite conservatrice allemande) ; et Agnieszka Brugger, politicienne écologiste tout aussi belliqueuse, ne voit qu’une seule solution à la crise : s’emparer au plus vite des avoirs russes gelés. En quoi cela est censé aider reste un mystère, mais Brugger « sait » tout simplement que c’est soit le pillage massif maintenant, soit une « chute impitoyable » pour l’OTAN et l’Europe. On pourrait multiplier les exemples, mais vous comprenez l’idée : l’hystérie habituelle et absurde d’une guerre imminente, sans la moindre rationalité, toujours la même rengaine. Autrement dit, les élites de l'OTAN et de l'UE dans ce qu'elles ont de pire.

De leur point de vue égocentrique et obsessionnel, leur panique est, il faut bien le dire, presque compréhensible. L'Europe officielle, membre de l'OTAN et de l'UE, s'emploie depuis au moins une décennie – depuis qu'elle a instrumentalisé les accords de Minsk II – à se priver des derniers vestiges d'options, de levier et de crédibilité dans sa non-relation actuelle avec Moscou. À présent, après de nombreux signes manifestes de désapprobation de Washington sous l'administration Trump, le couperet semble tomber d'outre-Atlantique.

Regardez la situation avec le regard somnolent, prétentieux et idéologiquement illuminé de Bruxelles, Paris, Londres et Berlin. Voilà les « amis » et protecteurs américains qui, non seulement envoient une nouvelle salve de signaux de détente à la Russie et à la Chine, mais déclarent aussi leur ferme intention de restaurer « la confiance civilisationnelle de l'Europe et son identité occidentale ». Cela peut paraître inoffensif, voire protecteur. Du moins, tant qu'on ne le traduit pas clairement : les États-Unis soutiendront la nouvelle droite européenne en pleine ascension, et non ses fragiles institutions centristes.

Car c'est dans la Nouvelle Droite que le Washington de Trump perçoit cette « confiance en soi » et cette « identité ». Comme le craint le faucon allemand Rottgen, les États-Unis pourraient commencer à s'ingérer sérieusement dans la politique intérieure européenne. Réveille-toi, Norbert : ils l'ont toujours fait. Ce qui est nouveau pour toi, c'est que tu n'es plus parmi leurs complices et leurs favoris, mais parmi leurs cibles. Dis-toi : « Ah, c'est donc ça ! » et profite du spectacle.

En savoir plus :
L'UE réfute l'accusation d'« effacement civilisationnel »

L'enthousiasme démesuré de la nouvelle Stratégie de sécurité nationale, qui situe tout ce qu'il y a de plus beau et de meilleur aux États-Unis, et uniquement là-bas, est on ne peut plus américain. Trump l'affiche avec une franchise déconcertante. Le fait de placer explicitement « l'Amérique d'abord » n'a rien de surprenant non plus. C'est simplement plus honnête, une fois de plus, que les pieuses déclarations centristes d'antan.

Pourtant, lorsqu'on fait partie de l'élite européenne qui vient d'être soumise et piétinée par une guerre commerciale, contrainte de débourser des sommes considérables pour une OTAN où la fiabilité américaine est bien moindre, et qui voit sa base industrielle détruite, entre autres, par une dépendance excessive à l'égard d'une Amérique brutalement égoïste, même ces arguments prennent une signification nouvelle et sinistre : il ne s'agit pas seulement de « l'Amérique d'abord », mais aussi de « l'Europe en dernier ». Et, en tant que collaboratrices zélées de tout ce que les États-Unis ont imposé, ces mêmes élites européennes n'ont qu'elles-mêmes à blâmer.

« Que ressentirait-on , se demandent peut-être aujourd’hui ces dirigeants européens de l’OTAN et de l’UE, si l’on pouvait s’appuyer sur le soutien russe pour contrebalancer la pression américaine ? » Mais la question est devenue purement hypothétique, car, par une politique – si l’on peut dire – de soumission autodestructrice aux États-Unis et de confrontation tout aussi autodestructrice avec la Russie, ils ont rendu cette option impossible.

Enfin, et surtout, la nouvelle stratégie de sécurité nationale promet de « rechercher de bonnes relations et des relations commerciales pacifiques avec les nations du monde sans leur imposer de changements démocratiques ou autres changements sociaux qui diffèrent sensiblement de leurs traditions et de leur histoire » et de maintenir « de bonnes relations avec les pays dont les systèmes de gouvernement et les sociétés diffèrent des nôtres ».

Autrement dit : l’Amérique ne fera même plus semblant de faire la guerre – directement ou par procuration – au nom de « valeurs » . Mais – et c’est là une autre ironie amère pour ses clients et vassaux occidentaux – Washington « incitera   ses alliés partageant les mêmes idées à défendre nos normes communes, servant ainsi nos intérêts ».

En savoir plus :
Les États-Unis placent la normalisation des relations avec la Russie parmi leurs « intérêts fondamentaux .

En d'autres termes : si vous nous avez résisté et avez conservé votre souveraineté, tant mieux pour vous. Nous sommes enfin prêts à vous respecter. En revanche, si vous vous êtes soumis et avez renoncé à votre souveraineté, tant pis pour vous : nous exigeons de vous une obéissance continue. Et voilà ! Seuls les trumpistes qui traitent avec les Européens sont capables d'un tel double coup de maître, alliant rétrogradation et humiliation.

Si les instances européennes de l'OTAN et de l'UE étaient un tant soit peu rationnelles, elles opéreraient sans tarder un revirement complet de leur politique étrangère et tenteraient de se réconcilier avec Moscou. (La question de savoir si la Russie pourrait être intéressée, et à quelles conditions, reste évidemment ouverte.) Mais, d'un autre côté, si elles étaient rationnelles, elles ne se trouveraient pas dans cette situation catastrophique : en pleine confrontation avec la Russie, qui vient de révéler son potentiel, et abandonnées par l'Amérique, qui n'a probablement pas fini de montrer ce qu'elle peut faire à ses plus fidèles alliés.

L'establishment de l'Europe occidentale a bradé les intérêts des citoyens européens ordinaires aux États-Unis. À présent, les États-Unis semblent prêts à livrer l'Europe à un nouvel alignement sur les grandes puissances que Washington a enfin appris à respecter : la Russie et la Chine. Le prix de cette folie et de cette lâcheté sera lourd. 

 

lundi 8 décembre 2025

L’Arabie saoudite : une créature à deux têtes

SOURCE: https://www.legrandsoir.info/l-arabie-saoudite-une-creature-a-deux-tetes.html

Etat saoudien : un royaume pétrolier sous tutelle

Un bref résumé historique concernant la naissance de l’Arabie saoudite.

La Péninsule arabique était une région désertique, peuplée de tribus bédouines, souvent en conflit. Au XVIIIe siècle, la tribu de la famille des Saoud était parvenue à unifier l’Arabie pour répandre la doctrine wahhabite, une interprétation rigoriste du sunnisme dont le fondateur est Muhammad Ibn el-Wahhâb (1703-1792). Mais cette unification prit fin avec l’intervention de Muhammad Ali, le pacha d’Egypte. A partir de 1901, du Koweït où il est né, le jeune Abdelaziz Ibn Saoud mène le combat pour le rétablissement de l’ État de ses ancêtres. Il s’empare de Riyad, puis de l’ensemble des régions du Nedjd et du Hassa. En 1915, en pleine guerre mondiale, les Britanniques recherchent une alliance dans la Péninsule. A cet effet, ils reconnaissent les conquêtes d’Ibn Saoud tout en s’alliant avec son principal rival le Chérif Hussein de La Mecque. Ce dernier a pris en charge le soulèvement arabe contre les Ottomans. Le 16 mai 1916, les ministres des Affaires étrangères britannique et français M. Sykes et F.G.Picot se partagent le Proche-Orient en signant les Accords Sykes-Picot et le 2 novembre 1917, par la déclaration Balfour, la Grande Bretagne répond favorablement au mouvement sioniste pour instaurer un Foyer national juif en Palestine... Chérif Hussein s’oppose à cette initiative... Ce qui entraîna la puissance coloniale britannique d’apporter son soutien à son rival, à savoir, Ibn Saoud... Et en 1926, Ibn Saoud est devenu Roi du Hedjaz, Sultan du Nedjd, mais aussi maître des Lieux Saints. Il parvient à imposer le wahhabisme comme faisant partie de l’Islam officiel sunnite...Il n’est pas inutile de souligner que suite à l’implantation des juifs européens organisée par le mouvement sioniste avec l’aide des puissances coloniales, les nombreux soulèvements populaires palestiniens n’eurent aucun soutien du nouveau roi Ibn Saoud... Des soulèvements réprimés dont l’assassinat en 1936 du dirigeant palestinien Azzedine Kassem par l’armée britannique et la force armée sioniste, la Haganah.

Les années 30 correspondent également à la découverte des ressources pétrolières dans la péninsule arabique. Pour des raisons stratégiques, Ibn Saoud se détourne des Anglais et accorde les premières concessions de recherches pétrolières à une nouvelle puissance occidentale, les Etats-Unis. A partir de 1939, la première exploitation commerciale commence avec les entreprises Texas Oil Co, Standard Oil Company of California...

Depuis, l’Arabie saoudite est devenue le royaume des hydrocarbures sous contrôle états-unien.

A La Mecque : un cerveau qui prie et compte

Entre 1 et 1,5 million de musulmans, venus du monde entier font le Hajj, le pèlerinage annuel à La Mecque qui se déroule sur cinq à six jours. C’est l’un des plus grands rassemblements religieux qui soit. Tout musulman qui en a les moyens est tenu de l’accomplir au moins une fois dans sa vie. En 2024, le pèlerinage a rapporté à l’Arabie saoudite environ 171 milliards de dollars. Le prince héritier Mohammed Ben Salmane (MBS) a mis en œuvre le projet ’’Vision 2030’’ pour faire du pèlerinage une ’’industrie’’ du tourisme du Hajj...

En acceptant de vendre à L’Etat d’Israël et à l’Arabie des avions de chasse F-35, D. Trump a récolté 1000 milliards de dollars d’investissement saoudien. D’autre part, comme le souligne le journal libanais L’Orient- Le Jour, entreprises saoudiennes et américaines ont signé de gros contrats sur l’IA et les terres rares (1).

Dorénavant, le pèlerin devrait méditer sur la valeur de son titre de Hajj car l’argent qu’il a ou qu’il va dépensé pour l’acquérir a servi ou servira directement ou indirectement à financer le génocide et le nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie.

D’où la suggestion suivante : boycotter le pèlerinage à la Mecque pour manifester sa solidarité avec le peuple palestinien !

Comme le souligne la rapporteuse spéciale de l’ONU, F.Albanaise dans son dernier rapport - Le génocide de Gaza : un crime collectif’-où elle met en évidence la complicité des Etats occidentaux et des Etats arabes clés qui ont alimenté ou se sont rendus complices de la machine génocidaire israélienne à Gaza (2).
Et à la tête de ces Etats clés, le Royaume saoudien allié de l’impérialisme israélo-occidental. Un impérialisme qui veut faire du Moyen-Orient, un prolongement de l’ Occident dans le but d’instaurer le Royaume d’Israël du Nil à l’Euphrate (3).

On ne peut que conclure que le cerveau de MBS qui habite à La Mecque prie sans penser mais il compte le nombre de pierres achetées que chaque pèlerin jette contre Satan. Plus le pèlerin jette de pierres, plus la porte du Paradis lui est grande ouverte et sur terre, cela rapporte plus de dollars à MBS...D’où l’expression, d’une pierre deux coups !

A Riyad : un cerveau qui obéit pour avoir la liberté de compter

Sur les sujets brûlants, peuple palestinien , Gaza, Cisjordanie, Liban, Syrie, les idéologues et les stratèges sionistes et américains y réfléchissent dans l’ ombre pour mettre en place une stratégie de pacification de la région. Cette stratégie comporte trois volets qui sont dépendants :

1) Soumettre Gaza et la Cisjordanie sous tutelle sioniste sous une forme ou une autre.
2) Morceler la Syrie tout en annexant certains territoires dont le Golan. L’ancien-nouveau terroriste-démocrate Jolani- Charra étant toujours sur la liste des intégristes ne peut que se soumettre et obéir aux ordres. En particulier, servir pour déstabiliser le Liban.
3) Continuer à bombarder le pays du cèdre et l’étrangler financièrement afin d’obliger le président libanais Joseph Aoun de donner l’ordre à l’armée libanaise de désarmer la Résistance libanaise, le Hezbollah...

Dans une situation sociale et politique explosive, en particulier dans le Sud du Liban, l’hypothèse d’une guerre civile est à prendre au sérieux...Une hypothèse qui a la faveur des Etats-Unis et de l’Etat d’Israël avec une Arabie saoudite toujours prête à collaborer sans état d’âme, une fois la tâche accomplie, tout comme les autres Etats arabes ’’normalisés’’...

Pendant ce temps, l’Etat sioniste occupe et bombarde le Liban, colonise et nettoie ethniquement la Cisjordanie et Gaza tout en continuant sa stratégie génocidaire avec le soutien indéfectible des Etats-Unis. En effet, comme l’a déclaré le Secrétaire général du Hezbollah, ces derniers « ne sont pas un médiateur mais un agresseur » et sont « le fléau du Liban »(4).

Un fléau pour tout le Moyen-Orient...Et en ligne de mire l’Iran avec la bénédiction des dirigeants arabes dans l’habit du serviteur volontaire (5).

M. El Bachir

(1) https://www.lorientlejour.com/article/1485678/a-washington-entreprises-saoudiennes-et-americaines-signent-de-gros-contrats-sur-lia-et-les-terres-rares.html

(2) https://www.un.org/unispal/document/special-rapporteur-report-gaza-genocide-a-collective-crime-20oct25/

(3) https://www.mondialisation.ca/wahhabisme-et-sionisme-une-sainte-alliance-contre-liran/5619778?doing_wp_cron=1763688117.7347669601440429687500

(4) https://french.almanar.com.lb/3443178

(5) https://www.mondialisation.ca/les-dirigeants-arabes-dans-lhabit-du-serviteur-volontaire/5697379

dimanche 30 novembre 2025

John Mearsheimer: Hoy países de África, América Latina y Asia pueden decir NO a Washington

 FUENTE: https://observatoriocrisis.com/2025/11/29/john-mearsheimer-hoy-paises-de-africa-america-latina-y-asia-pueden-decir-no-a-washington/

¿Qué pasa cuando el paquete de sanciones más brutal de la historia moderna no solo falla en destruir a su objetivo, sino que lo fortalece y al mismo tiempo acelera el final del dominio occidental que lo impuso? 

Análisis  de John Mearsheimer, profesor de ciencia política en la Universidad de Chicago y teórico de la escuela neorrealista en las relaciones internacionales.

Durante más de 40 años he estudiado cómo suben y cómo caen las grandes potencias. Lo que estoy viendo ahora mismo desafía todo lo que los responsables políticos occidentales creían saber sobre la guerra económica. 

El profesor Richard Wolf, uno de los economistas marxistas más respetados de Estados Unidos, acaba de ofrecer el análisis más demoledor que he escuchado sobre el fracaso estratégico de Occidente. 

Su advertencia no es una opinión, es la autopsia de un imperio que se está suicidando sin darse cuenta. Las sanciones que se diseñaron para estrangular a Rusia han terminado creando algo mucho peor para Washington y Bruselas. un orden mundial multipolar que cuestiona la hegemonía estadounidense en su raíz misma. 

Mientras Occidente celebra victorias tácticas en el terreno militar, Moscú está ganando una guerra completamente distinta, la guerra por desmantelar el dominio del dólar y el control económico occidental. Y lo peor de todo es que la mayoría de los líderes occidentales todavía no se han enterado de que están perdiendo. 

Cuando Rusia lanzó su operación militar especial en Ucrania en febrero de 2022, vi a los líderes occidentales cometer exactamente el mismo error fatal que he documentado durante toda mi carrera. confundieron la indignación moral con el pensamiento estratégico. 

La respuesta fue inmediata y predecible. El mayor paquete de sanciones de la historia moderna. Congelación de activos, exclusión del sistema Swift, embargo energético, prohibición de exportar tecnología avanzada. El objetivo era clarísimo, estrangular la economía rusa hasta provocar el colapso del régimen. 

Como realista, yo sabía que esa estrategia descansaba sobre una suposición peligrosísima, que Rusia no tenía alternativas, pero Richard Wolf vio lo mismo que yo. Occidente no estaba librando la guerra que creía estar librando. Mientras la OTAN se concentraba en la contención militar, Rusia jugaba otro tablero completamente distinto, el desmontaje sistemático de la hegemonía económica occidental. 

Y Vladimir Putin estaba a punto de demostrar que el verdadero pilar del poder estadounidense, el dominio del dólar, era mucho más frágil de lo que nadie había imaginado. 

El primer shock llegó en cuestión de semanas. El rublo, que los analistas occidentales habían pronosticado que se convertiría en papel mojado, no solo se estabilizó, se fortaleció. A finales de 2022 ya se había apreciado frente al dólar el producto interior bruto ruso que los economistas del Fondo Monetario Internacional y del Banco Mundial habían vaticinado que se hundiría un 15% o más. apenas se contrajo antes de volver a crecer a ritmos que dejaron en ridículo a todos los que habían apostado por el colapso. 

El régimen que se suponía que iba a tambalearse por la presión interna consolidó su poder. La popularidad de Putin, lejos de desplomarse por las penurias económicas, se mantuvo sorprendentemente alta. Los oligarcas que los estrategas occidentales esperaban que se rebelaran contra el Kremlin encontraron, en cambio, nuevas oportunidades y redirigieron sus flujos comerciales. 

Pero eso no fue lo más sorprendente. El verdadero terremoto fue estructural. Richard Wolf lo llama adaptación estratégica, el giro sistemático de Rusia hacia lo que hoy los economistas llaman la coalición del sur global ampliado. China, India, Irán, Turquía, Arabia Saudita, Brasil, Indonesia, Emiratos Árabes Unidos, países que representan más de la mitad de la población mundial y una porción creciente del producto interior bruto global. 

Lo que más me impresionó fue la velocidad de esa reorientación. Relaciones comerciales que normalmente tardan décadas en construirse se crearon en meses. El comercio bilateral, Rusia-China, creció un 30% solo en el primer año. India multiplicó por más de 700% sus importaciones de petróleo ruso. No eran ajustes temporales, eran cambios permanentes en la geografía económica mundial. 

He pasado décadas argumentando que en un sistema internacional anárquico los estados siempre terminan equilibrando el poder contra la potencia dominante. Lo que presenciamos entre 2022 y 2025 fue el reequilibrio de gran potencia más rápido de la historia moderna. Y el catalizador no fue la agresión rusa, fue la sobreactuación occidental. 

La ecuación energética lo explica todo a la perfección. Europa, en un ataque de lo que Wolf llama arrogancia moral, se cortó de la noche a la mañana el suministro de gas ruso barato. El suicidio económico fue inmediato y devastador. Cientos de fábricas alemanas cerraron. 

La industria francesa empezó a deslocalizarse hacia Estados Unidos y Asia. La competitividad europea se evaporó en cuestión de meses. Los precios de la energía se triplicaron y cuadruplicaron en algunas regiones, empujando a los grandes fabricantes hacia mercados americanos, donde los subsidios y la energía más barata los esperaban con los brazos abiertos. 

Vi colapsar cadenas de suministro enteras en tiempo real. Plantas químicas que habían sido rentables durante décadas de repente dejaron de serlo. La producción de acero, la columna vertebral de la industria europea, cayó dígitos dobles. El sector del automóvil, que ya estaba luchando con la transición eléctrica, recibió un golpe adicional con unos costes energéticos que lo hacían cada vez menos competitivo frente a los rivales asiáticos. 

Mientras tanto, Rusia redirigió sus flujos energéticos hacia el este con una eficiencia asombrosa. Las importaciones chinas de petróleo ruso alcanzaron niveles récord con Pekín asegurándose contratos a largo plazo a precios descontados. 

India se convirtió en el mayor cliente de Moscú fuera de China, aumentando sus compras más de 1000% en 18 meses. Incluso aliados tradicionales de Estados Unidos como Turquía incrementaron discretamente sus importaciones energéticas desde Rusia. Pero lo más importante fue la construcción de nueva infraestructura, la ampliación del gasoducto Fuerza de Siberia. 

Nuevas rutas a través de Asia Central, terminales de gas natural licuado orientadas al mercado asiático. Rusia estaba literalmente recableando la red energética euroasiática, alejándola de Europa. El mapa energético de Eurasia se redibujó en meses, no en décadas. Y Europa, que había renunciado voluntariamente a la seguridad energética por simbolismo moral. se encontró en una desventaja permanente en la manufactura global. 

Sin embargo, la energía fue solo el principio. La transformación más profunda afecta algo mucho más amenazante para la hegemonía estadounidense, el propio sistema del dólar. Durante 80 años, Estados Unidos ha disfrutado de lo que los economistas franceses llamaron el privilegio exorbitante, la capacidad de imprimir dinero que el resto del mundo está obligado a aceptar porque el comercio internacional se hace en dólares. 

Ese sistema ha permitido a Washington financiar déficits gigantescos, mantener presencia militar global y convertir las sanciones en un arma devastadora. Richard Wolf advierte que esa era terminando no por derrota militar, sino por desvío sistémico. 

Los países BRICS, Brasil, Rusia, India, China y Sudáfrica han acelerado el desarrollo de sistemas de pago alternativos. La organización de cooperación de Shanghai está ampliando su arquitectura financiera y lo más significativo, grandes productores de petróleo están aceptando pagos en yuanes, rublos e incluso rupias en lugar de dólares. 

Los números son implacables. En 2021, solo el 2% del comercio Rusia-China se realizaba en sus monedas nacionales. En 2025 esa cifra supera el 75%. Arabia Saudita, el aliado más antiguo de Estados Unidos en Oriente Medio, empezó a aceptar yuanes por sus ventas de petróleo a China, algo que hace unos pocos años habría sido inimaginable. 

La ampliación BRICS Plus en 2023 incorporó a Irán, Egipto, Emiratos Árabes Unidos y Etiopía, mientras decenas de países más hicieron cola para entrar. Esto no es simbolismo diplomático, es la institucionalización de una infraestructura financiera no occidental, el nuevo banco de desarrollo como alternativa al Banco Mundial, el sistema de pagos BRICS desafiando el dominio de Swift. Cada acuerdo comercial bilateral que se realiza fuera del dólar es una pequeña grieta en la hegemonía financiera estadounidense, pero el efecto acumulativo es revolucionario. 

Cuando suficientes países comercien sin dólares, toda la base del poder económico americano empezará a erosionarse. He calculado la matemática de ese Dexartorius. Si solo el 30% del comercio global se desdolariza, Estados Unidos pierde la capacidad de financiar sus déficits masivos mediante expansión monetaria. Las consecuencias serían austeridad fiscal forzada, recorte del gasto militar y reestructuración fundamental de los compromisos globales estadounidenses. 

Observo este proceso con el desapego analítico que exige mi formación realista, pero también con una preocupación creciente. que lo que describe Wolf no es solo una transición económica, es el nacimiento de un orden mundial genuinamente multipolar. Y la historia nos enseña que esas transiciones rara vez son pacíficas. Lo trágico es que todo esto era completamente evitable. 

Tras el fin de la Guerra Fría, Occidente tuvo la oportunidad de construir un sistema internacional inclusivo que reflejara las nuevas realidades. En lugar de eso, doblamos la apuesta por la dominación, expansión de la OTAN, coersión económica, operaciones de cambio de régimen, todo para preservar un momento unipolar que siempre fue temporal. La supervivencia de Rusia bajo la presión máxima ha enviado un mensaje al mundo entero. Las armas económicas de Occidente tienen límites. Si Moscú puede soportar las sanciones más duras de la historia y salir más autosuficiente, ¿por qué cualquier otro país debería temer el chantaje económica occidental? 

Esa revelación se está extendiendo más rápido de lo que cualquier sanción puede contener. De África a Asia, de América Latina a Oriente Medio, los gobiernos diversifican discretamente sus socios económicos, reducen la dependencia del dólar y construyen relaciones con potencias no occidentales. visto este cambio de primera mano en conferencias académicas y debates de política reciente. 

Funcionarios del sur global hablan abiertamente de estrategias de cobertura, mantienen relaciones con occidente, pero expanden alternativas. Nigeria explora ventas de petróleo denominadas en yuanes. Bangladesh aumenta el comercio en rupias con India. Argentina considera seriamente la membresía en los bricks. El patrón es inconfundible. 

Los países se preparan para un orden mundial postestadounidense, no mediante revolución, sino mediante un desacoplamiento gradual de los sistemas dominados por Occidente. Richard Wolf lo llama el despertar de la soberanía. Naciones que redescubren que tienen opciones. 

El mundo monopolar donde Washington dictaba las reglas está siendo reemplazado por una realidad multipolar donde el poder se distribuye entre varios centros, pero la transformación va más allá de la economía, es psicológica, cultural, civilizacional. Durante tres décadas, los valores, instituciones y modelos de desarrollo occidentales se presentaron como universales e inevitables. 

Ahora, caminos alternativos hacia la prosperidad y la gobernanza están demostrando ser viables. La iniciativa de la franja y la ruta de China ha conectado a más de 140 países con inversiones en infraestructura que superan el billón de dólares. A diferencia de la ayuda occidental, que suele venir con condiciones políticas sobre gobernanza y reformas económicas, la inversión china se centra principalmente en infraestructuras tangibles, puertos, ferrocarriles, redes de telecomunicaciones. 

Los resultados son visibles en todo el mundo en desarrollo. Ciudades africanas conectadas por ferrocarriles construidos por China. Naciones centroasiáticas enlazadas por gasoductos, países sudamericanos que acceden a mercados del Pacífico gracias a puertos financiados por Pekín. Europa se encuentra entre los grandes perdedores de esta transición, habiendo entregado su autonomía estratégica al liderazgo estadounidense. 

Los países europeos descubren ahora que carecen tanto de capacidad militar para defenderse por sí mismos como de flexibilidad económica para adaptarse. El continente que una vez dominó los asuntos globales se ha convertido en un remanso estratégico dependiente de energía estadounidense que cuesta tres veces más que las alternativas rusas que voluntariamente abandonaron. 

El impacto psicológico que está sufriendo Occidente es en realidad mucho más profundo y duradero que el económico. Durante tres décadas, desde la caída del muro de Berlín hasta aproximadamente 2022, las élites políticas, académicas y mediáticas de Estados Unidos y Europa vivieron instaladas en una certeza casi religiosa. 

Su modelo liberal democrático capitalista era el fin de la historia, la única vía legítima hacia la prosperidad y la libertad. Francis Fukuyama lo formuló con elegancia académica, pero millones lo asumieron como evangelio cotidiano. Esa creencia no era solo ideología, era identidad. Ser occidental significaba pertenecer al bando ganador de la historia, al equipo que había demostrado la superioridad absoluta de su sistema. El resto del mundo se asumía, acabaría pareciéndose a nosotros o quedándose rezagado para siempre. 

Richard Wolf no se limitan a enunciar una opinión incómoda. La respalda con una cascada de datos que ningún think tank de Washington puede desmentir sin caer en la caricatura. Su argumento central es demoledor precisamente porque es empírico. El supuesto fin de la historia no era una ley histórica, sino una apuesta ideológica que perdió y la está perdiendo a plena luz del día, en tiempo real delante de todo el planeta. 

Empecemos por China, porque es el elefante en la habitación que ya nadie puede ignorar. Desde 1978, cuando Den Shoping abrió la economía sin abrir el sistema político, el Partido Comunista Chino ha sacado a más de 800 millones de personas de la pobreza extrema según los criterios del Banco Mundial. Eso equivale a rescatar en cuatro décadas a una población mayor que toda Europa y Norteamérica juntas. 

Lo ha hecho sin multipartidismo, sin prensa libre al estilo occidental, sin separación de poderes, sin elecciones competitivas a nivel nacional y durante mucho tiempo sin mercado de capitales plenamente abierto. lo ha hecho con planificación estatal, con represión selectiva, con censura digital sofisticada y con un modelo de desarrollo que prioriza la estabilidad política por encima de las libertades individuales, tal y como las entiende Occidente. 

Y no solo no ha colapsado, se ha convertido en la fábrica del mundo, en el mayor acreedor de Estados Unidos, en el líder mundial, en vehículos eléctricos, en paneles solares, en trenes de alta velocidad, en 5G, en pagos digitales, en patentes registradas per cápita, en áreas estratégicas. 

En 2024, el PIB chino ya supera al estadounidense en paridad de poder adquisitivo y según las proyecciones del FMI, la brecha se ampliará en la próxima década. Todo ello bajo un sistema que cualquier manual de ciencia política occidental de los años 90 habría calificado de insostenible a medio plazo. 30 años después, el sistema no solo sigue en pie. define el siglo XXI. 

Pero China no está sola. India, la mayor democracia del mundo, según el mantra repetido hasta el cansancio, ha decidido en los últimos 10 años que ser democracia no significa imitar el modelo liberal anglosajón. Bajo Narendra Modi, el país ha abrazado un nacionalismo hindú musculoso, ha restringido libertades de prensa, ha aprobado leyes de ciudadanía que discriminan por religión, ha desactivado internet en Cachemira durante meses y ha perseguido a ONGs y opositores con una agresividad que habría escandalizado a los editorialistas occidentales si el protagonista fuera Venezuela.  o Bielorrusia. 

Y, sin embargo, la economía crece al 78% anual sostenido. Las Starups Indias levantan más capital riesgo que las británicas o francesas. Las reservas de divisas superan los 650,000 millones de dólares y el país se ha convertido en la quinta economía mundial y según todas las proyecciones será la tercera antes de 2030. 

Los países del Golfo, especialmente Arabia Saudita, los Emiratos Árabes Unidos, representan otro desafío aún más irritante para la narrativa occidental. Han construido sociedades de consumo opulentas con esperanza de vida escandinava, tasas de criminalidad bajísimas, infraestructura futurista y estados de bienestar que financian educación universitaria gratuita, sanidad de primer nivel y subsidios energéticos sin necesidad de grabar apenas a sus ciudadanos. 

Todo ello sin elecciones, sin partidos políticos, sin sindicatos independientes, con monarquías absolutas hereditarias y con sistemas legales que mezclan la Sharia con el capitalismo más salvaje. Dubai y Riyadh atraen más talento expatriado que muchas capitales europeas. Sus fondos soberanos compran trozos enteros de Silicon Valley, de la Premier League y de los puertos europeos.

Y lo hacen mientras Occidente les sermonea sobre derechos humanos sin que en la práctica nadie se atreva a tocarles un pelo, porque el petróleo, el gas y el dinero siguen mandando. Vietnam es quizá el caso más quirúrgico. 

Un país gobernado por el mismo Partido Comunista que ganó la guerra contra Estados Unidos mantiene hoy una de las economías de mayor crecimiento del planeta, 6 8% anual, fábricas de Samsung, Intel y Nike, tratados de libre comercio con la Unión Europea, con el Reino Unido y con el CPTP y una tasa de aprobación de su gobierno que ronda el 90% según encuestas independientes. 

Vietnam ha duplicado su PIB per cápita en apenas 15 años. ha reducido la pobreza extrema del 70% al menos del 5% y lo ha hecho sin permitir oposición política real, con censura estricta y con un modelo que combina planificación quinquenal con apertura selectiva al capital extranjero. 

Vietnam es hoy el contraejemplo perfecto para quienes decían que sin democracia liberal no hay desarrollo sostenido. lo hay y además compite directamente con los países que inventaron esa frase. Rusia merece un capítulo aparte porque su caso es el que más ha herido el orgullo occidental en los últimos 3 años. 

En febrero de 2022, los líderes europeos y estadounidenses anunciaron casi con regocijo el Armagedón financiero contra Moscú. Biden habló de convertir el rublo en escombros. La UE prometió que la economía rusa retrocedería décadas. Más de 15,000 sanciones después. El régimen más duro, jamás impuesto a un país grande. 

Los resultados son los siguientes. Rusia creció un 3,6% en 2023 y proyecta otro 3% en 2024 según el FMI más que Alemania, Francia o Reino Unido. El desempleo está en mínimos históricos, 2,9%. El rublo, tras una devaluación inicial, se ha estabilizado y hoy es más fuerte frente al euro que antes de la guerra. 

Rusia ha desplazado a Arabia Saudita como mayor exportador de petróleo a China e India. Vende más trigo que nunca, casi 50 millones de toneladas anuales. Ha puesto en marcha la ruta del Ártico. Ha firmado acuerdos de gas a 30 años con Pekín y ha visto como países que en teoría debían aislarla. Turquía, India, Brasil, Sudáfrica, Indonesia han multiplicado su comercio bilateral. 

Y no es solo supervivencia, es demostración práctica de que el sistema financiero occidental no es tan omnipotente como se creía. El Swift ya no es la guillotina universal. Existen alternativas. SPFS ruso, CPS chino, UP indio. 

El dólar sigue siendo dominante, pero ya no es incuestionable. El 20% del comercio petróleo gas ruso se hace en rublos o yuanes y la tendencia crece. Países que antes temblaban ante la amenaza de sanciones secundarias hoy observan que Rusia no solo no se ha hundido, sino que ha reorientado su economía hacia el sur global con una rapidez que ha sorprendido incluso a sus aliados. 

Cada uno de estos casos, China, India, Golfo, Vietnam, Rusia, funciona como un ariete contra la arrogancia ideológica que dominó el discurso occidental desde 1989. No se trata de que estos modelos sean moralmente superiores. 

Muchos tienen sombras profundas, represión, desigualdad, corrupción, autoritarismo. Se trata de que funcionan lo suficientemente bien como para que cientos de países en desarrollo saquen una conclusión devastadora. No necesitamos copiar el modelo occidental para prosperar. Podemos elegir nuestro propio camino, mezclar tradición y modernidad, estado y mercado, autoritarismo y eficiencia, identidad cultural y apertura económica y salir adelante. Esa es la verdadera herejía. 

Durante 30 años, Occidente vendió la idea de que sus instituciones eran la única receta válida, que sin elecciones multipartidistas, sin prensa libre, sin justicia independiente, sin derechos individuales, tal y como los define la carta de la ONU de inspiración occidental, un país estaba condenado al estancamiento o al caos. 

La evidencia empírica de 2025 destroza esa pretensión y lo hace no con teorías, sino con rascacielos en Shanghái, trenes Bala en Arabia Saudita, fábricas en Hanoi, silos de grano en Rostov y fondos soberanos que compran el mundo. El impacto psicológico es brutal porque ataca la raíz misma de la identidad colectiva occidental postguerra fría. 

Si nuestros valores no son universales, si otras civilizaciones pueden prosperar sin adoptarlos, entonces, ¿qué nos hace especiales? ¿Qué justifica seguir predicando, sancionando, interviniendo, condicionando préstamos del FMI, exigiendo reformas políticas a cambio de ayuda? La respuesta honesta es nada. Y esa respuesta es intolerable para una élite que construyó toda su legitimidad sobre la certeza de ser el faro moral y práctico de la humanidad. Por eso la reacción no es racional, es visceral. Se responde con negación. 

China colapsará en cualquier momento, con demonización. Todos son regímenes autoritarios con dobles raseros. Las violaciones de derechos humanos en Riad no son como las de Caracas y cada vez más con una militarización del lenguaje y de la política. 

Porque cuando la fe en la superioridad del modelo se rompe, lo único que queda para mantener la sensación de control es la fuerza. Y ahí está el verdadero peligro que Wolf señala entre líneas. La historia no perdona a los imperios. que se niegan a leerla. Cuando Atenas perdió su ventaja económica, intentó compensarlo con la guerra del Peloponeso. 

Cuando España dejó de recibir oro americano, se lanzó a guerras religiosas que la arruinaron cuando el imperio británico vio que no podía competir industrialmente con Alemania y Estados Unidos. Optó por la Primera Guerra Mundial antes que aceptar un mundo multipolar. 

Hoy Estados Unidos y sus aliados europeos se enfrentan al mismo dilema y los síntomas de desesperación están por todas partes. Estos ejemplos no son excepciones ni anomalías, son la nueva normalidad. 

El mundo del siglo XXI no va a parecerse a Washington o Bruselas. va a parecerse a sí mismo, diverso, híbrido, pragmático, a veces autoritario, a menudo caótico, pero definitivamente no subordinado. Y cuanto antes lo aceptemos, menos dolorosa será la transición, porque la alternativa no es mantener el viejo orden, eso ya es imposible. La alternativa es decidir si el nuevo orden nacerá de la cooperación. o de la confrontación. 

Y la historia, una vez más, no espera a que los hegemonías en declive terminen de procesar su duelo. Cuando un imperio pierde la fe en su propia superioridad moral, pierde también la capacidad de justificar su dominio. Durante la Guerra Fría, Estados Unidos podía decirse a sí mismo y al mundo que luchaba contra el totalitarismo comunista. Tras 1991 esa justificación desapareció y fue sustituida por una nueva, la defensa de la comunidad internacional basada en reglas. 

Pero, ¿qué pasa cuando la mayoría del planeta deja de aceptar que esas reglas fueron escritas por y para Occidente? ¿Qué legitimidad tiene seguir imponiendo sanciones secundarias, bloquear activos soberanos o amenazar con intervención militar cuando el argumento ya no convence ni siquiera a aliados tradicionales como Turquía, India o Brasil? 

Esa crisis existencial está empujando a la política exterior occidental hacia una deriva cada vez más agresiva y desesperada. Vemos como el lenguaje se militariza. Ya no se habla de competencia, sino de amenaza existencial. China no es un rival económico, es una amenaza sistémica. Rusia no es una potencia regional con intereses legítimos, es el mal absoluto. Irán, Cuba, Venezuela, Corea del Norte, todos son reducidos a caricaturas para evitar tener que reconocer que simplemente persiguen sus propios intereses nacionales sin pedir permiso a Washington. 

Y aquí entra el peligro que más me preocupa como estudioso de la seguridad internacional. Los hegemonos en declive tienden a ser especialmente peligrosos, precisamente cuando sus instrumentos preferidos, económicos, financieros, culturales, empiezan a fallar. 

La historia está llena de ejemplos. El imperio británico, incapaz de aceptar la independencia india por medios pacíficos, reprimió con violencia extrema hasta que le resultó insostenible. El imperio austrohúngaro se lanzó a la Primera Guerra Mundial antes que aceptar su disolución gradual. 

Japón, estrangulado por el embargo petrolero estadounidense, optó por Pearl Harbor antes que renunciara a su esfera de influencia en Asia. Alemania, humillada por Versalles y asfixiada por la crisis económica, eligió el camino del rearme y la guerra total. Hoy vemos síntomas inquietantemente similares. 

El arsenal económico que durante décadas permitió a Estados Unidos disciplinar al mundo, el dólar como moneda de reserva, Swift como arma financiera, el acceso privilegiado a sus mercados. Está perdiendo eficacia a pasos agigantados. Los países desvaloricen  sus reservas, crean sistemas alternativos de pago, firman acuerdos comerciales que excluyen deliberadamente a Estados Unidos y Europa. 

El BRICS Plus ya es más grande en PIB ajustado por paridad de poder adquisitivo que el G7. Y lo más importante, lo hacen sin pedir permiso y sin que Occidente pueda detenerlo. Cuando un hegemón ve que su poder blando se evapora y su poder duro es cuestionado, la tentación de usar la fuerza militar crece exponencialmente, no porque sea racional, sino porque es lo único que le queda para demostrar que todavía manda. 

Vemos ya los ensayos. expansión de la OTAN hasta las fronteras rusas, a pesar de las advertencias explícitas. Despliegue de misiles en Asia Pacífico apuntando directamente a China. Ejercicios militares cada vez más provocativos en Taiwán y el mar del sur de China. Apoyos sin límites a Israel incluso cuando cruza todas las líneas rojas internacionales. Amenazas constantes contra Irán. 

Richard Wolf propone una alternativa radicalmente distinta, aceptar la multipolaridad y en lugar de resistirla ayudar a gestionarla de forma cooperativa. Eso significaría, por ejemplo, reformar el Consejo de Seguridad de la ONU para incluir de forma permanente a India, Brasil, Sudáfrica y quizá una representación musulmana y otra africana. 

Crear un nuevo Breton Woods que refleje el peso económico real del siglo XXI en lugar de aferrarse a cuotas diseñadas en 1944. Aceptar que el dólar dejará de ser la única moneda de reserva y trabajar en un sistema de múltiples monedas que evite el chantaje financiero. 

Reconocer esferas de influencia legítimas. Rusia en su extranjero cercano, China en el mar del sur de China, India en el océano Índico, Irán en Oriente Medio. Abandonar la pretensión de exportar la democracia liberal por la fuerza y aceptar que diferentes civilizaciones pueden organizarse de formas distintas sin que eso constituya automáticamente una amenaza. 

Esto requiere una humildad que la élite estadounidense ha mostrado muy pocas veces en su historia. La última vez que Washington aceptó algo parecido fue en 1972, cuando Nixon y Kissinger viajaron a Pekín y reconocieron que China continental era la China real, rompiendo con dos décadas de negación. Fue un acto de realismo brutal que evitó una confrontación mayor y permitió 30 años de crecimiento pacífico. Hoy haría falta un gesto de esa magnitud, pero multiplicado por 10, porque la alternativa es sombría. 

Si Occidente sigue aferrándose al unipolarismo muerto, la fragmentación económica se acelerará. Bloques comerciales enfrentados. Guerras arancelarias permanentes, cadenas de suministro militarizadas, carrera armamentística en nuevas tecnologías, IA, espacio, ciber y sobre todo el riesgo real de conflicto directo entre potencias nucleares. 

No hace falta imaginar escenarios apocalípticos. Basta mirar el nivel de tensión actual en Ucrania, Taiwán y Oriente Medio para entender que estamos caminando por el filo de la navaja. La resiliencia rusa ha sido el catalizador que ha hecho saltar por los aires el mito de la omnipotencia económica occidental. 

Lo que debía ser una demostración de fuerza, aislar completamente a Rusia se ha convertido en una demostración de debilidad. El rublo no colapsó. Colapsó el precio del gas en Europa. Las reservas rusas no se agotaron. Se agotó la paciencia de Alemania con su propia desindustrialización. 

Y mientras Occidente se desgarraba debatiendo si enviar tanques o aviones, el resto del mundo observaba y sacaba conclusiones. Si ni siquiera pueden doblegar a Rusia, ¿qué esperanza tienen contra China? Ese es el verdadero cambio tectónico. 

No es solo que Rusia haya sobrevivido, es que su supervivencia ha legitimado estrategias de resistencia que antes se consideraban suicidas. Hoy países de África, América Latina y Asia entienden que pueden decir no a Washington sin que necesariamente les ocurra lo que le ocurrió a Irak o Libia. Pueden comerciar en sus propias monedas. Pueden firmar acuerdos con Pekín o Moscú. pueden abstenerse en la ONU sin que eso signifique el fin del mundo y lo hacen. 

Estamos, por tanto, ante el final de una era, no porque Occidente vaya a desaparecer, seguirá siendo rico, innovador y poderoso, sino porque ya no será el centro indiscutido del mundo. La tragedia de las grandes potencias, como decía Tucidides, no es que caigan, es que suelen arrastrar al resto consigo cuando se niegan a aceptar su nuevo lugar. 

El profesor Richard Wolf nos ha lanzado una advertencia clara y documentada. No es profecía, es análisis. El viejo orden se derrumba. Queramos o no. La cuestión ya no es si aceptaremos la multipolaridad, es si lo haremos con inteligencia y grandeza, o si por orgullo herido y nostalgia imperial tropezaremos hacia una catástrofe que nadie ganará. El reloj corre, el mundo avanza, con o sin nosotros. 

La era del dominio estadounidense incontestado terminó. Ahora toca decidir si el siguiente orden internacional será de cooperación entre iguales o de confrontación entre ruinas. La decisión, por primera vez en décadas, no está solo en manos de Washington y eso, paradójicamente es la mayor esperanza y el mayor peligro de todos.