Article épinglé

vendredi 8 novembre 2024

La déstabilisation de l’Iran par les États-Unis : une longue histoire

 

Kamala Harris a récemment qualifié l’Iran de « force déstabilisatrice et dangereuse » au Moyen-Orient. Si on veut comprendre cette remarque, il faut se pencher sur le contexte puisque cela s’inscrit dans l’histoire des dernières décennies au cours desquelles les États-Unis ont cherché à déstabiliser l’Iran.

Source : Jacobin, Seraj Assi
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

 
Le Chah Mohammad Reza Pahlavi et Jimmy Carter lors d’une cérémonie de bienvenue à la Maison Blanche, Washington, le 15 novembre 1977. (Diana Walker / Getty Images)

Depuis douze mois, depuis octobre dernier, les dirigeants américains se félicitent des bombardements incessants d’Israël sur Gaza, alors même que le génocide qui s’y déroule – financé et armé par les États-Unis – a tué plus de quarante mille Palestiniens, dont près de la moitié sont des femmes et des enfants. Les manifestations de satisfaction se sont poursuivies alors qu’Israël a étendu ses bombardements à trois autres pays arabes : le Liban, le Yémen et la Syrie.

Encore insatisfaits, certains encouragent maintenant Israël à bombarder l’Iran. Joe Biden aurait « discuté » de la perspective d’une attaque israélienne contre les champs pétrolifères iraniens, lesquels constituent la base de l’économie iranienne et qui s’étiolent en raison de l’embargo américain dévastateur qui dure depuis des décennies.

À la suite du tir de missiles iraniens sur Israël la semaine dernière, effectué en représailles à l’assassinat par Israël de dirigeants du Hamas et du Hezbollah, la Vice-présidente et candidate démocrate à l’élection présidentielle Kamala Harris a qualifié l’Iran de « force déstabilisatrice et dangereuse » au Moyen-Orient, ouvrant ainsi un nouveau chapitre dans la longue histoire belliciste américaine à l’encontre de l’Iran. Lundi dernier, elle est allée encore plus loin en qualifiant l’Iran de « plus grand adversaire » des États-Unis.

Une longue histoire violente

Ceux qui connaissent l’histoire de l’Iran ont du mal à entendre de telles déclarations sans se remémorer le réveillon du Nouvel An 1977, un an avant que la révolution iranienne n’éclate. Alors que les émeutes se multipliaient en Iran, le président américain Jimmy Carter assistait à un somptueux dîner d’État en compagnie du chah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, il a alors porté un toast : « Grâce à l’excellent leadership du chah, l’Iran est un îlot de stabilité au coeur d’une des régions les plus troublées du monde. »

Il est paradoxal de noter que ces discours avaient été précédés par un long passé de déstabilisation de l’Iran par les États-Uni, une histoire entachée d’opérations secrètes et d’interventions clandestines. Vingt-quatre ans plus tôt, lors de l’Opération Ajax, la CIA, en collaboration avec le MI6 britannique, avait orchestré un coup d’État qui avait chassé le Premier ministre iranien démocratiquement élu, ce dernier avait remporté la victoire en prônant la nationalisation du pétrole iranien et en le soustrayant au contrôle de l’Occident. Ce coup d’État a entraîné la désintégration de la démocratie naissante du pays et devait hanter les Iraniens pour des décennies.

À partir de la fin des années 1940, dans le feu de la Guerre froide, l’administration de Harry Truman a fait du jeune chah un partenaire important de l’alliance antisoviétique naissante au Moyen-Orient, malgré le ressentiment croissant des Iraniens à l’égard de la corruption du chah et de la façon inconsidérée dont il vendait des ressources de l’Iran à des sociétés étrangères pour financer son train de vie somptueux. La folie dépensière du chah l’a conduit à vendre les droits exclusifs sur le pétrole et le gaz naturel iraniens à des multinationales pétrolières occidentales, principalement l’Anglo-Iranian Oil Company (AIOC), qui ont exploité les Iraniens et exporté des millions de barils de pétrole, générant des profits faramineux tout en ne payant pratiquement rien à l’Iran.

Le ressentiment à l’égard du chah a rapidement donné lieu à une contestation populaire. En octobre 1949, Mossadegh, critique de longue date de la dynastie Pahlavi et ardent défenseur du droit de l’Iran à contrôler sa propre industrie pétrolière, a fondé le Front national, une large coalition comprenant à la fois des modérés de la classe moyenne et des membres du parti de gauche Tudeh. Mossadegh et ses alliés ont rapidement exercé le pouvoir au sein du parlement iranien, le Majles, où ils se sont présenté en prônant le partage des profits pétroliers entre l’Iran et l’AIOC, citant l’exemple d’autres multinationales pétrolières opérant au Venezuela et en Arabie saoudite.

Le coup d’État contre Mohammed Mossadegh a entraîné la désagrégation de la démocratie naissante du pays et devait hanter les Iraniens pour des décennies.

Soutenue par le gouvernement britannique, l’AIOC a refusé tout compromis. Le Majles a réagi en nationalisant l’industrie pétrolière iranienne. Peu après, Mossadegh a été élu Premier ministre et a immédiatement annoncé son intention de priver le Royaume-Uni du contrôle des champs pétrolifères et des raffineries iraniennes.

L’Occident n’a pas tardé à prendre des mesures de rétorsion. Lorsque Mossadegh a décidé la nationalisation, les gouvernements britannique et américain ont uni leurs forces pour pousser le chah à destituer son nouveau Premier ministre, menaçant le pétrole iranien d’un embargo international, tout en préparant secrètement un coup d’État à Téhéran.

Le président Dwight D. Eisenhower a donné sa bénédiction à ce projet. Du côté américain, les organisateurs du coup d’État étaient le secrétaire d’État chargé des Affaires étrangères John Foster Dulles, un anticommuniste enragé qui considérait Mossadegh comme un suppôt de la Russie et un « cinglé », et Allen Dulles, le nouveau directeur de la CIA, qui entretenait des liens étroits avec le MI6, agence de renseignement britannique, et adorait les opérations secrètes visant les nations qu’il jugeait susceptibles de faire l’objet d’une tentative de subversion ou d’une prise de contrôle par l’Union soviétique. Pour superviser le plan, Kermit Roosevelt, petit-fils de Theodore Roosevelt et vétéran des opérations secrètes de la CIA, a été envoyé à Téhéran.

Des agents américains et britanniques ont mené ce qu’ils ont qualifié de « contre-coup d’État » contre le gouvernement nouvellement élu, en distribuant de généreux pots-de-vin pour mobiliser des centaines de mercenaires pro-chah, qui ont déferlé dans les rues en scandant des slogans anti-gouvernementaux et en déclenchant de violents affrontements avec les partisans de Mossadegh. Pendant ce temps, le général Fazlollah Zahedi, bien disposé envers l’Occident, et des officiers militaires de droite, ainsi que la police secrète iranienne, connue sous le nom de SAVAK, ont entrepris de rétablir l’ordre et de réprimer la dissidence, en raflant les militants du parti Tudeh, en arrêtant Mossadegh et en redonnant le pouvoir au chah.

Ce n’était qu’un début

Au nom de la lutte contre le communisme, les États-Unis ont contribué à saboter une démocratie florissante au Moyen-Orient. Pour citer l’historien américain Douglas Little : « Après s’être persuadés que l’Iran était sur le point de basculer dans le communisme, Eisenhower et les frères Dulles avaient encouragé les forces pro-américaines à renverser un dirigeant iranien démocratiquement élu et à réinstaller sur le trône du Paon un dirigeant de plus en plus autocratique. »

Le coup d’État de 1953, connu en Iran sous le nom de Coup d’état du 28 Mordad, était le prélude d’une longue histoire d’opérations secrètes américaines destinées à changer des régimes et visant des dirigeants démocratiquement élus dans l’ensemble des pays du Sud. Deux décennies plus tard, au Chili, les États-Unis se sont rendus coupables d’un infâme complot visant à renverser le président socialiste élu Salvador Allende, contribuant ainsi à l’instauration d’une dictature autoritaire de droite.

En Iran, e coup d’État de 1953 n’était qu’un début. Alors que le ressentiment des Iraniens à l’égard du chah grandissait, les États-Unis ont réagi en lançant une nouvelle opération secrète au début des années 1960. Peu après son investiture, John F. Kennedy a élaboré son propre plan pour contrer l’agitation civile en Iran : une « révolution blanche ». En avril 1962, tout juste sorti de la débâcle de la Baie des Cochons, il a invité le chah Pahlavi à Washington, et les deux dirigeants ont envisagé un « plan de stabilité pour l’Iran ». Neuf mois plus tard, le chah dévoilait sa Révolution blanche, un ensemble de réformes modernisatrices « descendantes » destinées à éviter des changements radicaux « ascendants », à l’instar de la révolution rouge de Fidel Castro à Cuba. Au printemps 1963, des volontaires du Corps de la Paix américain se sont rendus en Iran pour y promouvoir la modernisation américaine et, alors que des centaines de sociétés américaines commençaient à investir dans le « miracle économique » du chah, un flux de millions de barils de pétrole quittait l’Iran à destination des alliés de la Guerre froide des États-Unis en Asie et en Europe de l’Ouest.

Pendant ce temps, les dirigeants de l’opposition iranienne, menés par Ruhollah Khomeini, ridiculisaient le chah, le qualifiant de pantin des américains et condamnaient les réformes soutenues par les États-Unis au titre de l’« occitoxification » (Gharbzadegi en persan).

À la fin des années 1960, les responsables américains pensaient que l’Iran appréciait la Révolution blanche du chah. La répression de la dissidence par le chah les a réjouis, de même que sa décision d’exiler Khomeini, qu’ils considéraient comme un « fauteur de troubles islamiques gênant. »

En avril 1962, Kennedy, tout juste sorti de la débâcle de la Baie des Cochons, a invité le chah Pahlavi à Washington, et les deux dirigeants ont envisagé un « plan de stabilité pour l’Iran ».

Richard Nixon et Henry Kissinger sont alors entrés en scène. Souhaitant à tout prix renforcer l’expansion des États-Unis au Moyen-Orient et sortir du bourbier vietnamien, l’administration Nixon considérait alors la monarchie Iranienne comme un supplétif des États-Unis. En 1972, les deux hommes se sont rendus à Téhéran, où ils ont présenté au chah leur « doctrine Nixon » : en échange de l’aide des États-Unis pour assurer la stabilité politique en Iran, les États-Unis autoriseraient le chah à acheter du matériel militaire non nucléaire provenant de l’arsenal américain, notamment des hélicoptères de combat, des avions de chasse et des frégates dotées de missiles guidés.

Le chah a adopté avec enthousiasme la nouvelle doctrine Nixon, se lançant dans des achats somptuaires de matériel militaire américain à hauteur de 13 milliards de dollars, financés par les revenus supplémentaires générés par la montée en flèche des prix du pétrole à la suite de la guerre israélo-arabe de 1973 et de l’embargo sur le pétrole arabe. Mais le boom pétrolier n’a fait que semer la zizanie dans les classes moyennes et populaires iraniennes, celles-ci considérant avec un dégoût croissant les gaspillages du chah en matière d’armement américain. Des émeutes ont éclaté dans les rues de l’Iran et ont été réprimées brutalement par le chah, avec la bénédiction des États-Unis.

Depuis son exil en Irak, Khomeini, de plus en plus populaire, a condamné l’effusion de sang et appelé au renversement du tyran soutenu par les États-Unis. La révolution iranienne n’a pas tardé à voir le jour.

Le 16 janvier 1979, le chah Pahlavi est monté à bord d’un Boeing 707 à l’aéroport Mehrabad de Téhéran et a pris, après une brève escale en Égypte, le chemin de l’exil aux États-Unis. Pour de nombreux Iraniens, donner refuge au chah était un rappel amer de la conspiration de la CIA pour renverser Mossadegh : les États-Unis, semblait-il, étaient un superpuissant voyou qui récompensait les tyrans honnis et punissait les dirigeants légitimement élus.

Après la révolution

Deux semaines après la fuite du chah, Khomeini est revenu en Iran pour la première fois après quinze ans d’exil, promettant d’établir une République islamique et de nettoyer le pays de toute influence qui pourrait encore venir du « Grand Satan ». Khomeini et ses partisans ont battu les forces de gauche qui avaient contribué à renverser le chah et ont rapidement créé leur propre État autoritaire, qui a toutefois bénéficié d’un soutien populaire en raison de son opposition à l’impérialisme américain.

Pourtant, les États-Unis ont continué à se complaire dans le déni. Les élites américaines ont rarement pris la peine de comprendre les mouvements politiques islamistes ou la branche particulière du chiisme de Khomeini. Elles n’ont jamais accepté de voir que les sentiments anti-américains qui couvaient en Iran n’étaient pas d’origine religieuse ou culturelle, ni le produit d’un « choc des civilisations » ou d’autres absurdités anachroniques, mais qu’ils trouvaient leur origine dans la longue histoire d’ingérence des États-Unis dans le pays et dans leur soutien à la dictature du chah.

Les élites américaines n’ont jamais accepté de voir que les sentiments anti-américains qui couvaient en Iran n’étaient pas d’origine religieuse ou culturelle, mais qu’ils trouvaient leur origine dans la longue histoire d’ingérence des États-Unis dans le pays.

Lorsque Ronald Reagan est entré en fonction en 1980, l’Iran était plongé dans une guerre de plus en plus meurtrière contre l’Irak, laquelle a duré huit ans et a fait un demi-million de morts, pour la plupart des Iraniens. Désireuse de régler ses comptes avec l’Iran, l’administration Reagan s’est rangée du côté de l’Irak, fournissant à Saddam Hussein des armes et des avions, des renseignements militaires et des milliards de dollars. Ce qui n’a pas empêché Reagan de conclure en toute illégalité un accord « armes contre otages » avec le gouvernement Khomeiny, dans le cadre du scandale connu sous le nom d’affaire Iran-Contra..

La guerre Iran-Irak s’est terminée par un enlisement. Enhardi par son partenariat avec les États-Unis, Saddam Hussein a envahi le Koweït trois ans plus tard, et les États-Unis se sont rapidement retrouvés en guerre contre leur ancien allié devenu un nouveau paria, l’Irak.

Enferrés dans l’hostilité

Depuis lors, la politique américaine à l’égard de l’Iran est entachée des griefs du passé et s’est enfermée dans une hostilité anachronique. Ne voulant pas se laisser distancer par ses prédécesseurs, Bill Clinton a adopté une politique de « double endiguement », se traduisant par des sanctions économiques invalidantes et des menaces militaires à titre préventif pour affaiblir l’Iran, avec pour point d’orgue la signature de la loi de 1996 sur les sanctions contre l’Iran et la Libye (Iran and Libya Sanctions Act, ILSA).

Dans le même temps, les dirigeants iraniens tentaient de rétablir des liens avec les États-Unis par une série de gestes de bonne volonté. En mai 1997, le modéré et réformateur Mohammad Khatami a été élu président et il a tendu un rameau d’olivier aux États-Unis, mais les iraniens se sont heurtés à la très forte animosité et à la méfiance de l’administration Clinton, celle-ci exigeant sans relâche que l’Iran mette fin à son programme de recherche nucléaire, comme en témoigne la loi sur la non-prolifération des armes nucléaires (Iran Nonproliferation Act) de 2000.

Avec George W. Bush, les néoconservateurs ont officiellement fait de la déstabilisation de l’Iran une vraie politique, là encore en dépit des efforts déployés par l’Iran. Quelques heures après les événements du 11 Septembre, Khatami a adressé ses condoléances à Bush, tandis que des milliers de jeunes Iraniens organisaient une veillée aux chandelles dans les rues de Téhéran. Bush a réagi en qualifiant l’Iran de régime terroriste et de membre de « l’Axe du Mal », aux côtés de l’Irak et de la Corée du Nord. (Ou « Axe de la Malédiction », selon la toute dernière formule de Benjamin Netanyahou, qui y inclut Gaza et le Liban).

Lorsque, quatorze mois plus tard, les troupes américaines ont envahi l’Irak pour déposer Saddam Hussein, c’était au tour de Khatami de condamner les États-Unis. Certains des principaux conseillers de Bush, dont le vice-président Dick Cheney, se sont réjouis en privé de la perspective d’une attaque préventive israélienne contre le complexe nucléaire iranien de Bushehr, et ont même fomenté un complot pour changer de régime à Téhéran. Peu satisfait de sa destruction aveugle de l’Irak, Bush lui-même a donné au Pentagone l’ordre de planifier une attaque contre les installations nucléaires iraniennes, ce dont l’ancien président s’est vanté dans ses mémoires.

En faisant constamment le choix de la punition économique et en cherchant des solutions militaires pour affaiblir le pays, les États-Unis se sont toujours trompés sur l’Iran – qu’il s’agisse de la CIA qui a renversé le Premier ministre démocratiquement élu Mossadegh, de Carter qui a accueilli le chah autocrate, de Reagan qui a envoyé des armes à l’Irak pendant la guerre Iran-Irak, de George W. Bush rejetant un accord sur le nucléaire iranien, ou de Donald Trump sabotant l’accord nucléaire de Barack Obama avec l’Iran et faisant assassiner Qassem Soleimani, ou encore de l’administration Biden se montrant belliciste à l’égard de l’Iran alors que les conflits régionaux se multiplient, attisant les flammes d’une guerre plus vaste – sans compter l’envoi de milliers de soldats américains de plus dans la région et l’obtention d’un paquet d’aide militaire de 8,7 milliards de dollars pour Israël.

Depuis près d’un siècle, les États-Unis s’emploient à déstabiliser l’Iran. Alors que la candidate démocrate à la présidence, une fois de plus, multiplie les tirades contre l’Iran tout en soutenant le nouvel assaut israélien contre le Liban, les responsables américains semblent n’avoir tiré aucune leçon de l’histoire.

* Seraj Assi est un écrivain palestinien vivant à Washington, et l’auteur, plus récemment, de My Life As An Alien (Tartarus Press).

mercredi 6 novembre 2024

La fille du saint (Oleg Frelikh, 1930)


 

SYNOPSIS:
Le drame "La Fille du Saint" est sorti en 1930. À cette époque, en Ouzbékistan, 
les membres du Komsomol faisaient pression sur les paysans pour qu'ils rejoignent 
les fermes collectives, mais le clergé local était contre la collectivisation. 
L'intrigue du film est basée sur ces événements.Le pauvre paysan Tursun 
a amené sa femme à la mosquée. 
Le couple n'avait pas d'enfants et Tursun croyait que sa femme était malade et 
que les prières l'aideraient. Là, l'ishan, le plus haut religieux islamique, 
en fit sa concubine. Le couple a eu une fille, Oinisa. Des années plus tard, 
Ishaan l'a vue par hasard et a décidé de l'épouser. Pour empêcher ce mariage, 
sa mère a envoyé Oinisa en ville, où elle a trouvé un emploi dans une usine textile 
et est devenue membre du Komsomol.
Puis Ishan, qui s'est opposé au régime soviétique, a persuadé Tursun de tuer sa femme 
parce qu'elle avait voué sa fille à une voie pécheresse. Mais lors de la tentative 
d'assassinat, Tursun a appris la vérité sur la naissance d'Oinisa. 
OU ALORS : Lorsque le voile intégral de sa femme Khakima tombe accidentellement, 
Abdu Nabi utilise ce prétexte pour purifier la jeune femme des mauvais 
esprits ; profitant de son impuissance, il la viole. Khakima donne 
bientôt naissance à une fille, Oinisa. 
Année de sortie : 1930. 
Durée : 58 mn.
Genre : Drame

Autres noms : Zelim Khan
 
Réalisateur(s) : Oleg FRELIKH
 
Casting:
L. JALILOVA ...Oinizo
Rustam TURA-KHOJAEV ...Tursun
S. KHOJAEV ...ishan Abdu-Nabi
Z. SHAKIROVA ...Hakim
 
Opérateur(s) : Alexander GINTSBURG
 

 

We can do it (animation anti-fasciste soviétique, 1970)


 

Histoire africaine (URSS, 1963)

 

African story USSR cartoon of 1963 based on the parable of Jomo Kenyatta about the struggle of the peoples of Africa against the colonialists.

mardi 5 novembre 2024

30 ans de préparation USA - « Les 6 méthodes de la Rand »

🔸Brzezinski a été conseiller des administrations des présidents américains J. Kennedy et L. Johnson, ainsi que  d'Obama pendant la période électorale. Responsable de la politique internationale USA sous Carter (1977-1980), il envoya Ben Laden en Afghanistan et développa le terrorisme « islamiste » pour renverser le gouvernement de gauche et attirer l'URSS dans un piège.

🔸Synthétisant les concepts géopolitiques de MacKinder et des géopoliticiens américains Admiral Mahan et Spykman, il créa la doctrine d'un nouvel expansionnisme américain. Dans Le Grand échiquier, paru en 1997, il expose les moyens de perpétuer la domination mondiale des USA. L'essentiel est de contrôler l'Eurasie. Il faut donc la diviser et empêcher les alliances entre Moscou, Berlin et Pékin. Brzezinski annonce les stratégies que suivront toutes les administrations USA jusqu'à aujourd'hui.

- dominer l’Eurasie

🔸« L'Eurasie demeure l'échiquier sur lequel se déroule le combat pour la primauté globale. La façon dont les États-Unis gèrent l'Eurasie est d'une importance cruciale. Le plus grand continent à la surface du globe en est aussi l'axe géopolitique. Toute puissance qui le contrôle, contrôle par là même deux des trois régions les plus développées et les plus productives. 75% de la population mondiale, la plus grande partie des richesses physiques, sous forme d'entreprises ou de gisements de matières premières, quelque 60% du total mondial. »

🔸Il s’agit donc de briser les partenariats et les échanges économiques pouvant renforcer les rivaux. Tous doivent être affaiblis méthodiquement et pour cela il faut diviser et paralyser l’UE tout en affaiblissant durablement la Russie qui doit être divisée en trois. Intégrer l'Ukraine dans l'OTAN et la retourner contre Moscou doit être la clé de la stratégie USA dont ce livre annonce les différentes étapes. Et même la date approximative des événements qui surviendront effectivement.
 

- diviser les « vassaux »

🔸« Les trois grands impératifs géostratégiques des USA: éviter les collusions entre vassaux et les maintenir dans l'état de dépendance que justifie leur sécurité; cultiver la docilité des sujets protégés; empêcher les barbares de former des alliances offensives. »

🔸« Si l'espace central [ndlr: la Russie] rompt avec l'Ouest et constitue une entité dynamique, capable d'initiatives propres; si dès lors, il assure son contrôle sur le Sud ou forme une alliance avec le principal acteur oriental [ndlr: La Chine], alors la position américaine en Eurasie sera terriblement affaiblie. À l'Est, l'union des deux principaux acteurs aurait des conséquences similaires. Enfin, sur la périphérie occidentale, l'éviction des USA par ses partenaires [ndlr: L'Europe] signerait la fin de la participation américaine au jeu d'échecs eurasien. »

- jouer la France contre l’Allemagne, contrôler l’UE

🔸« La France n'est pas assez forte pour faire obstacle aux objectifs géostratégiques fondamentaux des USA en Europe, ni pour construire une Europe conforme à ses vues. De ce fait, ses particularismes et même ses emportements peuvent être tolérés. »

🔸« L'Allemagne pose des problèmes d'une autre nature. Si l'on ne peut nier sa prééminence régionale, il serait imprudent de l'entériner officiellement. À long terme, toutefois, le leadership allemand ne saurait être le moteur de la construction européenne. »

- contrôler l’Ukraine grâce à l’OTAN

🔸« En 2010, la collaboration franco-germano-polono-ukrainienne, engageant quelque 230 millions de personnes, pourrait devenir la colonne vertébrale géostratégique de l'Europe. .... L'intégration des États balkaniques pourrait amener la Suède et la Finlande à envisager leur candidature à l'OTAN. Au cours de la période suivante (soit de 2005 à 2010), l'Ukraine pourrait à son tour être en situation d'entamer les négociations en vue de rejoindre l'UE et l'OTAN. »

- « l’expansion de l'OTAN est essentielle.

🔸À défaut, les USA n'auraient plus les moyens d’élaborer une politique d'ensemble en Eurasie. Si, en dépit des efforts investis l'élargissement de l'OTAN ne se réalisait pas, leur échec aurait des conséquences désastreuses. It remettrait en cause leur suprématie, paralyserait l'expansion de l'Europe, démoraliserait Europe centrale et pourrait allumer les aspirations géopolitiques, aujourd'hui dormantes, de la Russie. »

🔸Pourquoi ce « programme Brzezinski » n’est-il jamais cité par les médias occidentaux ?

🔸Brzezinski a expliqué comment Washington devrait agir pour contrôler l'UE. De nombreux responsables politiques US du plus haut niveau ont exprimé la même hostilité envers l'Europe.

🔸1992 - Le président George Bush (1989 - 1993): « Contre l’Europe, nous gagnerons. »
« La Communauté européenne se cache derrière « un rideau de fer » de protectionnisme. Nous avons gagné la guerre froide et nous gagnerons aussi la guerre économique. »

🔸Ayant obtenu le soutien des puissances européennes pour sa guerre contre l'Irak, on aurait pu s'attendre à davantage de bienveillance de Bush père. Pourquoi cette agressivité? La crise économique. Les profits des multinationales sont en baisse. Pour s'en sortir, c'est chacun pour soi. Y compris voler aux « amis » leurs clients et leurs marchés, s'emparer d'entreprises rivales ou les priver d'un accès bon marché aux matières premières africaines. Tout est permis.

🔸1992 - Paul Wolfowitz, le vice-ministre de la Guerre de Bush fils (2001 2005): « Décourager l’Europe occidentale. »
« Les USA doivent s'appuyer sur leur écrasante supériorité militaire et l'utiliser préventivement et unilatéralement. Notre premier objectif est d'empêcher qu'émerge une nouvelle fois un rival. [Il faut] empêcher toute puissance hostile de dominer une région. [...] Ces régions englobent l'Europe de l'Ouest, l'Asie de l'Est, le territoire de l'ancienne USSR et l'Asie du Sud-Est. Nous devons nous occuper suffisamment des intérêts des nations industrielles avancées, de façon à les décourager de défier notre leadership ou de renverser l'ordre politique et économique établi. »

🔸Théoricien du courant néo-con républicain, Wolfowitz estime qu'une fois acquise la victoire sur l'URSS, Washington doit en profiter pour dominer le monde et cesser de ménager ses alliés européens.

🔸Pourquoi les médias européens ne communiquent-ils pas aux citoyens européens des informations qui les concernent tant?

🔸1989. La Guerre froide contre l'ennemi commun soviétique prend fin. Du coup, la rivalité USA - UE va se renforcer. En Irak, pour le pétrole du Moyen-Orient dont l'Europe dépend. En Yougoslavie que Berlin souhaitait coloniser. En Afrique, réservoir de minerais stratégiques et de super-profits des multinationales françaises. Là aussi, les médias européens ne mentionnent pas cette guerre économique et politique « entre amis ».

🔸1999 - Strobe Talbott, secrétaire d'État adjoint de Bill Clinton (1994-2001): « Pas d’euro-armée! »
« Nous ne voudrions pas voir une initiative européenne de sécurité et de défense qui grandirait d'abord au sein de l'OTAN puis grandirait en dehors de l'OTAN et finalement grandirait en s'éloignant de l'OTAN. Car elle pourrait éventuellement entrer en compétition avec l'OTAN.»

🔸Bill Clinton obtint le soutien des Européens pour sa guerre contre la Yougoslavie en 1999. Récompensa-t-il ses alliés ? Nullement. Il voulait les empêcher de créer l’Euroarmée dont rêvaient Chirac, Schröder et quelques industriels de l'armement.

🔸À chaque guerre, les Etats-Unis s'emparent de nouveaux marchés au détriment de leurs rivaux européens. Pas question donc que l'Europe puisse être militairement autonome. C'est pour ça que Washington torpilla les efforts de certains Européens pour une solution négociée avec la Yougoslavie et imposa les bombardements de l'OTAN.

🔸2003 - Richard Perle, figure de proue du think tank PNAC (Projet pour le Nouveau Siècle Américain):  « Berlin et Paris, vous êtes trop solidaires! »

🔸« Les Français et les Allemands ont tendance en chaque circonstance à vouloir être mutuellement solidaires. La profondeur du partenariat franco-allemand s'avérera préjudiciable aux relations avec Washington. »

🔸Novembre 2003. Principal conseiller du ministère de la Défense de Reagan, Perle participe à Berlin à une conférence internationale sur les questions militaires. Il enjoint à l'Allemagne de cesser d'être de mèche avec la France. L’amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major français, riposte: les Etats-Unis ne doivent pas essayer de semer la discorde entre Paris et Berlin. Finie, l'amitié ? En fait, la chute de l'URSS et la victoire de l'Occident en 1990 ont laissé le champ libre à la concurrence économique, politique et militaire entre les Alliés d'hier, qui le sont de moins en moins.

🔸En 2014, Nuland lancera « F*ck the EU ! ». Ce n'était pas une grossièreté accidentelle d'une femme surmenée. C’est l’expression claire de la véritable stratégie de Washington. En exprimant aussi élégamment son mépris et son hostilité envers les Européens, Nuland, envoyée d'Obama, ne se doutait pas que sa conversation avec l'ambassadeur américain en Ukraine Geoffrey Pyatt, autour du 25 janvier 2014, était interceptée (sans doute par des hackers russes). Le plus étonnant sera ensuite la discrétion totale des médias européens: on aurait pu s'attendre à une analyse sérieuse des véritables relations entre les « amis » USA et UE. D'autant que Nuland, qui a travaillé pour les républicains aussi bien que pour les démocrates, est un personnage-clé de la politique USA. Elle était numéro 2 des Affaires étrangères dans l'administration Biden.

🔸Toute la crise ukrainienne a-t-elle été annoncée dès 2015 par George Friedman ? Il dirige l'agence de renseignement Stratfor Global Intelligence, la plus influente aux USA et très proche du pouvoir. Elle conseille le gouvernement USA, des personnalités et 4 000 entreprises. Étonnant: 8 ans auparavant, Friedman annonçait ce qui allait se passer en Ukraine.

🔸1. « Nous voulons tenir en laisse l’Allemagne et toute l’EU »
« La priorité des USA est d'empêcher que le capital allemand et les technologies allemandes s'unissent avec les ressources naturelles et la main d'œuvre russes pour former une combinaison invincible. Créer un « cordon sanitaire » autour de la Russie permettra à terme aux USA de tenir en laisse l'Allemagne et toute l'UE.

🔸La préoccupation primordiale des USA, pour laquelle nous avons livré des guerres depuis un siècle - la Première, la Seconde, la guerre froide - a été la relation entre l'Allemagne et la Russie. Car, unies, elles sont la seule force qui pourrait nous menacer. »

🔸2. « Empêcher l’Allemagne d’exporter »
« L'Allemagne est extrêmement puissante économiquement, mais en même temps elle est très fragile géopolitiquement. Et elle ne sait jamais comment ni où elle peut vendre ses exportations. Depuis 1871, cela a toujours été la question allemande et la question de l’Europe. »

🔸Retenant les leçons des défaites USA (Vietnam, Irak, Afghanistan), Friedman expose que les USA ne doivent pas envoyer leurs troupes mais contrôler l'armée ukrainienne et s'en servir pour provoquer et affaiblir la Russie...

🔸3. « Un cordon sanitaire pour blesser la Russie »
« Le principal dans toute cette affaire, c'est que les USA établissent un « cordon sanitaire » autour de la Russie. Et la Russie en a conscience. Elle croit que les USA envisagent de la détruire. Nous ne voulons pas la tuer, juste la blesser un peu.»

 🔸4. « Faisons la guerre, mais n’envoyons pas de troupes »

« Une intervention militaire est pour nous un cas particulier, la dernière possibilité. Nous ne pouvons pas envoyer des troupes USA à la première étape, mais quand nous envoyons des troupes - et ceci nous l'avons bien compris par l'expérience - cette intervention doit s'opérer de façon limitée et non parvenir à des dimensions gigantesques. »

🔸5. « L’armée ukrainienne, c’est notre armée »

En 2015, « …le général Hodges, commandant de l'armée des USA en Europe s'est rendu en Ukraine. Il a annoncé que des formateurs USA allaient maintenant venir officiellement, et non plus seulement officieusement. Il a remis des médailles à des combattants ukrainiens. Dans le protocole militaire, vous savez, des étrangers ne remettent pas des médailles. Mais il l'a fait. Montrant que c'était son armée. »

🔸6. « Le but n’est pas que l’Ukraine gagne la guerre, mais de faire mal à la Russie »

« Les USA ne peuvent pas occuper l'Eurasie. Dès le moment où les premières bottes touchent le sol, la différence démographique fait que nous sommes totalement en infériorité numérique. […] Donc nous n'avons pas la capacité d'aller là-bas mais, en revanche, on a la capacité de, premièrement, soutenir diverses puissances rivales (un soutien politique, économique, militaire, des conseillers) et en dernier recours, des attaques de déstabilisation : les spoiling attacks ne visent pas à vaincre l'ennemi, mais à le déstabiliser.»

Friedman confirme ici la stratégie de Brzezinski de 1997: empêcher à tout prix une alliance Berlin - Moscou et tenir l'Europe en laisse. Ce sont bien les USA qui prennent l'initiative. Leur but: affaiblir la Russie mais aussi l'Allemagne! Il s'agit d'empêcher ces relations commerciales « naturelles »: les Allemands ont besoin d'exporter et la Russie peut absorber ces exportations, les Allemands pourraient fournir du gaz à l'Europe par le Nord Stream-2 [ndlr: l'une des deux branches du pipeline est intacte]! Les sanctions décidées à Washington visent en réalité à affaiblir l'industrie allemande et toute l'Europe. L'Ukraine là-dedans n'est qu'un pion, sacrifié sans état d'âme sur le grand échiquier de la domination mondiale.

🔸Pourquoi les médias européens n'en disent pas un mot?

🔸Les médias présentent chaque crise internationale (Ukraine, Syrie, Biélorussie, Caucase, Asie centrale, Moldavie et Transnistrie) comme un événement isolé, pour lequel ils pointent chaque fois la responsabilité des « méchants » locaux ou globaux (Moscou). Ce document présente l'avantage de replacer tout cela dans le contexte général. Toutes ces crises ont été fomentées ou attisées par Washington.Toujours avec le même objectif: affaiblir les rivaux (définis par Brzezinski) et renforcer la domination régionale et mondiale des USA.

🔸Depuis 2019, toutes les propositions de la Rand ont été réalisées. Les USA ont livré des armes mortelles à l'Ukraine, augmenté leur soutien aux forces islamistes en Syrie, tenté un changement de régime en Biélorussie, exacerbé le conflit Azerbaïdjan - Arménie, tenté de prendre le contrôle du Kazakhstan (riche en minéraux et étape importante de la Route de la Soie), et ils s'efforcent d'intégrer la Moldavie dans l'OTAN.

🔸4 mesures pour affaiblir l’économie russe:
✔️augmenter la production de gaz US
✔️renforcer les sanctions commerciales et financières
✔️augmenter la capacité de l'Europe à importer du gaz d'autres fournisseurs que la Russie
✔️encourager l'émigration de la force de travail qualifiée et de la jeunesse diplômée.

🔸4 mesures pour la guerre de l’information 

 🔸Écoutez toujours votre adversaire. Lisez ses documents stratégiques fondamentaux. Aux USA, des organismes officiels publient des analyses exposant sans pudeur les mauvais coups à organiser. La Rand Corporation, financée par le gouvernement et l’armée, est le plus important bureau d’études du pouvoir USA: 1850 employés à son siège de Santa Monica et dans ses bureaux de Cambridge, Bruxelles et Canberra.

🔸En 2019, elle a publié Extending Russia - résumé ensuite dans Overextending and Unbalancing Russia. (Obliger la Russie à s'étendre et la déstabiliser). 47 mesures concrètes pour provoquer et affaiblir Moscou. Toutes les six mesures «géopolitiques» ont été mises en pratique.

👉«Amener la Russie à se battre»! La préface est cynique et instructive : «Les étapes que nous proposons n'auraient pas pour objectif premier la défense ou la dissuasion [...] mais sont plutôt conçues comme des mesures qui amèneraient la Russie à se battre dans des domaines ou des régions où les USA ont un avantage concurrentiel, obligeant la Russie à outrepasser ses limites sur le plan militaire ou économique ou en faisant perdre au régime son prestige et son influence au niveau national et/ou international.»

🔸Il ne s'agit pas pour les USA de se défendre, ni de préserver la paix, mais au contraire d'entraîner et d'enliser Moscou dans des conflits militaires. Provoquer la Russie pour qu'elle veuille s'étendre, puis l'accabler de reproches.

❓Pourquoi les médias européens cachent-ils ce rapport au public ?

🔸La Rand examine «une série de mesures non violentes qui pourraient exploiter les vulnérabilités et les anxiétés réelles de la Russie afin de mettre sous pression son armée et son économie ainsi que la position politique de son régime à l'intérieur et à l'extérieur.»

🔸6 mesures pour provoquer militairement la Russie:
✔️fournir une aide létale à l'Ukraine
✔️augmenter le soutien aux rebelles syriens
✔️promouvoir un changement de régime en Biélorussie..
✔️exploiter les tensions dans le Caucase du Sud.
✔️réduire l'influence russe en Asie centrale
✔️contester la présence russe en Moldavie

🔸Il est évidemment paradoxal de qualifier de «non violentes» la fourniture d'armes mortelles aux milices néo-nazies d'Ukraine, l'assistance aux terroristes islamistes en Syrie, l'exacerbation de la guerre Arménie-Azerbaïdjan, etc. «Non violentes» signifie en fait que l'armée USA ne s'engagera pas directement dans ces pays. Trop risqué. Mais il s'agit bien de stimuler des guerres pour affaiblir la Russie!

🔸Toute première mesure «géopolitique»: fournir des armes mortelles à l'Ukraine! Plutôt cynique alors que, depuis cinq ans, Kiev opprime et agresse les populations du Donbass (10 000 victimes selon les observateurs de l'OHCHR dont plus de 3 000 civils). Les «avantages» sont ainsi exposés par la Rand : «Renforcer l'assistance USA à l'Ukraine, y compris en lui fournissant des armes létales, augmenterait probablement les coûts pour la Russie, en vies humaines et en trésorerie pour tenir la région du Donbass.»

🔸Refaire le coup de l'Afghanistan? La Rand explique: «Davantage d'aide russe aux séparatistes [Ndlr: Ce qu'ils n'étaient pas: jusqu'en 2022, ils demandaient l'autonomie et le respect des droits humains] et une présence supplémentaire de troupes russes serait probablement nécessaire, menant à de plus fortes dépenses, des pertes de matériel, et à des victimes russes.»

🔸Ce que la Rand propose, c'est donc de pousser la Russie à entrer en guerre en Ukraine. Provoquer un nouvel Afghanistan (un nouveau Vietnam) pour nuire à la Russie.

🔸Dès 2019, la Rand consacre un chapitre très détaillé aux « mesures idéologiques et informationnelles ». Étonnamment, la Rand doute de l'efficacité de certaines de ses propositions et y voit des risques importants. Elle ne croit donc guère aux campagnes de promo d'un opposant comme Navalny et semble admettre que Poutine, quoi qu'on pense de lui, bénéfice d'un soutien important et stable dans la population russe. Cependant force est de constater que la campagne de propagande médiatique a réussi à installer une image très négative de Poutine en Europe.

🔸Quel rapport ! Sanctions et guerre économique pour ruiner l'économie d'un pays rival. Provocations géopolitiques pour enliser son armée dans divers conflits régionaux. Guerre psychologique et informationnelle pour isoler ce pays. Plus trois longs chapitres de mesures purement militaires (course aux armements dans l'espace, augmentation de la présence navale, augmentation des forces de l'OTAN en Europe, retrait du traité de non-utilisation des armes nucléaires, etc.). Après les échecs en Irak et en Afghanistan, les gouvernements US n'envoie plus leurs soldats en zone risquée, mais c'est toujours la guerre. Hybride et totale. Contre la Russie, contre ses alliés, et même contre l'Europe qu'ils veulent aussi affaiblir.

🔸Face aux caméras, Washington travaille à « renforcer la paix », « apaiser les tensions », « éviter l'escalade ». Dans les coulisses, elle fait exactement le contraire. Elle ne respecte ni le droit international ni la coexistence pacifique entre des régimes différents. Aussi bien pour Obama que Trump ou Biden, le seul principe est : « America First ». Seuls comptent les intérêts US et tous les coups sont permis.

🔸On s'étonne donc du silence total des médias européens. Pourquoi cachent-ils ce rapport qui permet de comprendre ce qui est arrivé? Un rapport qui ridiculise le refrain sans cesse ressassé «Poutine parano - Personne ne menace la Russie ». Bien sûr que si ! Les très officiels experts de la Rand, grassement payés par leur gouvernement, ont rédigé 47 mesures pour miner la Russie, et toutes sont appliquées.

Source: Michel Colon, Ukraine. La guerre des images



vendredi 1 novembre 2024