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samedi 29 novembre 2025

S'armer pour sauver le capitalisme financier (Maurizio Lazzarato, 2025)

 

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Dans ce nouvel article, Maurizio Lazzarato soutient que le réarmement des Etats-Unis (et de l’Europe) doit se comprendre comme réponse à la crise du capitalisme financier et des bulles spéculatives au bord de l’implosion. Soit que la guerre n’est pas un accident de parcours au milieu de la paix perpétuelle promue par l’économie mais son coeur même ou au moins sa roue de secours. Il vient compléter la série d’articles publiés les semaines dernières : Pourquoi la guerre ?, Les conditions politiques d’un nouvel ordre mondial, Les impasses de la pensée critique occidentale et Les États-Unis et le « capitalisme fasciste ».
« Si grande que soit une nation, si elle aime la guerre, elle périra ; si pacifique que soit le monde, s’il oublie la guerre, il sera en danger »
Wu Zi, ancien traité militaire chinois
« Quand nous parlons de système de guerre, nous entendons un système tel que celui qui est en vigueur et qui suppose que la guerre, même si elle n’est que planifiée et non combattue, est le fondement et le sommet de l’ordre politique, c’est-à-dire des relations entre les peuples et entre les hommes. Un système où la guerre n’est pas un événement mais une institution, pas une crise mais une fonction, pas une rupture mais une pierre angulaire du système, une guerre toujours décriée et exorcisée, mais jamais abandonnée comme une possibilité réelle »
Claudio Napoleoni, 1986
L’avènement de Trump est apocalyptique, au sens premier de ce terme, celui de dévoilement. Son agitation convulsive a le grand mérite de montrer la nature du capitalisme, le rapport entre la guerre, la politique et le profit, entre le capital et l’État habituellement voilé par la démocratie, les droits humains, les valeurs et la mission de la civilisation occidentale.
La même hypocrisie est au cœur du récit construit pour légitimer les 840 milliards d’euros de réarmement que l’UE impose aux États membres par le recours à l’état d’exception. S’armer ne signifie pas, comme le dit Draghi, défendre « les valeurs qui ont fondé notre société européenne » et qui ont « garanti pendant des décennies à ses citoyens la paix, la solidarité et, avec notre allié américain, la sécurité, la souveraineté et l’indépendance », mais cela signifie sauver le capitalisme financier.
Il n’y a même pas besoin de grands discours et d’analyses documentées pour masquer l’indigence de ces récits, il a suffi d’un nouveau massacre de 400 civils palestiniens pour mettre en évidence la vérité du bavardage indécent sur l’unicité et la suprématie morale et culturelle de l’Occident.
Trump n’est pas un pacifiste, il ne fait que reconnaître la défaite stratégique de l’OTAN dans la guerre d’Ukraine, alors que les élites européennes refusent l’évidence. Pour elles, la paix signifierait le retour à l’état catastrophique auquel elles ont réduit leurs nations. La guerre doit continuer car pour elles, comme pour les démocrates et l’État profond usaméricain, c’est le moyen de sortir de la crise qui a commencé en 2008, comme ce fut le cas pour la grande crise de 1929. Trump pense pouvoir la résoudre en donnant la priorité à l’économie sans renier la violence, le chantage, l’intimidation, la guerre. Il est très probable que ni l’un ni les autres ne réussiront car ils ont un énorme problème : le capitalisme, dans sa forme financière, est en crise profonde et c’est précisément de son centre, les USA, qu’arrivent les signaux “dramatiques” pour les élites qui nous gouvernent. Au lieu de converger vers les USA, les capitaux fuient vers l’Europe. Une grande nouveauté, symptôme de grandes ruptures imprévisibles qui risquent d’être catastrophiques.
Le capital financier ne produit pas de biens, mais des bulles qui gonflent toutes aux USA et éclatent au détriment du reste du monde, se révélant être des armes de destruction massive. La finance usaméricaine aspire de la valeur (les capitaux) du monde entier, l’investit dans une bulle qui tôt ou tard éclatera, obligeant les peuples de la planète à l’austérité, au sacrifice pour payer ses échecs : d’abord la bulle internet, puis la bulle des subprimes qui a provoqué l’une des plus grandes crises financières de l’histoire du capitalisme, ouvrant la porte à la guerre. Ils ont aussi tenté la bulle du capitalisme vert qui n’a jamais décollé et enfin celle, incomparablement plus grosse, des entreprises de haute technologie. Pour colmater les brèches des désastres de la dette privée déchargée sur les dettes publiques, la Réserve fédérale et la Banque européenne ont inondé les marchés de liquidités qui, au lieu de “ruisseler” dans l’économie réelle, ont servi à alimenter la bulle des hautes technologies et le développement des fonds d’investissement, connus sous le nom de “Big Three” : Vanguard, BlackRock et State Street (le plus grand monopole de l’histoire du capitalisme, gérant 50 000 milliards de dollars, actionnaire principal de toutes les plus importantes sociétés cotées en bourse). Aujourd’hui, même cette bulle est en train de se dégonfler.
Si l’on divise par deux la capitalisation totale de la bourse de Wall Street, on est encore loin de la valeur réelle des entreprises de haute technologie, dont les actions ont été gonflées par ces mêmes fonds pour maintenir des dividendes élevés pour leurs “épargnants” (les Démocrates comptaient aussi remplacer le welfare par la finance pour tous, comme ils avaient déliré auparavant sur la maison pour tous les USAméricains).
Aujourd’hui, le festin touche à sa fin. La bulle a atteint sa limite et les valeurs chutent avec un risque réel d’effondrement. Si l’on ajoute à cela l’incertitude que la politique de Trump, représentant d’une finance qui n’est pas celle des fonds d’investissement, introduit dans un système que ces derniers avaient réussi à stabiliser avec l’aide des Démocrates, on comprend les craintes des “marchés”. Le capitalisme occidental a besoin d’une nouvelle bulle car il ne connaît rien d’autre que la reproduction de l’identique (la tentative trumpienne de reconstruire l’industrie manufacturière aux USA est vouée à un échec certain).
//L’identité parfaite de la “production” et de la destruction//
L’Europe, qui dépense déjà de plus de 60 % les dépenses d’armement de la Russie (l’OTAN représente 55 % des dépenses d’armement dans le monde, la Russie 5 %), a décidé d’un grand plan d’investissement de 800 milliards d’euros pour augmenter encore les dépenses militaires.
La guerre et l’Europe où sont encore actifs des réseaux politiques et économiques, des centres de pouvoir qui se réfèrent à la stratégie représentée par Biden, battue à la dernière élection présidentielle, sont l’occasion de construire une bulle basée sur l’armement pour compenser les difficultés croissantes des “marchés” usaméricains. Depuis décembre, les actions des entreprises d’armement ont déjà fait l’objet de spéculations, allant de hausse en hausse et jouant le rôle de valeur refuge pour les capitaux qui jugent la situation usaméricaine trop risquée. Au cœur de l’opération, les fonds d’investissement, qui sont aussi parmi les plus gros actionnaires des grandes entreprises d’armement. Ils détiennent des participations importantes dans Boeing, Lockheed Martin et RTX, dont ils influencent la gestion et les stratégies. En Europe, ils sont également présents dans le complexe militaro-industriel : Rheinmetall, une entreprise allemande qui produit les chars Leopard et dont le cours de l’action a augmenté de 100 % au cours des derniers mois, compte parmi ses principaux actionnaires Blackrock, la Société Générale, Vanguard, etc.. Plus grand fabricant de munitions d’Europe, Rheinmetall a dépassé le plus grand constructeur automobile du continent, Volkswagen, en termes de capitalisation, dernier signe en date de l’appétit croissant des investisseurs pour les valeurs liées à la défense.
L’Union européenne veut collecter et canaliser l’épargne continentale vers l’armement, avec des conséquences catastrophiques pour le prolétariat et une nouvelle division de l’Union. La course aux armements ne pourra pas fonctionner comme un « keynésianisme de guerre » parce que l’investissement dans les armes intervient dans une économie financiarisée et non plus industrielle. Construite avec de l’argent public, elle profitera à une petite minorité de particuliers, tout en aggravant les conditions de vie de la grande majorité de la population.
La bulle de l’armement ne pourra que produire les mêmes effets que la bulle de la haute technologie usaméricaine. Après 2008, les sommes d’argent capturées pour être investies dans la bulle high-tech n’ont jamais “ruisselé” vers le prolétariat usaméricain. Au contraire, elles ont produit une désindustrialisation croissante, des emplois déqualifiés et précaires, des bas salaires, une pauvreté endémique, la destruction du peu de welfare hérité du New Deal et la privatisation de tous les services qui s’en est suivie. C’est ce que la bulle financière européenne ne manquera pas de produire en Europe. La financiarisation conduira non seulement à la destruction complète de l’État-providence et à la privatisation définitive des services, mais aussi à la poursuite de la fragmentation politique de ce qui reste de l’Union européenne. Les dettes, contractées par chaque État séparément, devront être remboursées et il y aura d’énormes différences entre les États européens quant à leur capacité à honorer leurs dettes.
Le vrai danger, ce ne sont pas les Russes, mais les Allemands avec leurs 500 milliards de réarmement et 500 autres milliards pour les infrastructures, des financements décisifs dans la construction de la bulle. La dernière fois qu’ils se sont réarmés, ils ont combiné des catastrophes mondiales (25 millions de morts dans la seule Russie soviétique, la solution finale, etc.), d’où la célèbre phrase de Maruriac : « J’aime tellement l’Allemagne que je suis ravi qu’il y en ait deux ». En attendant les développements ultérieurs du nationalisme et de l’extrême droite déjà à 21 % que le « Deutschland ist zurück » [L’Allemagne est retour] ne manquera pas de produire, l’Allemagne imposera aux autres pays européens son hégémonie impérialiste habituelle. Les Allemands ont rapidement abandonné le credo ordo-libéral qui n’avait pas de base économique, mais seulement politique, pour embrasser à pleine bouche la financiarisation anglo-usaméricaine, mais avec le même objectif, dominer et exploiter l’Europe. Le Financial Times parle d’une décision prise par Merz, l’homme de Blackrock, et Kukies, le ministre du Trésor venu de Goldman Sachs, avec l’aval des partis de “gauche” SPD et Die Linke, qui, comme leurs prédécesseurs en 1914, assument une fois de plus la responsabilité des carnages à venir.
De tout ceci, qui pour l’instant reste un projet, seul le financement allemand semble crédible, quant aux autres états, nous verrons qui aura le courage de réduire encore plus radicalement les pensions, la santé, l’éducation, etc. pour une menace fantasmée.
Si le précédent impérialisme intérieur allemand était fondé sur l’austérité, le mercantilisme des exportations, le gel des salaires et la destruction de l’Etat-providence, celui-ci sera fondé sur la gestion d’une économie de guerre européenne hiérarchisée selon les différentiels de taux d’intérêt à payer pour rembourser la dette contractée.
Les pays déjà lourdement endettés (Italie, France, etc.) devront trouver qui achètera leurs obligations émises pour rembourser leur dette, dans un “marché” européen de plus en plus concurrentiel. Les investisseurs auront intérêt à acheter des obligations allemandes, des obligations émises par des entreprises d’armement sur lesquelles la spéculation à la hausse jouera, et des titres de la dette publique européenne, certainement plus sûrs et plus rentables que les obligations des pays surendettés. Le fameux “spread” jouera encore son rôle comme en 2011. Les milliards nécessaires pour payer les marchés ne seront pas disponibles pour l’État-providence. L’objectif stratégique de tous les gouvernements et oligarchies depuis cinquante ans, la destruction des dépenses sociales pour la reproduction du prolétariat et leur privatisation, sera atteint.
27 égoïsmes nationaux s’affronteront sans enjeu, parce que l’histoire, dont « nous sommes les seuls à savoir ce que c’est », nous a mis au pied du mur, devenus inutiles et insignifiants après des siècles de colonialisme, de guerres et de génocides.
La course aux armements s’accompagne d’une justification martelée – « nous sommes en guerre » contre tous (Russie, Chine, Corée du Nord, Iran, BRICS) - qui ne peut être abandonnée et qui risque de se concrétiser parce que cette quantité délirante d’armes doit de toute façon « être consommée ».
//La leçon de Rosa Luxemburg, Kalecki, Baran et Sweezy//
Seuls les non-informés peuvent s’étonner de ce qui se passe. Tout est en fait en train de se répéter, mais dans le cadre d’un capitalisme financier et non plus industriel comme au XXe siècle.
La guerre et l’armement sont au cœur de l’économie et de la politique depuis que le capitalisme est devenu impérialiste. Ils sont aussi au cœur du processus de reproduction du capital et du prolétariat, en concurrence féroce l’un avec l’autre. Reconstituons rapidement le cadre théorique fourni par Rosa Luxemburg, Kalecki, Baran et Sweezy, solidement ancré, contrairement aux inutiles théories critiques contemporaines, sur les catégories d’impérialisme, de monopole et de guerre, qui nous offre un miroir de la situation contemporaine.
Commençons par la crise de 1929, qui trouve son origine dans la Première Guerre mondiale et la tentative d’en sortir en activant les dépenses publiques par l’intervention de l’État. Selon Baran et Sweezy (ci-après B&S), l’inconvénient des dépenses publiques dans les années 1930 était leur volume, incapable de contrer les forces dépressives de l’économie privée.
« Considéré comme une opération de sauvetage de l’économie américaine dans son ensemble, le New Deal a donc été un échec flagrant. Même Galbraith, le prophète de la prospérité sans engagements guerriers, a reconnu qu’au cours de la décennie 1930-1940, la “grande crise” n’a jamais pris fin ».
Ce n’est qu’avec la Seconde Guerre mondiale qu’elle a pris fin : « Puis vint la guerre, et avec la guerre vint le salut (...) les dépenses militaires ont fait ce que les dépenses sociales n’avaient pas réussi à faire », car les dépenses publiques sont passées de 17,5 milliards de dollars à 103,1 milliards de dollars.
B&S montrent que les dépenses publiques n’ont pas donné les mêmes résultats que les dépenses militaires parce qu’elles étaient limitées par un problème politique qui est toujours d’actualité. Pourquoi le New Deal et ses dépenses n’ont-ils pas atteint un objectif qui « était à portée de main, comme la guerre l’a prouvé par la suite » ? Parce que sur la nature et la composition des dépenses publiques, c’est-à-dire la reproduction du système et du prolétariat, la lutte des classes se déchaîne.
« Compte tenu de la structure du pouvoir du capitalisme monopoliste usaméricain, l’augmentation des dépenses civiles avait presque atteint ses limites extrêmes. Les forces qui s’opposaient à une nouvelle expansion étaient trop puissantes pour être vaincues ».
Les dépenses sociales ont concurrencé ou nui aux entreprises et aux oligarchies, les privant de leur pouvoir économique et politique. « Comme les intérêts privés contrôlent le pouvoir politique, les limites des dépenses publiques sont fixées de manière rigide, sans se soucier des besoins sociaux, aussi flagrants soient-ils ». Et ces limites s’appliquaient également aux dépenses, à la santé et à l’éducation, qui à l’époque, contrairement à aujourd’hui, n’étaient pas directement en concurrence avec les intérêts privés des oligarchies.
La course aux armements permet d’augmenter les dépenses publiques de l’État, sans que cela se traduise par une augmentation des salaires et de la consommation du prolétariat. Comment l’argent public peut-il être dépensé pour éviter la dépression économique qu’entraîne le monopole, tout en évitant le renforcement du prolétariat ? « Par des armements, par plus d’armements, par de plus en plus d’armements ».
Michael Kalecki, travaillant sur la même période mais sur l’Allemagne nazie, parvient à élucider d’autres aspects du problème. Contre tout économisme, qui menace toujours la compréhension du capitalisme par des théories critiques même marxistes, il souligne la nature politique du cycle du capital : « La discipline dans les usines et la stabilité politique sont plus importantes pour les capitalistes que les profits courants ».
Le cycle politique du capital, qui ne peut plus être garanti que par l’intervention de l’État, doit recourir aux dépenses d’armement et au fascisme. Pour Kalecki, le problème politique se manifeste également dans « l’orientation et les objectifs des dépenses publiques ». L’aversion pour la « subvention de la consommation de masse » est motivée par la destruction « du fondement de l’éthique capitaliste “tu gagneras ton pain à la sueur de ton front” (à moins que tu ne vives des revenus du capital) ».
Comment s’assurer que les dépenses de l’État ne se transforment pas en augmentation de l’emploi, de la consommation et des salaires, et donc en force politique du prolétariat ? L’inconvénient pour les oligarchies est surmonté avec le fascisme, car la machine d’État est alors sous le contrôle du grand capital et de la direction fasciste, avec « la concentration des dépenses de l’État sur l’armement », tandis que « la discipline d’usine et la stabilité politique sont assurées par la dissolution des syndicats et les camps de concentration. La pression politique remplace ici la pression économique du chômage ».
D’où l’immense succès des nazis auprès de la majorité des libéraux tant britanniques qu’usaméricains.
La guerre et les dépenses d’armement sont au cœur de la politique usaméricaine même après la fin de la Seconde Guerre mondiale, car une structure politique sans force armée, c’est-à-dire sans le monopole de son exercice, est inconcevable. Le volume de l’appareil militaire d’une nation dépend de sa position dans la hiérarchie mondiale de l’exploitation. « Les nations les plus importantes auront toujours les besoins les plus importants, et l’ampleur de leurs besoins (en forces armées) variera selon qu’une lutte acharnée pour la première place se déroulera ou non entre elles ».
Les dépenses militaires ont donc continué à croître dans le centre de l’impérialisme : « Bien entendu, la majeure partie de l’expansion des dépenses publiques a eu lieu dans le secteur militaire, qui est passé de moins de 1 % à plus de 10 % du PNB et qui a représenté environ deux tiers de l’augmentation totale des dépenses publiques depuis 1920. Cette absorption massive de l’excédent dans des préparatifs limités a été le fait central de l’histoire usaméricaine d’après-guerre »
Kalecki souligne qu’en 1966, « plus de la moitié de la croissance du revenu national provient de la croissance des dépenses militaires ».
Or, après la guerre, le capitalisme ne pouvait plus compter sur le fascisme pour contrôler les dépenses sociales. L’économiste polonais, “élève” de Rosa Luxemburg, souligne : « L’une des fonctions fondamentales de l’hitlérisme a été de surmonter l’aversion du grand capital pour une politique anticonjonturelle à grande échelle. La grande bourgeoisie avait donné son accord à l’abandon du laisser-faire et à l’accroissement radical du rôle de l’État dans l’économie nationale, à condition que l’appareil d’État soit sous le contrôle direct de son alliance avec la direction fasciste » et que la destination et le contenu des dépenses publiques soient déterminés par l’armement. Dans les Trente Glorieuses, sans que le fascisme n’assure l’orientation des dépenses publiques, les États et les capitalistes sont contraints au compromis politique. Les rapports de force déterminés par le siècle des révolutions obligent l’État et les capitalistes à faire des concessions qui sont de toute façon compatibles avec des profits atteignant des taux de croissance inconnus jusqu’alors. Mais même ce compromis est de trop car, malgré les profits importants, « les travailleurs deviennent alors “récalcitrants” et les “capitaines d’industrie” sont soucieux de leur “donner une leçon” ».
La contre-révolution, qui s’est développée à partir de la fin des années 1960, avait pour centre la destruction des dépenses sociales et la volonté farouche d’orienter les dépenses publiques vers les seuls et uniques intérêts des oligarchies. Le problème, depuis la République de Weimar, n’a jamais été une intervention générique de l’État dans l’économie, mais le fait que l’État avait été investi par la lutte des classes et avait été contraint de céder aux exigences des luttes ouvrières et prolétariennes.
Dans les temps “paisibles” de la guerre froide, sans l’aide du fascisme, l’explosion des dépenses militaires a besoin d’une légitimation, assurée par une propagande capable d’évoquer continuellement la menace d’une guerre imminente, d’un ennemi aux portes prêt à détruire les valeurs occidentales : « Les créateurs officieux et officiels de l’opinion publique ont la réponse toute prête : les USA doivent défendre le monde libre contre la menace d’une agression soviétique (ou chinoise)3.
Kalecki, pour la même période, précise : « Les journaux, le cinéma, les stations de radio et de télévision travaillant sous l’égide de la classe dirigeante créent une atmosphère qui favorise la militarisation de l’économie ».
Les dépenses d’armement n’ont pas seulement une fonction économique, mais aussi une fonction de production de subjectivités assujetties. En exaltant la subordination et le commandement, la guerre « contribue à la création d’une mentalité conservatrice ».
« Alors que les dépenses publiques massives en faveur de l’éducation et de la protection sociale tendent à saper la position privilégiée de l’oligarchie, les dépenses militaires font le contraire. La militarisation favorise toutes les forces réactionnaires, (...) un respect aveugle de l’autorité est déterminé ; une conduite de conformité et de soumission est enseignée et imposée ; et l’opinion contraire est considérée comme antipatriotique, voire comme une trahison ».
Le capitalisme produit un capitaliste qui, précisément en raison de la forme politique de son cycle, est un semeur de mort et de destruction, plutôt qu’un promoteur de progrès. Richard B. Russell, sénateur conservateur du Sud des USA dans les années 1960, cité par B&S, nous le dit : « Il y a quelque chose dans les préparatifs de destruction qui incite les hommes à dépenser l’argent plus inconsidérément que s’il était destiné à des fins constructives. Je ne sais pas pourquoi cela se produit, mais depuis une trentaine d’années que je siège au Sénat, je me suis rendu compte qu’en achetant des armes pour tuer, détruire, rayer des villes de la surface de la terre et éliminer de grands systèmes de transport, il y a quelque chose qui fait que les hommes ne calculent pas les dépenses aussi soigneusement qu’ils le font lorsqu’il s’agit de penser à un logement décent et à des soins de santé pour les êtres humains ».
La reproduction du capital et du prolétariat s’est politisée à travers les révolutions du XXe siècle. La lutte des classes a également engendré une opposition radicale entre la reproduction de la vie et la reproduction de sa destruction, qui n’a fait que s’approfondir depuis les années 1930.
//Comment fonctionne le capitalisme//
La guerre et l’armement, pratiquement exclus de toutes les théories critiques du capitalisme, fonctionnent comme des discriminants dans l’analyse du capital et de l’État.
Il est très difficile de définir le capitalisme comme un “mode de production”, comme l’a fait Marx, parce que l’économie, la guerre, la politique, l’État, la technologie sont des éléments étroitement liés et inséparables. La “critique de l’économie” ne suffit pas à produire une théorie révolutionnaire. Dès l’avènement de l’impérialisme, un changement radical dans le fonctionnement du capitalisme et de l’Etat s’est produit, mis en évidence par Rosa Luxemburg pour qui l’accumulation a deux aspects. Le premier « concerne la production de la plus-value - dans l’usine, dans la mine, dans l’exploitation agricole - et la circulation des marchandises sur le marché. Vue sous cet angle, l’accumulation est un processus économique dont la phase la plus importante est une transaction entre le capitaliste et le salarié ». Le second aspect a pour théâtre le monde entier, une dimension mondiale irréductible au concept de “marché” et à ses lois économiques. « Ici, les méthodes employées sont la politique coloniale, le système des prêts internationaux, la politique des sphères d’intérêt, la guerre. La violence, la tromperie, l’oppression, la prédation se développent ouvertement, sans masque, et il est difficile de reconnaître les lois strictes du processus économique dans l’enchevêtrement de la violence économique et de la brutalité politique ».
La guerre n’est pas une continuation de la politique mais a toujours coexisté avec elle, comme le montre le fonctionnement du marché mondial. Ici, où la guerre, la fraude et la prédation coexistent avec l’économie, la loi de la valeur n’a jamais vraiment fonctionné. Le marché mondial est très différent de celui esquissé par Marx. Ses considérations semblent ne plus s’appliquer, ou plutôt doivent être précisées : ce n’est que dans le marché mondial que l’argent et le travail deviendraient adéquats à leur concept, faisant fructifier leur abstraction et leur universalité. Au contraire, on constate que la monnaie, forme la plus abstraite et la plus universelle du capital, est toujours la monnaie d’un État. Le dollar est la monnaie des USA et ne règne qu’en tant que tel. L’abstraction de la monnaie et son universalité (et ses automatismes) sont appropriées par une “force subjective” et sont gérées selon une stratégie qui n’est pas contenue dans la monnaie.
Même la finance, comme la technologie, semble être l’objet d’une appropriation par des forces subjectives “nationales”, très peu universelles. Sur le marché mondial, même le travail abstrait ne triomphe pas en tant que tel, mais rencontre d’autres formes radicalement différentes de travail (travail servile, travail d’esclave, etc.) et fait l’objet de stratégies.
L’action de Trump, ayant fait tomber le voile hypocrite du capitalisme démocratique, nous révèle le secret de l’économie : elle ne peut fonctionner qu’à partir d’une division internationale de la production et de la reproduction définie et imposée politiquement, c’est-à-dire par l’usage de la force, ce qui implique aussi la guerre.
La volonté d’exploiter et de dominer, en gérant simultanément les relations politiques, économiques et militaires, construit une totalité qui ne peut jamais se refermer sur elle-même, mais qui reste toujours ouverte, scindée par les conflits, les guerres, les prédations. Dans cette totalité éclatée, tous les rapports de force convergent et se gouvernent eux-mêmes. Trump intervient sur l’usage des mots, mais aussi sur les théories du genre, en même temps qu’il voudrait imposer un nouveau positionnement mondial, à la fois politique et économique, des USA. Du micro au macro, une action politique à laquelle les mouvements contemporains sont loin de ne serait-ce que de penser.
La construction de la bulle financière, processus que l’on peut suivre pas à pas, se déroule de la même manière. Les acteurs impliqués dans sa production sont nombreux : l’Union européenne, les États qui doivent s’endetter, la Banque européenne d’investissement, les partis politiques, les médias et l’opinion publique, les grands fonds d’investissement (tous usaméricains) qui organisent le transport des capitaux d’une bourse à l’autre, les grandes entreprises. Ce n’est qu’après le verdict de l’affrontement/coopération entre ces centres de pouvoir que la bulle économique et ses automatismes pourront fonctionner. Il y a toute une idéologie de l’automatisme à déboulonner. Le “pilote automatique”, surtout au niveau financier, n’existe et ne fonctionne qu’après avoir été politiquement mis en place. Il n’a pas existé dans les années 1930 parce qu’il a été décidé politiquement, il fonctionne depuis la fin des années 1970, par une volonté politique explicite.
Cette multiplicité d’acteurs qui s’agitent depuis des mois est soudée par une stratégie. Il y a donc un élément subjectif qui intervient de manière fondamentale. En fait, il y en a deux. Du point de vue capitaliste, il y a une lutte féroce entre le “facteur subjectif” Trump et le “facteur subjectif” des élites qui ont été battues à l’élection présidentielle, mais qui ont encore de fortes présences dans les centres de pouvoir aux USA et en Europe.
Mais pour que le capitalisme fonctionne, il faut aussi tenir compte d’un facteur prolétarien subjectif. Il joue un rôle décisif car soit il deviendra le porteur passif du nouveau processus de production/reproduction du capital, soit il tendra à le rejeter et à le détruire. Compte tenu de l’incapacité du prolétariat contemporain, le plus faible, le plus désorienté, le moins autonome et indépendant de l’histoire du capitalisme, la première option semble la plus probable. Mais s’il ne parvient pas à opposer sa propre stratégie aux innovations stratégiques permanentes de l’ennemi, capables de se renouveler sans cesse, nous tomberons dans une asymétrie des rapports de force qui nous ramènera au temps d’avant la Révolution française, dans un “ancien régime” nouveau/ déjà vu.
 
Maurizio Lazzarato
SOURCE: Lundimatin

 

Jalife Rhame: El eje Epstein es pedofilia, espionaje, chantaje y banca


El caso Epstein no es lo que parece. Documentos publicados por Drop Site News dan fe de sus vínculos políticos con el ex primer ministro israelí, el general Ehud Barak, quien manipuló la red Epstein para vender ciber-armas israelíes.

ARTÍCULO COMPLETO

Salut Maria/Салют, Мария! (Iossif Kheifitz, 1970)


 

Synopsis

L'histoire se déroule en 1919. Une guerre civile fait rage dans les étendues de l'ancien Empire russe. Une guerre mondiale vient de se terminer en Europe, et les pays vainqueurs organisent une intervention militaire en Russie afin d'aider les Armées blanches dans la lutte contre le pouvoir soviétique.

Les troupes de l'Entente, y compris celles d'Espagne, arrivent dans l'un des ports du sud. La jeune clandestine Maria est chargée de propagande dans le milieu des marins et soldats espagnols. C'est alors qu'elle rencontre le marin Pablo. L'amour mutuel éclate.

La guerre civile se termine. Après une longue séparation, Maria et Pablo se retrouvent et partent cette fois ensemble pour l'Espagne en tant qu'agents du Komintern, pour préparer une révolution locale et en même temps y mener des activités de renseignement. Ils ont un fils.

Cependant, le bonheur ne dure pas longtemps, le mouvement de nazis se renforce et Pablo sera l'une de ses premières victimes. La guerre civile éclate en Espagne. Le fils de Maria, pilote de chasse, est tué dans un combat aérien. Ayant perdu son mari et son fils, Maria retourne dans son pays natal, où elle devient instructeur dans une école de renseignement soviétique.

Mariya Fortus: nuestra sombra que cruzó la península ibérica


En el fragor de la guerra civil española surgió una sombra que se movía, sin que nadie se diera cuenta, tras el frente de batalla: Mariya Fortus. Con pasaporte uruguayo, bajo el alias “Julia Jiménez Cárdenas” la historia de la agente ilegal del NKVD desplegada en España se encuentra llena de increíbles méritos, así como de incógnitas, todavía sin desclasificar. Proveniente de una familia pudiente de Jersón que se arruinó, Fortus cayó en la más absoluta pobreza

En 1917 se unió a los revolucionari.os y, por sus increíbles habilidades para la noble profesión (labores de agitprop y de contrainteligencia), ingresó en 1918 en la familia chequista. Entre los chicos es recordada por su labor en 1918 en la Checa de Jersón, cuando la encargaron trasladar joyas y diamantes de la Cheka de Jersón a la de Kiev: cosiéndoselos en un cinturón, disfrazándose de embarazada, y cruzando a pie, con varios chequistas, las estepas durante más de una semana, con el fin de evitar a los ojos enemigos.

Sin embargo, la gran aventura de su vida comenzaría de la forma más inesperada: mientras estudiaba en la Universidad Comunista de los Trabajadores del Este (KUTV, Moscú), allí conoció al prófugo y exiliado anarquista español Ramón Casanellas Lluch. No solo se enamoró completamente de él: se enamoró, también, de España, cuyo idioma comenzaría a aprender. La pareja se casó y tuvieron un hijo y, como una buena familia avenida (¡la familia siempre permanece unida!), Ramón y Mariya son enviados en 1929 a España, donde nuestra heroína comenzó a operar como consejera técnica y traductora del consejero militar soviético K. A. Meretskov, pasando rápidamente a roles más operativos: formando parte de la red del NKVD en Barcelona creada por el mítico Naum Eitingon; infiltrándose en la Dirección General de Seguridad (DGS) española, y manteniendo interacción constante con el Servicio de Inteligencia Militar (SIM) español.

Todo ello, con el objetivo, no solo de de recopilar información estratégica para los chicos de Lubianka, sino también con el fin de aumentar la influencia soviética en España. Con su labor, ella sola, consiguió forjar una enorme infraestructura de inteligencia que operó entre Madrid y Cataluña. Y, entre sus logros más célebres, figura la operación de reconocimiento que realizó tras el frente de Aragón, desde donde Fortus aportó información clave sobre la presencia de bombarderos alemanes de la Legión Cóndor en un aeródromo franquista. En 1938, fue llamada de vuelta a Moscú, donde se enteró de la muerte de su hijo Ramón, piloto de la República, derribado precisamente sobre Zaragoza unas semanas antes (...)
 
Su carrera no concluyó con el fin de la guerra civil española. Tras regresar de España, estudió en la Academia militar Frunze y trabajó como instructora del GRU, formando a futuros operativos especializados en sabotajes y en operaciones sensibles. Tras el comienzo de la invasión alemana, fue llamada a dirigir a las aviadoras soviéticas, puesto que rechazó, porque prefirió involucrarse directamente sobre el terreno, realizando ella misma labores de operativa de Inteligencia tras las retaguardia enemiga. Y lo volvió a conseguir magistralmente: en 1942 se le asigna una unidad de guerrilla de tipo irregular: la 4.ª Compañía Española del OMSBON, compuesta mayoritariamente por excombatientes republicanos españoles entrenados por el NKVD. Durante la Gran Guerra Patria, pese a resultar herida en 1943, realizó labores de sabotaje y de infiltración en el frente ucraniano, rumano, húngaro, austriaco y alemán; consiguiendo información privilegiada y saboteando a las tropas nazis.

Las operaciones que realizó fueron de película. En Rumanía se hizo pasar por una aliada rumana de los nazis, haciendo que un oficial alemán le revelara la posiciones de tropas alemanas y depósitos de combustible. En el cerco de Budapest, para poder transmitir mensajes al mando soviético, se hizo pasar por madre en busca de su hijo, cruzando una plaza repleta de francotiradores; e informando a los chicos, por lo que descubría por el camino, sobre las posiciones de ametralladoras enemigas. En Ucrania, un explosivo que tenía que volar un tren militar, falló a última hora, teniendo nuestra heroína que improvisar, a última hora, una mecha, y detonarlo manualmente a poca distancia, jugándose la vida. Durante la caída del III Reich, participó directamente en la exfiltración de talento científico en la zona nazi. Y en Austria, tras la Gran Guerra Patria, y gracias a la información que obtuvo como agente a lo largo de la guerra, encontró una fábrica oculta de cohetes V-2.

Durante la Guerra Fría, ya doctorada como socióloga, siguió trabajando para el NKVD con el grado de coronel y como instructora de Inteligencia, convirtiéndose en figura de referencia para generaciones de futuros agentes del KGB. Sus condecoraciones avalan su recorrido: dos Órdenes de Lenin, dos Órdenes de la Bandera Roja, la Orden de la Estrella Roja, entre innumerables medallas. Su figura en la cultura de Inteligencia rusa como paradigma de agente ilegal y heroína del frente invisible podemos encontrarla en la película soviética ¡Salud, María! (1970). Y, entre sus obras más conocidas, nos dejó por escrito su legado como exoperativa de Inteligencia soviética en España: En la España Combatiente (1968); el país que marcó toda su vida. Nos abandonó en 1981.

L’administration Trump admet ne pas savoir exactement qui elle tue lors des frappes contre des bateaux

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Capture d’écran de la vidéo publiée par le président Donald Trump sur Truth Social le 15 septembre 2025, montrant une frappe militaire américaine contre un bateau dans la mer des Caraïbes. Capture d’écran : @realDonaldTrump/Truth Social

L’administration Trump a fait une série d’aveux surprenants concernant les personnes qu’elle tue dans le cadre de sa guerre non déclarée contre les trafiquants de drogue présumés dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique. Les responsables de l’administration Trump ont reconnu jeudi, lors de briefings séparés destinés aux législateurs et aux membres du personnel, qu’ils ne connaissaient pas l’identité des victimes de leurs frappes et que le ministère de la Guerre n’était pas en mesure de fournir les preuves nécessaires pour détenir ou juger les survivants de ces attaques. Les victimes qui se retrouvent dans l’eau sont désormais considérées comme des « belligérants non privilégiés », une désignation obscure en droit international humanitaire.

Depuis le 2 septembre, l’armée américaine attaque des bateaux dans les Caraïbes et l’est de l’océan Pacifique, tuant plus de 60 civils. L’administration Trump insiste sur le fait que ces assassinats sont acceptables dans la mesure où les États-Unis sont engagés dans un « conflit armé non international » avec des « organisations désignées comme terroristes » (DTO pour Designated Terrorist Organizations). Deux responsables gouvernementaux ont déclaré à The Intercept que l’administration avait secrètement déclaré un « conflit armé non international » plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant la première attaque de ladite campagne.

Dans le cadre d’un War Powers Report [loi fédérale visant à limiter le pouvoir du président américain d’engager les États-Unis dans un conflit armé sans le consentement du Congrès américain, NdT], Trump a justifié ces attaques, en vertu de l’autorité constitutionnelle que lui confère l’article II en tant que commandant en chef des forces armées américaines, et a affirmé agir conformément au droit inhérent des États-Unis à la légitime défense en vertu du droit international. Le bureau du conseiller juridique du ministère de la Justice a également rendu un avis classifié qui confère une couverture juridique à ces frappes meurtrières..

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vendredi 28 novembre 2025

Venezuela se Libera: El Fin de 200 Años de Control de EE UU por Buques de Guerra Rusos | Mearsheimer


 

CASTELAO: OBRA GRÁFICA Y COMPROMISO

FUENTE: https://arelarte.blogspot.com/2009/03/castelao-obra-grafica-y-compromiso.html

CONTEXTO HISTÓRICO EN QUE SE DESARROLLA EL ARTE DE CASTELAO

Fue la pérdida de Cuba y Filipinas lo que propició la aparición de la Generación del 98. Esta no se limitó a llamar la atención sobre la situación crítica de la sociedad española, sino que también se preocupó por dar una nueva visión del país en todos los sectores, sacar a la luz sus mutuas diferencias y, no menos, lo que distinguía a la nación frente a los restantes países europeos. (…) movimientos de nuevo nacionalismo capaces de sustituir al antiguo.
(…) la aparición de una «alta cultura regionalista» que, si recurría a lo popular, sólo era como recurso y justificación, como folclore.
El folclorismo está ligado al movimiento regionalista, me atrevería decir incluso que la mayor parte de éste se convirtió en folclorismo.

¿Cómo sucedió?
El centralismo borbónico había dado el poder y la administración al centro; la superestructura cultural, las
costumbres, etc. de las regiones no habían sido casi tocadas sustancialmente, como ponen de manifiesto los nuevos viajeros extranjeros que durante el XVIII y el XIX recorren la península, asombrados ante la variedad hispana. En aquellas regiones dónde la fuerza económica era creciente, el regionalismo se oponía infraestructuralmente al centralismo (es el caso del País Vasco y de Cataluña). En aquellas otras donde esa fuerza es menor y dependiente, el regionalismo sólo puede plantearse a nivel superestructural: se pone de manifiesto la independencia folclórica y costumbrista para ocultar la dependencia económica y política; se exaltan los privilegios y fueros tradicionales, pasados, para ocultar la dependencia actual. Naturalmente, el centralismo promociona esta exaltación, aquel folclorismo, y los seguirá promocionando siempre que de problemas superestructurales se trate (pues ello le permite un mejor control). Pero dejará de hacerlo cuando ese folclore, en lugar de moverse en el vacío, se apoye en unas fuerzas reales: entonces el mismo folclore variará y el centralismo lo rechazará bajo la acusación de separatismo.

Es decir: lo admite y apoya cuando está muerto; lo prohíbe cuando está vivo. Los ejemplos de semejante proceder están tan próximos que no es menester mencionarlos .
He aquí la base de la diferencia fundamental entre modernismo y regionalismo y el diferente enfoque de sus miradas: ambos miran a la tradición, pero no de la misma manera: el primero la transforma y vivifica; el segundo la consagra, la momifica. El regionalismo … es una cultura momificada que sólo en algunas regiones ( en aquellas donde la transformación infraestructural se produce) evoluciona hacia horizontes positivos: es el caso del País Vasco, Asturias y Galicia. (…) 
LA EVOLUCIÓN DEL REGIONALISMO 
En algunas regiones peninsulares el regionalismo evolucionó hacia formas bastante eficaces de realismo, Esto sucedió fundamentalmente en las zonas periféricas del norte del país: Galicia, Asturias y el País Vasco. Que así sucediese no era un hecho casual. La estructura socio-económica de estas zonas propiciaba cambios inmediatos. En unas -Asturias y el País Vasco- porque amplios sectores estaban ya conociendo el desarrollo de la sociedad industrial, funesto para el regionalismo tradicionalista con base campesina; en la otra -Galicia- porque las tensiones sociales eran tan manifiestas que la pintura regionalista aparecía como una producción decorativa incapaz de proporcionar una imagen sincera y coherente de la realidad. En el panorama de los regionalismos peninsulares el gallego ocupa un lugar peculiar.
Diversas razones se aunaron para distanciar esta región del resto del país. La lengua y la estructura social son, a nuestro entender, las más importantes. El llamado resurgimiento gallego, iniciado en la mitad de siglo XIX, comienza en la literatura y va a radicalizarse progresivamente, a medida que aparecen sociedades culturales, en las que domina la idea nacionalista. La existencia de una lengua hablada por todos, en la ciudad y en el campo (teniendo en cuenta que las ciudades, salvo excepciones, eran muy pequeñas y estaban también bastante aisladas), es uno de los factores básicos de la diferenciación. Al radicalizarse, los aspectos lingüísticos y literarios no son suficientes. El interés por las «cosas gallegas» conduce al interés por la configuración social gallega y al estudio de sus componentes, parte de los cuales hacen notar violentamente su presencia y su penoso status.
El fenómeno migratorio y el sistema foral que está en sus orígenes configura una estructura sumamente peculiar, que se distingue fundamentalmente por la extensión manifiesta de la más aguda pobreza. El sistema foral multiplica el número de los campesinos empobrecidos que pretende escapar mediante la emigración hacia más amplios horizontes. Simultáneamente, los foros impiden la presencia -al contrario de lo que sucede en otras regiones- de la pequeña burguesía agraria que funciona habitualmente como elemento estabilizador. 

La burguesía gallega es de carácter urbano, reunida en las ciudades, y desconocedora de las necesidades reales del país que está explotando. Las agitaciones campesinas despertarán de su sueño al estamento urbano burgués que jugaba al regionalismo. Surge entonces el nacionalismo gallego y las primeras asociaciones progresistas. Es una obligación ineludible del nacionalismo gallego no burgués, pues para defender sus intereses no podía apoyarse en otra fuerza que no fuera el campesinado. De ahí que, a diferencia de lo que ocurre en otras zonas periféricas, el nacionalismo gallego se plantee tanto en el terreno de la lucha regional como en el de la lucha de clases, que, finalmente, prevalezca ésta y sea absorbido y desbordado por las organizaciones anarquistas.

En este proceso de atracción y de concienciación del campesinado se advierten bastantes dificultades, que el arte expresa con notable acierto. La más importante es la mentalidad religioso - supersticiosa de los campesinos y la enorme fuerza con que está arraigada la iglesia: el cura gallego es un campesino más. La alienación, debida a incontables años de situación penosa, es una gran barrera para el pensamiento progresista.
Algunos artistas tuvieron conciencia de esta situación y pretendieron desmitificar la realidad campesina (Castelao, Asorey y también Maside, algo posterior); otros, por el contrario, encontraron en ella las fuentes de un costumbrismo folclórico (Máximo Ramos, por ejemplo) que, unido a las tendencias regionales tipificadas por Sotomayor, dieron lugar a una pintura decorativa marcadamente burguesa.
Fuente: VALERIANO BOZAL, “HISTORIA DEL ARTE ESPAÑOL” -----------------------
BIOGRAFÍA
1886-1915. Da infancia á primeira madureza
A infancia e a mocidade de Castelao transcorreron a ambas as súas beiras do Atlántico: na taberna da Pampa, na súa casa de Rianxo e, xa máis adiante, cursa a carreira de Medicina na Universidade compostelá. Os seus vencell

amentos políticos non pasan das colaboracións no xornal anticaciquil local "El Barbero municipal" e comeza a gañarse un creto como caricaturista na prensa galega e madrileña. Participa no II e III Salón de Humoristas en Madrid.

En 1911 dicta en Vigo a primeira versión da súa conferencia sobre a caricatura.
Realiza exposicións, colaboracións literarias en xornais e revistas galegas, madrileñas e bonaerenses.
1916-1929. O artista galeguista
Durante os anos vinte Castelao convértese na principal figura da arte galega. Desta etapa son os seus mellores cadros, a consagración definitiva como caricaturista (Nós), as viaxes por Europa para desenvolver estudios artísticos e os primeiros pasos en relación coa que será a súa futura vida política.

En 1916 instálase en Pontevedra, que será a súa residencia habitual ata 1936.Incorpórase ás recén creadas 'Irmandades da Fala‘ e comeza a colaborar co boletín nacionalista A Nosa Terra, voceiro das Irmandades.Exerce como Profesor Auxiliar de Debuxo no Instituto de Pontevedra.
En 1921 realiza, pensionado pola Junta de Ampliación de Estudios, unha viaxe de estudi
os por Francia, Bélxica e Alemaña. Redacta o Diario da viaxe, que permanecerá inédito ata 1977.

En 1923 a Dictadura de Primo de Rivera (setembro) suprime as liberdades políticas, polo que o galeguismo se concentra no labor cultural.

1930-1939. Esplendor e traxedia: escritor e dirixente político

A vida política da II República descobre o Castelao político. A campaña polo Estatuto ou os seus repetidos escanos nas cortes de Madrid ocupan boa parte do seu tempo e constrúenlle unha gran sona en toda Galicia.
En 1932 intervén no Parlamento a prol do Estatuto de Autonomía de Cataluña. Intensa actividade política, co lanzamento do proceso autonómico galego.
En 1934 edítase “Cousas”. Aparece o volume de relatos “Retrincos”, “Os dous de sempre.” Deste xeito, no mesmo ano sae a lume o conxunto de obras literarias máis importantes escritas por Castelao. A crise política de outubro, coa revolución de Asturias e a ruptura da Generalitat catalana co Goberno, dá pé para que este desencadee unha feroz represión, tamén contra os galeguistas: Castelao e Bóveda son desterrados respectivamente a Badaxoz e Cádiz.
En 1936 es candidato por Pontevedra nas eleccións xerais de febreiro, ás que o P.G. se presenta coaligado coa Frente Popular. Resulta electo coa maior votación de Galicia. A victoria do F.P. posibilita a convocatoria do plebiscito autonomista. Activa participación na campaña pro-Estatuto. 
O alzamento militar de xullo sorpréndeo en Madrid, onde xestiona os trámites do Estatuto de Autonomía. Galicia queda a mercé do terror falanxista, que se ceba en toda a esquerda, incluído o Partido Galeguista: caen asasinados familiares e varios dos mellores amigos de Castelao. Castelao colabora activamente en Madri

d no recrutamento de galegos para loitar a prol da República. Contra fins de ano, trasládase a Valencia.

En 1937 publica en Valencia os seus álbumes de guerra "Galicia mártir" e "Atila en Galicia", nos que retrata nas máis negras tintas a traxedia da represión en Galicia.
A derrota da República cólleo en Estados Unidos, onde ten que refuxiarse, e continuar coas actividades de apoio ós refuxiados que foxen en masa de España. Establécese en Nova York, gañando a vida como pode, pero atopándose nunha "gaiola de ferro". Aproveita para rematar a peza teatral “Os vellos non deben de namorarse”. En 1940 a primeira metade do ano bótaa en Nova York, onde redacta o que será o Libro segundo de “Sempre en Galiza”, no que inserirá textos publicados durante a guerra, e que rematará durante a viaxe por barco a Bos Aires.Despois de intensas xestións dos seus amigos da Arxentina, Castelao consegue deixar Nova York e realizar o seu desexo de marchar á 'Galicia ideal', na que se xuntan as grandas masas dos emigrados galegos e o fermento dos exilados: Bos Aires. Alí é recibido apoteósicamente.

1940-1950. O exilio. A esperanza esmorecente
A vida na posguerra pasa pola reorganización das comunidades galegas no exilio, na esperanza de que a dictadura franquista caíse, e Castelao fai continuas viaxes por América e Europa.
Maniféstanse os primeiros síntomas da enfermidade. Polo que respecta á súa producción, abandoados o debuxo e a pintura pola súa cegueira, concéntrase na publicación da súa principal obra política "Sempre en Galiza". A primeiros do ano 50 morre no sanatorio do Centro gallego de Bos Aires como consecuencia dun cancro.

As autoridades franquistas dan instruccións para amortecer o impacto da magoante nova nos medios de comunicación galegos, taxando a información sobre o pasamento do eximio rianxeiro e relegándoa ás páxinas interiores, sen acompañamento gráfico nin referencias á súa actividade política."
O ALBUM "NÓS"
Nós' é unha colección de 49 estampas -máis un autorretrato-, que primeiro circulou como exposición e máis tarde (1931) foi editada nun álbum.
Supuxo o despegue como artista de Castelao e, asemade, o inicio da súa carreira política.
A colección vería lume nun álbum editado a iniciativa dun grupo de amigos de Castelao e sufragado por estes.




Fuente textual: http://www.museocastelao.org/museo.html ------------------------------------------------------------
LA LÍNEA COMO VALOR EXPRESIVO

El dibujo poseía esa anhelada utilidad social, le permitía ser moderno, coqueteando con movimientos expresionistas de plena actualidad, y a la vez luchar por la causa del nacionalismo gallego. Partiendo de un arte de tipo popular, persigue la expresión con los mínimos recursos técnicos hasta conseguirla mediante un dibujo abreviado, de mensaje, cargado de humor e ironía, pero también de tristeza y melancolía, combinando siempre imagen y discurso literario. Así, avanza desde una inicial postura naturalista hasta la distorsión espacial propia de lo moderno, derivada de los germinales latidos de la fotografía y de la influencia que sobre él ejerce la estampa japonesa. Castelao veía la caricatura y el dibujo
humorístico el arte del futuro, frente a la pintura tradicional. Pero no entendía la caricatura como representación exagerada de las facciones humanas, sino como verdad que permite al dibujante exponer sus ideas y sentimientos, ya sean 
políticos, religiosos o sociales. La defiende por su esencia democrática, llegando a afirmar que se hizo caricaturista “en el tiempo en que los oradores embaucaban al pueblo”. Su obra es sencilla, sus trazos precisos; caricaturizar con pocas líneas es su fin, huir de la anatomía en favor de la fisionomía.
PERSONAJES que protagonizan la obra gráfica de Castelao: viejos, niños, mujeres, burgueses y caciques. Todos ellos destacan por su capacidad de expresarse en pocas y simples palabras, pero de gran capacidad comunicativa. Todos sus personajes aplican esa distinción básica de la cultura tradicional gallega, tal como Castelao la recoge, la recrea y la trasmite; la distinción entre "información" y "comunicación" y

(“Pois xa que o sabes, vouche o dicir”).

El protagonista, aunque sea un individuo, está caracterizado con los rasgos de una clase: son clases inferiores. Lejos de su intención alumbrar el melodrama o la piadosa caridad sentimental con escenas más o menos teatrales. Cuando presenta la imagen de las clases bajas señala siempre su oposición a las altas, de cuyo poder son resultado, las sitúa siempre en contradicción y lucha, siempre oprimidas y maltratadas. De ser un atributo natural la pobreza ha pasado a convertirse en fenómeno condicionante de la evolución de una clase social.
La forma más frecuente en la representación gráfica de Castelao es la de diálogo, los personajes, humanos o animales hablan entre sí. También la reflexión, la pregunta lanzada al aire que queda sin respuesta, el consejo y la queja.
En la obra gráfica de Castelao está inmerso el Imaginario social de Galicia. A través de ella se reconoce la realidad social y económica de Galicia.
TEMAS: la vida cotidiana ( miseria, emigración…),
la dominación política (el caciquismo, la represión, la censura).
Su mayor aportación artística se produjo en el ámbito del dibujo y la caricatura. Su estilo es sencillo y sintético, tiene gran capacidad para crear tipologías y recrear situaciones y personajes, y posee una concepción moderna del grafismo con una capacidad de economizar trazos que en pocas líneas fijan un rostro, un gesto, un movimiento. A estos rasgos estilísticos hay que añadir la sátira, la ironía, y un humor socarrón y pesimista que dan a su obra un sello.

"Cuando se exponen en A Coruña las estampas del album “Nos” se produce en torno a ellas un verdadero movimiento político. Es en esta exposición un personaje importante de las letras le pregunta a Castelao por qué en sus estampas aparece siempre una Galicia oprimida y llena de dramas, cuando en Galicia hay también cosas agradables Castelao le contestó: «É que eu non lle teño vocación de estupefacente». Sea o no cierta la anécdota refleja bien el pensamiento de Castelao.
Hasta este momento buenos artistas gallegos retrataban una Galicia sin problemas: las romerías, las bodas, mujeres bien alimentadas gue venden quesos o pollos, y todos vestidos con buena ropa y las mujeres cubiertas con paños estampados de múltiples colores, etc.

A partir de las estampas del álbum Nós ya ningún artista verá a Galicia por su lado optimista. Las generaciones que vienen después de Castelao, y que serán -por otra parte- las que incorporen el arte gallego a las inquietudes plásticas que circulaban por el centro de Europa, ya no olvidarán el principio ético marcado por Castelao. Así, prácticamente, todos los actores del movimiento renovador del arte gallego terminarán en el exilio, perseguidos y algunos «paseados», y sus instituciones prohibidas y expoliadas, tal la editorial Nós y el Seminario de Estudos Galegos.
Castelao despliega una particular ironía cuando habla del arte por el arte y de esa técnica del arte que produce esas obras magistrales, extraordinarias, de esas que van a parar a los panteones del arte.
"Yo no cultivé jamás el arte por el arte. El arte para mí no fue más que un elemento, un recurso, un medio de expresión para atacar al caciquismo.”

(…) Al único arte que Castelao no renuncia es al arte gráfico, al arte que puede ayudar a transmitir una idea enriquecida con una imagen gráfica que refuerza la expresión y que puede multiplicarse divulgándola, llegando a conectar en su caso con el pueblo al que quiere ayudar. Varios diarios de Galicia serán soporte de sus dibujos de humor con pie en los que se esconde el drama de su tierra y que operarán como un caballo de Troya en las conciencias del pueblo. Una serie de esos dibujos los inscribe como “Cousas da vida”, y tal fue su poder de comunicación con el pueblo que antes de nuestra guerra civil muchas gentes modestas se consolaban de males diciendo que eran cousas da vida, «sonche as cousas da vida que di Castelao»." ISAAC DÍAZ PARDO: "Castelao, artista"  artículo publicado en la revista Anthropos, 1986
Alfonso Rodríguez Castelao (1886-1950) fue el artista más importante del panorama gallego de su época, traspasando, con mucho, las fronteras del pintor o del dibujante. Su actividad plástica, literaria y política contribuyó de modo decisivo a la configuración de una conciencia que tenía en cuenta los problemas reales del país. Sus dibujos humorísticos -con una simplicidad que habían de cultivar también otros dibujantes satíricos- tuvieron una indudable repercusión en amplios sectores de la sociedad gallega. Junto a ellos, sus dibujos de crítica social, en los que vislumbramos un claro recuerdo de Goya.
El arte de Castelao va ligado siempre a una actividad combativa.

Fuente: VALERIANO BOZAL, “HISTORIA DEL ARTE ESPAÑOL"
(Nota: se han dejado los textos en la lengua de origen)

 

Isaac Díaz Pardo: El intelectual que obró la utopía de la Bauhaus (2012)

FUENTE: https://www.publico.es/culturas/intelectual-obro-utopia-bauhaus.html

Huyó del fascismo, pero regresó para rescatar a Galicia del pozo cultural
Artista, empresario y editor, siempre fue blanco del implacable cañón de la injusticia