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mardi 6 janvier 2026

Apocalypse Now ! Sur le lien entre émancipation et pessimisme culturel, par Robert Kurz

 SOURCE: https://www.palim-psao.fr/2025/12/apocalypse-now-sur-le-lien-entre-emancipation-et-pessimisme-culturel-par-robert-kurz.html?

 

Apocalypse Now !

Sur le lien entre émancipation et pessimisme culturel

Robert Kurz

Publié en 1998 dans le grand quotidien de gauche brésilien 𝐹𝑜𝑙𝑎 𝑑𝑒 𝑆𝑎̃𝑜 𝑃𝑎𝑢𝑙𝑜, le texte de Robert Kurz apparaît aujourd’hui comme un diagnostic d’une étonnante clairvoyance. Il anticipe non seulement l’épuisement idéologique du capitalisme libéral, puis keynésien-libéral en panique, mais aussi l’émergence d’idéologies apocalyptiques contemporaines — des droites néolibérales aux extrêmes droites type MAGA — qui assument l’effondrement comme horizon politique. Kurz y critique conjointement le postmodernisme et ce que l’on nommerait aujourd’hui des logiques accélérationnistes : l’idée que la crise, poussée jusqu’au bout, tiendrait lieu de solution.

Kurz part de l’imaginaire apocalyptique pour en dégager le noyau rationnel : toute société fondée sur la domination (dont le noyau dans la modernité est une abstraction réelle) et la misère vit sous la menace de sa propre fin. Dans le capitalisme mondialisé de la fin du XXe siècle, cette peur ne prend plus la forme religieuse du Jugement dernier, mais celle d’une crise systémique globale susceptible d’engloutir la « civilisation de l’argent ». Les élites n’espèrent plus réellement le progrès ; elles redoutent désormais l’implosion du système qu’elles dirigent. Ce glissement est décisif : la catastrophe cesse d’être un échec à éviter pour devenir un destin à gérer, voire à mettre en scène.

En dissolvant toute vérité, toute totalité et toute critique systémique, le postmodernisme transforme la crise en spectacle et neutralise toute pensée de transformation réelle. 

Kurz distingue alors deux figures de l’apocalypse. L’une, émancipatrice, conçoit la crise comme une rupture ouvrant sur un monde qualitativement nouveau — Marx en aurait fourni la version rationnelle moderne. L’autre, réactionnaire, ne voit dans l’effondrement qu’une fin absolue : pas de dépassement, pas d’avenir, seulement la chute générale. C’est cette seconde apocalypse que Kurz voit monter dès 1998, et qui structure aujourd’hui les idéologies des droites et des centres autoritaires : puisque le capitalisme se détruit lui-même, l’humanité doit sombrer avec lui. MAGA, les nationalismes identitaires, les religionismes identitaires et le néolibéralisme sécuritaire partagent cette logique : il ne s’agit plus de sauver la société, mais de désigner qui mérite de survivre.

Le postmodernisme joue ici un rôle clé. En dissolvant toute vérité, toute totalité et toute critique systémique, il transforme la crise en spectacle et neutralise toute pensée de transformation réelle. Chaque nouvelle régression est redéfinie comme une « opportunité », rendant impossible toute critique fondamentale. Cette posture prépare directement le terrain aux droites contemporaines : si tout n’est que récit, émotion ou performance, alors la politique devient une guerre symbolique permanente, affranchie de toute responsabilité matérielle. Kurz avait vu que ce relativisme ne produirait pas l’émancipation, mais une politique du cynisme et de l’irrationalité assumée.

Sur le plan culturel, Kurz oppose la nostalgie réactionnaire — fantasme d’un ordre autoritaire perdu — à une critique émancipatrice qui refuse à la fois le retour au passé et l’adoration béate du présent. L’histoire du capitalisme est une dialectique négative : chaque progrès technique s’achète par une régression sociale. Le contraste entre prouesses technologiques et misère de masse mondiale est le symptôme central de notre époque. Aujourd’hui encore plus qu’en 1998, une société capable d’envoyer des sondes sur Mars accepte la faim, la précarité et l’abandon de populations entières. Les droites et les centres transforment ce scandale en fatalité.

Kurz pousse enfin le diagnostic jusqu’à la culture elle-même : le capitalisme n’a jamais produit de culture propre, seulement un vide que l’argent a rempli en marchandisant les restes du passé et les critiques dirigées contre lui. Le postmodernisme recycle ces débris dans une esthétique faussement ludique, une « apocalypse joyeuse » où l’effondrement devient divertissement. C’est précisément cette esthétique que l’on retrouve aujourd’hui dans les droites radicales : politique du meme, jubilation destructrice, transgression permanente, plaisir de voir brûler les institutions sans rien proposer à leur place.

Ainsi, la mutation anthropologique et idéologique du capitalisme en crise ne relève pas d’une dérive contingente, mais d’une tendance objective de fond, étroitement liée à la contradiction interne d’un capitalisme mondialisé arrivé à ses limites. Incapable de produire un avenir crédible, il engendre — dans les centres comme dans les périphéries du prétendu « Sud global » — des politiques de sélection, de sacrifice rigide et de nihilisme autoritaire. MAGA, les droites extrêmes et les centres néolibéraux durcis ne sont pas des accidents de parcours : ils constituent l’expression politiquement cohérente de cette apocalypse réactionnaire que Kurz avait déjà diagnostiquée à la fin du XXe siècle. Ce qu’il identifiait comme une menace théorique s’est imposé comme notre présent politique ordinaire. Les sociétés du système-monde capitaliste tendent ainsi à devenir une planète idéologiquement malade. 

Le capitalisme n’a jamais produit de culture propre, seulement un vide que l’argent a rempli en marchandisant les restes du passé et les critiques dirigées contre lui. Le postmodernisme recycle ces débris dans une esthétique faussement ludique, une « apocalypse joyeuse » où l’effondrement devient divertissement. C’est précisément cette esthétique que l’on retrouve aujourd’hui dans les droites radicales : politique du meme, jubilation destructrice, transgression permanente, plaisir de voir brûler les institutions sans rien proposer à leur place.

L

a peur de la fin du monde a dominé de nombreuses cultures. Cette idée est souvent associée au Jour du Jugement dernier, comme dans l’Apocalypse de Jean. Il y a dans ces pensées un certain fond rationnel et hautement terrestre, qui sommeille sous le voile religieux. Car toute élite sociale qui repose sur la « domination de l’homme sur l’homme » (Marx) et qui, sous sa direction, engendre sans cesse pauvreté, misère et oppression, porte en son cœur la peur aussi secrète que bien fondée du jour de la vengeance.

Dans la postmodernité capitaliste mondialisée de la fin du 20e siècle, les élites libérales ne craignent certes plus depuis longtemps la vengeance de Dieu. Elles redoutent néanmoins la possibilité d’une nouvelle crise mondiale majeure, dans laquelle la « main invisible » de leur sacro-saint marché pourrait semer encore plus de mort et de désolation qu’elle ne le fait déjà. Sous le signe de cette crise, la désintégration de la société menace de prendre une telle proportion que la civilisation de l’argent, aujourd’hui apparemment triomphante, pourrait bientôt être engloutie par l’histoire, à l’instar, il y a peu, de son pauvre parent ennemi, le socialisme bureaucratique d’État. Chaque événement qui va dans ce sens (comme la récente crise en Asie) est accueilli avec un mélange de fascination et d’effroi.

Le monde libéral écoute la « prophétisation » de la crise comme on écoute une histoire d’horreur au coin du feu. Mais puisque la culture médiatique postmoderne ne sait de toute façon plus distinguer la réalité du « film », ses adeptes s’imaginent que tout n’est qu’un jeu et qu’une fois l’horreur passé, ils pourront aller tranquillement dîner. C’est pourquoi non seulement les « prophètes » de la crise sont en vogue, mais aussi les propagandistes postmodernes d’une joie délirante, qui s’efforcent de tourner en ridicule toute mise en garde contre la crise comme une pensée « millénariste » irrationnelle et apocalyptique. Les véritables bouffons de cour du capitalisme ne sont plus des messagers de malheur, mais des « désalarmistes » postmodernes qui ont repêché dans les poubelles de l’histoire les vieilles fripes usées du progrès bourgeois pour en faire une mode « de seconde main ».

L’apocalypse n’est pas aussi clairement irrationnelle et réactionnaire que le prétendent les derniers clowns postmodernes de la raison libérale. Ce concept n’a jamais seulement désigné le Jugement dernier s’abattant sur un monde qui ne vaut plus la peine d’être vécu et sa disparition, mais aussi simultanément l’aube d’un monde nouveau et meilleur, suite à la « catharsis » de la grande crise. Dans ce sens, la théorie précise de la crise élaborée par Marx, avec sa démonstration logique d’une borne interne absolue du capitalisme, constituait en quelque sorte la pensée apocalyptique rationnelle de la modernité, car cette théorie portait également en elle l’espoir d’un avenir post-capitaliste.

En revanche, la sombre pensée réactionnaire ne vise qu’à mettre un point final absolu – celui de l’extermination. Si le vieux monde est condamné, alors il ne peut y avoir de monde nouveau ni d’avenir différent. Dans Le Déclin de l’Occident, Oswald Spengler ne voyait de salut qu’avec la fin « héroïque » d’une catastrophe globale universelle. Et quand Hitler a fini par comprendre que la guerre était perdue, il a voulu l’élimination complète de toute la population allemande, parce qu’elle ne s’était pas montrée « digne » de lui. À mesure que la nouvelle crise du capitalisme se profile clairement à l’horizon, le libéralisme mondial adopte aujourd’hui, face au monde entier, une posture militante similaire : puisque l’économie de marché totale se détruit elle-même, l’humanité doit sombrer avec elle, sans que rien de nouveau ne puisse voir le jour.

Le postmodernisme, considéré comme une idéologie culturelle accompagnant la mondialisation d’économie de marché, n’en est pas encore là ; il cherche d’abord à arracher à la culture capitaliste elle-même un ultime progrès. C’est pour cette raison que toute nouvelle poussée de crise, qui détruit davantage la civilisation moderne et la rapproche de la barbarie, est redéfinie comme une « opportunité ». Nous sommes même noyés sous une inflation d’« opportunités ». Pris sous cet angle, il est bien sûr devenu impossible de mener une critique fondamentale du développement culturel actuel. La critique culturelle, qu’elle se veuille émancipatrice ou réactionnaire, apparaît identique : chaque dernière tendance doit automatiquement être la meilleure et une source inépuisable de « possibilités », bien qu’elle ait réellement atteint le stade de l’imbécilité.

Cependant, comme en ce qui concerne la crise ou l’« apocalypse », on trouve aussi, dans la question de la critique culturelle, des contenus diamétralement opposés. Ce que les réactionnaires aiment tant dans le passé, c’est une société de « maîtres et serviteurs », avec une culture autoritaire aux délimitations claires, où nul ne peut s’écarter du modèle prescrit par la tradition bornée. Ce n’est qu’en jetant un regard rétrospectif romantisant sur ces rapports qu’ils critiquent la culture commerciale de masse du capitalisme tardif. Contrairement à cela, une critique culturelle émancipatrice ne cherche évidemment pas à se projeter imaginairement dans un passé glorifié. Elle ne peut pas non plus courir après chaque nouvelle tendance de l’esprit du temps et en tirer quelque chose, car une telle attitude n’est que le revers du romantisme réactionnaire.

Il convient au contraire de mettre en évidence la dialectique négative de l’histoire capitaliste et de ses cultures : tout progrès s’achète au prix d’une régression, et toute possibilité positive se transforme en sa propre négation. La captivité babylonienne des traditions agraires n’a été remplacée que par les plaies égyptiennes du marché total. Le postmodernisme en est la meilleure preuve, et la plus récente, avec son commandement : « Fais ce que tu veux, mais sois rentable ! » C’est la formule classique d’un « double bind »[1] schizophrène au sens de Gregory Bateson.

Cette dialectique négative se manifeste aujourd’hui plus que jamais dans le décalage criant entre les avancées technico-scientifiques et la pauvreté de masse à l’échelle mondiale. Une puissance mondiale qui envoie des voitures miniatures sur Mars laisse mourir de faim 11 millions de ses propres enfants. À l’ombre des plus audacieuses architectures des cinq continents, végète une misère de masse que n’a jamais engendrée aucune société agraire prémoderne, aussi bornée soit-elle. Même en jetant un regard rétrospectif sur les dernières décennies au sein du capitalisme, la régression sociale élémentaire de la fin du 20e siècle est palpable. Le baroque postmoderne confère à ces rapports une esthétique de l’ignorance, où l’on déclare que la compassion et l’indignation sociale sont de mauvais goût, ce qui revient à retomber spirituellement au niveau du 18e siècle.

La culture postmoderne de la jeunesse de classe moyenne d’aujourd’hui n’est pas sans rappeler le comportement des beaux « Éloïs » dégénérés dans le roman d’anticipation, empreint d’un certain pessimisme culturel, La Machine à explorer le temps (1895) de H. G. Wells. Ces derniers sont sans cesse en quête de nouveaux jouets, incapables de se concentrer et indifférents à la situation réelle de leur monde. Il semble que toutes les visions d’horreur et les utopies négatives des cent dernières années soient érigées en modèles positifs dans la postmodernité. Le déclin intellectuel de la soi-disant bourgeoisie est toutefois démontré par le fait qu’une culture de l’apartheid social et du cannibalisme économique finissent, à long terme, par se retourner également contre les groupes sociaux dominants eux-mêmes. S’il y a bien quelque chose qui a « toujours empiré », c’est le niveau d’éducation et les standards culturels des élites capitalistes.

Le pessimisme culturel de la théorie critique d’Adorno et Horkheimer ne reposait pas sur le désir de retourner à des normes ou à des traditions poussiéreuses. Il s’agissait d’un scepticisme à l’égard de l’espoir de pouvoir encore arracher aux dominants des biens significatifs en matière de savoir et de culture. Une société qui laisse pourrir ses musées, ses bibliothèques et ses monuments culturels, ainsi que ses universités et sa littérature, pour ne vendre que des voitures, ne laissera derrière elle qu’un tas de ferraille. Les conservateurs, qui avaient autrefois reçu une éducation classique, tirent désormais leur conservatisme d’Hollywood. Même leurs villas ne mériteraient qu’à être expropriées, puis retirées du paysage, tant elles sont une offense à la vue humaine. Si l’analphabétisme secondaire[2] se retrouve même dans les plus hautes sphères, quelle culture restera-t-il encore à transformer ? Vouloir rendre accessibles « à tous » les habitudes des « upper ten » d’aujourd’hui concernant l’alimentation, la lecture ou même la vie en dégoûterait plus d’un.

Quant à la culture de masse, ne pourrait-elle pas contenir un potentiel émancipateur ? Elle le pourrait, mais ce n’est actuellement pas le cas. À vrai dire, il n’est pas indispensable de rester cantonné à l’éducation classique. Même les comics peuvent stimuler l’esprit et exprimer une vérité. Le problème n’est pas la culture de masse en tant que telle, mais le fait que son contenu soit absorbé par la forme commerciale. Les moyens techniques ne sont pas indépendants des relations sociales dans lesquelles ils apparaissent en pratique. Le débat actuel sur la culture de masse postmoderne rappelle la controverse entre Adorno et Walter Benjamin dans les années 1930 et 1940. À l’époque, Adorno estimait que les nouvelles techniques de reproduction artistique (par exemple, le cinéma) avaient surtout introduit une nouvelle qualité d’expropriation intellectuelle et culturelle des masses, les privant de toute perception autonome et critique du monde. Le régime de l’offre capitaliste avait selon lui réduit les individus à l’état de consommateurs passifs comme jamais auparavant. Pour sa part, Benjamin percevait dans les techniques cinématographiques davantage la possibilité d’élargir les capacités sensorielles et cognitives du public.

Mais Adorno ne s’est pas opposé à la nouvelle technique de reproduction en tant que telle, pas plus que Benjamin ne comptait se fier uniquement à l’aspect technique. Contrairement à Adorno, il voyait dans la « participation consciente des masses » aux nouvelles techniques culturelles, à travers des formes d’« apperception collective », une possibilité émancipatrice, dont le mouvement ouvrier de l’époque constituait l’arrière-plan social. À l’« esthétisation fasciste de la politique » devait répondre la « politisation socialiste de l’art ». Après la Seconde Guerre mondiale, le capitalisme a découvert une troisième possibilité : l’individualisation commerciale et médiatique de l’ensemble de la vie, donc aussi de la politique et de la culture. La télévision a marqué le début d’une nouvelle culture de masse centrée sur les « individus isolés », qui débouche aujourd’hui sur l’« esthétique de l’existence » postmoderne individuelle, avec ses « techniques de soi » capitalistes (Foucault), à partir de quoi tout espoir d’émancipation a été réduit à néant. Ce sont les tueurs fous et les assassins de célébrités qui appliquent désormais le plus fidèlement l’esthétique postmoderne.

Le capitalisme n’a en vérité jamais eu de culture propre, parce qu’il ne représente que le vide abyssal de l’argent. Kasimir Malévitch en avait déjà donné une représentation artistique inconsciente avant la Première Guerre mondiale avec son célèbre Carré noir. Après cela, ne pouvait suivre qu’une série de chants du cygne. Ce qui apparaissait comme de la culture capitaliste n’était en fait soit que des restes de culture prémoderne peu à peu transformés en objets de marché, soit des formes de protestation culturelle contre le capitalisme lui-même, elles aussi adaptées à des fins commerciales. Aujourd’hui, le capitalisme a tout dévoré et digéré, ou réduit à l’état de déchets. C’est ainsi que la modernité arrive au bout de ses possibilités culturelles, précisément parce qu’il n’y a plus aucune protestation.

Le postmodernisme s’imagine qu’il peut désormais de manière éclectique mettre toute l’histoire de l’art à sa disposition (« anything goes »). En réalité, il ne fait que fouiller désespérément dans la décharge et les excréments du passé capitaliste, dans l’espoir d’y trouver peut-être encore quelques restes à « recycler » culturellement. Ce recyclage postmoderne, avec sa simulation pop d’une « bonne humeur » de façade, contribue justement à cette version réactionnaire de l’apocalypse, selon laquelle aucun monde nouveau ne saurait naître des ruines de l’ancien. L’espoir réside seulement dans un nouveau mouvement social de masse, capable de s’approprier de manière autonome les potentiels émancipateurs inexploités des techniques modernes de reproduction, contre leur forme commerciale.

 

Traduction de l’allemand par Frank Reinhardt

 

[1] Le « double lien » (ou « double contrainte ») est un concept développé par Gregory Bateson, selon lequel une personne reçoit des injonctions contradictoires qu’elle ne peut satisfaire. Pour Bateson, ce mécanisme serait à la fois la cause et l’effet de la schizophrénie (NdT).

[2] Pour une définition de l’« analphabétisme secondaire » comme produit de la société industrielle, qui touche également les classes dominantes, voir Hans Magnus Enzensberger, « Éloge de l’analphabétisme » dans Médiocrité et folie, Gallimard, coll. Le messager, 1991 (NdT).

 

USA vs Venezuela: L'analyse

 


Comment l’analyse politique est devenue la cible des faux de l’intelligence artificielle (IA)


Bienvenue dans l'IA qui transforme le net en une machine infernale visant à effacer le sens, la culture et l'Histoire – et à semer une profonde confusion intellectuelle. Exactement comme le Techno-Féodalisme le souhaite.

L’IA se développe rapidement comme un fléau sur tout le spectre d’Internet. C’est assez prévisible, étant donné que le modèle des géants de la technologie de l’IA est le techno-féodalisme, reposant sur le profit et le contrôle mental/social, et non sur le partage/l’expansion des connaissances et la création de meilleures conditions pour une citoyenneté bien informée.

L’IA est à bien des égards l’antithèse de la civitas. Avant le boom de l’IA, plusieurs couches d’Internet avaient déjà été déformées en une série de champs de mines à travers un égout plus grand que nature. L’IA – telle que contrôlée par les géants de la technologie – s’était déjà révélée à bien des égards comme une fraude. Maintenant, c’est une arme.

Il existe plusieurs chaînes YouTube manipulées par l’IA, qui volent l’image et la voix de certains d’entre nous, analystes politiques indépendants. Une liste non exhaustive inclut comme cibles John Mearsheimer, Larry Johnson, Richard Wolff, Glenn Diesen, Yanis Varoufakis, l’économiste Paulo Nogueira Batista et moi-même.

Ce n’est pas un hasard si nous sommes tous des analystes géopolitiques et géoéconomiques indépendants, que nous nous connaissons pour la plupart personnellement et sommes invités dans à peu près les mêmes podcasts.

Dans mon propre cas, il existe des chaînes en anglais, en portugais et même en espagnol : je fais rarement des podcasts en espagnol, donc même la voix est fausse. En anglais, la voix est généralement approximativement clonée. En portugais, elle a un accent que je n’ai pas. Dans plusieurs cas, les chiffres d’audience sont énormes. Essentiellement, ceux-ci proviennent de bots.

Dans tous les cas, en ce qui nous concerne, nous, les cibles, toutes ces chaînes sont fausses. Je le répète : toutes ces chaînes sont fausses. Elles peuvent au moins dans certains cas être créées par des « fans » – certainement dans un but lucratif via la monétisation.

Ou toute cette arnaque pourrait faire partie de quelque chose de bien plus sinistre : une stratégie visant à la perte de crédibilité. Comme dans une opération menée par les suspects habituels pour semer la confusion parmi le – large – public de plusieurs penseurs indépendants.

Ce n’est pas un hasard si un bon nombre de spectateurs sont déjà profondément perplexes. D’où la question la plus courante : « Est-ce vraiment vous, ou une IA ? » Beaucoup ont apparemment dénoncé ces fausses chaînes, mais YouTube, jusqu’à présent, n’a absolument rien fait à leur sujet. Les algorithmes continuent de suggérer ces chaînes à de larges audiences.

La seule façon réaliste de lutter contre l’arnaque est de déposer une plainte auprès de YouTube. Mais cela, en pratique, est assez inutile. La direction de YouTube semble plus intéressée par la suppression occasionnelle de chaînes « gênantes » affichant une pensée et une analyse critique.

Décrypter le code de l’arnaque

Quantum Bird, un expert en physique et calcul haute performance, anciennement au CERN à Genève, a décrypté le code de l’arnaque :

La prolifération d’agents de réseaux neuronaux numériques à apprentissage profond capables d’émuler l’écriture, la voix et la vidéo d’êtres humains était inévitable, et leur impact sur la recherche scientifique, la production de connaissances et l’art en général a un potentiel négatif qui n’a pas encore été entièrement analysé.

Il ajoute :

Alors que les écrivains et les universitaires détaillent l’apparition de textes qui leur sont attribués, et reproduisant dans une certaine mesure leur style et leurs opinions, la dernière mode est l’éclosion de chaînes entières sur YouTube, et d’autres plateformes notoires des géants de la technologie, qui proposent des vidéos de producteurs de contenu populaires, communiquant dans leur langue maternelle ou d’autres langues. Dans plusieurs cas, la qualité de ce matériel synthétisé est suffisamment élevée pour ne pas permettre une identification immédiate par un spectateur moyen. Dans le contexte de la communauté d’analyse politique, l’impact est évident : révisionnisme historique, érosion des réputations et distorsion des nouvelles et des analyses.

Et ici, Quantum Bird expose l’argument technologique décisif :

La synthèse de ce type de contenu nécessite la disponibilité d’échantillons abondants et une capacité de calcul massive, bien au-delà de la portée des utilisateurs domestiques. Alors que la popularité des victimes de YouTube garantit la première condition, la seconde suggère l’activité d’acteurs étatiques ou corporatifs à grande échelle, car les modèles avancés d’apprentissage profond doivent être développés et entraînés en traitant une quantité énorme, en termes d’« espace disque », d’audio et de vidéo. La monétisation du contenu ne couvre pas les coûts de cette opération. Ironiquement, c’est la disponibilité et l’exposition excessive des voix et vidéos en ligne qui permettent ce type d’attaque.

Voilà. Bienvenue à l’IA transformant le net en une machine infernale visant à effacer le sens, la culture et l’Histoire – et à semer une profonde confusion intellectuelle. Exactement comme le Techno-Féodalisme le souhaite.

Las razones históricas del progresismo y de su estafadora impotencia

 

Un respuesta al fracaso del progresismo: luchar por recuperar la idea del socialismo, marcar con claridad lo que es un auténtico programa alternativo e implicarse en la miríada de luchas que la sociedad lleva a cabo de forma segmentada…

Andrés Piqueras, profesor senior de la Universidad Jaume I

El progresismo postmoderno o tardocapitalista tiene tres fundamentales razones históricas que confluyen para posibilitarle y explicarle:

• La incorporación de la socialdemocracia clásica al círculo de poder por delegación de la clase dominante.

•    La descomposición y adhesión al Sistema de la buena parte de los partidos de la III Internacional, especialmente en Europa

• La propia crisis del Sistema.

 Las comentamos brevemente por separado.

1.  El movimiento de la humanidad hacia su liberación de la opresión y de la explotación, así como por la eliminación de las desigualdades, o movimiento comunista de la humanidad, pudo empezar a coagular ideológicamente y adquirir efectiva fortaleza universal, según precisamente la clase más universal o clase trabajadora, iba resultando organizada por el propio medio de producción dominante, el capitalismo de la primera y segunda revoluciones industriales, que socializaba la producción aceleradamente.

La socialdemocracia se llamó así por buscar la democracia social, de base, más allá de las recetas y posibilidades que de la “democracia” hacía el capitalismo liberal para que se pudiera elegir entre sus élites. Se concebía a sí misma como opción organizada para el socialismo (que tenía como reivindicación y objetivo básicos la socialización de los medios de producción), una alternativa obrera al capitalismo que con ese fin quiso cuajar en una Internacional proletaria mundial.

Sin embargo, cuando en el último cuarto del siglo XIX, en Europa occidental, este modo de producción empezó a agotar su ejército laboral de reserva, y teniendo al frente un proletariado cada vez más organizado, tuvo que comenzar a cuidar en cierta medida de su fuerza de trabajo, que no podía ser sustituida tan fácilmente en el caso de ser explotada hasta la extenuación, así como por enfermedades o accidentes.

Por otra parte, el desarrollo y paulatina preponderancia de la plusvalía relativa fue facilitando la desconcienciación de la clase trabajadora, su pérdida del sentido de explotación, pues la mejora de la productividad que procura el cambio técnico permite la desvalorización de los medios de vida de los trabajadores (y por tanto el abaratamiento de la fuerza de trabajo) sin afectar especialmente a su situación material, lo que permite aumentar la tasa de explotación en su modalidad intensiva sin acentuar el conflicto social. 

Los primeros seguros sociales, la entrada de los partidos obreros en los parlamentos, la lenta pero sostenida elevación de la calidad de vida de la fuerza de trabajo, la sensación de poderío de una clase trabajadora crecientemente organizada, generó la ilusión de conquistas indefinidas dentro del capitalismo, hasta el punto de que llegó a hacerse común que este Sistema se podría superar a sí mismo, sin rupturas de clase, digamos que “pacíficamente” (lo que marcaría a la II Internacional en adelante).

Esa socialdemocracia cada vez más acoplada a las reglas de juego del capitalismo, terminó por hacerse capitalista. 

En la I y II Guerras Mundiales mostró a los cuatro vientos que en adelante su “patria” era la del capital. No sólo no se opuso a la guerra, sino que se manifestó en contra de los procesos revolucionarios (renegando de la URSS), para sustituirlos por los parlamentarios electoralistas.

Sería en los años 30 del siglo XX, y sobre todo en la post-guerra keynesiana (con el protagonismo del capitalismo reformista, posible gracias a la URSS), cuando paso directamente a formar parte de la agencialidad política de la clase capitalista. El congreso de Bad Godesberg (1959), en Alemania, marcaría el momento emblemático de esa deriva.

Tras la caída de la URSS, la globalización neoliberal de la ley del valor que entrañó una brutal ofensiva de clase a escala planetaria, tuvo ya de cómplice directo a la socialdemocracia capitalista, por más que se intentara auto-otorgar un toque de legitimidad bajo la pantalla de una Tercera Vía que nunca tuvo contenido práctico alguno.

La concomitante destrucción de conquistas históricas, acelerada con la posterior degeneración sistémica que se ha ido acentuando en las primeras décadas del siglo XXI, no haría sino hacer cada vez más indistinguible su papel dentro de las diferentes versiones del capitalismo.

2.  La descomposición y entrega de la III Internacional tiene también algunos momentos clave.

Con la Revolución Soviética y su III Internacional el movimiento comunista de la humanidad experimentó un acelerón y una gran acumulación de fuerzas.

Acumulación que sufriría sus primeros bandazos con la división bolchevique en tres tendencias: la estalinista (que llevó al éxito de la URSS contra las monstruosas agresiones externas y procuró un desarrollo social y humano sin precedentes en la historia de la humanidad), la trotskista y la bujarinista.  

Más tarde, esa acumulación de fuerzas del movimiento comunista comenzaría a perder parte de su impulso en 1956, con el XXº Congreso del PCUS y la “desestalinización” de la URSS, cuando empezó una deriva hacia la “reconciliación” con el capitalismo y a abrir crecientes espacios al revisionismo interno. 

La ruptura entre la URSS y China, precisamente a raíz de ese proceso soviético (que la China de Mao no aceptó, y que sin embargo más tarde, cuando la revolución china se hizo bujarinista con Deng Xiaoping, la alejaría aún más de la URSS, apartándose del internacionalismo y del enfrentamiento al capitalismo, patrones estos últimos que todavía la caracterizan en la actualidad), fue otro mazazo para el movimiento comunista, que recibiría el golpe más duro con la caída de la URSS. Golpe del que todavía no se ha recuperado la humanidad, al perderse en gran medida el proyecto, la praxis y el horizonte socialista para la mayor parte de las sociedades del mundo desde entonces.

En esa pérdida hay que contar también con que casi todos los partidos herederos de la III Internacional, que otrora se guiaron por la URSS, no sólo quedaron huérfanos de dirección estratégica o en la práctica imposibilitados de ella (la estrategia precisa de fuerza para poder llevarse a cabo), sino que a gran velocidad se fueron socialdemocratizando o aceptando el marco del capitalismo como incuestionable, esto es, el único posible (en Europa este proceso se dio bajo el nombre de “eurocomunismo”, mientras que en NuestraAmérica tuvo lugar más como neodesarrollismo y diversos populismos, los cuales también arraigarían en África).

La deriva de la gran mayoría de partidos comunistas y organizaciones crecidas bajo el ala de la III Internacional, les llevaría a posiciones cada vez más conniventes con el capitalismo salvaje de la globalización unilateral comandada por Estados Unidos. 

Llegando a formar parte incluso de gobiernos de la OTAN y de la UE -por lo que ha recibido la designación de “izquierda otanista” o, como la propia CIA la bautizara, “izquierda compatible” con el Sistema-. Igualmente, las organizaciones sindicales que nacen ante la absorción de las centrales clásicas por el Sistema, no van más allá de éste, no son capaces de cuestionar el relato global del capitalismo, especialmente por lo que se refiere a su división imperial del mundo, ni a trascender, por tanto, un accionar economicista, en el mejor de los casos con algunos tintes sociales siempre dentro del orden del Sistema.

Resulta obvio decir que con esa deriva los PCs no pueden sino dejar de perder militancia (que no sólo es una cuestión de afiliación), presencia social y algo que proponer a las sociedades, haciéndose por el contrario parte del problema. Ello se evidenciaría aún más según avanzaba la decadencia capitalista y su brutal ofensiva de clase contra las poblaciones del mundo.

 3. Crisis capitalista

 Las condiciones de degeneración del modo de producción capitalista se han ido agudizando desde finales del siglo XX hasta hoy. 

A partir del último cuarto de aquel siglo cada vez ha sido más difícil ocultar que el menguante desarrollo de las fuerzas productivas ha ido dando paso a cada vez más fuerzas destructivas, con el consiguiente declive del conjunto de la civilización a que dio lugar. 

Ello radica en toda una cadena de razones, como la dilución del valor y mengua del plusvalor parejo a la tecnificación de los procesos productivos, la galopante reversión del capital a su forma simple de dinero (cada vez como elemento de especulación y ganancia rentista, y no tanto de inversión productiva), un endeudamiento público y privado insostenible, una economía crecientemente ficticia, un acuciante estrés climático, el manifiesto agotamiento de materiales y energía fósil, así como la imparable expansión de un “valor negativo”: plagas, epidemias, deterioro de recursos, saturación de sumideros, contaminación generalizada, pérdida de fertilidad de los suelos, salinización, estrés climático, desaparición de nitratos y de fósforo, sobreexplotación, sobre-empobrecimiento y extenuación de las poblaciones…

Todo ello da como resultado lo que algunos autores han señalado como una “tormenta perfecta”, pues la hipotética solución a uno de esos factores significaría el agravamiento inmediato de otros. La destrucción social y ambiental, el desmoronamiento de las sociedades en la casi totalidad del mundo, así lo testimonia.

Sin embargo, a falta de sepultureros o agentes colectivos organizados por el socialismo, el capitalismo ha podido rescatarse a sí mismo, especialmente inventándose dinero de la nada para hacer como que su economía sigue funcionando, pero también, obviamente (cualquiera de sus crisis lleva a ello) aumentando la explotación de la fuerza de trabajo, apropiándose de su patrimonio colectivo, llevando la sustracción del salario a cotas más altas, según mercantiliza más aspectos de la vida y la encarece en su conjunto.

El progresismo o nueva izquierda del Sistema 

Es en este contexto histórico de orfandad, desorientación de clase y mortífera ofensiva capitalista, en el que en el siglo XXI (y sobre todo tras la crisis de 2008) aparece o cobra más cuerpo -aprovechando el nicho político dejado por la neoliberalización de la socialdemocracia clásica y la socialdemocratización-liberal de los partidos comunistas mayoritarios-, un progresismo como una suerte de neosocialdemocracia que “vende” de nuevo la idea de que el capitalismo puede ser reformable y hacerse “justo”, “democrático” e “igualitario” a poco que se voten sus opciones (lo de tener arraigo obrero-trabajador y bregarse en las luchas sociales en general, pugnar por erigir pueblos auto-organizados y estructuras políticas resultantes de ello, ni se considera). En adelante, no se hablará de “clases” ni de sus luchas, ni de “socialismo” y mucho menos de “tomas del poder”.

Términos como “gente”, “99%”, “los de arriba y los de abajo”… van sustituyendo aquella conciencia de clase trabajadora por un neolenguaje deliberadamente vago e impreciso, con intención de “atrápalo todo”, que no dice nada concreto sobre la raíz de las cosas, al tiempo que congruentemente con ello se hace gala de reivindicar ante todo políticas de identidad, particularistas, o se enarbolan luchas parciales, segmentadas e incomunicadas entre sí (cuando no directamente corporativas y exclusivistas), en vez de universales y con proyección común hacia una sociedad que pueda satisfacer el conjunto de luchas y reivindicaciones. 

Ni que decir tiene que la toma del poder y la desarticulación de los elementos básicos del capitalismo ni pasa por su imaginación.

Es por eso que a esa nueva ola no le sería problemático subirse a la vieja socialdemocracia, que encuentra en ella un punto de reenganche en la atracción del electorado, dado que nada puede ofrecer en cuanto a modificar las claves de la explotación o sobreexplotación de clase y las dolorosas secuelas que el capitalismo va dejando en sus poblaciones. También, por supuesto, las organizaciones socialdemocratizadas de la III Internacional se incorporarían a la cola de esa tendencia, pasando de supuestas “vanguardias” a retaguardias de la misma, a remolque de las neoizquierdas.

Sin embargo, la clase capitalista transnacional sí ejerce una rotunda política de clase, y desde 2008 intensifica los mecanismos de explotación, desposesión y dominación para intentar sostener el crecimiento. Entre los más destacados:

a. El pillaje y saqueo de las finanzas públicas: se da una transferencia de riqueza sin precedentes del ámbito público a las arcas del capital transnacional. Se socializan las pérdidas en un momento en que las grandes empresas transnacionales registran niveles récord de ganancias. Los Estados extraen también cada vez más excedente de las sociedades para entregárselo a las finanzas globales, mientras se mercantiliza el conjunto de actividades de la vida social y natural. Todo vinculado también a una montaña de deuda que ya supera el 365% del PIB mundial.

b. La especulación financiera (ya en 2008 los mercados de derivados alcanzaron los 2.3 billones de dólares al día) y la masiva emisión de dinero sin valor, primero a tasas de interés cero o incluso negativas y después alzadas bruscamente en el camino de arruinar a buena parte de los actores económicos (incluida la mayor parte de la población) y quedarse aún más deprisa con sus activos, propiedades y patrimonio.  La mercantilización de lo público, del conjunto de actividades que sostienen la vida y la inflación de precios de productos básicos (alimentación, vivienda, motorización…) van también en ese camino.

c. Frente a la crisis de sobreacumulación, la economía de guerra se vuelve también eje central de crecimiento en la economía global, un crecimiento militarizado o exacerbación bélica de la Desposesión de las poblaciones del mundo, con la consiguiente reordenación de todo el entramado sistémico del capitalismo hacia su vertiente más postdemocrática y autoritaria, que da pie, entre otras muchas consecuencias, a que vaya calando estructuralmente de nuevo una cultura de disciplina y mando.

Todo esto da como resultado el aumento de la explotación de la fuerza de trabajo y lapérdida de su poder adquisitivo, deterioro acelerado también de los salarios indirecto y diferido, empobrecimiento generalizado de la población y un exacerbado crecimiento de la desigualdad, entre otras muy duras consecuencias. Lo cual provoca un creciente hastío de las poblaciones, que, sin alternativas reales a lo que ocurre y sin organización ni cauces políticos y sociales para rebelarse de forma eficaz, comienzan a ver a las distintas versiones electorales del Sistema como parte de lo mismo.

Es en ese deterioro social que el propio Sistema pergeña su “versión antisistémica”: opciones proto-fascistas (listas para dar paso directamente al fascismo -o neofascismo- si las condiciones sociales lo requieren, con versiones más o menos duras según vaya la correlación de fuerzas entre las clases). 

Es decir, que la falta de respuestas reales para las condiciones de vida de la población, el vacío de alternatividad (que no de alternancia), la nula proclamación (ni intento de erección) de un proyecto socialista superador del capitalismo, lleva, una vez más en la historia, a las izquierdas clásicas y a las neoizquierdas a ir dejando el paso franco a las ultraderechas proto-fascistas. Más aún según el Sistema se hace irreformable y deteriora machaconamente las condiciones de vida de las poblaciones del mundo, en una creciente espiral de explotación, empobrecimiento, guerra, muerte y caos.

Como quiera que las izquierdas del Sistema (auto-confinadas en la institucionalidad burguesa) ni tienen ningún programa o proyecto ni pueden nada contra todo ello (al tiempo que su impotencia las hace perder aún más sus posibles bases), las salidas autoritarias-neofascistas para las poblaciones comienzan a verse por cada vez más sectores sociales sin memoria histórica alguna (porque nadie tampoco se la proporcionó) como “alternativa” a seguir. El Sistema ya se encarga de promocionar y sustentar ese señuelo de alternativa con todos sus medios y aparataje.   

¿Y entonces?

Ante ello, frente a la dinámica de todo o nada en la que entra el modo de producción capitalista, a las fuerzas altersistémicas que aún pugnan por enfrentar el capitalismo no les queda sino descolonizar las propias conciencias (desparasitarlas de la ideología de la clase dominante), luchar por recuperar la idea del socialismo entre la población, marcar con claridad lo que es un auténtico programa alternativo, implicarse en la miríada de luchas que la sociedad lleva a cabo de forma segmentada y desarticuladas entre sí, para darlas una proyección común hacia un objetivo de sociedad también común. 

Reconstruir la III Internacional (a falta de que alguna fuerza mundial pudiera convocar una V), deviene también una tarea perentoria. La cual bien puede empezar por la articulación de un Frente Internacionalista (Antimperialista) Mundial