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vendredi 22 mai 2026

Sur les auberges de jeunesse, révolution culturelle oubliée


L'histoire et les origines des auberges de jeunesse (1976)

À défaut de retrouver le film Vive la vie de Jean Benoît-Lévy et Jean Epstein sur le mouvement "Ajiste" (association de la jeunesse pour les sports et les loisirs) et les auberges de jeunesse en 1937, voici des témoignages ultérieurs sur cette époque oubliée et fondatrice du mythe de la route, détournée par l'Otan culturelle pour y placer sa daube individualiste de contre-culture CIA.

Pierre OLLIER DE MARICHARD, étudiant à l'époque, parle de l'action de Léo Lagrange pendant le Front populaire. Denise CRESWEL, elle, revient sur le développement des auberges de jeunesse dans les années 1930 et l'ambiance qui y régnait. Des images d'archives ainsi qu'un enregistrement de la voix de Léo Lagrange illustrent les propos. 


 

lundi 4 mai 2026

Quand la CIA étudiait la French theory : sur le travail intellectuel de démembrement de la gauche culturelle

SOURCE https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/quand-la-cia-etudiait-la-french-theory-sur-le-travail-intellectuel-de-demembrement-de-la-gauche-culturelle/ 


censure-pensée unique
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Dans une analyse fouillé G Rockhill rappelle que la lutte des classes se conduit aussi politiquement sur le terrain intellectuelle. Montrant, date et fait à l’appui comment la CIA est intervenu de façon massive, notamment financière pour occuper la sphère intellectuel.

Cet article montre églament l’importance du combat linguistique et culturel, que nombre d’intellectuels de très bonne foi considèrent comme une fantaisie ou pire parfois comme une marotte « nationaliste »

Par Gabriel Rockhill – Le 28 février 2017 – Source The Philosophical Salon

On présume souvent que les intellectuels ont peu ou pas de pouvoir politique. Perchés au sommet d’une tour d’ivoire privilégiée, déconnectés du monde réel, mêlés à des débats académiques dénués de sens sur des détails infimes, ou flottant dans les nuées absconses de théories abstraites, les intellectuels sont souvent dépeints comme non seulement coupés de la réalité politique, mais comme incapables d’avoir un impact significatif sur elle. Ce n’est pas ce que pense la CIA.

En fait, l’agence responsable de coups d’État, d’assassinats ciblés et de manipulations clandestines des gouvernements étrangers ne croit pas seulement au pouvoir de la théorie, mais elle a consacré des ressources importantes pour qu’un groupe d’agents secrets étudient ce que certains considèrent comme la théorie la plus complexe et absconse jamais produite. En effet, dans un article de recherche intrigant écrit en 1985, et récemment publié avec des retouches mineures en raison du Freedom of Information Act, la CIA révèle que ses agents ont étudié la très complexe, avant-gardiste et internationale French theory[ou théorie de la déconstruction, NdT] adossée aux noms de Michel Foucault, Jacques Lacan et Roland Barthes.

L’image d’espions américains se réunissant dans des cafés parisiens pour étudier assidûment et comparer leurs notes sur les écrits des grands prêtres de l’intelligentsia française choquera ceux qui présument que ce groupe d’intellectuels est constitué de sommités dont la sophistication éthérée ne pourrait jamais être saisie par un filet aussi grossier, ou qui, au contraire, les considèrent comme des charlatans colportant une rhétorique incompréhensible sans impact sur le monde réel ou presque. Cependant, cela ne devrait pas surprendre ceux qui connaissent l’investissement de la CIA, ancien et permanent, dans la guerre culturelle mondiale, y compris par le soutien à ses formes les plus avant-gardistes, qui a été bien documenté par des chercheurs comme Frances Stonor Saunders, Giles Scott-Smith, Hugh Wilford (et j’ai moi-même apporté ma propre contribution dans Radical History & the Politics of Art).

Thomas W. Braden, l’ancien superviseur des actions culturelles à la CIA, a expliqué avec franchise la puissance de l’offensive intellectuelle de l’Agence dans un compte rendu à destination de ses membres, publié en 1967 :

Je me souviens de l’immense joie que j’ai ressentie lorsque le Boston Symphony Orchestra [qui avait reçu l’appui de la CIA] a recueilli plus d’éloges pour les États-Unis à Paris que John Foster Dulles ou Dwight D. Eisenhower n’aurait pu en obtenir en une centaine de discours.

En aucune façon, il ne s’agissait d’une petite opération à la marge. En fait, comme Wilford l’a fort justement décrit, le Congrès pour la liberté de la culture (CCF), dont le siège social se trouvait à Paris et qui s’est par la suite avéré une organisation de façade de la CIA dans la partie culturelle de la guerre froide, était l’un des plus importants mécènes dans l’histoire universelle. Il soutenait une incroyable gamme d’activités artistiques et intellectuelles. Il avait des bureaux dans 35 pays, publiait des dizaines de magazines de prestige, était impliqué dans l’industrie du livre, organisait des conférences internationales de haut niveau ainsi que des expositions d’art, coordonnait des spectacles et des concerts et contribuait largement au financement de divers prix et bourses culturels, ainsi que d’organismes de soutien comme la Fondation Farfield.

L’ »Appareil » parisien : l’agent de la CIA et chef du CCF Michael Josselson (au centre) dans un déjeuner de travail avec John Clinton Hunt et Melvin Lasky (à droite)

La CIA comprend que la culture et la théorie sont des armes cruciales dans l’arsenal global qu’elle déploie pour protéger les intérêts étasuniens dans le monde entier. Le rapport de recherche de 1985, récemment publié, intitulé « France : Defection of the Leftist Intellectuals » (Défection des intellectuels de gauche en France) examine, sans aucun doute pour la manipuler, l’intelligentsia française et son rôle fondamental dans l’orientation des tendances qui à leur tour génèrent les orientations politiques. Le rapport suggère qu’il a existé un équilibre idéologique relatif entre la gauche et la droite dans l’histoire intellectuelle française, puis souligne le monopole de la gauche dans l’immédiat après-guerre (auquel, nous le savons, l’Agence était farouchement opposée) en raison du rôle clé des communistes dans la résistance au fascisme et de leur victoire finale. Bien que la droite, selon les mots de la CIA, ait été massivement discréditée en raison de sa contribution directe aux camps nazis, ainsi que de son programme globalement xénophobe, anti-égalitaire et fasciste, les agents secrets anonymes qui ont rédigé le plan d’étude constatent avec un vif plaisir son retour intellectuel depuis le début des années 1970 environ.

Plus précisément, les soldats camouflés de la culture applaudissent ce qu’ils considèrent comme un double mouvement qui contribue à ce que les cercles intellectuels détournent leurs critiques des États-Unis vers l’URSS. A gauche, il existait une désaffection intellectuelle croissante envers le stalinisme et le marxisme, un retrait progressif des intellectuels radicaux du débat public, et un mouvement théorique de prise de distance envers le socialisme et le Parti socialiste. Plus loin, à droite, les opportunistes idéologiques appelés Nouveaux philosophes ainsi que les intellectuels de la Nouvelle droite avaient lancé une campagne médiatique de critique du marxisme.

Tandis que d’autres tentacules de la CIA étaient impliqués dans le renversement de dirigeants démocratiquement élus, fournissant des informations et des financements à des dictateurs fascistes, soutenant les escadrons de la mort, l’état-major culturel parisien recueillait des données sur la manière dont le glissement du monde intellectuel vers la droite pourrait directement bénéficier à la politique étrangère américaine. Les intellectuels de gauche de l’après-guerre avaient ouvertement critiqué l’impérialisme américain. L’influence médiatique de Jean-Paul Sartre en tant que critique marxiste, et son action notable, en tant que fondateur de Libération, dans le dévoilement du dirigeant de la CIA à Paris ainsi que de dizaines d’agents infiltrés, étaient surveillées de près par l’Agence et considérées comme un très grave problème.

Par contraste, l’atmosphère anti-soviétique et anti-marxiste de l’ère néolibérale en cours d’émergence détournait l’attention du public et fournissait une excellente couverture pour les sales guerres de la CIA en rendant « très difficile pour quiconque de mobiliser parmi les élites intellectuelles une opposition significative à la politique des États-Unis en Amérique centrale, par exemple. » Greg Grandin, un des meilleurs historiens de l’Amérique latine, a parfaitement résumé cette situation dans The Last Colonial Massacre :

En plus des interventions visiblement désastreuses et mortelles au Guatemala en 1954, en République dominicaine en 1965, au Chili en 1973 et au Salvador et au Nicaragua au cours des années 1980, les États-Unis ont attribué des ressources financières stables et discrètes, et leur soutien moral aux États terroristes contre-insurgés. […] Mais l’énormité des crimes de Staline assure que ces histoires sordides, qu’elles soient convaincantes, approfondies, ou accablantes, ne perturbent pas le fondement d’une vision du monde où le les États-Unis jouent un rôle exemplaire dans la défense de ce que nous appelons aujourd’hui démocratie.

C’est dans ce contexte que les mandarins masqués saluent et soutiennent la critique implacable qu’une nouvelle génération de penseurs anti-marxistes comme Bernard-Henri Levy, André Glucksmann et Jean-François Revel lancent contre « la dernière clique d’intellectuels communistes » composée, selon les agents anonymes, de Sartre, Barthes, Lacan et Louis Althusser. Étant donné que ces anti-marxistes avaient penché à gauche dans leur jeunesse, ils fournissaient un modèle parfait auquel adosser des récits trompeurs qui confondent une prétendue prise de conscience politique personnelle avec la marche progressiste du temps, comme si la vie individuelle et l’histoire étaient simplement une question de maturité qui consiste à admettre que l’aspiration à une profonde transformation sociale vers l’égalité est une chose du passé, à l’échelle personnelle et à l’échelle historique. Ce fatalisme condescendant et omniscient ne sert pas seulement à discréditer les nouveaux mouvements, en particulier ceux dirigés par des jeunes, mais il interprète également les succès relatifs de la répression contre-révolutionnaire comme le progrès naturel de l’histoire.

Le philosophe français anti-marxiste Raymond Aron (à gauche) et sa femme Suzanne en vacances avec l’agent infiltré de la CIA Michael Josselson et Denis de Rougemont (à droite)

Même les théoriciens qui n’étaient pas aussi opposés au marxisme que ces réactionnaires ont apporté une contribution significative à une atmosphère de désillusion envers l’égalitarisme transformateur, de prise de distance envers la mobilisation sociale et d’« enquête critique » dépourvue de point de vue politique radical. Ceci est extrêmement important pour comprendre la stratégie globale de la CIA dans ses tentatives puissantes et profondes de démanteler la gauche culturelle en Europe et ailleurs : reconnaissant qu’il était peu probable qu’on puisse l’abolir entièrement, la CIA a cherché à déplacer la culture de gauche d’une politique anti-capitaliste et résolument transformatrice vers une position réformiste de centre-gauche moins ouvertement critique des politiques étrangères et nationales étasuniennes. En fait, comme Saunders l’a démontré en détail, dans l’après-guerre l’Agence a influencé le Congrès maccarthyste pour qu’il soutienne et assure une promotion directe des projets de gauche qui permettaient d’attirer les producteurs et les consommateurs culturels à l’écart d’une gauche résolument égalitaire. En isolant et en discréditant cette dernière, la CIA aspirait aussi à fragmenter la gauche en général, laissant à ce qui restait du centre gauche un pouvoir et un soutien public minimaux en plus d’être potentiellement discrédité en raison de sa complicité avec la politique de droite, une question qui continue de tourmenter les partis institutionnalisés contemporains de gauche.

C’est dans cette lumière que nous devons comprendre le penchant de la CIA pour les récits de conversion et son profond intérêt pour les « marxistes repentis », un leitmotiv qui traverse le rapport de recherche sur la Déconstruction française. « Encore plus efficaces pour saper le marxisme », écrivent les taupes, « il y a ces intellectuels qui, comme de vrais croyants, se sont mis en tête d’appliquer la théorie marxiste aux sciences sociales, et qui ont fini par repenser et rejeter l’ensemble du corpus théorique. » Les agents citent en particulier la puissante contribution de l’École des Annales d’historiographie et le structuralisme (en particulier Claude Lévi-Strauss et Foucault) à la « démolition critique de l’influence marxiste dans les sciences sociales ». Foucault, identifié comme « le penseur le plus profond et le plus influent en France », est particulièrement applaudi pour ses éloges à l’endroit des intellectuels de la Nouvelle droite pour avoir rappelé aux philosophes que des « conséquences sanglantes » ont « découlé de la théorie sociale rationaliste des Lumières du XVIIIème siècle et de l’ère révolutionnaire ». Bien sûr, ce serait une erreur de juger la théorie ou la pratique politique d’un penseur sur une seule position ou un seul résultat, mais le gauchisme anti-révolutionnaire de Foucault et sa perpétuation du chantage au Goulag (c’est-à-dire l’affirmation selon laquelle les mouvements radicaux conquérants visant une transformation sociale et culturelle profonde ne font que ressusciter les traditions les plus dangereuses), sont parfaitement alignés avec les stratégies globales de guerre psychologique de l’Agence.

L’interprétation de la French theory par la CIA devrait nous faire réfléchir, dans ce cas, à reconsidérer le vernis radical chic qui a accompagné en grande partie sa réception anglophone. Selon une conception étapiste d’une histoire progressiste (généralement aveugle à sa téléologie implicite), l’œuvre de figures comme Foucault, Derrida et d’autres théoriciens français d’avant-garde est souvent intuitivement associée à une forme de critique radicale et sophistiquée qui dépasse sans doute de loin tout ce que l’on trouve dans les traditions socialistes, marxistes ou anarchistes. Il est certainement vrai, et mérite d’être souligné que la réception anglophone de la French theory, comme John McCumber l’a souligné à juste titre, a eu d’importantes implications politiques en tant que pôle de résistance aux fausses neutralités politiques, aux formalismes techniques rassurants de la logique et du langage, ou au conformisme idéologique direct opérant dans la tradition philosophique anglo-américaine et soutenu par McCarthy. Cependant, les pratiques théoriques des philosophes qui ont tourné le dos à ce que Cornelius Castoriadis nommait la tradition de la critique radicale, (c’est-à-dire la résistance capitaliste et anti-impérialiste) ont certainement contribué à la mise à l’écart idéologique de la matrice de transformation sociale. Selon la CIA elle-même, la French theory post-marxiste a directement contribué au programme culturel de l’Agence consistant à entraîner la gauche vers la droite, tout en discréditant l’anti-impérialisme et l’anti-capitalisme, créant ainsi un environnement intellectuel dans lequel les projets impériaux pourraient être poursuivis sans l’entrave d’un examen critique sérieux des cercles intellectuels.

Comme nous le savons grâce aux recherches sur le programme de guerre psychologique de la CIA, l’organisation n’a pas seulement cherché à contraindre des individus, mais elle a toujours voulu comprendre et transformer les institutions de production et de distribution culturelles. En effet, son étude sur la Déconstruction met en évidence le rôle structurel des universités, des maisons d’édition et des médias dans la formation et la consolidation d’un ethos politique collectif. Dans des descriptions qui, comme le reste du document, devraient nous inviter à penser de manière critique à la situation académique actuelle dans le monde anglophone et au-delà, les auteurs du rapport mettent au premier plan les méthodes par lesquelles la précarisation du travail universitaire contribue à la démolition de la gauche radicale. Si la gauche la plus résolue ne peut pas se procurer les moyens matériels nécessaires à l’exécution de son travail, ou si nous sommes plus ou moins subtilement contraints de nous plier à une conformité pour trouver un emploi, publier nos écrits ou acquérir un auditoire, alors les conditions structurelles pour une communauté de gauche radicale sont affaiblies. La professionnalisation de l’enseignement supérieur est un autre outil utilisé à cette fin, puisqu’il vise à transformer les gens en rouages technoscientifiques de l’appareil capitaliste plutôt qu’en citoyens autonomes pourvus d’outils fiables en vue de la critique sociale. C’est pourquoi les mandarins théoriciens de la CIA font l’éloge des efforts déployés par le gouvernement français pour « pousser les étudiants à suivre des cursus de commerce et de technologie ». Ils soulignent également les contributions de grandes maisons d’édition comme Grasset, des médias ainsi que la vogue de la culture américaine pour faire avancer leur matrice post-socialiste et anti-égalitaire.

Quelles leçons pouvons-nous tirer du document, en particulier dans le contexte politique actuel d’une offensive permanente contre les cercles de l’intelligence critique ? Pour commencer, cette enquête devrait être un rappel convaincant que si certains présument que les intellectuels sont impuissants, et que leurs orientations politiques sont impuissantes, ce n’est pas ce que pense l’organisation qui a été l’un des plus puissants courtiers de puissance dans la politique mondiale contemporaine. La Central Intelligence Agency, comme son nom l’indique ironiquement, croit au pouvoir de l’intelligence et de la théorie, et nous devrions prendre cela très au sérieux. En présumant que le travail intellectuel a peu d’influence sur le « monde réel », ou n’en a pas, nous ne nous bornons pas à dénaturer les implications pratiques du travail théorique, nous courons aussi le risque de nous aveugler dangereusement sur des projets politiques pour lesquels nous pouvons facilement devenir les ambassadeurs involontaires. Même s’il est vrai que l’Etat-nation et l’appareil culturel français fournissent une matrice publique beaucoup plus efficace pour les intellectuels que ce que l’on trouve dans de nombreux autres pays, le souci de la CIA de cartographier et de manipuler la production théorique et culturelle partout ailleurs devrait tous nous réveiller.

Deuxièmement, les courtiers de pouvoir actuel ont un intérêt direct à cultiver des cercles intellectuels dont l’acuité critique aura été assombrie ou aveuglée en encourageant les institutions fondées sur les intérêts des affaires et de la techno-science, en assimilant la gauche à l’anti-scientifisme, en mettant en corrélation la science avec une neutralité politique prétendue (mais fausse), en assurant la promotion de médias qui saturent les ondes de pratiques conformistes, en tenant la gauche la plus déterminée à l’écart des grandes institutions universitaires et des projecteurs, et en discréditant tous les appels à une transformation égalitaire et écologique radicale. Idéalement, ils cherchent à nourrir une culture intellectuelle de gauche neutralisée, immobilisée, apathique et limitée au fatalisme, ou à la critique passive des mobilisations de la gauche radicale. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous pourrions considérer l’opposition intellectuelle à la gauche radicale, qui prédomine dans l’université américaine, comme une position politique dangereuse : n’est-elle pas directement complice du programme impérialiste global de la CIA ?

Troisièmement, pour contrer cette offensive institutionnelle contre une culture de gauche affirmée, il est impératif de résister à la précarisation et à la professionnalisation de l’enseignement. Il est tout aussi important de créer des sphères publiques de débat réellement critique, offrant une matrice élargie à ceux qui reconnaissent qu’un autre monde est non seulement possible, mais est nécessaire. Nous devons aussi nous unir pour contribuer aux médias alternatifs, aux modèles d’éducation différents, aux contre-institutions et aux collectifs radicaux. Il est vital de favoriser précisément ce que les combattants secrets de la culture veulent détruire : une culture de gauche radicale et son vaste cadre institutionnel de soutien, un large ancrage public, une puissance médiatique conquérante et un pouvoir de mobilisation contagieux.

Enfin, les intellectuels du monde devraient s’unir pour reconnaître notre pouvoir et le saisir afin de faire tout ce que nous pouvons pour développer une critique systémique et radicale, égalitaire et écologiste, anti-capitaliste et anti-impérialiste. Les positions que l’on défend en cours ou en public sont importantes pour définir les termes du débat et tracer le champ des possibilités politiques. En opposition directe à la stratégie culturelle fragmentaire et polarisante de la CIA, par laquelle l’Agence a cherché à diviser et isoler la gauche anti-impérialiste et anti-capitaliste, tout en l’opposant à des positions réformistes, nous devrions fédérer et mobiliser en reconnaissant l’importance de travailler ensemble (dans toute la gauche, comme Keeanga-Yamahtta Taylor nous l’a rappelé récemment) pour cultiver les conditions d’une intelligentsia réellement critique. Plutôt que de proclamer ou de déplorer l’impuissance des intellectuels, nous devrions exploiter la capacité de dire les mots justes au pouvoir en travaillant ensemble et en mobilisant notre capacité à créer collectivement les institutions nécessaires à un monde de gauche culturelle. Car c’est seulement dans un tel monde, et dans les chambres d’écho de l’intelligence critique qu’il génère, que les vérités énoncées pourraient effectivement être entendues, et ainsi changer les structures mêmes du pouvoir.

mercredi 29 avril 2026

Quand la cia infiltrait la culture - ARTE


Fruit de trois ans de recherches, ce documentaire montre comment les services secrets américains ont manipulé les milieux artistiques et intellectuels européens pendant la guerre froide. Beaucoup d'écrivains travaillèrent ainsi pour la CIA. Dans les années de l'après-guerre, les services secrets américains lancent une vaste opération d'infiltration des milieux européens de la culture. Ils lui consacrent plusieurs millions de dollars et s'appuient sur un organisme, le "Congrès pour la liberté de la culture", dont le siège se trouve à Paris. La capitale française est un lieu stratégique pour publier des revues lues jusqu'en Afrique, en Amérique latine et dans les pays arabes. Le Congrès pour la liberté de la culture s'intéresse aux artistes et intellectuels de gauche, qu'il essaie de soustraire à l'influence marxiste et de gagner à la cause américaine. En France, la revue Preuves dirigée par Raymond Aron constitue le fer de lance de cette diffusion de la pensée anticommuniste. En Allemagne, le "Kongress für kulturelle Freiheit" naît en juin 1950 à Berlin, en zone d'occupation américaine. La revue Der Monat reçoit les premiers subsides de la CIA vers 1958. Elle compte parmi ses collaborateurs d'éminents journalistes et les principaux représentants des maisons d'édition en Allemagne fédérale. Le Congrès dispose ainsi de relais à Berlin, Munich et Francfort. Il s'établit aussi à Cologne où il développe des relations privilégiées avec les rédactions de la presse écrite et de la télévision. Heinrich Böll, futur Prix Nobel de littérature (en 1972), est approché et travaillera -- plusieurs documents le confirment -- pendant plus de dix ans pour le Congrès et ses différentes organisations. Sans savoir qu'il oeuvre en fait pour la CIA ? C'est ce que pense Günter Grass, autre cible de l'agence américaine. Au-delà de ces deux personnalités, toute la fine fleur des arts et des lettres a été approchée par les services secrets américains et leur a apporté son soutien, le plus souvent sans le savoir. C'est ce que montre très bien ce documentaire, fruit de trois ans de minutieuses recherches.


mardi 24 février 2026

The life and work of Michael Parenti: a tribute with his son, Christian

 

 

Christian Parenti joins The Grayzone's Max Blumenthal to discuss the revolutionary life and legacy of his father, the dissident political scientist Michael Parenti, who died on January 24, 2026 at age 92. Christian details how his father emerged from a working class family in East Harlem to become one of the country's most outspoken Marxists, unapologetically defending socialist states across the globe while facing professional blacklisting and CIA surveillance. He surveys Michael Parenti's major works, from "Democracy for the Few" to his groundbreaking study of corporate media, "Inventing Reality," along with "To Kill A Nation," which dismantled the Western propaganda deployed to justify NATO's destruction of Yugoslavia. They also discuss his clash with fellow leftists Noam Chomsky and Alexander Cockburn, who glibly dismissed theories about a US intelligence role in JFK's assassination. While Michael Parenti aggressively defied the anti-communist liberal consensus, Christian argues that his father was also a pragmatist who welcomed democratic reforms within his own society. His accessible writing, charismatic speaking style and sense of humor have earned him a committed following that will endure for generations.

mardi 17 février 2026

Estrategia Religiosa del Informe Rockefeller (1969): Hacia una Nueva Hegemonía en América Hispana

 Puede ser una ilustración de texto que dice "EL PLAN SECRETO DEL INFORME ROCKEFELLER 1969 ¡LA GUERRA RELIGIOSA EN AMÉRICA LATINA! Li REPORTE REPORTESECRETO SECRETO CONFIDENCIAL CONFIDENCIAL CONFIDEI ENCIAL OE + ¡NUEVO TIPO DE CRISTIANOS! 枝 আুভরা ¡LA ESTRATEGIA DE EEUU! ¡ANTE LA AMENAZA COMUNISTA!"


El Informe Rockefeller, titulado originalmente "La Calidad de la Vida en las Américas", fue presentado al presidente Richard Nixon el 30 de agosto de 1969 tras una misión presidencial liderada por Nelson A. Rockefeller. Este documento de 136 páginas mecanografiadas buscaba redefinir la "relación especial" de Estados Unidos con el hemisferio occidental ante un clima de cambio profundo y creciente inestabilidad.
 
1. El Diagnóstico: El Fin de la Iglesia Católica como Aliado Confiable
 
La base del plan de Rockefeller radicaba en un cambio de percepción sobre la Iglesia Católica. Históricamente, la Iglesia y los militares habían trabajado "hombro con hombro con los terratenientes" para proveer estabilidad. Sin embargo, Rockefeller advirtió que esta institución estaba rompiendo con su pasado.
En la página 291 del informe (según la versión de la Embajada), en la sección titulada "La Iglesia", se declara textualmente:
"Las comunicaciones modernas y el acrecentamiento de la educación han provocado una agitación entre la gente que ha tenido tremendo impacto sobre la Iglesia, haciendo de ella una fuerza dedicada al cambio - cambio revolucionario, si fuese necesario".
Rockefeller fundamentó este temor citando los documentos de la Segunda Conferencia General del Episcopado Latinoamericano en Medellín (1968), que marcaban el giro del catolicismo hacia la justicia social. El informe sentenció que la Iglesia se había vuelto "vulnerable a la penetración subversiva" y que no tenía claridad sobre el sistema gubernamental para realizar la justicia que buscaba.
 
2. El Memorando Estratégico: La Necesidad de un "Nuevo Tipo de Cristiano"
 
Debido a que la Iglesia Católica ya no era un aliado en quien Estados Unidos pudiera tener confianza, el plan consistió en debilitar su influencia. Según análisis históricos del documento, Rockefeller sostuvo que el catolicismo era un "centro peligroso de revolución potencial" porque educaba a los pueblos y les anunciaba su inalienable dignidad.
Para contrarrestar esto, el magnate recomendó a Washington la promoción de las llamadas "sectas" fundamentalistas provenientes del pentecostalismo estadounidense. El objetivo era reemplazar el catolicismo "peligroso" y progresista por "otro tipo de cristianos" más conservadores y alineados con los intereses de seguridad nacional de EE. UU..
 
3. Implementación: El Evangelismo como Herramienta de Contención
 
El plan de introducir el evangelicalismo y el movimiento carismático se ejecutó deliberadamente para reducir la influencia de la Teología de la Liberación y de los partidos socialistas cristianos. Esta estrategia fue alentada por la administración Nixon tras recibir el memorando de Rockefeller.
Los elementos clave de esta introducción fueron:
• Sionismo Cristiano: Se promovió una visión teológica que enfocaba la mirada en Israel como nación salvadora, uniendo profecías bíblicas con intereses geopolíticos.
• Anticomunismo: Se apoyó militantemente al sector conservador del evangelismo para contrarrestar al sector izquierdista (ecuménico), estableciendo una dicotomía donde el capitalismo norteamericano representaba a Dios y el marxismo al Diablo.
• Legitimación de Regímenes: Esta expansión facilitó que grupos evangélicos sirvieran como legitimadores de dictaduras militares (como la de Pinochet en Chile o Ríos Montt en Guatemala), describiendo tales regímenes como la "respuesta de Dios" frente al marxismo.
En conclusión, el Informe Rockefeller de 1969 no fue solo un análisis económico, sino el diseño de una reconfiguración religiosa. Al detectar que la estructura católica ya no garantizaba el statu quo, el plan impulsó una marea de grupos fundamentalistas que, bajo un barniz de apoliticismo, terminaron convirtiéndose en una de las fuerzas políticas más conservadoras y pro-estadounidenses de la región.

samedi 14 février 2026

LES ACCORDS BLUM-BYRNES : étape essentielle de la colonisation américaine de la France

 

 

L’Europe sous tutelle : La France "carpette" ? 

Loin des analyses superficielles des médias sur les relations transatlantiques, Annie Lacroix-Riz, historienne et professeure émérite d’histoire contemporaine (Paris-Cité), livre ici une analyse implacable de la dépendance française. 

Elle démontre que la situation actuelle n'est pas le fruit d'une "brutalité" passagère d'une administration américaine, mais le résultat d'un processus historique long : le passage à la phase impérialiste hégémonique des États-Unis. 

Le mythe du renouveau : Pourquoi l'impérialisme américain est une constante depuis les années 1890. 

Les accords Blum-Byrnes (1946) : Bien plus qu'un dossier sur le cinéma, ces accords sont le symbole de l'asservissement financier de la France au sortir de la guerre. 

La "Classe dirigeante atlantique" : Comment les élites européennes ont choisi la tutelle américaine pour sauver leurs intérêts de classe, quitte à sacrifier la souveraineté nationale. 

L’histoire censurée : Pourquoi l’effondrement de l’enseignement de l’histoire empêche aujourd'hui de comprendre les mécanismes de notre propre dépendance. 

"Le travail sur les archives originales permet de démontrer que rien n'est neuf. Nous sommes dans une période de relations de dépendance qui transforme l'ancien centre de la puissance coloniale en 'carpette' diplomatique." 

00:00:00 : conférence  

01:39:18 : Questions du public

jeudi 12 février 2026

Une ancienne blogueuse de mode et un médecin douteux à l’origine de l’opération psychologique « 30 000 morts » en Iran. (The GrayZone)


Les responsables occidentaux se sont emparés d’un bilan douteux de 30 000 manifestants morts pour intensifier leurs actions contre l’Iran. Ce chiffre provient d’une seule source, clairement compromise. Mais une journaliste du Guardian, fervente partisane de la guerre, fait de son mieux pour le légitimer.

L’affirmation selon laquelle « 30 000 personnes ont été tuées » au cours des deux jours de manifestations et d’émeutes à travers l’Iran semble reposer en grande partie sur une seule source anonyme, qui a admis avoir extrapolé ce chiffre en supposant sans preuve que « les décès officiellement enregistrés liés à la répression représentent probablement moins de 10 % du nombre réel de victimes ».

Cette citation a été attribuée par The Guardian à un prétendu médecin dont le journal a refusé de publier le vrai nom, mais dont il affirme avoir vérifié l’identité.

Provenant du magazine TIME du 25 janvier, cette affirmation douteuse de « 30 000 » a été rapidement amplifiée par The Guardian, une voix clé de la respectabilité libérale de gauche à Londres. À partir de là, les responsables européens se sont emparés du bilan des victimes pour justifier la désignation du CGRI iranien comme organisation terroriste, donnant ainsi le feu vert à une nouvelle attaque militaire américano-israélienne contre l’Iran.

L’auteur de l’article du Guardian est une ancienne blogueuse de mode nommée Deepa Parent, qui est devenue la source incontournable du journal pour la propagande de guerre contre l’Iran, produisant plus d’une douzaine d’articles pour le Guardian afin de promouvoir le changement de régime contre la République islamique depuis que de violentes émeutes ont secoué le pays les 8 et 9 janvier.

Mme Parent est devenue le visage des attaques du Guardian contre l’Iran, bien qu’elle n’ait aucun lien apparent avec ce pays et ne semble pas en parler la langue. Le farsi ne figure pas parmi la demi-douzaine de langues dans lesquelles elle prétend être bilingue ou parler dans le cadre de ses fonctions professionnelles.

Avant d’adopter le nom de famille Parent vers 2019, la journaliste attitrée du Guardian pour l’Iran écrivait sous le nom de Deepa Kalukuri. Sa production journalistique se limitait principalement à des critiques de mode dans les médias indiens. Un article typique publié dans le magazine indien Just For Women en 2016 était intitulé : « Samantha se fixe des objectifs mode sérieux ! Découvrez-les ! » - « Quoi de mieux qu’une petite robe noire pour une soirée le week-end ? Samantha associe sa petite robe noire à ces talons aiguilles mortels ! Nous adorons !!! Passez un week-end à la mode !!!! »

Dans un autre article informant les femmes au foyer indiennes que « comprendre les actions n’est pas [aussi] difficile que le suggèrent les informations », elle expliquait que l’investissement était en fait assez simple : « c’est comme jouer à un jeu vidéo, mais votre Batman préféré est remplacé par ce courtier en bourse qui vous donne les bons conseils pour investir à la fin de la séance. »

Publiée par The Guardian, sponsorisée par Omidyar

Lorsque les manifestations « Women, Life, Freedom » ont débuté en septembre 2022 à la suite du décès d’une jeune femme en détention en Iran, l’improbable Parent s’est soudainement imposée comme la porte-parole du Guardian sur les troubles civils dans un pays avec lequel elle n’avait apparemment aucune expérience professionnelle ou personnelle.

Une grande partie du travail de Parent au sein de la section « Droits et libertés » du Guardian a été financée par une ONG appelée Humanity United, fondée par le milliardaire Pierre Omidyar et son épouse Pam.

Comme l’a rapporté The Grayzone, Omidyar s’est associé à des agences de renseignement américaines telles que l’USAID et le National Endowment for Democracy pour promouvoir un changement de régime de l’Ukraine aux Philippines, tout en menant diverses actions de « lutte contre la désinformation » visant à réprimer les points de vue anti-establishment.

Une plateforme pour les militants pro-guerre en faveur d’un changement de régime à Téhéran

Alors que la violence en Iran continue de faire la une des journaux, Parent a pratiquement admis servir de canal pour les militants pro-changement de régime soutenus par l’étranger à l’intérieur de l’Iran. Le 30 janvier, elle s’est rendue sur Twitter/X pour annoncer qu’elle avait reçu « l’autorisation » de publier un message d’un « étudiant » à Téhéran qui déclarait : « Nous nous préparons tous à descendre dans la rue et à prendre le contrôle de centres importants dès que les États-Unis attaqueront. »

En 2025, après que l’Iran et Israël aient conclu un cessez-le-feu à l’issue d’une guerre de 12 jours déclenchée par Israël, Parent a annoncé qu’elle avait reçu l’autorisation d’une autre source anonyme de partager « un premier message et une première réaction » en provenance de Téhéran. La source déplorait la fin de la guerre menée par Israël contre l’Iran : « C’est la pire chose qu’ils puissent faire. S’ils agissent ainsi, la République islamique rendra la vie impossible au peuple iranien. »

« Nous n’avons pas besoin de convaincre qui que ce soit » avec des preuves concrètes

Alors que des observateurs critiques commençaient à suggérer que le bilan de 30 000 morts était probablement exagéré, Parent s’est exprimée sur les réseaux sociaux pour déclarer que, bien qu’elle soit journaliste, elle n’avait aucune obligation de prouver les affirmations qu’elle avait publiées. La seule chose qui importait, insistait-elle, était que les « décideurs » soient incités à agir.

« Nous n’avons pas besoin de convaincre qui que ce soit du massacre perpétré par la République islamique contre des civils innocents en Iran », a-t-elle écrit, car « les décideurs ne voient pas les tweets des trolls, ils voient les comptes et les rapports vérifiés ».

Mme Parent, du Guardian, a donc admis que son travail visait à manipuler les responsables gouvernementaux occidentaux, et non à informer les citoyens qui les élisent.

Cependant, à peine un jour plus tard, Parent a apparemment changé d’avis et a présenté un « médecin anonyme » qui, selon elle, avait finalement confirmé ce chiffre. Cette personne, que Parent désignait sous le pseudonyme de « Dr Ahmadi », avait en quelque sorte « mis en place un réseau de plus de 80 professionnels de la santé dans 12 des 31 provinces iraniennes afin de partager des observations et des données », a-t-elle insisté. Et voilà que le chiffre calculé grâce à ce réseau obscur coïncidait parfaitement avec l’estimation avancée par un agent monarchiste iranien en Allemagne, qui avait été la seule source du chiffre de 30 000 morts.

Le « grand mensonge »

Depuis que le magazine TIME a publié son article du 25 janvier affirmant sans preuve tangible que l’Iran avait tué 30 000 manifestants en deux jours, ce chiffre est devenu un article de foi parmi les militants en faveur d’un changement de régime et leurs soutiens journalistiques. Co-écrit par Kay Armin Serjoie, un contributeur persan du Times of Israel, l’article du TIME, dont les données sont douteuses, a fait le tour des médias grand public. TIME a affirmé avoir obtenu ce chiffre de « deux hauts fonctionnaires du ministère [iranien] de la Santé ».

Bien que le magazine ait admis ne pas pouvoir vérifier ce chiffre, TIME a affirmé avoir confirmé le nombre de morts en insistant sur le fait qu’il « correspondait approximativement » à un décompte établi par un chirurgien ophtalmologiste allemand nommé Amir Parasta.

TIME n’a toutefois pas informé ses lecteurs qu’Amir Parasta était une source désespérément compromise. En effet, Parasta est un proche collaborateur et lobbyiste du « prince héritier » autoproclamé Reza Pahlavi, fils du shah déchu d’Iran. Basé à Potomac, dans le Maryland, Pahlavi a exhorté les Iraniens à commettre des actes de violence dans tout le pays en janvier dernier. Lorsque cette campagne a échoué, il a appelé « n’importe qui » à lancer une attaque militaire contre le pays qu’il a quitté lorsqu’il était enfant avec des millions de dollars provenant de richesses volées.

Parasta est ouvertement conseiller du NUFDI, le principal groupe de pression basé aux États-Unis qui œuvre à la réalisation du rêve de Pahlavi de se rétablir lui-même et sa famille comme monarques d’Iran.

Pour sa part, le gouvernement iranien a rejeté le chiffre de 30 000 comme étant un « grand mensonge à la Hitler », présentant le récit du « massacre » en Iran comme faisant partie d’une campagne menée par les États-Unis et Israël pour fabriquer un consentement en faveur d’un changement de régime.

Dans une grande partie du monde occidental, le « grand mensonge » semble fonctionner comme prévu. Le 28 janvier, alors que le nouveau bilan massif des victimes était consciencieusement diffusé par les médias grand public, un média européen a écrit qu’il avait été informé que le nombre révisé de victimes avait suffi à convaincre l’Italie et l’Espagne d’accepter enfin de sanctionner le CGRI iranien.

« La brutalité de ce que nous voyons a amené les ministres et les capitales à reconsidérer leurs positions », aurait déclaré un haut diplomate européen anonyme à Euro News.

Ce responsable a qualifié la décision de l’Italie et de l’Espagne – les deux derniers grands opposants aux sanctions de l’UE contre le CGRI – d’« important signal envers le gouvernement iranien et d’expression de soutien à la diaspora iranienne », qui, selon le diplomate, « réclame cela depuis longtemps ».

Comme l’a rapporté The Grayzone, les médias grand public se sont appuyés presque exclusivement sur des groupes de la diaspora iranienne étroitement liés au gouvernement américain pour établir le bilan toujours plus lourd des victimes qu’ils attribuent à Téhéran.

Parent n’a pas fait exception, citant fréquemment l’une des organisations présentées par The Grayzone, qui opère sous le nom de « Human Rights Activists in Iran » (Militants des droits de l’homme en Iran). Ce groupe reçoit un financement important du National Endowment for Democracy, une organisation créée par la CIA sous l’administration Reagan afin de dissocier les efforts secrets de Washington en faveur d’un changement de régime des agences de renseignement américaines discréditées.

Parent, du Guardian, s’appuie sur un « vérificateur de faits » financé par le département d’État

Parent s’est appuyée sur une source similaire pour affirmer que l’Iran avait tué « 30 000 » citoyens pendant les troubles de janvier, lorsqu’elle a déclaré que le Guardian avait obtenu des photographies montrant « des corps présentant des blessures par balle à bout portant à la tête, qui avaient été transférés des morgues des hôpitaux alors qu’ils étaient encore reliés à des cathéters, des sondes nasogastriques ou des tubes endotrachéaux ». Bien que Parent ait librement reconnu que The Guardian n’avait « pas vérifié de manière indépendante les photographies », elle a néanmoins affirmé qu’elles avaient été « vérifiées par [une] organisation iranienne de vérification des faits » connue sous le nom de « Factnameh ».

De son propre aveu, cependant, Factnameh n’est pas iranienne. Sur son site web, Factnameh se décrit comme une filiale de « ASL19, une société privée enregistrée à Toronto, au Canada ».

Plus important encore, Factnameh n’est en réalité pas une organisation neutre de vérification des faits, mais plutôt un autre maillon du vaste réseau d’entités financées par le gouvernement américain qui cherchent à renverser le gouvernement iranien. Les archives publiques montrent qu’entre 2022 et 2023 seulement, ASL19 a reçu près de 2,9 millions de dollars du département d’État américain.

Si Parent dissimule son plaidoyer en faveur d’un changement de régime derrière la réputation du Guardian, elle s’est montrée plus imprudente dans ses opinions sur les réseaux sociaux. Interrogée sur Twitter/X pour savoir si les Iraniens qui sont en désaccord avec leur gouvernement souhaitent réellement être bombardés par Israël, elle a rétorqué : « Ils préfèrent être libérés de la République islamique et ils étaient déjà en train d’être tués par les forces du régime. »

Wyatt Reed , Max Blumenthal

Traduction LGS

 https://thegrayzone.com/2026/02/01/guardian-iranian-death-toll-concocted-monarchist-doctors/

mercredi 11 février 2026

La guerra de Reagan al Cristo rojo

Puede ser una imagen de el Despacho Oval 
 
La administración de Ronald Reagan (1981-1989) influyó de manera determinante en el fundamentalismo religioso centroamericano al instrumentalizarlo como una herramienta de seguridad nacional y contención del comunismo. Bajo su mandato, la política exterior estadounidense pasó de una etapa de convivencia a una de enfrentamiento directo con el bloque soviético, utilizando la fe como un arma ideológica.
A continuación se detallan las principales formas en que esta administración impulsó dicho fenómeno:
• Implementación de los Documentos de Santa Fe: Reagan fue el primer presidente en basar su programa de gobierno en el Documento de Santa Fe I, el cual urgía a combatir la Teología de la Liberación por ser considerada un "arma política" del marxismo. El plan estratégico consistía en alentar la propagación de religiones evangélicas fundamentalistas provenientes de Estados Unidos para debilitar a los movimientos de resistencia y canalizar las demandas populares hacia el activismo religioso apolítico.
• Financiamiento Masivo: Se estima que, a finales de la década de 1980, el gobierno de Reagan, a través de fundaciones y programas de cooperación, destinó entre 200 y 300 millones de dólares para financiar estas misiones fundamentalistas. En 1981 se creó específicamente el Instituto de Religión y Democracia con el fin de integrar a las iglesias evangélicas y financiar su predicación en el continente como una barrera ideológica.
• Apoyo a Líderes "Nacidos de Nuevo": Un caso emblemático fue el respaldo al general guatemalteco Efraín Ríos Montt, adepto a una iglesia californiana, quien utilizó una retórica evangélica de "redención nacional" para justificar una de las etapas más violentas de la guerra interna. Elites religiosas estadounidenses vinculadas a la administración Reagan facilitaron sus lazos con la Casa Blanca y aportaron financiamiento, viendo en él un "hermano en Cristo" capaz de detener el comunismo.
• Fomento del Individualismo y el Capitalismo: La administración promovió un enfoque de salvación individual sobre el cambio social colectivo, desmovilizando a los sectores que buscaban transformar las estructuras económicas capitalistas. Estas iglesias sirvieron para exportar el "American Way of Life" y valores pro-mercado, legitimando la propiedad privada como algo sagrado y promoviendo la lealtad hacia Washington.
• Uso de la CIA y Operaciones Psicológicas: Los documentos desclasificados revelan que la CIA implementó una estrategia de influencia religiosa activa en los años 80 para contrarrestar tendencias católicas progresistas. Estas iglesias evangélicas "latinoamericanizadas" terminaron funcionando como una tupida red de contactos para operaciones encubiertas destinadas a derrocar gobiernos que desafiaran la hegemonía estadounidense, como ocurrió con el hostigamiento al sandinismo en Nicaragua.
En resumen, la administración Reagan transformó el panorama religioso de Centroamérica al promover una "Guerra Fría cultural", sustituyendo la conciencia social del catolicismo por una ética de consumo y obediencia política alineada con los intereses imperiales.

mardi 10 février 2026

L'héritage perdu du Parti communiste italien

L’Héritage perdu du Parti Communiste Italien - 1

 Bof, mais j'ai pas trouvé mieux sur l'histoire glorieuse et catastrophique du Pci. Mais il est intéressant de constater comment sa dissolution à l'instar de celle du PCUS -et alors que le Pci était certainement le parti communiste occidental le plus indépendant de Moscou- a laissé le champ libre au populisme libéral de Berlusconi dans les années 1990. Les autres partis, des socialistes à la démocratie chrétienne, étant alors empêtrés dans l'opération mains propres / Mani pulite du juge Di Pietro (opération "léopard" pour tout changer pour que rien ne change, sous conduite USA). Le parrain de l'Italie pendant 20 ans a mis Meloni dans l'un de ses gouvernements: elle a désormais pris le relais, et l'effacement de l'héritage du Pci semble maintenant total. D'où la découverte pour les jeunes italiens d'une partie de cette histoire à travers le film Berlinguer. La Grande ambizione, 2024.  
 


 Noi e la Grande ambizione, 2025


 La bande-annonce montre un public plutôt étudiant, pas des producteurs. A noter en Italie la cohérence des manifs contre les massacres à Gaza et les grèves contre la guerre otanienne.

 

jeudi 29 janvier 2026

L'Otan postmoderne frenchy au palais de Tokyo

 Source https://www.connaissancedesarts.com/arts-expositions/foucault-derrida-deleuze-letonnante-influence-des-philosophes-de-la-french-theory-sur-lart-contemporain-11208593/

 Foucault, Derrida, Deleuze… l’étonnante influence des philosophes de la « French Theory » sur l’art contemporain 

 Foucault, Derrida, Deleuze… l’étonnante influence des philosophes de la « French Theory » sur l’art contemporain 
Gérard Fromanger, ami de Michel Foucault dont il a fait le portrait (1976), 
considérait ses amitiés comme un moteur essentiel à son inspiration © Bridgeman Images.

Bannis du paysage intellectuel français des années 1970 et 1980, les philosophes dits de la « French Theory », les Foucault, Derrida, Deleuze et Baudrillard, ont en revanche été accueillis comme des stars aux États-Unis. Reste qu'ils ont marqué nombre d’artistes plasticiens, français comme étrangers.

Nul n’est prophète en son pays, dites-vous ? Probablement. Si vous aviez interrogé Michel Foucault (1926-1984), Gilles Deleuze (1925-1995), Jacques Derrida (1930-2004) et Jean Baudrillard (1927-2007) avant leur disparition, aucun doute que ces philosophes français auraient acquiescé. Marginalisés dans l’Hexagone, c’est aux États-Unis que nos quatre mousquetaires de la pensée ont dû s’exiler pour briller de tous leurs feux. Et de quels feux ! Outre-Atlantique, ils ont joui, dans les années 1970 et 1980, d’une « aura qui n’était réservée qu’aux héros de la mythologie américaine, ou aux vedettes du show-business », s’amuse l’historien de la philosophie et des idées François Cusset dans French Theory, son essai publié en 2003 (éd. La Découverte), qui rend compte de ce « french paradoxe ». Inaudibles sur les bords de Seine, ces penseurs ont été accueillis, sur les campus américains, comme de véritables rock stars. Et leur influence fait aujourd’hui l’objet d’une exposition.

French theory: La bataille des structures 

Art américain, pensées francophones 

mercredi 28 janvier 2026

Una síntesis del suicidio europeo

La Unión Europea neoliberal y sus instituciones han provocado el colapso más grave que Europa haya sufrido jamás

Andrea Zhok, filósofo italiano 

Hubo un tiempo en que una Europa unida se presentó como

1) baluarte competitivo frente a los EE.UU.;

2) creación de un organismo supranacional con una masa crítica capaz de afirmarse a nivel internacional.

Todo esto resultó ser una farsa.

¿Por qué?

A) El modelo ideológico

Cuando se redactó el Tratado de Maastricht, Occidente estaba dominado por la leyenda del triunfo neoliberal sobre el oso soviético, y así el marco neoliberal definió todos los principales mecanismos jurídicos, el papel de la industria pública y las relaciones con las finanzas, según ese modelo ideológico.

Este modelo supone que el libre intercambio es un sustituto idealmente completo de la democracia (de hecho, una mejora del mecanismo rudimentario de las elecciones democráticas) y privilegia el papel dinámico del gran capital, respecto del cual la política debe desempeñar un papel auxiliar y facilitador.

B) La soberanía de la economía financiera

Teorías escandalosamente abstractas, como el modelo de Nozick sobre el surgimiento del Estado a partir del libre comercio egoísta, constituyeron la base de un modelo novedoso que imaginaba una entidad política (una unión política, un Estado federal, etc.) que surgía de una intensa interacción de mercado. El modelo europeo se convirtió así en el primer experimento histórico (y, dado el resultado, también el último) en el que se creyó que un mercado común (es decir, un sistema de competencia mutua entre Estados dentro de un marco que forzaba la máxima competitividad) sería el precursor de una unión política.

Obviamente, lo que en realidad ocurrió fue lo que siempre ocurre en condiciones de mercado altamente competitivos y sin filtros políticos (sin barreras aduaneras, sin ajustes monetarios, etc.): hubo ganadores y perdedores, hubo países que obtuvieron ventajas y países cuyos recursos fueron vampirizados (Italia es uno de estos últimos).

La idea obsoleta de gobiernos democráticos responsables ante los votantes fue reemplazada por la idea de “gobernanza” como un sistema de reglas para la gestión económica, lo que condujo a la idea de una política funcionando en “piloto automático”.

C) La política del ganador se lleva todo

Los sistemas financieros son impersonales, acéfalos y supranacionales, pero eso no significa que carezcan de centros de gravedad. El principal centro de gravedad del sistema financiero occidental es el eje Nueva York-Londres, mientras que su principal brazo político siempre ha sido el gobierno estadounidense (cualquier gobierno estadounidense).

La Europa de Maastricht, que comenzó a operar internacionalmente según las reglas neoliberales, cayó inevitablemente en la órbita gravitacional de los grandes gestores de fondos financieros, encarnados en la política estadounidense. En Estados Unidos, las políticas de supremacía nacional y de lucro financiero son indistinguibles: son lo mismo con mínimas variaciones estilísticas. 

La Europa de Maastricht regresó así plenamente bajo el ala hegemónica de Estados Unidos precisamente en el momento histórico en que el desarrollo económico de la posguerra habría permitido la autonomía.

Desde la década de 1990, la hegemonía estadounidense ha sido financiera, militar y, sobre todo, cultural, demoliendo gradualmente toda resistencia interna europea. En el ámbito cultural, los últimos 30 años han presenciado una completa americanización ideológica de Europa, importando no solo estilos cinematográficos y musicales, sino también modelos institucionales, modelos de gestión para escuelas, universidades, servicios públicos, etc.

D) Suicidio geopolítico

La hegemonía cultural facilitó el crecimiento de la hegemonía político-militar de Estados Unidos, que, en lugar de retroceder ante los resultados de la Segunda Guerra Mundial, se impuso en una nueva dimensión geopolítica.

Europa (UE) comenzó a apoyar sistemáticamente todas las iniciativas estadounidenses de reorganización geopolítica, desde Afganistán hasta Irak, Yugoslavia y Libia. 

El marco ideológico —la leyenda progresista de un sistema internacional basado en normas y el respeto a los derechos humanos— permitió que las políticas estadounidenses se aprobaran sin oposición de la opinión pública europea. Durante dos décadas, los ciudadanos europeos se tragaron como gansos los cuentos de hadas estadounidenses de «emancipación de los pueblos oprimidos», «intervención humanitaria» y «vigilancia policial internacional».

Mientras tanto, mientras nuestros periódicos se alababan mutuamente por nuestra civilización e ilustración, Estados Unidos cortó todas las cadenas de suministro vitales para Europa. Desestabilizó a todos los productores de petróleo de Oriente Medio que no eran ya vasallos estadounidenses (Arabia Saudí, Emiratos Árabes Unidos, etc.). Así, Irak y Libia pasaron de ser proveedores independientes a ser un montón de ruinas donde solo cuenta la fuerza militar. 

Bajo la crédula fábula de los derechos humanos, Irán fue sancionado y se le impidió comerciar con sus recursos con Europa. Finalmente, las reiteradas provocaciones en la frontera con Ucrania desencadenaron la guerra en curso, que ha cortado la principal fuente de suministro energético para la industria europea: Rusia.

Con Oriente Medio y Rusia fuera del camino, los genios de la política europea se han apoyado fuertemente en el GNL estadounidense, reduciendo drásticamente la competitividad de la industria europea. Y en este punto, obviamente, el poder de negociación de Europa con EE. UU. es nulo. Si Trump quiere Groenlandia, se la daremos; si quiere el derecho de primera noche, se lo daremos (solo necesita desconectar el GNL y el continente quedará de rodillas).

E) ¿Qué hacer?

Es verdaderamente difícil recuperarse de una situación tan comprometida. De hecho, la Unión Europea neoliberal y sus instituciones han provocado el colapso más grave que Europa haya sufrido jamás, peor incluso que la Segunda Guerra Mundial, en términos de poder comparativo.

La solución teórica a seguir es sencilla en teoría (mucho menos en la práctica).

La UE debe cerrar sus puertas, colocar un cartel de cerrado por fracaso y reconocer que ha sido una página oscura en historia europea . (El problema técnico es qué hacer con el euro si este persiste).

En lugar de la UE, deberían formarse inmediatamente alianzas estratégicas entre estados europeos con intereses similares.

Hay que reabrir de inmediato todos los canales diplomáticos y económicos con todos los países que el poder blando estadounidense ha retratado como monstruos: Rusia, China, Irán.

Sólo de esta manera se podrá romper el asedio estadounidense a Europa (y al resto del mundo).

Sólo así Europa podrá abrir de nuevo un futuro a las generaciones futuras.

Obviamente, en el clima cultural que se ha cultivado durante décadas, tal perspectiva seguramente encontrará una fuerte resistencia. Y, de ser así, Europa se habrá sacrificado una vez más por ideas estúpidas.

Pero a diferencia de la canción de Georges Brassens, esta vez moriremos por las ideas, pero no será una muerte lenta.

 FUENTE: https://observatoriocrisis.com/2026/01/27/una-sintesis-del-suicidio-europeo/

lundi 19 janvier 2026

Del púlpito a las urnas: el auge de la iglesia neopentecostal como caballo de batalla de la extrema derecha

Fuente: https://www.elsaltodiario.com/iglesia-evangelica/auge-iglesia-neopentecostal-nuevo-caballo-batalla-extrema-derecha#

 

Yadira Maestre y Ayuso - 1
 
 La predicadora de la Iglesia de Cristo Viene, Yadira Maestre, junto a la presidenta de la Comunidad de Madrid, Isabel Díaz Ayuso, en un acto en Madrid organizado por el Partido Popular en el barrio madrileño de Usera. Foto: Iglesia de Cristo Viene                                                           
 
 En España, el PP de la Región de Murcia y de la Comunidad de Madrid lleva años acercándose a los líderes religiosos evangélicos neopentecostales para tratar de sacarle rédito electoral a un fenómeno en pleno crecimiento. Vox, Hazte Oír o el Opus Dei también participan en el entramado global que boicotea la agenda progresista.
 
Familia, orden y valores tradicionales. Religión, neoliberalismo y políticos de extrema derecha. Esta combinación de conceptos siempre ha estado presente en el ecosistema de la derecha reaccionaria, pero en la última década ha aparecido un denominador común que los conecta: el evangelismo, y más específicamente la rama neopentecostal, su vertiente más ultraconservadora.

El ascenso global de la extrema derecha, y los cambios sociales que lo están propiciando, encuentran una cámara de resonancia en el evangelismo, que está transformando los mapas religiosos, especialmente en América Latina. Hasta los años 80, el continente era el bastión más sólido del catolicismo a nivel mundial, con más del 90% de la población declarándose católica. Sin embargo, a mediados de los 2010 ese porcentaje había caído más de un 30%.

Pablo Semán lleva desde los años 80 investigando el mundo evangélico, es antropólogo y sociólogo investigador del Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Tecnológicas de Argentina. Semán cuenta que “la expansión evangélica viene desde 1900 en toda la América Latina, lo que pasa es que partía de porcentajes tan bajos que el crecimiento no se notó hasta que no eran el 9 o el 10 por ciento. Pero eso implicó multiplicar por 10 la cantidad de evangélicos en un contexto muy específico que era de falta de pluralismo religioso” y de dominio total del catolicismo. Semán incide en que es el aperturismo religioso y la consolidación de las democracias en Latinoamérica lo que más favoreció la expansión del evangelismo.

A la cabeza de esta transformación se encuentra Brasil, pero en otros países como Argentina, Guatemala, Honduras y Nicaragua, los evangélicos se han convertido en una parte sustancial de la población, con porcentajes de creyentes que llegan a superar el 40% en algunos casos. La clave de este fenómeno es el surgimiento y la expansión del neopentecostalismo, caracterizado por su organización descentralizada y local, que ha permitido un crecimiento exponencial en barrios urbanos marginales y estratos de población empobrecidos.

Sobre esto, Semán habla de dos motivos principales que explican el crecimiento evangélico. Uno de ellos es que “en las creencias pentecostales históricas, la idea de que el milagro está a la orden del día sintoniza profundamente con la religiosidad popular”. El investigador explica que, mientras el catolicismo abandonó la idea del milagro y la secularizó, “los evangélicos permanecieron en una idea del milagro como hecho ordinario, y con eso sintonizan realmente con la población de origen popular”.


La segunda razón a la que alude el experto para explicar el crecimiento del evangelismo es que todo evangélico tiene la posibilidad de convertirse en sacerdote, sin que importe su estado civil o su género. Esta idea de sacerdocio universal “tiene consecuencias organizativas enormes porque permite que los evangélicos crezcan por fraccionamiento, mientras el mundo católico es piramidal y vertical”.

Las iglesias evangélicas también ofrecen redes de apoyo social y sentido de pertenencia en contextos donde otras instituciones han retrocedido o se perciben como ausentes. Esto hace que en muchos barrios urbanos las congregaciones funcionen como centros de cohesión social e identidad.

Una potente y eficaz maquinaria política

En gran parte de Estados Unidos y América Latina, el evangelismo ha trascendido la esfera estrictamente religiosa para convertirse en un factor electoral decisivo, actuando como una estructura organizativa capaz de movilizar a millones de votantes y moldear discursos políticos.

Brasil es el caso paradigmático de la maquinaria política evangélica. Su apoyo fue clave en la victoria de Jair Bolsonaro en 2018, con más del 65% de los evangélicos votando por él en la segunda vuelta de las presidenciales. El activismo evangélico en Brasil no se queda dentro de las iglesias, su estrategia abarca el apoyo abierto a candidatos, la negociación directa con partidos políticos y la promoción de sus propios representantes. En el Congreso brasileño hay incluso una “bancada evangélica” que agrupa a decenas de legisladores de distintas formaciones políticas con una agenda común centrada en los valores conservadores y la defensa de intereses religiosos en el espacio público.

Con todo, Pablo Semán matiza que el voto evangélico y el comportamiento político de los representantes evangélicos no son ni homogéneos ni continuos, y recuerda que hay sectores del evangelismo que también han apoyado, aunque no tan mayoritariamente, a candidatos progresistas en Brasil como Lula da Silva o Dilma Rousseff.

No obstante, el investigador añade que en el caso latinoamericano la derecha ha sabido detectar las claves de interpelación del mundo evangélico y a izquierda no. “La afinidad entre la derecha y los evangélicos no es necesaria, esencial, total ni absoluta, pero sí tiende a serlo toda vez que la izquierda rechaza incluir a los evangélicos en su estrategia política”.

En Estados Unidos, el evangelismo —especialmente el protestantismo blanco, también ha sido un pilar del apoyo al Partido Republicano desde finales del siglo XX, y especialmente en la reelección de Donald Trump. Como ocurre en Brasil, iglesias y líderes evangélicos locales actúan como centros de socialización política, difundiendo mensajes sobre identidad nacional, valores tradicionales y expandiendo el discurso del odio y el miedo a la izquierda —sobre todo a las narrativas del feminismo, los migrantes y los derechos LGTBIQ+—.

Ayuso a la caza del voto evangélico latino

Aunque en muchísima menor medida, España no es ajena a la expansión del fenómeno del evangelismo pentecostal. Desde hace décadas, las dinámicas migratorias —principalmente desde Latinoamérica— han transformado el paisaje religioso de grandes ciudades como Madrid o Barcelona, y de regiones como Murcia, donde las iglesias evangélicas no solo crecen en número, sino que también empiezan a tener un papel importante en la política local.

El auge evangélico no ha pasado inadvertido para el PP de Madrid. Durante la precampaña de las elecciones municipales y autonómicas de 2023, varios dirigentes del partido llevaron a cabo una estrategia deliberada de acercamiento a iglesias evangélicas para intentar canalizar apoyos entre fieles de origen migrante y sus redes sociales. Figuras del PP regional y municipal como José Luis Martínez-Almeida, Isabel Díaz Ayuso, o el propio Alberto Núñez Feijóo participaron en encuentros con pastores y comunidades evangélicas.

El acto más importante fue el que tuvo lugar en el madrileño barrio de Usera. Bajo el lema “Europa es Hispania”, los líderes ‘populares’ aparecieron junto a Yadira Maestre, predicadora y fundadora del centro Cristo Viene y figura clave del pentecostalismo en nuestro país.

Años antes, Ayuso creó expresamente la Secretaría de Nuevos Madrileños, y puso al frente al venezolano Gustavo Eustache. Actualmente Eustache es diputado en la Asamblea de Madrid, pero el motivo de que Ayuso le crease un cargo se explica mejor sabiendoque está muy bien relacionado con los principales pastores evangelistas de la región, como es el caso de Yadira Maestre, definida por el vicesecretario electoral del PP madrileño, Jorge Rodrigo, como “la aglutinadora de las iglesias evangélicas de la Comunidad de Madrid”.


Con esto, el PP intenta construir puentes con las comunidades neopentecostales de latinos que hasta ahora habían estado fuera del radar de las estrategias políticas convencionales. En aquella campaña electoral de 2023, dicha estrategia se tradujo en semanas de apariciones en templos evangélicos y encuentros con sus líderes.

No obstante, estas prácticas no gustan en todo el mundo evangélico. Cuando el PP de Madrid hizo campaña junto a Cristo Viene en 2023, la Federación de Entidades Religiosas Evangélicas de España (FEREDE) publicó un comunicado mostrando su disconformidad con que una de sus iglesias se hubiese significado políticamente. El responsable de prensa de la entidad, Jorge Fernández, asegura que “ningún individuo ni organización política debe arrogarse la representación de la comunidad evangélica”, y reafirma el compromiso de FEREDE con el principio de separación entre Iglesia y Estado. “La naturaleza espiritual y universal de la Iglesia [evangélica] exige que sus ministros y líderes eviten la identificación con posiciones partidistas y preserven la neutralidad política en sus congregaciones”.

Fernández matiza que esto no significa que los pastores y líderes espirituales no puedan expresar sus opiniones, pero a su modo de ver esta opinión debe hacerse “desde fundamentos religiosos, éticos y humanos, y con independencia del signo político de quienes gobiernan”. En consecuencia, desde FEREDE se oponen a la “participación de ministros de culto en actos partidistas o el uso de los púlpitos para solicitar el voto a favor de un partido o candidato determinado”.

El laboratorio murciano

Aunque en Madrid el evangelismo ultra ya empieza a formar parte de la agenda de campaña del PP, el verdadero laboratorio de este fenómeno es la Región de Murcia. Con más de 110 iglesias evangélicas registradas y una población latina con derecho a voto que empieza a ser significativa, las congregaciones pentecostales murcianas tienen un enorme potencial de movilización electoral, algo a lo que también ha sabido anticiparse el PP de la región.

En localidades como Lorca o Torre Pacheco, las iglesias han florecido en antiguas naves industriales y bajos comerciales, con pastores que cada domingo articulan sermones sobre la familia, la moral, los valores conservadores y el rechazo a lo que ellos llaman “ideología de género”. Un discurso que encaja a la perfección con el ideario tradicionalista del Partido Popular —a pesar de la dureza de su lenguaje en materia migratoria, un ámbito donde se disputa el voto con Vox—.

Desde hace algunos años el presidente murciano, Fernando López Miras, mantiene una estrecha relación personal con Ángel Zapata, presidente del Consejo Evangélico de Murcia. Esa amistad se ha traducido en la implantación de un acuerdo que permite que en Murcia se enseñe religión evangélica en los colegios.

En España todavía no existe un bloque evangélico homogéneo y monolítico políticamente alineado con la extrema derecha, como ocurre en Brasil o Estados Unidos. Las comunidades evangélicas en España son diversas en origen, tamaño y trayectoria. Sin embargo, en las estrategias políticas de partidos como el PP sí se están teniendo en cuenta este espacio religioso emergente y valorando su capacidad de movilización y amplificación de mensajes ultra.

FEREDE aclara que ninguna de sus iglesias integrantes se identifica con el neopentecostalismo, y explica que “en España, las principales organizaciones pentecostales observan este movimiento con preocupación” e intentan distanciarse “de su extremismo y los compromisos políticos partidistas”.

‘Teología de la prosperidad’: capitalismo, autoritarismo y patriarcado

Uno de los rasgos más marcados del evangelismo neopentecostal es su afinidad discursiva con los valores y lógicas del capitalismo y las políticas neoliberales. En el mundo evangélico está muy extendido el concepto de “teología de la prosperidad”, una doctrina que enfatiza que la fe y la conducta individual conducen a la riqueza y al bienestar material, y que se entrelaza con principios del neoliberalismo como la competitividad o el esfuerzo individual, legitimando el orden económico capitalista y extendiendo la idea de que la riqueza es un sinónimo de premio divino por el esfuerzo personal.

Desde FEREDE recuerdan que la teología de la prosperidad no forma parte del pentecostalismo histórico, sino que es algo exclusivamente ligado al neopentecostalismo. Jorge Fernández aclara que “se trata de una interpretación doctrinal que utiliza de manera sesgada y fuera de contexto ciertos pasajes bíblicos […] Este enfoque suele beneficiar únicamente a determinados líderes religiosos, que se enriquecen a costa del sacrificio y la buena fe de sus congregaciones mediante promesas de éxito económico o de salud proporcionales a sus ofrendas. Es una desviación doctrinal que lamentamos profundamente y que denunciamos”.

En contextos donde se aplican políticas que debilitan el Estado de bienestar (como es el caso de Estados Unidos y Argentina, o como sucedió en Brasil durante el mandato de Bolsonaro), donde una agenda económica austericida merma la financiación de los servicios públicos, las iglesias evangélicas a menudo ocupan el vacío de la asistencia social dejado por el Estado. Sin embargo, esta asistencia suele estar privatizada, tiene un fuerte sesgo moral y depende de la iniciativa de las congregaciones religiosas.

Este binomio entre evangelismo y capitalismo da como resultado discursos que inciden en conceptos como el orden, reproducen modelos patriarcales donde el liderazgo sigue siendo predominantemente masculino, y se oponen explícitamente al feminismo, el laicismo y derechos civiles como el matrimonio igualitario o del colectivo LGTBIQ+, presentándolos como amenazas culturales.

Bien organizados y financiados

El fenómeno del evangelismo neopentecostal no se circunscribe a las fronteras de cada país, sino que tiene poderosos tentáculos transnacionales a través de los que se organiza y difunde la agenda ultra. Para hacerlo recurren a la financiación privada, la creación de think tanks (laboratorios de ideas), falsas ONG y alianzas empresariales.

El ejemplo más conocido de esta internacionalización es el Congreso Mundial de las Familias (WCF, por sus siglas en inglés), una organización estadounidense con presencia en más de 80 países —entre ellos España, donde ya han celebrado algún evento— que coordina estrategias y discursos en torno a la “familia tradicional” y la oposición al aborto.

El WCF organiza congresos regionales que reúnen a organizaciones, líderes religiosos e incluso representantes políticos para difundir marcos ideológicos que se traduzcan en presión política, redes de apoyo global y la aprobación de leyes conforme a sus intereses. En paralelo, múltiples organizaciones, la mayoría estadounidenses —como Alliance Defending Freedom (ADF) o Family Watch International—, financian la presencia y las acciones coordinadas en Europa, África y América Latina para expandir sus narrativas de “libertad religiosa” o “valores familiares”.

Vox, Hazte Oír y el Opus Dei

Estas redes no solo comparten discursos, sino también mecanismos institucionales de influencia, haciendo campañas de lobby (grupos de presión) ante organismos transnacionales como la UE y participando en foros internacionales para frenar agendas de igualdad. Organizaciones dentro del llamado movimiento “anti ideología de género” también utilizan las redes sociales y plataformas digitales de recogida de firmas (por ejemplo, CitizenGO, creada por Hazte Oír) para coordinar esfuerzos en múltiples países y generar impacto mediático y político simultáneo.

De hecho, L’Associació de Drets Sexuals i Reproductius documenta en un informe publicado el pasado octubre cómo actores políticos, religiosos y mediáticos vinculados a la extrema derecha española han consolidado una estrategia transnacional para influir en políticas públicas y narrativas culturales en América Latina, África y otros países de Europa. Según el estudio, España ha pasado a convertirse en un nodo estratégico de proyección ideológica de fuerzas reaccionarias, erigiéndose como el puente entre Europa y América Latina que potencia y articula redes conservadoras a escala global.

El trabajo identifica a cinco actores españoles clave en este entramado ultra: Vox (junto con su Fundación Disenso), las plataformas Hazte Oír y CitizenGO, el Opus Dei y la Political Network for Values (PNfV), que combinan recursos políticos, educativos, mediáticos y organizativos para importar y exportar discursos y tácticas contra los derechos sexuales y reproductivos.