Hommage aux inventeurs du dimanche, aux adultes restés fidèles aux «rêveries de l’enfance», à travers le portrait d'inventeurs et d'artistes. Longues séquences consacrées au douanier Rousseau et au Facteur Cheval.
Hommage aux inventeurs du dimanche, aux adultes restés fidèles aux «rêveries de l’enfance», à travers le portrait d'inventeurs et d'artistes. Longues séquences consacrées au douanier Rousseau et au Facteur Cheval.
Eugène Dieudonné, anarchiste, ancien bagnard, et accusé d'être un membre de la bande à Bonnot, témoigne du quotidien des prisonniers en Guyane. Après la condamnation au bagne, l’exclusion de la société et l’infernale traversée sur le "La Martinière", les bagnards débarquent à Saint-Laurent-du-Maroni. Le travail du forçat consiste à abattre du bois dans la forêt guyanaise et à l’acheminer vers la scierie par le chemin de fer ou par transport fluvial. Les jeux et les chansons se déroulent dans la promiscuité des dortoirs. Dieudonné raconte l’évasion d’un prisonnier médecin : la descente des rapides, la recherche de l’or, son installation en Guyane brésilienne et le "rachat de ses fautes" par la pratique de la médecine auprès de la population.
Engène Dieudonné est gracié après l'intervention d'Albert Londres, auquel le film est dédié.
Lien pour film de meilleur qualité, mais faut raquer (ou le trouver dans une bibliothèque):
https://www.capuseen.com/films/4226-autour-d-une-evasion
Contexte du film:
SOURCE/ https://www.lemonde.fr/idees/article/2013/03/30/la-vraie-eglise-des-pauvres_3150919_3232.html
Le pape François entend être du côté des plus faibles. Née comme lui en Amérique du Sud, la théologie de la libération portait ce message. Fera-t-il le choix de s'en inspirer ?
Publié le 30 mars 2013
Le premier pape latino-américain, François, semble vouloir se distinguer des idées et des pratiques de son prédécesseur, en se référant à saint François d'Assise et en mettant la pauvreté au centre de son pontificat. Pour être comme elle d'origine sud-américaine, est-il proche de la théologie de la libération ? Il est permis d'en douter...
Ce qu'on désigne habituellement par théologie de la libération – un corpus de textes produits depuis 1971 par des figures comme Gustavo Gutierrez, Hugo Assmann, Frei Betto, Leonardo Boff, Pablo Richard, Enrique Dussel, Jon Sobrino, Ignacio Ellacuria, pour ne citer que les plus connus – n'est que l'expression intellectuelle et spirituelle d'un vaste mouvement social, né au moins une dizaine d'années plus tôt, qui se manifeste à travers un réseau serré de pastorales populaires (de la terre, ouvrière, urbaine, indigène, de la femme), de communautés ecclésiales de base, de groupes de quartier, de commissions justice et paix, de formations de l'Action catholique, qui ont assumé de façon active l'option préférentielle pour les pauvres.
Non sous la forme traditionnelle de la charité, mais comme solidarité concrète avec la lutte des pauvres pour leur libération. Sans la pratique de ce mouvement social – qu'on pourrait appeler christianisme de la libération –, on ne peut pas comprendre des phénomènes sociopolitiques aussi importants dans l'histoire récente de l'Amérique latine que la montée de la révolution en Amérique centrale – Nicaragua, El Salvador –, l'émergence d'un nouveau mouvement ouvrier et paysan au Brésil, ou le soulèvement zapatiste au Chiapas.
UNE RELIGION COMMUNAUTAIRE DE SALUT
Le christianisme de la libération et en particulier les communautés ecclésiales de base ne relèvent ni du paradigme d'"Eglise" ou de celui de "secte", mais plutôt de ce que le sociologue Max Weber (1864-1920) appelait en 1915 une religion communautaire de salut ; c'est-à-dire une forme de religiosité fondée sur une éthique religieuse de fraternité – dont la source est l'ancienne éthique économique de voisinage – et pouvant aboutir, dans certains cas, à un "communisme d'amour fraternel".
S'il fallait résumer l'idée centrale du christianisme de la libération en une seule formule, on pourrait se référer à l'expression consacrée par la Conférence des évêques latino-américains de Puebla (1979) : "Option préférentielle pour les pauvres." Quelle est la nouveauté ?
L'Eglise n'a-t-elle pas depuis toujours été charitablement attentive à la souffrance des pauvres ? La différence – capitale –, c'est que pour le christianisme de la libération les pauvres ne sont plus perçus comme de simples objets (d'aide, de compassion, de charité) mais comme les sujets de leur propre histoire, les acteurs de leur propre libération.
Le rôle des chrétiens socialement engagés, c'est de participer à cette longue marche des opprimés vers la Terre promise, la liberté, en apportant leur contribution à leur auto-organisation et autoémancipation sociale.
L'autre différence avec la position charitable et la tradition d'assistance de l'Eglise – bien représentée par le nouveau pape argentin – a été formulée il y a plusieurs années par le cardinal brésilien dom Helder Camara : "Tant que je disais qu'il fallait aider les pauvres, on me considérait comme un saint ; quand j'ai demandé pourquoi il y avait tellement de pauvres, on m'a traité de communiste..."
L'ADVERSAIRE PRINCIPAL DE LA DICTATURE
Au cours des années 1960 et 1970, des régimes militaires ont été établis dans beaucoup de pays d'Amérique latine : Brésil, Chili, Argentine, etc. Les militants du christianisme de la libération ont participé activement à la résistance à ces dictatures et ont beaucoup contribué à leur déclin à partir des années 1980. Ils ont été un facteur important, et parfois même décisif, de la démocratisation de ces Etats.
Au Brésil, au cours des années 1970, l'Eglise des pauvres apparut, aux yeux de la société civile et des militaires eux-mêmes, comme l'adversaire principal de la dictature ; un ennemi plus puissant (et radical) que ne l'était l'opposition parlementaire tolérée (et docile).
A l'opposé du cas brésilien, en Argentine, l'Eglise, historiquement proche de l'autoritarisme de l'armée, a majoritairement soutenu l'atroce dictature militaire responsable, au cours des années 1976 à 1983, de trente mille morts ou "disparus". Beaucoup de chrétiens, membres du clergé ou laïcs, ont payé de leur vie leur engagement dans la résistance aux régimes autoritaires en Amérique latine, ou simplement leur dénonciation des tortures, assassinats et violations des droits de l'homme.
Ce fut le cas, au Salvador, de l'archevêque Oscar Romero, tué par des paramilitaires en mars 1980, ainsi que d'Ignacio Ellacuria et de ses cinq collègues jésuites de l'Université centre-américaine d'El Salvador, assassinés en novembre 1989 par l'armée.
Le Vatican a condamné en 1985, par la voix de la Congrégation pour la doctrine de la foi (dont le préfet était le cardinal Joseph Ratzinger, le futur Benoît XVI), la théologie de la libération comme une hérésie "d'autant plus dangereuse qu'elle est proche de la Vérité"... Pour le Vatican, la règle reste : Roma locuta, causa finita (Rome a parlé, la cause est entendue).
Or les théologiens de la libération ont continué, chacun à sa façon, à défendre leur interprétation du christianisme. Certains, comme Leonardo Boff, ont préféré quitter l'Eglise pour garder leur liberté d'expression ; d'autres, comme Gustavo Gutierrez, évitent les conflits intra-ecclésiastiques, sans renoncer pour autant à leurs convictions et à leur engagement.
INTÉGRER LES DÉFIS DU MULTICULTURALISME
Cela ne veut pas dire que leur pensée n'a pas évolué. Au contraire, elle a ouvert de nouveaux chantiers, en analysant l'oppression des femmes, des communautés noires, des indigènes ; elle a intégré les défis du multiculturalisme et de l'écologie, du pluralisme religieux et du dialogue interconfessionnel.
Et, pour commencer, elle a soumis à la critique, théologique et politique, le néolibéralisme, la forme nouvelle qu'a prise en Amérique latine ce système, à leurs yeux intrinsèquement pervers, qu'est le capitalisme.
Dans ce contexte, certains théologiens vont développer un rapport nouveau à la pensée de Marx, pour critiquer le capitalisme néolibéral comme une fausse religion, fondée sur l'idolâtrie du marché et le culte du dieu Mammon.
Pour ces théologiens, comme Hugo Assmann ou Franz Hinkelammert, les nouvelles idoles capitalistes que sont l'argent, le profit, la dette externe, comme celles dénoncées par les prophètes de l'Ancien Testament, sont des Moloch qui exigent des sacrifices humains, une image utilisée par Marx lui-même dans Le Capital.
Le combat du christianisme de la libération contre l'idolâtrie marchande est à leurs yeux une lutte des dieux entre le Dieu de la vie et les idoles de la mort (Jon Sobrino) ou entre le dieu de Jésus-Christ et la multiplicité des dieux de l'Olympe capitaliste (Pablo Richard).
NOUVEAU PARADIGME DE CIVILISATION
Au cours des dernières années, la critique du capitalisme est de plus en plus associée, pour les théologiens de la libération, à la problématique écologique. Le pionnier, sur ce terrain, a été Leonardo Boff, depuis longtemps préoccupé par l'environnement, qu'il aborde à la fois dans un esprit d'amour mystique et franciscain pour la nature, et dans une perspective de critique radicale du système capitaliste. Le nouveau paradigme de civilisation devra être fondé sur une éthique de la vie et une solidarité planétaire.
Sans doute, l'influence de la théologie de la libération a-t-elle reculé dans de nombreux pays du continent. A la suite de la nomination d'évêques par Wojtyla (Jean Paul II) et Ratzinger (Benoît XVI), l'épiscopat latino-américain est devenu bien plus conservateur. Même ceux qui adoptent des positions progressistes au niveau social partagent les options conservatrices du Vatican contre le droit des femmes à disposer de leur corps (divorce, contraception, IVG).
Cela dit, dans un pays comme le Brésil, le christianisme de la libération garde une présence importante, au sein des communautés de base, des pastorales populaires, des mouvements laïques ou des réseaux comme Foi et politique, animé par le théologien dominicain Frei Betto, qui rassemble des milliers d'adhérents dans tout le pays.
D'autre part, les chrétiens socialement engagés sont une des composantes les plus actives du mouvement altermondialiste au cours des années 2000, notamment, mais pas seulement, au Brésil, le pays qui a reçu les premières réunions du Forum social mondial. Un des initiateurs du Forum, Chico Whitaker, membre de la Commission justice et paix de la Conférence nationale des évêques brésiliens, appartient à cette mouvance.
Il est difficile de prévoir quel sera l'avenir du christianisme de la libération en Amérique latine. Son enracinement socio-religieux lui a permis de se maintenir malgré l'opposition active des deux derniers pontifes.
Quelle que soit l'attitude du pape François à son égard, il est probable qu'il continuera obstinément à pratiquer ce "communisme d'amour fraternel" dont parlait Max Weber...
Michael Löwy (Sociologue)
Le
fondement de la critique irréligieuse est : c'est l'homme qui fait la
religion, ce n'est pas la religion qui fait l'homme. Certes, la religion
est la conscience de soi et le sentiment de soi qu'a l'homme qui ne
s'est pas encore trouvé lui-même, ou bien s'est déjà reperdu. Mais
l'homme, ce n'est pas un être abstrait blotti quelque part hors du
monde. L'homme, c'est le monde de l'homme, l'État, la société. Cet État,
cette société produisent la religion, conscience inversée du monde,
parce qu'ils sont eux-mêmes un monde à l'envers. La religion est la
théorie générale de ce monde, sa somme encyclopédique, sa logique sous
forme populaire, son point d'honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa
sanction morale, son complément solennel, sa consolation et sa
justification universelles. Elle est la réalisation fantastique de
l'être humain, parce que l'être humain ne possède pas de vraie réalité.
Lutter contre la religion c'est donc indirectement lutter contre ce
monde-là, dont la religion est l'arôme spirituel.
La détresse religieuse est, pour une part, l'expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La religion est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple. L'abolition de la religion en tant que bonheur illusoire du peuple est l'exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu'il renonce aux illusions sur sa situation c'est exiger qu'il renonce à une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la religion est donc en germe la critique de cette vallée de larmes dont la religion est l'auréole.
Traduction de M. Simon-Aubier, 1971
Hélder Câmara
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Killers au service de l'hégémon:
Jean-Paul II (le pape précédent est mort subitement, au bout de 30 jours de pontificat...) rappelle avec force à Puebla au Mexique en 1979: « La présentation du Christ comme révolutionnaire, le subversif de Nazareth, n'est pas en accord avec la catéchèse de l'Eglise. »
La Congrégation pour la doctrine de la foi publia en 1984 l’« Instruction sur quelques aspects de la théologie de la libération », rédigée par le cardinal Ratzinger. Le document rend justice à l’expression et aux buts de la théologie de la libération, mais avertit les chrétiens d’un risque inhérent à une acceptation sans critique du marxisme comme un principe dominant de l’effort de réflexion théologique.
L'Europe après la pluie, 2, Max Ernst, 1940-1942. Le résultat de ce qui était annoncé s'expose: horizon palpable entre catastrophe et nouvelle origine (si la bête est défaite).
Internationale situationniste, n° 9, août 1964. Comme le reste de la population, les situationnistes vivent dans l'ambiance de guerre nucléaire dont l'Europe serait le terrain. Et plaident activement contre. À l'inverse des militants et artistes actuels, à l'avant-garde des endormis, des consentis.
Durmir no pallar, traballar no campo: a vida en Castela dos segadores galegos de Órrea
Un documental reconstrúe, a través de testemuños reais, a memoria dun oficio desaparecido que marcou xeracións enteiras ata os anos sesenta
A historia de Galicia está marcada polo esforzo e a capacidade de moitas persoas traballadoras que, dende tempos antigos, deixaron a súa terra para buscar unha vida mellor. Nunca mellor dito no caso dos segadores galegos, mozos que, dende moi novos, marchaban a Castela para gañar uns cartos cos que poder sobrevivir. Co obxectivo de recuperar esta memoria, o grupo de investigación HISTAGRA da Universidade de Santiago (USC) e o Centro de Investigación Interuniversitario das Paisaxes Atlánticas Culturais (CISPAC) únense á Asociación de Veciños de Santa Comba de Órrea (Riotorto) para contar a historia dos seus segadores.
Así nace o documental Segadores da Órrea en terras de Castela. Unha historia de heroes, dirixido por Vanesa Gómez Lourido e Laura Alonso. Cun enfoque etnográfico, histórico, antropolóxico e cultural, a peza reconstrúe un fenómeno que atravesou a historia de Galicia dende o século XVII ata os anos sesenta.
Estreado en maio de 2025, aínda que producido en 2023, o documental de 50 minutos dá voz aos protagonistas: 29 homes que participaron nas campañas de sega e dúas mulleres que relatan a vida que quedaba na aldea. Grazas a eles pódese coñecer de primeira man as experiencias, as dificultades e a resistencia dos nosos antepasados, neste caso, os dunha pequena vila de Lugo. Esta é a súa historia.
Coller os sacos e ir a Castela
“Era pobre, non era nada rico”, comeza a relatar Alberto Fernández Gómez, un dos moitos segadores de Órrea. Na súa infancia, non acudir un día á escola para coidar das vacas era algo habitual, e estes mozos lucenses estaban afeitos a estas rutinas. Non só iso: dende moi novos tamén eran enviados ao monte a sachar nos meses de marzo, abril e maio para garantir a comida na casa.
José María Sobrado Casabella, outro dos protagonistas do documental, lembra que cavar era un traballo moi duro: “Había que deixar o monte recto para que curara e, despois, queimalo”. Co paso do tempo e a chegada de produtos químicos, a carga de traballo reduciuse, pero a miseria seguía presente. Para labrar as leiras, moitas veces había que transportar o abono na cabeza. “Vivíase moi mal, non había camiños”, engade.
Pero todos os entrevistados coinciden en que marchar a Castela a segar non foi unha opción, senón unha necesidade. Un costume transmitido de avós a pais e de pais a fillos. “Eles foron andando a Castela”, explica Alberto Fernández, poñendo de manifesto a continuidade ano tras ano.
A última xeración de segadores de Órrea chegaba á estación de tren de Lugo con idades entre os 10 e os 14 anos, acompañados dos seus pais, irmáns ou tíos. Hai quen o vía como unha oportunidade para afastarse da casa por un tempo, pero recibían un aviso claro dos maiores: “Vas contento, pero cando chegas alá, non tanto”, lembra Manuel Penedo Otero, repetindo as palabras dos seus irmáns. “Por aquí hai poucas casas nas que non houbera xente indo a Castela”, resume Gumersindo Gómez Couso.
Que había na maleta?
“Cando vin chegar aquela locomotora co carbón, o lume e os maquinistas negros, dixen: Ai, pobre de min!”, lembra Jose María Fernández Dasrribas. Así agardaban na plataforma coa súa maleta, non sen antes recibir o aviso da cantidade de rateiros que había no tren. Aos pequenos subíannos polas ventás, xunto coas súas equipaxes e sacos. Mais, que levaban sempre aqueles futuros segadores?

En primeiro lugar, o calzado: ían pasar moitas horas de pé. As chaparritas, sandalias feitas cun anaco de neumático de coche e unhas tiras, xunto coas zocas, eran o calzado típico para viaxar a Castela: “Non molestaban e, se lles entraba auga ou terra, saía por outro lado”, explica Gabriel Gómez Expósito. Na maleta tamén había dúas ou tres camisas que se lavaban cada 15 días ou cada noite nas prazas das vilas.
A isto sumábase o material de traballo: catro ou cinco fouciños para ir renovando, pois ao chegar a Castela só atopaban unha pedra para afialos. “O penúltimo ano que traballei fixen 1.000 eu só”, conta Benigno López, que tamén traballaba na forxa. Levaban, ademais, uns coiros chamados didiles para non cortarse e unha zoqueta de madeira para acadar maior alcance.
Pero a maleta non sempre quedaba con eles: non eran unhas vacacións. “Ao chegar, quedaba aparcada na casa do amo, e o que levabamos era un saco de roupa”, explica Oliverio Leivas Fernández. Para estes desprazamentos, os segadores usaban bicicletas, indo dun lado a outro coas súas pertenzas. Pasaban toda a noite e o día no tren, e tras un transbordo en Medina del Campo e outro tren a Segovia, chegaban finalmente a vilas como Ortigosa de Pestaño.
Dende xuño ata principios de agosto estes mozos traballaban nas terras de Castela en plena época estival. Distinguíanse dous cargos: os que segaban e os que ían detrás atando. Non obstante, as condicións eran duras para todos: “Traballabamos de sol a sol, dende as nove da mañá ata as oito da tarde”, lembra Cándido Rodríguez Cerdeira.
O día comezaba cedo. Cando o amo os espertaba ás cinco da mañá, almorzaban chocolate, sopas e un vaso de augardente. “Unha vez tiña unha sede da virxe, tomei tres vasos de viño e púxenme a atar… Parecía que andaba no aire!”, conta un deles. Ás nove comezaba a faena, cando chegaban ao lugar da sega, pois ían “dun sitio a outro” en carros ou bicicletas.
Ao mediodía facían unha pausa dunha hora: “O de comer quentando o sol sentado nun mollo… Iso si que era duro”, di Manuel Folgueira Pérez. O menú non variaba: garavanzos cada día, en contraste co caldo que comían en Galicia. Ás veces, os amos levábanlles comida; noutras, eran eles quen a traían nunha perola. Formaban un círculo e cada quen collía a súa parte, pero non se podía comezar ata que o maioral cortase o pan e servise o viño.
Coa calor, a auga era imprescindible. Uns lembran que a traían en porróns de barro para mantela fresca, outros que tiñan que ir eles mesmos por ela. Para asearse, a pouca auga dispoñible estaba nas casas dos amos: “Ás veces non nos deixaban porque lles manchabamos a auga”, explica Cándido Rodríguez. Ao final do día, improvisaban un colchón con palla, cubríano cunha saba e unha manta traída da casa e deitábanse a durmir, ás veces compartindo espazo coas pitas.
Segar en Castela
“En Castela o traballo era moi escravo”, lembra Gabriel Fernández Dasrribas, pois rapaces coma eles tiñan que atar unha leira de ata catro quilómetros de longo. Hai quen ía, pero non soportaba o ritmo e tiña que regresar a casa. As condicións dependían moito do maioral: “Habíaos que eran moi animaliños: se enfermaba un, quedaba no pallar, e se morría, morría”.
En tempadas de moita colleita, todos ían ao límite. Comezaban de mañá a recoller veza, un cereal para o que había que agacharse continuamente. “Era unha planta moi baixiña, tiña moita humidade do orballo da noite e as mans poñíanse brandas e sangraban”, explica José Braña Cerdeira. Ese era o seu día a día.

Para regresar cada verán, buscaban os mesmos amos do ano anterior. Escribíanlles, anunciaban que volverían a Castela e enviaban un telegrama coa data de saída. “Sempre iamos os compañeiros xuntos cada ano”, lembra un deles, destacando a unión dos segadores de Órrea.
De súpeto, chegaba o momento máis esperado: o día de cobro. O soldo repartíase por categorías: no posto máis baixo gañábanse 3 pesetas, e a cifra aumentaba ata chegar ao maioral, quen recibía 21. Os cartos colocábanse nunha manta no rancho e repartíanse, cos atadores cobrando sempre a metade que os segadores.
O primeiro ano, un atador podía gañar arredor de 6.000 pesetas en dous meses, mentres que un segador podía chegar ás 18.000. Nun contexto no que con 5.500 pesetas se podían mercar dúas vacas, o diñeiro era tentador. “Moita xente ía a Castela porque alí comíase mellor, pero a vantaxe económica non sempre era grande”, lembra Enrique Fernández Lorido. Aínda así, a necesidade obrigaba: había que manter á familia e buscar ingresos “fose onde fose”.
A experiencia implicaba risco físico e deixaban atrás nais, irmás e fillos, que traballaban como podían ata o regreso. “Miña nai quedaba moi triste, pero había necesidade e facer de tripas corazón”, contaba Pura Díaz Linares, unha das nenas que quedaba na casa.
Regreso a casa
En Castela tamén lles quedaba unha familia. “Os casteláns non abusaban da xente”, recorda Folgueira Pérez, aínda que sempre había quen quería sacar máis proveito ca outros. “Alí veñen os galegos!”, berraban cando chegaban. Algúns segadores mesmo atoparon o amor alí, como aquel que, tras cortar un pé cun fouciño, coñeceu á enfermeira do hospital.
Todo cambiou coa chegada das primeiras recolledoras. “Valseca era unha vila grande, e vin probar a primeira máquina que se pedía para a provincia de Segovia”, conta un dos segadores. Aquela máquina, moderna para a época, segaba tanto coma 12 homes: un auténtico milagre para quen pasaba longas xornadas ao sol.
Pouco a pouco, as máquinas foron invadindo os campos e o oficio do segador quedou no recordo. Algúns deixaron de ir en 1966, aínda que moitos pensan que, de non ser polas recolledoras, seguirían marchando uns anos máis. “Ti sabes o que é durmir durante o verán nun pallar, enriba de palla rolada, cunha saba que picaba debaixo, e levantarte ás catro da mañá para traballar de sol a sol?”: así lembran os segadores galegos de Órrea, que cada verán marchaban a Castela na procura dunha vida un pouco mellor.