Ce film est constitué d'une série de documents tournés en République
Démocratique du Vietnam en mai-juin 1972 dans le cadre du projet de film
intitulé « Les chemins de la victoire» (production UNICITE) par Gérard
Guillaume et par les combattants du Front National de Libération.
Il
est composé des films suivants : « Haiphong », « Le combinat
sidérurgique de Tay Nguyen », « Hanoi Mai 1972 », « Vinh Linh », «
Images de l’offensive au Sud », « Quang Naï », « La bataille des routes
», « L’enrôlement des volontaires en République Démocratique du Vietnam »
et « Giap mai 1972 ».
L'escalade au Nord Vietnam (Bombardements d'Haïphong et du combinat sidérurgique de Tay Nguyen)
Depuis
le 16 avril 1972, Haïphong a été plusieurs fois bombardée. C'est le
port qui est visé, mais aussi les quartiers ouvriers, les hôpitaux, les
écoles, les villages de la banlieue qui sont rasés. Les victimes civiles
sont très nombreuses.
Les Vietnamiens pleurent leurs morts, pansent leurs plaies, recueillent dans les décombres les maigres débris récupérables.
Et
chaque fois, inlassablement, avec un courage et une détermination
étonnants, ils se remettent à l'ouvrage et reconstruisent leur maison.
Dans
le port en partie détruit, l'activité reprend peu à peu, et sur les
quais s'accumulent, une fois encore, les témoignages de la solidarité
internationale.
Alerte à Hanoï
Chaque matin, les habitants assiègent le vendeur de journaux.
Au sud, l'offensive se poursuit. La province du Quang Try est entièrement libérée.
Plusieurs
fois par jour, les hauts parleurs diffusent un extrait d'un discours
enregistré par Ho Chi Minh pendant la première escalade.
Partout dans
la ville de grands panneaux informent la population, jour après jour,
des développements de l'offensive du sud au 17° parallèle.
Depuis le
début de la nouvelle escalade, par mesure de sécurité, les cinémas,
théâtres, musées sont fermés. Et les vieux artisans qui peignent
habituellement les affiches des spectacles réalisent aujourd'hui des
panneaux célébrant les nouvelles victoires de la DCA.
L'alerte
quotidienne est passée. La défense anti-aérienne sur Hanoï est telle que
tout va très vite. Les Américains concentrent leurs efforts sur un seul
objectif : Hier l'hôpital militaire, aujourd'hui un dépôt de carburant,
demain le vieux pont Paul Doumer. Sur le chemin du retour, les avions
américains largueront les bombes qu'ils n'ont pu déverser sur Hanoï, de
préférence sur les villages ou sur les digues.
A Hanoï, chacun
reprend ses activités là ou ils les avaient interrompues. Ici les femmes
ont repris la construction des abris individuels en béton, ; et sur le
panneau, le vieux peintre va pouvoir maintenant inscrire le chiffre des
avions abattus ce jour : 2.
Une affiche appelle les unités
d'auto-défense à l'émulation pour que, dans les jours suivants, le 300è
avions américain soit abattu.
Au 31 mai 1972, depuis le début de la
première escalade, plus de 3 600 avions américains ont été détruits,
plus de 400 pilotes ont été capturés.
Enrôlement de jeunes volontaires de l'institut de technologie d'Hanoï pour combattre sur le front du sud
Images de l'offensive du Sud Vietnam et images de Vinh linh situé au nord du 17è parallèle : mai 1972.
La plaine de Quang Maï, entre Hué et Saigon.
Pendant
l'offensive qui se déroule au Sud, les unités de guérilleros du Front
National de Libération ont une tâche stratégique importante. Leur
mission est de harceler les bases américano-saïgonnaises, de lancer des
opérations de diversion et de détourner sur eux, qui ne sont qu'une
trentaine, le maximum des forces aériennes. Jeu subtil et stratégique de
cache-cache, car il faut aussi acheminer les armes et munitions qui
seront cachées jusqu'au jour de l'attaque de la base
américano-saïgonnaise.
Il faut aussi faire des provisions suffisantes
de riz et les dissimuler pour les protéger soigneusement dans la
campagne. Les unités saïgonnaises ont beau patrouiller les guérilleros
restent introuvables et pourtant, le caméraman du F.N.L. a qui nous
devons ces images n'est pas loin.
Interview du général Giap
Professeur
d'histoire, journaliste, révolutionnaire, général chef de l'armée
populaire. Vainqueur de Dien Bien Phu, ministre de la défense et
vice-premier ministre de la République Démocratique du Vietnam.
Interview sur : la guerre du peuple, l'évolution, la capacité du peuple Vietnamien à résister, le sens d'une victoire.
Article épinglé
dimanche 1 mars 2026
Actualités Vietnam (Gérard Guillaume, 1972)
Bagnolet, carrefour de l'Est parisien (Miroslav Sebestik, 1973)
Documentaire municipal réalisé en 1973 - deux ans après les élections
municipales - par Miroslav Sebestik ayant pour sujet le développement
rapide de Bagnolet et les problèmes urbanistiques, politiques et humains
posés par ces transformations.
Des quartiers entiers se sont transformés, des milliers de logements ont
été construits, le métro est arrivé. Bagnolet est en train de devenir le
carrefour de l'est parisien. Ces transformations ne se sont pas faites
sans problème : est-il agréable de vivre à Bagnolet ? Les loyers sont
chers, les impôts sont lourds, qui est responsable ?
Le film tente de cerner les problèmes qui se posent aux habitants et de répondre à quelques grandes questions.
Des interviews de responsables (Jacqueline Chonavel, maire de Bagnolet) et d'habitants interrogés au hasard de la rue.
Le film est remarquable pour son ton décalé : toutes les interviews sont
entrecoupées de brèves séquences fictionnelles burlesques (plan sur une
cocotte minute, sur un couple s'embrassant fougueusement dans
l'ascenseur, sur un brossage de dents méticuleux, etc)
Réalisation : Miroslav Sebestik
Production : UNICITE
Image : Gilberto Azevedo
Montage : Geneviève Louveau
Son : Alain Muslin
Personnalités : Jacqueline Chovanel, maire de Bagnolet, députée de la Seine Saint-Denis
Vivre mieux, changer la vie (Jean-Patrick Lebel, 1972)
Commandé par le P.C.F. à l'occasion de la campagne des élections
législatives de début 1973, ce film présente le programme commun des
partis de gauche (communistes, socialistes, radicaux de gauche) à
travers l'expérience vécue d'un couple de travailleurs. A partir
d'images de leur existence quotidienne, le film montre quelques aspects
de ce qui pourrait changer concrètement avec le programme commun de
gouvernement. Parallèlement, il trace l'itinéraire qui va de la
réflexion sur la vie telle qu'elle est à l'action politique pour changer
la vie. [Notule catalogue UNICITÉ]
Mise en scène sophistiquée visant à une présentation "attrayante" du
programme commun. Didactisme, comique. Par exemple, certaines
propositions du programme commun sont énoncées sur un mode dérisoire par
tel personnage en position de "faire l'acteur" et ré énoncées par le
même en position "d'être militant". Brechtisme.
A noter une balade poétique et décalée dans la Cité de la Grande Borne,
construite par l'architecte Emile Aillaud. On y voit les courbes de la
cité alors toute neuve, les jeux de couleurs, le dédale des rues
intérieures, les sculptures et les mosaïques (comme ce portrait de
Rimbaud) qui émaillent les rues de la "Cité des enfants", piétonne et
poétique, voulue par l'architecte. « Qu’ont-ils à faire de Rimbaud, ces
immigrés qui partent à pied prendre le train de Juvisy, à cinq heures du
matin ? Rien, bien sûr, sinon que ce n’est pas Rimbaud qui les prive
d’autobus ou de bureau de tabac. Je ne peux pas ouvrir un café à la
Grande Borne pour que ce soit plus gai. La seule chose que je puisse
faire, c’est, à tout hasard, d’offrir Rimbaud en plus de l’HLM. »
— Émile Aillaud, Désordre apparent, ordre caché, Éditions Fayard.
Lieux : Morsang-sur-Orge (91), La Grande Borne (Grigny, Viry-Châtillon, Fleury-Mérogis), Essonne
GÉNÉRIQUE:
Production, UNICITÉ
Assistant, Jacques FRAENKEL
Images, Jacques MIRONNEAU
Montage, Christianne LACK
Participation de D.LANFRERE, R.BOUILLETTE, C.ZINS, J.C BRISSON, M.F
GUYONNEAU, B.ROCHUT, P.LERICHE, Jean-Pierre RIFFET, Lolita CHEREL,
L.THOULUC
Avec Chantal MUTEL, Patrick LARZILLE, René LOYON et la famille DELBOUYS.
Texte off Albouy
Guerre du peuple en Angola (Unicité, 1975)
La chute de la dictature de Salazar au Portugal le 25 avril 1974
entraîne la fin de la colonisation portugaise en Afrique ; Mozambique,
Guinée Bissau et Angola accèdent à l'indépendance. "Guerre du peuple en
Angola" se focalise sur la situation de l'Angola où l'annonce de
l'indépendance provoque le début d'une guerre civile. Elle oppose le
MPLA, mouvement populaire de libération de l'Angola, à deux opposants
soutenus par des puissances occidentales, le FLNA, Front de libération
nationale de l'Angola et l'UNITA. La voix off présente d'emblée cette
guerre comme un combat du MPLA contre l'Impérialisme. Au nord de
l'Angola, dans les forêts, les villageois sont sortis du maquis pour
entrer dans la résistance armée et soutenir le MPLA. Dans un hôpital de
campagne, blessés et malades se côtoient et survivent difficilement. Les
guerrilleros interviewés parlent de leur lutte commencée pendant la
colonisation portugaise. Les hommes de l'armée adverse, celle du FLNA,
font l'objet de la séquence suivante. Très entraînés, ils sont financés
par les États-Unis, Israël et l'Ouganda de Mobutu. Parallèlement à la
guerre civile, les soldats portugais font mollement respecter leur
ordre, attendant la proclamation officielle de l'indépendance, prévue le
11 novembre 1975, pour évacuer le pays. À Luanda, la capitale
angolaise, quelques quartiers d'habitations modernes, jouxtent les
bidonvilles, les « Musseques » où s'entasse la majorité de la
population. Les colons portugais, effrayés par le climat d'affrontement,
quittent l'Angola à la hâte grâce à un pont aérien. Dans les rues de
Luanda, la population soutient le MPLA, arguant qu'il s'agit de la seule
force qui défend les intérêts de l'Angola. Des enfants s'entraînent à
la marche martiale. Une femme prend la parole en pleine rue avec un
micro pour dénoncer l'attitude des Blancs. Une autre séquence nous amène
dans le Sud de l'Angola. Cette région quasi désertique est peuplée
d'éleveurs de bœufs exploités par les colons grands propriétaires. Un
homme du MLPA vient faire un discours pour célébrer l'ouverture d'une
sous-délégation du MPLA dans un village. L'ultime séquence montre un
immeuble contrôlé par le FLNA à Luanda et repris par le MPLA. « Plus que
jamais la solidarité active avec le MPLA est une question de vie ou de
mort ».
La guerre civile en Angola commence en 1975 après l'annonce de
l'indépendance. Elle oppose le MPLA au FLNA et à l'UNITA. Assez
rapidement le MPLA est soutenu par Cuba, qui dès novembre 1975, envoie
des combattants, puis par l'URSS. Le FLNA et l'UNITA sont quant à eux
appuyés par les puissances occidentales, au premier rang desquelles les
États-Unis. Cette ingérence de forces étrangères dans le conflit
angolais a conduit certains observateurs à l'interpréter comme un
affrontement de guerre froide. Cette lecture est aujourd'hui en partie
remise en cause du fait de la durée de la guerre civile angolaise.
S'étant achevée en 2002, elle a perduré bien au-delà de la chute de
l'URSS, laissant le pays complètement exsangue. "Guerre du peuple en
Angola" est un film tourné à chaud, alors que l'indépendance de l'Angola
vient d'être annoncée et la guerre civile déclenchée, c'est-à-dire
entre avril et novembre 1975. Le parti-pris du film est très clairement
pro MPLA ; l'objectif est de sensibiliser sur la lutte
anti-impérialiste. La démarche est avant tout militante ; elle s'inscrit
dans la continuité de "Septembre chilien" (réalisé juste après le coup
d'État de Pinochet par Bruno Muel) et marque la volonté de cinéastes
militants de réagir immédiatement par rapport à l'actualité
internationale. "Guerre du peuple en Angola" contient des images rares
du pays en 1975.
Production : Unicité
Réalisation : Antoine Bonfanti, Bruno Muel, Marcel Trillat
Montage : Catherine Dehaut, Lolita Cherel
Collaboration : Jorgelino Adrade, Bonga
Extraits : "Angola 63" de Claude Otzenberger
Réalisé avec l'aide de José Luandino Vieira et des militants du MPLA.
Lieux : Angola, Luanda
Mots clé :
Afrique, Angola, Luanda, Portugal
Guerre, guérilla, soldat, guerrillero
Combat, blessé
Anti-impérialisme, colonisation, décolonisation, colon
MPLA, FLNA, UNITA
Lieux de consultation : Ciné-Archives, Archives françaises du film,
Archives départementales de la Seine-Saint-Denis, Forum des images, BNF