Article épinglé
mercredi 25 février 2026
mardi 24 février 2026
The life and work of Michael Parenti: a tribute with his son, Christian
Christian Parenti joins The Grayzone's Max Blumenthal to discuss the revolutionary life and legacy of his father, the dissident political scientist Michael Parenti, who died on January 24, 2026 at age 92.
Christian details how his father emerged from a working class family in East Harlem to become one of the country's most outspoken Marxists, unapologetically defending socialist states across the globe while facing professional blacklisting and CIA surveillance.
He surveys Michael Parenti's major works, from "Democracy for the Few" to his groundbreaking study of corporate media, "Inventing Reality," along with "To Kill A Nation," which dismantled the Western propaganda deployed to justify NATO's destruction of Yugoslavia. They also discuss his clash with fellow leftists Noam Chomsky and Alexander Cockburn, who glibly dismissed theories about a US intelligence role in JFK's assassination.
While Michael Parenti aggressively defied the anti-communist liberal consensus, Christian argues that his father was also a pragmatist who welcomed democratic reforms within his own society. His accessible writing, charismatic speaking style and sense of humor have earned him a committed following that will endure for generations.
mardi 17 février 2026
Estrategia Religiosa del Informe Rockefeller (1969): Hacia una Nueva Hegemonía en América Hispana

dimanche 15 février 2026
samedi 14 février 2026
LES ACCORDS BLUM-BYRNES : étape essentielle de la colonisation américaine de la France
L’Europe sous tutelle : La France "carpette" ?
Loin des analyses superficielles des médias sur les relations transatlantiques, Annie Lacroix-Riz, historienne et professeure émérite d’histoire contemporaine (Paris-Cité), livre ici une analyse implacable de la dépendance française.
Elle démontre que la situation actuelle n'est pas le fruit d'une "brutalité" passagère d'une administration américaine, mais le résultat d'un processus historique long : le passage à la phase impérialiste hégémonique des États-Unis.
Le mythe du renouveau : Pourquoi l'impérialisme américain est une constante depuis les années 1890.
Les accords Blum-Byrnes (1946) : Bien plus qu'un dossier sur le cinéma, ces accords sont le symbole de l'asservissement financier de la France au sortir de la guerre.
La "Classe dirigeante atlantique" : Comment les élites européennes ont choisi la tutelle américaine pour sauver leurs intérêts de classe, quitte à sacrifier la souveraineté nationale.
L’histoire censurée : Pourquoi l’effondrement de l’enseignement de l’histoire empêche aujourd'hui de comprendre les mécanismes de notre propre dépendance.
"Le travail sur les archives originales permet de démontrer que rien n'est neuf. Nous sommes dans une période de relations de dépendance qui transforme l'ancien centre de la puissance coloniale en 'carpette' diplomatique."
00:00:00 : conférence
01:39:18 : Questions du public
jeudi 12 février 2026
Une ancienne blogueuse de mode et un médecin douteux à l’origine de l’opération psychologique « 30 000 morts » en Iran. (The GrayZone)

Les responsables occidentaux se sont emparés d’un bilan douteux de 30 000 manifestants morts pour intensifier leurs actions contre l’Iran. Ce chiffre provient d’une seule source, clairement compromise. Mais une journaliste du Guardian, fervente partisane de la guerre, fait de son mieux pour le légitimer.
L’affirmation selon laquelle « 30 000 personnes ont été tuées » au cours des deux jours de manifestations et d’émeutes à travers l’Iran semble reposer en grande partie sur une seule source anonyme, qui a admis avoir extrapolé ce chiffre en supposant sans preuve que « les décès officiellement enregistrés liés à la répression représentent probablement moins de 10 % du nombre réel de victimes ».
Cette citation a été attribuée par The Guardian à un prétendu médecin dont le journal a refusé de publier le vrai nom, mais dont il affirme avoir vérifié l’identité.
Provenant du magazine TIME du 25 janvier, cette affirmation douteuse de « 30 000 » a été rapidement amplifiée par The Guardian, une voix clé de la respectabilité libérale de gauche à Londres. À partir de là, les responsables européens se sont emparés du bilan des victimes pour justifier la désignation du CGRI iranien comme organisation terroriste, donnant ainsi le feu vert à une nouvelle attaque militaire américano-israélienne contre l’Iran.
L’auteur de l’article du Guardian est une ancienne blogueuse de mode nommée Deepa Parent, qui est devenue la source incontournable du journal pour la propagande de guerre contre l’Iran, produisant plus d’une douzaine d’articles pour le Guardian afin de promouvoir le changement de régime contre la République islamique depuis que de violentes émeutes ont secoué le pays les 8 et 9 janvier.
Mme Parent est devenue le visage des attaques du Guardian contre l’Iran, bien qu’elle n’ait aucun lien apparent avec ce pays et ne semble pas en parler la langue. Le farsi ne figure pas parmi la demi-douzaine de langues dans lesquelles elle prétend être bilingue ou parler dans le cadre de ses fonctions professionnelles.
Avant d’adopter le nom de famille Parent vers 2019, la journaliste attitrée du Guardian pour l’Iran écrivait sous le nom de Deepa Kalukuri. Sa production journalistique se limitait principalement à des critiques de mode dans les médias indiens. Un article typique publié dans le magazine indien Just For Women en 2016 était intitulé : « Samantha se fixe des objectifs mode sérieux ! Découvrez-les ! » - « Quoi de mieux qu’une petite robe noire pour une soirée le week-end ? Samantha associe sa petite robe noire à ces talons aiguilles mortels ! Nous adorons !!! Passez un week-end à la mode !!!! »
Dans un autre article informant les femmes au foyer indiennes que « comprendre les actions n’est pas [aussi] difficile que le suggèrent les informations », elle expliquait que l’investissement était en fait assez simple : « c’est comme jouer à un jeu vidéo, mais votre Batman préféré est remplacé par ce courtier en bourse qui vous donne les bons conseils pour investir à la fin de la séance. »
Publiée par The Guardian, sponsorisée par Omidyar
Lorsque les manifestations « Women, Life, Freedom » ont débuté en septembre 2022 à la suite du décès d’une jeune femme en détention en Iran, l’improbable Parent s’est soudainement imposée comme la porte-parole du Guardian sur les troubles civils dans un pays avec lequel elle n’avait apparemment aucune expérience professionnelle ou personnelle.
Une grande partie du travail de Parent au sein de la section « Droits et libertés » du Guardian a été financée par une ONG appelée Humanity United, fondée par le milliardaire Pierre Omidyar et son épouse Pam.
Comme l’a rapporté The Grayzone, Omidyar s’est associé à des agences de renseignement américaines telles que l’USAID et le National Endowment for Democracy pour promouvoir un changement de régime de l’Ukraine aux Philippines, tout en menant diverses actions de « lutte contre la désinformation » visant à réprimer les points de vue anti-establishment.
Une plateforme pour les militants pro-guerre en faveur d’un changement de régime à Téhéran
Alors que la violence en Iran continue de faire la une des journaux, Parent a pratiquement admis servir de canal pour les militants pro-changement de régime soutenus par l’étranger à l’intérieur de l’Iran. Le 30 janvier, elle s’est rendue sur Twitter/X pour annoncer qu’elle avait reçu « l’autorisation » de publier un message d’un « étudiant » à Téhéran qui déclarait : « Nous nous préparons tous à descendre dans la rue et à prendre le contrôle de centres importants dès que les États-Unis attaqueront. »
Got the permission to share this from one of the students : pic.twitter.com/ScvphOJ9i7
— Deepa Parent (@DeepaParent) January 30, 2026
En 2025, après que l’Iran et Israël aient conclu un cessez-le-feu à l’issue d’une guerre de 12 jours déclenchée par Israël, Parent a annoncé qu’elle avait reçu l’autorisation d’une autre source anonyme de partager « un premier message et une première réaction » en provenance de Téhéran. La source déplorait la fin de la guerre menée par Israël contre l’Iran : « C’est la pire chose qu’ils puissent faire. S’ils agissent ainsi, la République islamique rendra la vie impossible au peuple iranien. »
« Nous n’avons pas besoin de convaincre qui que ce soit » avec des preuves concrètes
Alors que des observateurs critiques commençaient à suggérer que le bilan de 30 000 morts était probablement exagéré, Parent s’est exprimée sur les réseaux sociaux pour déclarer que, bien qu’elle soit journaliste, elle n’avait aucune obligation de prouver les affirmations qu’elle avait publiées. La seule chose qui importait, insistait-elle, était que les « décideurs » soient incités à agir.
« Nous n’avons pas besoin de convaincre qui que ce soit du massacre perpétré par la République islamique contre des civils innocents en Iran », a-t-elle écrit, car « les décideurs ne voient pas les tweets des trolls, ils voient les comptes et les rapports vérifiés ».
Mme Parent, du Guardian, a donc admis que son travail visait à manipuler les responsables gouvernementaux occidentaux, et non à informer les citoyens qui les élisent.
Cependant, à peine un jour plus tard, Parent a apparemment changé d’avis et a présenté un « médecin anonyme » qui, selon elle, avait finalement confirmé ce chiffre. Cette personne, que Parent désignait sous le pseudonyme de « Dr Ahmadi », avait en quelque sorte « mis en place un réseau de plus de 80 professionnels de la santé dans 12 des 31 provinces iraniennes afin de partager des observations et des données », a-t-elle insisté. Et voilà que le chiffre calculé grâce à ce réseau obscur coïncidait parfaitement avec l’estimation avancée par un agent monarchiste iranien en Allemagne, qui avait été la seule source du chiffre de 30 000 morts.
Le « grand mensonge »
Depuis que le magazine TIME a publié son article du 25 janvier affirmant sans preuve tangible que l’Iran avait tué 30 000 manifestants en deux jours, ce chiffre est devenu un article de foi parmi les militants en faveur d’un changement de régime et leurs soutiens journalistiques. Co-écrit par Kay Armin Serjoie, un contributeur persan du Times of Israel, l’article du TIME, dont les données sont douteuses, a fait le tour des médias grand public. TIME a affirmé avoir obtenu ce chiffre de « deux hauts fonctionnaires du ministère [iranien] de la Santé ».
Bien que le magazine ait admis ne pas pouvoir vérifier ce chiffre, TIME a affirmé avoir confirmé le nombre de morts en insistant sur le fait qu’il « correspondait approximativement » à un décompte établi par un chirurgien ophtalmologiste allemand nommé Amir Parasta.
TIME n’a toutefois pas informé ses lecteurs qu’Amir Parasta était une source désespérément compromise. En effet, Parasta est un proche collaborateur et lobbyiste du « prince héritier » autoproclamé Reza Pahlavi, fils du shah déchu d’Iran. Basé à Potomac, dans le Maryland, Pahlavi a exhorté les Iraniens à commettre des actes de violence dans tout le pays en janvier dernier. Lorsque cette campagne a échoué, il a appelé « n’importe qui » à lancer une attaque militaire contre le pays qu’il a quitté lorsqu’il était enfant avec des millions de dollars provenant de richesses volées.
Parasta est ouvertement conseiller du NUFDI, le principal groupe de pression basé aux États-Unis qui œuvre à la réalisation du rêve de Pahlavi de se rétablir lui-même et sa famille comme monarques d’Iran.
Pour sa part, le gouvernement iranien a rejeté le chiffre de 30 000 comme étant un « grand mensonge à la Hitler », présentant le récit du « massacre » en Iran comme faisant partie d’une campagne menée par les États-Unis et Israël pour fabriquer un consentement en faveur d’un changement de régime.
Dans une grande partie du monde occidental, le « grand mensonge » semble fonctionner comme prévu. Le 28 janvier, alors que le nouveau bilan massif des victimes était consciencieusement diffusé par les médias grand public, un média européen a écrit qu’il avait été informé que le nombre révisé de victimes avait suffi à convaincre l’Italie et l’Espagne d’accepter enfin de sanctionner le CGRI iranien.
« La brutalité de ce que nous voyons a amené les ministres et les capitales à reconsidérer leurs positions », aurait déclaré un haut diplomate européen anonyme à Euro News.
Ce responsable a qualifié la décision de l’Italie et de l’Espagne – les deux derniers grands opposants aux sanctions de l’UE contre le CGRI – d’« important signal envers le gouvernement iranien et d’expression de soutien à la diaspora iranienne », qui, selon le diplomate, « réclame cela depuis longtemps ».
Comme l’a rapporté The Grayzone, les médias grand public se sont appuyés presque exclusivement sur des groupes de la diaspora iranienne étroitement liés au gouvernement américain pour établir le bilan toujours plus lourd des victimes qu’ils attribuent à Téhéran.
Parent n’a pas fait exception, citant fréquemment l’une des organisations présentées par The Grayzone, qui opère sous le nom de « Human Rights Activists in Iran » (Militants des droits de l’homme en Iran). Ce groupe reçoit un financement important du National Endowment for Democracy, une organisation créée par la CIA sous l’administration Reagan afin de dissocier les efforts secrets de Washington en faveur d’un changement de régime des agences de renseignement américaines discréditées.
Parent, du Guardian, s’appuie sur un « vérificateur de faits » financé par le département d’État
Parent s’est appuyée sur une source similaire pour affirmer que l’Iran avait tué « 30 000 » citoyens pendant les troubles de janvier, lorsqu’elle a déclaré que le Guardian avait obtenu des photographies montrant « des corps présentant des blessures par balle à bout portant à la tête, qui avaient été transférés des morgues des hôpitaux alors qu’ils étaient encore reliés à des cathéters, des sondes nasogastriques ou des tubes endotrachéaux ». Bien que Parent ait librement reconnu que The Guardian n’avait « pas vérifié de manière indépendante les photographies », elle a néanmoins affirmé qu’elles avaient été « vérifiées par [une] organisation iranienne de vérification des faits » connue sous le nom de « Factnameh ».
De son propre aveu, cependant, Factnameh n’est pas iranienne. Sur son site web, Factnameh se décrit comme une filiale de « ASL19, une société privée enregistrée à Toronto, au Canada ».
Plus important encore, Factnameh n’est en réalité pas une organisation neutre de vérification des faits, mais plutôt un autre maillon du vaste réseau d’entités financées par le gouvernement américain qui cherchent à renverser le gouvernement iranien. Les archives publiques montrent qu’entre 2022 et 2023 seulement, ASL19 a reçu près de 2,9 millions de dollars du département d’État américain.
Si Parent dissimule son plaidoyer en faveur d’un changement de régime derrière la réputation du Guardian, elle s’est montrée plus imprudente dans ses opinions sur les réseaux sociaux. Interrogée sur Twitter/X pour savoir si les Iraniens qui sont en désaccord avec leur gouvernement souhaitent réellement être bombardés par Israël, elle a rétorqué : « Ils préfèrent être libérés de la République islamique et ils étaient déjà en train d’être tués par les forces du régime. »
Wyatt Reed , Max Blumenthal
Traduction LGS
mercredi 11 février 2026
La guerra de Reagan al Cristo rojo
mardi 10 février 2026
L'héritage perdu du Parti communiste italien
Noi e la Grande ambizione, 2025
La bande-annonce montre un public plutôt étudiant, pas des producteurs. A noter en Italie la cohérence des manifs contre les massacres à Gaza et les grèves contre la guerre otanienne.
jeudi 29 janvier 2026
L'Otan postmoderne frenchy au palais de Tokyo
Foucault, Derrida, Deleuze… l’étonnante influence des philosophes de la « French Theory » sur l’art contemporain
Bannis du paysage intellectuel français des années 1970 et 1980, les philosophes dits de la « French Theory », les Foucault, Derrida, Deleuze et Baudrillard, ont en revanche été accueillis comme des stars aux États-Unis. Reste qu'ils ont marqué nombre d’artistes plasticiens, français comme étrangers.
Nul n’est prophète en son pays, dites-vous ? Probablement. Si vous aviez interrogé Michel Foucault (1926-1984), Gilles Deleuze (1925-1995), Jacques Derrida (1930-2004) et Jean Baudrillard (1927-2007) avant leur disparition, aucun doute que ces philosophes français auraient acquiescé. Marginalisés dans l’Hexagone, c’est aux États-Unis que nos quatre mousquetaires de la pensée ont dû s’exiler pour briller de tous leurs feux. Et de quels feux ! Outre-Atlantique, ils ont joui, dans les années 1970 et 1980, d’une « aura qui n’était réservée qu’aux héros de la mythologie américaine, ou aux vedettes du show-business », s’amuse l’historien de la philosophie et des idées François Cusset dans French Theory, son essai publié en 2003 (éd. La Découverte), qui rend compte de ce « french paradoxe ». Inaudibles sur les bords de Seine, ces penseurs ont été accueillis, sur les campus américains, comme de véritables rock stars. Et leur influence fait aujourd’hui l’objet d’une exposition.
mercredi 28 janvier 2026
Una síntesis del suicidio europeo
La Unión Europea neoliberal y sus instituciones han provocado el colapso más grave que Europa haya sufrido jamás
Andrea Zhok, filósofo italiano
Hubo un tiempo en que una Europa unida se presentó como
1) baluarte competitivo frente a los EE.UU.;
2) creación de un organismo supranacional con una masa crítica capaz de afirmarse a nivel internacional.
Todo esto resultó ser una farsa.
¿Por qué?
A) El modelo ideológico
Cuando se redactó el Tratado de Maastricht, Occidente estaba dominado por la leyenda del triunfo neoliberal sobre el oso soviético, y así el marco neoliberal definió todos los principales mecanismos jurídicos, el papel de la industria pública y las relaciones con las finanzas, según ese modelo ideológico.
Este modelo supone que el libre intercambio es un sustituto idealmente completo de la democracia (de hecho, una mejora del mecanismo rudimentario de las elecciones democráticas) y privilegia el papel dinámico del gran capital, respecto del cual la política debe desempeñar un papel auxiliar y facilitador.
B) La soberanía de la economía financiera
Teorías escandalosamente abstractas, como el modelo de Nozick sobre el surgimiento del Estado a partir del libre comercio egoísta, constituyeron la base de un modelo novedoso que imaginaba una entidad política (una unión política, un Estado federal, etc.) que surgía de una intensa interacción de mercado. El modelo europeo se convirtió así en el primer experimento histórico (y, dado el resultado, también el último) en el que se creyó que un mercado común (es decir, un sistema de competencia mutua entre Estados dentro de un marco que forzaba la máxima competitividad) sería el precursor de una unión política.
Obviamente, lo que en realidad ocurrió fue lo que siempre ocurre en condiciones de mercado altamente competitivos y sin filtros políticos (sin barreras aduaneras, sin ajustes monetarios, etc.): hubo ganadores y perdedores, hubo países que obtuvieron ventajas y países cuyos recursos fueron vampirizados (Italia es uno de estos últimos).
La idea obsoleta de gobiernos democráticos responsables ante los votantes fue reemplazada por la idea de “gobernanza” como un sistema de reglas para la gestión económica, lo que condujo a la idea de una política funcionando en “piloto automático”.
C) La política del ganador se lleva todo
Los sistemas financieros son impersonales, acéfalos y supranacionales, pero eso no significa que carezcan de centros de gravedad. El principal centro de gravedad del sistema financiero occidental es el eje Nueva York-Londres, mientras que su principal brazo político siempre ha sido el gobierno estadounidense (cualquier gobierno estadounidense).
La Europa de Maastricht, que comenzó a operar internacionalmente según las reglas neoliberales, cayó inevitablemente en la órbita gravitacional de los grandes gestores de fondos financieros, encarnados en la política estadounidense. En Estados Unidos, las políticas de supremacía nacional y de lucro financiero son indistinguibles: son lo mismo con mínimas variaciones estilísticas.
La Europa de Maastricht regresó así plenamente bajo el ala hegemónica de Estados Unidos precisamente en el momento histórico en que el desarrollo económico de la posguerra habría permitido la autonomía.
Desde la década de 1990, la hegemonía estadounidense ha sido financiera, militar y, sobre todo, cultural, demoliendo gradualmente toda resistencia interna europea. En el ámbito cultural, los últimos 30 años han presenciado una completa americanización ideológica de Europa, importando no solo estilos cinematográficos y musicales, sino también modelos institucionales, modelos de gestión para escuelas, universidades, servicios públicos, etc.
D) Suicidio geopolítico
La hegemonía cultural facilitó el crecimiento de la hegemonía político-militar de Estados Unidos, que, en lugar de retroceder ante los resultados de la Segunda Guerra Mundial, se impuso en una nueva dimensión geopolítica.
Europa (UE) comenzó a apoyar sistemáticamente todas las iniciativas estadounidenses de reorganización geopolítica, desde Afganistán hasta Irak, Yugoslavia y Libia.
El marco ideológico —la leyenda progresista de un sistema internacional basado en normas y el respeto a los derechos humanos— permitió que las políticas estadounidenses se aprobaran sin oposición de la opinión pública europea. Durante dos décadas, los ciudadanos europeos se tragaron como gansos los cuentos de hadas estadounidenses de «emancipación de los pueblos oprimidos», «intervención humanitaria» y «vigilancia policial internacional».
Mientras tanto, mientras nuestros periódicos se alababan mutuamente por nuestra civilización e ilustración, Estados Unidos cortó todas las cadenas de suministro vitales para Europa. Desestabilizó a todos los productores de petróleo de Oriente Medio que no eran ya vasallos estadounidenses (Arabia Saudí, Emiratos Árabes Unidos, etc.). Así, Irak y Libia pasaron de ser proveedores independientes a ser un montón de ruinas donde solo cuenta la fuerza militar.
Bajo la crédula fábula de los derechos humanos, Irán fue sancionado y se le impidió comerciar con sus recursos con Europa. Finalmente, las reiteradas provocaciones en la frontera con Ucrania desencadenaron la guerra en curso, que ha cortado la principal fuente de suministro energético para la industria europea: Rusia.
Con Oriente Medio y Rusia fuera del camino, los genios de la política europea se han apoyado fuertemente en el GNL estadounidense, reduciendo drásticamente la competitividad de la industria europea. Y en este punto, obviamente, el poder de negociación de Europa con EE. UU. es nulo. Si Trump quiere Groenlandia, se la daremos; si quiere el derecho de primera noche, se lo daremos (solo necesita desconectar el GNL y el continente quedará de rodillas).
E) ¿Qué hacer?
Es verdaderamente difícil recuperarse de una situación tan comprometida. De hecho, la Unión Europea neoliberal y sus instituciones han provocado el colapso más grave que Europa haya sufrido jamás, peor incluso que la Segunda Guerra Mundial, en términos de poder comparativo.
La solución teórica a seguir es sencilla en teoría (mucho menos en la práctica).
La UE debe cerrar sus puertas, colocar un cartel de cerrado por fracaso y reconocer que ha sido una página oscura en historia europea . (El problema técnico es qué hacer con el euro si este persiste).
En lugar de la UE, deberían formarse inmediatamente alianzas estratégicas entre estados europeos con intereses similares.
Hay que reabrir de inmediato todos los canales diplomáticos y económicos con todos los países que el poder blando estadounidense ha retratado como monstruos: Rusia, China, Irán.
Sólo de esta manera se podrá romper el asedio estadounidense a Europa (y al resto del mundo).
Sólo así Europa podrá abrir de nuevo un futuro a las generaciones futuras.
Obviamente, en el clima cultural que se ha cultivado durante décadas, tal perspectiva seguramente encontrará una fuerte resistencia. Y, de ser así, Europa se habrá sacrificado una vez más por ideas estúpidas.
Pero a diferencia de la canción de Georges Brassens, esta vez moriremos por las ideas, pero no será una muerte lenta.
FUENTE: https://observatoriocrisis.com/2026/01/27/una-sintesis-del-suicidio-europeo/
lundi 19 janvier 2026
Del púlpito a las urnas: el auge de la iglesia neopentecostal como caballo de batalla de la extrema derecha

El ascenso global de la extrema derecha, y los cambios sociales que lo están propiciando, encuentran una cámara de resonancia en el evangelismo, que está transformando los mapas religiosos, especialmente en América Latina. Hasta los años 80, el continente era el bastión más sólido del catolicismo a nivel mundial, con más del 90% de la población declarándose católica. Sin embargo, a mediados de los 2010 ese porcentaje había caído más de un 30%.
Pablo Semán lleva desde los años 80 investigando el mundo evangélico, es antropólogo y sociólogo investigador del Consejo Nacional de Investigaciones Científicas y Tecnológicas de Argentina. Semán cuenta que “la expansión evangélica viene desde 1900 en toda la América Latina, lo que pasa es que partía de porcentajes tan bajos que el crecimiento no se notó hasta que no eran el 9 o el 10 por ciento. Pero eso implicó multiplicar por 10 la cantidad de evangélicos en un contexto muy específico que era de falta de pluralismo religioso” y de dominio total del catolicismo. Semán incide en que es el aperturismo religioso y la consolidación de las democracias en Latinoamérica lo que más favoreció la expansión del evangelismo.
A la cabeza de esta transformación se encuentra Brasil, pero en otros países como Argentina, Guatemala, Honduras y Nicaragua, los evangélicos se han convertido en una parte sustancial de la población, con porcentajes de creyentes que llegan a superar el 40% en algunos casos. La clave de este fenómeno es el surgimiento y la expansión del neopentecostalismo, caracterizado por su organización descentralizada y local, que ha permitido un crecimiento exponencial en barrios urbanos marginales y estratos de población empobrecidos.
Sobre esto, Semán habla de dos motivos principales que explican el crecimiento evangélico. Uno de ellos es que “en las creencias pentecostales históricas, la idea de que el milagro está a la orden del día sintoniza profundamente con la religiosidad popular”. El investigador explica que, mientras el catolicismo abandonó la idea del milagro y la secularizó, “los evangélicos permanecieron en una idea del milagro como hecho ordinario, y con eso sintonizan realmente con la población de origen popular”.
La segunda razón a la que alude el
experto para explicar el crecimiento del evangelismo es que todo
evangélico tiene la posibilidad de convertirse en sacerdote, sin que
importe su estado civil o su género. Esta idea de sacerdocio universal
“tiene consecuencias organizativas enormes porque permite que los
evangélicos crezcan por fraccionamiento, mientras el mundo católico es
piramidal y vertical”.
Las iglesias evangélicas también ofrecen redes de apoyo social y sentido de pertenencia en contextos donde otras instituciones han retrocedido o se perciben como ausentes. Esto hace que en muchos barrios urbanos las congregaciones funcionen como centros de cohesión social e identidad.
En gran parte de Estados Unidos y América Latina, el evangelismo ha trascendido la esfera estrictamente religiosa para convertirse en un factor electoral decisivo, actuando como una estructura organizativa capaz de movilizar a millones de votantes y moldear discursos políticos.
Brasil es el caso paradigmático de la maquinaria política evangélica. Su apoyo fue clave en la victoria de Jair Bolsonaro en 2018, con más del 65% de los evangélicos votando por él en la segunda vuelta de las presidenciales. El activismo evangélico en Brasil no se queda dentro de las iglesias, su estrategia abarca el apoyo abierto a candidatos, la negociación directa con partidos políticos y la promoción de sus propios representantes. En el Congreso brasileño hay incluso una “bancada evangélica” que agrupa a decenas de legisladores de distintas formaciones políticas con una agenda común centrada en los valores conservadores y la defensa de intereses religiosos en el espacio público.
Con todo, Pablo Semán matiza que el voto evangélico y el comportamiento político de los representantes evangélicos no son ni homogéneos ni continuos, y recuerda que hay sectores del evangelismo que también han apoyado, aunque no tan mayoritariamente, a candidatos progresistas en Brasil como Lula da Silva o Dilma Rousseff.
No obstante, el investigador añade que en el caso latinoamericano la derecha ha sabido detectar las claves de interpelación del mundo evangélico y a izquierda no. “La afinidad entre la derecha y los evangélicos no es necesaria, esencial, total ni absoluta, pero sí tiende a serlo toda vez que la izquierda rechaza incluir a los evangélicos en su estrategia política”.
En Estados Unidos, el evangelismo —especialmente el protestantismo blanco—, también ha sido un pilar del apoyo al Partido Republicano desde finales del siglo XX, y especialmente en la reelección de Donald Trump. Como ocurre en Brasil, iglesias y líderes evangélicos locales actúan como centros de socialización política, difundiendo mensajes sobre identidad nacional, valores tradicionales y expandiendo el discurso del odio y el miedo a la izquierda —sobre todo a las narrativas del feminismo, los migrantes y los derechos LGTBIQ+—.
Aunque en muchísima menor medida, España no es ajena a la expansión del fenómeno del evangelismo pentecostal. Desde hace décadas, las dinámicas migratorias —principalmente desde Latinoamérica— han transformado el paisaje religioso de grandes ciudades como Madrid o Barcelona, y de regiones como Murcia, donde las iglesias evangélicas no solo crecen en número, sino que también empiezan a tener un papel importante en la política local.
El auge evangélico no ha pasado inadvertido para el PP de Madrid. Durante la precampaña de las elecciones municipales y autonómicas de 2023, varios dirigentes del partido llevaron a cabo una estrategia deliberada de acercamiento a iglesias evangélicas para intentar canalizar apoyos entre fieles de origen migrante y sus redes sociales. Figuras del PP regional y municipal como José Luis Martínez-Almeida, Isabel Díaz Ayuso, o el propio Alberto Núñez Feijóo participaron en encuentros con pastores y comunidades evangélicas.
El acto más importante fue el que tuvo lugar en el madrileño barrio de Usera. Bajo el lema “Europa es Hispania”, los líderes ‘populares’ aparecieron junto a Yadira Maestre, predicadora y fundadora del centro Cristo Viene y figura clave del pentecostalismo en nuestro país.
Años antes, Ayuso creó expresamente la Secretaría de Nuevos Madrileños, y puso al frente al venezolano Gustavo Eustache. Actualmente Eustache es diputado en la Asamblea de Madrid, pero el motivo de que Ayuso le crease un cargo se explica mejor sabiendoque está muy bien relacionado con los principales pastores evangelistas de la región, como es el caso de Yadira Maestre, definida por el vicesecretario electoral del PP madrileño, Jorge Rodrigo, como “la aglutinadora de las iglesias evangélicas de la Comunidad de Madrid”.
Con esto, el PP intenta construir
puentes con las comunidades neopentecostales de latinos que hasta ahora
habían estado fuera del radar de las estrategias políticas
convencionales. En aquella campaña electoral de 2023, dicha estrategia
se tradujo en semanas de apariciones en templos evangélicos y encuentros
con sus líderes.
No obstante, estas prácticas no gustan en todo el mundo evangélico. Cuando el PP de Madrid hizo campaña junto a Cristo Viene en 2023, la Federación de Entidades Religiosas Evangélicas de España (FEREDE) publicó un comunicado mostrando su disconformidad con que una de sus iglesias se hubiese significado políticamente. El responsable de prensa de la entidad, Jorge Fernández, asegura que “ningún individuo ni organización política debe arrogarse la representación de la comunidad evangélica”, y reafirma el compromiso de FEREDE con el principio de separación entre Iglesia y Estado. “La naturaleza espiritual y universal de la Iglesia [evangélica] exige que sus ministros y líderes eviten la identificación con posiciones partidistas y preserven la neutralidad política en sus congregaciones”.
Fernández matiza que esto no significa que los pastores y líderes espirituales no puedan expresar sus opiniones, pero a su modo de ver esta opinión debe hacerse “desde fundamentos religiosos, éticos y humanos, y con independencia del signo político de quienes gobiernan”. En consecuencia, desde FEREDE se oponen a la “participación de ministros de culto en actos partidistas o el uso de los púlpitos para solicitar el voto a favor de un partido o candidato determinado”.
Aunque en Madrid el evangelismo ultra ya empieza a formar parte de la agenda de campaña del PP, el verdadero laboratorio de este fenómeno es la Región de Murcia. Con más de 110 iglesias evangélicas registradas y una población latina con derecho a voto que empieza a ser significativa, las congregaciones pentecostales murcianas tienen un enorme potencial de movilización electoral, algo a lo que también ha sabido anticiparse el PP de la región.
En localidades como Lorca o Torre Pacheco, las iglesias han florecido en antiguas naves industriales y bajos comerciales, con pastores que cada domingo articulan sermones sobre la familia, la moral, los valores conservadores y el rechazo a lo que ellos llaman “ideología de género”. Un discurso que encaja a la perfección con el ideario tradicionalista del Partido Popular —a pesar de la dureza de su lenguaje en materia migratoria, un ámbito donde se disputa el voto con Vox—.
Desde hace algunos años el presidente murciano, Fernando López Miras, mantiene una estrecha relación personal con Ángel Zapata, presidente del Consejo Evangélico de Murcia. Esa amistad se ha traducido en la implantación de un acuerdo que permite que en Murcia se enseñe religión evangélica en los colegios.
En España todavía no existe un bloque evangélico homogéneo y monolítico políticamente alineado con la extrema derecha, como ocurre en Brasil o Estados Unidos. Las comunidades evangélicas en España son diversas en origen, tamaño y trayectoria. Sin embargo, en las estrategias políticas de partidos como el PP sí se están teniendo en cuenta este espacio religioso emergente y valorando su capacidad de movilización y amplificación de mensajes ultra.
FEREDE aclara que ninguna de sus iglesias integrantes se identifica con el neopentecostalismo, y explica que “en España, las principales organizaciones pentecostales observan este movimiento con preocupación” e intentan distanciarse “de su extremismo y los compromisos políticos partidistas”.
Uno de los rasgos más marcados del evangelismo neopentecostal es su afinidad discursiva con los valores y lógicas del capitalismo y las políticas neoliberales. En el mundo evangélico está muy extendido el concepto de “teología de la prosperidad”, una doctrina que enfatiza que la fe y la conducta individual conducen a la riqueza y al bienestar material, y que se entrelaza con principios del neoliberalismo como la competitividad o el esfuerzo individual, legitimando el orden económico capitalista y extendiendo la idea de que la riqueza es un sinónimo de premio divino por el esfuerzo personal.
Desde FEREDE recuerdan que la teología de la prosperidad no forma parte del pentecostalismo histórico, sino que es algo exclusivamente ligado al neopentecostalismo. Jorge Fernández aclara que “se trata de una interpretación doctrinal que utiliza de manera sesgada y fuera de contexto ciertos pasajes bíblicos […] Este enfoque suele beneficiar únicamente a determinados líderes religiosos, que se enriquecen a costa del sacrificio y la buena fe de sus congregaciones mediante promesas de éxito económico o de salud proporcionales a sus ofrendas. Es una desviación doctrinal que lamentamos profundamente y que denunciamos”.
En contextos donde se aplican políticas que debilitan el Estado de bienestar (como es el caso de Estados Unidos y Argentina, o como sucedió en Brasil durante el mandato de Bolsonaro), donde una agenda económica austericida merma la financiación de los servicios públicos, las iglesias evangélicas a menudo ocupan el vacío de la asistencia social dejado por el Estado. Sin embargo, esta asistencia suele estar privatizada, tiene un fuerte sesgo moral y depende de la iniciativa de las congregaciones religiosas.
Este binomio entre evangelismo y capitalismo da como resultado discursos que inciden en conceptos como el orden, reproducen modelos patriarcales donde el liderazgo sigue siendo predominantemente masculino, y se oponen explícitamente al feminismo, el laicismo y derechos civiles como el matrimonio igualitario o del colectivo LGTBIQ+, presentándolos como amenazas culturales.
El fenómeno del evangelismo neopentecostal no se circunscribe a las fronteras de cada país, sino que tiene poderosos tentáculos transnacionales a través de los que se organiza y difunde la agenda ultra. Para hacerlo recurren a la financiación privada, la creación de think tanks (laboratorios de ideas), falsas ONG y alianzas empresariales.
El ejemplo más conocido de esta internacionalización es el Congreso Mundial de las Familias (WCF, por sus siglas en inglés), una organización estadounidense con presencia en más de 80 países —entre ellos España, donde ya han celebrado algún evento— que coordina estrategias y discursos en torno a la “familia tradicional” y la oposición al aborto.
El WCF organiza congresos regionales que reúnen a organizaciones, líderes religiosos e incluso representantes políticos para difundir marcos ideológicos que se traduzcan en presión política, redes de apoyo global y la aprobación de leyes conforme a sus intereses. En paralelo, múltiples organizaciones, la mayoría estadounidenses —como Alliance Defending Freedom (ADF) o Family Watch International—, financian la presencia y las acciones coordinadas en Europa, África y América Latina para expandir sus narrativas de “libertad religiosa” o “valores familiares”.
Estas redes no solo comparten discursos, sino también mecanismos institucionales de influencia, haciendo campañas de lobby (grupos de presión) ante organismos transnacionales como la UE y participando en foros internacionales para frenar agendas de igualdad. Organizaciones dentro del llamado movimiento “anti ideología de género” también utilizan las redes sociales y plataformas digitales de recogida de firmas (por ejemplo, CitizenGO, creada por Hazte Oír) para coordinar esfuerzos en múltiples países y generar impacto mediático y político simultáneo.
De hecho, L’Associació de Drets Sexuals i Reproductius documenta en un informe publicado el pasado octubre cómo actores políticos, religiosos y mediáticos vinculados a la extrema derecha española han consolidado una estrategia transnacional para influir en políticas públicas y narrativas culturales en América Latina, África y otros países de Europa. Según el estudio, España ha pasado a convertirse en un nodo estratégico de proyección ideológica de fuerzas reaccionarias, erigiéndose como el puente entre Europa y América Latina que potencia y articula redes conservadoras a escala global.
El trabajo identifica a cinco actores españoles clave en este entramado ultra: Vox (junto con su Fundación Disenso), las plataformas Hazte Oír y CitizenGO, el Opus Dei y la Political Network for Values (PNfV), que combinan recursos políticos, educativos, mediáticos y organizativos para importar y exportar discursos y tácticas contra los derechos sexuales y reproductivos.
jeudi 15 janvier 2026
McKinsey est de gauche....
mercredi 14 janvier 2026
El Diversionismo Ideologico (Noticiero ICAIC,1972)
Sur l'OTAN Culturelle, une synthèse pour l'année 1972:
samedi 10 janvier 2026
jeudi 8 janvier 2026
Children of the Revolution (Shane O'Sullivan, 2010) et plus sur Fusako Shigenobu
mardi 6 janvier 2026
Apocalypse Now ! Sur le lien entre émancipation et pessimisme culturel, par Robert Kurz
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Apocalypse Now !
Sur le lien entre émancipation et pessimisme culturel
Robert Kurz
Publié en 1998 dans le grand quotidien de gauche brésilien 𝐹𝑜𝑙ℎ𝑎 𝑑𝑒 𝑆𝑎̃𝑜 𝑃𝑎𝑢𝑙𝑜, le texte de Robert Kurz apparaît aujourd’hui comme un diagnostic d’une étonnante clairvoyance. Il anticipe non seulement l’épuisement idéologique du capitalisme libéral, puis keynésien-libéral en panique, mais aussi l’émergence d’idéologies apocalyptiques contemporaines — des droites néolibérales aux extrêmes droites type MAGA — qui assument l’effondrement comme horizon politique. Kurz y critique conjointement le postmodernisme et ce que l’on nommerait aujourd’hui des logiques accélérationnistes : l’idée que la crise, poussée jusqu’au bout, tiendrait lieu de solution.
Kurz part de l’imaginaire apocalyptique pour en dégager le noyau rationnel : toute société fondée sur la domination (dont le noyau dans la modernité est une abstraction réelle) et la misère vit sous la menace de sa propre fin. Dans le capitalisme mondialisé de la fin du XXe siècle, cette peur ne prend plus la forme religieuse du Jugement dernier, mais celle d’une crise systémique globale susceptible d’engloutir la « civilisation de l’argent ». Les élites n’espèrent plus réellement le progrès ; elles redoutent désormais l’implosion du système qu’elles dirigent. Ce glissement est décisif : la catastrophe cesse d’être un échec à éviter pour devenir un destin à gérer, voire à mettre en scène.
En dissolvant toute vérité, toute totalité et toute critique systémique, le postmodernisme transforme la crise en spectacle et neutralise toute pensée de transformation réelle.
Kurz distingue alors deux figures de l’apocalypse. L’une, émancipatrice, conçoit la crise comme une rupture ouvrant sur un monde qualitativement nouveau — Marx en aurait fourni la version rationnelle moderne. L’autre, réactionnaire, ne voit dans l’effondrement qu’une fin absolue : pas de dépassement, pas d’avenir, seulement la chute générale. C’est cette seconde apocalypse que Kurz voit monter dès 1998, et qui structure aujourd’hui les idéologies des droites et des centres autoritaires : puisque le capitalisme se détruit lui-même, l’humanité doit sombrer avec lui. MAGA, les nationalismes identitaires, les religionismes identitaires et le néolibéralisme sécuritaire partagent cette logique : il ne s’agit plus de sauver la société, mais de désigner qui mérite de survivre.
Le postmodernisme joue ici un rôle clé. En dissolvant toute vérité, toute totalité et toute critique systémique, il transforme la crise en spectacle et neutralise toute pensée de transformation réelle. Chaque nouvelle régression est redéfinie comme une « opportunité », rendant impossible toute critique fondamentale. Cette posture prépare directement le terrain aux droites contemporaines : si tout n’est que récit, émotion ou performance, alors la politique devient une guerre symbolique permanente, affranchie de toute responsabilité matérielle. Kurz avait vu que ce relativisme ne produirait pas l’émancipation, mais une politique du cynisme et de l’irrationalité assumée.
Sur le plan culturel, Kurz oppose la nostalgie réactionnaire — fantasme d’un ordre autoritaire perdu — à une critique émancipatrice qui refuse à la fois le retour au passé et l’adoration béate du présent. L’histoire du capitalisme est une dialectique négative : chaque progrès technique s’achète par une régression sociale. Le contraste entre prouesses technologiques et misère de masse mondiale est le symptôme central de notre époque. Aujourd’hui encore plus qu’en 1998, une société capable d’envoyer des sondes sur Mars accepte la faim, la précarité et l’abandon de populations entières. Les droites et les centres transforment ce scandale en fatalité.
Kurz pousse enfin le diagnostic jusqu’à la culture elle-même : le capitalisme n’a jamais produit de culture propre, seulement un vide que l’argent a rempli en marchandisant les restes du passé et les critiques dirigées contre lui. Le postmodernisme recycle ces débris dans une esthétique faussement ludique, une « apocalypse joyeuse » où l’effondrement devient divertissement. C’est précisément cette esthétique que l’on retrouve aujourd’hui dans les droites radicales : politique du meme, jubilation destructrice, transgression permanente, plaisir de voir brûler les institutions sans rien proposer à leur place.
Ainsi, la mutation anthropologique et idéologique du capitalisme en crise ne relève pas d’une dérive contingente, mais d’une tendance objective de fond, étroitement liée à la contradiction interne d’un capitalisme mondialisé arrivé à ses limites. Incapable de produire un avenir crédible, il engendre — dans les centres comme dans les périphéries du prétendu « Sud global » — des politiques de sélection, de sacrifice rigide et de nihilisme autoritaire. MAGA, les droites extrêmes et les centres néolibéraux durcis ne sont pas des accidents de parcours : ils constituent l’expression politiquement cohérente de cette apocalypse réactionnaire que Kurz avait déjà diagnostiquée à la fin du XXe siècle. Ce qu’il identifiait comme une menace théorique s’est imposé comme notre présent politique ordinaire. Les sociétés du système-monde capitaliste tendent ainsi à devenir une planète idéologiquement malade.
Le capitalisme n’a jamais produit de culture propre, seulement un vide que l’argent a rempli en marchandisant les restes du passé et les critiques dirigées contre lui. Le postmodernisme recycle ces débris dans une esthétique faussement ludique, une « apocalypse joyeuse » où l’effondrement devient divertissement. C’est précisément cette esthétique que l’on retrouve aujourd’hui dans les droites radicales : politique du meme, jubilation destructrice, transgression permanente, plaisir de voir brûler les institutions sans rien proposer à leur place.
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a peur de la fin du monde a dominé de nombreuses cultures. Cette idée est souvent associée au Jour du Jugement dernier, comme dans l’Apocalypse de Jean. Il y a dans ces pensées un certain fond rationnel et hautement terrestre, qui sommeille sous le voile religieux. Car toute élite sociale qui repose sur la « domination de l’homme sur l’homme » (Marx) et qui, sous sa direction, engendre sans cesse pauvreté, misère et oppression, porte en son cœur la peur aussi secrète que bien fondée du jour de la vengeance.
Dans la postmodernité capitaliste mondialisée de la fin du 20e siècle, les élites libérales ne craignent certes plus depuis longtemps la vengeance de Dieu. Elles redoutent néanmoins la possibilité d’une nouvelle crise mondiale majeure, dans laquelle la « main invisible » de leur sacro-saint marché pourrait semer encore plus de mort et de désolation qu’elle ne le fait déjà. Sous le signe de cette crise, la désintégration de la société menace de prendre une telle proportion que la civilisation de l’argent, aujourd’hui apparemment triomphante, pourrait bientôt être engloutie par l’histoire, à l’instar, il y a peu, de son pauvre parent ennemi, le socialisme bureaucratique d’État. Chaque événement qui va dans ce sens (comme la récente crise en Asie) est accueilli avec un mélange de fascination et d’effroi.
Le monde libéral écoute la « prophétisation » de la crise comme on écoute une histoire d’horreur au coin du feu. Mais puisque la culture médiatique postmoderne ne sait de toute façon plus distinguer la réalité du « film », ses adeptes s’imaginent que tout n’est qu’un jeu et qu’une fois l’horreur passé, ils pourront aller tranquillement dîner. C’est pourquoi non seulement les « prophètes » de la crise sont en vogue, mais aussi les propagandistes postmodernes d’une joie délirante, qui s’efforcent de tourner en ridicule toute mise en garde contre la crise comme une pensée « millénariste » irrationnelle et apocalyptique. Les véritables bouffons de cour du capitalisme ne sont plus des messagers de malheur, mais des « désalarmistes » postmodernes qui ont repêché dans les poubelles de l’histoire les vieilles fripes usées du progrès bourgeois pour en faire une mode « de seconde main ».
L’apocalypse n’est pas aussi clairement irrationnelle et réactionnaire que le prétendent les derniers clowns postmodernes de la raison libérale. Ce concept n’a jamais seulement désigné le Jugement dernier s’abattant sur un monde qui ne vaut plus la peine d’être vécu et sa disparition, mais aussi simultanément l’aube d’un monde nouveau et meilleur, suite à la « catharsis » de la grande crise. Dans ce sens, la théorie précise de la crise élaborée par Marx, avec sa démonstration logique d’une borne interne absolue du capitalisme, constituait en quelque sorte la pensée apocalyptique rationnelle de la modernité, car cette théorie portait également en elle l’espoir d’un avenir post-capitaliste.
En revanche, la sombre pensée réactionnaire ne vise qu’à mettre un point final absolu – celui de l’extermination. Si le vieux monde est condamné, alors il ne peut y avoir de monde nouveau ni d’avenir différent. Dans Le Déclin de l’Occident, Oswald Spengler ne voyait de salut qu’avec la fin « héroïque » d’une catastrophe globale universelle. Et quand Hitler a fini par comprendre que la guerre était perdue, il a voulu l’élimination complète de toute la population allemande, parce qu’elle ne s’était pas montrée « digne » de lui. À mesure que la nouvelle crise du capitalisme se profile clairement à l’horizon, le libéralisme mondial adopte aujourd’hui, face au monde entier, une posture militante similaire : puisque l’économie de marché totale se détruit elle-même, l’humanité doit sombrer avec elle, sans que rien de nouveau ne puisse voir le jour.
Le postmodernisme, considéré comme une idéologie culturelle accompagnant la mondialisation d’économie de marché, n’en est pas encore là ; il cherche d’abord à arracher à la culture capitaliste elle-même un ultime progrès. C’est pour cette raison que toute nouvelle poussée de crise, qui détruit davantage la civilisation moderne et la rapproche de la barbarie, est redéfinie comme une « opportunité ». Nous sommes même noyés sous une inflation d’« opportunités ». Pris sous cet angle, il est bien sûr devenu impossible de mener une critique fondamentale du développement culturel actuel. La critique culturelle, qu’elle se veuille émancipatrice ou réactionnaire, apparaît identique : chaque dernière tendance doit automatiquement être la meilleure et une source inépuisable de « possibilités », bien qu’elle ait réellement atteint le stade de l’imbécilité.
Cependant, comme en ce qui concerne la crise ou l’« apocalypse », on trouve aussi, dans la question de la critique culturelle, des contenus diamétralement opposés. Ce que les réactionnaires aiment tant dans le passé, c’est une société de « maîtres et serviteurs », avec une culture autoritaire aux délimitations claires, où nul ne peut s’écarter du modèle prescrit par la tradition bornée. Ce n’est qu’en jetant un regard rétrospectif romantisant sur ces rapports qu’ils critiquent la culture commerciale de masse du capitalisme tardif. Contrairement à cela, une critique culturelle émancipatrice ne cherche évidemment pas à se projeter imaginairement dans un passé glorifié. Elle ne peut pas non plus courir après chaque nouvelle tendance de l’esprit du temps et en tirer quelque chose, car une telle attitude n’est que le revers du romantisme réactionnaire.
Il convient au contraire de mettre en évidence la dialectique négative de l’histoire capitaliste et de ses cultures : tout progrès s’achète au prix d’une régression, et toute possibilité positive se transforme en sa propre négation. La captivité babylonienne des traditions agraires n’a été remplacée que par les plaies égyptiennes du marché total. Le postmodernisme en est la meilleure preuve, et la plus récente, avec son commandement : « Fais ce que tu veux, mais sois rentable ! » C’est la formule classique d’un « double bind »[1] schizophrène au sens de Gregory Bateson.
Cette dialectique négative se manifeste aujourd’hui plus que jamais dans le décalage criant entre les avancées technico-scientifiques et la pauvreté de masse à l’échelle mondiale. Une puissance mondiale qui envoie des voitures miniatures sur Mars laisse mourir de faim 11 millions de ses propres enfants. À l’ombre des plus audacieuses architectures des cinq continents, végète une misère de masse que n’a jamais engendrée aucune société agraire prémoderne, aussi bornée soit-elle. Même en jetant un regard rétrospectif sur les dernières décennies au sein du capitalisme, la régression sociale élémentaire de la fin du 20e siècle est palpable. Le baroque postmoderne confère à ces rapports une esthétique de l’ignorance, où l’on déclare que la compassion et l’indignation sociale sont de mauvais goût, ce qui revient à retomber spirituellement au niveau du 18e siècle.
La culture postmoderne de la jeunesse de classe moyenne d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler le comportement des beaux « Éloïs » dégénérés dans le roman d’anticipation, empreint d’un certain pessimisme culturel, La Machine à explorer le temps (1895) de H. G. Wells. Ces derniers sont sans cesse en quête de nouveaux jouets, incapables de se concentrer et indifférents à la situation réelle de leur monde. Il semble que toutes les visions d’horreur et les utopies négatives des cent dernières années soient érigées en modèles positifs dans la postmodernité. Le déclin intellectuel de la soi-disant bourgeoisie est toutefois démontré par le fait qu’une culture de l’apartheid social et du cannibalisme économique finissent, à long terme, par se retourner également contre les groupes sociaux dominants eux-mêmes. S’il y a bien quelque chose qui a « toujours empiré », c’est le niveau d’éducation et les standards culturels des élites capitalistes.
Le pessimisme culturel de la théorie critique d’Adorno et Horkheimer ne reposait pas sur le désir de retourner à des normes ou à des traditions poussiéreuses. Il s’agissait d’un scepticisme à l’égard de l’espoir de pouvoir encore arracher aux dominants des biens significatifs en matière de savoir et de culture. Une société qui laisse pourrir ses musées, ses bibliothèques et ses monuments culturels, ainsi que ses universités et sa littérature, pour ne vendre que des voitures, ne laissera derrière elle qu’un tas de ferraille. Les conservateurs, qui avaient autrefois reçu une éducation classique, tirent désormais leur conservatisme d’Hollywood. Même leurs villas ne mériteraient qu’à être expropriées, puis retirées du paysage, tant elles sont une offense à la vue humaine. Si l’analphabétisme secondaire[2] se retrouve même dans les plus hautes sphères, quelle culture restera-t-il encore à transformer ? Vouloir rendre accessibles « à tous » les habitudes des « upper ten » d’aujourd’hui concernant l’alimentation, la lecture ou même la vie en dégoûterait plus d’un.
Quant à la culture de masse, ne pourrait-elle pas contenir un potentiel émancipateur ? Elle le pourrait, mais ce n’est actuellement pas le cas. À vrai dire, il n’est pas indispensable de rester cantonné à l’éducation classique. Même les comics peuvent stimuler l’esprit et exprimer une vérité. Le problème n’est pas la culture de masse en tant que telle, mais le fait que son contenu soit absorbé par la forme commerciale. Les moyens techniques ne sont pas indépendants des relations sociales dans lesquelles ils apparaissent en pratique. Le débat actuel sur la culture de masse postmoderne rappelle la controverse entre Adorno et Walter Benjamin dans les années 1930 et 1940. À l’époque, Adorno estimait que les nouvelles techniques de reproduction artistique (par exemple, le cinéma) avaient surtout introduit une nouvelle qualité d’expropriation intellectuelle et culturelle des masses, les privant de toute perception autonome et critique du monde. Le régime de l’offre capitaliste avait selon lui réduit les individus à l’état de consommateurs passifs comme jamais auparavant. Pour sa part, Benjamin percevait dans les techniques cinématographiques davantage la possibilité d’élargir les capacités sensorielles et cognitives du public.
Mais Adorno ne s’est pas opposé à la nouvelle technique de reproduction en tant que telle, pas plus que Benjamin ne comptait se fier uniquement à l’aspect technique. Contrairement à Adorno, il voyait dans la « participation consciente des masses » aux nouvelles techniques culturelles, à travers des formes d’« apperception collective », une possibilité émancipatrice, dont le mouvement ouvrier de l’époque constituait l’arrière-plan social. À l’« esthétisation fasciste de la politique » devait répondre la « politisation socialiste de l’art ». Après la Seconde Guerre mondiale, le capitalisme a découvert une troisième possibilité : l’individualisation commerciale et médiatique de l’ensemble de la vie, donc aussi de la politique et de la culture. La télévision a marqué le début d’une nouvelle culture de masse centrée sur les « individus isolés », qui débouche aujourd’hui sur l’« esthétique de l’existence » postmoderne individuelle, avec ses « techniques de soi » capitalistes (Foucault), à partir de quoi tout espoir d’émancipation a été réduit à néant. Ce sont les tueurs fous et les assassins de célébrités qui appliquent désormais le plus fidèlement l’esthétique postmoderne.
Le capitalisme n’a en vérité jamais eu de culture propre, parce qu’il ne représente que le vide abyssal de l’argent. Kasimir Malévitch en avait déjà donné une représentation artistique inconsciente avant la Première Guerre mondiale avec son célèbre Carré noir. Après cela, ne pouvait suivre qu’une série de chants du cygne. Ce qui apparaissait comme de la culture capitaliste n’était en fait soit que des restes de culture prémoderne peu à peu transformés en objets de marché, soit des formes de protestation culturelle contre le capitalisme lui-même, elles aussi adaptées à des fins commerciales. Aujourd’hui, le capitalisme a tout dévoré et digéré, ou réduit à l’état de déchets. C’est ainsi que la modernité arrive au bout de ses possibilités culturelles, précisément parce qu’il n’y a plus aucune protestation.
Le postmodernisme s’imagine qu’il peut désormais de manière éclectique mettre toute l’histoire de l’art à sa disposition (« anything goes »). En réalité, il ne fait que fouiller désespérément dans la décharge et les excréments du passé capitaliste, dans l’espoir d’y trouver peut-être encore quelques restes à « recycler » culturellement. Ce recyclage postmoderne, avec sa simulation pop d’une « bonne humeur » de façade, contribue justement à cette version réactionnaire de l’apocalypse, selon laquelle aucun monde nouveau ne saurait naître des ruines de l’ancien. L’espoir réside seulement dans un nouveau mouvement social de masse, capable de s’approprier de manière autonome les potentiels émancipateurs inexploités des techniques modernes de reproduction, contre leur forme commerciale.
Traduction de l’allemand par Frank Reinhardt
[1] Le « double lien » (ou « double contrainte ») est un concept développé par Gregory Bateson, selon lequel une personne reçoit des injonctions contradictoires qu’elle ne peut satisfaire. Pour Bateson, ce mécanisme serait à la fois la cause et l’effet de la schizophrénie (NdT).
[2] Pour une définition de l’« analphabétisme secondaire » comme produit de la société industrielle, qui touche également les classes dominantes, voir Hans Magnus Enzensberger, « Éloge de l’analphabétisme » dans Médiocrité et folie, Gallimard, coll. Le messager, 1991 (NdT).
