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dimanche 19 avril 2026

GUERRE AU MOYEN-ORIENT : Blocus de la Chine par les USA


André Fougeron, Civilisation atlantique, 1953, Londres, Tate Modern 

 Les véritables intentions de l'administration Trump commencent à se dévoiler.

Même si Scott Bessent se trompe dans ses chiffres – le CCG ne couvre pas 8 % des besoins énergétiques de la Chine, mais plutôt entre 5 et 6 % –, les sanctions secondaires dont il parle constituent le véritable objectif de cette tentative de blocus du détroit d'Ormuz.

Ce blocus vise à perturber l’approvisionnement en pétrole des économies émergentes du Sud, et surtout de la Chine.

En menaçant deux banques chinoises de sanctions si elles s’impliquent dans des transactions pétrolières avec l’Iran, on envoie un message à tous les fournisseurs de pétrole de la Chine pour qu’ils reconsidèrent leur position et choisissent leur camp.

Aujourd’hui, ce sont les ventes de l’Iran à la Chine qui sont sanctionnées : des décennies de sanctions, d’embargos et de coercition militaire n’ont pas réussi à dissuader l’Iran, c’est donc désormais les banques chinoises qui sont visées.

Demain, ce sera n’importe quel petit pays producteur de pétrole qui se verra ordonner de cesser de vendre du pétrole à la Chine, sous peine de subir une coercition financière et militaire.

Cela rendra la Chine plus dépendante de la Russie pour son approvisionnement énergétique (seulement 20 % pour l'instant).
Une fois que la Chine dépendra de la Russie pour plus de 50 % de son approvisionnement, il suffira aux États-Unis d'initier une détente avec la Russie contre la Chine, comme ils l'ont fait en 1972 avec la Chine contre la Russie, pour mettre la Chine sous une forte pression énergétique.

La visite officielle de Trump en Chine est désormais prévue les 14 et 15 mai, où la guerre commerciale et la compétition technologique figurent en tête de l'ordre du jour. Mais ces deux questions sont plus importantes pour les États-Unis que pour la Chine.

Cette question d'un approvisionnement en pétrole sans entrave pourrait s'avérer plus cruciale pour la Chine à long terme, et devrait également figurer en bonne place dans l'ordre du jour des discussions.

C'est ce que fait l'hégémon anglo-américain chaque fois qu'il aborde une négociation en position de faiblesse : il crée de toutes pièces une crise qui figurera en bonne place à l'ordre du jour de l'adversaire, afin d'équilibrer les négociations.

Une tactique rusée, mais la Chine a déjà vu ce genre de ruse auparavant.

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