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dimanche 15 décembre 2024
Elio Petri, Daniel Cohn-Bendit (Cinegiornale libero di Roma n° xyz, 1969)
En 1969, le metteur en scène Elio Pétri (mon film préféré: I Giorni Contati, la meilleure incarnation du Ne Travaillez Jamais debordien) rencontre Daniel Cohn-Bendit (le libéral libertaire otanesque et ancienne figure de Mai 68) venu passer quelques jours à Rome. On dispose grâce à l’Archivio Audioviso del Movimento Operaio d’un entretien filmé en français enregistré via della Conciliazione, non loin de la basilique Saint-Pierre. Le scénariste Ugo Pirro est également présent: il apparaît parfois dans le cadre mais n’intervient pas dans l’entretien. À l’évidence, Pétri n’est guère convaincu par les propos du leader de la contestation étudiante. On a même l’impression qu’il réagit à son discours avec une certaine ironie et qu’il ne le prend pas très au sérieux.
« Requiem pour la French Theory » : A propos d’un ouvrage de G. Rockhill & A. Monville
Par Victor Sarkis, publié le 13/11/2024
Car en effet, le réveil actuel est dur pour tout le monde, que ce soit pour la gauche, ou pour « l’Occident collectif2 ». Pour la première, la défaite est totale depuis les années 80, et la fin de l’URSS : elle a entamé un déclin et un recul de plus en plus inexorable, et ne parvient pas à comprendre pourquoi elle régresse partout, et se réduit de plus en plus à une série de groupes qui ne parlent qu’à eux-mêmes, et ignorent purement et simplement les masses. Quel résultat pour celle qui s’était crue triomphante dans les années 60 et 70, à l’époque des grands mouvements étudiants, et surtout du socialisme réel, et des luttes anti-coloniales victorieuses ! Pour le second, après avoir cru à « la société de consommation » (pour s’en réjouir ou pour le regretter), puis à la « Fin de l’Histoire » après la fin du « cauchemar communiste », et enfin après avoir joué à se faire peur avec un « Choc des civilisations » qui n’est jamais arrivé, le réveil est encore plus brutal. Le système impérialiste peine désormais à imposer sa volonté, que ce soit en Ukraine ou au Moyen-Orient, sans même parler de la Mer de Chine et la péninsule coréenne, et se trouve désormais, à l’image de son chef sur le départ, frappé de sénilité, et de graves difficultés à agir. Les deux-tiers du monde contournent ses décisions impuissantes dans la plus grande impunité, et celui-ci peine à montrer les dents3 : le meilleur exemple récent est probablement la victoire stratégique totale remportée par les Houthis en Mer Rouge – des insurgés d’un des pays les plus pauvres du monde peuvent menacer depuis un an un quart du commerce maritime mondial, et les puissances occidentales être dans l’incapacité de l’arrêter. Ne parlons même pas du sommet de Kazan, organisé par la Russie, qui a ridiculisé les défenseurs du bloc impérialiste4. Qui aurait pu imaginer une telle situation il y a seulement 20 ans ? La crise de structure du modèle capitaliste né dans l’après-guerre est donc devenue une crise existentielle tant pour les défenseurs de ce système, que pour ses opposants apparents (la gauche, qui est en réalité son meilleur allié).
Pour trouver les racines intellectuelles de cette crise, le livre des deux auteurs se propose de repartir d’une analyse de la French Theory, dont l’aveu de platitude et de mesquinerie du Stravoguine de Dostoïevski à la fin des Démons pourrait être la confession. Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de trouver une racine absolue à tout ceci, une sorte de péché originel qui serait apparu dans un monde où tout allait bien (soit filant gentiment vers le communisme mondial, soit vivant confortablement dans le capitalisme débonnaire et plein de bonhommie des États-Unis des années 50). Il s’agit plutôt d’analyser un embranchement capital, un moment crucial, où la théorie a pris un chemin particulier, qu’elle aurait pu ne pas prendre, et qui a à la fois accompagné, unifié et amplifié, un ensemble de pratiques sociales et politiques qui lui préexistait. La théorie ne crée pas la pratique, mais elle n’est pas non plus un spectre passif : elle lui donne une forme et une consistance qu’elle avait pas avant elle. La French Theory fut ce moment crucial en France, au tournant des années 60 et 70, où un certain nombre de penseurs français se sont inscrits (ou ont prétendu s’inscrire) dans le sillage de Mai 68, afin de donner corps à ce qu’ils ont pensé être les intentions des étudiants et des manifestants : individualisme et hédonisme, relativisme et refus de la discipline et de l’autorité dans toutes les sphères de la société. Un programme gauchiste et anarchisant en apparence, le tout bien sûr vigoureusement anti-communiste et anti-soviétique. Les noms les plus connus sont devenus tellement fameux que pour un certain nombre, il n’est point besoin au lecteur d’avoir lu leurs ouvrages pour savoir ce qu’ils ont dit et pensé : Foucault, Deleuze, Derrida, Lévy-Strauss, Lacan, Baudrillard, Lyotard, Barthes, Bourdieu pour la première génération (nés en gros pour la plupart entre 1920 et 1930), et Badiou, Balibar et Rancière pour la seconde (nés plutôt dans l’immédiate avant-guerre), auxquels on peut parfois adjoindre de façon plus périphérique les « nouveaux philosophes » (surtout au début de leur carrière), plus cantonnés au débat français (Glucksmann père, BHL, Bruckner, Finkielkraut, ect). A la lecture de la liste, on voit donc que chacun de ces penseurs est très différent des autres et a sa spécificité, mais ce qu’il s’agit ici de penser, c’est, comme le dirait Hegel, l’identité de la différence. C’est d’ailleurs sous le signe d’une unité marketing, et en un sens conceptuel, que ces penseurs seront exportés aux États-Unis dans les années 80, sous le nom de French Theory. Outre leur origine française, un certain nombre de traits communs frapperont les intellectuels américains, et amèneront à les associer : une certaine radicalité politique et théorique apparente, mais toujours anti-communiste ; une pensée fortement influencée par le structuralisme français ; un certain relativisme épistémologique qui les fait souvent combattre de concert Hegel et Marx, tout en se positionnant sur l’échiquier du marketing politique « à gauche ». Le lecteur averti n’aura pas manqué de reconnaître ici tout l’arsenal conceptuel de ce que l’on peut nommer « l’anti-totalitarisme »5.
Passée aux États-Unis, cette théorie fut le fer de lance du désossage mondiale de la gauche, et l’achèvement de son ralliement au système otanien dans ses grandes lignes : telle est, en gros, la thèse du livre de G. Rockhill et A. Monville. Elle ne l’a certes pas causé (cette cause est à rechercher bien sûr dans les mutations de l’économie capitaliste à l’époque), mais elle l’a rendu possible, et l’a accompagné, en convertissant de larges pans de la jeunesse et des intellectuels à des idées en apparence radicales, mais anti-marxistes dans le fond.
Si la thèse semblera familière aux lecteurs de Clouscard, auquel elle doit bien entendu énormément, l’originalité et l’intérêt foncier du livre, qui justifient à eux seuls une recension, tient à deux points absolument capitaux que nous allons maintenant exposer.
Le premier de ces points est que ce livre est en quelque sorte le premier paru en français, et qui expose à un lecteur francophone, la convergence, et même l’identité, entre les aspects réactionnaires sur le plan théorique et ceux sur le plan pratique des pensées des auteurs de la French Theory. Expliquons-nous : jusqu’à présent, on avait tendance à séparer les deux, à les traiter comme deux choses indépendantes, soit par cécité idéologique, soit par manque de sources qui ne sont apparues qu’avec le temps. Ainsi, Clouscard avait bien vu que sur le plan théorique, ces penseurs qui se prétendaient de gauche avaient tous en réalité une pensée qui plongeaient ses racines dans la droite, c’est-à-dire dans les pensées irrationalistes, subjectivistes, relativistes, anti-marxistes et anti-hégéliennes6. Clouscard pensait que les pensées de ces auteurs, indépendamment de leurs intentions objectives, avaient des conséquences réactionnaires. Il était cependant loin de se douter, et d’avoir les preuves, que Herbert Marcuse était vraiment un agent de la CIA7, que la carrière de Pierre Bourdieu avait été lancée par le Congress for Cultural Freedom, un organisme financé par la CIA8, que l’EHESS a été construit puis agrandi avec l’argent de la fondation Rockfeller, puis de la fondation Ford9, et ainsi de suite. A l’inverse, un bon nombre d’ouvrages d’historiens (surtout publiés en anglais), on mit en évidence les liens financiers et organisationnels entre les penseurs « radicaux » de la French Theory et les organes de l’avant-garde du grand Capital, mais ils les ont traités comme une inconséquence incompréhensible, comme si de grands penseurs de gauche avaient pu s’allier, sans aucune raison théorique, avec leurs apparents grands ennemis. Pour la première fois, un livre fait le lien entre les deux, en montrant qu’il n’y a pas là d’inconséquence grossière de la part de ces théoriciens, mais au contraire une très grande cohérence : des théoriciens réactionnaires ont collaboré avec les organismes gouvernementaux les plus réactionnaires pour combattre le progrès humain, incarné par le communisme. La vérité est aussi simple que cela, et donne une ampleur jamais espérée aux thèses de Clouscard sur cette « idéologie du désir » bien « néo-fasciste » qu’est la French Theory : tel est le grand mérite du livre de le mettre parfaitement en évidence, références scientifiques en note (malheureusement souvent en anglais uniquement) pour les plus curieux. On comprend dans ces conditions pourquoi l’éditeur gauchiste La Fabrique a finalement annulé l’édition prévue en français d’un livre de G. Rockhill au titre prometteur : « les intellectuels et la CIA ». On allait tout de même pas mettre ces informations sur la place publique, et ainsi risquer de nuire à un petit business aussi juteux. Las, le site Amazon annonce la publication de l’ouvrage pour… 209910 (sic) ! Le petit livre de Delga a ainsi le mérite de mettre l’essentiel de ces informations dans les mains du public français, et ainsi de participer au démasquage de ces tartuffes. D’où son utilité publique, et le devoir de le diffuser le plus possible : pour au moins rabattre la morgue et l’arrogance de leurs disciples, qui se croient plus radicaux que tout le monde en singeant leurs maîtres serviles.
Le lecteur apprendra en outre que diverses fondations de philanthropes américains ont versé à Judith Butler et ses équipes des millions de dollars pour développer ses activités et ses laboratoires de recherche11 : et après, on s’étonne du succès de ces pensées ! Bien sûr, certains d’entre eux ont été de parfaits idiots utiles (même si Derrida et Foucault ont énormément œuvré en toute conscience contre la Tchécoslovaquie et la Pologne communistes12), et c’est un point important que met en évidence l’ouvrage : « la French Theory a été promue aux États-Unis par des propagandistes qui aveint perçu, beaucoup mieux sans doute que les prometteurs de ladite théorie, son potentiel réactionnaire13 ». Les agents directs de l’impérialisme sont toujours plus matérialistes et rationalistes que leurs forces d’appoint dans la petite-bourgeoisie idéaliste.
A ce sujet, le lecteur découvrira également que la plupart des penseurs de la French Theory de la première génération étaient avant Mai 68 de parfaits petits-bourgeois conformistes, pour certains plutôt de droite, parfaitement intégrés dans l’appareil d’État gaulliste14 : rien ne les prédestinait donc à être des théoriciens « radicaux », coqueluches de toute la jeunesse d’extrême-gauche des 50 prochaines années. On voit ici le point de passage chez ces penseurs d’un conformisme apolitique plutôt de droite, à un activisme gauchiste frénétique : l’unité du tout étant bien entendu assumé par l’anti-communisme. On notera qu’il n’en sera pas de même pour la seconde génération de la French Theory, plus tôt jeté dans le bain des mouvements gauchistes, en général plutôt maoïstes ou anarchisants (pensons à la star d’entre eux : l’omniprésent Badiou15).
C’est ainsi d’ailleurs que la French Theory permet de diagnostiquer une rupture majeure dans l’histoire du gauchisme : jusqu’à Mai 68, le gauchisme est principalement issu de groupes petit-bourgeois militants, petits, mais plus ou moins partie prenante du mouvement ouvrier – principalement l’anarchisme, le trotskisme, et le maoïsme jusqu’à un certain point. Il s’agit souvent certes de déviations anti-communistes, et toujours férocement critiques du socialisme réel, mais au moins, ils ont un lien minimal avec le mouvement ouvrier : c’est le gauchisme classique analysé par Lénine. Avec la French Theory, changement drastique de cap : la critique anti-communiste et anti-réformiste à gauche ne proviendra pas de déviations petite-bourgeoises du mouvement ouvrier, mais de portions de la petite-bourgeoisie totalement extérieures à lui. Cette petite-bourgeoisie est parfaitement conformiste, souvent apolitique, parfois de droite : tous sont des enfants d’une bourgeoisie classique, qui ont passé ensuite l’ENS et l’agrégation, s’intègrent à la société d’après-guerre et n’ont jamais remis en question leur milieu d’origine16. Rappelons qu’à l’époque de leur formation, dans l’immédiat après-guerre, le nombre de bacheliers annuels en France est à peine de 600017 : c’est donc un tout petit monde, auquel l’intégration demande une grande dose de conformisme. D’où la métamorphose d’un Foucault ou d’un Deleuze : le premier participait au plan européen de Fouchet pour réformer l’éducation, le second était un professeur d’université parfaitement discret ; après Mai 68, les deux sont devenus les agitateurs que l’on connaît. Deleuze se trouvera même l’anarchiste Guattari pour intégrer le milieu gauchiste, et s’y donner une légitimité. La French Theory a donc été l’acte de naissance d’un gauchisme 100 % extra-ouvrier, et déconnecté des luttes concrètes, et qui n’a pu s’y rattacher que de façon tardive et artificielle. Ce fait remarquable méritait d’être souligné, et constitue un mérite du livre de le mettre en évidence.
Enfin, si le livre s’appelle Requiem pour la French Theory, c’est que ce Requiem n’est pas tellement à l’optatif, mais plutôt à l’indicatif : il n’exprime pas seulement un souhait, mais analyse plutôt objectivement le recul de cette théorie, son remplacement par des produits de substitution incolores et sans saveur (intersectionalisme, « wokisme », identity politics…), qui en sont à la fois le prolongement, et en même temps la négation, basculant souvent dans l’anti-intellectualisme primaire, et l’indigence théorique total18. L’apport conceptuel original du livre tient ainsi dans le concept de « petite-bourgeoisie compradore nationale 19» : de la même façon que le colonialisme du XIXe siècle a du créer pour subsister une bourgeoisie nationale artificielle acquise à ses intérêts, « compradore », de la même façon, l’impérialisme américain a crée, à la fois chez lui, et dans tous les pays à demi-colonisés par lui, une petite-bourgeoisie intellectuelle qui joue le même rôle, qui a la même culture, les mêmes intérêts de classe, et n’a aucune conscience nationale propre20. Cette petite-bourgeoisie nationale compradore est la couche sociale qui est le support matériel de la French Theory, et à ce titre, elle est l’ennemi le plus immédiat du marxisme, car elle est l’adjuvant du grand Capital, et comme elle est au fond une couche intermédiaire, elle est celle qui peut le plus agir directement sur les couches populaires, pour les neutraliser idéologiquement.
Le deuxième point capital qui fait l’intérêt du livre, c’est bien entendu son rôle de premier jalon publié en France pour amorcer la traduction en anglais de Clouscard, et donc sa réception internationale. Une campagne a en effet été lancée début 2023 pour faire traduire Clouscard en anglais, afin de faire connaître sa pensée à l’internationale21. On sait l’importance d’une traduction en anglais pour toucher, non pas seulement un public anglo-saxon, mais chinois, indien, africain ou sud-américain. C’est dire l’importance de l’événement : Clouscard, penseur snobé par l’intelligentsia française de l’époque, a tout vu, ou presque, des grandes mutations du capitalisme contemporain. Il est le premier penseur mondial à avoir vu le rôle absolument décisif qu’allaient jouer les nouvelles couches moyennes dans les luttes des classes contemporaines, remettant tout en question, et balayant les catégories et clivages politiques traditionnels. Ce ne sont pas seulement les pays occidentaux qui sont ébranlés par ces mutations sociologiques : c’est la Chine, c’est l’Inde, c’est la Russie, l’Iran, les pays arabes et sud-américains, et demain les pays africains, qui subissent de plein fouet cette mutation, sans toujours comprendre exactement d’où elle vient, sa puissance et sa profondeur, sa dangerosité et comment lutter contre. Clouscard est malheureusement décédé il y a près de 15 ans, et ne pourra bien sûr pas répondre directement à toutes ces questions nouvelles qui ont surgies. Mais il doit pouvoir donner à tous les jeunes et moins jeunes intellectuels des pays du « Sud Global » les outils intellectuels et les catégories fondamentales pour penser leur situation présente, et surmonter les graves difficultés, qui eux aussi, les menacent : la dangerosité des couches moyennes, la tentation de « révolutions oranges » dont elles seraient la base matérielle, et surtout, la régression spiritualiste et idéaliste qui mènent à des dérives droitières parfaitement inutiles et contre-productives (anti-wokisme poutinien stérile, nostalgie du tsarisme en Russie ou fétichisation de la pensée « éternelle » de Confucius en Chine…). Dans ce moment crucial de la lutte des classes internationale, la meilleure chose que puisse faire la France, pays des Lumières et de la Révolution universelle, c’est d’offrir au monde la pensée d’un de ses plus grands philosophes contemporains qu’a été Michel Clouscard. Snobé par les intellectuels de son pays, Clouscard a su, par la justesse de ses analyses, et son travail humble et clair, séduire toute un pan de la jeunesse de France, bien loin des effets de modes et de manches médiatiques. Il n’y a aucun doute qu’il saura aider demain les intellectuels du monde entier, dans ce grand travail intellectuel collectif qui s’annonce, qu’est de refaire le communisme international, afin de sortir de l’impasse mortifère de l’Occident actuel, et de la politique hésitante et timorée de trop de pays du Sud Global.
Ce petit livre des éditions Delga a donc également la lourde tâche d’être le premier essai pour exposer à un public français l’importance de ce travail, afin que la réception internationale de Clouscard soit la plus efficace possible, et qu’elle ait enfin des répercussions dans notre beau pays, si malmené ces derniers temps. Que la naissance théorique de Clouscard à l’international soit également sa renaissance en France auprès du grand public, qu’elle entraîne le chant du cygne des nouvelles couches moyennes finissantes, et le début d’une nouvelle aube pour la lutte des classes dans notre pays, qui, plus que jamais, en a cruellement besoin.
1 https://editionsdelga.fr/produit/requiem-pour-la-french-theory/
2 Nulle considération géographique ou civilisationnel ici : il s’agit d’un syntagme pratique pour désigner le bloc constitué par le principal pays impérialiste, à savoir les États-Unis, et ses vassaux semi-colonisés, principalement les pays membres de l’OTAN et de l’OCDE.
3 Ce qui ne veut pas dire qu’il ne soit pas encore incroyablement dangereux : chacun sait que la bête blessée et acculée est bien plus dangereuse que la bête en bonne santé et en sécurité, et si les pays occidentaux ont démantelé une partie de leurs forces conventionnelles pour des raisons budgétaires ces dernières années, leur arsenal nucléaire reste largement suffisant pour infliger des dégâts effroyables.
4 Pour lire un commentaire impérial pusillanime typique : https://www.lefigaro.fr/international/a-kazan-antonio-guterres-brise-l-isolement-de-poutine-sur-la-scene-internationale-20241023
5 Cf. : https://www.youtube.com/watch?v=_S57l_EgUFQ
6 Par exemple dans le lumineux Néo-fascisme et idéologie du désir. Le lecteur pourra constater au fil de l’ouvrage tout ce que doivent les penseurs de la French Theory a Nietzsche et Heidegger, deux penseurs qu’aucun historien sérieux, ni personne en Allemagne, ne pourrait pas considérer comme « très à droite ».
7 p. 109 et 112
8 p. 23
9 p. 23-24
10 https://www.amazon.fr/CIA-intellectuels-souterraine-Francfort-philosophes/dp/2358721727/ref=sr_1_3?dib=eyJ2IjoiMSJ9.Jpy6zh-hzxJbMwJODgpk21tFL8EGOrA-u_0iPQsJwEu2LjAnQ2VcxPcfazdaoraLBwp1lUYx0YvL0PCC0SaxXie6TSeBujfKFtQs3Nm9BbV3vmbXb3oa0PN-9XYe_QPk8KdDFgehOFD41T_elqrAjh_nbyUyPlZ3zIuLEIPx6iO4sVdXyTrPEsOsjoZ97K4NYzP2ybjTMKRxNeOGBTzOA6QB8h4ocAw6_X9SfywtS3U.Yv_QHq4_jqAh5HSe-jc_M4ciZzyZh7f-Yx-GN3P_6cM&dib_tag=se&qid=1730039801&refinements=p_27%3AGabriel+Rockhill&s=books&sr=1-3
11 p. 27
12 pp. 106-107
13 p. 33
14 p. 55-56. Llyotard est en réalité la seule exception, à être politisé à gauche avant mai 68.
15 Pour un commentaire de sa prétention à être « le philosophe français vivant le plus traduit, lu et commenté à travers le monde, voir : https://shs.cairn.info/revue-du-crieur-2015-2-page-38?lang=fr
16 Baudrillard étant d’ailleurs la seule vraie exception à ce schéma, ce qui lui donne une trajectoire plus erratique.
17 En 2024, pour indication, on est à 684 200, pour une population de classe d’age a peu près équivalente.
18 Foucault, Marx et Homère ont ainsi tendance à devenir de plus en plus des « vieux mâles blancs morts » indistincts.
19 p. 71
20 C’est ce qui fait par exemple que cette petite-bourgeoisie compradore peut être parfaitement chauvine aux Etats-Unis, pour défendre le système impérial qui la protège, et parfaitement cosmopolite et haineuse de la nation en Europe, par exemple en France : on voit ici qu’il n’y a là aucune contradiction, mais parfaite complémentarité.
21 https://editionsdelga.fr/campagne-pour-la-traduction-de-michel-clouscard-en-anglais-par-avec-dominique-pagani/
Lancement du livre: "Requiem pour la French Theory" de Monville et Rockhill
Des deux côtés de l’Atlantique, des intellectuels engagés depuis des années dans des recherches concernant la philosophie française et le marxisme en viennent à la même conclusion : la French Theory fut un échec. Elle n’a pu appréhender les forces impérialistes qui l’ont conditionnée et soutenue, ni échapper à l’emprise de la propagande anticommuniste en cultivant un mini- mum d’esprit critique. Loin de faire une révolution intellectuelle, elle a au contraire participé à une contre-révolution théorique — en rejetant notamment les avancées de la pensée dialectique — qui n’était que la face académique de sa contre-révolution politique.
Ce dialogue entre deux marxistes, dont l’un est un ancien élève de Derrida et Badiou, n’en reste pourtant pas à la surface, ni au constat d’échec. Il s’agit au contraire de poser une interrogation fondamentale quant aux forces économiques, politiques et sociales à l’œuvre derrière la promotion globale de la French Theory « made in USA ». Il en ressort une réflexion sur la production et la dissémination de l’idéologie, l’histoire de la lutte des classes internationale (surtout en France et aux États-Unis), l’impérialisme intellectuel, le marxisme dit occidental, le fascisme, la politique identitaire, la méthodologie marxiste, le socialisme réellement existant, et le développement innovant du matérialisme historique et dialectique.
Ce requiem pour la French Theory s’interroge également sur les prolongements idéologiques contemporains de celle-ci et, loin de sombrer dans le défaitisme, anticipe une revitalisation de la pensée révolutionnaire dans une conjoncture historique où cette dernière est plus nécessaire que jamais.
Les auteurs
Gabriel Rockhill est directeur de l’Atelier de théorie critique / Critical Theory Workshop (ATC/CTW), professeur de philosophie à l’Université Villanova (Philadelphie), ancien directeur de programme au Collège international de philosophie et l’auteur ou l’édi- teur d’une dizaine de livres.
Aymeric Monville, agrégé de l’Université, est l’auteur de plusieurs essais de philosophie politique.
Jennifer Ponce de León est directrice associée de l’ATC/CTW et professeure associée à l’Université de Pennsylvanie.
vendredi 13 décembre 2024
jeudi 12 décembre 2024
Hagop Hovnatanian (Paradjanov, 1967)
La vie culturelle de Tbilissi au XIXe siècle, à travers le portrait du peintre arménien Hagop Hovnatanian (1806-1881).
lundi 9 décembre 2024
Les Mains d'or (Paradjanov, 1957)
Zolotye rouki (Zoloti rouky / Золоті руки)
Avec M. Kindzerskyi, I. Kononenko, Tolia Zajcev.
Le savoir-faire et les trésors de l'artisanat ukrainien, vus par Paradjanov.
Sayat Nova : La Couleur de la grenade (Pardjanov, 1969)
Sayat-Nova / Tsvet granata (Саят-Нова / Цвет граната)
Avec Sofiko Tchiaoureli, Melkop Alekian, Vilen Galstian, Georgi Gegeckori.
Fruit d'une recherche formelle qui tient autant du rêve que du fantasme contre l'ordre établi, Sayat Nova revisite l'histoire du poète du même nom, troubadour du XVIIIe siècle, connu pour avoir écrit en arménien, géorgien et azéri. Une diversité culturelle que Paradjanov transpose dans une série de tableaux vivants, soigneusement composés, où chaque couleur, texture et geste deviennent les fils multiples d'une tapisserie aussi harmonieuse qu'énigmatique. Une célébration de l'identité transcaucasienne qui vaut au cinéaste censure et emprisonnement, et dont l'esthétique visuelle unique inspirera nombre d'artistes, de Godard à Lady Gaga.
Arabesque sur le thème de Pirosmani (Paradjanov, 1985)
Arabeski na temou Pirosmani (Арабески на тему Пиросмани)
Hommage à l'artiste le plus populaire de Géorgie, une recomposition ciné-poétique de l'œuvre du peintre primitif Pirosmani, comme un voyage dans l'histoire et la culture du peuple géorgien.
Le Premier Gars (Paradjanov, 1958)
Pervyï paren (Perchyi paroubok / Перший парубок)
Avec Grygorii Karpov, Liudmyla Sosioura, Yourii Satarov.
Jaloux des autres gars du kolkhoze, le naïf et peu habile Youchka tente de devenir un bon footballeur afin de gagner le cœur d'Odarka, une fille du Komsomol (jeunesses communistes). Derrière l'œuvre de jeunesse à consonance idéologique, une comédie doucement acidulée, parfois burlesque, qui réunit les éléments du folklore et de la nature dans un hymne à la joie de vivre.
Andriech (Paradjanov, 1954)
Андриеш
Avec Kostya Russu, Nodar Šašik-ogly, Ljudmila Sokolova.
Un jeune pâtre se voit offrir par Voinovan, patron des bergers, une flûte enchantée qui procure de la joie à tous ceux qui l'écoutent, mais dont la mélodie éveille la colère d'un sorcier malfaisant. Version longue du film de fin d'études de Paradjanov, Andriech dévoile son goût pour la magie et le surréalisme folklorique.
Rhapsodie ukrainienne (Sergueï Paradjanov, 1961)
Oukrainskaïa rapsodia (Oukraïnska rapsodia / Українська рапсодія)
Avec Olga Petrenko, Eduard Kochman, Youriï Gouliaev.
Sur fond de Seconde Guerre mondiale qui sépare les amants, le portrait d'une villageoise devenue cantatrice à succès. Des rues de Paris aux champs de ruines, la rhapsodie de Paradjanov se pare des couleurs du mélodrame en Sovcolor, dans un récit livré par bribes, reliées par la musique et le chant d'un lyrisme flamboyant.
Les Fresques de Kiev (Serguei Parajanov, 1966)
Avec Tengiz Archvadze, Viia Artmane.
À partir des vestiges d'un film censuré par les autorités qui demandent sa destruction, Paradjanov réalise une mosaïque d'images sur le destin d'une famille disloquée par la guerre, et amorce le tournant esthétique pleinement révélé dans Sayat Nova.
Israel representa los "valores europeos" o la bandera arcoíris para liquidar Palestinos
SandraVicente
Udi Raz (Haifa, 1987) cubre su cabeza con una kipá y su cuello con una kufiya palestina. Debajo, una larga falda que le llega a los pies completa la representación de las tres luchas que le definen como persona judía antisionista y no binaria. Es consciente de que su mera existencia es percibida como una contradicción y más de una vez se ha sentido en peligro.
Por eso se mudó a Alemania con 24 años, donde estudia su doctorado. Allí ha sido bandera de la lucha queer y la liberación de Palestina. Ambas causas que, asegura, tienen que ir de la mano. Su posicionamiento le ha llevado a ser detenido por organizar manifestaciones para pedir el alto al fuego y también a perder su trabajo como guía en el Museo Judío de Berlín por decir que Israel aplica un régimen de apartheid. Una muestra, dice, de “la larga sombra del sionismo”.
Visita Barcelona en el marco de las jornadas ’Cambiar la educación para cambiar el mundo’, organizadas por entidades como Lafede.cat y administraciones como la Generalitat, la Diputación o el Ayuntamiento de Barcelona.
Nace en Israel, pero se muda a Alemania. ¿Por qué?
Porque acababa de perder a un gran amigo en un ataque terrorista en un espacio seguro para personas queer en Tel Aviv. Su nombre era Nir. Junto a él también perdieron la vida diversas personas y otros amigos míos resultaron heridos.
Todavía no se sabe quién perpetró el ataque, pero lo que sí está claro es que muchos políticos lo usaron para promover ideologías racistas. Me sentí totalmente aislado. Empecé a mirar por mi propia seguridad y me fui a Berlín.
Desde de su experiencia, ¿cómo se siente cuando ve que Israel se erige como un refugio para la comunidad LGTBI y un país gayfriendly?
Nací en Haifa, una ciudad en la que viven tanto israelíes como palestinos. Pero no conocí a una persona palestina como igual hasta que empecé a moverme en espacios queer. Es que ni siquiera coincidí con ellos en la escuela, durante 12 años. Fue ahí cuando entendí por qué cuando hablamos de Israel, hablamos de un sistema de apartheid.
Vi claro que la lucha por la liberación queer debía ir de la mano con la liberación de Palestina, porque ambos se salen de lo que se considera aceptable. Israel se presenta como un refugio, pero solo para quienes encajan en la heteronorma; es decir a hombres homosexuales que adoptan o compran niños y que se casan. Pero, además, tienen que comulgar con la idea de la nación israelí.
Es muy impresionante ver cómo personas queer perpetran este genocidio, cuando no hay nada más anti-queer que eso. Es espeluznante que las IDF [Fuerzas de Defensa de Israel, por sus siglas en inglés] lleven la bandera arcoíris a Gaza.
Como judío, ¿se siente cómodo usando la palabra genocidio?
Es una pregunta justa. Hablo como judío, pero también como académico y en la literatura tenemos el término ‘genocidio’ muy bien definido. Eso me da seguridad para usarlo tranquilamente y, además, creo que es necesario porque nos ayuda a entender un fenómeno universal. Porque el genocidio judío no es el único. Tenemos el de Armenia, el de Ruanda, el Congo, Sudán y el de Gaza.
Es un término que debería hacer sonar alarmas, pero no lo hace. No molesta a quienes están en el poder, a pesar de que hay gente que incesantemente sale a la calle para pedir el alto al fuego. Es otra muestra de que la democracia está colapsando, porque nuestros dirigentes no escuchan al pueblo.
Usted vive en Alemania, ¿cómo es la situación allí?
En Berlín hay mucha gente de diferentes culturas, contextos y narrativas. Y ahora el Gobierno quiere que abandonemos esa diversidad y que adoptemos una ideología que justifica el genocidio, asegurando que es para proteger al pueblo judío y al conjunto del mundo occidental. Pero lo irónico es que la mayor parte de judíos viven fuera de Israel y Palestina y, en gran parte, no están alineados con el sionismo.
Asumiendo la voluntad de esa pequeña parte del pueblo judío, no solo nos están excluyendo al resto sino que nos hacen parecer un peligro para los países que nos han acogido.
Hay un vídeo suyo en Berlín frente a una manifestación de apoyo a Israel en la que pregunta a los asistentes cuántos de ellos son judíos y apenas una persona levanta la mano. ¿Quiénes son los sionistas?
Esa imagen es un ejemplo de un fenómeno amplio. Tanto que los sionistas más poderosos del mundo ahora mismo no son ni siquiera judíos. Y eso demuestra que el sionismo no es una idea de judíos para judíos. Fue diseñada para judíos, pero por no judíos. La base del sionismo es que no podemos pertenecer a Europa. Como mucho, podemos ser sus representantes fuera de sus fronteras.
Los Gobiernos que se alinean con el sionismo toman decisiones en nombre del pueblo judío, pero no lo incluyen. Y como prueba está que en el Parlamento alemán ninguno de los 700 diputados es judío. Otro ejemplo: en 2018 se crearon las comisiones para la vida judía en Alemania y para la lucha contra el antisemitismo en las que no hay ni una sola persona judía.
¿Cómo afecta el papel que Alemania tuvo en el Holocausto a la postura que tiene hoy frente a lo que sucede en Gaza?
Las élites alemanas no están interesadas en protegernos como judíos, sino como un arma para reproducir el racismo antimusulmán. Somos la excusa para decir que el Islam es peligroso, ya sea para los judíos, las mujeres, las personas queer, para el medio ambiente y hasta para los animales, aunque olvidan que el rito kosher es mucho más cruel y sangriento que el halal.
Lo peor es que, con la excusa de defender al pueblo judío, hasta los partidos de centro-izquierda, los verdes o los socialdemócratas apoyan el genocidio. Podrías pensar que necesitan reconciliarse con su propio pasado genocida, pero en realidad les motiva lo mismo que en el siglo pasado: son un puñado de arios que quiere mantener el poder.
Es cierto que ahora no se identifican como arios, pero todos sabemos qué está en juego. Siempre señalan un grupo social como un peligro urgente: pueden ser los judíos, los homosexuales, los musulmanes, los gitanos… Y si alzas la voz, en seguida te llaman antisemita y así zanjan el asunto.
Usted ha sido detenido en diversas ocasiones por organizar manifestaciones para pedir el alto al fuego en Gaza. ¿Qué pasó?
Nunca lo sabes. Simplemente te llevan sin darte una razón. Al cabo de un rato, te dicen que te enviarán una carta y, normalmente, viene con una multa por desórdenes públicos. La criminalización de un movimiento que vela por la paz y los derechos humanos es la criminalización de la democracia y del derecho internacional que fue escrito, precisamente, con la sangre de más de seis millones de judíos.
También ha sufrido represión en su trabajo. Hace poco fue despedido del Museo Judío de Berlín por asegurar que Israel es un Estado de apartheid.
Trabajaba como guía y hablaba bastante de mi experiencia personal. Por ejemplo, contaba por qué me fui de Israel y, aparte de mencionar que no era un lugar seguro para mí, comentaba que no me sentía cómodo con algunas cosas. Mencionaba un informe de Amnistía Internacional de 2021 que decía que la situación entre el río Jordan y el mar Mediterraneo es un ejemplo de apartheid.
Pues eso fue suficiente para que el museo me sermoneara en diversas ocasiones durante meses para intentar convencerme de no usar el término apartheid. Pero yo daba buenos argumentos y, en el fondo, no me despedían porque era de los pocos trabajadores judíos. Pero llegó el [ataque de Hamás del] 7 de octubre y la primera vez que hablé de apartheid me despidieron. Poco más tarde, el Bild Zeitung, un periódico ario y supremacista, publicó un artículo en el que me llamaban antisemita y que contaba con declaraciones de responsables de Museo.
Cuando empezó el conflicto, corrieron mucho las declaraciones del ministro israelí de Defensa, que llamó a los palestinos “animales”. Como persona criada en Israel, ¿cuál era su percepción del pueblo palestino?
En Haifa ni nos referimos a ellos como palestinos, sino como árabes israelíes [palestinos con ciudadanía israelí]. Los únicos que se conocen como palestinos son los que viven en Cisjordania, que están sujetos a una limpieza étnica. Y luego, los intocables, que son los que viven en Gaza, que están sufriendo un genocidio.
Yo nunca me planteé si los palestinos son humanos o no, porque los veía por la calle. Pero la mayoría de ciudades, pueblos y kibutz [de Israel] son exclusivamente judíos y jamás han visto a un palestino, a no ser que estén en el Ejército. El primer palestino que ven muchos israelíes es el que ven a través de un rifle.
¿Cómo fue la experiencia del servicio militar obligatorio en el Ejército de Israel?
Estuve dos años, en lugar de tres. En aquella época ya había empezado a involucrarme en el movimiento queer y de liberación de Palestina, pero me seleccionaron para ser piloto, que era mi gran ilusión de infancia. Así que, de alguna manera, dejé de lado mis principios porque estaba cumpliendo un sueño. Tardé casi un año en ver que era una contradicción. Y renuncié.
Me trasladaron a la unidad aérea que, por cierto, está en el centro de Tel Aviv, al lado de un hospital. Cuando oigo que la gente del [grupo palestino] Hamás se esconde entre la población civil, no puedo hacer más que reírme, porque el Ejército israelí hace lo mismo.
¿Cómo le fue en la unidad aérea?
Igual, contradecía todos mis principios. Solo diré que era muy fácil saber cuándo se estaba bombardeando y asesinando a gente, porque el día que eso pasaba en la base había un gran bufet de comida y bebida. Muy suntuoso y excesivo. Y es que la única persona que puede dar la orden de bombardeo es un oficial de alto rango y, cuando venía, se le agasajaba. Es decir, si veías comida era que se estaba cometiendo un asesinato.
Así que también pedí el traslado y me llevaron a la base militar de Haifa, donde me hice cargo de las fotocopias, básicamente. Y eso sí me sirvió, porque usé esa fotocopiadora para imprimir panfletos para promocionar la primera manifestación del orgullo que se celebró allí. Pero me pillaron.
¿Qué le pasó?
No me encarcelaron, pero se me prohibió abandonar la base por unos días. Y, mientras estaba recluido, entendí que hacía más como civil que como soldado. Así que les dije que renunciaba y que, si no dejaban que me fuera, me suicidaría. Obviamente, no lo habría hecho, pero era la única manera de marcharme.
A las dianas con las que practicábamos tiro en el ejército se les llamaba ‘sirios’. Todos teníamos a nuestro sirio y le disparábamos.
¿Le sirvieron de algo esos dos años en el Ejército?
Entendí por qué un pueblo entero justifica y apoya el genocidio. Cualquier persona israelí está obligada a estar tres años en el Ejército y todo lo que oyes es confrontación entre ellos y nosotros. E interiorizas la idea de que si en algún momento ves a un palestino va a ser en un contexto de muerte y violencia.
Y quien dice ‘palestino’ dice cualquier persona de los países limítrofes. Recuerdo, por ejemplo, que a las dianas con las que practicábamos tiro se les llamaba ‘sirios’. Todos teníamos a nuestro sirio y le disparábamos. Es una manera de provocar odio contra toda la región, contra cualquier persona musulmana.
Israel es horrible y gran parte de su población, también. Y la mayoría de partidos son genocidas, incluso los de izquierdas. No necesitamos un Estado judío. A estas alturas no podemos eliminar a Israel, pero ningún país genocida tiene derecho a existir. Quizás la solución de los dos Estados es la mejor y que nos dé igual si lo llamamos Israel o Palestina. Igual que a mí me da igual que me percibas como un hombre que como a una mujer. Lo único que me importa es que me veas como a un ser humano.
Sur Cioran: stratégie "littéraire" du fascisme roumain au nihilisme bon teint (bourgeois occidental)
Source (extrait): https://jeune-nation.com/kultur/culture/commentaire-sur-codreanu-et-emil-cioran-par-yurie-rosca
Oui, il est l’un des brillants disciples du professeur de philosophie et de logique, le grand publiciste et doctrinaire du nationalisme Nae Ionescu, avec Mircea Eliade, Mircea Vulcănescu, Constantin Noica, Petre Țuțea, et bien d’autres. Oui, il a écrit un essai célèbre sur le Capitaine Corneliu Codreanu en 1940 deux ans après son assassinat. Son livre « La Transfiguration de la Roumanie » écrit en 1936 dans un style radicalement nationalisé le met mal à l’aise une fois parti en France, il préfère s’en distancier. Réfugié en France, il a préféré faire carrière en tant que philosophe « français », c’est-à-dire un philosophe qui a renoncé au Christ, à la tradition orthodoxe et au roumanisme, errant dans la nébuleuse du nihilisme occidental. Il a renié sa jeunesse d’admirateur du mouvement légionnaire et s’est rendu célèbre en abandonnant sa propre nation au profit d’une identité artificielle et d’une attitude politiquement correcte. Après la chute du communisme, j’ai lu environ trois de ses livres, mais j’ai été dégoûté par sa polémique avec Saint Paul, ainsi que par sa prétention à rivaliser avec les auteurs français modernes en esthétisant le désespoir, le néant, le dégoût de tout, etc.

En d’autres termes, Cioran est un snob très doué, un conformiste avec un talent remarquable qui a nié sa propre identité religieuse, ethnique et culturelle pour satisfaire la fierté de l’auteur français accepté dans les salons littéraires de Paris comme un philosophe raffiné qui pratique sa plume dans une sorte de décadence si chère aux Français. Et clairement, lorsqu’il répand la modernité ou les maladies de la société dans laquelle il s’est intégré, il le fait d’un point de vue profondément «moderne» de l’école européenne des rationalistes et des illuministes qui ont irrémédiablement déformé la culture traditionnelle française.
Contrairement à ses collègues de l’autre génération, Cioran est devenu célèbre, mais c’est en niant son propre passé et les valeurs qu’il professait au profit d’une renommée de philosophe subtil et de connaisseur raffiné de la langue française. Peut-être que les Français ont gagné un auteur supplémentaire, mais le courant de pensée nationaliste roumain a perdu une plume redoutable.
Yurie Roșca

« Aimable public, ne va pas chercher dans ce film la vie de Sayat-Nova, grand poète arménien du XVIIIe siècle. Nous n'avons que tenté de rendre par les moyens du cinéma l'univers imagé de cette poésie dont le chantre russe Valéri Brioussov disait : "La poésie arménienne du Moyen-Âge est une des éclatantes victoires de l'esprit humain inscrites dans les annales de notre monde." » (Sergueï Paradjanov)