Les véritables intentions de l'administration Trump commencent à se dévoiler.
Même
si Scott Bessent se trompe dans ses chiffres – le CCG ne couvre pas 8 %
des besoins énergétiques de la Chine, mais plutôt entre 5 et 6 % –, les
sanctions secondaires dont il parle constituent le véritable objectif
de cette tentative de blocus du détroit d'Ormuz.
Ce blocus vise à perturber l’approvisionnement en pétrole des économies
émergentes du Sud, et surtout de la Chine.
En menaçant deux
banques chinoises de sanctions si elles s’impliquent dans des
transactions pétrolières avec l’Iran, on envoie un message à tous les
fournisseurs de pétrole de la Chine pour qu’ils reconsidèrent leur
position et choisissent leur camp.
Aujourd’hui, ce sont les
ventes de l’Iran à la Chine qui sont sanctionnées : des décennies de
sanctions, d’embargos et de coercition militaire n’ont pas réussi à
dissuader l’Iran, c’est donc désormais les banques chinoises qui sont
visées.
Demain, ce sera n’importe quel petit pays producteur de
pétrole qui se verra ordonner de cesser de vendre du pétrole à la Chine,
sous peine de subir une coercition financière et militaire.
Cela rendra la Chine plus dépendante de la Russie pour son approvisionnement énergétique (seulement 20 % pour l'instant).
Une
fois que la Chine dépendra de la Russie pour plus de 50 % de son
approvisionnement, il suffira aux États-Unis d'initier une détente avec
la Russie contre la Chine, comme ils l'ont fait en 1972 avec la Chine
contre la Russie, pour mettre la Chine sous une forte pression
énergétique.
La visite officielle de Trump en Chine est désormais
prévue les 14 et 15 mai, où la guerre commerciale et la compétition
technologique figurent en tête de l'ordre du jour. Mais ces deux
questions sont plus importantes pour les États-Unis que pour la Chine.
Cette
question d'un approvisionnement en pétrole sans entrave pourrait
s'avérer plus cruciale pour la Chine à long terme, et devrait également
figurer en bonne place dans l'ordre du jour des discussions.
C'est
ce que fait l'hégémon anglo-américain chaque fois qu'il aborde une
négociation en position de faiblesse : il crée de toutes pièces une
crise qui figurera en bonne place à l'ordre du jour de l'adversaire,
afin d'équilibrer les négociations.
Une tactique rusée, mais la Chine a déjà vu ce genre de ruse auparavant.

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