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lundi 21 juillet 2025

Le zombisionisme, stade ultime de l'impérialisme?

SOURCE: https://www.librairie-tropiques.fr/2025/07/bienveillance-occidentale-le-zombisionisme


La forme zombie du sionisme
augure-t-elle de celle que va prendre le libéralisme capitaliste
au sein de l'occident collectif ?

C'est en tout cas la leçon que tire Shir Ever, activiste de BDS, des récents évènements auxquels il a assisté en Palestine et qu'il a analysé et commenté avec beaucoup de perspicacité pour l'Intifada numérique :


 

et pour contextualiser tout ça :

L'enfer humanitaire 
l'extermination des Palestiniens se fait passer pour de l'aide

Israël et l'Amérique veulent placer « par bienveillance » la population de Gaza dans ce qui équivaut à un camp de concentration.
Aide humanitaire de l'enfer : l'extermination des Palestiniens se fait passer pour de l'aide

Pour consulter :

Le rapport de Francesca Albanese   

   

Le génocide en cours à Gaza et en Palestine est particulier, non pas à un, mais à deux égards. Comme on l'a souvent observé, il s'agit du premier génocide de l'histoire retransmis en direct. Aucun génocide n'avait jamais été commis sous les yeux du monde comme celui-ci. Deuxièmement, le génocide de Gaza sape et, de fait, dévaste des ordres moraux et juridiques entiers – ou du moins des revendications de longue date sur ceux-ci – d'une manière tout aussi inédite.

Ces deux particularités sont liées : la seule façon pour le monde entier de tolérer le génocide à Gaza, compulsif depuis 8 décennies et explicite depuis près de trois ans, est de faire fi obstinément des normes fondamentales, écrites et tacites. Par exemple, presque aucun État – à l’exception du Yémen (sous le contrôle de facto du mouvement Ansar Allah ou des Houthis) – n’a même tenté de se conformer à ses obligations contraignantes et claires au titre de la Convention des Nations Unies sur le génocide de 1948, à savoir « prévenir et punir » le crime de génocide. Personne parmi celles et ceux qui ont le pouvoir – seul ou avec d’autres – de le faire, ni au Moyen-Orient, ni au-delà, n’est venu sauver les victimes palestiniennes du génocide de Gaza de la seule manière efficace : en arrêtant leurs meurtriers israéliens par la force massive.

Pourtant, la petite partie du monde, pourtant disproportionnellement influente, qui se définit comme l'Occident, est allée au-delà de la simple inaction. Car, que l'Occident soit une civilisation autrefois façonnée par le christianisme ou non, son véritable fondement est depuis longtemps l'hypocrisie. Et pendant le génocide de Gaza, le besoin compulsif de l'Occident de rationaliser même ses actes les plus vicieux en actes de vertu propagateurs de « valeurs » prétendument civilisationnelles, a conduit à un nouveau sommet de perversion morale et intellectuelle : précisément parce que l'Occident a non seulement abandonné les victimes palestiniennes, mais qu'il co-perpétue activement ce génocide avec Israël, ses élites – politiques, culturelles, médiatiques, policières et judiciaires – ont déployé un effort soutenu et obstiné pour modifier radicalement notre conception du bien et du mal, des normes juridiques spécifiques à notre compréhension intuitive et largement partagée des limites à ne jamais franchir.

Mener, par exemple, une prétendue « guerre » en tuant ou en blessant –  souvent en les mutilant à vie  –  plus de 50 000 enfants  (en mai 2025). Une « guerre » dont nous recevons des témoignages fiables multiples et répétés les uns après les autres  selon lesquels nombre de ces enfants sont délibérément ciblés, notamment par des opérateurs de drones et des tireurs d'élite. Une « guerre » où la famine, la privation médicale et la propagation d'épidémies ont toutes été déployées de manière tout aussi délibérée.

En effet, on nous demande – avec une grande insistance, c’est le moins qu’on puisse dire – de croire que cette forme d’« autodéfense » meurtrière et infanticide de masse est quelque chose dont on peut être fier, même par procuration : le maire de Berlin, Kai Wegner, par exemple – connu pour sa répression de tout signe de résistance au génocide israélien – vient de déclarer que la mairie continuerait à arborer le drapeau israélien .

Dans le même esprit dépravé, les institutions occidentales infligent des châtiments – des brutalités policières aux guerres juridiques paralysantes , en passant par les sanctions internationales – non pas aux auteurs et complices du génocide de Gaza, en Israël et ailleurs, mais à ceux qui y résistent en solidarité avec ses victimes palestiniennes. Des manifestants , des journalistes de valeur et même un rapporteur spécial de l'ONU sont traités comme des criminels, voire des terroristes, pour avoir dénoncé le crime de génocide, comme – hier encore, semble-t-il – nous étions tous officiellement censés le faire. Mais le « plus jamais ça » s'est transformé en « définitivement, et aussi longtemps que les meurtriers le voudront, puisqu'ils sont Israéliens et nos amis ».

C'est dans ce contexte de renversement de la morale, du droit et du sens, si complet que le terme galvaudé « orwellien » s'applique pour une fois réellement, que nous pouvons comprendre ce qui arrive aujourd'hui au concept d'action « humanitaire ».

Selon la définition fondamentale de l'Encyclopédie Britannica, un humanitaire est une « personne qui œuvre pour améliorer la vie d'autrui », par exemple en s'efforçant de mettre fin à la faim dans le monde. L'humanitarisme moderne ayant déjà deux siècles d'histoire, des historiens, comme Michael Barnett dans son « Empire de l'humanité », ont livré des récits plus complexes. Les critiques dénoncent depuis longtemps les limites, voire les failles, de l'humanitarisme. Pour le sociologue français Jean Baudrillard, c'est ce qui reste lorsqu'un humanisme plus optimiste s'effondre : une sorte de réponse d'urgence morose, signe que la situation mondiale a encore empiré.

En particulier, durant les décennies d'orgueil américain de l'après-Guerre froide – appelées à tort « moment unipolaire » –, l'humanitarisme s'est souvent allié à l'impérialisme occidental. Lors de la guerre d'agression contre l'Irak qui a débuté en 2003, par exemple, les organisations humanitaires sont devenues les serviteurs des agresseurs, des envahisseurs et des occupants.

Pourtant, quelle que soit votre vision de l'humanitarisme, il y a des choses que ce concept ne peut accepter que pour des actes complètement dérangés et infiniment pervers, comme le massacre de civils affamés et les camps de concentration. Et pourtant, à Gaza, ces deux pratiques ont été qualifiées d'humanitaires. La prétendue Fondation humanitaire pour Gaza, une organisation américano-israélienne douteuse, a promu un système où des miettes de nourriture servent d'appât pour des pièges mortels : des Palestiniens délibérément bloqués par Israël ont été attirés vers quatre zones de mort, déguisées en points de distribution d'aide.

En savoir plus   Un État palestinien totalement indépendant constituerait une menace pour Israël, selon Netanyahu

Au cours du dernier mois et demi, les forces israéliennes et les mercenaires occidentaux ont tué au moins 789 victimes et en ont blessé des milliers – dans ou à proximité de ces pièges sataniques. De toute évidence, tuer des personnes non armées à une telle échelle n'est pas un dommage collatéral, mais un acte délibéré. L'intention meurtrière derrière ce projet a désormais été confirmée par diverses sources , y compris israéliennes . Il n'est donc pas étonnant que 170 véritables organisations humanitaires et de défense des droits humains aient signé une protestation contre cette fausse aide et ce véritable projet de massacre.

Et puis il y a le plan du camp de concentration : les dirigeants israéliens ont déjà chassé les habitants survivants de Gaza – l’un des endroits les plus densément peuplés de la planète avant même le génocide – dans une zone ne représentant que 20 % de la surface dévastée de Gaza.

Mais cela ne leur suffit pas : en route vers ce qui semble être leur idée d’une solution finale à la question de Gaza, ils ont maintenant présenté un nouveau plan à leurs alliés américains, à savoir regrouper les survivants dans une zone encore plus restreinte. Ce camp de concentration de facto, ils le présentent comme une « ville humanitaire ». De là, les Palestiniens n’auraient que deux issues : la mort ou le départ de Gaza. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, veut nous vendre cela comme un « volontariat ». Ironie de l’histoire, les génocidaires israéliens rivalisent désormais non seulement avec les crimes des nazis, mais aussi avec les horribles abus de langage des Allemands.

Où se trouve cette station de transit meurtrière, témoin d'un nettoyage ethnique ? Les ruines de Rafah. Vous vous souvenez peut-être de Rafah, autrefois une ville animée du sud de Gaza, comme du lieu que les alliés occidentaux d'Israël ont prétendu protéger , en quelque sorte, pendant un temps. Ces avertissements n'ont servi à rien, bien sûr. Rafah a été rasée, et la zone est désormais vouée à accueillir le camp de concentration qui mettra fin à tout cela.

Ce projet est tellement scandaleux – mais c'est le mode opératoire habituel d'Israël – que même ses détracteurs peinent à en mesurer la perversité. Philippe Lazzarini, directeur de l'UNRWA – l'organisation de distribution d'aide humanitaire efficace qu'Israël a fermée pour poursuivre sa stratégie de famine, tuant près de 400 de ses employés locaux – a déclaré sur X que la « ville humanitaire » équivaudrait à une seconde Nakba et « créerait d'immenses camps de concentration pour les Palestiniens à la frontière avec l'Égypte ».

En savoir plus    Le Hamas se dit prêt à « mettre fin complètement à la guerre » – AP

La Nakba fut le nettoyage ethnique sioniste, entrecoupé de massacres, d'environ 750 000 Palestiniens en 1948. Mais Lazzarini se trompe s'il croit que la première Nakba a pris fin : pour les victimes palestiniennes de la violence israélienne, elle n'a fait qu'amorcer un processus continu de vol, d'apartheid et, souvent, de meurtres. Un processus qui a aujourd'hui abouti à un génocide, comme le reconnaissent de nombreux experts internationaux, dont l'éminent historien d'Oxford Avi Shlaim . Il ne s'agit pas d'une seconde Nakba, mais de la tentative israélienne d'achever la première.

L'observation de Lazzarini selon laquelle le projet de ville humanitaire créerait des camps de concentration à la frontière avec l'Égypte est, bien sûr, tout aussi vraie dans une certaine mesure. Pourtant, Gaza tout entière est depuis longtemps ce que le sociologue israélien Baruch Kimmerling appelait (dès 2003) « le plus grand camp de concentration du monde ». Il ne s'agit pas d'être pédant. Ce que la protestation de Lazzarini – aussi bienvenue soit-elle – oublie, c'est que ce qu'Israël inflige actuellement aux Palestiniens crée un nouvel enfer au sein d'un enfer bien plus ancien.

Mais Israël n'est pas le seul. L'Occident est, comme toujours, profondément impliqué. Laissons de côté le fait que les sionistes de l'entre-deux-guerres ont appris auprès des autorités du mandat britannique comment utiliser les camps de concentration contre les Palestiniens , ainsi que d'autres méthodes de répression brutale. Aujourd'hui aussi, diverses personnalités et agences occidentales se sont impliquées dans les projets israéliens de réinstallation qui sous-tendent le plan de ville humanitaire. La fondation de Tony Blair – en réalité une société de conseil et de trafic d'influence travaillant systématiquement pour le côté obscur partout où cela rapporte – et le prestigieux et puissant Boston Consulting Group ont tous deux été surpris en train de contribuer à la planification du nettoyage ethnique israélien. Et derrière cela se cache la volonté déclarée de nul autre que Donald Trump, le président des États-Unis , qui a depuis longtemps exprimé explicitement son souhait de voir Gaza reconstruite comme un vaste Trumpistan fastueux, sans Palestiniens.

Depuis le début du génocide de Gaza, celui-ci a été à la fois un crime brutal et une tentative constante de redéfinir le bien et le mal, afin de le rendre nécessaire, justifiable, voire même une occasion légitime de tirer profit. Et les élites occidentales – à de trop rares exceptions près – ont rejoint Israël dans cette perversion absolue de l'éthique et de la raison fondamentales, tout comme dans les massacres. Si Israël et l'Occident ne sont pas enfin arrêtés, ils utiliseront le génocide de Gaza pour transformer une grande partie du monde en un enfer où tout ce que nous avons appris à mépriser chez les nazis deviendra la nouvelle norme.

En savoir plus   L'aide humanitaire comme embuscade : le nouveau visage terrifiant de la guerre israélienne à Gaza


Libération d’Abdallah : le « système Retailleau » entre insultes et mensonges

 SOURCE: https://regisdecastelnau.substack.com/p/liberation-dabdallah-le-systeme-retailleau

Le déferlement d’ignominies qui a suivi l’annonce de la libération de Georges Ibrahim Abdallah oblige à une autre publication après l’article paru le jour de cette annonce.

Il y a ceux qui dans le souci de soutenir bec et ongles les horreurs qu’Israël commet en Palestine se jetent sur la nouvelle sans rien savoir. Des raisons et des conditions de la condamnation d’Abdallah, de la scandaleuse durée de sa détention, et bien évidemment de la véritable personnalité de celui que la France a gardé en prison pendant 40 ans. Ceux-là n’ont démontré une fois de plus que leur bêtise et leur absence d’humanité.

Mais il y a les autres, ceux qui savaient parfaitement de quoi il s’agissait, et en ont quand même profité pour déverser leur propagande la plus grossière.

La palme de la cochonnerie revient évidemment à Retailleau qui a insulté le patriote libanais en escamotant son premier prénom (Georges) pour conserver celui d’Ibrahim. Histoire de le faire passer pour un musulman islamiste, alors qu’Abdallah est un chrétien maronite, militant communiste, qui combattait contre Israël et les États-Unis quand ces deux pays directement et indirectement avait envahi le sien causant la mort de près de 20 000 civils.

Les soutiens militants d’Israël s’en sont également donnés à cœur joie, escamotant les conditions dans lesquelles sont intervenus les assassinats dont la justice a considéré qu’Ibrahim Abdallah était le complice. Passant également sous silence le fait que le militant libanais était judiciairement libérable depuis 25 ans, et que seules, pressions et interventions politiques, auxquelles comme d’habitude les autorités françaises se sont servilement soumises, ont empêché le respect des décisions des juridictions d’application des peines.

S’il n’y avait ne serait-ce qu’un prisonnier politique en France, c’était bien Georges Ibrahim Abdallah.

Dans quel contexte sont intervenus en 1982 les assassinats des deux diplomates israéliens et américains, dont il sera reconnu plus tard qu’il s’agissait d’agents de services secrets ? En 1982 Israël, comme d’habitude sans déclaration de guerre avait envahi le Liban afin de « liquider » l’OLP qui avait son siège à Beyrouth. Cette guerre atroce, à base de bombardement des quartiers civils a provoqué au moins 18 000 morts parmi cette population. C’est également à ce moment-là que se sont déroulés les « massacres de Sabra et Chatila » perpétré par des milices chrétiennes sous la protection de l’armée israélienne. Tous les historiens savent très bien la responsabilité de « l’armée la plus morale du monde » portait une lourde responsabilité. C’est une commission d’enquête israélienne (la Commission Kahan) qui a conclu en 1983 que le ministre de la Défense israélien de l'époque, Ariel Sharon, portait une « responsabilité personnelle » dans ces événements dont le bilan se montait à plus de 2000 morts, femmes, enfants et personnes âgées.

Georges Abdallah arrêté en France en 1984.

Une série d’attentats terroristes ont frappé la France entre 1985 et 1986, revendiqués notamment par le groupe islamiste chiite pro-iranien « Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient ». Une invraisemblable campagne de presse a visé à faire porter à Abdallah et à son organisation la responsabilité de ces attentats. Alors même qu’on le saura par la suite, il s’agissait de groupes liés au terrorisme pro-iranien pour protester contre le soutien français à l’Irak durant la guerre Iran/Irak. Avec lesquels l’organisation d’Abdallah n’avait rien à voir.

C’est dans ce contexte que le militant libanais sera jugé et condamné en 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité par une cour d’assises spéciale chargée de juger les affaires de terrorisme. Et ce après une procédure assez invraisemblable. Il y eut s’abord la violation de la règle « non bis in idem » avec Abdallah jugé deux fois pour les mêmes faits. Il y eut ensuite l’aveu postérieur de son avocat reconnaissant qu’il l’avait trahi et travaillé avec les services secrets français. Rien que cette situation ahurissante de violation de tous les principes qui gouvernent le procès pénal, rendait difficile le déroulement d’une procédure régulière. Ensuite toujours, contraint de changer d’avocat, Abdallah commit l’erreur de choisir Jacques Vergès qui mit en œuvre une soi-disant stratégie de rupture absurde, irresponsable et provocatrice. En menaçant la Cour de représailles si celle-ci entrait en voie de condamnation, meilleur moyen de faire plonger son client. Malgré ses dénégations concernant sa complicité Georges Abdallah fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Et malgré ces énormités, il ne fut pas possible d’obtenir une révision de la procédure.

En application de la loi française, il est libérable depuis 1999. Sa remise en liberté a été prononcée à plusieurs reprises par le tribunal d’application des peines. Libération systématiquement annulée par les juridictions supérieures sur appel tout aussi systématique du parquet. En général sur pression du pouvoir politique et pour céder aux injonctions des États-Unis alors qu’Israël se révéla plus discret, préférant peut-être des méthodes plus expéditives. Le sommet fut atteint quand sa libération fut prononcée avec la condition de la prise par le ministre de l’Intérieur d’un arrêté d’expulsion. Manuel Valls, jamais en retard d’une vilenie, refusa toujours de le prendre... Maintenant ainsi Abdallah en prison. Où il restera enfermé pendant plus de 40 ans, étant alors le plus ancien détenu des pays de l’UE.

En France, on pratique les doubles standards

La guerre secrète, ça existe. Et lorsqu’on est en guerre on la pratique. Israël qui est en guerre depuis sa création le fait, mais habituellement discrètement. Car quand ses services interviennent sur le territoire d’État étranger, en droit cela s’appelle du terrorisme. On renvoie pour cela au film de Spielberg « Munich ». Et à l’exécution de Mahmoud Hamchari sur le territoire français. Tout le monde sait qui a perpétré cet attentat, sauf manifestement les autorités françaises qui n’ont jamais bougé.

Rappelons les déclarations du chef du Shin Bet Ronen Bar, « qu’Israël travaillera à l’assassinat des dirigeants du Hamas. Le Conseil ministériel, le cabinet israélien nous a fixé un objectif, qui est en termes simples, l’élimination du Hamas, et nous sommes déterminés à le faire. Partout, à Gaza, dans la Cisjordanie, au Liban, en Turquie, au Qatar ». Comme d’habitude Netanyahou ne s’est pas gêné lorsqu’il a annoncé son intention le 22 novembre 2023 en déclarant : « J’ai donné l’ordre au Mossad d’agir contre les dirigeants du Hamas où qu’ils se trouvent ».

Comprenons-nous bien, vouloir frapper son ennemi à la tête a une autre légitimité morale que le massacre des civils de Gaza. Et à la guerre, ça marche comme ça. Mais en la circonstance ce qui est effarant c’est le sentiment d’impunité qui anime le pouvoir israélien revendiquant par avance le droit d’aller pratiquer le terrorisme sur le territoire d’autres États !

Concernant la France, si jamais cela arrivait chez nous, on peut malheureusement imaginer ce que serait la réponse de Macron et des dirigeants français. Rappelons-nous les réactions dans notre pays après les attentats terroristes perpétrés par Israël au Liban avec l’utilisation des « pagers numériques ». Ce ne fut qu’acclamations ravies lancées par les soutiens de l’État hébreu. Alors qu’il s’agissait explicitement d’attentats terroristes, que ces méthodes sont interdites par une convention internationale qu’Israël a signée, et qu’ils ont entraîné la mort et les blessures de civils innocents et en particulier d’enfants.

Alors oui, Georges Ibrahim Abdallah n’était pas un terroriste islamiste comme les menteurs et les ignorants veulent le faire croire. C’était un combattant libanais luttant contre les agresseurs de son pays et ceux qui les soutiennent. C’était un prisonnier politique, condamné sur des bases politiques et maintenu en prison au-delà de sa peine, pour des raisons politiques.

Prétendre le contraire est une indignité. Mais on sait bien quel est son objectif. Absoudre Israël de ce qu’il fait à Gaza.

 

Situation de la Syrie en juillet 2025


 

La technologie et la finance américaines sont devenues les plus grands alliés d’Israël

 

La libéralisation des marchés de capitaux israéliens dans les années 1980 a créé des liens étroits entre la finance américaine et l’État israélien. Ces liens ont donné naissance à une coalition de capitaux dans les deux pays qui ont intérêt à poursuivre le génocide.

Source : Jacobin, Colin Powers
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

 
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou donne une conférence de presse pour le lancement du « Campus TLV », un centre technologique pour les start-ups, les entrepreneurs et les développeurs israéliens dans les nouveaux bureaux de Google, le 10 décembre 2012, à Tel Aviv. (Jack Guez / AFP via Getty Images)

Lors d’un discours enthousiaste devant le Congrès en 1986, le jeune Joe Biden a fait un aveu d’une franchise surprenante. Non seulement Israël était vital pour les intérêts américains, mais si « Israël n’existait pas, les États-Unis devraient l’inventer. » Peu après le 7 octobre, Joe Biden a réitéré cette déclaration en recevant le président israélien Isaac Herzog à la Maison Blanche.

Une façon d’interpréter les commentaires de Biden est de confirmer l’utilité militaire d’Israël pour les États-Unis. En tant qu’avant-poste de la puissance occidentale au Moyen-Orient, Israël a empêché la formation d’un bloc arabe fort et indépendant et a veillé, aux côtés des monarchies du Golfe, à ce que les combustibles fossiles circulent de manière ordonnée et prévisible. Ce service rend le pays essentiel à l’extraction de valeur en périphérie par l’Amérique et sous-tend le soutien indéfectible de Washington à Tel-Aviv.

Mais les considérations géostratégiques ne sont pas les seules à lier les États-Unis et Israël. Le lobbying intérieur, tel que le décrivent John Mearsheimer et Stephen Walt dans leur livre sur le sujet [The Israel Lobby and US Foreign Policy, 2008 – Le lobbye israélien et la politique étrangère des Etats-Unis, NdT ], joue certainement un rôle. Mais en plus de promouvoir les intérêts impériaux de l’Amérique, Israël entretient également des liens économiques profonds avec les États-Unis. Ces liens expliquent pourquoi, lorsqu’il s’agit de la sécurité d’Israël, il n’y a le moindre décalage entre Washington et Tel-Aviv, et pourquoi tant d’entreprises américaines sont complices du génocide israélien en cours à Gaza.

L’économie de l’intégration d’Israël dans l’Empire américain

L’imbrication de l’économie israélienne avec celle de l’Amérique a commencé sérieusement au milieu des années 1980. À l’époque, Israël a adopté une politique d’austérité préconisée par l’économiste Stanley Fischer comme solution à l’hyperinflation qui sévissait dans le pays. (Fischer a ensuite été le huitième gouverneur de la Banque d’Israël et vice-président de la Réserve fédérale américaine. Il est décédé le 31 mai de cette année). Washington a récompensé Tel-Aviv en lui accordant un accord de libre-échange, en lui injectant une aide financière et en renonçant à ses prétentions sur les dettes israéliennes. Cette aide a permis à Israël d’établir des relations plus étroites avec les marchés financiers américains, ce qui a été fait après le lancement du « processus de paix » qui a abouti aux accords d’Oslo au début des années 1990. Dans les années qui ont suivi, les flux d’investissement entre les deux pays ont augmenté de manière significative.

Stimulé par l’afflux de travailleurs qualifiés en provenance des États-Unis et de l’Union soviétique, Israël s’est également taillé, dans les années 1990, un rôle de laboratoire de R&D à faible coût dans le cadre de la division du travail élargie du capital américain. Les secteurs israéliens des technologies de l’information et de la communication (TIC), de la cybersécurité, de la défense et de la biotechnologie sont devenus particulièrement robustes grâce à ces liens. Avec le temps, les mouvements de personnel entre les deux pays sont devenus de plus en plus bidirectionnels. La migration d’Israéliens nés en Union soviétique, comme Ilya Sutskever, vers la Silicon Valley – où il est devenu le scientifique en chef d’OpenAI – est symptomatique de cette dernière évolution.

Environ 75 à 80 % du capital-risque soutenant le secteur technologique israélien provient des États-Unis.

Cela a créé des liens économiques durables entre les capitaux israéliens et américains. Par exemple, la société Intel de Santa Clara est depuis longtemps le plus grand employeur privé en Israël, où elle emploie environ 10 % de sa main-d’œuvre globale et contribue à hauteur de 2 % par an au PIB israélien. En souscrivant et en achetant les euro-obligations d’Israël (c’est-à-dire les dettes souveraines libellées dans une devise étrangère), les établissements financiers occidentaux ont également longtemps joué un rôle essentiel dans les finances publiques et la stabilité macroéconomique du pays.

Cette situation s’est encore accentuée après le 7 octobre 2023. Depuis cette date, Bank of America, Citi, Goldman Sachs, JPMorgan, Deutsche Bank, BNP Paribas et Barclays ont collectivement mis sur le marché des euro-obligations israéliennes d’une valeur de 19,4 milliards de dollars. Leur succès dans la commercialisation de 5 milliards de dollars d’euro-obligations en février dernier a permis aux taux d’intérêt attachés aux dettes de rester raisonnables (+1,2 % dans le cas des obligations à cinq ans et +1,35 % dans le cas des obligations à dix ans) des bons du Trésor américain d’échéances équivalentes. De plus, ces mêmes institutions se classent également parmi les principaux souscripteurs de bons du Trésor israéliens libellés en shekels et parmi les investisseurs les plus actifs sur le marché secondaire où ces dettes sont négociées.

Environ 75 à 80 % du capital-risque soutenant le secteur technologique israélien provient des États-Unis. À la fin du printemps 2025, 108 entreprises israéliennes étaient cotées en bourse aux États-Unis. Elbit Systems, l’un des plus grands fabricants d’armes israéliens, est l’une des sociétés qui émet ses actions. Depuis près de vingt ans, la filiale locale de l’entreprise bénéficie du capital patient offert par les fonds communs de placement et les gestionnaires d’actifs américains tels que le groupe Vanguard. En mai dernier, Elbit a levé 512 millions de dollars supplémentaires auprès d’investisseurs américains par le biais d’une nouvelle émission d’actions.

La technologie, l’État et le militarisme

Le secteur technologique américain a également joué un rôle majeur dans le génocide en cours. Amazon et Google, par exemple, ont tous deux fourni à l’armée israélienne et aux principaux fabricants d’armes des services en cloud au cours des vingt derniers mois.

Depuis octobre 2023, Google et Microsoft ont également fourni à l’armée israélienne leurs principaux modèles d’IA, ce qui leur a valu les félicitations publiques du colonel Racheli Dembinsky, commandant de l’unité du centre de calcul et des systèmes d’information de l’armée israélienne. En outre, les capitaux de la Silicon Valley ont servi à renforcer la stabilité macroéconomique de l’économie israélienne. L’acquisition en mars 2025 d’une société israélienne de sécurité informatique (Wiz) pour 32 milliards de dollars par Alphabet, la société mère de Google, a été la plus grande acquisition de l’histoire de la société et une bouée de sauvetage importante pour l’économie israélienne.

Mais l’implication de la technologie dans le génocide n’est pas seulement le résultat des liens sous-jacents entre les économies américaine et israélienne. Il s’agit également d’un produit du modèle d’entreprise des sociétés technologiques du XXIe siècle.

Ces dernières années, la technologie est devenue de plus en plus dépendante des États plutôt que des consommateurs privés pour réaliser des profits. À des degrés divers, les mastodontes de la Silicon Valley luttent tous contre trois problèmes interdépendants : la concurrence des entreprises chinoises, les inquiétudes quant à la viabilité à long terme de la publicité et des revenus tirés de l’informatique dématérialisée, et la crainte que leurs énormes dépenses d’investissement dans l’infrastructure de l’intelligence artificielle ne portent pas leurs fruits.

Dans ces conditions, la plupart des grandes entreprises ont reconnu que l’obtention de contrats gouvernementaux constituait une protection essentielle face à l’insécurité. Inquiète des perspectives de rentabilité dans l’économie civile, l’industrie technologique américaine, à l’instar des industries américaines de capital-investissement et de capital-risque, en est venue à considérer la défense et la sécurité comme des marchés de croissance particulièrement prometteurs.

En passant des contrats avec l’État israélien, ces entreprises technologiques sont en mesure d’obtenir une source de revenus, une opportunité pour des services d’essais sur le terrain et des applications de services publicitaires, ainsi qu’un moyen de rester dans les bonnes grâces du Pentagone. Comme l’a fait remarquer l’économiste marxiste Rosa Luxemburg il y a un siècle, le militarisme contribue à lier la bourgeoisie à l’État capitaliste. À Gaza, le militarisme attire le capital financier par le biais des commandes de milliards de dollars passées par Israël à General Dynamics, Lockheed Martin et Northrop Grumman, qui appartiennent à Wall Street. Mais il bénéficie également du soutien d’une industrie technologique dont le mantra, il y a dix ans à peine, était « Don’t Be Evil » (Ne soyez pas diabolique).

*

Colin Powers est chercheur principal et rédacteur en chef du programme MENA de Noria Research.


Serbie / Kosovo : Le plus gros bobard de la fin du XXe siècle- par Serge Halimi & Pierre Rimbert

 SOURCE: https://albagranadanorthafrica.wordpress.com/2020/07/13/serbie-kosovo-le-plus-gros-bobard-de-la-fin-du-xxe-siecle-par-serge-halimi-pierre-rimbert/

Castelao na Unión Soviética: "Pareceume que estaba na Galiza"

 FONTE: https://www.nosdiario.gal/articulo/memoria/castelao-union-sovietica-pareceu-que-estaba-galiza/20250719190914228606.html

O historiador Carlos Morais vén de dar ao prelo un estudo en Abrente Editora sobre a estadía de Daniel Castelao na Unión Soviética entre abril e maio de 1938. O volume titulado "26 días de Castelao na URSS" achega a visión do dirixente nacionalista sobre a viaxe e o socialismo.

Foto Delegaçom visita Moscovo. Crónica 19.6.1938
Castelao, canda outros integrantes da delegación do Goberno republicano que visitaron a Unión Soviética en 1938, ao seu retorno en Barcelona en xuño de 1938. (Foto: Crónica)

Castelao botou 26 días na Unión Soviética entre abril e maio de 1938. A súa visita á URSS enmarcouse nunha viaxe dunha delegación do Goberno republicano para asistir aos actos do Primeiro de Maio en Moscova. Na comitiva estaba, tamén, presente Virxinia Pereira.

O dirixente nacionalista deixou múltiples testemuñas da viaxe así como diversas reflexións sobre o sistema soviético. A este respecto, Morais "asegura que Castelao nunca foi comunista, mais si admirador, simpatizante e defensor da URSS" e apunta que "eses 26 días deixaron unha forte pegada en Castelao, que ideoloxicamente situamos nos parámetros do nacionalismo galego de esquerda radicalmente antifascista e antiimperialista"

As primeiras impresións de Castelao sobre a URSS, após un mitin na cidade de San Petersburgo, naquela altura denominada Leningrado, non deixan de sorprender. Así, sinalou,  que "me pareceu que estaba na Galiza, porque os tipos rusos son exactamente iguais. En xeral, deu-me a sensación de que estaba nun mitin nunha aldea galega".

O 10 de maio de 1938, nunha entrevista concedida ao diario Trud antes de abandonar Moscova con destino a Ucraína e Azerbaixan, Castelao afimrou  que "viñemos aquí para coñecer a súa enorme experiencia revolucionaria. Notamos nos ollos dos cidadáns soviéticos algo que, por cima de todo, fainos falta agora: un amor, unha compaixón pola nosa grande loita".

"O único pobo que nos defende de cheo é o pobo soviético", continúa Castelao, "por iso que a primeira palabra que aprendemos aquí é spsibo (obrigado). Agradecémosvos o voso cariño e a vosa hospitalidade, a vosa axuda. As horas que pasamos aquí ficaran na nosa memoria como o mellor das nosas vidas".

A prensa soviética ocupouse da obra de Castelao. Así, Pravda, órgano do comité central do Partido Comunista da Unión Soviética (PCUS), sinala na súa edición de 11 de maio de 1938  que "un dos membros da delegación obreira (...) é un destacado pintor e artista revolucionario español, Castelao. Trouxo a Moscova unha serie de debuxos que, con grande mestría e realismo, mostran os horrores e barbaries fascistas”.

O dramaturgo soviético Alexander Viliamovich Fevralski, nun artigo publicado nesas mesmas datas na revista Iskusstvo titulado A arte na República española, escribía "o artista galego Alfonso R. Castelao, deputado das Cortes (o Parlamento español) é autor dunha serie de gravados de grande forza expresiva”, describindo a continuación o contido dos gravados de Galiza mártir.

O traballo de Morais recolle toda unha serie de reflexións e análises de Castelao sobre a Unión Soviética. Nos mesmos o dirixente nacionalista, destaca a aposta do Goberno da URSS polas linguas minorizadas e pola "liberdade das nacionalidades soviéticas" como lle lembrou nunha carta a Rodolfo Prada.

"O fío vermello do movemento de afirmación nacional galego"

Morais explica que "Castelao é continuador do fío vermello do movemento de afirmación nacional galego, que de Rosalía de Castro, pasando por Manuel Murguía, simpatiza con o socialismo utópico e posteriormente co socialismo científico"

"Castelao non foi unha anomalía nin un verso solto no movemento nacionalista da altura", continúa Morais, quen lembra a influencia no seu pensamento e en todo o nacionalismo dos anos 20 e 30 das achegas teóricas de Ramón Vilar Ponte. Neste punto, destaca as análises recollidas na súa Doctrina Nazonalista de 1921, "onde presenta o nacionalismo

Dionísio Pereira: “A represión adopta un carácter de clase nas Frieiras”

 


Dionisio Pereira (A Coruña,1953) é un das grandes referencias nos estudos da memoria na Galiza. Autor dunha abondosa bibliografía arredor dos movementos sociais e político no período republicano e sobre a represión franquista, achegámonos nesta conversa a súa investigación sobre os vitimarios na comarca das Frieiras.
Pereira Verín

A dinámica da etapa republicana remata condicionando o proceso represivo após o golpe militar de 18 de xullo de 1936, cal era a realidade social e política das terras das Frieiras nos anos anteriores ao levantamento franquista?

As obras do camiño de ferro Zamora-Ourense, coa conseguinte concentración de milleiros de “carrilanos” procedentes quer da contorna galaico-portuguesa, quer doutras zonas do Estado, deron lugar a unha importante conflitividade sociolaboral na zona. Neste contexto, no eido municipal a presión dos traballadores da vía conforme avanzaba o mandato da Fronte Popular, comezou a mudar tanto a composición dos concellos como a súa orientación ao servizo das elites locais, tradicionalmente debedoras de vellas reminiscencias caciquís a penas agachadas tras o 14 de Abril por unha aparencia de republicanismo. A conflitividade laboral, asemade, tomou outra dimensión a partir da frustrada Revolución de Outubro de 1934, tras a cal os “destajistas” das obras pretenderon substituír cadros sindicais por obreiros afíns ás dereitas. Un mes antes do golpe militar, a totalidade dos sindicatos operativos na vía entre A Pobra de Seabra e Vilar de Barrio, con maioría da CNT e presenza destacada do PCE, declararon a folga xeral para acadar a readmisión dos despedidos en 1934, incremento do xornal, semana de 44 horas, roupa de traballo a cargo da empresa, horas extras valoradas un 25% máis, despedimentos indemnizados e o recoñecemento dos delegados sindicais por parte dos contratistas. No transcurso do conflito, a empresa concesionaria MZOV considerará como revolucionarias unhas peticións tan sinxelas, apostando por converter un conflito laboral nun de orde pública. Daquela, a intervención da Garda Civil tivo unha resposta contundente por parte dos “carrilanos”, chegándose á confrontación armada. Neste clima, ten lugar o golpe de Estado de xullo de 1936.

As Frieiras é unha das comarcas da Galiza que máis tarda en caer en mans dos franquistas, cales son as razóns que explican esa capacidade de resistencia?

Penso que é a que máis tarda. A columna de soldados, gardas civís e de asalto, carabineiros e milicianos ao mando do capitán da Garda Civil Juan Ros, entra na Vilavella o 29 de xullo: é a última localidade galega de certa importancia en caer en mans dos facciosos. E a columna do comandante Reyna, que avanzaba na parte zamorana das Portelas, aínda é tiroteada no Padornelo ao día seguinte. A capacidade de resistencia estivo baseada na multitudinaria concentración operaria e a súa organización nunha ducia de sindicatos entre Requeixo de Seabra, Campobecerros e Portocamba, xa no municipio de Castrelo do Val; daquela, os “carrilanos” tiveron acceso á dinamita empregada a eito nas obras do tendido e ás camionetas de servizo que aseguraron a coordinación dos resistentes deste amplo territorio. Mais tamén foron determinantes a lealdade á República por parte dos carabineiros de A Gudiña, A Mezquita e Padornelo e a actitude dalgunhas autoridades municipais, caso dos alcaldes de A Gudiña e da localidade zamorana de Lubián, Felicísimo Pérez Ortega e Emilio Silva, respectivamente, que tentaron organizar a defensa dende os concellos.

Sinala no seu traballo que algúns dos responsábeis das milicias fascistas foron encargados das obras do camiño de ferro, até que punto isto non é un síntoma do carácter de clase que toma a represión?

Na Gudiña, os primeiros xefes de Falanxe e os responsábeis das milicias que se crean de contado por parte da Garda Civil, adoitan ser contratistas, capataces e, mesmo, responsábeis da empresa concesionaria das obras. Logo, as milicias teñen un aporte moi significativo de “carrilanos” de dereitas recrutados en outubro de 1934 e, logo, despedidos dos traballos tras a Fronte Popular. Todo isto tamén acontece noutros lugares do tendido ourensán, caso de Amoeiro ou Campobecerros. Semella claro que estamos diante dunha consecuencia da loita de clases que, conforme avanzaba a República, foi a máis debido á combatividade e organización dunha boa parte dos “carrilanos”. Coa súa participación directa e singularmente cruel na represión, cuxas principais vítimas foron os protagonistas tanto das loitas societarias como da resistencia ao golpe, capataces e “carrilanos” de dereitas amosaban ás claras as motivacións que os asimilaban á patronal e, ao tempo, os confrontaban cos seus compañeiros de clase. Sobre isto, quixera facer unha reflexión. Hai quen critica os traballos que, maiormente fora da Universidade, se están a facer no eido dos vitimarios, presentando aqueles como simples listaxes de individuos cuxas prácticas noxentas se explican botando man tan só de argumentos morais. Se acaso, esta visión reducionista puido primar nun primeiro intre, debido, máis que nada, ás propias dificultades que este tipo de investigacións levaban de seu nos anos 80 e 90 do século pasado. Grande parte dos traballos que compoñen este coleccionábel d´Os Nomes do Terror demostran que esa fase ficou superada, pois presentan os verdugos como “suxeitos históricos” inseridos nun contexto sociopolítico determinado, actuando en defensa de intereses moi concretos mediante mecánicas represivas pautadas. O cal non exclúe, ás veces, un descontrol máis aparente que real, onde imperan os abismos da condición humana.

Un dos actores da represión que aparece no seu traballo é a Falanxe de Verín, que destacaría da súa actuación nas terras das Frieiras pero tamén noutras comarcas galegas e do Estado?

Eu non investiguei as actividades dos verdugos falanxistas de Verín, tan só dou fe da súa presenza nas Frieiras en diversas accións de inhumana brutalidade, caso do asasinato do mestre alaricán José Luis Bouzas, cuxo cadáver foi queimado en Pentes, ou do estarrecedor calvario que debeu pasar Anuncia Casado nas Reverdeitas de Viana. Nestes e noutros episodios acontecidos na contorna das Frieiras, repítense os nomes de Fernando Salgueiro, fillo dos propietarios de Cabreiroá e a quen no exilio mexicano se lle atribuían oitenta asasinatos, Antonio Sanguino médico daquel Balneario, ou de Antonio Aguirre “O Churro” de Vilaza, axustizado mediados os anos 40 pola guerrilla. A crueldade da Falanxe de Verín espallouse, polo que se pode saber, por Monterrei, polas Terras de Viana, por Valdeorras, polas Frieiras e, mesmo, por Villablino, onde Verín esperta aínda lembranzas desgraciadas. É urxente unha investigación a fondo sobre a Falanxe de Verín, cuxa pegada chega até os nosos días; de feito, o actual estadio de fútbol da vila do Támega leva, de xeito incomprensíbel, o nome de José Arjiz Salgado, “camisa vieja”, alcalde na Ditadura de Franco e director en 1936 do periódico da Falange local “España Nueva”, onde se describen algunhas daquelas atrocidades.

Sinala un crego, José Fernández Rivada como organizador da milicia falanxista de Campobecerros en Castrelo de Val, cos dados dos que dispón que panorámica fai sobre a participación da igrexa no operativo do terror das Frieiras?

Aínda que de pouca importancia, durante a Fronte Popular as axitacións operarias no tendido do camiño de ferro tamén deron lugar a algún episodio antirrelixioso. Por exemplo na Gudiña e Requeixo, respectivamente, onde a igrexa parroquial e a capela da Guadalupe foron asaltadas polos “carrilanos” coa pretensión de convertelas en locais para os sindicatos, ou en Campobecerros onde a parroquial foi obxecto dun atentado. No intre do golpe militar o crego Rivada estaba perto da capital ourensá, en Palmés concretamente, visitando a un seu tío que era o párroco da localidade. E alí ambos salvaron a vida debido á intervención do mestre anarquista Luis Bazal. Aos poucos, cando a columna Ros controlou Campobecerros, Rivada retornou á súa parroquia, onde organizou con permiso de autoridades civís e militares unha garda de protección persoal, que pronto se converteu en milicia de acompañamento á devandita columna nas tarefas de “limpeza” que, con resultados sanguentos, se levaron a cabo polos montes do Invernadoiro e proximidades. En diante, a ascendencia de Rivada na contorna de Campobecerros, converteuno en peza esencial para o control social dos seus habitantes, algo que a memoria colectiva conserva aínda hoxe con singular énfase. Aparte de Rivada, houbo outros cregos nas Frieiras comprometidos coa represión, caso do párroco de Chaguazoso, Francisco Pérez Anta, primeiro xefe da Falanxe local e destacado polo seu aquel delator. Mesmo entre a manda salvaxe de falanxistas procedentes de Amoeiro que durante tres días de agosto matou, roubou e violou con total impunidade na Gudiña, figurou un sacerdote. Pola contra, malia as tirapuxas que tivo cos “carrilanos”, o párroco da Gudiña, Primitivo San Román, defendeu varios veciños que foron obxecto de consellos de guerra, algo que tamén fixo o crego de Tameirón. En definitiva, o “lusco fusco” do clero non xerárquico verbo da represión franquista, fica mais unha vez ás claras.

"Os que mataban, que eran falanxistas todos, non sei si eran mandados por ese da Gudiña"

 FONTE: https://www.nosdiario.gal/articulo/memoria/que-mataban-que-eran-falanxistas-todos-non-sei-eran-mandados-da-gudina-polo-camba

Ponte Arandos
Ponte dos Arandos, no concello da Mezquita, na comarca de Viana, onde as milicias falanxistas da Gudiña asasinaron a Francisco Sánchez Guerra. (Foto: Adriansito Estévez Iglesias)

O 29 de agosto de 1936 un grupo de falanxistas da Gudiña (comarca da Viana) paraban o seu coche da morte nas proximidades da Ponte dos Arandos, no concello da Mezquita, na comarca de Viana, co obxectivo de asasinar mediante a aplicación da Lei de fugas a dous militantes de esquerda.

Un deles, o veciño da Gudiña e obreiro dos camiños de ferro, Francisco Sánchez Guerra, rematou morto alí mesmo polos milicianos fascistas. O outro, tamén residente na Gudiña, operario do ferrocarril e dirixente da CNT, José Martínez Saquete, popularmente coñecido como Jacinto, logrou librarse dos falanxistas e fuxir.

Unha testemuña daqueles feitos, Josefa Pérez, parella durante toda unha vida do guerrilleiro Cándido Losada Malvavisco, contou, canda o seu compañeiro, décadas despois  ao etnógrafo José Rodríguez Cruz  o acontecido naquela xornada. Precisamente, o historiador Dioniso Pereira divulgou esta semana parte das conversas nas súas redes sociais.

Josefa e Cándido lembraron que "trouxérono a matar aquí, nun camión. Que din, que aínda dicían que o puidera salvar o chofer, e o chofer aínda lle axudou. O Jacinto escapou e o outro, se non é polo chofer, creo que tamén escapaba, pero o chofer axudoulle aos outros. Iso foi aí, entre a Canda" (concello da Mezquita) "e a "Vilavella" (concello da Mezquita), "pero máis cerca da Vilavella ca da Canda, aí mesmo onde vai o cruce para Vilanova, nas Hortas".

"Ese que mataron aquí", continuaron Josefa e Cándido, "me parece que lle chamaban Paco aínda sería noviño, tiña unha camisa branca, levaba... e se coñece que lle andaron e levábaa toda rota; nós estabamos na estrada..., subimos á camioneta, e despois a Garda Civil rifounos. Eles engarráronse cos que ían a matalos e si o tal Jacinto puido escapar, pero o outro como ía preso non puido,...non sei que pasou".

A parella sinalou que "hai quen di que foi o chofer o que lle pegou un tiro, o que o matou. El ao que o levaba, dominábao. Iso foi aí, onde aparta a estrada para Pías, ao lado de abaixo da estrada....., e os que  mataban, que eran falanxistas todos, non sei si eran mandados por ese da Gudiña, polo Camba. O Camba foi un asasino...".

"Os Rebidos"

Dioniso Pereira, un dos pioneiros na investigación dos vitimarios na Galiza e o mellor coñecedor do aparato represor na comarca de Viana, explica a Nós Diario que "Manuel Camba Peñuelas, comerciante de A Gudiña, fixo parte segundo a documentación que chegou da época da partida falanxista dos Rebidos".

A acción deste grupo represor chegou mesmo a Portugal. A este respecto, Pereira recuperou un documento en decembro de 2020 do gobernador civil de Bragança que advertía que este grupo "fora quen de invadir territorio portugués, entre O Seixo e Cisterna, e andar a tiros con algún cidadán lusitano simpatizante das esquerdas". Precisamente, o informe sinala a "Manuel Camba, Carlos e Carlos (sic), coñecidos pelos Rebidos, residentes na Gudiña".

Pereira, partindo da información que custodian os arquivos portugueses, sitúa entre os membros da partida fascista da Gudiña que actuou en Portugal ao "propietario Manuel Camba Peñuelas, ao estudante Carlos Pliego, ao dono dunha ferraría na Barxa e xefe local da Falanxe da Gudiña, Pedro Barxa e, se acaso, ao fillo do sarxento da Garda Civil de Erosa, Graciano Barxa Vázquez".

"As milicias da Falanxe Española da Gudiña, nas que salientou algún capataz do camiño de ferro", sinala Pereira, "tiveron tamén a súa participación nos asasinatos e abusos padecidos na vila e na súa contorna". A este respecto, o historiador significa o asasinato en Pentes (A Gudiña) o 21 de agosto de 1936 do mestre nacionalista de Flariz en Monterrei, José Luis Bouzas.  

"Tras atalo a un poste e pegarlle un tiro, queimaron o cadáver"

"No caso de Bouzas", continúa Pereira, "si acreditamos no protagonismo do somatén daquela pequena localidade encabezado por dous veciños apelidados Ameneiro e Feixoo, que o detiveron diante dos seus alumnos, o ingresaron na cadea de Verín  e, ao cabo, conducírono até Pentes, onde tras atalo a un poste e pegarlle un tiro, queimaron o cadáver".

La Tercera Guerra Mundial ya ha comenzado, pero no todos lo entienden

FUENTE: https://observatoriocrisis.com/2025/07/20/la-tercera-guerra-mundial-ya-ha-comenzado-pero-no-todos-lo-entienden/

DMITRI TRENIN, Miembro del Consejo Ruso de Asuntos Internacionales

La guerra «caliente» en Ucrania se está convirtiendo en una guerra directa de Europa contra Rusia . De hecho, los europeos llevan mucho tiempo involucrados en el conflicto.

Mucha gente habla ahora de la deriva de la humanidad hacia una «tercera guerra mundial», insinuando que nos espera algo similar a los acontecimientos del siglo XX. Sin embargo, la guerra cambia constantemente de aspecto. No nos llegará como en junio de 1941 (una invasión militar a gran escala), ni como se temía en octubre de 1962, durante la Crisis de los Misiles de Cuba (en forma de un ataque nuclear masivo). De hecho, la guerra mundial ya está aquí, aunque no todos lo hayan notado ni comprendido. 

El período de preguerra terminó para Rusia en 2014, para China en 2017 y para Irán en 2023. Desde entonces, la escala de la guerra en su forma moderna y su intensidad han aumentado constantemente. No se trata de una «segunda guerra fría». Desde 2022, la guerra de Occidente contra Rusia ha adquirido un carácter decisivo, y la transición de un conflicto candente pero indirecto en Ucrania a un choque nuclear frontal con los países de la OTAN es cada vez más probable. 

El regreso de Donald Trump a la Casa Blanca abrió la posibilidad de evitar tal enfrentamiento, pero a mediados de año, gracias a los esfuerzos de los países europeos y los «halcones» estadounidenses, la perspectiva de una gran guerra se había vuelto peligrosamente cercana. La actual guerra mundial es una combinación de varios conflictos que involucran a las principales potencias: Estados Unidos y sus aliados, China y Rusia.

A pesar de las formas cambiantes, la causa de esta guerra mundial es tradicional: un cambio en el equilibrio de poder mundial. Sintiendo que el auge de nuevos centros de poder (principalmente China) y la restauración de Rusia como gran potencia amenazan su dominio, Occidente ha lanzado una contraofensiva. Para Estados Unidos y Europa, esta no es la última batalla, pero sin duda será decisiva.

Occidente es incapaz de aceptar la pérdida de la hegemonía mundial. No se trata solo de geopolítica. La ideología occidental (globalismo político y económico, y posthumanismo sociocultural) rechaza orgánicamente la diversidad, la identidad nacional o civilizacional y la tradición. Para el Occidente moderno, el rechazo del universalismo significa una catástrofe: no está preparado para un estatus regional. Por lo tanto, Occidente, habiendo reunido sus considerables recursos y contando con su superioridad tecnológica, frágil pero aún vigente, busca destruir a quienes ha registrado como rivales.

Destruir no es una exageración. Cuando el anterior presidente estadounidense, Joe Biden, usó la palabra en una conversación con el presidente brasileño Lula da Silva, fue más franco que cuando su secretario de Defensa, Lloyd Austin, habló de “infligir una derrota estratégica a Rusia”. 

Lo que es una guerra de aniquilación ha sido demostrado por Israel, respaldado por Occidente, primero en Gaza, luego en Líbano y finalmente en Irán. No es coincidencia que se usara el mismo esquema para destruir objetivos en la República Islámica que en el ataque a los aeródromos militares rusos el 1 de junio. También es natural que, aparentemente, Estados Unidos y Gran Bretaña estén involucrados en ambas operaciones de sabotaje: Rusia, como Irán, China y Corea del Norte, son considerados en Washington y Londres enemigos irreconciliables de Occidente. Esto significa que los compromisos en la guerra en curso son imposibles; solo puede haber calmas temporales .

Dos focos de guerra mundial ya están en auge : Europa del Este y Oriente Medio. Un tercero se vislumbra desde hace tiempo: Asia Oriental (Taiwán, la península de Corea, los mares de China Meridional y Oriental). Rusia participa directamente en la guerra en Europa; sus intereses se ven afectados en Irán; y podría estar involucrada de una u otra forma en el Lejano Oriente. 

Tres focos no son todos. Podrían surgir nuevos, desde el Ártico hasta Afganistán, y no solo a lo largo del perímetro de las fronteras del país, sino también dentro de él. En lugar de las estrategias de guerra anteriores, que contemplaban, además de quebrantar la voluntad del enemigo y privarlo de su capacidad de resistencia, el control de su territorio, las estrategias modernas no se orientan a ocupar un estado enemigo, sino a provocar la desestabilización y el caos internos.

La estrategia de Occidente hacia Rusia , tras el fallido intento de «infligir una derrota estratégica», consiste en debilitarla económica y psicológicamente mediante la guerra, desestabilizar nuestra sociedad, socavar la confianza en el liderazgo del país y sus políticas, y provocar nuevos disturbios. El enemigo asume que sus esfuerzos deben culminar en el período de transferencia del poder supremo.

En cuanto a los métodos para lograr este objetivo , Occidente no se limita (ni a sus aliados) a prácticamente nada. Absolutamente todo es permisible. La guerra se ha vuelto voluminosa. Gracias al uso generalizado de drones cada vez más sofisticados, todo el territorio de cualquier país, cualquiera de sus instalaciones y todos sus ciudadanos se han vuelto vulnerables a ataques precisos. 

Estos ataques se llevan a cabo contra infraestructuras y fuerzas nucleares estratégicas; instalaciones de complejos nucleares y centrales nucleares; políticos, científicos, figuras públicas, diplomáticos (incluidos negociadores oficiales), periodistas y, cabe añadir, sus familiares son asesinados. Se organizan ataques terroristas masivos; zonas residenciales, escuelas y hospitales son objeto de bombardeos selectivos, ¡no aleatorios! Esto es una guerra total en el pleno sentido de la palabra.

La guerra total se basa en deshumanizar al enemigo . No se tienen en cuenta las víctimas extranjeras (ni siquiera entre los propios aliados, ni hablar de los representantes). La mano de obra y la población del enemigo son biomasa. Solo importan las propias pérdidas, ya que pueden afectar el nivel de apoyo electoral al gobierno. 

El enemigo es el mal absoluto que debe ser aplastado y destruido. La actitud hacia el mal no es una cuestión de política, sino de moralidad. Por lo tanto, no hay respeto externo por el enemigo, como fue el caso durante la Guerra Fría. En cambio, se aviva el odio. El liderazgo enemigo es criminal por definición, y la población de los países enemigos tiene responsabilidad colectiva por los líderes que tolera. Las estructuras internacionales (organizaciones, agencias, tribunales) capturadas por Occidente se han transformado en parte de un aparato represivo destinado a perseguir y castigar a los oponentes.

La deshumanización se basa en el control total de la información y en un lavado de cerebro metódico y de alta tecnología. Reescribir la historia, incluyendo la Segunda Guerra Mundial y la Guerra Fría. Se miente descaradamente sobre la situación actual, se prohíbe cualquier información proveniente del enemigo, se persigue a los ciudadanos que dudan de la veracidad de la narrativa única y los califican de agentes enemigos, convirtiendo a las sociedades occidentales en objetos para la manipulación de las élites gobernantes.

 Al mismo tiempo, Occidente y sus aliados, a menudo utilizando un régimen más blando, en el bando enemigo reclutan allí agentes para provocar conflictos internos —sociales, políticos, ideológicos, étnicos, religiosos, etc.—.

La fuerza del enemigo reside en la cohesión de la élite globalista (ya posnacional) mundial y en el exitoso procesamiento ideológico de la población . No debe exagerarse la división entre Estados Unidos y el resto de Occidente bajo el gobierno de Trump. Ha habido una división dentro del propio «grupo Trump», mientras que Trump se acerca a sus críticos recientes. 

La experiencia de los últimos años demuestra que muchas de las medidas más importantes las está tomando el «estado profundo» eludiendo al actual presidente. Este es un grave factor de riesgo. Occidente aún posee un impresionante poder militar y los medios para proyectarlo globalmente. Mantiene un liderazgo tecnológico, una hegemonía financiera y domina el campo de la información. 

Su escenario de guerra abarca desde las sanciones hasta el ciberespacio, desde la biotecnología hasta el ámbito del pensamiento humano. Su estrategia consiste en atacar a los enemigos uno por uno. Occidente practicó con Yugoslavia, Irak y Libia, ante quienes nadie se opuso. Ahora se encuentra en una guerra indirecta con Rusia. Mientras Israel, con el apoyo de Occidente, ataca a Irán. La RPDC y China están en la lista de espera.

***

La guerra «caliente» en Ucrania se está convirtiendo en una guerra directa de Europa contra Rusia . De hecho, los europeos llevan mucho tiempo involucrados en el conflicto. Misiles británicos y franceses alcanzan objetivos rusos, la inteligencia de los países de la OTAN se transfiere a Kiev, los europeos participan en el entrenamiento de combate de las Fuerzas Armadas ucranianas y en la planificación conjunta de operaciones militares, de sabotaje y terroristas. 

Muchos países de la UE suministran armas y municiones a Kiev. Ucrania es una herramienta, un consumible para Europa; la guerra no se limita a Ucrania ni terminará allí. A medida que disminuyen los recursos humanos ucranianos, la OTAN y la UE involucrarán los recursos de otros países de Europa del Este, en particular los Balcanes. Esto debería dar tiempo a Europa para prepararse para una guerra con Rusia a medio plazo.

Una pregunta razonable: ¿se trata de una preparación para la defensa o el ataque? Quizás una parte de las élites europeas haya sido víctima de su propia propaganda sobre la «amenaza rusa», pero para la mayoría se trata del deseo de conservar el poder en las condiciones de histeria prebélica. Sin embargo, los peligros provenientes de Occidente deben tomarse en serio. 

Por supuesto, no debemos esperar una repetición literal del 24 de junio de 1812 o el 22 de junio de 1941. Puede haber (y sin duda habrá) provocaciones desde el Báltico hasta el Mar Negro; es probable que se intente abrir un «segundo frente» en Transnistria, Transcaucasia u otros lugares. Particularmente peligrosos pueden ser: la transferencia de armas poderosas por parte de europeos a Kiev, que se afirmará que fueron fabricadas por la propia Ucrania; los intentos de bloquear la salida del Golfo de Finlandia o Kaliningrado; nuevos sabotajes contra las instalaciones estratégicas de Rusia. Lo principal es que las élites europeas han recuperado un objetivo: resolver de alguna manera la «cuestión rusa » .

En ningún caso debemos tratar a los europeos a la ligera o con condescendencia . Debido a que Europa ha fracasado en muchas áreas, su élite está nerviosa y se moviliza. La pérdida de Europa de la capacidad de pensar estratégicamente, y la pérdida de prudencia e incluso de sentido común de sus gobernantes, la hace más peligrosa. 

La hostilidad de los círculos gobernantes de Europa hacia Rusia no es una cuestión de oportunismo que pronto será reemplazado por un «espíritu empresarial». No se trata solo de que Rusia, en la imagen de un enemigo, ayude a las élites a unir la Unión Europea y luchar contra los competidores internos. Y no se trata solo de fobias y agravios de larga data. 

Más importante aún, Rusia no es solo un «otro significativo»; obstaculiza la restauración de la hegemonía occidental (incluida la europea), representa una alternativa de civilización que confunde a los europeos comunes y limita la capacidad de las élites europeas para explotar al resto del mundo. Por lo tanto, una Europa unida apunta seriamente a aplastar a Rusia.

Por lo tanto, nos espera una larga guerra . No habrá una victoria en Ucrania como la de 1945. La confrontación continuará de otras formas, posiblemente también en el ámbito militar. No habrá una confrontación estable (es decir, una coexistencia pacífica), como durante la Guerra Fría. Al contrario, las próximas décadas prometen ser muy dinámicas. Tendremos que continuar la lucha por el lugar que merece Rusia en el nuevo orden emergente.

***

¿Qué hacer? No hay vuelta atrás y no se vislumbra paz. Ha llegado el momento de tomar decisiones, de actuar. No es momento de medias tintas; las medias tintas conducen al desastre.

Para nosotros, lo principal es fortalecer la retaguardia sin debilitar el frente. Necesitamos movilizar fuerzas, pero no según las instrucciones de hace 50 años, sino con inteligencia. Si luchamos a medias, perderemos sin duda. 

Nuestra ventaja estratégica —un liderazgo político seguro— debe mantenerse y, sobre todo, reproducirse sin fisuras. Debemos tener claro hacia dónde y qué camino tomamos. Nuestras políticas económicas, financieras y tecnológicas deben corresponder plenamente a las duras realidades de una confrontación a largo plazo, y la política demográfica (desde la natalidad hasta la migración) debe frenar y revertir las tendencias que nos resultan peligrosas. La unidad patriótica de la población, la solidaridad práctica de todos sus grupos sociales y el fortalecimiento del sentido de justicia deben convertirse en la principal preocupación de las autoridades y la sociedad.

Necesitamos fortalecer las alianzas y asociaciones externas. Las alianzas militares en Occidente (Bielorrusia) y Oriente (Corea del Norte) han demostrado su eficacia. Sin embargo, carecemos de un aliado similar en el sur. Necesitamos trabajar para fortalecer la dimensión sur de nuestra geopolítica. Debemos analizar con seriedad y cuidado los resultados y las consecuencias de la guerra entre Israel, por un lado, e Irán y sus aliados regionales, por el otro. 

El enemigo, actuando como un solo bloque, apuesta por destruir a sus enemigos uno a uno. De esto, nosotros y nuestros socios debemos extraer una conclusión obvia: no copiar los formatos occidentales, sino lograr una coordinación más estrecha y una interacción eficaz.

Es posible y necesario jugar tácticamente con la administración Trump; afortunadamente, ya ha obtenido algunos resultados tácticos (por ejemplo, ayudó a reducir la participación estadounidense en el conflicto ucraniano). Al mismo tiempo, es importante recordar: la táctica no es estrategia. La disposición a dialogar es complaciente para muchos, inspirando sueños de un rápido retorno al pasado brillante. La élite política estadounidense, por el contrario, sigue siendo, en general, hostil hacia Rusia. 

No habrá una nueva distensión con Estados Unidos, y la anterior terminó mal. Sí, el proceso de reformular la estrategia de política exterior estadounidense, de «imperial» a «gran potencia», probablemente continuará después que Trump deje el cargo. Debemos tener esto presente y aplicarlo en la práctica política.

Es necesario hacer comprender (no solo con palabras) a los cabecillas europeos de la lucha contra Rusia —Inglaterra, Francia, Alemania— que son vulnerables y que no podrán salir indemnes ante una nueva escalada del conflicto ucraniano. El mismo mensaje debe dirigirse a los «activistas de primera hora» de la guerra antirrusa: finlandeses, polacos y bálticos. Sus provocaciones deben ser contrarrestadas de inmediato y con contundencia. Nuestro objetivo es infundir miedo en el enemigo, acallarlo, hacerle reflexionar y detenerse.

En general, se debe actuar según la propia decisión y lógica. Actuar con audacia, no necesariamente como un espejo. Y no necesariamente como respuesta. Si un enfrentamiento es inevitable, habrá que atacar preventivamente. Al principio, con medios convencionales. Si es necesario, tras una cuidadosa consideración, con medios especiales, es decir, nucleares. 

La disuasión nuclear puede ser no solo pasiva, sino también activa, incluyendo el uso limitado de armas nucleares. La experiencia de la guerra en Ucrania demuestra que los centros de decisión no deben gozar de inmunidad. Allí, estábamos muy retrasados en los ataques, lo que produjo en el enemigo una falsa impresión sobre nuestra determinación. En la lucha que se nos impuso, debemos centrarnos en la victoria, es decir, en la completa destrucción de los planes del enemigo.

No solo necesitamos penetrar la defensa aérea enemiga en Ucrania (y, de ser necesario, en otros lugares), sino también romper la cúpula de información tras la que se ha refugiado Occidente. La Rusia postsoviética se ha negado a interferir en los asuntos internos de otros países. En tiempos de guerra, esto es un lujo inasequible. No debemos contar con que la derecha tradicional o la izquierda «normal» lleguen al poder en algún lugar y todo se resolverá solo. 

Necesitamos socavar el frente unido de nuestros oponentes desde dentro, explotar las contradicciones de intereses y ambiciones de diferentes estados, fuerzas e individuos. Europa no es homogénea. Junto a la célula dirigente (Inglaterra, Francia, Alemania) y un grupo de activistas provocadores (Finlandia, Polonia, los países bálticos), hay disidentes (Hungría, Eslovaquia, mientras los gobiernos actuales estén en el poder allí), cuyo número puede aumentar (por ejemplo, hasta el tamaño de la antigua Austria-Hungría), así como un grupo «pasivo» bastante numeroso de países del sur de Europa (Italia, España, Grecia, Chipre). 

En general, el campo de trabajo informativo y político es amplio. La OTAN y la UE son organizaciones hostiles para nosotros, la OSCE es prácticamente inútil, pero necesitamos ofrecer un diálogo activo a todas las fuerzas sensatas de Europa y crear coaliciones por la vida, por la paz y por la humanidad. Rusia no va a «secuestrar» a Europa, pero tendremos que pacificarla.