Article épinglé
vendredi 20 septembre 2024
Montparnasse d'avant la WWII par André Masson
Les livres d'André Masson (Les livres de ma vie, 1968)
Jean-Marie Apostolidès évoque dans Héroïsme et victimisation le rôle de la littérature dans la formation de ce qu'il appelle "l'espace permissif", le for intérieur de la sensibilité moderne. Il en fait une étude de cas dans sa biographie de Debord (2015), en détaillant les nombreuses identifications littéraires constitutives de "moi symbolique" de ce dernier (dommage qu'Apostolidès n'est pas aussi axé son étude sur le cinéma, si pourvoyeur d'idéalités pour Debord).
Dans la vidéo en lien, les propos d'André Masson (1896-1987) sont exemplaires de ces dernières générations du XXº siècle structurées par le livre, par l'élan du livre. Et notamment les lectures de Nietszche, aussi influentes dans la génération 68 que dans celle intermédiaire de Debord (1931-1994).
D'autres auteurs cités par Masson font aussi partie du panthéon littéraire debordien (la trace de Nietzsche est certes bien plus manifeste chez Vaneigem que Debord, mais bien présente dans sa bibliothèque personnelle), que l'on pourrait ranger dans la catégorie romantique du "maudit" : Sade, Mallarmé, Lautréamont. Surtout Nietszche et Mallarmé, qui forment une sorte d'arc de tension. Comme le dit Masson, ses deux auteurs aux antipodes eurent "le pouvoir de le créer" (11m58s).
https://www.dailymotion.com/video/x21dy0t
samedi 14 septembre 2024
El capitalismo del quinto Kondratiev. Acumulación de capital, tecnología digital y procesos socioinstitucionales
Ficha catalográfica
Miguel A. Rivera Ríos, Oscar D. Araujo Loredo, Josué García Veiga, J. Benjamín Lujano López
El capitalismo
del quinto Kondratiev. Acumulación de capital, tecnología digital y
procesos socioinstitucionales, México, FONDO DE CULTURA ECONÓMICA (FCE), 2023
1. Tiempo y reacciones económicas 2. Innovaciones tecnologícas - Aspectos económicos 3. Tecnología de la Información - Aspectos económicos 4. Capitalismo - Siglo XXI 5. Kondratiev, Nicolai D. - Modelos económicos
jeudi 12 septembre 2024
Guy Debord à la fête de l'Humanité en 1955
Je me suis finalement rendu à la fête de l'Huma [fête annuelle organisée par le journal L'Humanité], le samedi soir assez tard: assez jolies tendances à la dérive – dans l'avenue Lénine qui commence un peu partout on s'entend crier par haut-parleurs. "camarades, buvez un verre de (mousseux) contre la répression en Algérie"
ou:
"Mangez une choucroute pour les métallos de Nantes"
et même:
"Buvez de la vodka de Moscou – 80 francs le verre, pour la détente..."
ou à peu de choses près.
On aboutit à quelques places très floues perdus dans des petits bosquets d'arbres, et dites: de l'unité, Karl Marx, etc.
Mais aussi l'iconographie habituelle, le portrait de Maurice [Thorez, secrétaire du parti communiste français] partout – des chansons idiotes, du folklore à n'y pas croire, les communistes d'Auvergne étant vêtus en Auvergnats, ceux de Brest en Bretons, et ainsi de suite: Louis XVI n'aurait pu souhaiter mieux.
Relevé sur un stand de librairie en lettres énormes: une phrase de Lénine juge tristement cette kermesse:
SANS THÉORIE RÉVOLUTIONNAIRE PAS D'ACTION RÉVOLUTIONNAIRE.
Nous fûmes bien seul à rire.
***
Fête de L'Humanité 1946
Le désordre (Jacques Baratier, 1950)
Dès le début on entend les onomatopées lettristes de Gabriel Pomerand. C'est aussi lui que l'on voit en premier, remontant des quais pour entrer dans le Saint-Germain existentialiste-lettriste. Et après Boris Vian à la trompette, puis toutes les autres "figures", Jacques Audiberti dans les décombres de guerre, Juliette Greco qui y chante, croisant Marcello Pagliero et Raymond Queneau. Tout le Paris bohème passe du Flore aux caves: Simone de Beauvoir, Annabelle, Roger Pierre, Anne-Marie Cazalis, Alexandre Astruc, Claude Luter et son orchestre, Jean Cocteau, Orson Welles, etc... Et même Ferdinand Lop, le farfelu candidat aux élections (celui qui voulait prolonger le boulevard Saint-Michel jusqu'à la mer).

