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mardi 21 avril 2026

Civilisation gréco-latine : Haaretz découvre les rois-philosophes en Iran

Ali Larijani a été tué dans un bombardement israélien le 17 mars 2026 à Téhéran, en compagnie de son fils, Morteza, de son adjoint, Alireza Bayat, ainsi que de plusieurs membres de sa garde rapprochée. Trois jours après la publication de cet article. Il aurait été trop enclin à trouver une solution négociée au conflit au goût de l'armée la plus morale du monde.

 Source secondaire https://www.les-crises.fr/un-dirigeant-impitoyable-un-brillant-philosophe-qui-etait-ali-larijani-l-homme-le-plus-puissant-d-iran/

Source primaire Haaretz, Gi’don Lev 14-03-2026
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises 

Un dirigeant impitoyable, un brillant philosophe : qui était Ali Larijani, l’homme le plus puissant d’Iran ? Il a orchestré le massacre des manifestants en Iran. C’était également un philosophe qui a écrit des ouvrages sur Kant. Les écrits d’Ali Larijani, le plus haut responsable de la sécurité de la République islamique, révèlent une personnalité insaisissable et aux multiples facettes.

Ali Larijani

En juin 2009, des émeutes ont éclaté à l’université de Téhéran pour protester contre les résultats truqués de l’élection présidentielle qui s’était tenue au milieu du mois. Au moins 12 personnes ont été tuées. Ali Larijani, alors président du Parlement iranien, a immédiatement condamné la violence des forces de sécurité à l’encontre des étudiants. Il s’est même rendu sur plusieurs des sites où des étudiants avaient été attaqués et s’est interrogé sur la manière dont des jeunes avaient pu être agressés dans leurs dortoirs au milieu de la nuit. Il a déclaré que la loi devait être respectée et que le ministre de l’Intérieur devait assumer la responsabilité de ces événements.

Dix-sept ans plus tard. Lorsque des troubles ont éclaté en Iran en janvier, menaçant le régime peut-être plus que tout autre événement, l’ayatollah Ali Khamenei a contourné l’autorité du président et s’est tourné vers Larijani, alors à la tête du Conseil suprême de sécurité nationale. Cette fois-ci, aucune hésitation.

Larijani est largement considéré comme l’architecte du succès de la répression brutale menée cette année, mise en œuvre avec une efficacité impitoyable. Selon diverses estimations, entre 7 000 et 36 500 civils ont été tués, ce qui a conduit les États-Unis à lui imposer des sanctions personnelles. Larijani a rejeté la responsabilité sur les manifestants eux-mêmes, affirmant qu’ils étaient des terroristes agissant sur les ordres d’Israël.

Après l’assassinat de Khamenei lors des frappes israélo-américaines au début de la guerre, Larijani est largement considéré comme l’homme le plus puissant d’Iran, celui qui détient l’autorité suprême en matière de sécurité nationale et de politique étrangère. Il n’a pas été choisi pour succéder au Guide suprême, non seulement parce qu’il n’est pas son fils, mais aussi parce qu’il n’est pas un religieux, condition indispensable pour occuper ce poste. Pourtant, c’est lui qui devrait guider le nouveau guide à chaque étape, alors que ce dernier prend ses fonctions dans une période particulièrement complexe.

Larijani affiche un parcours presque incroyable. En quarante ans, il a gravi les échelons pour occuper des postes clés dans tous les centres de pouvoir de la République islamique. Il a été officier supérieur des Gardiens de la révolution, ministre de la Culture, responsable de la propagande, président du Parlement, candidat à la présidence et, depuis l’année dernière, secrétaire du Conseil de sécurité (fonction qu’il avait déjà occupée il y a quelques années). Il incarne à lui seul l’essence même du régime iranien.

Larijani peut sembler n’être qu’un rouage impitoyable de plus dans la machine, du genre de ceux que les régimes sombres produisent à la chaîne. Mais il n’est pas seulement cela. Même s’il a occupé des fonctions gouvernementales pendant des décennies, il n’a jamais renoncé à ce qui semble être sa plus grande passion : la philosophie. Ce politicien au sang-froid est également philosophe, maître de conférences en philosophie à l’université de Téhéran et spécialiste de la pensée de Kant sur les mathématiques et les sciences ; il a écrit pas moins de six ouvrages de philosophie et de nombreux articles.

J’ai passé cette dernière semaine alors que la guerre fait rage, plongé dans les écrits de Larijani, autant que faire se peut, étant donné que l’Internet iranien était en grande partie coupé, les sites universitaires et même le site personnel de Larijani étant bloqués. J’ai découvert un esprit brillant qui parvient à concilier, comme peu d’autres, une vie contemplative et une vie d’action, ce qui n’est pas une mince affaire. Dans ses écrits, Larijani tente de défendre les prémisses fondamentales de sa vision religieuse extrême du monde en utilisant les règles de la philosophie occidentale, et il avance souvent des arguments qui invitent véritablement à la réflexion.

La lecture de son œuvre est une expérience déconcertante. D’un côté, se dessine le portrait d’un homme pragmatique qui n’hésite pas à adresser des critiques acerbes aux autorités de son pays, qui aspire à une société moderne et développée, et qui s’exprime dans des écrits portant sur la liberté d’expression et la démocratie. De l’autre, se détache clairement la figure d’un musulman « fondamentaliste », comme il se définit lui-même, qui prône la primauté de l’idéologie religieuse.

Larijani estime que la véritable guerre ne porte pas sur les biens matériels, mais sur l’esprit. Il met en lumière les maux du monde occidental et leur tend un miroir, un miroir qui peut parfois nous mettre au défi, et qui suscite parfois un profond dégoût.

Ali Larijani, âgé de 67 ans, est issu d’une famille qui a été décrite comme l’équivalent iranien de la famille Kennedy. Son père était un haut dignitaire chiite. Son frère aîné, le Dr Mohammad Javad Larijani, a été un proche conseiller de Khamenei en matière d’affaires étrangères. Mohammad Javad a étudié les mathématiques à l’université de Californie à Berkeley, a fondé un centre de physique théorique en Iran et a été le premier à obtenir l’autorisation d’introduire Internet dans son pays. Son deuxième frère, Sadiq Larijani, dirige le système judiciaire iranien depuis une décennie et occupe depuis 2018 le poste de président du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, un puissant organe gouvernemental. Le plus jeune frère, Bagher Larijani, a précédemment occupé les fonctions de vice-ministre de la Santé et de recteur de l’Université des sciences médicales de Téhéran. Ali Larijani lui-même a épousé Farideh, fille du disciple le plus proche de l’ayatollah Ruhollah Khomeini, Morteza Motahhari, l’un des principaux idéologues de la Révolution islamique.

« On voit l’empreinte de cette famille dans le système judiciaire, en politique et dans le domaine des sciences », explique à Haaretz le professeur Mehrzad Boroujerdi, spécialiste de l’Iran à l’Université des sciences et technologies du Missouri.

Il est intéressant de constater que les « Kennedy » iraniens ont tous un profil d’intellectuels. Même Sadiq, qui est un religieux, est diplômé en philosophie occidentale ; il a écrit des ouvrages sur la philosophie du langage, la philosophie morale et la philosophie analytique, et a traduit des travaux des philosophes Karl Popper et Geoffrey Warnock.

Ali Larijani a obtenu une licence en mathématiques et en informatique à l’Université technologique de Sharif, l’établissement le plus réputé dans ce domaine en Iran. Il s’est ensuite réorienté vers des études en master et doctorat de philosophie, et a consacré sa thèse à la philosophie des mathématiques d’Emmanuel Kant. Il a par la suite publié trois ouvrages sur Kant, ainsi que des livres sur la philosophie politique et la gouvernance, sans compter de nombreux articles universitaires parus dans des revues persanes.

Le choix de Kant par Larijani peut être examiné à la lumière du choc des civilisations dont est issu le dirigeant iranien. En 1979, pour la première fois dans la période moderne, une théocratie, système de gouvernement fondé sur les lois religieuses, a vu le jour. Les partisans de la révolution ont cherché à présenter l’islam comme une idéologie à part entière, à même d’offrir une alternative philosophique viable au monde moderne, et de nombreux intellectuels ont joué un rôle central pour définir la vision du monde de la République islamique.

Selon cette vision, la civilisation occidentale avait atteint son point de rupture, et était aux prises avec des problèmes tels que l’aliénation et la solitude. La seule solution, selon cette vision, consistait à abandonner l’égoïsme et l’humanisme occidentaux, à renoncer à son scepticisme et à déraciner l’arbre « pourri » de la modernité elle-même.

La tension entre ces deux facettes de sa vision du monde a accompagné Larijani tout au long de sa vie : d’un côté, c’est un pragmatique qui reconnaît l’importance de la science, de la technologie et de l’économie, et qui aspire à une société moderne ; de l’autre, c’est un fondamentaliste.

« L’Iran n’est pas seulement un État caricatural dirigé par les ayatollahs », explique Boroujerdi. « On y mène des débats approfondis sur des sujets intellectuels. Les Iraniens s’efforcent de comprendre la place de la tradition et ce qu’ils peuvent apprendre de l’Occident. Les diplômés universitaires sont tenus de lire les textes fondamentaux de la philosophie occidentale. »

« En Iran, on considère qu’il faut connaître la philosophie occidentale pour comprendre et faire progresser la philosophie islamique », explique le professeur, ajoutant que même le chef de la révolution de 1979, « Khomeini lui-même, a étudié Platon et Aristote. Sa conception du chef religieux est une variante du roi-philosophe de Platon. »

Pour autant, la décision de Larijani de centrer ses recherches spécifiquement sur Kant ne va pas de soi. La pensée critique de Kant est annonciatrice des Lumières, et sa philosophie est associée à la laïcité et s’oppose clairement au fondamentalisme. Kant est le philosophe le plus important du mouvement auquel s’est opposée la Révolution islamique. Larijani a choisi de se pencher sur son œuvre et d’obtenir en quelque sorte son aval.

« Larijani a suivi une formation de mathématicien, et chez Kant, il existe un lien entre les mathématiques, la morale et la théologie », explique Ofra Rechter, du département de philosophie de l’université de Tel Aviv. « Seuls quelques chercheurs ont abordé ce lien. Dans l’un de ses premiers textes, qui n’intéresse que les philosophes des mathématiques, Kant a répondu à la question de savoir si la certitude en théologie est possible au même titre qu’en mathématiques. Il a soutenu que oui. »

Un exemple intéressant du travail de Larijani est un article dans lequel il s’interroge sur la nature de la démonstration mathématique : qu’est-ce qui fait qu’une suite d’arguments constitue une « démonstration », et quel est le lien entre l’intuition et la démonstration mathématique dans la philosophie de Kant ?

« Dans son article, Larijani cherche à montrer que la différence entre un argument philosophique et une démonstration mathématique ne réside pas dans l’argument lui-même, mais dans les hypothèses, c’est-à-dire dans les axiomes à partir desquels on procède », explique le Dr Rechter. « Il prend part à un débat d’interprétation et franchit une nouvelle étape. Il part d’une affirmation communément admise et tente de démontrer qu’il en découle l’affirmation que les chercheurs qui la défendent souhaitent rejeter, à savoir que l’intuition joue également un rôle dans la reconnaissance des axiomes mathématiques. »

À partir de là, Larijani aborde l’une des questions centrales de la philosophie des sciences, connue sous le nom de « problème de la démarcation », dans le but de clarifier quelle devrait être la relation appropriée entre les institutions religieuses et la recherche universitaire. Ce problème trouve son origine dans la difficulté de distinguer sans ambiguïté les théories scientifiques des théories non scientifiques, y compris dans le cas de certaines descriptions religieuses qui, selon les philosophes, devraient être soumises à la critique scientifique. La solution acceptée étant que seules les affirmations fondées sur l’observation empirique sont scientifiques, et que par conséquent les affirmations métaphysiques (celles qui traitent de la nature de la réalité, de l’existence de Dieu et du lien entre le corps et l’âme) sont intrinsèquement des absurdités dénuées de sens. Le philosophe autrichien de renom Karl Popper a proposé une autre réponse : le critère permettant de déterminer le statut scientifique d’une théorie réside dans sa capacité à pouvoir être vérifiée, mais aussi réfutée.

Larijani s’est penché sur le « principe de réfutation » de Popper. Selon lui, ce principe n’implique pas que les théories non réfutables soient dénuées de sens. « La question posée par Popper n’était pas “Pourquoi y a-t-il un sens ou une importance ?” ni “Qu’est-ce qui est vrai ou acceptable ?” », a déclaré Larijani lors d’une de ses conférences, « mais plutôt de tracer la ligne de démarcation entre les systèmes théoriques des sciences empiriques et tous les autres systèmes. »

Selon Larijani, la métaphysique, tout comme la science, exprime à sa manière la quête humaine de la vérité. Il s’agit simplement de vérités relevant d’autres domaines. « L’accent mis sur le problème de la démarcation et sur la théorie de la méthode de Kant permet à Larijani de tenter de réconcilier les institutions religieuses et les universités, et ainsi de soustraire l’enseignement supérieur à l’emprise des institutions religieuses centralisées en Iran », explique Rechter. « En s’intéressant à la méthode de Kant et grâce à des recherches pointues et non dogmatiques, Larijani parvient à reprendre certains aspects complexes de la pensée de Kant et à les mettre au service d’une rhétorique qu’il pousse plus loin que ne le souhaitaient les religieux. « Il établit un lien entre les aspects les plus profonds et les plus abstraits de la philosophie de Kant d’une part, et les besoins les plus concrets de l’État d’autre part, afin, d’une part, de permettre la pérennité du monde religieux islamiste tel qu’il est, et, d’autre part, de freiner la centralisation de cette pensée religieuse. Les séminaires religieux enseigneront la religion, et les universités enseigneront ce qu’elles enseignent, et il y aura de l’humilité entre les différentes approches – c’est la seule façon pour que toutes puissent s’épanouir. »

Dans l’un de ses discours, Larijani a abordé sans détour la tension entre religion et science. La possibilité de réconcilier les deux ne réside pas, a-t-il déclaré, dans la recherche de points communs, mais dans la reconnaissance du fait que la vérité revêt de multiples facettes, comme le révèlent les recherches menées dans différents domaines. « C’est pourquoi nous devons reconnaître humblement le travail des autres, en comprenant que chaque domaine révèle une partie de la vérité. Et lorsque nous menons une recherche dans un domaine particulier de la vérité, nous ne devons pas transposer nos conclusions à d’autres domaines. Bon nombre de controverses naissent du fait que des conclusions propres à un domaine particulier s’immiscent dans d’autres domaines, sans toutefois respecter la méthodologie propre à ces derniers ».

La science et la religion relèvent peut-être de deux domaines de recherche distincts, mais elles s’opposent aussi. Et lorsqu’il y a conflit, le choix de Larijani est clair.

Larijani commence sa vie active dans le Corps des Gardiens de la Révolution dans les années 1980, pendant la guerre Iran-Irak, et a gravi les échelons au fil des ans jusqu’au grade de général de brigade. Il a également travaillé au centre de recherche de l’organisation, et il s’est alors attaché à élaborer un cadre théorique pour la doctrine du « Velayat-e Faqih » (tutelle du juriste islamique), qui constitue le pilier de la structure politique iranienne.

À partir de là, son ascension vers les plus hautes sphères du régime a été fulgurante. En 1992, il a été nommé ministre de la Culture, en remplacement du réformiste Mohammad Khatami. Larijani a occupé ce poste pendant deux ans, période durant laquelle il a renforcé la censure dans tous les domaines culturels du pays. Au cours de son mandat, des tentatives ont même été faites pour supprimer ou modifier des passages d’œuvres littéraires classiques iraniennes, sous prétexte qu’ils étaient provocateurs ou inappropriés.

Sa réussite à ce poste lui a valu d’être nommé, en 1994, à la tête de la Radiotélévision de la République islamique d’Iran, seule autorisée à diffuser des émissions de radio et de télévision dans le pays. Pendant onze ans, Larijani a contrôlé et considérablement développé la machine de propagande iranienne ; il a ouvert six stations de radio et cinq chaînes de télévision (seules deux chaînes existaient avant son arrivée au pouvoir). Parallèlement, il a réduit la diffusion de programmes étrangers et renforcé l’emprise du régime sur les émissions produites localement.

La philosophie de Kant est associée à la laïcité et s’oppose clairement au fondamentalisme. Il est le philosophe le plus éminent au sein du courant auquel s’est opposée la Révolution islamique. Larijani a choisi de s’en inspirer et d’obtenir en quelque sorte son aval.

On peut discerner sa manière de penser dans la façon dont il dirigeait l’appareil de propagande. Il affirmait, à juste titre, que les médias et l’art reposaient sur un fondement philosophique, façonné par leurs présupposés métaphysiques. « Si l’on examine la perspective occidentale à partir du XIXe siècle, on voit émerger une perspective entièrement centrée sur l’humanité », a-t-il déclaré un jour. « Tout dans le monde doit être organisé de manière à ce que les êtres humains puissent vivre heureux, et toute contrainte imposée aux êtres humains n’existe que pour prévenir tout préjudice. C’est ce type de pensée qui se reflète également à la télévision et au cinéma. »

Larijani a voulu modeler les médias iraniens selon les principes intellectuels de la République islamique. Selon lui, la seule raison d’être de l’art est de servir d’outil dans la quête de la vérité : « Les êtres humains existent pour découvrir la vérité. L’art fait appel à l’émotion et à la sensibilité, mais pas de manière arbitraire. L’art doit tendre vers la transcendance. » Il a également souligné la qualité des œuvres iraniennes. « Je ne veux pas généraliser, il existe aussi des œuvres majeures en Occident, mais généralement pas dans une telle mesure. À Hollywood, seule une petite fraction des films peut être considérée comme des oeuvres majeures. Les œuvres iraniennes se distinguent par leur orientation spirituelle et intellectuelle. »

Il avait également conscience du pouvoir de la culture et des médias pour faire évoluer la conscience collective. « La transformation culturelle obéit à sa propre méthodologie », faisait-il remarquer. « Les croyances doivent changer, et les êtres humains doivent modifier leur comportement, de leur plein gré. Le changement culturel ne peut être imposé par une pression sociale rigide. Une rigidité excessive entraîne un fort rejet. Si nous sommes confrontés à des problèmes sociaux et culturels, c’est par des moyens culturels qu’il faut les résoudre. »

Selon le magazine en ligne « Tehran Bureau », sous la direction de Larijani, l’autorité nationale de l’audiovisuel a consolidé la mainmise des extrémistes sur d’importantes institutions de l’État. Il a par exemple lancé une émission de télévision intitulée « Hoviyat » (« Identité »), dans laquelle les intellectuels progressistes et les détracteurs de la République islamique étaient violemment attaqués. Cette émission servait souvent de tribune pour poursuivre et emprisonner les opposants au régime. De plus, Larijani a fondé un quotidien qui s’en prenait aux réformistes.

Bien avant l’ère de l’intelligence artificielle, Larijani s’était déjà spécialisé dans les fausses informations. En 1997, il a donné son feu vert à la production d’un film qui montrait prétendument des partisans du réformiste Khatami, alors candidat à la présidence, en train de danser et de chanter le jour de l’assassinat de l’imam Hussein, la figure la plus sacrée d’Iran. Ces images étaient fausses.

Après avoir dirigé pendant plus d’une décennie le département de la propagande, Larijani a continué d’exercer les fonctions de conseiller personnel de Khamenei et de secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale, postes qu’il a occupés jusqu’en 2007 (il a repris cette dernière fonction en août dernier). Le Conseil est chargé de définir la politique de défense et de sécurité nationale, ainsi que de superviser les négociations relatives au programme nucléaire iranien. Larijani a donc été le négociateur en chef pour le programme nucléaire iranien et a joué un rôle clé dans l’élaboration de la position de l’Iran sur l’accord nucléaire de 2015. Il a fait preuve d’une approche pragmatique, soutenant la diplomatie pour réduire les sanctions, mais sans compromettre la sécurité de l’Iran.

En 2005, Larijani s’est présenté à l’élection présidentielle, mais a été battu par Mahmoud Ahmadinejad. Dans le cadre de sa campagne, Larijani a critiqué la direction réformiste dirigée par Khatami, affirmant qu’elle avait négligé l’économie. « Soixante-quinze pour cent des revendications du peuple iranien sont d’ordre économique », a-t-il déclaré. « Seuls 5 % sont d’ordre culturel ou politique. »

Jack Straw, ancien ministre britannique des Affaires étrangères, a rencontré Larijani et Ahmadinejad en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à cette époque. Il se souvient de Larijani comme d’une personnalité plus raffinée que le président. Alors qu’Ahmadinejad portait des vêtements datant du début des années 1980, Larijani est arrivé vêtu d’un polo Ralph Lauren soigneusement repassé, a écrit Straw dans ses mémoires.

Dans l’ouvrage qu’il a publié la même année, « Alliance avec le peuple », Larijani a proposé « un nouvel Iran, un Iran qui cherche à mettre fin à une ère d’arriération et à réussir une renaissance scientifique et technologique, qui irait de pair avec une augmentation de la richesse nationale. C’est pourquoi l’économie doit devenir la priorité absolue à l’heure actuelle. » Il présente un plan de transformation menant à un « État moderne » et se concentre sur des questions telles que le progrès scientifique et technologique, la réforme religieuse, la lutte contre la corruption économique au sein des entités étatiques, s’attaquant à la fuite des cerveaux, mais également s’assurant de la « préservation de l’identité nationale iranienne dans le processus de mondialisation ».

La tension entre ces deux facettes de sa vision du monde a accompagné Larijani tout au long de sa vie : d’un côté, c’est un pragmatique qui reconnaît l’importance de la science, de la technologie et de l’économie, et qui aspire à une société moderne ; de l’autre, c’est un fondamentaliste.

Cette tension, soit dit en passant, se manifeste également au sein de sa famille. L’une de ses filles, médecin et chercheuse en cancérologie aux États-Unis, a publié une soixantaine d’articles dans des revues scientifiques ; elle a récemment été licenciée de son poste à l’université Emory en raison de l’influence considérable de son père en Iran. Il est donc évident que Larijani a élevé sa fille dans un esprit d’indépendance et de réussite personnelle. Mais lors d’une rare interview, son épouse Farideh a évoqué le point de vue de son mari sur la condition des femmes. Selon elle, même si Larijani estime que, certes les femmes peuvent parfois assumer certaines fonctions clés bien mieux que les hommes, en raison de leurs responsabilités liées à la gestion du foyer et à l’éducation des enfants, il est selon lui préférable qu’elles n’occupent pas de fonctions en dehors du foyer.

Dans ses propos sur la liberté humaine, Larijani a naturellement affirmé que tous les êtres humains, du simple fait d’être humains, ont droit à la liberté. « La nature humaine est telle qu’il faut être libre de penser. Par conséquent, la liberté de pensée est un droit. »

Mais voici que vient un grand « mais », qui revient en fait à légitimer le concept d’une police de la pensée. Sa thèse est simple : tout comme dans l’apprentissage, tout doit reposer sur un ordre logique, et par conséquent, toute pensée dépourvue de cohérence logique doit être rejetée et ne pas être diffusée dans la société, il en va de même pour l’éthique. « Tout ce qui peut élever spirituellement la société devrait jouir de liberté dans son domaine et englober une variété de goûts et d’inclinations », a déclaré Larijani, « tandis que tout ce qui conduit à la dégradation sociale devrait être considéré comme dépassant les limites de la liberté spirituelle. » Qui décide de ce qui conduit à l’élévation et de ce qui conduit à la dégradation ? Larijani, bien sûr.

Il a tenu des propos similaires au sujet de la démocratie. « La démocratie n’est peut-être pas toujours la méthode idéale, mais c’est celle qui est la plus largement acceptée. C’est une voie méthodologique, une approche pragmatique pour guider la société vers la réussite. Une société réussit d’autant mieux lorsque son gouvernement bénéficie d’une large adhésion de la part de ses citoyens. Mais tout comme la liberté spirituelle de pensée a besoin d’un cadre, il en va de même pour la démocratie. Que signifie ce cadre ? C’est un cadre qui mène à un objectif, et cet objectif est le bien-être de la nation. »

C’est là que le raisonnement s’aventure dans des domaines métaphysiques qu’un libéral aurait beaucoup de mal à accepter. Dans la pensée métaphysique libérale, la société en tant que telle est dépourvue de tout caractère absolu : elle n’est qu’un ensemble d’individus liés par un contrat social. Le point de vue de Larijani est différent. Selon lui : « La société possède une identité existentielle distincte de celle de l’individu. Autrement dit, l’entrelacement des esprits des individus au sein d’une nation crée une âme collective indépendante. Si nous reconnaissons cette identité indépendante, nous devons également reconnaître ses droits. Selon la pensée islamique, cette âme collective poursuit un objectif : elle aspire à la prospérité et à la rédemption. »

Si tel est le cas, il faut alors mettre en place des cadres destinés à orienter la démocratie vers son objectif, conformément aux principes de l’islam. En d’autres termes, « la législation de l’État n’a de sens que lorsqu’elle est conforme à ces principes et à cet objectif ».

Larijani a occupé le poste de président du Parlement iranien pendant trois mandats consécutifs, entre 2008 et 2020, une fonction qui en a également fait une figure centrale du pouvoir législatif. Au cours de son mandat, il a veillé à ce que l’accord sur le nucléaire soit approuvé par le Parlement, mais a également durci la répression à l’encontre des personnalités qui tentaient de saper le régime. La combinaison de ces deux approches lui a valu la réputation d’un conservateur pragmatique.

Sa capacité à jouer sur les deux tableaux en a fait au sein de l’Iran la figure de proue de la médiation, capable de dégager un consensus même dans les situations difficiles. Cependant, cela lui a également valu les critiques des cercles purs et durs du régime. Lorsqu’il a tenté de se présenter à la présidence à deux reprises, en 2021 et en 2024, sa candidature a été invalidée en raison d’un mode de vie jugé insuffisamment pieux. Le professeur Lior Sternfeld, spécialiste de l’Iran à l’université Penn State, affirme que « Le discours politique de Larijani ne peut être facilement classé d’un côté ou de l’autre. Ses opinions sur certaines questions penchent davantage vers le centre politique que celles de Khamenei, par exemple. »

Même s’il n’a pas pu être élu président, son pouvoir politique n’a cessé de croître. En 2021, Larijani a été chargé de superviser les négociations avec la Chine concernant un accord de coopération stratégique d’une durée de 25 ans, évalué à plusieurs milliards de dollars. Au fil des ans, il s’est rendu à plusieurs reprises à Moscou en tant qu’émissaire du Guide suprême Khamenei et y a rencontré Vladimir Poutine, contribuant ainsi au maintien de liens étroits entre les deux pays. Il a également été l’envoyé de Khamenei à Damas et à Beyrouth. Depuis 2020, il siège également au Conseil de Discernement de l’intérêt supérieur du régime, un organe puissant qui supervise le parlement et a le pouvoir d’invalider des lois et de disqualifier des candidats aux élections (il avait déjà siégé au conseil entre 1997 et 2008).

Cependant, en parallèle, Larijani continue de critiquer vivement le gouvernement, depuis l’intérieur même du système. En 2024, il a publié l’ouvrage « Sagesse et discernement dans la gouvernance », dans lequel il souligne l’importance de la pensée logique dans la prise de décision administrative et politique, formule des critiques explicites à l’égard de la structure politique et évoque même la nécessité d’une nouvelle interprétation de la Constitution de la République islamique. L’une de ses propositions consiste à créer un conseil chargé de remédier aux failles structurelles de l’État qui, selon lui, comprennent : un déclin du capital social, une faible capacité de gestion, l’érosion de la cohésion nationale et un manque d’innovation. Son approche est très pragmatique et tournée vers les solutions.

Larijani estime que, certes, les femmes peuvent parfois assumer certaines fonctions clés bien mieux que les hommes, en raison de leurs responsabilités liées à la gestion du foyer et à l’éducation des enfants, mais qu’il est préférable qu’elles n’occupent pas de fonctions en dehors du foyer.

Mais Larijani rejette la solution la plus simple aux problèmes. Dans un article publié en juin 2024, il se demande pourquoi, alors qu’il existe un modèle efficace de gestion de la société sous la forme de la civilisation occidentale, il faudrait s’efforcer de mettre en place une société religieuse, quelque chose qui, comme il le reconnaît lui-même, n’a jamais été réalisé avec succès au cours de l’histoire.

« La réponse à cette question, répond Larijani, réside au cœur même de la différence entre ces deux perspectives : la société religieuse et la civilisation occidentale. Selon cette vision, la société religieuse est orientée vers la recherche de la vérité et fonctionne de manière rationnelle, tandis que la civilisation occidentale est orientée vers la recherche du plaisir et guidée par les émotions. »

L’année dernière, dans le sillage de la recrudescence des tensions avec les États-Unis et Israël au sujet du programme nucléaire, Larijani a de nouveau été appelé à occuper le poste de secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale. Selon le Wall Street Journal, il était chargé de la réponse iranienne aux attaques israéliennes et américaines de juin dernier, ayant notamment pris la forme du lancement de centaines de missiles balistiques sur Israël.

Avec la mort de Khamenei au début de la guerre actuelle, Larijani s’est imposé comme la figure clé du régime. Il est chargé de coordonner les réponses militaires et politiques complexes à la menace qui pèse sur divers organes gouvernementaux, sans oublier les attaques contre les pays arabes voisins.

Son expérience à la tête de l’autorité nationale de l’audiovisuel lui est également utile aujourd’hui. Il publie des messages sur X et vise directement au cœur de la controverse qui agite l’opinion publique américaine. « Trump a succombé aux pitreries de Netanyahu et a entraîné le peuple américain dans une guerre injuste contre l’Iran », a-t-il écrit dans un post, ajoutant dans un autre : « Trump a trahi le slogan “America First” pour adopter celui d’“Israel First” ». Lors de ses apparitions publiques, Larijani affiche une position belliciste et promet que les États-Unis et Israël paieront un lourd tribut et « regretteront leurs agissements ». Cette semaine, il a même explicitement menacé Trump. « Le peuple iranien n’a pas peur de vos menaces », a-t-il écrit. « Prenez garde, sinon c’est vous qui serez éliminé. »

Dans son ouvrage « La République », Platon a décrit l’État idéal, une société qu’il a baptisée « Callipolis ». Selon lui, seule cette société idéale mettra fin aux « troubles des États ». Une seule chose distingue Callipolis de tous les autres États : le dirigeant de l’État est un philosophe. En d’autres termes, « le pouvoir politique et la philosophie se retrouvent ainsi entre les mêmes mains ».

Au cours de l’histoire, les exemples de tels « rois-philosophes » ont été rares. Alexandre le Grand, formé par Aristote, a accompli des exploits sans précédent, tandis que Marc Aurèle, auteur de l’œuvre immortelle « Méditations », est considéré comme l’un des meilleurs empereurs de l’histoire romaine. Frédéric le Grand, également considéré comme l’un des monarques les plus influents de l’histoire européenne et celui qui a fait de la Prusse une grande puissance, a rédigé des écrits philosophiques. Au XXe siècle, le professeur Tomáš Masaryk se distingue ; il était maître de conférences en philosophie et a été le premier président de la Tchécoslovaquie à partir de 1918. Mais à l’exception d’une poignée de cas, les philosophes ont presque entièrement quitté les cercles du pouvoir.

Et pourtant, dans le conflit actuel, il s’avère que l’un des acteurs principaux est un philosophe doté d’une grande influence politique. Il ne semble pas toutefois que l’objectif de ce philosophe soit de mettre fin aux « troubles des États », comme le disait Platon.

D’une part, il est évident que Larijani est passionné par la philosophie, qu’il est un homme réfléchi qui aspire rationnellement à une vie meilleure. Mais dans ses actes, il ressemble à une autre figure philosophique classique, non pas un roi-philosophe, mais un prince-philosophe, le type de souverain décrit par Machiavel, pour qui la valeur suprême réside dans la préservation de son pouvoir et de son règne, à tout prix.

Le philosophe Baruch Spinoza s’opposait à tout système politique reposant sur la vertu ou la sagesse d’un individu. Selon lui, un État ne devait pas dépendre de la sagesse d’une seule personne ; les institutions politiques devaient plutôt être conçues pour fonctionner efficacement même lorsque les individus agissent sous l’emprise de la passion, de la peur et de leurs intérêts personnels, et non pas uniquement en fonction de la raison. C’est pourquoi Callipolis ne repose pas sur un dirigeant brillant, mais sur des institutions et des lois qui organisent le pouvoir de manière rationnelle et garantissent un certain degré de liberté et de stabilité.

De son côté, Popper soutenait que la question importante en politique n’est pas « Qui doit gouverner ? », mais « Comment mettre en place des institutions permettant d’empêcher les dirigeants incompétents ou corrompus de causer trop de dégâts ? » L’idée du roi-philosophe s’inscrit, selon Popper, dans une tradition autoritaire de la philosophie politique. Plutôt qu’un gouvernement des sages, il mettait l’accent sur une structure démocratique impliquant la séparation des pouvoirs, le pouvoir de contrôle exercé par les citoyens et la possibilité de changer de gouvernement sans recourir à la violence.

Une structure aussi puissante que celle-là existe encore en Israël. Ses effets sont visibles dans les chiffres du PIB par rapport à l’Iran ou dans les rapports de force de la campagne militaire actuelle. Cette structure israélienne est en train d’être démantelée par des idéologues et des religieux juifs, convaincus de la justesse de leur démarche. C’est peut-être là l’élément le plus frappant dont j’ai pris conscience en lisant Larijani.

La critique que fait Larijani des fondements de la pensée occidentale, ainsi que son appel à transcender la modernité, ne doivent pas être écartées trop hâtivement et méritent d’être analysés. Mais en fin de compte, ses actes ont dépassé tout ce qui peut se justifier au nom d’une quelconque philosophie. « Larijani n’est pas le premier homme de lettres de l’histoire à être devenu un tyran brutal », déclare Sternfeld. « C’est un idéologue convaincu, et il a commis des actes meurtriers au nom de son idéologie. »

On serait tenté de voir en Larijani un héros tragique acculé au point de devoir ordonner un massacre. Mais lui-même rejetterait sans doute une telle description qui, à ses yeux, est occidentale, sentimentale et manque de courage. Il a renoncé au bien, au sens le plus profond du terme, au nom de la foi qui est la chose la plus importante dans sa vie. À l’instar d’Abraham, le père des croyants, qui était prêt à immoler son fils unique, qu’il aimait. Et pourtant, il y a un autre détail important dans cette histoire. Abraham n’a pas enfoncé le couteau. 

dimanche 19 avril 2026

La Gladio española, la OTAN encubierta



 Atentado de Bolonia del sábado 2 de agosto de 1980

La Operación Gladio demuestra claramente el vínculo inquebrantable que existe entre el poder burgués y las instituciones burguesas, que la clase dominante está dispuesta a proteger mediante los crímenes más atroces. 

Actualmente, algunos sectores de la sociedad española están planteando la salida de España de la OTAN, pero hay una escasa información de lo que realmente significa esta organización militar.

Para facilitar y tener una información lo más ajustada posible, será necesario tener un conocimiento real de la OTAN y así poder decidir con más argumentos.

Ya en el año 2010, escribí un artículo sobre la Gladio, que es una organización secreta bajo el paraguas de la OTAN, que sorprendió muchísimo, pues la inmensa mayoría de los españoles no sabía nada de este tipo de organizaciones secretas.

Al finalizar la Segunda Guerra Mundial se decide crear dentro de la OTAN unos grupos secretos y de operaciones especiales, cuya función es la de actuar como guerrilla, en caso de una invasión comunista.

Pero se acaba transformando en un ejército secreto cuya finalidad es conseguir que en “la Europa democrática” nunca puedan acceder al poder los partidos comunistas, ni nadie ponga en cuestión el sistema.

Jugó un papel muy importante en la historia de algunos países como fue en Italia, pero también en Francia, Bélgica, Holanda, Noruega, Dinamarca, Suecia, Finlandia, Turquía, Portugal, Austria, Suiza, Grecia, Luxemburgo y Alemania.

En el año 1973, los comandantes de la Gladio se reunieron en Bruselas, en una sesión extraordinaria, para discutir la admisión de la España de Franco en la Gladio.

España había permitido durante muchos años a los Estados Unidos el derecho de estacionar misiles nucleares, así como el atraque de buques y submarinos norteamericanos en sus puertos, pero no estaba obteniendo nada a cambio de la OTAN.

El servicio secreto español estaba interesado en tener una red oculta para combatir a los comunistas y socialistas antifascistas españoles, para así poder seguir en el poder.

España a pesar de no pertenecer a la OTAN, tuvo una presencia muy importante en la Gladio y contó con el apoyo del régimen franquista. La dictadura de Franco sirvió de refugio durante la Guerra Fría a muchos terroristas de extrema derecha que habían participado en la guerra anticomunista en Europa.

Mario Pozza, miembro de la extrema derecha italiana, revela ante el juez, en el año 1984, que toda una colonia de fascistas italianos funcionaba con total impunidad en España.

En el año 1970, la España franquista recibe a los terroristas de la extrema derecha italiana que habían participado junto al ultraderechista Valerio Borghese en la ocupación del Ministerio del Interior italiano en un intento de golpe de Estado. No sólo se les recibió, sino que se les contrató como miembros de la policía secreta franquista.

En el año 1976, se producen los asesinatos de carlistas en Montejurra (Navarra), Delle Chiesa junto a otros extremistas italianos pertenecientes a la Gladio provocan los incidentes de Montejurra y su finalidad era que la Policía española no pudiese ser acusada por una intervención violentamente represiva e injustificada.

El 24 de enero de 1977, se produce en Madrid el asesinato de los cinco abogados laboralistas de la calle Atocha. Participaron miembros de la Gladio, como el terrorista Carlo Cicuttini, como aparece en un informe del Comité Ejecutivo para los Servicios de Información y Seguridad, organismo dependiente de la Presidencia del Consejo de Ministros de Italia.

Varios sucesos previos a la adhesión de España a la OTAN en el año 1982 tras el cambio de postura el PSOE de Felipe González, también se han vinculado a Gladio.

En mayo del año 1976, medio año después de la muerte de Franco, dos militantes carlistas fueron abatidos por terroristas de extrema derecha, entre ellos el agente de Gladio, Stefano Delle Chiaie y miembros de la Triple A [1], lo que demuestra la conexión entre Gladio y la llamada Guerra Sucia sudamericana de la Operación Cóndor [2].

Este incidente se conoció como los sucesos de Montejurra. Según un informe del CESI italiano, participa el terroristas neofascistas de Ordine Nuovo [3], Carlo Cicuttino, el cual participó en el año 1972 en la masacre de Peteano junto a Vincenzo Vinciguerra.

Participó también en la Matanza de la calle Atocha de Madrid en el año 1977, donde murieron cinco personas incluidas varios abogados, que eran miembros de Comisiones Obreras. Cicuttini obtuvo la nacionalidad y se encontraba exiliado en España desde el año 1972.

Fue el primer ministro italiano Andreotti quien descubrió en el año 1990 la existencia de la Gladio. Adolfo Suárez, el primer presidente de España elegido en democracia, tras la muerte de Franco, negó haber oído hablar jamás de Gladio.

Calvo Sotelo, presidente del gobierno español entre los años 1981 y 1982 durante la transición española, declaró que “España no había sido informada de la Gladio cuando entró en la OTAN”.

El primer ministro sueco Olaf Palme
El primer ministro sueco Olaf Palme

Cuando se le preguntó por las relaciones de Gladio con la España franquista, afirmó que dicha red no era necesaria bajo el régimen franquista, ya que “el propio régimen era Gladio”.

Según el general, Fausto Fortunato, jefe del SISMI [4] italiano entre los años 1971 y 1974, Francia y Estados Unidos habían apoyado la entrada de España en Gladio, pero Italia se habría opuesto.

Sin embargo, tras las revelaciones de Andreotti, Narcís Serra, ministro de Defensa español, abrió una investigación sobre los vínculos de España con Gladio.

El periódico Canarias 7 reveló, citando al exagente de Gladio, Alberto Volo, quien participó en las revelaciones de la existencia de la red en el año 1990, que se había organizado una reunión de Gladio en agosto del año 1991 en la isla de Gran Canaria.

Alberto Volo también declaró que, como agente de Gladio, había recibido entrenamientos en Maspalomas, Gran Canaria, en las décadas de los años 1960 y 1970.

El País también reveló que la organización Gladio era sospechosa de haber utilizado las antiguas instalaciones de la NASA en Maspalomas de Gran Canaria, en la década de los años 1970.

André Moven, exagente del GISS belga, también declaró que Gladio había operado en España. Asegurando que Gladio tenía bases secretas en Madrid, Barcelona, San Sebastián y Canarias.

El responsable de Gladio en Canarias fue el exagente Gabriel Arenas Romasanta, controlaba toda la zona de Canarias entre los años 1981 hasta 1989.

La Operación Gladio demuestra claramente el vínculo inquebrantable que existe entre el poder burgués y las instituciones burguesas, que la clase dominante está dispuesta a proteger mediante los crímenes más atroces.

En el año 1968, fecha de la llamada primavera de París, se produce el inicio del terrorismo de izquierdas en toda Europa, incluida España (ETA, FRAP, GRAPO). El ex agente de la CIA, Philip Agee, acusó a la CIA de haber creado a los GRAPO, así se entenderían algunas de sus extrañas actuaciones. 

El famoso agente secreto español González Mata ha hablado de su infiltración en ETA siendo agente de la Gladio y su implicación en el asesinato de Carrero Blanco, así como las extrañas desapariciones de militantes de ETA.

Todos estos hechos forman parte de lo que ellos denominan “la estrategia de la tensión” que se vivía por todo Occidente, y como vemos mucho más ahora, para justificar políticas agresivas que sólo defienden los intereses económicos de las multinacionales.

En el Gobierno de Felipe González, el ministro de Defensa Narcís Serra, se vio obligado a crear una investigación sobre la Gladio española. Se le encargó al Cesid dirigido por el general Manglano, que además era el delegado español en la OTAN para cuestiones de Seguridad.

El Cesid era precisamente el principal sospechoso, así que encargarle la investigación era como poner al zorro a investigar quién se comió las gallinas.

El general Manglano se negó rotundamente a declarar en el Parlamento y por supuesto el resultado de su investigación fue que nunca España había participado en la red Gladio.

La Gladio es una obscenidad y para los que creemos en la democracia como sistema es su mayor atentado, y cabe preguntarnos ¿en mano de qué políticos estamos?

Los nuevos grupos fascistas españoles han sufrido el mismo proceso de evolución pues se han ido modernizando, adaptando a las nuevas circunstancias y cuentan con el apoyo del aparato estatal como antaño lo tenían los pistoleros de Fuerza Nueva o los Guerrilleros de Cristo Rey.

Si echamos un vistazo atrás, podemos acordarnos de los fascistas de la Operación Panzer detenidos en el año 2005, a los que se les llegó a requisar un lanzagranadas además de armamento ligero salido de cuarteles del Ejército. Todos los detenidos acabaron absueltos. Las armas fueron destruidas “por error” y se les indemnizó por su destrucción.

Otro caso, esta vez menos sonado, fue la detención- en 2015 del coronel de la Guardia Civil Rodolfo Sanz Sánchez y del subteniente retirado Francisco Carreras.

Ambos sacaban armamento de los cuarteles de la Guardia Civil y del Ejército para venderlo a miembros Falange, Alianza Nacional y otros grupos fascistas.

Diez años después de su detención sigue sin haberse dictado juicio contra ambos. Éstos son sólo casos que saltan a la prensa.

Recientemente ha aparecido en escena un nuevo grupúsculo fascista de nombre Núcleo Nacional. Hay muchos grupos de este tipo en España, la novedad no es ésa.

La novedad es la forma que adquiere este grupo. La estética de sus militantes recuerda al Batallón Azov ucraniano, el símbolo que usan es similar al tridente ucraniano, entrenamientos de tipo militar, infraestructura y puesta en escena similar, etc.

Según el propio Cuerpo Nacional de Policía “son lo más parecido a un grupo paramilitar”. Eso sí, paramilitares consentidos por el Estado. ¿Consentido por qué?

Porque como en el caso de los GAL, no se trata de grupos terroristas pues su función no es derribar el orden social existente sino reforzarlo.

Otro de los aspectos que han llamado la atención es su presencia en redes sociales como Instagram o Twitter, donde cuentan con un gran seguimiento. Es decir, los “algoritmos con los que trabajan estas redes” favorecen la difusión de los mensajes de estos grupos fascistas.

Durante las riadas que se produjeron en octubre del año 2024 en Valencia salió a la luz otro grupo similar llamado Revuelta bajo la egida de VOX. Elon Musk envió a este grupo varios equipos de Starlink para restablecer el servicio de internet en las zonas donde se había perdido este servicio. ¿Por qué Musk decide enviar equipos de internet a este grupo y no a los servicios de Emergencias?

¿Van entendiendo el papel que juega la OTAN no solo en la defensa del poder establecido sino también de control interno, haciendo desaparecer a aquellos que molestan?

[1] La Triple A, también conocida como Alianza Apostólica Anticomunista, fue una organización terrorista de extrema derecha, que actuó en el País Vasco y en el País Vasco francés entre los años 1977 y 1982, durante la transición española. Un informe de la Oficina de Víctimas del Terrorismo del Gobierno vasco del año 2010 le atribuye 8 asesinatos de las 66 víctimas mortales del terrorismo parapolicial y de extrema derecha desarrollado entre los años 1975 y 1990.
[2] El Plan Cóndor, también conocido como Operación Cóndor, fue una campaña de represión política y terrorismo de Estado llevada a cabo a partir del año 1975 por varias dictaduras latinoamericanas con el respaldo del gobierno de Estados Unidos, que incluía operaciones de inteligencia y el asesinato de opositores en el continente.
[3] Orden Nuevo fue un movimiento social de extrema derecha materializado en el Centro de Estudios Orden Nuevo y el Movimiento Político Orden Nuevo. Ambas organizaciones extremistas con actividad en Italia, fundadas por exmiembros del Movimiento Social Italiano. Fue uno de los movimientos más relevantes de la posguerra de la Segunda Guerra Mundial en la historia italiana reciente. Ambas plataformas se disolvieron e ilegalizaron en el año 1973 por el Gobierno italiano, acusadas de tratar de reconstituir el Partido Nacional Fascista de Mussolini.
[4] Servizio per le Informazioni e la Sicurezza Militare (abreviado SISMI, Servicio de Seguridad e Inteligencia Militar) fue la agencia de inteligencia militar entre los años 1977 a 2007. Con la reforma de los servicios de inteligencia italianos aprobada el uno de agosto del año 2007, el SISMI fue reemplazado por la Agenzia Informazioni e Sicurezza Esterna.

RADIOGRAFÍA DEL PODER REAL DE LAS ÉLITES EN LA ESPAÑA POSTFRANQUISTA

 FUENTE https://canarias-semanal.org/art/35837/el-libro-que-dinamita-el-mito-de-la-transicion-radiografia-del-poder-real-en-la-espana-postfranquista

Un libro que que reconstruye cómo empresarios, altos funcionarios y redes de influencia lograron adaptarse al nuevo régimen sin abandonar el centro del poder económico

Durante décadas nos han contado que la democracia española sustituyó al viejo poder franquista por nuevas élites modernas y europeizadas. Pero ¿y si el cambio político no hubiera alterado tanto como parece a quienes mandaban realmente? El último libro de Andrés Villena plantea una tesis que quiebra ese argumentario: las élites que dominaron España durante el franquismo no desaparecieron con la Transición, sino que aprendieron a adaptarse, modernizarse y conservar y potenciar su influencia bajo nuevas formas.
 
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     Hay libros que analizan la política española observando parlamentos, partidos y elecciones. Y hay otros que intentan responder a una pregunta mucho más inquietante: quién sigue mandando cuando cambian los gobiernos, se suceden las legislaturas y el país parece transformarse sin alterar  su estructura profunda.

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    "Las élites que dominan España. Una historia alternativa desde 1939", de Andrés Villena Oliver, pertenece a esta segunda categoría. Politólogo y sociólogo especializado en el estudio de las élites, Villena lleva años investigando la relación entre la alta administración, el poder económico y las redes dirigentes del Estado.

     En esta obra propone una lectura del último siglo español que cuestiona uno de los relatos más asentados de nuestra historia reciente: la idea de que la democracia sustituyó a las élites del franquismo por otras completamente nuevas, homologables a las de cualquier democracia occidental.

   Su tesis, apoyada en abundantes datos, nombres y conexiones institucionales, resulta mucho más incómoda: la España democrática no habría destruido las viejas estructuras de poder, sino que habría permitido su adaptación y modernización.

   LA GUERRA CIVIL Y LA RECONFIGURACIÓN DEL PODER EN ESPAÑA

      El punto de partida del libro es una idea sencilla, pero de gran alcance: la historia política de un país no puede explicarse solo por sus cambios de régimen. Que cambie la forma del Estado no significa necesariamente que cambien, en la misma medida, quienes ocupan las posiciones decisivas dentro de él. Para Villena, esa es precisamente la clave de la España contemporánea. El país ha atravesado transformaciones institucionales profundas —dictadura, transición democrática, integración europea, alternancia políticasin que ello haya supuesto una renovación equivalente de sus núcleos estructurales de poder.

    Por eso el autor sitúa el origen de esa continuidad en 1939. La victoria franquista no fue solo el final militar de una guerra civil. Fue también el momento en que se reorganizó de raíz quién mandaba en España. La derrota republicana supuso la eliminación, expulsión o marginación de amplios sectores de las élites políticas, administrativas e intelectuales ligadas al reformismo republicano, al movimiento obrero y a la izquierda, mientras el nuevo régimen consolidaba un bloque dominante integrado por militares, grandes propietarios, alta burocracia, jerarquía eclesiástica y empresarios afines al franquismo. El franquismo, en esta interpretación, no se limitó a gobernar: reconstruyó las bases sociales del poder en España (pp. 34-49).

  FRANQUISMO, CAPITALISMO PROTEGIDO Y CONSOLIDACIÓN DE LAS GRANDES FORTUNAS

   Uno de los argumentos más sólidos del libro es que el franquismo no solo protegió a las élites tradicionales, sino que ayudó a fabricar buena parte de la gran burguesía moderna española. En una economía fuertemente intervenida, donde el Estado controlaba licencias, concesiones, contratos, importaciones, exportaciones y acceso privilegiado a sectores estratégicos, la cercanía al poder político se convirtió en un factor decisivo para acumular riqueza.

   
Muchas de las grandes fortunas y grupos empresariales que dominarían después sectores clave de la economía española no surgieron de un mercado libre en sentido estricto, sino de un capitalismo profundamente condicionado por el Estado y por la relación con el régimen (pp. 78-95).

    Ese proceso no solo generó riqueza para determinados grupos. También consolidó una forma muy particular de capitalismo: una economía donde el éxito empresarial dependía, en buena medida, de la relación con el poder político. Durante décadas, el franquismo protegió a empresas nacionales frente a la competencia exterior, repartió concesiones en sectores estratégicos, adjudicó contratos públicos de enorme valor y levantó barreras regulatorias que favorecían a quienes ya formaban parte del sistema.

   La consecuencia fue la consolidación de un capitalismo poco competitivo en términos clásicos y extraordinariamente dependiente de la proximidad al Estado. Buena parte de la gran empresa española contemporánea nació, según Villena, en ese ecosistema donde mercado y poder político estaban mucho más entrelazados de lo que luego admitiría el relato oficial de la modernización económica española.

LA TRANSICIÓN COMO RECICLAJE DEL VIEJO PODER

    Ese proceso ayuda a entender por qué la democratización posterior no alteró de forma sustancial la estructura económica del país. Cuando murió Franco, muchas de las familias, grupos empresariales y redes de influencia que habían acumulado poder durante la dictadura partían ya de una posición enormemente ventajosa. Disponían de patrimonio, capital, relaciones, presencia institucional y acceso privilegiado a los centros de decisión. La transición política podía cambiar el régimen, pero no borraba cuarenta años de acumulación previa.

    Ahí reside una de las tesis centrales del libro: la Transición no habría supuesto una ruptura profunda con el viejo poder, sino una reforma pactada que permitió la adaptación de buena parte de las élites franquistas al nuevo marco constitucional. Villena no niega la importancia de la democratización ni resta valor a las libertades conquistadas, pero sostiene que el cambio político se produjo sin una transformación equivalente de las estructuras profundas del poder.

   No hubo una depuración sustancial de la alta Administración, ni del Poder judicial ni de los cuerpos superiores del Estado. Tampoco se produjo una alteración comparable en la distribución del poder económico. En lugar de una sustitución de élites, lo que hubo fue una modernización de sus formas de influencia (pp. 121-143).

    Pocas instituciones resumen mejor esa lógica de continuidad dentro del cambio que la monarquía. El hecho de que Juan Carlos I accediera al trono como sucesor designado por Franco y terminara convertido en símbolo de la nueva democracia parlamentaria ilustra con claridad la naturaleza del proceso: suficiente reforma para democratizar el sistema, suficiente continuidad para tranquilizar a quienes ocupaban posiciones de poder en el anterior. La Corona aparece así en el libro como una pieza clave de articulación y estabilización de las élites durante el nuevo régimen (pp. 150-164). 

LA ARISTOCRACIA BUROCRÁTICA: EL PODER QUE NO PASA POR LAS URNAS

     Uno de los aspectos más interesantes del libro es el peso que concede a la alta burocracia estatal. Frente a la visión convencional que presenta a los altos funcionarios como simples técnicos neutrales, Villena los sitúa en el corazón mismo del sistema de poder español.

   Cuerpos como los Abogados del Estado, los Técnicos Comerciales y Economistas del Estado, los Inspectores de Hacienda, los Letrados del Consejo de Estado o los Letrados de las Cortes aparecen descritos como una auténtica aristocracia burocrática. Son quienes redactan normas, interpretan marcos regulatorios, asesoran a ministros, controlan procedimientos complejos y ocupan puestos estratégicos tanto en la Administración como en el sector privado (pp. 166-192).

    Su poder no radica solo en el prestigio o en la dificultad de sus oposiciones, sino en el conocimiento que acumulan. Un ministro puede permanecer unos años en el cargo; un alto funcionario de estos cuerpos puede pasar décadas dentro del aparato estatal acumulando experiencia, relaciones y dominio técnico sobre el funcionamiento real de las instituciones.

   Cuando un gobierno necesita negociar con Bruselas, redactar una reforma compleja o interpretar una normativa delicada, son estos perfiles quienes poseen el saber práctico indispensable. En una época en la que buena parte del poder se ejerce a través de la regulación técnica, esa posición les convierte en actores centrales del sistema.

REDES DE INFLUENCIA Y MECANISMOS DE REPRODUCCIÓN DE LAS ÉLITES

    Villena muestra cómo de esos cuerpos salen numerosos ministros, secretarios de Estado, reguladores y altos cargos empresariales. No se trata de una coincidencia anecdótica, sino de un patrón estructural: una parte importante de quienes ocupan posiciones de poder en España procede de circuitos altamente selectivos, socialmente homogéneos y profesionalmente interconectados.

    Ese análisis enlaza con otro de los grandes temas del libro: las puertas giratorias. Pero el autor evita quedarse en la crítica fácil a los casos más mediáticos. Su tesis es más profunda: la circulación entre política, alta administración y gran empresa no sería una anomalía del sistema, sino una de sus formas normales de funcionamiento.

   Exministros, expresidentes, altos reguladores y funcionarios de élite pasan con frecuencia a ocupar puestos en Consejos de Administración, grandes despachos o empresas reguladas por los mismos sectores sobre los que antes tenían influencia. El fenómeno no sería una desviación, sino una expresión habitual de la estrecha relación entre Estado y grandes intereses económicos (pp. 203-214).

   El libro subraya además que el poder no se reproduce solo por dinero o por cargos. También lo hace mediante redes familiares, educativas y sociales. Grandes familias empresariales, altos funcionarios, élites políticas y profesionales de prestigio se entrelazan mediante vínculos familiares, trayectorias educativas compartidas, espacios de sociabilidad comunes y relaciones profesionales cruzadas.

  El poder no se hereda únicamente como patrimonio: también se transmite como acceso privilegiado a los círculos donde se aprende quién cuenta, cómo funciona el sistema y a quién conviene conocer.

DEMOCRACIA FORMAL Y PODER REAL: LA GRAN PREGUNTA DEL LIBRO

   Todo ello conduce a una de las conclusiones más delicadas de la obra: España sería una democracia plenamente funcional en sus formas institucionales, pero con una estructura de poder más concentrada, más cerrada y más continuista de lo que suele admitir el relato oficial. Villena no sostiene que España sea una anomalía antidemocrática ni una excepción autoritaria encubierta dentro de Europa. Su planteamiento es más matizado y precisamente por ello más sólido: España comparte las formas de las democracias liberales occidentales, pero conserva una estructura oligárquica más acusada en la concentración del poder económico, en la continuidad histórica de sus élites y en la limitada circulación real hacia las posiciones superiores de mando (pp. 254-266).

    El valor de "Las élites que dominan España" no reside solo en las tesis que defiende, sino en el cambio de mirada que obliga a adoptar. El libro invita a apartar la vista de la superficie visible de la política española —partidos, líderes, campañas, debates parlamentarios— para dirigirla hacia las estructuras permanentes que condicionan el margen real de maniobra de cualquier gobierno. Su pregunta de fondo no es quién gana las elecciones, sino quién mantiene capacidad de influencia decisiva independientemente de quién las gane. 

   Villena no ofrece una teoría conspirativa ni un relato simplista sobre una camarilla secreta que mueve los hilos desde la sombra. Lo que ofrece es algo más serio y más rupturista: el retrato de un sistema donde el poder se concentra en minorías altamente organizadas, cohesionadas y adaptativas que han sabido sobrevivir a todos los grandes cambios de régimen sin abandonar el centro del tablero.

   Su conclusión puede resumirse en una idea que atraviesa silenciosamente toda la obra: la historia reciente de España no sería tanto la de la sustitución de unas élites por otras como la de la extraordinaria capacidad de las viejas élites para transformarse y seguir mandando en un mundo nuevo.

FUENTE PRINCIPAL

Andrés Villena Oliver, Las élites que dominan España. Una historia alternativa desde 1939 (Libros del K.O., 2026).

MITING A LA MUTUALIDAD (1977)

 Fuente pacosalud.blogspot.com/2026/04/miting-la-mutualidad

El 17 de abril de 1977 la Confederación Nacional del Trabajo (CNT) organiza un mitin en el Palacio de la Mutualidad de París (Francia) donde se plantea el debate existente en la organización sobre la legalización o no en el Estado español.

 En el mitin intervinieron Frederica Montseny Mañé; Fernando Carballo Blanco; Juan Gómez Casas, secretario general de la CNT; José Luis García Rua, secretario del Comité Nacional de la CNT; y Soriano y Félix Navarro, representantes de la CNT Francesa, entre otros oradores.

 Francisco Ibáñez Gorostidi ( Paco Ibáñez ), Jehan Jonas, Carlos Andreu Sancho, Frances Xavier Ribalta Secanell ( Xavier Ribalta), Josep Pérez, Georges Moustaki, Marie-Thérèse Orain, el Trío Sortilegio Español, el grupo Ramon Mons, el grupo tunecino de Hedi Hela y el Cuarteto Cedrón también participaron en un recital posterior organizado por Solidaridad Internacional Antifascista (SIA).

Al acto asistieron más de 4.000 personas. La CNT finalmente fue legalizada en el Estado español el 7 de mayo de 1977; fue la última central sindical histórica en serlo.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiunImfzWRgodh5EXxFejGSja-tZVc6Vubq60eLElZUo-oduItAJCwWgdtVxeFSDfdHGboSMqhWYo98Vlm0SSs09OyxmH0HTwcxWJKtK7mZR4Js_lHGtOzQGHfoJDrCO1OQ07NPoFB7SDbArqlNcUwB5gYVk9jRnp_1U9L-oxsirT8sI7wbLt8tOA/s1363/miting1977mutualite01.jpg

‘El efecto Helsinki’ o cómo hablar de una densa cumbre diplomática con buenas dosis de cachondeo

 FUENTE https://www.diario-red.com/articulo/cultura/efecto-helsinki-como-hablar-densa-cumbre-diplomatica-buenas-dosis-cachondeo/

 


Para seguir situando el contexto: la invasión y represión de Checoslovaquia por el Pacto de Varsovia en 1968 no dio a la Unión Soviética una buena imagen ante el resto del mundo. Además, sus diferencias ideológicas con China eran cada vez más evidentes. Por otro lado, la palabra “distensión” estaba en boca de todos, sobre todo en los medios de comunicación, tanto en los libres como en los controlados.

En las transcripciones que recupera El efecto Helsinki podemos oír en boca de Richard Nixon, al que le preocupa esa futura conferencia con los comunistas, que “la OTAN está acabada”, algo con tanta vigencia como la palabra “genocidio”, usada por el arzobispo chipriota Makarios III, que recordó en la cumbre la invasión turca de Chipre en el 74 (militares y paramilitares intentaron derrocar a Makarios para unir Chipre con Grecia y en respuesta al golpe los turcos atacaron Chipre alegando defender a la comunidad turcochipriota).

En aquellas sesiones de Helsinki, muchas interminables, como cuando tomó la palabra el soporífero líder rumano Nicolae Ceausescu, los dos bloques no solo se vieron las caras y relajaron tensiones, sino que reconocieron las fronteras de la Europa de posguerra, alejaron las tiranteces militares y hasta lograron un compromiso (vago, nada firme) de mejorar las libertades en el Bloque Comunista.

Como apunta el propio Arthur Franck, El efecto Helsinki es un documental sobre equivocarse. Los líderes de la URSS no calcularon bien las consecuencias de la cumbre, como tampoco esperaron, un año antes, el torpedo a la línea de flotación del entramado propagandístico soviético que supuso la publicación de Archipiélago Gulag. En aquella monumental obra, Aleksandr Solzhenitsyn, escritor y exprisionero, descubrió, tras una minuciosa documentación, el sistema de campos de trabajo y muerte consolidado tras la revolución rusa de 1917. Solzhenitsyn fue detenido en Moscú y expulsado de la Unión Soviética el 13 de febrero de 1974. También se le despojó de su ciudadanía.

   

Pero la publicación de Archipiélago Gulag fue solo un entrante del banquete que se iba a dar el bloque capitalista. La firma (por 35 naciones, incluyendo EE. UU., la URSS y la mayoría de los países europeos) de la CSCE el 1 de agosto, culminando con el Acta Final de Helsinki, instauró el “Espíritu de Helsinki”, un espíritu al que se aferraron los líderes opositores de países reprimidos por la URSS. Fue caso de Lech Walesa en Polonia o de Václav Havel en Checoslovaquia.

Y aunque la URSS comenzó su ocaso, ese final de la Guerra Fría que Brezhnev tanto anheló, no llegó. Jimmy Carter sucedió a Gerald Ford y centró su mandato en la defensa de los derechos humanos en todo el mundo, algo que provocó enfrentamientos con la Unión Soviética que se agudizaron con el furibundo anticomunista Ronald Reagan, famoso por colaborar con el Comité de Actividades Antiamericanas en la “caza de brujas” y apostar, ya como presidente, por el rearme nuclear.  

Una reflexión para acabar: llamada la atención que en la cumbre en la que se pidió más libertad para los ciudadanos europeos fuese invitado el Primer ministro de la España fascista Carlos Arias Navarro, recordado por su plañidero “Españoles… Franco… ha muerto” y conocido como el Carnicerito de Málaga por sus desmanes en la dirección del orden público de la dictadura.

También llama la atención que los Estados Unidos respaldaran el “Espíritu de Helsinki” y limpiaran su imagen internacional gracias a la cumbre cuando su delegación estaba liberada por el criminal de guerra Henrri Kissinnger, responsable de los bombardeos de Laos y Camboya, el retraso del fin de la terrible Guerra de Vietnam, el apoyo al Plan Cóndor y a las dictaduras en Latinoamérica, al golpe de estado en Chile y a la sangrienta invasión de Timor Oriental por parte de Indonesia. 

Lo peor: a veces El efecto Helsinki puede llegar a ser plúmbeo en su exposición de entresijos diplomáticos. Tanto que el propio director y narrador llega a decir, sin despeinarse: “Si no se han dormido todavía, seguimos”.

Lo mejor: es un material perfecto para poner en una clase de Ciencias Políticas o Relaciones Internacionales. 

GUERRE AU MOYEN-ORIENT : Blocus de la Chine par les USA


André Fougeron, Civilisation atlantique, 1953, Londres, Tate Modern 

 Les véritables intentions de l'administration Trump commencent à se dévoiler.

Même si Scott Bessent se trompe dans ses chiffres – le CCG ne couvre pas 8 % des besoins énergétiques de la Chine, mais plutôt entre 5 et 6 % –, les sanctions secondaires dont il parle constituent le véritable objectif de cette tentative de blocus du détroit d'Ormuz.

Ce blocus vise à perturber l’approvisionnement en pétrole des économies émergentes du Sud, et surtout de la Chine.

En menaçant deux banques chinoises de sanctions si elles s’impliquent dans des transactions pétrolières avec l’Iran, on envoie un message à tous les fournisseurs de pétrole de la Chine pour qu’ils reconsidèrent leur position et choisissent leur camp.

Aujourd’hui, ce sont les ventes de l’Iran à la Chine qui sont sanctionnées : des décennies de sanctions, d’embargos et de coercition militaire n’ont pas réussi à dissuader l’Iran, c’est donc désormais les banques chinoises qui sont visées.

Demain, ce sera n’importe quel petit pays producteur de pétrole qui se verra ordonner de cesser de vendre du pétrole à la Chine, sous peine de subir une coercition financière et militaire.

Cela rendra la Chine plus dépendante de la Russie pour son approvisionnement énergétique (seulement 20 % pour l'instant).
Une fois que la Chine dépendra de la Russie pour plus de 50 % de son approvisionnement, il suffira aux États-Unis d'initier une détente avec la Russie contre la Chine, comme ils l'ont fait en 1972 avec la Chine contre la Russie, pour mettre la Chine sous une forte pression énergétique.

La visite officielle de Trump en Chine est désormais prévue les 14 et 15 mai, où la guerre commerciale et la compétition technologique figurent en tête de l'ordre du jour. Mais ces deux questions sont plus importantes pour les États-Unis que pour la Chine.

Cette question d'un approvisionnement en pétrole sans entrave pourrait s'avérer plus cruciale pour la Chine à long terme, et devrait également figurer en bonne place dans l'ordre du jour des discussions.

C'est ce que fait l'hégémon anglo-américain chaque fois qu'il aborde une négociation en position de faiblesse : il crée de toutes pièces une crise qui figurera en bonne place à l'ordre du jour de l'adversaire, afin d'équilibrer les négociations.

Une tactique rusée, mais la Chine a déjà vu ce genre de ruse auparavant.

samedi 18 avril 2026

Marx y los límites del llamado “marxismo occidental”

 

"La crítica sigue siendo posible —de hecho, se vuelve más refinada—, pero la transición de la crítica a la transformación queda en la oscuridad..."

 

El texto siguiente nose refiere explícitamente a Guy Debord y a su concepto de "espectáculo"  pero la crítica que elabora del marxismo occidental (escuela de Francfort, Althusser) lo incluye sobremanera: el concepto de espectáculo congela la posibilidad de transformación social, su "positividad" ciega cualquier transformación, la derrite de antemano.

 

Tesis 12  de La sociedad del espectáculo :

 

Le spectacle se présente comme une énorme positivité indiscutable et inaccessible. Il ne dit rien de plus que « ce qui apparaît est bon, ce qui est bon apparaît ». L'attitude qu'il exige par principe est cette acceptation passive qu'il a déjà en fait obtenue par sa manière d'apparaître sans réplique, par son monopole de l'apparence.

 

 

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Fuente del texto: https://observatoriocrisis.com/2026/04/18/marx-y-los-limites-del-llamado-marxismo-occidental/

Por AJ Horn editor de “Simplifying Socialism

La paradoja del marxismo occidental

El marxismo occidental parte de una idea fundamental: la dominación en la sociedad capitalista no es meramente económica. Es cultural, ideológica y está profundamente arraigada en la forma en que los individuos perciben e interpretan el mundo. Opera no solo mediante la fuerza, sino también mediante la configuración de la propia conciencia. En este sentido, sus pensadores amplían y profundizan el proyecto iniciado por Karl Marx, rechazando cualquier reducción simplista de la vida social a un determinismo económico mecánico.

Sin embargo, es precisamente aquí donde surge una contradicción.

A medida que el marxismo occidental amplía el alcance de la dominación, simultáneamente reduce el horizonte de la transformación. Cuanto más totalizadora se vuelve su concepción de la ideología, menos comprensible resulta la posibilidad de romper con ella. Lo que comienza como un intento de explicar por qué persiste la dominación se convierte gradualmente en una explicación de por qué no puede superarse.

Esto no siempre se afirma explícitamente. Más bien, se presenta como una tendencia, una deriva visible en pensadores que, por lo demás, son distintos. En la obra de Theodor Adorno, la dominación impregna la vida social hasta tal punto que la negación misma se vuelve incierta, frágil, casi ilusoria. En Louis Althusser, la ideología no es simplemente un conjunto de ideas, sino la estructura misma a través de la cual se constituyen los sujetos, dejando poco margen para teorizar sobre cómo podría surgir un sujeto capaz de romperla.

El resultado es una peculiar inversión. Una tradición que se define como teoría de la emancipación se encuentra cada vez más incapaz de explicar las condiciones que hacen posible la emancipación. Explica la dominación con extraordinaria sofisticación, pero ofrece una explicación muy superficial de su derrocamiento.

El problema, entonces, no radica en que el marxismo occidental se equivoque en su análisis de la ideología. El problema reside en que, al llevar este análisis al límite, produce una concepción de la sociedad en la que la capacidad de transformación se vuelve teóricamente ininteligible. Un marxismo que no puede explicar cómo se rompe la dominación deja de funcionar como teoría de la revolución. Se convierte, en cambio, en una teoría de su imposibilidad.

De la derrota histórica a la teoría general

El marxismo occidental surge tras una serie de derrotas. La ola revolucionaria que siguió a la Primera Guerra Mundial —que se extendió por Alemania, Hungría e Italia— no logró consolidar el poder. El aislamiento de la Revolución Rusa reforzó aún más la idea de que el camino hacia la revolución proletaria en el mundo capitalista avanzado era mucho más complejo de lo que se suponía.

Es en este contexto donde se produce un cambio. El pensamiento marxista anterior había concebido la revolución como una posibilidad histórica concreta, fundamentada en contradicciones materiales y la lucha de clases. Incluso cuando el proceso se entendía como desigual o prolongado, seguía siendo comprensible como producto de fuerzas sociales reales. En figuras como Vladimir Lenin, el énfasis recaía en la organización, la estrategia y el papel activo de la intervención política en la configuración de los resultados. En Georg Lukács, la conciencia de clase no era algo dado, sino que se formaba a través de la experiencia vivida de la lucha.

Tras la derrota, sin embargo, el problema se reformula. Si la revolución no se produjo donde se esperaba, la explicación debe residir no solo en las condiciones materiales, sino en la estructura misma de la conciencia. ¿Por qué el proletariado no actuó? ¿Por qué consintió, o al menos no resistió con decisión? En consecuencia, el enfoque se desplaza de la dinámica de la lucha a los mecanismos de reproducción.

Este cambio resulta, en principio, productivo. Permite a los marxistas abordar con mayor profundidad la ideología, la cultura y las formas en que la dominación se estabiliza más allá del ámbito inmediato de la producción. Pensadores como Antonio Gramsci desarrollan el concepto de hegemonía precisamente para dar cuenta de esta complejidad, insistiendo en que el poder de la clase dominante se mantiene no solo mediante la coerción, sino también mediante la organización activa del consentimiento.

Pero con el tiempo, algo cambia. Lo que comienza como un intento de explicar un fracaso histórico específico se transforma gradualmente en una explicación general de la sociedad capitalista en sí. Las condiciones que dificultaron la revolución se entienden como condiciones que la postergan indefinidamente, si no la imposibilitan. El análisis de por qué no se produjo la revolución se transforma, casi imperceptiblemente, en una explicación de por qué no puede ocurrir.

De este modo, un problema históricamente situado se universaliza. La contingencia de la derrota se transforma en necesidad. Y con este giro, la pregunta que antaño animaba al marxismo —cómo se hace posible la transformación revolucionaria— empieza a desvanecerse.

El cierre de la agencia

Si bien el giro histórico del marxismo occidental comienza como un intento de explicar la derrota, se convierte en algo más trascendental: una reconfiguración de las condiciones mismas bajo las cuales la acción es posible.

La dominación ya no se entiende principalmente como una relación entre clases basada en condiciones materiales, sino como una estructura totalizadora que impregna la vida social en todos los niveles. No se trata solo de que los individuos vean limitadas sus acciones, sino de que las mismas capacidades mediante las cuales podrían reconocer y resistir esas limitaciones están, a su vez, condicionadas por la dominación.

En la obra de Theodor Adorno y Max Horkheimer, esto se manifiesta como una crítica en la que la razón instrumental, la cultura de masas y la mercantilización de la vida social se combinan para producir un mundo que se reproduce a través de la conciencia de quienes lo habitan. El sujeto no se sitúa al margen de la dominación, enfrentándola como una fuerza externa. Se constituye dentro de ella, es moldeado por ella y, en aspectos cruciales, depende de ella.

Esta perspectiva tiene un gran poder explicativo. Da cuenta de la persistencia de la dominación en ausencia de coerción constante. Explica por qué los sistemas de explotación pueden reproducirse incluso donde la resistencia manifiesta es limitada. Revela que el poder opera no solo a través de la represión, sino también mediante la producción de sujetos capaces de desenvolverse, interpretar y funcionar dentro de las condiciones existentes.

Pero aquí es donde el análisis comienza a cambiar. A medida que la dominación se vuelve más generalizada, el espacio para la negación se reduce. Si el sujeto está plenamente formado dentro de las estructuras a las que podría oponerse, entonces el surgimiento de un sujeto capaz de oponerse se vuelve cada vez más difícil de teorizar. La crítica sigue siendo posible —de hecho, se vuelve más refinada—, pero la transición de la crítica a la transformación queda en la oscuridad.

Este es un problema estructural dentro de la propia teoría. Un marco que sitúa la dominación en el nivel de la formación del sujeto también debe explicar cómo los sujetos llegan a trascender o a romper dicha formación. Sin embargo, en gran parte del marxismo occidental, este aspecto permanece poco desarrollado. El énfasis recae en la reproducción: cómo persiste la ideología, cómo se moldea la conciencia, cómo se estabilizan las relaciones sociales a lo largo del tiempo. Lo que falta es una explicación correspondiente de cómo se interrumpen estos procesos.

El resultado es una especie de asimetría teórica. Los mecanismos de dominación se especifican con detalle, mientras que los de transformación quedan indeterminados. La negación aparece, a lo sumo, como un evento frágil o excepcional, difícil de localizar y aún más difícil de generalizar.

De este modo, la expansión de la dominación hacia una estructura totalizadora produce una consecuencia imprevista: altera el estatus de la agencia dentro de la teoría. La capacidad de actuar deja de ser un objeto central de análisis y se convierte, en cambio, en una cuestión residual, reconocida pero sin resolver. Lo que comenzó como un esfuerzo por comprender por qué persiste la dominación, avanza así, paso a paso, hacia una posición en la que la superación de la dominación ya no puede explicarse adecuadamente.

Dominación sin gobernantes

En la teoría marxista temprana, la dominación no es una condición abstracta, sino una relación social arraigada en la organización de la producción y expresada a través del dominio de una clase sobre otra. Para Karl Marx, la estructura de la sociedad capitalista es inseparable del dominio de la burguesía, cuyo control sobre los medios de producción fundamenta su poder. En Vladimir Lenin, esta relación se formula en términos explícitamente estratégicos: el dominio de clase se mantiene mediante instituciones y, por lo tanto, puede ser confrontado, subvertido y, en última instancia, derrocado.

Aun cuando se amplía este marco conceptual, conserva su orientación. En Antonio Gramsci, la dominación ya no se entiende como basada únicamente en la coerción, sino como asegurada mediante la hegemonía: la organización activa del consenso en toda la sociedad civil. Sin embargo, también en este caso, la clase dominante no desaparece. Gobierna no solo mediante la fuerza, sino también mediante el liderazgo, la dirección y la configuración de las normas y los valores sociales.

Sin embargo, dentro del marxismo occidental, esta claridad comienza a desvanecerse. A medida que la dominación se conceptualiza cada vez más como sistémica y autorreproductora, se desvincula de agentes identificables. Se presenta como una estructura sin centro, un proceso sin sujeto. El poder opera en todas partes, pero su origen se vuelve difícil de precisar. La clase dominante, si bien no se niega, pasa a un segundo plano en el análisis, siendo reemplazada por un enfoque en los sistemas, los discursos y los mecanismos de reproducción.

Este cambio no carece de justificación. Refleja un intento por comprender la complejidad de las sociedades capitalistas modernas, donde la dominación se ejerce a través de una densa red de instituciones y prácticas. Reconoce que el poder no se ejerce únicamente en el punto de producción, ni solo mediante la coerción directa. Está arraigado en la cultura, el derecho, la educación y la vida cotidiana.

Pero al ampliar el campo de análisis, algo se pierde. Cuando la dominación es omnipresente, corre el riesgo de no tener cabida en ningún lugar en particular. Cuando se entiende principalmente como un sistema, la cuestión de quién se beneficia de ese sistema y quién lo mantiene activamente pierde relevancia. El antagonismo que antaño estructuraba el análisis marxista, entre clases con intereses opuestos, se ve desplazado por una concepción más difusa de la reproducción social.

Las consecuencias de este desplazamiento son tanto estratégicas como teóricas.

Si no se puede identificar la dominación, no se la puede confrontar directamente. Si el poder carece de agentes identificables, la lucha no tiene un objetivo claro. Lo que queda es una oposición generalizada al «sistema», un objeto tan extenso que se resiste a las intervenciones concretas. La crítica puede nombrar sus características, rastrear sus efectos y exponer sus contradicciones, pero le cuesta precisar los puntos en los que podría ser cuestionado eficazmente.

Esto no significa que el marxismo occidental niegue la clase social por completo. Más bien, la clase deja de funcionar como principio organizador del análisis. Se convierte en un elemento más, en lugar de la relación estructuradora que da coherencia al conjunto.

De este modo, el avance hacia una explicación más completa de la dominación genera una segunda forma de cierre. No solo se vuelve incierta la capacidad de acción, sino que también se oscurece el objeto de dicha capacidad. La teoría puede describir un mundo estructurado por la dominación, pero se vuelve menos capaz de identificar las fuerzas que la sustentan y, por lo tanto, menos capaz de indicar cómo podría terminar.

Conciencia sin formación

Si los desarrollos previos generan incertidumbre sobre la capacidad de acción y difuso el objeto de la lucha, su convergencia produce una ausencia aún más fundamental. El marxismo occidental desarrolla una explicación cada vez más sofisticada de cómo se forma la conciencia, pero ofrece solo una explicación limitada de cómo se transforma.

Su preocupación central es clara. Si la dominación persiste no solo mediante la fuerza, sino también a través de la estructuración de la percepción y la interpretación, entonces cualquier teoría adecuada debe explicar cómo los individuos llegan a experimentar el orden existente como natural, necesario o inevitable. En este sentido, el marxismo occidental extiende la crítica de la ideología mucho más allá de sus formulaciones iniciales. La conciencia ya no se considera un reflejo pasivo de las condiciones materiales, sino un espacio activo donde dichas condiciones se median, reproducen y estabilizan.

Este cambio aporta importantes perspectivas. Permite comprender con mayor precisión cómo se organiza el consentimiento, cómo se ocultan las contradicciones y cómo los sujetos participan en la reproducción de las mismas relaciones que los dominan. Deja claro que la dominación no puede reducirse a una restricción externa, sino que debe entenderse como un proceso que opera a través de las estructuras internas del pensamiento mismo.

El análisis sigue centrado principalmente en la reproducción. Explica cómo se forma la conciencia dentro de las condiciones existentes, pero no cómo llega a ser capaz de trascenderlas. El sujeto aparece principalmente como un efecto de la estructura, constituido mediante procesos ideológicos que preceden y dan forma a su actividad. Lo que sigue sin estar claro es cómo dicho sujeto podría llegar a reconocer, cuestionar y, en última instancia, romper con esos procesos.

La teoría marxista anterior no resolvió completamente este problema, pero lo abordó de manera diferente. Para Georg Lukács, la conciencia de clase no es inmediata ni está garantizada; es algo que emerge a través de las contradicciones vividas en la sociedad capitalista, mediadas por la lucha colectiva. La conciencia, en este sentido, no se produce simplemente, sino que se forma, y esa formación es inseparable de la praxis.

En el marxismo occidental, este momento se desvanece. El énfasis recae en cómo los sujetos se posicionan dentro de las estructuras, en lugar de cómo se mueven a través de ellas y en contra de ellas. La posibilidad de que la conciencia se desarrolle mediante la participación en la lucha, a través de procesos que alteren no solo las condiciones externas sino también las capacidades de los sujetos involucrados, permanece poco desarrollada.

Esto genera una segunda asimetría, paralela a la primera. Así como la dominación se especifica con detalle mientras que su derrocamiento permanece indeterminado, la conciencia se analiza en su forma condicionada, mientras que su transformación queda en gran medida sin explicación. La teoría puede explicar la captura ideológica, pero no la ruptura ideológica.

La consecuencia no es simplemente una incompletitud teórica. Reconfigura el horizonte de las posibilidades políticas. Si la conciencia se entiende principalmente como un efecto de la estructura, entonces el surgimiento de una forma de conciencia capaz de negar esa estructura parece cada vez más improbable. La transformación, cuando se presenta, adquiere el carácter de una excepción, algo difícil de fundamentar, y aún más difícil de generalizar.

Lo que falta no es una comprensión de la ideología, sino una explicación de cómo esa comprensión se vuelve operativa. No se trata simplemente de cómo los individuos llegan a ver el mundo, sino de cómo se vuelven capaces de actuar dentro de él de maneras que transforman sus relaciones subyacentes.

Sin esto, la crítica queda suspendida. Puede revelar las condiciones de dominación con creciente claridad, pero no puede explicar cómo se puede poner fin a esas condiciones.

La praxis como formación

Las limitaciones que surgen en el marxismo occidental en lo que respecta a la agencia, la dominación y la conciencia convergen en una única ausencia. Lo que falta no es una explicación de la estructura, ni una comprensión de la ideología, sino una teoría sobre cómo se forma la capacidad de actuar dentro y fuera de ambas.

Esta ausencia no es inmediatamente visible, en parte porque la praxis nunca desaparece del lenguaje del marxismo. Sigue siendo un término central, invocado para designar la acción, la lucha y la transformación del mundo. Pero cada vez más, aparece de forma atenuada, ya sea como algo presupuesto pero sin explicación, o como algo cuyas condiciones de posibilidad quedan indeterminadas.

Si la dominación opera mediante la estructuración de la conciencia, entonces la praxis no puede entenderse simplemente como la expresión de un sujeto ya formado. Debe comprenderse como un proceso que participa en la formación de ese sujeto. La capacidad de percibir, interpretar y actuar sobre la realidad social no surge plenamente desarrollada; se produce históricamente, a través de la interacción con las mismas condiciones que busca transformar.

Esto exige un cambio de enfoque. En lugar de considerar la conciencia principalmente como un efecto de la estructura, debe entenderse como un proceso que se desarrolla a través de una relación dinámica entre estructura y actividad. La ideología moldea la percepción, pero no la agota. Las contradicciones se viven antes de comprenderlas por completo, y es a través de esta experiencia vivida —mediada, desigual y colectiva— que comienzan a tomar forma nuevas maneras de comprensión.

En este sentido, la praxis no se reduce a la acción en sí misma. Es un proceso formativo. Mediante la participación en la lucha, los individuos no se limitan a perseguir intereses preestablecidos; experimentan una transformación en sus capacidades. Llegan a reconocer relaciones que antes eran opacas, a reinterpretar condiciones que antes parecían fijas y a actuar de maneras que no habrían sido posibles dentro de su perspectiva anterior.

Este proceso no es automático ni está garantizado. Se desarrolla de forma desigual, condicionado por la organización, las condiciones históricas y las propias formas de lucha. Pero sin él, la transición de la crítica a la transformación sigue siendo incomprensible.

Lo que el marxismo occidental deja sin desarrollar es precisamente este aspecto: cómo los sujetos, formados dentro de estructuras de dominación, llegan a ser capaces de actuar contra ellas. Al concentrar su análisis en la reproducción, oculta los procesos mediante los cuales esta se ve interrumpida no desde fuera, sino desde dentro de las contradicciones de la vida social.

Reintroducir la praxis a este nivel no implica negar la profundidad de la dominación ni afirmar un voluntarismo simplista. Implica insistir en que la capacidad de transformación debe explicarse. No debe darse por sentada, ni plantearse como una excepción, sino entenderse como algo que emerge históricamente a través de procesos determinados. Sin esta explicación, el marxismo corre el riesgo de quedarse como una teoría de los límites. Con ella, puede recuperar su carácter de teoría de la transformación, no solo de las estructuras, sino también de los sujetos capaces de transformarlas.

Replantear la revolución

En el marxismo occidental, la revolución no desaparece como concepto, pero su estatus cambia. Ya no se la considera un proceso histórico determinado, basado en el desarrollo de contradicciones sociales y la lucha colectiva. En cambio, se relega a la abstracción, invocada como un horizonte, una posibilidad o una negación, pero rara vez se especifica en términos que la hagan inteligible como una transformación concreta.

En un extremo, esto se manifiesta como una crítica sin resolución. El orden existente se somete a un análisis cada vez más riguroso, sus contradicciones quedan al descubierto y sus mecanismos de reproducción quedan expuestos. Sin embargo, la transición del análisis a la transformación sigue siendo incierta. La revolución se presenta menos como un proceso que debe comprenderse que como un límite al que el pensamiento se aproxima, pero que no traspasa.

En el otro extremo, donde esta ausencia se percibe con mayor intensidad, existe una tendencia a reintroducir la acción de forma inmediata, desvinculada de las condiciones que la harían efectiva. Aquí, el problema se invierte en lugar de resolverse. En vez de una teoría que explique la dominación sin transformación, encontramos gestos de transformación que carecen de una explicación correspondiente sobre cómo se genera la capacidad para dicha acción.

Ambas posturas comparten una limitación común: separan la revolución de los procesos que la harían posible. Para superar esto, es necesario replantear el concepto de revolución.

No puede entenderse como un evento singular, una ruptura que surge completamente formada dentro de un campo de dominación estático. Tampoco puede reducirse a la mera acumulación de acciones, como si la actividad por sí sola bastara para superar las formas de poder estructuralmente arraigadas. En ambos casos, la relación entre condiciones y capacidades permanece externa: o bien las condiciones son tan determinantes que la acción queda descartada, o bien la acción se afirma sin explicar cómo se adapta a dichas condiciones.

Se requiere un enfoque diferente; uno que trate la revolución como un proceso a través del cual se produce la capacidad de ruptura misma.

Esto implica una reorientación en el nivel de análisis. El enfoque se desplaza de la cuestión de si la revolución es posible en abstracto, a la cuestión de cómo, dentro de determinadas condiciones históricas, emergen y se desarrollan los elementos de la transformación. Se centra en las formas en que las contradicciones se experimentan, se debaten y se reinterpretan, y en el papel de la lucha colectiva en la configuración de las formas de conciencia a través de las cuales estas contradicciones se vuelven inteligibles.

En este sentido, la revolución no está garantizada ni es imposible. Es contingente, pero no arbitraria; está estructurada por condiciones materiales, pero depende de los procesos que se desarrollan dentro de ellas. No es simplemente el resultado de una crisis, ni el producto de la voluntad, sino el resultado de una interacción dinámica entre ambas.

Esta comprensión restablece una continuidad que el marxismo occidental tiende a interrumpir. Reconecta la crítica con la transformación al situarlas ambas dentro de un mismo proceso: el desarrollo histórico de las capacidades necesarias para afrontar y superar las relaciones de dominación existentes.

Insistir en esto no significa resolver de antemano el problema de la revolución, sino rechazar su desplazamiento. En lugar de tratarla como un horizonte abstracto o una ruptura inexplicable, se convierte en objeto de análisis en sí mismo; un proceso que debe comprenderse para poder realizarse.

Solo sobre esta base puede el marxismo mantener su coherencia como teoría no solo de la sociedad tal como es, sino también de las fuerzas a través de las cuales podría ser transformada fundamentalmente.